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RE_GNR8/REGENERATE

TABLE RONDE ET EXPOSITION


Dans le cadre du Festival Contre-Temps 2008

TABLE RONDE
DE LA CONCEPTION A L’APPROPRIATION DE L’ESPACE URBAIN
le 6 juin dès 10h

EXPOSITION
RE_GNR8
du 6 au 15 juin

Remi/Rough / London – Royaume-Uni


LX.ONE / Strasbourg
SYSTEM / Royaume-Uni
AKROE / Paris
DAN 23 / Strasbourg
GYOM_RZK / Strasbourg

LIEU :
CAUE du Bas-Rhin
5, rue Hannong
67000 Strasbourg,

HORAIRES D’OUVERTURE :
En semaine : 8h30 – 12h30 / 13h30 – 16h30
Week-end : 11h – 18h

ENTREE LIBRE

INFOS & MEDIAS : WWW.CONTRE-TEMPS.NET


LE PROJET

L’AUA (Association des Urbanistes d’Alsace), le REZOH Store et Dodekazz organisent


conjointement, le 6 juin 2008, dans le cadre du Festival Contre-Temps, une journée
d’échange entre acteurs de l’espace urbain, de sa conception à son appropriation. La
journée se terminera par le vernissage de l’exposition Re_GNR8.
Cette journée, placée en ouverture du festival, se traduira concrètement par l’organisation,
dans les locaux du CAUE, de deux tables rondes de 2h env. et d’une exposition sur le thème
de l’influence de l’espace urbain sur nos comportements.
Les tables rondes auront pour thème général « De la conception à l’appropriation de
l’espace urbain » et, plus précisément, les sujets abordés seront :

1/ L’appropriation des espaces publics comme vitrine d’une urbanité contemporaine


2/ Les friches urbaines comme espaces d’expérimentation de nouvelles formes d’urbanité.

Pour ces échanges nous chercherons à mettre autour de la table tant des concepteurs
d’espace urbain (architectes, urbanistes, paysagistes, décideurs) que les acteurs de
l’appropriation de ces espaces (sportifs urbain, street artists, designers, stylistes).
L’exposition Re_GNR8 permettra à 6 artistes issus des Cultures Urbaines d’exprimer leur
perception du rapport à l’espace urbain. Leurs travaux s’expriment à travers des support
aussi variés que l’illustration, la photographie ou des installations éphémères...

POURQUOI IMPULSER CES ECHANGES

Si l’on considère que la pratique de l’urbanisme, champ pluridisciplinaire par essence,


dépasse la simple production et gestion de l’espace urbain pour intégrer l’étude de l’urbanité
comme expression humaine du phénomène urbain ; on admet que l’homme construit et fait
vivre la ville et que la ville oriente les comportements de l’homme, mais ne fait pas l’Homme.
Par là même, nous pouvons affirmer l’existence d’un double mouvement, sorte de « trafic
d’influence » entre le cadre et le mode de vie, mais dont l’homme est toujours à l’origine.
Tout d’abord par la définition du cadre par l’acte de création architecturale et urbaine, puis
par l’appropriation de ce cadre comme support d’une nouvelle création.

L’espace urbain, de par l’urbanité qu’il permet de développer, devient le vecteur de modes de
vie impliquant des parcours, des perceptions, des expressions plastiques, physiques,
politiques différentes, divergentes, voir conflictuelles, donc génératrices d’émulsion.
De fait, la Cité n’est pas l’élément fondateur des Cultures Urbaines comme phénomène
social et culturel, mais le facteur clef de l’émergence de ces modes d’exister, de penser,
d’exprimer… Les cultures urbaines résultent de la somme des cultures individuelles de notre
civilisation contemporaine globalisante et peuvent se définir comme l’ensemble des
connaissances et des comportements qui caractérisent cette société urbaine.

Ainsi les cultures urbaines ne correspondent pas à un champ épistémologique prédéfini,


mais s’inscrivent, dans chaque courant de pensée, comme la part impulsée par la densité
humaine (réelle ou ressentie) et induite par l’espace urbain.
QU’ATTEND-ON DE CES ECHANGES

L’objectif du rapprochement de l’AUA avec le Festival Contre Temps est donc de faire
émerger de ces rencontres un corpus, des orientations, communs à l’ensemble des modes
d’expression culturel, artisanal, intellectuel… qui supportent le cadre de vie contemporain.

Plus précisément...

L’appropriation des espaces publics comme vitrine d’une urbanité contemporaine


L’étude et la conception du développement de la ville ont été orientés, jusqu’à l’époque
Moderne, par les pleins, éléments architecturaux verticaux, s’agençant les uns après les
autres de sorte à générer une forme urbaine cohérente et harmonieuse.
Avec la nécessité découlant de l’augmentation des vitesses de déplacements, induite par les
progrès de la période Moderne, elles se sont progressivement dirigées vers l’agencement de
parcours urbains, la mise en perspective et en cohérence de secteurs de territoire, voire
d’ensembles de territoires...
On passe ainsi d’une étude et d’une conception de la ville sous un angle statique à une
approche de l’espace dynamique où les vides ne résultent plus de l’imbrication des pleins,
mais où ils orientent l’organisation de ces derniers.
Au même titre que précédemment les pleins, les vides se font le support d’un mode de vie.
Ce dernier s’approprie l’espace public et s’y exprime...

Les friches urbaines comme espaces d’expérimentation de nouvelles formes d’urbanité


Les friches urbaines cristallisent aujourd’hui une grande part des enjeux du renouvellement
urbain. Mais ces espaces ont été, pendant longtemps, et le sont encore dans une moindre
mesure, des terres d'accueil pour marginaux plus ou moins dans le besoin, squattant par
nécessité ou velléité de mode vie alternatif, faisant de ces lieux un espace de vie quotidien
ou ponctuel. Ainsi, cette réappropriation première des friches peut être perçue comme une
expérimentation sociale en plus d’un moyen de survie. Mais, lorsqu’elles se font le
support/lieu d’expression d’artistes, elles s’expriment et se perçoivent comme une
expérimentation esthétique et urbaine.
Du lieu de relégation sociale à la salle d’exposition ou de concert éphémère, on voit des
populations pionnières en reconquête de chablis urbain. Cette récupération inventive des
interstices des tissus urbains à l’abandon, alliée aux nécessités du renouvellement urbain,
attirent le regard des “décideurs” vers ces espaces considérés jusqu’à lors comme
insalubres.
Les friches sont alors réhabilitées, on passe de la reconquête à la rénovation et on assiste
au renouvellement, autant de ses populations que de ses fonctions. D’une appropriation
sauvage, on passe à une réappropriation normalisée...
QUELLE CONTINUITE DURANT LE FESTIVAL ?

Cette journée d’échange se prolongera par l’organisation, pendant toute la durée du festival,
d’une exposition de « street artists » (comprenant toiles, sculptures, mobiliers) dans l’espace
d’exposition du CAUE ainsi qu’au REZOH Store.

Cette exposition, intitulé Re_GNR8 / Regenerate (en référence à la notion d’Urban


Regeneration/Renouvellement Urbain) permettra à 5 artistes issus de ce qu’on appelle
pudiquement aujourd’hui le « Street art » de réinterroger l’influence que l’espace urbain a eu
sur leurs pratiques de plasticien et, plus largement, les relations contenant-contenu
entretenues par la société et son cadre bâti.
Car si l’espace urbain est un incubateur, le Hip-Hop, entre autres, est un mouvement culturel
urbain (né de et en ville). Il résulte d’une résistance sociale qui a su, à partir d’une révolte
envers un cadre social et urbain annihilateur de l’individualité et de son potentiel de
développement personnel, produire un ensemble de pratiques artistiques, dont la valeur
esthétique, symbolique et sociale autant que son lieu d’émergence lui confère une dimension
universelle ; la ville étant aujourd’hui le principal lieu de vie de l’être humain.

LES ARTISTES

REMI/ROUGH
ANGLETERRE
Né à South London en 1971, Rough est, avant tout, un graffiti artiste, même si cette
description ne décrit plus exactement ses œuvres d’aujourd’hui. En effet, il est également
graphiste et musicien reconnu. Remi a déjà exposé son travail à Perth, Hamburg, Paris,
Strasbourg, Tokyo, Hong Kong, New York, Los Angeles, Edinburgh et London.
WWW.ROUGHE.COM

SYSTEM
ANGLETERRE
Originaire de North Wales a commencé le graffiti art en 1985. Il a démarré son activité
personnelle de graffiti artiste après avoir quitté l’école afin de peindre lors de ses voyages. Il
a été, dès 1990, un des premiers artistes à l’origine de ce mouvement iconoclaste et a
travaillé à sa promotion. Il a démontré que l’art du graffiti peut s’exprimer lors de nombreuses
manifestations artistiques, lors d’évènements ou d’expositions tant au niveau national
qu’international.
Illustrateur, graphiste et concepteur de décors de jeux vidéo, il exploite l’ensemble de ces
média pour exprimer les nombreuses facettes de sa personnalité et de ses idées.
WWW.400ML.COM
AKROE
PARIS
Certaines choses se contemplent, d’autres se comprennent. Les objets et images qu’Akroe
ajoute au monde appartiennent tous à la seconde catégorie. Du graffiti des débuts au
graphisme d’aujourd'hui, des usines désaffectées aux vitrines haussmanniennes, une seule
constante : provoquer l’implication du spectateur en lui donnant accès au processus de
création. Il lui ouvre les portes du studio et lui fait une petite place, entre la palette graphique
et les bombes de peinture. Plutôt que de délivrer un message frontal, à la merci du
didactisme, plutôt que d’imposer une expressivité narcissique, il s’agit de guider le regard
vers l’intelligence d’un fonctionnement, de lui montrer comment on parvient à une solution
visuelle. Astuces visuelles à déplier, effets de perspective ou d’angles à explorer, jeux de
motifs, de contexte et de surfaces à interroger : Akroe a développé tout un répertoire
procédural et participatif. Ainsi cette planche de vrai-faux camouflage fabriquée à partir de
vrai faux-bois en plastique Vénilia. Ainsi la pochette du deuxième album du groupe TTC,
découpée pour laisser la surface réfléchissante du CD combler les lunettes miroir des
rappeurs. Ainsi cette bande de papier, livret dépliant, s’enroulant en pentagone autour d’un
cd afin d’en créer le packaging définitif.
En agissant sur l’image, la lecture rejoint la création. Résultat : une esthétique étrangement
fascinante et précise mais aussi hautement décorative, parfaitement à sa place dans un
univers ouvert par l’invention du plastique et des techniques d’impression de masse. Une
actualisation pop-industrielle, comme si Akroe avait voulu allier l’évidence d'un Jean Widmer
ou d’un Saul Bass, la ruse d’un Tom Friedman, la splendeur à la fois élémentaire et
complexe de Marimekko, l’élégance pragmatique d’un Verner Panton, créateurs qui sont,
avec quelques autres, ses références majeures. À partir de ces fondations, il expérimente
aussi bien dans son travail de commande que personnel et participe ainsi à l’élaboration du
panorama graphique contemporain.
Originaire du Jura, installé à Paris depuis 10 ans, Akroe est un acteur reconnu de la scène
graphique française. Il a conçu des pochettes et des identités pour les poids lourds de
l’industrie du disque comme pour de petits labels indépendants, électro ou hip hop, tels
Institubes dont il assura la direction artistique. Dessiné des logos, des visuels et des motifs
pour des marques de mode, dont Sixpack avec qui il collabore étroitement. Habillé les
vitrines des Galeries Lafayette Haussmann, ainsi que l'intérieur de tous les magasins de la
chaîne. Son travail personnel fait fréquemment l’objet d’expositions en France et à l’étranger.
Deux volumes de la collection Design&Designer des éditions Pyramyd lui ont été consacrés.
WWW.AKROE.NET

LX.ONE
STRASBOURG
Il est de cette génération d’artistes qui développent une œuvre protéiforme, à cheval entre le
design, le graphisme, la création numérique, et le graffiti.
Influencé par des figures aussi diverses que Vasarely, Warhol, Pollock, Keith Haring, Escher,
Picasso ou FUTURA2000, LX ONE déroule un univers sophistiqué et graphique bien que
très épuré dans le traitement pictural.
LX ONE entretient un rapport particulier avec les flèches qu’il peint et entremêle dans des
compositions originales. Elles sont omniprésentes dans l’environnement urbain. « La flèche
désigne un dessin, indiquant une direction ou servant à attirer l’attention sur un point précis ;
elles définissent le mouvement, mes influences, mes choix, les changements de directions
ou les déformations, symbolisant les rencontres, troubles, envies, changements, distorsions
de la vie ». Prenant conscience que notre système sociétal cherche à diriger l’individu dès
son plus jeune âge, LX ONE se réapproprie le symbole de la flèche afin de définir ses
propres directions : artistiques, humaines et professionnelles. Héritage du graffiti, ornement
accessoire pour certains, élément fondamental pour d’autres, elle devient un trait, des traits,
une forme, des formes, un motif dont les directions spontanées suivent l’état d’esprit et les
humeurs de l’artiste.
WWW.LXONE.EU

GYOM_RZK
STRASBOURG
Urbaniste de profession, il s’est immiscé dans le monde de la production urbaine par le
graffiti et les sports urbains. Ses expériences pratiques de l’espace public comme un espace
meuble à la multitude d’interprétations possibles, l’ont amené à développer une approche
empirique de l’espace urbain. Celle-ci s’exprime à travers une grande variété d’expression
plastique (photo/photomontage ; vidéo ; graphisme ; design) dont l’objectif est l’expression
du ressenti, de l’ambiance dégagé par le lieu, comme vecteur d’urbanité.

DAN 23
STRASBOURG
« Peintre, illustrateur, graphiste, mes travaux représentent les rencontres que je tiens à
partager. Qu’elles soient musicales, artistiques, culturelles, humaines, ce sont tous ces
parcours et ces combats que je tiens à valoriser. Il me paraît important de mettre en lumière
l'action positive d'hommes, de femmes et d'associations qui œuvrent pour un monde plus
juste, plus équitable.
Aussi, je tends à diffuser mes créations sur un maximum de supports (expositions,
performances, presses, murs...) afin de démocratiser l’art, le rendre accessible à tous. L’art
peut nous permettre de changer notre rapport à l’autre, de voir le monde sous un angle
différent, pour apprendre à mieux vivre ensemble. »
WWW.DAN23.COM
LES PROJETS
PHOTOGRAPHIES ET PHOTOMONTAGES – GYOM_RZK

« DES MARCHES URBAINES »


L’escalier est un objet simple de prime abord, pourtant ce sont ses marches qui nous
permettent d’élever notre environnement physique et de nous y élever. Elément d’articulation
des espaces, il est également symbole de l’élévation en milieu bâti. Mais le mouvement n’est
pas à sens unique, il nous sert également à descendre… descendre jusque dans le ventre
de la ville. Objet statique permettant une dynamique, il nous invite à prendre de la hauteur ou
aller au fond des choses. Objet d’apparat, fonctionnel ou esthétique, de secours ou de
service… il répond à tous les instants de la vie, partenaire de nos déambulations verticales il
peut même être automatisé…

“Un escalier… Des marches… Des marches l’une derrière l’autre...


Des escaliers… Une démarche… On marche l’un derrière l’autre…
Vers le bas ou vers le haut, libre circulation verticale aux trajectoires croisées,
Absence de rationalité dans les déplacements proposés…
C’est du temps gaspillé !
Les escaliers sont alors automatisés…
Fin de la liberté de circulation, ils orientent la direction…
On cesse d’être actif, on s’élève en lâchant prise,
On devient passif, on se déresponsabilise…
Des marches animées, démarche orientée(s), les marches ne sont plus enjambées, elles
vous portent et vous orientent….
Prenez l’escalator à contre-courant, vous avancerez à reculons… Prise de recul ou d’élan,
une démarche qui dit non…
Une avancée contraire au sens de la marche… Des marches enjambées, démarche
opposée, alors qu’elles doivent vous porter et vous orienter…

Enlevez l’escalier, coupez l’électricité, on est tous coincé à un étage.”

Gyom_RZK
DESIGN MOBILIER – LX.ONE / GYOM_RZK

Fruit de la rue, enfant d’un conflit opposant une société individualiste à un cadre urbain
neutralisé, le Graffiti Art se veut mode d’expression plastique libre. Libre de répondre aux
avatars de la société moderne qui l’a vu, voir, fait naître, en se les réappropriant à travers
une iconographie spécifique (la flèche indique la dynamique, l’étoile la réussite, le nuage le
rêve…). Ainsi le graffiti a appris le vocabulaire de ses parents pour le réinterpréter et le crier
au monde dans une participation active à la réalisation du décor du spectacle du quotidien.
Depuis aujourd’hui presque 35 ans d’histoire du Graffiti Art, cette iconographie n’a eu de
cesse de changer de visages, de subir de multiples distorsions tridimensionnelles au fil de
l’inspiration de leurs instigateurs. Ces derniers étant devenus scénographes de ce quotidien
mondialement partagé qui a su s’adapter à la diversité des hommes et de leur culture.
De ses distorsions naissent des formes, des formes susceptibles d’être à nouveaux
réappropriées, projetées dans une nouvelle réalité et insérées dans le quotidien de notre
société, de sorte à lui rendre ce qu’elle a offert à la rue.
C’est cette nouvelle appropriation, ce dépassement du simple cadre du Graffiti Art par ces
symboles, que vous présentent LX.ONE et Gyom_RZK.
Sous leurs regards ces icônes sont passées du statut d’image à celui d’objet de mobilier tant
pour la sphère publique que privée, tout en restant porteur d’un sens en continuité avec sa
symbolique initiale (la flèche vous indique où vous asseoir ou ranger des choses, le nuage
devient le support de votre détente, l’étoile devient banc public duquel on s’impose au regard
de la rue…).
PROJET - DAN23

Les grandes villes et les milliers d’hommes qui les composent entrainent une multiplicité
d’informations, d’interdits, d’architectures différentes qui engendrent le plus souvent
beaucoup de laideur et de déchets.
Dans cette optique, je me sers de ces déchets que nous rejetons (panneaux, cartons, objets
encombrants…) pour leur redonner vie. Il me paraît intéressant de souligner que l’art peut
modifier la perception que l’on a du monde et ainsi remettre du beau dans un objet considéré
comme sale.
Tous ces objets me serviront à placer mes messages durant l’exposition mais également
dans la ville. L’occasion de placer quelques portraits de strasbourgeois importants pour cette
ville, mais aussi de parler de sujets qui me touche particulièrement (musique, Tibet…).