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Les totalitarismes

Le totalitarisme n’est pas une doctrine, mais une pratique d’encadrement de la société par des
structures visant à transformer l’homme pour le mettre au service de l’état et de ses objectifs.
Les deux grands objectifs sont liés à la race ou aux classes sociales.
L’individu ne compte pas, seule la volonté collective est importante. C’est la philosophe
Hannah Arendt qui a réalisé la synthèse des différents totalitarismes dans les années 50.
Le totalitarisme prend ses racines dans les conséquences de la Aère guerre mondiale. En
Russie, les révolutions d’octobre (1917) amènent les communistes au pouvoir, c’est le
premier totalitarisme qui apparait.
En 1922, Mussolini s’empare du pouvoir, c’est l’épisode du fascisme en Italie et en 1933,
Hitler chancelier : épisode du nazisme.

Problématique : Quelles sont les spécificités et les similitudes des différents régimes
totalitaires ?

I) La mise en place des régimes totalitaires.


Les régimes totalitaires ont en commun des contextes de crises, des chefs charismatiques
usant de démagogie et enfin le recours à la force tout en conservant des apparences de
légalités.
1) L’utilisation de contexte de crises.
** En Russie, les Bolchéviks utilisent les défaites, les millions de prisonniers, la famine pour
s’emparer du pouvoir en octobre 1917. Entre 1917 et 1921, le pays est en guerre civile avec
en plus des interventions extérieurs. Les bolchéviks commencent à éliminer et ouvrir des
camps.
** En Italie, les partisans de Mussolini utilisent le thème de la victoire mutilée, c'est-à-dire
que malgré ses 600.000 morts, elle n’obtient aucun des territoires promis. Les mécontents, à
partir de 1919 se regroupent dans les faisceaux italiens de combat : Fasci  Fascisme.
** En Allemagne, on a ceux qui rejettent le traité de Versailles, le Diktat, et les victimes de la
crise de 1929. En 1932, il y a 6 millions de chômeurs.

2) Des chefs charismatiques et démagogues.


Mussolini et surtout Hitler avaient la capacité à dynamiser les foules, à fondre l’individu dans
la masse. Une masse réagit sur les émotions, on peut donc la contrôler et l’orienter, alors
qu’un individu utilise sa raison.
En Italie, comme en Allemagne, les programmes politiques sont ouvertement favorables au
peuple, aux ouvriers, aux exclus. Mussolini promet des terres et Hitler une augmentation des
salaires. Dans le même temps, ce dernier promet aux patrons un contrôle des salaires et des
journées de travail plus long.
En Allemagne comme en Italie, le patronat soutient ces leaders « par peur du communisme ».

3) L’accès au pouvoir.
On utilise la violence politique : formation de milices qui vont malmener les adversaires (les
deux symboles sont la matraque et l’huile de ricin  émigration de communistes ou de
supposés communistes, vers la France par exemple).
En Italie, cette milice s’appelle les chemises noires, en Allemagne les chemises brunes et en
URSS les chemises rouges.
Certains opposants à Hitler et Mussolini sont éliminées sans que cela ne provoque de
réactions.
Ils utilisent la démocratie en participant aux élections dans le but d’accéder au pouvoir et de
supprimer cette démocratie.
En 1922, Mussolini organise la marche sur Rome pour faire pression sur le gouvernement et
le roi : il devient chef du gouvernement.
En Allemagne, le parti Nazi obtient la majorité aux élections de 1932 : Hitler est nommé
chancelier, devient chef du parlement et partage le pouvoir avec le président Hindenburg.

II) Des projets spécifiques.


1) Le projet socialiste.
Les deux leaders du projet en URSS sont Lénine et Staline. Le premier est associé à la
révolution de 1917 et exerce sont pouvoir jusqu’en 1924, sa mort. À partir de cette date, c’est
Staline qui s’impose en éliminant les autres candidats. Il occupe le pouvoir jusqu’en 1953.
Les bolchéviks vont créer une société dans classes sociales, en supprimant la propriété privée,
la recherche du profit et on instaure l’égalitarisme dans le travail et dans les salaires. « À
chacun son travail » (slogan). Le parti communiste a pour rôle de mener le peuple dans la
bonne direction qui passe par l’industrialisation. L’État donne la priorité aux investissements
industriels : sidérurgie, armement, énergie.
Les besoins de main d’œuvre vont être assurés par les paysans retirés des campagnes grâce à
la collectivisation. L’État décide la suppression de la propriété privée des terres et leurs mises
en commun dans les kolkhozes (coopératifs) et des sovkhozes (fermes d’état). La mise en
commun des terres, des animaux et du matériel est très mal vécue par les paysans. Les
productions s’effondrent, mais officiellement elles augmentent.
En 1928, lancement du premier plan quinquennal qui fixe les objectifs à atteindre en 5 ans.
C’est une planification obligatoire qui donne à chaque usine la quantité à produire. Cette
économie, peu à peu, s’enfonce dans une sous production qui ne couvre pas tous les besoins.
Des millions de personnes sont envoyés industrialiser les régions de l’Est : c’est le travail
forcé avec la création de goulags.

2) Le nationalisme italien.
Mussolini met en avant la nation italienne. Il veut lui donner un débouché colonial et l’étendre
en Europe, en particulier sur la Dalmatie. But : expansion coloniale.
Il y a une exaltation du passé avec comme modèle l’empire romain.
Il Instaure une forme de « racisme » qui fait considérer les races africaines comme inférieurs.
Enfin, il y a la volonté de créer un homme « nouveau », viril, courageux, guerrier, à l’image
de leurs chef (le Duce = le chef).
La population doit adhérer au projet fasciste, l’individu doit être noyé dans la masse et cette
masse soit être ordonnée, disciplinée. Pour assurer son projet de grandeur, l’état encourage les
familles nombreuses avec des aides alimentaires et financières.

3) Un totalitarisme racial.
Les théories raciales sont au cœur du programme du parti national-socialiste des travailleurs
allemands (NDSAP  Nazi). Ces idées se trouvent dans le livre d’Hitler Mein Kampf paru en
1924.
Pour lui, il existe des races supérieures et inférieures. La plus grande des races supérieurs est
celle aryenne, celle des « seigneurs », des « conquérants », donc la race allemande. Il prend en
référence les peuples guerriers du Nord.
Les autres races constituent des esclaves ou des parasites que l’état doit éliminer.
Le régime Nazi, dès 1934, ouvre des camps d’internement en Allemagne, notamment celui de
Dachau.
Pour garantir la pureté du sang allemand, l’état emprisonne les malades mentaux, les
homosexuels et met en place une politique de discrimination contre les juifs.
En 1935, les lois de Nuremberg imposent un statut particulier pour les juifs allemands. Ces
lois interdisent tous mariages ou relations entre allemand et juif au nom de la pureté de la
race. Elles s’accompagnent du boycott des magasins juifs pour les allemands (le but : ruiner
les commerçants juifs). Ces derniers sont exclus de l’administration, de l’éducation, des
médias, de l’armée et es lieux publics. La mise à l’écart s’organise : chaque allemand doit
prouver qu’il n’est pas juif en apportant des certificats de baptême ou d’autres preuves des
parents, arrières grands-parents, etc.

III) Des fonctionnements identiques.


1) Le culte de la personnalité.
S = Le petit père du peuple
M = Le Duce (chef)
H= Le Führer (chef)  Reichführer
Le chef est omniprésent à travers des statuts monumentaux, des peintures, des chansons et des
prières. Le chef est traité à l’égale d’un dieu, il a un rôle de guide, d’un sauveur. Staline
s’attribut toutes les découvertes scientifiques de l’entre deux guerre.
L’état limite la liberté d’expression par la censure et le discours officiel renforce l’idée d’un
chef infaillible. En Allemagne, Goebbels prend en charge la propagande et il organise des
cérémonies de masse avec une véritable mise en scène.

2) L’embrigadement de la jeunesse.
Les régimes totalitaires s’occupent en premier des jeunes qui sont intégrés dès leurs plus
jeunes âges dans des organisations de jeunesse.
En Italie, les 4 à 8 ans constituent les fils de la louve, de 8 à 12 ans les Batillas qui reçoivent
une première formation paramilitaire (ex : avec des armes factices) et les 12 à 18 ans les
Avant-gardistes qui se préparent à intégrer l’armée.
L’encadrement de la jeunesse concerne aussi bien les garçons que les filles. Il recherche la
soumission, l’obéissance, la fierté.
Les jeunesses Hitlériennes sont crées dès 1931, avant la prise de pouvoir et sur la base du
volontariat. En 1940, elles deviennent obligatoires.

3) Des régimes basés sur la terreur.


**Staline se débarrasse des opposants en les envoyant en Sibérie, dans les camps de travail
forcé : le goulag. Des dizaines de millions de personnes y sont envoyées, 1.500.000 en 1041.
Les opposants les plus connus sont arrêtés, contraint à avoir des trahisons imaginaires,
condamnés et exécutés : c’est l’époque des grands procès de Moscou. Staline frappe les
anciens héros de la révolution, les médecins, les généraux.
La lutte contre les « opposants » relève de la police secrète, la Tcheka  NKVD  KGB.
**En Allemagne, c’est la Gestapo qui rempli le même office. Elle est relayé par deux
organisations paramilitaires, les SA et les SS. Ceux sont les SS qui gèrent les camps de
concentration puis les camps d’extermination. Les troupes SS, durant la guerre, seront à
l’origine de massacres de populations civiles, principalement en URSS, mais en France aussi.
** La police secrète, en Italie, aidée des chemises noires, traquent les communistes, met les
chefs en prison ou en résidence surveillée et pousse une partie de la population en exile.

Tout le système repose sur la peur et donc l’obéissance. Chaque totalitarisme utilise la force
pour garder son pouvoir et met en œuvre usa politique pour atteindre ses objectifs.