Vous êtes sur la page 1sur 13

Evénements > Débats Idée Télécom

UMTS : Genèse de la norme européenne de troisième génération de télécommunications mobiles

Compte-rendu rédigé par Gabriel CHARRE, Sébastien HEINTZ et Jean-Jacques THUILLIER, de l'Ecole nationale supérieure des Postes et Télécommunications. Ce compte-rendu peut ne pas refléter exactement la teneur des interventions et des débats.

1. Mobiles : Etat des lieux en Europe et dans le monde Frederic PUJOL IDATE 1.1. Etat des lieux 1.1.1. Téléphonie cellulaire En Europe, le GSM a pris le relai d'une situation où coexistaient plusieurs normes incompatibles de première génération (1G, analogique). La norme GSM est née de l'adoption commune par la France et l'Allemagne, en 1991, d'une norme de deuxième génération (2G, numérique), à laquelle plusieurs pays se sont ralliés ultérieurement. Jusqu'en 1995, la norme TACS-900 (transposition européenne de l'AMPS américain) a concerné plus d'abonnés en Europe que la norme GSM, en particulier à cause de l'adhésion du Royaume Uni, de l'Italie, et de l'Espagne à cette norme. Depuis 1995, le GSM l'emporte très nettement. Cette convergence des normes européennes de télécommunications mobiles et la réussite industrielle mondiale qu'elle a rencontré sont un grand succès pour l'industrie et l'approche réglementaire européenne, ainsi que pour l'organisme européenne de normalisation ETSI. Aux Etats Unis, on a connu un phénomène inverse : d'une norme unique on est allé progressivement vers trois normes distinctes (GSM, IS-54 et IS-136 [TDMA], IS-95 [CDMA]). Au Japon, tout est parti de la norme propriétaire de NTT, qui a peu à peu évolué dans la mouvance AMPS vers la norme J-TACS. La seconde génération de mobiles compte plus de 20 millions d'abonnés au Japon, mais ne s'est pas vendue à l'étranger face au GSM. Il convient de surcroît de souligner les différences d'approche dans ces évolutions. En effet, le GSM est un système défini très précisément et comporte de nombreuses potentialités de réseau ainsi qu'une multitude de services, détaillés rigoureusement dans la norme. A l'opposé, la norme IS-95 est un système nettement moins riche en fonctionnalités réseau. 1.1.2. Systèmes satellitaires Il en existe actuellement trois systèmes principaux en développement : Iridium, Globalstar et ICO (Odyssey ayant rejoint ICO). Leurs ouvertures commerciales doivent s'échelonner entre fin 1998 et fin 1999. Ces services assurent une couverture mondiale presque globale (hormis les pôles). Leur point

satellitaire. 1. 1. ce qui permet à la France de rattrapper progressivement un retard d'équipement certain : taux de pénétration de 11 % en février 1998.2 UMTS : quelques questions clés. GSM/PHS). Il en existe également des tri-modes analogique. Ces systèmes offrent en particulier une grande capacité de trafic. D'autres systèmes. PHS (norme très répandue au Japon). ce qui est remarquable. Il en existe déjà un certain nombre (GSM/DCS. les opérateurs ont effectué récemment des investissements dans le PCS. où la progression est très forte (+131% en 1997).1. où il progresse toutefois à un rythme régulier mais ralenti (de l'ordre d'un à deux pour cent par an) .2. sur la partie terrestre. Radiotéléphonie de proximité Plusieurs normes ont été développées. régionaux et utilisant des satellites géostationnaires. L'objectif de la norme UMTS L'idée fondatrice de l'UMTS est d'intégrer tous ces réseaux en un seul et de lui adjoindre des capacités multimédia (haut débit pour les données). DECT (norme paneuropéenne) . numérique. Ils cherchent donc à rentabiliser leurs équipements de seconde génération. en contrepartie de possibilités de mobilité moins grandes qu'avec les systèmes mobiles. En particulier. sont également en cours de développement (EAST de Matra.3. comme l'indique l'acronyme UMTS. GSM/DECT. tels la Finlande (45%).4. 1. Au Japon.1. Kapt'Aquitaine). . parmi les plus faibles d'Europe. cela suppose des terminaux bi-modes satellite/terrestre.faible réside dans les centre-ville avec immeubles hauts car les terminaux doivent être en visibilité satellitaire. Aux Etats Unis.1. Il y manque pour le moment la définition de la partie satellitaire. pour Universal Mobile Telecommunications System. en nombre absolu d'abonné. Cela pousse le Japon a être moteur pour le passage à la troisième génération. 1.2. en fin de vie . dans un premier temps. Etat du marché cellulaire Le taux de pénétration du cellulaire est très contrasté en Europe : q q q il est le plus élevé dans les pays nordiques. L'ETSI se concentre en effet. son marché étant ouvert depuis peu on observe un phénomène de rattrapage en France. et le risque de pénurie de fréquences devient réel.2. l'Italie représente le marché le plus important. L'avenir du mobile et UMTS 1. dont les plus connues sont : q q q CT2 (Bi-bop. dont certains sont en développement. EuropeStar d'Alcatel). GSM/PCS. La couverture de tous ces réseaux suppose une complémentarité offerte par des terminaux multimode et multibande. le taux de pénétration est supérieur à 20%.

2. Europe) étudie sa propre norme de troisième génération (3G. Aujourd'hui. car elle sera un facteur différenciant l'UMTS des systèmes de deuxième génération. télécommunications et audiovisuel. USA : les opérateurs américains étant scindés en trois groupes (GSM.1. principalement la transmission de la voix. Les évolutions technologiques (réseau. digital signal processors. La problématique de la transition du GSM vers l'UMTS de pose alors . soit par une transition directe entre GSM et UMTS. d'attendre l'UMTS. Les options prises par les ensembles économiques transparaissent dans leurs propositions de normes pour l'UMTS et leur proximité avec le GSM : q q q Union Européenne : transition douce du GSM à l'UMTS. Leur jeu n'est par ailleurs pas déconnecté de la sphère géopolitique. le GSM permet en mode circuit le transfert de données avec un débit plafonnant à 9 kb/s. UMTS. L'UMTS (comme les autres normes 3G) est concernée par quatre jeux de forces : q q q q La convergence entre informatique. Pourquoi une nouvelle norme? La question d'une norme mondiale se pose. etc. EDGE). plutôt que de se lancer dans des développements potentiellement concurrents. système. étant donné l'importance des investissements à engager. Japon.). et les perspectives incertaines de couverture (limitée par exemple à des îlots d'affaires) ? Il pourrait être tentant. Il est envisagé de développer la transmission à plus haut débit en mode circuit (HCSD) et la transmission de données en mode paquet (GPRS. l'UMTS proposera certainement essentiellement des services vocaux. prévue pour 2002. poussent à la définition d'une nouvelle norme. C'est l'occasion d'étudier la possibilité d'une norme internationale permettant une itinérance totale. Les constructeurs.UMTS Forum . elle peut se faire soit par une évolution progressive de la norme GSM avec de nouvelles fonctionnalités. pour ouvrir de nouveaux marchés et pour renouveler les équipements. Cependant. La migration progressive des acteurs (opérateurs. pour les systèmes de troisième génération. induisant des précodures d'allocation de ressources rares. constructeurs) vers des applications et services plus diversifiés et plus développés. dans un contexte d'émergence du multimédia. les EtatsUnis ont fait trois propositions.Directeur du centre de recherche MOTOROLA-Paris Chaque continent (Etats Unis. 2. TDMA. la communication de données ne doit pas être oubliée. L'utilisation de nouvelles ressources en fréquences (établie à la Conférence mondiale des radiocommunications de 1992). Mais quelles évolutions du GSM seront effectivement mises en œuvre. auprès de l'UIT. Les services actuels. une définition par l'historique et par les services Nicolas DEMASSIEUX . Japon : ce pays veut une nouvelle norme rapidement pour la mettre en oeuvre dès l'an 2000 et n'a pas intérêt à la compatibilité avec le GSM. L'augmentation rapide du trafic implique un pression sur les ressources en fréquences. 2.2 Les besoins .En 2001. La 3G permettra une meilleure efficacité spectrale : il y aura plus de débit pour une même plage de fréquence. CDMA). pour les opérateurs. numérique multimédia). s'étendront bientôt aux données et à un mix voixdonnées.

ainsi que des détails.1 Interopérabilité GSM/UMTS Aujourd'hui. Un exemple de ces nouveaux services peut être donné par l'application "visite de musée". loisirs) . accès Internet).2. onéreux en infrastructures. Les services 2. efficace (qualité. et vers d'autres services (courrier électronique. les normes de deuxième génération permettent une couverture presque globale des territoires.1. En particulier les évolutions du GSM. Services traditionnels De nombreux services orientés données sont ou seront progressivement supportés par le GSM. 2. Les oeuvres sont commentées. l'UMTS (384 kb/s pour tout le monde en mode mobile et 2 Mb/s en situation "fixe") fournira un meilleur compromis capacité/coût.3. Dans ce cadre. largeur de bande). Toutefois. dans l'ordre suivi par le visiteur.3. il est envisageable que l'UMTS s'adresse au grand public. 2. telles que le GPRS (115 kb/s) ou EDGE (une amélioration du GPRS proposée par Ericsson augmentant le débit à 384 kb/s). l'UMTS se développera certainement. offrant une couverture globale. centres d'affaires. permettront une première étape vers la transmission haut débit. Par conséquent. valeur ajoutée (il faut que le grand public soit prêt à payer le surcoût de ces services). une flexibilité d'usage et une offre multiservices. 2. Cela conduira à un réseau au coût plus élevé. Services émergents A moyen ou long terme. Au fur et à mesure de la visite. L'UMTS. dans un premier temps.4. et d'autres oeuvres similaires ou comparables. Ces nouveaux services répondront certainement à trois exigences : q q q contenus multimédia (exemples : jeux. Cette norme de 3G doit détailler un système unique. multimédia. des micro-cellules de 500 m de rayon et des pico-cellules de 100 m.L'ETSI a défini une série d'objectifs à remplir par l'UMTS. qui pourraient être de quelques centaines de mètres. les paliers 2. Pour ce-faire trois types de cellules sont utilisées : des macro-cellules de 15 km de rayon environ. les renseignements s'affichent sur son terminal. Le mobile permet d'effectuer une visite du musée "à la carte". in-door) et se généralisera par un déploiement progressif. la grande majorité des services qui seront proposés alors est encore inconnue. distinguant le service du réseau. nécessite des cellules de taille nettement plus petite que les macro-cellules actuelles. télépaiement. mobilité . transfert de fichiers. . et suivant son souhait de détails. (milieu urbain. Du GSM à l'UMTS. sécurité.4. dans des îlots de couverture. parce qu'il opère à une fréquence plus élevée et avec des débits à la fois variables et importants.3. sont affichées sur son terminal.

les études menées pour IPv6 travaillent à la prise en compte de la mobilité pour les accès Internet. L'objectif est d'obtenir une couverture maximale. 2. Très globalement. En bref.3.2. Dans le même temps. cela doit permettre dans les 15 années à venir une offre pour le grand public et les professionnels. à haut débit dans les îlots UMTS. consistent essentiellement en une reprise dégradée des services fixes et sont fournis principalement par le réseau (réseau intelligent). de façon transparente. sur une base de réseau UMTS ou GSM. en mode dégradé lorsque le mode GSM prend le relais.2. les terminaux GPRS devront certainement être remplacés. Les terminaux subiront également une évolution.2.4. Pour assurer la couverture. Le passage à l'UMTS impliquera l'implantation de nouvelles cellules gérant les interfaces radio et la réutilisation maximale des composants GSM de dernière génération (haut débit). Cela implique une interopérabilité maximale avec le GSM. Cela suppose une utilisation du multimédia spécifique : tout le monde mais pas tout le temps (par exemple applications culturelles dans les musées). Paliers techniques 2. et micro-ordinateurs). et les éventuels terminaux GPRS risquent d'apparaître limités. téléphone sans cordon. les services UMTS soient accessibles. le 2G assure les services vocaux et partiellement le domaine données. le 2G donne une couverture presque globale. avec un parc de terminaux assez étendu (téléphone. en modèle client-serveur.4. Les services sont peu nombreux. évolutifs. et des terminaux multimodes GSM/UMTS pour passer d'îlots en îlots tout en respectant une certaine continuité de service. Il est probable que le GSM évoluera pour accroître ses capacités et supporter de nouveaux services.1 Interface radio Une décision de compromis a été prise à l'ETSI : q q le protocole WCDMA (Wideband Code Division Multiple Access) a été choisi pour les bandes de fréquences apairées le protocole TD/CDMA (Time Division/Code Division Multiple Access) a été retenu pour les bandes de fréquences non apairées (applications à faible portée. . en densifiant le réseau de cellules. Il est tout à fait possible possible d'augmenter progressivement la capacité d'un réseau en utilisateurs. telle qu'en tous lieux. débits fortement asymétriques).2. La 3G s'appuiera donc sur la 2G pour la couverture globale. Les performances se dégradent rapidement en cas de mobilité. Services et applications Aujourd'hui. 2. délivrés en périphérie. 2. les terminaux pour l'UMTS devront être multimode.4.2. L'UMTS doit assurer en 3G des services très nombreux. si l'infrastructure réseau GPRS semble réutilisable globalement. La gestion de la mobilité sera donc étendue entre les différents types de réseaux.4.permettant des investissements incrémentaux. Réseau Aujourd'hui.

dans un contexte général de baisse des coûts. De la 1G à la 2G. etc. La 3G aura beaucoup de mal à trouver sa place. Plusieurs scénarios ont été étudiés pour évaluer la rentabilité de l'UMTS. la croissance du marché a dépassé toutes les prévisions.6.2. l'interface radio n'est pas encore définie entièrement définie.5. Les équipements radiofréquence et numériques sont en effet amenés à devenir à la fois de plus en plus performants et de moins en moins coûteux. il apparaît que sur des hypothèses de développement local. même si des difficultés sont à prévoir. 2. les terminaux devront assurer des fonctionnalités complexes (multimédia. Il ne faut par ailleurs pas se cacher que cette question est politique.6.2. les travaux semblent s'engager sur une bonne voie. Comment "vendre" l'UMTS aux banquiers sachant que l'UMTS impose des investissements lourds avec des nouveaux services hypothétiques . CNES. Les coûts Il faut prendre en compte de nombreux facteurs de coûts : q q q q q q q investissement. et l'UMTS devrait donc pouvoir se mettre en place correctement. la situation se présente mieux mais le réaménagement des fréquences sera certainement long. Cependant. installation. il s'agissait seulement d'un changement de technologie. Questions 2. A l'opposé. nouveaux terminaux. nouveaux sites. En matière de gestion fine des fréquences. On peut supposer qu'avec la 3G. haut-débit) coûteuses. achat de spectre. exploitation. et pourtant. Quelle allocation de spectre est nécessaire ? Comment le spectre sera-t-il libéré ? Y-a-t-il un réel besoin ? Aux Etats-Unis. En Europe. qui propose une véritable rupture par une offre de service complète. l'UMTS ne coûtera pas plus cher que le GSM. a un potentiel très important. il n'y a pas de marge de manœuvre car une partie du spectre a déjà été utilisé par PCS. Il est à souhaiter que l'effort de libération des fréquences nécessaires sera fait une fois que le besoin aura été démontré. Il apparaît que ce sont les terminaux qui pèseront le plus lourd dans les coût. réseau. coûteux et difficile car les acteurs concernés sont nombreux : militaires.6. mais devrait l'être di'ci quelques mois. 2. autres services de télécommunications et audiovisuels. Tout porte à croire que la 3G sera l'occasion d'un fort développement du marché des télécommunications mobiles. il n'y a pas eu de différence majeure de service.1. En résumé.

De cette façon la couverture. les services et applications. ne devraient pas représenter un investissement massif. Il est possible d'entrer dans un cercle vertueux ou. à l'inverse dans un risque de spirale décroissante. Le foisonnement de services attendus va faire évoluer les terminaux. le réseau. on se tournera vers des modèles plus spécifiques adaptés aux fonctions recherchées. Ils seront nécessairement bimodes (ou multimodes) pour assurer une couverture globale. D'autre part. Il sera donc possible d'avoir un schéma de déploiement qui réutilise de nombreux éléments en place. mais il est plus que probable qu'il y aura diversification dans la forme et les services offerts par les terminaux.D'une part.Commission Européenne (DG XIII) 3. De la même manière. en commençant là où les besoins sont les plus forts (les îlots d'activité). il n'a pas été exploré jusqu'à présent. secteur par secteur. il existe un espace pour les services que proposera l'UMTS : simplement. de Paris et de l'Ile de France. tout en conservant l'infrastructure actuelle. au moins localement ajouter de nouveaux modules GPRS.4. Que seront les terminaux ? Une grande partie des coûts de l'UMTS sera due au changement des terminaux. à la condition toutefois que l'interopérabilité 2G/3G soit bien assurée. Comment se fera le passage de la seconde à la troisième génération ? Il existe trois aspects dans le domaine technique : q q q l'interface radio.5. les opérateurs ont une certaine capacité d'autofinancement. Aspects multimédias : services asymétriques L'ETSI fournit un travail conséquent sur ce sujet. Le trafic données sera supporté par GPRS.3. Il existera bien sûr des terminaux génériques. Aujourd'hui il semble que se dessine une spirale positive et que règne un certain volontarisme. La possibilité de supporter efficacement ce type de services est en effet un besoin essentiel. il sera possible d'ajouter de nouvelles interfaces UMTS. 2. 2. La couverture GSM en l'an 2000 sera quasi générale. Place accordée par la Commission à l'UMTS . Heureusement l'électronique coûte de moins en moins cher.6. 2. 3. par exemple.1. Enfin la couverture UMTS peut se faire de façon incrémentale. D'un terminal universel.6. On pourra. Il sera normalement pris en compte dans la norme. Politique et stratégie pour le développement des services UMTS dans l'Union Européenne Paul LIPPENS DE CERF .6.

L'UMTS est une priorité pour la Commission. L'Europe doit rester en tête pour la troisième génération. L'élaboration de la norme est guidée par le marché. pour promouvoir un marché ouvert et libre : q q q développer de nouveaux services. préserver la compétitivité de l'industrie européenne . UIT). de soutenir les développements européens. de garantir la libre circulation . Par ailleurs. Principes généraux La Commission entend inscrire son travail dans une logique de neutralité. L'UMTS n'est pas simplement un phénomène technique et il ne faut pas oublier la notion d'utilité pour le citoyen. OMC. fournir un maximum de fréquences. Japon). La Commission entend rééditer ce succès avec l'élaboration de la norme 3G. 3. faire en sorte que le cadre législatif soit prêt à temps . la procédure reste cependant analogue. Les objectifs poursuivis sont les suivants : q q q q rassurer les investisseurs . La norme GSM a été un grand succès pour l'ETSI et l'harmonisation européenne en général. assurer la présence européenne sur des marchés tiers. à l'image de ce qui a été fait pour le GSM . notamment par ses programmes de R&D et son action à l'international. privilégier un secteur de haute technologie parmi les plus actifs . construire la société de l'information . Cela s'est traduit par une couverture européenne et des débouchés considérables dans le monde. dans le contexte de la concurrence introduite au 1er janvier 1998. tracer la voie pour la nouvelle technologie UMTS.2. Le rôle de la Commission est de canaliser les efforts et de fixer les cadres. rester neutre face aux nouveaux entrants et aux opérateurs GSM en place. la Commission est la gardienne des Traités. Plusieurs éléments motivent la Commission dans son soutien à l'UMTS : q q q q q q répondre aux besoins des citoyens européens . Les apports principaux de la Commission à l'UMTS sont : q q q d'assurer le respect de conditions équilibrées et équitables de concurrence . faciliter la création du marché intérieur . Si le cadre juridique a totalement changé depuis l'adoption du GSM (libéralisation des marchés. Il y a un impératif de temps pour ne pas se faire prendre de court par les autres pays (Etats-Unis. l'ensemble se faisant en respectant le principe de subsidiarité. .

portabilité des services. en facilitant l'introduction rapide de nouveaux services UMTS. Réseaux d'accès radio (nouvelle interface radio avec nouveaux services dont transmission par paquets. libéralisation). La commission a soutenu la création d'un forum UMTS regroupant l'ensemble des acteurs impliqués. dotés de 120 MEcu sur ces quatre dernières années. ces dates étant des dates butoir. Annexe I) par ses caractéristiques de base : q q q Services (Capacité multimédia. Enfin. la Commission soutient la proposition de l'UMTS comme élément de la famille des normes IMT2000 à l'UIT. mobilité. interopérabilité GSM/UMTS. La proposition de décision de la Commission du 11 février 1998 La législation en place s'applique (licences.3. gestion satellitaire) . et encourage le dialogue avec les pays partenaires principaux (dialogues bilatéraux avec les États-Unis et le Japon).3. terrestre/satellitaire) . Intranet. .5.4. Cela a été un apport technologique essentiel à l'élaboration de l'UMTS et a contribué au processus de normalisation. L'UMTS est défini (article 2. Actions de la Commission Le soutien à la Recherche et Développement a été massif : programmes RACE et ACTS. avec la nécessité de préciser les obligations des Etats Membres dans ce cadre. Cette proposition de décision s'engage à assurer le succès de la 3G. 3. Terminaux (bimodaux GSM/UMTS. bonne efficacité de la gestion du spectre). les états sont libres d'avancer l'échéance. 3. La Commission applique le principe de neutralité sur le choix de la norme qui doit être validée par l'industrie et le marché . Calendrier de l'UMTS au niveau européen La Commission organise son action autour d'une Décision du Parlement et du Conseil sur l'UMTS : 11 févier 1998 début 1999 octobre 1999 fin 1999 1er janvier 2000* 1er janvier 2002* adoption de la proposition de décision sur l'UMTS par la Commission adoption finale de la décision par le Parlement et le Conseil mandats à la CEPT/ERC/ECTRA CMR 99 (extension des bandes FPLMTS/IMT-2000) révision générale du cadre réglementaire des télécommunications dans l'Union Européenne définition des régimes nationaux d'autorisation tous les Etats doivent être en mesure de permettre la fourniture des services UMTS * : au plus tard . interconnexions. Internet.

Par conséquent. la commission donne des mandats à la CEPT. Tout dépendra du succès rencontré par l'UMTS sur un large public.6. Il est possible ici de faire une analogie entre le développement de l'UMTS et la situation des réseaux filaires pour le développement des normes ATM et xDSL. Quelles sont les relations entre la Commission. C'est pourtant le succès au niveau du grand public qui sera déterminant pour l'ensemble de la norme. l'UMTS est un enjeu majeur pour l'Europe qu'il ne faut pas négliger et ne pas retarder. Il existe plusieurs scénarios sur l'évolution de l'UMTS.6. développer un marché domestique fort et crédibiliser le processus européen) . dont un prenant en compte un succès limité au domaine des professionnels. est elle normative ? Ce point fait l'objet d'un débat au sein de la Commission et des Etats-membres. Le sujet n'est donc pas encore tranché et reste sujet à discussion. donnée à l'annexe 1. l'ETSI ayant un rôle central de la normalisation européenne. Par ailleurs.1 Quels besoins ? Il est difficile d'évaluer actuellement les besoins en fréquences.IDATE 4.6. qu'elle soutient par ailleurs financièrement. L'UMTS. sans pour autant la financer directement.2 La définition de l'UMTS par la commission. en partie. En particulier subsistent encore aujourd'hui beaucoup d'interrogations liées aux services multi-médias. L'objectif de la proposition de décision est. 3. il serait logique qu'en effet la définition de l'article 2 de l'annexe 1 soit normative. Il n'est pas certain que le grand public soit vraiment intéressé par les nouveaux services multimédias. et notamment à l'ERC/ECTRA. convergence du fixe vers le mobile) L'UMTS doit apparaître comme une norme : q q q commune (éviter la fragmentation du marché. 3. 4. l'ETSI et la CEPT ? La Commission a participé à la création de l'ETSI et continue à la financer en partie. En conclusion. Questions 3. ouverte (octroi de licences à des conditions accessibles) . La question est également de savoir s'il existe un réel besoin des consommateurs pour une évolution du service GSM vers une offre multimédia plus complète. concurrentielle (compétitivité.1. promotion de l'UMTS au niveau mondial).q Réseau de base (Gestion de la mobilité. Toutefois il convient de surveiller les coûts afin qu'ils n'augmentent pas trop. La commission donne des mandats à l'ETSI. quelques questions clés Frédéric PUJOL . . La Commission intervient à cet effet à un niveau d'harmonisation et de finalisation du projet. de réserver les bandes de fréquences UMTS à des applications qui en soient vraiment UMTS.

pratique d'origine anglo-saxonne. 4. Il est possible que de nouveaux acteurs apparaissent avec l'UMTS. Le calendrier est tendu et la "fenêtre" d'attribution des licences est courte. La mise aux enchères des fréquences.4. risquent de prendre de plus en plus de poids.5 Questions 4. Cependant. sur la santé et l'UMTS ? . absence totale en Scandinavie par exemple). 4. Y-a-t-il des études. et jouent alors un rôle au niveau de la création des services. la vente aux enchère de bandes de fréquences a posé problème pour la bande "C" : de nouveaux entrants n'ont pas pu financièrement assumer le déploiement du réseau que supposait l'occupation de bandes de fréquences acquises. Il apparaît difficile de les exclure et il faudra déterminer le nombre de nouveaux entrants. Ceux-ci pourraient passer des accords avec des opérateurs existants afin d'assurer l'itinérance sur tout le territoire. un certain nombre d'incertitudes demeurent tant du point de vue réglementaire que de celui du développement des marchés et de celui de la stratégie des opérateurs. Dans le domaine des équipements. Stratégie des opérateurs Les opérateurs doivent se positionner pour l'évolution du GSM à l'UMTS. La deuxième question qui se pose est celle de l'accès des opérateurs GSM aux fréquences UMTS. l'attribution des fréquences. Pour ces nouveaux entrants la question de l'itinérance nationale est cruciale. soucieux de ne pas rater le train de l'UMTS. voient cependant aujourd'hui leur poids diminuer (faible impact. Dans l'ensemble. il existe plusieurs schémas d'étapes possibles: q q q GSM -> GPRS -> UMTS GSM -> HCSD -> GPRS -> UMTS GSM -> UMTS. financées par la commission. Les opérateurs fourniraient des capacités et les prestataires de services auraient accès à des plates-formes normalisées afin de fournir de nouveaux services tout en gardant le contrôle de leurs abonnés. Cela a conduit à une renégociation désordonnée des allocations de fréquences. les acteurs asiatiques.3. le GSM a donné aux acteurs européens une réelle importance.4. créées pour dynamiser le marché. En particulier. Autre point délicat.2 Evolution de la distribution et des équipements La structure de distribution fait actuellement cohabiter les opérateurs et les sociétés de commercialisation de services (SCS). Questions réglementaires La question de la généralisation de l'itinérance nationale est cruciale pour la structuration du marché : elle permet en effet aux nouveaux entrants de présenter la même qualité de service que les opérateurs installés avant même d'avoir rattrapé leur niveau d'équipement. 4. ne semble pas être un moyen transposable en France.5.1. Aux États-Unis. Ces dernières.

Il importe donc que les communautés développant l'UMTS et développant le WMS et le DAB/DVB ne soient pas cloisonnées. Cette convergence figure dans le Livre vert de 1994 sur les mobiles et recommande l'interconnexion des réseaux fixes et des réseaux mobiles. Une révision de celui-ci est prévue en 1999. Celles-ci ne sont pas spécifiques à l'UMTS.Il existe un certain nombre d'études sur l'influence des rayonnements électro-magnétiques en matière de santé. sera certainement décisive pour une évolution positive du processus international de normalisation.5. il est indéniable qu'elles visent des services proches. Il y a également deux indications rassurantes : q la progressivité de la migration du GSM vers l'UMTS . Le comité d'évaluation de l'ACTS recommande de se concentrer sur nos points forts. avec un programme cadre de la Commission Européenne moins ouvert que les précédents pour éviter le "soupoudrage" de crédits européens. La question de l'interconnexion des protocoles réseaux et des services. Quelles sont les chances réelles d'aboutir à une norme mondiale ? Le contexte d'élaboration de la norme est incertain : les négociations avec les États-Unis et le Japon ont à peine débuté. tandis que la décision de l'ETSI est encore très récente. Toutefois. . 4. bien plus que celle de l'interface radio. même si les deux visions ne sont pas interchangeables. Cependant. 4. qui rend les acteurs prudents. 5. Quelles sont les perspectives de voisinage entre l'UMTS et les développement incluant de l'interactivité issus du monde de l'audiovisuel ? Un premier niveau de réponse est la mobilité elle-même : les systèmes issus de l'audiovisuel sont d'abord multimédias. alors que l'UMTS est avant tout un système mobile. fortement asymétriques et peu mobiles. Cela peut tout aussi bien aboutir à différentes normes incompatibles qu'à des normes différentes mais compatibles ou même à une norme unique. et donc arbitrables par les consommateurs. Conclusion Gérard POGOREL . 4.Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications Cette conférence a été marquée par une grande prudence quant à l'avenir de l'UMTS et ses applications à en attendre. Il faut certainement y voir un "syndrome TVHD". l'UMTS fait partie des grands points forts de R&D en Europe.5.2.4. On peut notamment penser aux discussions actuelles sur le MWS.5. Ce scénario optimiste est vraisemblable dans la mesure où de nombreux partenaires non européens ont souscrit à l'accord de l'ETSI.3 Quels concepts la Commission met-elle derrière l'expression "encourager la convergence fixemobile" ? En la matière il n'existe pas de position arrêtée. Le soutien de la Commission Européenne à l'élaboration de l'UMTS est tout à fait clair et affirmé. qui inclut une composante boucle locale radio et permet une certaine mobilité. Il est difficile de préjuger de l'avenir de ce processus.

d'intégrer les services dans l'analyse économique de l'UMTS.q la possibilité d'ajuster ou de retarder le déploiement en cours de route en fonction des réactions du marché. au delà des infrastructures. En intégrant les services multimédias et la mobilité avec les services vocaux traditionnels. l'UMTS réunit les conditions pour réussir.Ecrire au webmestre . © Ministère de l'Economie. Il est indispensable.décembre 2001 renseignements éditeur . des Finances et de l'Industrie .