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L’Education

Les sociétés qui ignorent le savoir méprisent ceux qui le produisent et ceux qui le transmettent ; le savoir les laisse dans l’ignorance et l’arriération.

Le peu de cas qui est fait de ceux qui savent et de ce qu’ils savent explique largement notre état de sous- développement.

« L’Etat assure à l’enfant le droit à l’instruction. L’enseignement primaire est obligatoire. L’organisation et le contrôle de l’enseignement à tous les degrés sont des devoirs impérieux de l’Etat. » Telles sont énoncées dans le Préambule de la Constitution, les obligations de l’Etat vis-à-vis de la jeunesse et de son éducation.

La situation actuelle de l’Education

L’Education, dans ses différentes composantes est une grande faillite dans notre pays.

1. Les infrastructures de l’enseignement :

a. Les infrastructures politiques et administratives

i. Les infrastructures politiques : L’Education est éclatée en 4 ministères spécialisés – Ministere de l’Education de base, des Enseignement Secondaire, de l’Enseignement Professionnel et de l’Enseignement Supérieur .L’Education est aussi saupoudrée dans de nombreux ministères tels que l’Administration Territoriale, l’Industrie, l’Agriculture, les Travaux Publics etc. qui ont des établissements de formation et de perfectionnement. Cet éparpillement est inefficace, très coûteux.

ii. Les infrastructures administratives : Les établissements d’enseignement sont sous la férule des Ministres. Les collectivités territoriales sont exclues de la gestion de ces derniers, tandis que les services déconcentrées de l’Etat gèrent le quotidien sous le contrôle sourcilleux des services centraux. La décentralisation est tronquée.

b. Les infrastructures physiques

i. Les infrastructures des établissements publics.

1. Dans l’enseignement Supérieur, des ordres d’enseignement, des facultés, des universités entières sont créés par décrets et décisions administratives, sans bâtiments, sans espace et sans professeurs. Les universités et les campus sont souvent confinés dans des espaces inadaptés et exigus. Les amphithéâtres et les salles de travaux dirigés en petit nombre et à faible capacités sont surpeuplés malgré les rotations et l’extension des cours aux samedis et dimanches. Les équipements et locaux spécialisés (bibliothèques, laboratoires, auditoriums, centres multimédias, restau-U…) sont soit inexistants, soit mal équipés et d’une capacité ridicule par rapport à la population estudiantine. Les bureaux des enseignants sont en nombre insuffisant malgré l’affectation d’un même bureau exigu à 2 ou 3 enseignants.

des plus sommaires : pas de bibliothèque, pas de laboratoires, pas de salles informatique, pas de toilettes, pas d’aires de jeux, pas de gymnases

etc

d’enseignement technique sont sous-équipés.

L’entretien des bâtiments laisse à désirer. Les établissements

3. Dans l’enseignement Primaire, les bâtiments et salles de classe sont

insuffisants, avec des équipements si rudimentaires qu’il y manque parfois des bancs. Les écoles sont parfois situées dans un environnement peu propice à l’enseignement des jeunes enfants. Les élèves sont souvent obligés de parcourir à pied des distances considérables pour aller à l’école.

2.

Les infrastructures des établissements privés. A côté d’établissements de bonne renommée cohabitent des établissements scolaires où aucune norme n’est respectée, même pas les normes de salubrité publique.

3.

L’organisation de l’Enseignement : Le gouvernement reconnaît un enseignement diversifié : le

public et le privé, le général et le technique, le laïc et le confessionnel, le bilingue et le monolingue ; mais tous ne jouissent pas de la même attention, et pourtant tous s’avèrent essentiels à la formation de la jeunesse et à son insertion réussie. Le concept de « communauté éducative » crée des ingérences préjudiciables à la bonne gestion des établissements.

4.

Examens et diplômes :

a. Les examens et diplômes des Ministères chargés de l’Enseignement n’ont pas d’évaluation externe objective. Le politique est surdéterminant par rapport à l’acquisition des connaissances dans un contexte d’immoralité, de viol permanent de la règle, de l’éthique, et de la morale. Les fraudes prolifèrent. Les diplômes Camerounais sont dévalués. L’évolution des enseignements est bloquée, les diplômes obsolètes comme le probatoire sont maintenus, de nouvelles séries comme celles dédiées aux sciences de l’ingénieur ou à l’informatique ne sont pas créées. Les passages du Primaire au Secondaire et du Secondaire au Supérieur posent des problèmes. L’harmonisation du GCE et du baccalauréat est fictive.

b. Les examens et diplômes des Ministères disposant d’écoles supérieures spécialisées

(ENAM, Travaux Publics etc

),

sont plus ou moins bien suivis en entrée et en sortie. Mais

les formations de techniciens de niveau CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle) ou BEP (Brevet Etudes Professionnelles) non répertoriées et sanctionnées par un examen national sont gérées à hue et à dia.

5.

Les conditions faites aux enseignants sont catastrophiques. Le statut de l’enseignant fixé par les Etats Généraux de l’Enseignement depuis 1995 n’a jamais été mis en place.

6.

Les conditions imposées aux apprenants : Parqués par milliers dans des amphithéâtres construits pour quelques centaines d’étudiants, par centaines dans des classes prévues pour quelques dizaines d’élèves, les étudiants et élèves du Cameroun reçoivent les enseignements dans des conditions déplorables. Les professeurs et les maîtres sont souvent absents et les cours dispensés laissent à désirer. La qualité des enseignants est parfois sujette à caution. Beaucoup de bons enseignants sont démotivés et désertent les lycées et collèges dès qu’ils trouvent un bon job ailleurs. Dans le Supérieur, le Secondaire et le Primaire, les frais exigés des parents sont excessifs ; la corruption est omniprésente. Les examens sont une loterie et l’élève qui échoue n’a pas accès à ses notes. C’est le capharnaüm.

a. Les dépenses des élèves et des parents couvrent les frais d’inscription, les livres, les fournitures scolaires, les frais d’uniforme, les cotisations des APE (Associations des Parents d’Elèves), les frais divers exceptionnels ou récurrents (informatique, achat de bancs, fascicules, les assurances etc), les frais de déplacement et de nutrition des enfants, les frais d’examens etc. A cela, s’ajoutent les frais de scolarité pour les établissements privés. 50 000 F et bien plus selon les filières sont exigés par an et par étudiant dans les Universités d’Etat. La corruption accroît les dépenses des parents.

b. Le financement de l’Etat couvre la construction et l’entretien des établissements publics, le fonctionnement des Ministères, les salaires des enseignants et du personnel administratif et subalterne des établissements publics, l’organisation de l’enseignement et une partie des frais occasionnés par les examens. L’Etat consent une modique subvention à quelques établissements privés du primaire et du secondaire.

c. Le financement des fondateurs d’établissements privés : il prend en charge l’aménagement de l’espace, la construction, l’équipement et l’entretien des bâtiments, le salaire du personnel enseignant, administratif et subalterne, les frais de fonctionnement, les obligations légales. Tous ces coûts sont directement répercutés sur les élèves et leurs parents sous forme de frais « d’écolage ». Très peu d’établissements privés reçoivent les subventions dérisoires du gouvernement.

Mes propositions : une éducation pour relever les défis du 21 ème siècle

1. Organisation de l’enseignement

a. Administration de l’enseignement

Pour plus de cohésion et d’efficacité, l’Education Nationale sera regroupée sous un seul et unique ministère contrôlant tous les degrés d’enseignement. Le Ministre sera assisté par des Secrétaires d’Etat. Le Ministère agira comme un chef d’orchestre qui valide la norme, qui oriente et qui contrôle. Le Ministère de l’Education assurera la tutelle académique de tous les établissements d’enseignement.

b. Décentralisation, répartition des compétences :

i. L’enseignement sera fortement décentralisé.

Le personnel enseignant des universités et du second cycle secondaire sera sous la responsabilité de l’Etat. Le personnel du 1 er cycle sera géré par la Région et les enseignants du primaire et du préscolaire par les communes. Les programmes d’enseignement comporteront une partie nationale arrêtée par l’Etat et appliquée à tous les établissements, et des compléments régionaux, départementaux et communaux proposés par les collectivités décentralisées.

L’Etat définit les normes à appliquer à tout le système éducatif, il arrête les contenus des programmes d’éducation nationaux, il émet un avis sur les programmes régionaux, départementaux et communaux. Il définit les conditions d’acquisition et gère la délivrance de tous les diplômes nationaux. Il gère les universités d’Etat. Il gère le personnel enseignant qui relève de sa compétence. Il alloue des ressources au fonctionnement de l’Education Nationale dans tous les secteurs.

La Région gère les centres universitaires régionaux, les campus, les lycées et collèges

La collectivité territoriale départementale gère les établissements ne comportant que le premier cycle de l’enseignement général, technique et professionnel.

La commune gère les établissements qui relèvent de l’enseignement primaire et préscolaire.

Chaque collectivité locale recrute le personnel qui relève de sa responsabilité.

ii. L’enseignement à proximité des enfants :

Chaque Région sera dotée d’au moins une université.

Chaque département disposera d’au moins un lycée à cycle complet avec un internat. Il disposera également d’un nombre de CES conforme à sa population scolarisée dans le primaire.

Chaque commune disposera du nombre d’établissements requis par la carte scolaire.

La construction des bâtiments et équipements sera planifiée sur 5 ans et conduite sous la supervision de l’Etat et des collectivités locales.

2. Optimisation des parcours scolaires

a. Le redoublement des classes sera supprimé à terme ; d’abord dans le primaire, puis le premier cycle du secondaire, enfin dans le second cycle à l’exception de la Terminale.

b. Le soutien des élèves en difficulté sera systématique dès l’école primaire.

3. Adaptation des diplômes au contexte international

a. Le probatoire sera supprimé. Seuls subsisteront les diplômes de fin de degré ou de fin de cycle.

b. 3 sessions du baccalauréat seront établies en Juin, Septembre et Janvier

c. Les acquis exigés pour les diplômes camerounais seront systématiquement accordés aux diplômes similaires dans les pays occupant les premiers rangs du PISA.

d. Les universités procéderont à deux rentrées, en Octobre et en Février et délivreront des diplômes sanctionnant 2, 4, 5 et 7 ans d’études ou plus.

4. Mon projet éducatif :

Une bonne éducation est impossible sans des enseignants bien formés, motivés, respectés mis dans de bonnes conditions de travail et assurés de leur avenir.

a. Le statut des enseignants arrêté par les Etats Généraux de l’Enseignement de 1995 sera revu, amélioré et appliqué.

i. La formation des enseignants de tous les degrés sera l’une des plus prestigieuses pour attirer les meilleurs éléments des classes d’âge.

ii. Les enseignants bénéficieront d’une formation continue. Une remise à niveau - évaluation sera assurée à tous les enseignants au moins une fois tous les 5 ans.

iv.

La reconnaissance sociale de l’enseignant se traduira par son affirmation dans la notabilité locale et nationale, la définition de son rang protocolaire et la reconnaissance du savoir par la nation.

v. La carrière de l’enseignant sera garantie selon ses performances.

b. établissements,

i. La cantine scolaire sera mise en place dans le primaire et progressivement dans le secondaire.

ii. Le système de demi-pension sera généralisé et des internats seront progressivement mis en place dans les établissements secondaires du public.

iii. Les restaurants universitaires fonctionnels seront créés en nombre suffisant par rapport à la population estudiantine.

iv. Progressivement, toutes les écoles du primaire et du secondaire seront dotées de salles informatiques connectées sur Internet, et toutes les universités seront équipées de salles multimédias.

v. Tous les établissements seront équipés de bibliothèques bien fournies

vi. Un établissement par département au moins sera équipé d’un gymnase et d’une piscine.

vii. Chaque Région sera équipée d’un complexe sportif universitaire.

b. conditions de l’apprenant :

i. Numerus clausus : Le nombre d’élèves par salle de classe ne dépassera pas 30 dans le primaire, 40 dans le secondaire et 40 dans les travaux dirigés du supérieur.

ii. organisation du temps : La « journée continue » sera supprimée dans le primaire et progressivement supprimée dans le secondaire.

iii. Suivi des élèves en difficulté : il sera assuré depuis l’école primaire. Des cours de renforcement et des classes de rattrapage seront organisés.

iv. Des écoles de parents seront organisées pour aider ceux-ci à suivre les enfants après l’école.

5. Financement public de l’Education :

a. Proportion : L’Etat du Cameroun consacrera au moins 20% de son budget à l’Education Nationale, tandis que la communauté nationale lui consacrera au moins 8% du PIB.

b. Répartition : Le financement de l’Education nationale incombera pour sa plus grosse part à l’Etat, puis aux collectivités locales, puis aux parents d’élèves, enfin à la communauté non éducative (entreprises, administrations, coopération, associations, organisations, mécènes etc )

c. Le financement public de l’école primaire et préscolaire sera assuré par les

communes sur ressources propres et subventions de l’Etat

d. Le financement public de l’enseignement secondaire est assuré par les collectivités

départementales et régionales sur ressources propres et subventions de l’Etat. Les salaires des enseignants payés par l’Etat transiteront par les collectivités locales.

e. Le financement public de l’enseignement supérieur est assuré par l’Etat.

f. Le Financement public de l’enseignement privé assuré par lEtat concernera

essentiellement le paiement des salaires des enseignants des établissements privés conventionnés. Ce financement s’établira à 9% du budget de l’Education Nationale.

g. Le financement public direct des élèves concernera les bourses, les aides scolaires et les aides à l’équipement.

h. . Les équipes de recherche qui publieront des articles scientifiques dans des journaux de bonne renommée seront primées.

6. Insertion de l’éducation dans le contexte

a. Social : Prestige du savoir et de l’enseignement :

v.

Il sera institué un concours général national réservé aux tous meilleurs élèves dans les principales matières à la fin du secondaire. Les lauréats participeront aux concours de même nature à l’étranger.

vi.

Une Académie des Sciences et une Académie des Arts et des Lettres seront instituées.

vii.

Un lycée d’excellence au moins sera créé dans chaque Région.

viii.

Les meilleures thèses de nos doctorants seront promues, diffusées et primées.

ix.

Des revues spécialisées dans la diffusion du savoir et des sociétés savantes seront financées par l’Etat (Mathématiques, Physique, droit, économie, médecine etc)

x.

Les distributions solennelles des prix seront organisées par établissement, par arrondissement, par département et par région.

xi.

Les établissements scolaires ayant obtenu les meilleurs résultats aux examens officiels seront primés.

b. économique,

a. L’ouverture de l’Education vers le monde du travail

i. Les visites guidées dans les entreprises, les administrations, le monde rural seront organisées systématiquement à partir des deux dernières classes du primaire jusqu’au supérieur.

ii. Les stages de courte durée, de vacances seront organisés pour l’enseignement secondaire et supérieur. Les stages académiques et les stages de longue durée en entreprise seront systématisés dans le supérieur.

iii. Les établissements d’enseignement technique et professionnel ainsi que les

universités entretiendront des liens étroits avec l’Observatoire National de l’emploi.

iv. Les Forum d’échange entre les chercheurs et les opérateurs économiques et les

acteurs sociaux seront institutionnalisés et encouragés.

b. Les relations économiques avec l’extérieur Des études seront réalisées par les universités et les écoles supérieures au profit des

entreprises et des administrations. Des partenariats seront conclus entre des établissements d’enseignement et des organismes extérieurs (sociétés, administrations, associations etc.)

c. Un gisement d’emplois à promouvoir: L’Education Nationale et tous ceux qui concourent à son fonctionnement collaboreront avec l’Agence Nationale pour l’Emploi

v. Les emplois d’enseignants.

1. En respectant le numerus clausus, des emplois seront créés.

2. En assurant un suivi des élèves en difficulté, des emplois seront créés.

vi. Les emplois de non enseignants.

1. La création de nouvelles classes en vue de respecter le numerus

clausus va créer des emplois administratifs et techniques.

2. En équipant les établissements de laboratoires, de salles-

informatiques, de bibliothèques, de demi-pensions, d’internats, de restaurants universitaires, de nouveaux emplois seront créés.

vii. Les emplois dans les activités connexes : En fabricant un maximum de fournitures scolaires au Cameroun et en éditant les livres et fascicules scolaires au Cameroun, de nombreux emplois seront créés.

7. culturel :

a. Les Réalisations artistiques, culturelles et sportives des établissements de tous les degrés

seront encouragées.

b. Les prestations extérieures dans le secteur culturel seront promues.

8. La morale dans l’Education

a. La morale sera enseignée dans le primaire, le secondaire et le supérieur

b. Le comportement moral des élèves et des enseignants sera promu

c. La tenue morale des établissements sera suivie par le conseil à la citoyenneté mis en place au sein de ces derniers.

9. L’ouverture de l’Education vers l’International :

d. L’Education Nationale s’étalonnera aux programmes et normes internationales, tant au niveau des contenus que de la nomenclature des diplômes.

e. Partenariats internationaux : L’Etat aidera tous les établissements à établir des partenariats avec des établissements étrangers. Ces partenariats viseront tous les pays et tous les degrés d’enseignement.

10.L’Education et la production de savoirs, la recherche, la vulgarisation :

f. La présentation et la publication des meilleures thèses sera assurée par l’Etat.

g. Le pôle Recherche sera une mission à part entière de chaque université.

h. La publication des productions des professeurs et des étudiants sera mise en place.

i. Les universités camerounaises participeront et hébergeront des programmes internationaux de recherche et de développement

j. Des moyens substantiels seront affectés dans l’éducation afin de porter les plateaux techniques à un niveau compatible à la production des savoirs. L’interaction dynamisée entre l’éducation et le monde professionnel permettra une recherche&développement efficace qui aboutira à une production accrue de richesses et au dépôt de nombreux brevets. En bref, les meilleures conditions seront réunies pour que les enseignants et les chercheurs, se consacreront uniquement à l’enseignement, à la production du savoir et à son application pour le développement du pays.