Traitement Signal
Traitement Signal
Manuel de cours
2ème année
Électronique,
Automatisme et
Robotique
1
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
SOMMAIRE
SOMMAIRE .....................................................................................................................................2
Liste des abréviations......................................................................................................................4
COMPETENCES-CIBLES ET OBJECTIFS OPERATIONNELS ....................................................................5
Chapitre I ........................................................................................................................................8
LES FILTRES ACTIFS ..........................................................................................................................8
1. Définition ................................................................................................................................9
2. Réalisation des filtres actifs d’ordre un et deux .....................................................................22
Chapitre II .....................................................................................................................................38
AMPLIFICATEURS D’INSTRUMENTATION .......................................................................................38
1. Introduction ..........................................................................................................................39
Chapitre III ....................................................................................................................................46
CONVERSIONS ANALOGIQUE-NUMÉRIQUE & ................................................................................46
NUMÉRIQUE-ANALOGIQUE ...........................................................................................................46
1. Introduction ..........................................................................................................................47
2. Conversion analogique-numérique ........................................................................................48
3. Conversion numérique - analogique .......................................................................................66
Chapitre IV ....................................................................................................................................72
CONVERTISSEUR TENSION-FRÉQUENCE & .....................................................................................72
FRÉQUENCE - TENSION ..................................................................................................................72
1. Introduction .........................................................................................................................73
2. Convertisseur tension fréquence ...........................................................................................73
3. Convertisseurs fréquence-tension..........................................................................................79
Chapitre V .....................................................................................................................................80
BOUCLES DE COURANT 4 - 20 mA ..................................................................................................80
1. Introduction ..........................................................................................................................81
2. Fonctionnement d'une boucle de courant ..............................................................................81
Chapitre VI ....................................................................................................................................88
LES MULTIPLEXEURS ANALOGIQUES ..............................................................................................88
1. Introduction ..........................................................................................................................89
2
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3
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4
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ENONCE DE LA COMPETENCE
CONTEXTE DE REALISATION
Individuellement
À partir de :
- Directives ;
- Manuels et Fiches techniques ;
- Schémas ;
- Représentations graphiques.
- Normes et standards
- Procédures de sécurité
À l’aide de:
- Ordinateur PC,
- Logiciel de simulation
- Composantes électroniques ;
- Matériaux d’assemblage ;
- Appareils de mesure (multimètre, oscilloscope …)
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OBJECTIF OPÉRATIONNEL
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Chapitre I
LES FILTRES ACTIFS
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Chapitre I
1. Définition
Les filtres répondent à des besoins fonctionnels très variés. Le filtrage est une forme de
traitement de signal, obtenu en envoyant le signal à travers un ensemble de circuits
électroniques, qui modifient son spectre de fréquence, et/ou sa phase, donc sa forme. Le filtrage
a pour but d’extraire une partie de l’information liée à ce signal. Il peut s’agir d’éliminer ou
d’affaiblir des fréquences parasites indésirables, ou d’isoler dans un signal complexe la ou les
bandes de fréquence utiles.
1.1. Classification
On peut classer les filtres à partir de la forme de leur fonction de transfert ou par le
comportement des éléments passifs qui composent le filtre. Les filtres les plus courants sont de
l'un des quatre types suivants : passe-bas, passe-haut, passe-bande ou coupe-bande.
Un filtre passe-haut atténue toutes les fréquences inférieures à une fréquence nommée
fréquence de coupure. Les autres fréquences sont laissées passer.
Un filtre passe-bas atténue toutes les fréquences supérieures à une fréquence nommée
fréquence de coupure. Les autres fréquences sont laissées passer.
Un filtre passe-bande atténue toutes les fréquences en dehors d'une bande de fréquences
caractéristique du filtre. Les autres fréquences sont laissées passer.
Un filtre coupe-bande atténue toutes les fréquences dans d'une bande de fréquences
caractéristique du filtre. Les autres fréquences sont laissées passer.
Un filtre passe-tout laisse passer (théoriquement) toute les fréquence, il est utilisé comme
déphaseur.
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Chapitre I
1.1.2. Classification par technologie
a. Filtre passif
Les réalisations les plus simples sont basées sur des cellules RC, RL, LC ou Circuit RLC.
L’amélioration de la sélectivité passe par l’augmentation du nombre de cellule, cette
augmentation s’accompagne par une complexité de synthèse et réglage même si, actuellement,
des logiciels spécialisés facilitent énormément leurs synthèses.
Les filtres passifs sont majoritairement utilisés pour les hautes fréquences (>1Mhz). Pour les
basse fréquences leur utilisation devient moins avantageuse surtout lorsqu’il faut utiliser des
bobines qui, à ces fréquences, deviennent encombrantes et chères.
Enfin, il convient de mentionner les filtres à quartz, les filtres à onde de surface (Surface Acoustic
Waves filters ou SAW), les filtres céramiques et les filtres mécaniques, qui font aussi partie des
filtres passifs.
b. Filtre actif
Les filtres actifs sont des circuits qui utilisent un élément actif (amplificateur opérationnel ou
transistor) en combinaison avec certaines résistances et condensateurs pour fournir des
performances comparable ou meilleures que celle d’un filtre de type RLC aux basses fréquences.
Leurs principaux avantages du filtre actif par rapport au filtre passif sont :
Flexibilité dans la conception et la construction ;
L'absence des inductances, qui, aux basses fréquences, deviennent encombrantes et
chères ;
Utilisable même en très basse fréquences (<1Hz) ;
L'effet tampon dû à la haute impédance d'entrée et à la faible impédance de sortie des
amplificateurs opérationnels, ce qui facilite la mise en cascades de plusieurs cellules de
filtrage ;
Possibilité de réglage du gain, d'où le signal d'entrée n'est pas atténué comme dans les
filtres passifs ;
Ils sont plus faciles à régler que les filtres passifs.
c. Filtre numérique
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Chapitre I
Un filtre numérique est algorithme exécuté par un processeur spécialisé (DSP, FPGA,
microcontrôleur … ) et dont le rôle principal est de modifier la composition spectrale d’un signal
en atténuant certaine bandes de fréquences et en laissant passer d’autres.
Il existe plusieurs types de s filtres numériques, les plus utilisés sont les filtres à réponse
impulsionnelle fini et ceux à réponse impulsionnelle infini. Leurs synthèses est souvent réalisée
en utilisant des logiciels spécifiques.
1.2.1. Définition
x(t) y(t)
h(t)
Le signal d’entrée peut être une tension, un courant ou une puissance. Il en est de même pour le
signal de sortie.
De manière temporelle, le filtre sera caractérisé par sa réponse impulsionnelle h(t).
Dans le domaine fréquentiel, nous pouvons écrire la relation suivante :
Y jw = H jw .X(jw)
H(jw) est l’expression de la fonction de transfert dans le domaine fréquentiel et est donc définie
de la manière suivante :
Y(jw)
H jw =
X(jw)
la réponse d'un système à des entrées sinusoïdales de fréquences données. Dans le cas des
systèmes linéaires invariants, la réponse à un signal d'entrée de la forme x(t) = x0sin(wt) est un
signal de sortie de la forme :
y(t) = y0sin(wt + φ)
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Chapitre I
C'est-à-dire que la réponse d'un filtre à une sinusoïde est une sinusoïde de même fréquence mais
d'amplitude et de phase différentes. Comme le montre la Figure 2, la réponse harmonique
est caractérisée par :
y0
son gain : x0
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Chapitre I
a)
b)
c)
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Chapitre I
Figure 4: a) x1(t) b) x2(t) c) x3(t)
Dans cet exemple on peut constater que plus la fréquence augmente, plus l’atténuation (1/gain)
et le déphasage du signal de sortie par rapport à celui d’entrée et importante ; mais il a fallu trois
graphes pour expliquer qualitativement ce phénomène.
Une façon beaucoup plus claire de montrer et d’étudier la réponse fréquentielle d’un filtre sur de
larges bandes de fréquences est de représenter son gain en fonction de la fréquence (ou la
pulsation).
La fonction de transfert est de forme complexe, et peut être écrite de la façon suivante :
Y jw
H jw = = A jw ejφ(jw)
X jw
Avec :
A(jw)=|H(jw)| : le module de la fonction de transfert
φ(jw)=arg(H(jw)) : l’argument de la fonction de transfert
L’étude de cette fonction de transfert est réalisée en traçant son module, exprimé en décibel, et
son argument dans un repère semilog(x). Le module de la fonction de transfert en décibel est
défini comme suit :
Y(jw)
AdB jw = 20Log10 A jw = 20Log10
X(jw)
Le tracé se fait dans un repère ou l’axe des x est gradué en Log10(w) ou en Log10(f).
L’avantage de travailler sur le module en décibel, ainsi que sur les arguments, réside dans le fait
que lorsque l’on décompose une fonction de transfert d’un ordre supérieur à deux sous la forme
de produits de fonctions élémentaires du premier et du second ordre, le comportement complet
de la fonction de transfert se fait simplement en additionnant les comportements de chaque
fonction élémentaire. Ceci est encore plus facile si on opte pour une représentation
asymptotique des différentes fonctions. Les figures suivantes donnent les représentations
asymptotiques des blocs élémentaires (gain, intégrateur pur, dérivateur pur) ainsi que des
systèmes de premier et de second ordre.
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Chapitre I
a) b)
c)
d)
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Chapitre I
e)
Figure 5 : Diagrammes de Bode des blocs élémentaires a) gain (H(jw)=K) b) Intégrateur pur (H(jw)=K/jw) c)
Dérivateur pur (H(jw)=Kjw) d) Système de premier ordre e)Système du second ordre
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Chapitre I
On trouve que wc = w0
Ce qui permet de définir la bande passante du filtre définie par les intervalles suivants :BP= [0,
wc] en rad/s ou [0, fc] en Hz.
La fonction de transfert d’un filtre passe haut du premier ordre est définie par :
w
j
w0
H(jw) = H0
w
1+j
w0
Avec
w0 : pulsation propre et |H0|: gain statique
La même démarche faite avec le filtre passe bas nous donne la bande passante de ce filtre :
BP=[wc, + ∞ [ en rad/s ou [fc, + ∞ [ en Hz.
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Chapitre I
Figure 7: Réponse fréquentielle d’un filtre passe haut du premier ordre.
La fonction de transfert d’un filtre passe bas de deuxième ordre est définie par :
H0 H0
H(jw) = 2m
=
1+j w+ j w 2 1+j w + j w 2
w w Qw w
0 0 0 0
Avec
|H0|: gain statique
w0 : pulsation propre
m : coefficient d’amortissement
Q=1/2m est le facteur de qualité
On montre que pour Q>1/ 2 il existe une résonnance pour w = w 1 − 1 2 . Pour Q>1, w ≈ w et la
r 0 2Q r 0
valeur maximale du gain vaut presque Q|H0|. Q représente ainsi la surtension à la résonnance.
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Chapitre I
Figure 8: Réponse fréquentielle d’un filtre passe bas du deuxième ordre pour différents facteurs de qualité
La fonction de transfert d’un filtre passe haut de deuxième ordre est définie par :
H0 j w 2 H0 j w 2
w w
0 0
H(jw) = 2m
= w
1+j w+ j w 2 1+j + jw 2
w w Qw w
0 0 0 0
Avec
|H0|: gain statique
w0 : pulsation propre
m : coefficient d’amortissement
Q=1/2m est le facteur de qualité
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Chapitre I
Figure 9 : Réponse fréquentielle d’un filtre passe haut du deuxième ordre pour différents facteurs de qualité
x
1.3.5. Filtre passe bande d’ordre deux
La fonction de transfert d’un filtre passe haut de deuxième ordre est définie par :
2mw
H0 (j ) H0(j w )
w Qw
0 0
H(jw) = 2m
=
1+j w+ j w 2 1+j w + j w 2
w w Qw w
0 0 0 0
Avec
|H0|: gain statique
w0 : pulsation propre
m : coefficient d’amortissement
Q=1/2m est le facteur de qualité
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Chapitre I
Figure 10 : Réponse fréquentielle d’un filtre passe bande du deuxième ordre pour différents facteurs de qualité
La fonction de transfert d’un filtre passe bande de deuxième ordre est définie par :
H0 (1 + j w 2) H0 (1 + j w 2)
w w
0 0
H(jw) = 2m
= w
1+j w+ j w 2 1+j + jw 2
w w Qw w
0 0 0 0
Avec
|H0|: gain statique
w0 : pulsation propre
m : coefficient d’amortissement
Q=1/2m est le facteur de qualité
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Chapitre I
Figure 11 : Réponse fréquentielle d’un filtre coupe bande du deuxième ordre pour différents facteurs de qualité
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Chapitre I
2. Réalisation des filtres actifs d’ordre un et deux
2.1. Filtre actif passe bas du 1er ordre
D’où :
Vs(jw) R2 R 1
V (jw)
= − jR R Cw + R1
= − [Link] Cw +1
e 1 2 1 2
Avec
R
K= − R2
1
1
w0 =
R2C
La fréquence de coupure à -3dB est wc=w0 = R1C
2
La figure 12 représente un filtre actif passe bas du premier ordre, qui consiste en une cellule de
filtrage RC suivie d’un AOP en mode suiveur,
23
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Chapitre I
Figure 13 : filtre passe bas – montage non inverseur
Ve(jw) 1
Vs(jw) = .
1 jCw
R+
jCw
Vs(jw) 1
=
Ve(jw) jRCw + 1
V (jw) K
Qui est de la forme : Vs(jw) =
e j w +1
w
0
1
Avec : K=1 et w0 = RC
1
La fréquence de coupure à -3dB est wc=w0 = RC
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre I
Figure 14 : filtre passe bas – montage non inverseur avec gain
Vs
V− = .R1
R1 + R2
Vs e
V
R1 + R2
.R1 = 1 + jRCw d’où
Vs(jw) R1 + R2 R2
Ve(jw)
= jRCw1 + 1 R1
= jRCw1 + 1 1 + R1
V (jw) K
Qui est de la forme : Vs(jw) =
e j w +1
w
0
R2
Avec K= 1 + R1
1
w0 =
RC
1
La fréquence de coupure à -3dB est wc=w0 = RC
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre I
Figure 15 : filtre passe haut – montage inverseur
1
V V V .R + V .(R + )
e e 2 s 1 jCw
+ s
1 R 1
R + 2 (R + ).R
1 jCw 1 jCw 2
V− = 1 1
= 1
= V+ = 0
+
1 R 1
R + 2 (R + ).R
1 jCw 1 jCw 2
d’où
1
Ve.R2 + Vs.(R1 + jCw)=0
Vs jw R2
= −
Ve jw (R 1
+ 1 )
jCw
Vs jw jR2Cw R jR Cw
Ve jw
= − (jR Cw + 1) = − R2(jR Cw
1
+ 1)
1 1 1
Avec
R
K= − R2
1
1
w0 =
R1C
La fréquence de coupure à -3dB est wc=w0 = R1C
1
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre I
Figure 16 : filtre passe haut – montage non inverseur
Vs
V− = .R1
R1 + R2
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Chapitre I
Ve V jRCw
V+ = 1
.R = 1 +e jRCw
R+
jCw
Vs V jRCw
R1 + R2
.R1 = 1 +e jRCw d’où
Vs(jw) jRCw R1 + R2 jRCw R2
Ve(jw)
= jRCw +1 R1
= jRCw +1
1 + R1
Avec
R2
K= 1 + R1
1
w0 =
RC
1
La fréquence de coupure à -3dB est wc=w0 = RC
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Chapitre I
2.3. Filtre du second ordre : Cellule de RAUCH
La cellule de Rauch est une cellule de second ordre qui permet de réaliser des filtres passe-haut,
passe-bas ou passe-bande en fonction du type et du placement des composants : résistance ou
condensateur.
Cette cellule est une cellule inverseuse. Elle permet la réalisation de cellules présentant un
facteur de qualité moyen, jusqu’à environ 20.
La fonction de transfert, pour des raisons de simplification, est exprimée à l’aide des admittances
(Y=1/Z) des composants.
VA.Y3 + Vs.Y5
V− = Y3 + Y5
= V + =0
Vs.Y5
VA = − Y3
Ve.Y1 + Vs.Y4 + V − .Y3 V .Y
s 5
Y1 + Y2 + Y3 + Y4
= − Y
3
Vs Y1.Y3
Ve
= − Y .Y + Y5.(Y1 + Y2 + Y3 + Y4)
4 3
29
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Chapitre I
2.3.2. Cellule de RAUCH : filtre passe bas
En remplaçant les admittances dans le schéma de la forme générale par leurs équivalentes dans
ce schéma on aura :
1
Vs R1R3
= −
Ve 1 1 1 1
+ jC5w.( + jC2w + + )
R4R3 R1 R3 R4
1
Vs R1R3
= −
Ve 1 1 1 1 2
+ jC5w.( + + ) + C2C5 jw
R4R3 R1 R3 R4
R4
Vs R1R3R4
= −
Ve R1 R R + R4R1 + R1R3 R1R4R3
+ jC5w.( 4 3 )+ C C jw 2
R1R4R3 R1R4R3 R1R4R3 2 5
R
En divisant partout par R R4R on aura
1 3 4
Vs(jw) 1
= −
Ve(jw) R1 R4R3 + R4R1 + R1R3
+ jC5w.( ) + R1R3C2C5 jw 2
R4 R4
Si on prend : R1 = R4 = R3 = R on aura :
30
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Chapitre I
Vs(jw) 1
Ve(jw)
= −
1 + 3RC5jw + R2C2C5 jw 2
Avec :
1
w0 =
R C2C5
Et
C5
m = 32 C2
En remplaçant les admittances dans le schéma de la forme générale par leurs équivalentes dans
ce schéma on aura :
Vs(jw) R2R5C1C3 jw 2
= −
Ve(jw) 1 + R2(C1 + C3 + C4)jw + R2R5C1C3 jw 2
En prenant : C1 = C4 = C3 = C on aura :
Vs(jw) R2R5C2 jw 2
= −
Ve(jw) 1 + 3R2Cjw + R2R5C2 jw 2
Avec :
31
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Chapitre I
1
w0 =
C R2R5
Et
R2
m = 32 R5
De même, en remplaçant les admittances dans le schéma de la forme générale par leurs
équivalentes dans ce schéma on aura :
C3
jw
Vs(jw) R1
= −
Ve(jw) 1 1 1 1 2
( + ) + (C + C )jw + C4C3 jw
R5 R1 R2 R5 3 4
En prenant : C4 = C3 = C on aura :
C
jw
Vs(jw) R1
= −
Ve(jw) 1 1 1 2C 2
( + ) + jw + C4C3 jw
R5 R1 R2 R5
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Chapitre I
(R .R )
En multipliant le numérateur et le dénominateur par R5R 1+ R2 on aura :
1 2
(R .R )
2C. 1 2 jw
Vs(jw) R5 R +R
1 2
V (jw)
= − 2R (R .R ) (R .R )
e 11 + 2C. 1 2 jw + R 1 2 .C2 jw 2
R +R 5R +R
1 2 1 2
Avec :
1
w0 =
R1 + R2
C
R1.R2.R5
R1.R2
m = 1C (R1 + R2).R5
R
et k = − 2R5
1
La cellule de Sallen-Kay est une cellule de second ordre qui permet de réaliser des filtres
passe-haut, passe-bas ou passe-bande en fonction du type et du placement des composants :
résistance ou condensateur.
Cette cellule est une cellule non inverseuse, avec un gain donne par les résistances Ra et
Rb places en contre-réaction. Elle permet la réalisation de cellules présentant un facteur de
qualité moyen, jusqu’à environ 20.
La fonction de transfert, pour des raisons de simplification, est exprimée à l’aide des
Admittances des composants.
33
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Chapitre I
Figure 22 : Cellule de SALLEN-KEY
V /R V .R Vs R
V − = 1 / Rs + 1b/ R = R s+ Ra = C
= V+ avec G=1 + Rb
a b a b a
D’ou
1
Vs(Y2. Y3 + G (Y32 − (Y1 + Y2 + Y3)(Y3 + Y4))) = − Ve.Y1. Y3
34
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre I
D’où :
Vs(jw) G.Y . Y
1 3
=
Ve(jw) (Y1 + Y2)(Y3 + Y4) + Y3(Y4 − G.Y2)
Dans ce qui suit, on étudiera les configurations possibles de cette cellule de filtrage.
En remplaçant les admittances dans le schéma de la forme générale par leurs équivalentes dans
ce schéma on aura :
1
G.
Vs(jw) R1R3
=
Ve(jw) 1 1 1
( + jwC2)( + jwC4)) + (jw(C4 − G.C2)
R1 R3 R3
Vs(jw) G
=
Ve(jw) R1R3C2C4(jw)2 + [(R3 + R1)C4 + R1(1 − G)C2](jw) + 1
35
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Chapitre I
Vs(jw) G
=
Ve(jw) R2C2(jw)2 + RC(3 − G)(jw) + 1
1
w0 =
RC
3−G Rb
m= 2
=1 − 2Ra
R
et k = G= 1 + Rb
a
De même, en remplaçant les admittances dans le schéma de la forme générale par leurs
équivalentes dans ce schéma on aura :
Vs(jw) G.Y . Y
1 3
=
Ve(jw) (Y1 + Y2)(Y3 + Y4) + Y3(Y4 − G.Y2)
Vs(jw) G. C C (jw)
1 3
=
Ve(jw) 1 1 1 1
( + jwC1)( + jwC3)) + jw( − G. )
R2 R4 R4 R2
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Chapitre I
Vs(jw) G.R R . C C (jw)2
2 4 1 3
=
Ve(jw) R R . C C (jw)2 + [(C + C )R + R (1 − G)C ](jw) + 1
2 4 1 3 3 1 2 4 3
Vs(jw) G.R2C2(jw)2
=
Ve(jw) R2C2(jw)2 + RC(3 − G)(jw) + 1
1 3−G Rb
w0 = RC ; m= 2
=1 − 2Ra
R
et k = G= 1 + Rb
a
En remplaçant les admittances dans le schéma de la forme générale par leurs équivalentes dans
ce schéma on aura :
C3jw
G.
Vs(jw) R1
=
Ve(jw) 1 1 1 1 1
( + )( + (C3 + C4)jw) + jwC3( + C4jw − G. )
R1 R2 R4 R4 R2
37
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Chapitre I
C3jw
G.
Vs(jw) R1
=
Ve(jw) 1 1 1 G 1 1 1
C3C4(jw)2 + [(C3 + C1)( + ) + ( − )C3]jw + ( + )
R1 R2 R4 R2 R1 R2 R4
Si R1 = R2 = R et C3 = C3 = C
On obtient :
(5 − G)
Vs(jw) .RCjw
G 2
= . 2 2
Ve(jw) 5 − GR C (5 − G)
(jw)2 + RC (jw) + 1
2 2
Avec :
2
w0 =
RC
5−G 1 R
m= = (4 − Rb)
2 2 a
R
et k = G= 1 + Rb
a
KHN : Kerwin-Huelsman-Newcomb
C’est une cellule qui permet d’obtenir différents types de filtre, suivant la sortie choisie.
Dans cette cellule, le type du filtre dépend de la sortie choisie. En effet, si la sortie est V1, le filtre
est passe haut avec pour équation de transfert :
38
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Chapitre I
V1(jw) 2Q− 1 R2C2(jw)2
=
Ve(jw) Q RC
R2C2(jw)2 + (jw) + 1
Q
Avec
1 1 2Q− 1
w0 = RC , m = 2Q et k = Q
RC
Vs(jw) jw
Q
= − (2Q− 1).
Ve(jw) RC
R2C2(jw)2 + (jw) + 1
Q
Avec
1 1
w0 = RC , m = 2Q et k = − (2Q− 1)
Enfin, si la sortie est V3, on obtient un filtre passe bas d’équation :
V1(jw) 2Q− 1 1
=
Ve(jw) Q RC
R2C2(jw)2 + (jw) + 1
Q
Avec
1 1 2Q− 1
w0 = RC , m = 2Q et k = Q
39
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre I
1) Quel est le type de ce filtre.
2) En posant R1=R3 et C2=C4 , déterminer les valeurs des différent élément du circuit pour avoir
une fréquence de coupure de 3kHz et un facteur de qualité =2.
Correction :
1
Le facteur de qualité devient : Q=
3−G
R
où G= 1 + Rb
a
1
pour avoir un facteur de qualité Q=2, il suffit de choisir G=2 (résoudre l’équation 2 = ).
3−G
Les valeurs de R et de C sont déterminées en fixant la valeur de l’une et en recherchant l’autre ; pour
R=10KΩ, on obtient C=5,3nF.
40
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre II
AMPLIFICATEURS D’INSTRUMENTATION
41
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre II
1. Introduction
Il est généralement réalisé à partir d'un ou de plusieurs amplificateurs opérationnels (AOP), de telle
manière qu'il améliore leurs caractéristiques intrinsèques : bruit d'amplification, gain en boucle
ouverte, taux de réjection du mode commun, impédance d'entrée...
Les tensions appliquées aux entrées inverseuse et non inverseuse étant respectivement Vi1 et Vi2,
la tension V0 de sortie du sommateur, qui est la tension de sortie de l'amplificateur, a pour
expression :
V0 = G+ Vi1 − G− Vi2
En posant :
Tension différentielle d'entrée :
Vd = Vi2 − Vi1
42
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre II
Tension de mode commun à l'entrée :
(Vi1 + Vi2)
Vmc = 2
soit :
Vd Vd
Vi1 = Vmc − 2
et Vi2 = Vmc + 2
G+ + G−
V0 = Vd + (G + − G − )Vmc
2
G+ + G−
On pose : gain différentiel : Gd = 2
gain de mode commun : Gmc = G + − G − .
L’influence de la tension de mode commun est d'autant plus réduite que le taux de réjection τ r est
plus élevé. Ceci implique un équilibrage rigoureux des voies amplificatrices inverseuse et non
inverseuse de façon à minimiser l'écart de leurs gains : G + − G − .
43
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre II
Figure 2 : amplificateur différentiel
Un calcul élémentaire permet la détermination de la tension de sortie V0 :
R1R4 − R2R3 R1 + R2 R4 R2
V0 = .Vmc + . + V
R1(R3 + R4) 2R1 R3 + R4 R1 + R2 d
Avec
(Vi1 + Vi2)
Vmc = 2
et Vd = Vi2 − Vi1
On en déduit :
R R −R R
Le gain de mode commun : Gmc = R1 (R4 + R
2 3
)
1 3 4
R +R R R
Le gain différentiel : Gd = 12R 2. R +4R + R +2R
1 3 4 1 2
R R
De façon générale Gmc = 0 pour R1R4 − R2R3 = 0 donc pour R2 = R4
1 3
R
Et dans ce cas Gd = R2 .
1
En fait, la condition R4 = R2 et R1 = R3 n'est jamais parfaitement remplie, les valeurs des résistances
étant toujours affectées d'une indétermination ± et on montre dans ce cas que le taux de rejection
G 1+G
en mode commun τ r = G d = 4.ε d
mc
(ε est l'écart entre la valeur nominale d'une résistance et sa valeur réelle).
R
Exemple : si =0.1%=10-3 et R2 = 100, on obtient τ r = 25000
1
Le taux de rejection en mode commun CMR=20log(CMRR)=20log(25000)=88.
44
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre II
Son impédance d'entrée relativement faible qui rend ses performances ( Gd, Gmc) sensibles
aux résistances des sources d'excitation ;
La difficulté de réglage continu du gain Gd qui nécessite, pour chaque valeur de
gain, l'appariement de quatre résistances (R1 = R3 et R2 = R4) afin de maintenir
le taux de réjection à une valeur convenable.
1 R R R R − R2R4
V0 = . 1 + 4. 2 + 2 Vd + 1 3 Vmc
2 R3 R1 R1R3
Avec :
R R
le gain différentiel : Gd = 12. 1 + R4. 2 + R2 et
3 1
R1R3 − R2R4
le gain de mode commun : Gmc = R1R3
R R
L’annulation du gain de mode commun exige R2 = R4.
1 3
R
Et dans ce cas Gd = 1 + R1 .
2
45
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre II
Ce montage exige, à chaque changement de gain, un délicat appariement des résistances afin
d'éviter une dégradation du taux de réjection ; de ce fait, il n'est pratiquement adapté qu'au
fonctionnement à gain fixe.
'
R'1
V01 = Vi2 + .(Vi2 − Vi1)
Rg
(Vi1 + Vi2)
Soit en fonction de Vmc = 2
et Vd = Vi2 − Vi1
1 R1
V01 = Vmc − + V
2 Rg d
46
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre II
'
1 R1
V'01 = Vmc + + V
2 Rg d
Le gain pour le mode commun du premier étage est égal à 1 ce qui limite les risques de saturation.
L'amplificateur différentiel de sortie reçoit sur ses entrées les tensions V01 et V01’ dont il amplifie:
R
La différence avec le gain : Gd2 = R3 ;
2
4εR3
Le mode commun avec le gain : Gmc2 = R + R2
3
. ε étant l'écart entre la valeur nominale d'une résistance, et sa valeur réelle.
R3 R1 + R'1 4εR3
V0 = . 1 + Vd + V
R2 Rg R3 + R2 mc
Avec :
R 2R1
le gain différentiel : Gd = R3. 1 + Rg
pour R1 = R'1 et
2
4εR3
le gain de mode commun : Gmc = R + R2
3
2R
si R2 = R3 : Gd = 1 + R 1 et Gmc = 2ε.
g
On remarque d'autre part que les résistances R1et R'1 n'ont pas à être appairées avec grande
précision puisqu'elles ne déterminent que le gain différentiel et que leur différence éventuelle est
sans effet sur le gain de mode commun.
2R1 1
Et pour R2 = R3 τr = 1 + Rg 2ε
47
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre II
Figure 5 : l’amplificateur AD620
On désire exploiter le circuit AD620 d’Analog devices pour amplifier un signal avec un gain
G=100.
Solution
1) L’AD620 est un amplificateur d’instrumentation (figure 5).
2) Pour ε=0 , le gain est donné par
2R
G= 1 + R Puisque toutes les résistances sont égales (sauf RG).
g
Pour G=100, et R=24,7KΩ (constructeur) on détermine RG=499 Ω.
48
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre III
CONVERSIONS ANALOGIQUE-NUMÉRIQUE &
NUMÉRIQUE-ANALOGIQUE
49
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
1. Introduction
Le monde physique est par nature analogique (dans la quasi-totalité des cas). Il est perçu via
des signaux analogiques (son, ondes visuelles, etc.) qui peuvent être traités par des systèmes
analogiques (figure 1).
Traitement
x(t) analogique y(t)
Avec l’avènement des microprocesseurs, le traitement numérique des données prend le pas sur
les approches purement analogiques. Le recours au numérique permet en effet un stockage
aisé de l’information, une excellente reproductibilité des traitements, la possibilité de
développer relativement aisément des fonctionnalités complexes, une réduction des coûts de
production, etc.
L’interface nécessaire entre le monde analogique et un traitement numérique donné est réalisé
par des convertisseurs analogique – numérique (CAN, ou ADC pour Analog to Digital Converter
en anglais) et numérique – analogique (CNA, ou DAC pour Digital to Analog
Converter). Le rôle d’un CAN est de convertir un signal analogique en un signal numérique
pouvant être traité par une logique numérique, et le rôle d’un CNA est de reconvertir le signal
numérique une fois traité en un signal analogique (figure 2).
N N
Y[k] Y(t)
X(t)
CAN X[k]
TRAITEMENT NUMERIQUE CNA
50
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
2. Conversion analogique-numérique
2.1. Principe de la conversion analogique numérique.
2.1.1. Définition
La figure 3 présente successivement ces trois étapes pour un CAN dont la sortie du signal
numérique est sur 3 bits :
V(t) Vech([Link])
échantillonnage ii
i
t t
0 0
.
.
[Link]
[Link]
[Link]
.
Tech
quantification
001
100
101
110
111
111
111
111
111
110
101
100
011
011
011
011
011
100
101
101
101
101
100
Vq[k]
iii
t
0
.
.
[Link]
[Link]
[Link]
.
Tech
Figure 3 : (i) signal analogique (ii) signal échantillonné (iii) signal quantifié.
Un signal analogique, va(t) continu en temps et en amplitude (i) est échantillonné à une période
d’échantillonnage constante Tech. On obtient alors un signal échantillonné vech ([Link])
discret en temps et continu en amplitude (ii). Ce dernier est ensuite quantifié, on obtient alors
un signal numérique vq[k] discret en temps et en amplitude (iii). La quantification est liée à la
résolution du CAN (son nombre de bits) ; dans l’exemple précédent vq[k] peut prendre huit
amplitudes différentes (soit 23, 3 étant le nombre de bits du CAN). La figure [Link] présente
également le code numérique sur trois bits (en code binaire naturel) associé à vq[k] en fonction
du temps.
51
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
b1
b2 Vq[k]
Va
CAN .
.
N bits
bN
X(t) X(f)
i iv
t f
0 0 fmax
Xech(t) Xech(f)
ii
t f
0 0 fmax
.
.
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
Tech
fech
fech+fmax
fech+fmax
fech+fmax
fech-fmax
fech-fmax
fech-fmax
L’échantillonnage est illustré graphiquement dans le domaine temporel aux points (i) et (ii) de la
figure 5.
Au signal analogique x(t), est associé dans le domaine fréquentiel le spectre X(f) (figure 4-iv)
s’étendant sur une bande de fréquence de fmax.
52
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Xech(f) X(f)
f f
0 fmax 0 fmax
fech/2
[Link]
[Link]
fech
fech+fmax
fech+fmax
fech+fmax
fech-fmax
fech-fmax
fech-fmax
X(t)
signal reconstitué
t
0
Les illustrations graphiques précédentes correspondent au cas où fech/2 > fmax. Dans le cas où
on augmente la période d’échantillonnage (on a alors fech qui diminue) il apparaît un
phénomène de recouvrement spectral illustré figure 7.
Xech(t) Xech(f)
repliement du spectre
f f
0 0
[Link]
[Link]
[Link]
Tech
fech-fmax
fmax
Ce phénomène apparaît dès lors que fmax, la plus grande fréquence de la partie du spectre
centré sur 0, devient supérieur à fech - fmax la plus basse fréquence de la partie du spectre
centrée sur fech ; et on obtient le spectre replié de la figure précédente. Il n’est plus possible de
récupérer le signal analogique de départ par filtrage passe bas.
La contrainte qui en découle sur la fréquence d’échantillonnage pour éviter le repliement s’écrit
mathématiquement :
53
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
2.1.4. Le blocage
Figure 8 : Echantillonneur/bloqueur
Le pas de quantification et la précision d’un CAN dépendent du nombre de bits en sortie, appelé
résolution. Pour un CAN à N bits, le nombre d’états possibles en sortie est 2N, ce qui permet
d’exprimer des signaux numériques de 0 à 2N -1 en code binaire naturel.
Un CAN est caractérisé également par la plage de variation acceptable de la tension analogique
d’entrée, appelée Pleine Echelle (FS pour Full Scale en anglais) et que nous noterons VPE.
La pleine échelle est divisée en autant de plages d’égale dimension (cas de la quantification
uniforme) qu’il y a d’états possibles de la sortie numérique. Chaque plage est associée à un code
numérique représentant la tension analogique d’entrée.
La figure 8 représente la caractéristique de transfert idéale (sans défaut) en escalier d’un CAN à
3 bits.
54
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Sortie numérique
111
110
101
100
011
010 q
001
000 Va
Vs1 Vs2 Vs3 Vs4 Vs5 Vs6 Vs7 VPE
Tension d'entrée analogique
Figure 9 : Caractéristique de transfert idéale d’un CAN à quantification linéaire par défaut
On définit le quantum, ou LSB (pour Least Significant Bit, le bit de poids faible) comme étant le
pas minimum de conversion représenté par la variation du bit de poids faible. On le note q
avec :
VPE
q = LSB =
2N
Les tensions de seuil VSk, correspondant aux transitions entre les codes de sortie, sont telles
que :
VSk = k.q k ϵ{1,…,7} ce
qui correspond à une quantification linéaire par défaut.
Sur la figure précédente est également portée en pointillé la droite de transfert idéale ; elle
correspond à un CAN de résolution infinie (un tel CAN n’existe pas).
Plus la résolution d’un CAN est élevée, plus la sortie numérique est une image précise du signal
analogique d’entrée comme l’illustre le tableau 1 pour une tension de pleine échelle de 5V.
Tableau 1 : Quantum
N quantum
d’un CAN en fonction
de sa résolution 8 19,5 mV
(VPE=5V).
10 4,8 mV
12 1,22 mV
14 305 µV
24 0,298 µV
Un simple changement de convention, dans la fixation des tensions de seuil, permet de réduire
l’erreur de quantification en valeur absolue. Ainsi, on utilisera plutôt la quantification linéaire
centrée, pour laquelle la droite de transfert idéale passe par le centre des "marches" de la
caractéristique (figure 9).
55
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
110
101
100
011
010 q
001
000 Va
Vs2 Vs3 Vs4 Vs5 Vs6 Vs7 VPE
q/2 Tension d'entrée analogique
110
101
q 010
001
000
56
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
2.2.2. Le codage
En mode unipolaire le codage le plus couramment utilisé est le code binaire naturel. Un mot
binaire s’écrit : b1 b2 …. bN-1 bN , avec b1 le bit de poids fort (PF, ou MSB Most
Significant Bit ) et bN le bit de poids faible (pf, ou LSB Less Significant Bit ), le nombre décimal
correspondant est : D = b1.2N-1 + b2.2N-2 + bN-1.21 + bN.20.
ou encore V = VPE.( b1 / 2 + b2 / 22 + … + bN / 2N )
57
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
C’est l’erreur due au décalage horizontal de la caractéristique de transfert d’un CAN, elle est exprimée en
LSB.
Elle est due à l’écart entre la pente de la caractéristique de transfert idéale d’un CAN et sa
caractéristique réelle (droite passant par les milieux des paliers)
Elle est due aux variations des tensions de seuil, elle est de deux types :
Non-linéarité différentielle : écart entre la dimension réelle d’un palier et sa dimension idéale.
Non-linéarité intégrale : différence entre le centre d’un palier et la droite de transfert idéale.
58
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
On parle d’erreur de code manquant quand un des codes de sortie n’apparaît jamais quel que soit
la valeur de la tension analogique d’entrée.
59
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
La conversion d’une tension analogique d’entrée Va, négative par exemple, se décompose en
deux phases. Au début du cycle de conversion l’interrupteur S2 est fermé de façon à décharger
la capacité C, d’où VN1 = 0 (l’AOP en fonctionnement linéaire ; pas le comparateur).
La première phase commence lorsque S2 est ouvert et que l’entrée de l’intégrateur formé par
l’amplificateur opérationnel, R et C est connectée (via S1) à va. Il s’établit un courant I =
va / R dans la résistance R, dirigé de la droite vers la gauche (Va < 0). D’où une croissance linéaire
de VN1 avec une pente positive |va| / RC (cf. Fig. II.17). Simultanément le compteur est activé et
il s’incrémente au rythme du signal d’horloge Fclk (de fréquence constante). La première phase
se termine lorsque le compteur a compté 2N périodes (avec N la résolution du
CAN). On note Vpic la tension obtenue en sortie de l’intégrateur (VN1), elle vérifie :
Vpic |Va|
=
T1 RC
Avec T1, la durée de la première phase. A noter que la valeur de T1 est fixe (elle est fonction de
Fclk et de N). A la fin de la phase le compteur est remis à zéro.
La deuxième phase de la conversion commence à t = T1, en connectant l’entrée de l’intégrateur
au potentiel de référence Vref (tel que Vref > 0). Le courant dans la résistance s’inverse, il est égal
à Vref / R. VN1 entame une décroissance linéaire avec une pente -Vref / RC (cf. Fig. II.17). Dans
le même temps le compteur a recommencé à compter dès le début de la deuxième phase. Elle
s’achève quand la tension en sortie de l’intégrateur s’annule (le passage par zéro est détecté par
le comparateur) après une durée T2 telle que :
60
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Vpic |Vref|
=
T2 RC
d'où
|V |
T2 = T1V a
ref
61
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Figure
Le signal analogique à convertir passe par un filtre anti-repliement puis est échantillonné et
bloqué pendant toute la phase de conversion.
Le CAN possède une boucle de rétroaction, constituée d’un CNA (convertisseur numérique
analogique) de même résolution et d’un comparateur qui commande un Registre à
Approximation Successive (RAS, qui donne son nom à cette architecture).
Le principe de conversion est basé sur une recherche du code de sortie par dichotomie (Figure
14), à chaque coup d’horloge l’intervalle de recherche est divisé par 2. En début de conversion
tous les bits de sortie (RAS et CAN) sont positionnés à zéro à l’exception du MSB, b1, qui est
fixé à un. Le mot binaire correspondant (100…0) est présenté au CNA qui délivre en sortie une
tension Vref/2. Cette dernière est comparée à va. Si va est inférieur à Vref/2 alors b1 passe à
zéro, dans le cas contraire il reste à un ; dans les deux cas il s’agit de la valeur finale de
conversion du bit considéré.
Tous les bits de sortie jusqu’au LSB sont testé successivement sur le même principe. C’est le
RAS, commandé par la sortie du comparateur, qui gère les valeurs données aux bits.
La figure 14 présente l’évolution de la sortie numérique d’un CAN 3 bits pour une tension
analogique va correspondant au code de sortie 101.
63
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
La conversion est réalisée en un seul cycle d’horloge, ce type de convertisseur est donc par
essence extrêmement rapide. Cependant leur complexité croît exponentiellement avec N le
nombre de bits (en 2N). Le coût résultant en termes de surface (2N-1 comparateurs, 2N-1
bascules), pour une résolution élevée limite leur emploi à une douzaine de bits.
64
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Principe du sur-échantillonnage
65
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Le signal analogique d’entrée Va est converti en mots binaires de N bits à la fréquence fech
(fréquence de Nyquist). Le sur-échantillonnage est localisé au niveau du système bouclé
constitué par un soustracteur, un intégrateur (ou plus), un comparateur et un convertisseur N/A
sur 1 bit (sa fréquence de conversion est [Link], K est appelé facteur de sur-échantillonnage).
Vcomp commande le CNA 1 bit de la boucle de retour ; sa sortie vr peut prendre les valeurs Vref
ou –Vref (pour Vcomp = 1 on a Vr = Vref et pour Vcomp = 0 on a Vr = –Vref). La valeur de Vcomp
est prise en compte par le CNA sur les fronts montants d’une l’horloge à la fréquence [Link].
66
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
67
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
On considère le convertisseur à approximations successives de la figure 17 avec N=8 (8 bits) et une plage
de conversion de 0 à 5,1V. on suppose que sa caractéristique de transfert est celle de la figure 9
Solution :
1) S= 2N*Va/PE avec N=8, Va=2,8V et PE=5,1V d’où S=256*2,8/5,1=141 (après arrondie) soit
(10001101)2.
2) q=PE/2N = 19,92mV d’où b0=19,92mV ; b1=39,84mV ; b2=79,68mV ; b3=159,37mV ;
b4=318,75mV ;b5=637,5mV ; b6=1,275V et b7=2,55V.
3) Le tableau suivant récapitule le calcul des entrées et sorties du bloc CNA pour les cinq premiers
bits.
sortie
bit testé entrée binaire sortie CNA comparateur
b7 10000000 2,55V L
b6 01000000 1,275V H
b5 01100000 1,275V+0,637V=1,912V L
b4 01010000 1,275V+0,318V=1,593V H
b3 01011000 1593V+0,139V=1,733V L
2,55V
Sortie du CNA
2 1,912V
1,733V
Va=1,60V
1,275V 1,593V
0
temps
Entrée CNA 10000000 01000000 01100000 01010000 01011000
68
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
La figure 22 donne le symbole d’un convertisseur numérique analogique (DAC, Digital to Analog
Converter) à N bits ; il peut être suivi, ou non, d’un filtre de lissage (passe bas).
Chacun des 2N mots binaires pouvant être appliqué en entrée est associé à une tension analogique de
sortie vsa(t) (il peut s’agir également d’un courant) telle que :
V
VSA = (b12N − 1 + b22N − 2 + ... + bN − 121 + bN20). N PE
2 −1
69
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
On définit le LSB, ou quantum, comme étant la plus petite variation possible de la tension de
sortie (figure 23) correspondant à un changement du bit de poids faible :
1 LSB = VPE / (2N – 1) = Vref / 2N
La figure 28 illustre la conversion N/A d’une série de mots binaires (i) pour N = 3.
La sortie analogique (ii) Vsa(t), est quantifiée. On ajoute parfois en sortie du CNA un filtre
analogique passe-bas ou filtre de lissage (cf. iii) ce qui donne V(t).
C’est la différence entre les gains des caractéristiques de transfert réelle et idéale. Elle est
généralement exprimée en pourcentage de la tension pleine échelle idéale.
70
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Pour ce type de CNA il y a autant de sources qu’il y a de bits ; la valeur des sources étant pondérés
de façon binaire. Elles sont combinées entre elles en fonction du code numérique d’entrée de
façon à obtenir la sortie analogique correspondante.
Le circuit de la figure 31 permet de présenter le principe de base utilisé par les convertisseurs
pondérés.
A un instant donné, la tension de sortie obtenue vSa est une fraction de la tension de référence
Vref, fixée par le mot binaire à convertir b1b2…bN. Le réseau résistif est constitué de N
résistances pondérées de valeurs 2kR avec kϵ{0,1,…,N-1} toutes reliées en parallèle à Vref d’une
part, et d’autre part individuellement, soit à la masse, soit à l’entrée V- d’un amplificateur
opérationnel, par l’intermédiaire des switches S1 à SN. Les N switches sont commandés par les
71
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
On a :
Vref Vref Vref
i sa = .b1 + .b2 + ... + N − 1 .bN
R 2R 2 R
2V b b b
i sa = Rref.( 11 + 22 + ... + NN)
2 2 2
D’où
−R b b b
vsa = 2 .isa = − Vref.( 11 + 22 + ... + NN)
2 2 2
VSa est proportionnelle à la valeur numérique d’entrée, on a bien réalisé une conversion N/A.
La figure 32 présente le principe d’une échelle de résistances R – 2R afin d’obtenir des courants
pondérés binairement dans les différentes branches. Son intérêt est lié à l’utilisation de
72
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Le raisonnement qui permet de trouver les valeurs des courants I1 à IN se fait de la gauche vers
la droite de l’échelle de résistances. Si on considère ses différents points (X pour commencer
par exemple), la résistance équivalente à droite vaut 2R, donc le courant partant dans la
branche de droite est égal au courant partant vers le bas dans la branche verticale.
D’où, on en déduit :
I 1 = 2I 2 = 4I 3 = ...... = 2N − 1I N
Sachant que
Vref
I1 = 2R
et i Sa = b1I 1 + b2I 2 + b3I 3 + ...... + bNI N
D’où
Vref b1 b2 b
isa = ( 1 + 2 + ... + N)
R 2 2 2N
Finalement on a la même expression de la tension analogique de sortie VSa que dans le cas
précédent.
Exemple de circuit intégré CNA : le DAC813 (TEXAS INSTRUMENTS).
73
Chapitre III
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Un convertisseur numérique analogique 5bits donne à sa sortie un courant iSa = 10mA pour une
entrée numérique (10100)2. Déterminer le courant délivrée pour l’entrée (11101)2.
Solution :
Pour un CNA parfait, la sortie est proportionnelle à l’entrée.
(10100)2 vaut 20 en décimal d’où le facteur de proportionnalité : 10mA/20=0,5mA.
(11101)2 vaut 29 en décimal d’où le courant de sortie : 0,5mA*29=14,5 mA.
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre IV
CONVERTISSEUR TENSION-FRÉQUENCE &
FRÉQUENCE - TENSION
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
1. Introduction
Les convertisseurs tension-fréquence VFC (voltage-to-frequency converter) sont des circuits électroniques
qui fournissent un signal de sortie impulsionnelle ayant une fréquence proportionnelle à la valeur de la
tension appliquée à l'entrée.
Les convertisseurs fréquence-tension réalisent l’opération inverse, ils convertissent un signal impulsionnel
en une tension dont l’amplitude est proportionnelle à la fréquence du signal d’entrée.
La plage d'entrée : Ensemble de valeurs comprises entre la limite inférieure Vamin et la limite
supérieure Vamax, [Vamin, Vamax], pour lesquelles la fréquence de sortie f0 varie linéairement avec
l'entrée.
La plage de sortie : Ensemble de valeurs comprises entre la limite inférieure f0min et la limite
supérieure f0max, [f0min, f0max] qui varient linéairement avec la plage d’entrée donnée.
La plage de fréquence (FS : Frequency Span) : Différence positive entre les fréquences de sortie qui
correspondent aux limites de la plage d'entrée, FS = f0max - f0min.
La sensibilité (S) ou gain. Variation de la fréquence de sortie rapportée à une variation correspondante de la
tension d'entrée df0/dVa. Puisque la caractéristique fréquence-tension est linéaire, S est la pente de cette
caractéristique.
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
La plupart des approches pour la réalisation des VFC reposent sur le même principe de fonctionnement, qui
consiste en une intégration alternée de la tension d'entrée et la génération d'impulsions lorsque la tension
de sortie de l'intégrateur est égale à une tension de référence.
Les architectures les plus répandues sont le VFC à multivibrateur et le VFC à équilibrage de charge.
Le VFC à multivibrateur est généralement constitué d’un convertisseur courant-fréquence (IFC), précédé
d'un convertisseur tension-courant (VI). Il est simple et demande peu d’énergie; cependant, il est moins
précis que le VFC à équilibrage de charge.
Le VFC à équilibre de charge peut être synchrone ou asynchrone. Il est plus précis que le multivibrateur VFC
mais nécessite plus d’énergie. Sa sortie n'est pas un signal carré mais un train d'impulsions.
Le schéma fonctionnel d'un VFC à multivibrateur typique est illustré à la figure 2-a, et sa mise en œuvre
typique est illustrée à la figure 2-b. Un multivibrateur VFC se compose d'un convertisseur tension-courant
d'entrée, suivi d'un intégrateur de courant bidirectionnel piloté par un circuit de commande. Le principe de
fonctionnement est le suivant. Tout d'abord, la tension d'entrée Va est convertie linéairement en un courant
Ia. Ce courant charge et décharge alternativement un condensateur d'intégration Cint entre deux limites de
tension stables, VH et VL déterminées par un circuit de commande, qui est généralement un trigger de
Schmitt. La forme d'onde à la sortie de l'intégrateur est une onde triangulaire linéaire et la sortie du circuit
de commande est un signal carré de fréquence f0 figure 2-c, et est également le signal qui contrôle la
direction du courant d'intégration .
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
1 1
f0 = Ia
2 Cint ∆ V
Figure 2 : VFC à multivibrateur : (a) schéma fonctionnel, (b) implémentation typique et (c) allures des tensions principales
La figure 3-a montre le schéma général d'un VFC à équilibrage de charge, et une implémentation typique est
illustrée à la figure 3-b. Il se compose d'un convertisseur tension-courant, d'un intégrateur de courant, d'un
circuit de contrôle - généralement composé d'un comparateur et d'un monostable et d'une source de
courant de référence responsable de l'équilibre de charge.
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Figure 3 : VFC à équilibre de charge asynchrone : (a)schéma fonctionnel, (b) implémentation typique et (c) allures des tensions principales.
Comme le montre la figure 3-c, la forme d'onde à la sortie de l'intégrateur est une rampe linéaire en deux
parties: la première partie dure T1, qui dépend de la tension d'entrée, et la seconde dure un temps fixe T2,
qui correspond à l'impulsion donnée par le monostable. La tension d'entrée Va est convertie en un courant
Ia, puis ce courant est intégré en chargeant le condensateur Cint. Lorsque la sortie de l'intégrateur atteint la
tension de seuil Vu d'un comparateur, ce dernier change d'état et déclenche le monostable. A cet instant, le
monostable fournit une impulsion pendant une durée fixe T2. Pendant ce temps, un courant de référence
Iref, |Iref|>|Ia|, est soustrait du circuit, ôtant une charge fixe du condensateur, tandis que le courant
d'entrée circule en continu pendant la décharge, donc aucune charge d'entrée n'est perdue. Une fois que
l'impulsion du monostable se termine, le cycle recommence.
Le signal en dent de scie à la sortie de l’intégrateur a une période T0 qui est égale à la somme du temps de
charge T2 et du temps de décharge T1. Autrement dit, la fréquence de sortie dépend de T2 qui est la largeur
d'impulsion donnée par le monostable ; de Ia, le courant proportionnel à la tension d'entrée Va ; et de Iref, le
courant de référence, qui est responsable de l'équilibre de charge.
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I
f0 = T 1+ T = I a .T1
1 2 ref 2
Ce type de VFC est plus complexe et demande plus d’énergie que celui à multivibrateur mais il est plus précis.
Une alternative au VFC à équilibre de charge asynchrone est le VFC à équilibre de charge synchrone, dont le
schéma général est représenté à la Fig. 2.7a : au lieu d'un monostable, un bistable piloté par une horloge
externe est utilisé. Ainsi, la linéarité et la stabilité se trouvent améliorées, ce qui les rend particulièrement
demandés pour les applications nécessitant une VFC haute résolution.
Dans ce type de convertisseurs, comme le montre la Fig. 2.7c, la phase de décharge ne démarre pas lorsque
la sortie de l'intégrateur atteint la tension de seuil mais avec le cycle d'horloge suivant. L'expression de la
fréquence de sortie est donnée par :
I
f0 = I a .fclk
ref
Par conséquent, la sortie du VFC est synchronisée avec l'horloge, il est donc plus facile de l’interfacer avec
des circuits programmables.
Figure 4 : VFC à équilibre de charge synchrone: (a) schéma fonctionnel, (b) implémentation typique et (c) allures des tensions principales
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Le VFC synchrone à de meilleures performances par rapport à l'approche asynchrone, ce qui le rend adapté
aux applications VFC à haute résolution et dans les systèmes multicanaux car il supprime les problèmes
d'interférence qui peuvent apparaître lors de la présence de plusieurs signaux de fréquence asynchrones.
Dans un VFC à équilibre de charge synchrone, le convertisseur tension courant a une constante de
proportionnalité de 0.001A/V. déterminer la fréquence de sortie quand Va=3,5V si fclk=100khz et
Iref=36mA.
Solution :
I 0,[Link]
f0 = a .fclk = .fclk
Iref Iref
0,001.3,5
D’où f0 = 0.036
.100000 = 9722,22 Hz
81
Chapitre IV
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
3. Convertisseurs fréquence-tension
Son principe de fonctionnement consiste à mettre en forme les impulsions reçues, les calibrer
et calculer leurs moyennes. La figure 6 présente le schéma bloc d'un tel convertisseur.
Signal d'entrée Mise en forme des Calibrage des durées Calcul de la valeur Signal restitué
(fréquence) impulsions des impulsion moyenne (tension)
La majorité des fabricants fournissent des circuits qui peuvent être monté en VFC ou en FVC.
Le même circuit VFC110 monté en VFC à la figure 5 a été monté en FVC.
Dans ce dernier cas, le comparateur détecte l’impulsion en comparant le signal d’entrée à une
tension de référence, sa sortie agit sur un monostable qui fait basculer un commutateur et fait
connecter la source de courant à l’intégrateur. Le condensateur CINT se charge linéairement
pendant toute durée de l’impulsion. A la fin de l’impulsion, la source de courant est
déconnectée de l’intégrateur et le condensateur se décharge à travers RIN. la sortie de
l’intégrateur qui est la sortie du FVC est une tension continu proportionnelle à la fréquence
d’entrée.
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Chapitre V
BOUCLES DE COURANT 4 - 20 mA
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre V
1. Introduction
La boucle de courant est une méthode utilisée en contrôle industriel pour communiquer avec
des capteurs ou des actionneurs, consistant à faire circuler dans une paire de conducteurs
électriques un courant dont l'intensité est l'image du signal à transmettre.
La boucle de courant la plus utilisée dans l'industrie est le 4-20 mA, où 4 mA représente le
minimum d'échelle, et 20 mA représente le maximum d'échelle, avec une relation linéaire
entre le signal à transmettre et l'intensité du courant. Ainsi, un courant de 8 mA correspond à
25 % d'échelle ; si l'échelle est par exemple définie de 0 °C à 200 °C, le signal à transmettre est
alors de 50 °C.
Une boucle de courant 4-20 mA est illustré à la Figure 1. Elle est composée de :
84
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre V
2.1. Alimentation de la boucle
Lorsque le courant circule dans la boucle, il y a des chutes de tension dues aux conducteurs et
à tout appareil connecté. Cependant, ces chutes de tension n'affectent pas le courant dans la
boucle tant que l’alimentation est capable de fournir le courant nécessaire. Les valeurs
courantes pour les alimentations de boucle 4-20 mA sont 24 Vcc ou 36 Vcc. L’alimentation
choisie par un concepteur doit être supérieur au total toléré de la boucle (tension minimale
au-dessous de laquelle le courant maximal (20mA) n’est pas atteint), elle dépend du nombre
d'éléments connectés en série dans la boucle. La tension d'alimentation de la boucle doit être
toujours supérieure à la somme de toutes les chutes de tension dans le circuit, y compris la
chute de tension dans les lignes. L’alimentation de la boucle doit remplir les deux conditions
suivantes :
Elle doit pouvoir alimenter tous les appareils de la boucle et compenser la chute de
tension dans le câblage lorsque le courant est à sa valeur maximale, normalement 20
mA.
La tension de sortie maximale de l'alimentation doit être inférieure ou égale à la
tension nominale maximale de tout appareil de la boucle.
2.2. Le transmetteur
La grandeur physique, tel que la température, la pression, la position ou le débit d’un fluide,
est mesurée par un capteur ou un transducteur, le transmetteur traduit le signal obtenu en un
courant 4-20 mA circulant dans une boucle. Un transmetteur peut consister en un seul
dispositif contenant un élément de détection et une électronique interne, ou il peut utiliser
un capteur ou un transducteur connecté à une électronique de conditionnement de signal
séparée.
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre V
Figure 1 : le transmetteur XTR117
2.3. La liaison filaire
La résistance des conducteurs du câblage est normalement donnée en Ohms par unité de
longueur, de sorte que la résistance totale est le produit de cette valeur par la longueur des
fils. La longueur du fil inclut le conducteur sortant et le conducteur de retour du courant.
2.4. Le récepteur
Une fois le courant de boucle généré, il doit généralement être traité. Il peut être utilisé
comme rétroaction vers un contrôleur de vanne pour, par exemple, ouvrir, fermer ou moduler
la vanne afin de contrôler un processus. Il est plus facile d'effectuer des fonctions de contrôle
avec une tension plutôt qu'avec un courant. Le récepteur est la partie du circuit de boucle qui
convertit le courant de boucle en tension. Le récepteur est une simple résistance en série.
D'après la loi d'Ohm, la tension aux bornes de la résistance est proportionnelle à la valeur
mesurée par le capteur.
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre V
2.5. Types de transmetteurs
Il existe différentes variétés de transmetteurs utilisés pour les boucles de courant 4-20 mA.
On peut distinguer :
Ils sont connectés dans une boucle de courant sans avoir de source d'alimentation
indépendante. Ils sont conçus pour puiser leur énergie du courant circulant dans la boucle.
Les dispositifs typiques alimentés par le courant de la boucle peuvent comprendre des
capteurs, des transducteurs, des émetteurs, des isolateurs, des compteurs, des
enregistreurs, des indicateurs, des enregistreurs de données, des moniteurs et de nombreux
autres types d'instruments de terrain.
Les transmetteurs 2 fils sont populaires mais généralement plus coûteux que ceux à 3 fils.
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre V
Figure 3 : boucle de courant avec le transmetteur 2 fils XTR117.
Les transmetteurs à 3 fils sont différents des transmetteurs alimentés en boucle car leur
courant de boucle est apporté par d'une alimentation CC indépendante. Les transmetteurs 3
fils sont souvent moins coûteux que les émetteurs à 2 fils. Une boucle typique à 3 fils est
illustrée à la figure 4 ci-dessous. Il est important de noter qu'un tel transmetteur ne doit
jamais être connecté à un système alimenté par une boucle à 2 fils.
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre V
Figure 5 : le circuit AD694 – transmetteur de courant 3 fils.
Le côté retour vers l'alimentation est connecté via un point de mise à la terre, de sorte qu'un
transmetteur 3 fils nécessite une attention particulière aux problèmes de mise à la terre.
Les transmetteurs à 4 fils offrent les avantages de ceux à 3 fils et fournissent une isolation
galvanique pour la sortie de la boucle de courant. Les appareils à 4 fils sont nettement plus
chers que les appareils à 3 fils. Pour cette raison, ils sont généralement utilisés là où
l'isolation est nécessaire. Un schéma fonctionnel du transmetteur à 4 fils est illustré à la
Figure 6 ci-dessous.
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre V
Un élément notable est que à l’instar des transmetteurs 3 fils, l'appareil 4 fils utilise une
alimentation CC indépendante.
Dans le circuit de la figure 4 d’une boucle de courant 2 fils, la longueur totale du fil est de
2x500m=1000m ; la résistance de charge est RL=250Ω ; le transmetteur nécessite 5V pour son
fonctionnement.
La résistance linéique est de 7,02Ω/Km.
Quel doit être la valeur minimale de la tension d’alimentation pour assurer le bon
fonctionnement de la boucle ?
Solution :
La tension d’alimentation doit être supérieure à la somme des chutes de tension dans la
boucle ; commençons par calculer ces chutes.
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Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Chapitre VI
LES MULTIPLEXEURS ANALOGIQUES
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Chapitre VI
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
1. Introduction
La solution la plus rentable en termes de coûts, d'énergie et d'espace pour numériser plusieurs
capteurs sans avoir à dupliquer des chaînes de signaux complètes et leurs composants
connexes, est de partager les ressources communes.
Cela s'effectue par le multiplexage des entrées à l'aide de multiplexeurs analogiques. Ces
derniers peuvent relier plusieurs capteurs à l'entrée d'un convertisseur analogique-numérique
(CAN), en numérisant chaque transducteur à tour de rôle. La même méthode peut s'appliquer
aux bus de communication, où chaque émetteur-récepteur peut partager le bus pendant un
intervalle de temps fixe.
Les caractéristiques clés des commutateurs et des multiplexeurs analogiques reposent sur le
fait qu'ils offrent des trajets bidirectionnels entre les entrées et les sorties, ainsi qu'une haute
intégrité des signaux avec une diaphonie et des courants de fuite minimum.
92
Chapitre VI
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Les multiplexeurs analogiques font partie d'une plus vaste catégorie de commutateurs
électroniques disponibles dans des configurations variées, comme indiqué à la Figure 2.
Les multiplexeurs sont configurés de manière à sélectionner n'importe quelle entrée parmi
2N entrées et sont généralement disponibles dans des modèles 2:1 à 16:1. Dans chaque
93
Chapitre VI
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Figure 3 : Un élément de commutateur multiplexeur de base et son circuit équivalent. Les FET complémentaires permettent
un fonctionnement bilatéral, c'est-à-dire une commutation des signaux dans les deux directions.
Lorsque le commutateur est ouvert, la capacité de traversée (CF) fournit un trajet qui
contourne le commutateur, ce qui limite les capacités d'isolement. Lorsque le commutateur
est fermé, la charge est partagée entre la capacité source (CS) et les capacités de canal et de
charge, résultant en des transitoires de commutation.
Comme illustré à la Figure 1, les effets de la résistance à l'état passant d'un commutateur
peuvent être limités par la mise en tampon de la sortie du commutateur avec un amplificateur
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Chapitre VI
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
séparateur doté d'une très haute résistance d'entrée. Cette configuration de circuit réduit la
perte de gain et limite les effets de la variation de la résistance à l'état passant. Cependant,
elle peut augmenter la tension de décalage due au courant de fuite. Cette situation implique
un compromis qui peut généralement être résolu en sélectionnant des composants dotés d'un
courant de fuite aussi faible que possible.
Figure 4 : Le schéma illustre l'utilisation de deux multiplexeurs 2:1 pour inverser les connexions sur une paire de
transducteurs à ultrasons dans un analyseur de flux de gaz. (Texas Instruments)
95
Chapitre VI
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
Figure 5 : Le commutateur SPST à quatre circuits TMUX6111RTER inclut quatre commutateurs indépendants présentant un
très faible courant de fuite et une largeur de bande de 800 MHz
Cette version inclut quatre commutateurs normalement ouverts. Une autre version inclut
quatre commutateurs normalement fermés, tandis qu'une troisième version est équipée de
deux commutateurs de chaque type.
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Chapitre VI
Génie Électrique / Manuel de Cours / GEEAR-17
BIBLIOGRAPHIE
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"Principles of data conversion system design", Behzad Razavi.
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"CMOS Analog Circuit Design", Phillip E. Allen, Douglas R. Holberg.
"Techniques de l’Ingénieur, Traité d’Electronique", Claude Prévot.
"Simplified Design of Voltage- Frequency Converters", John D. Lenk.
"Voltage-to-Frequency Converters", Cristina Azcona Murillo; Bele´n Calvo Lopez;
Santiago Celma Pueyo.
"Traitement des signaux et acquisition de données", Francis Cottet.
"Acquisition de données : du capteur à l'ordinateur",Georges Asch et collaborateurs.
Datasheets Texas instruments.
Datasheets Analog Devices.
Datasheets Maxim integrated.
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