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prix Canson ® 2011

ronald Cornelissen

lauréat du prix Canson ®

prix Canson ® 2011 ronald Cornelissen lauréat du prix Canson ®
renContre avec ronald cornelISSen interview with RONALD CORNELiSSEN Depuis 1988, l’artiste néerlandais ronald

renContre avec ronald cornelISSen

interview with RONALD CORNELiSSEN

Depuis 1988, l’artiste néerlandais ronald Cornelissen réalise des dessins, sculptures et installations qui mettent en avant la relation entre l’homme et son environnement urbain immédiat, et les frictions qui en résultent. Comme une source d’inspiration, la culture urbaine des comics, les graffiti et la musique jouent un rôle clé dans son travail.

Since 1988, Dutch visual artist ronald Cornelissen has been producing drawings, sculptures and installations highlighting the relationship between the individual and his or her immediate urban environment, and the frictions this evokes. the urban subculture of comics, graffiti and music is a key source of inspiration in his work.

Comment votre carrière d’artiste s’est-elle déroulée jusqu’à présent ?

J’ai poursuivi mes études à l’académie st. Joost de Breda jusqu’en 1988 et après j’ai immédiatement déménagé à rotterdam. À l’époque, j’ai obtenu mon diplôme de peinture et de sculpture. la peinture est rapidement passée au second plan tandis que le dessin et les travaux en 3d prenaient de plus en plus d’importance.

Je me suis d’abord intéressé à la musique et ce n’est que plus tard que j’ai découvert les arts visuels. l’influence des media, qui ont enrichi la culture pop internationale de sons et d’images (collages, Bd, dessins humoristiques, fanzines, graffiti, poésies de rue, performances, installations, sons et psychédélisme), est toujours perceptible dans mes dessins tout comme dans mes installations.

Fort de cette influence, en 1998, j’ai initié le projet « i rip You, You rip Me » avec Ben schot. C’était un projet interdisciplinaire portant sur le groupe Destroy All Monsters, autour des artistes américains Mike Kelley, Cary loren et Jim shaw. après ce projet, mon travail est devenu plus clair pour beaucoup de monde et a bénéficié d’une attention particulière.

le dessin a toujours joué un rôle prépondérant dans mon cheminement, notamment pour la réalisation de mes installations. Cet amour du dessin m’a incité à éditer, en février 2000, le premier numéro de « Wormhole », une revue où il occupe une place centrale. Grâce aux contacts que j’ai noués par l’intermédiaire de « Wormhole », j’ai réalisé des expositions à Milan (2007), détroit (2001 et 2008) et Miami (2008).

En 2006, j’ai exposé mes œuvres pour la première fois dans le cadre d’une exposition collective à paris, à la Galerie Bernard Jordan, qui me représente depuis 2008. aux pays-Bas, j’ai toujours travaillé sans galerie attitrée. En conclusion, j’ai façonné ma carrière en grande partie grâce à des initiatives telles que « Wormhole » et « i rip You, You rip Me ».

Pourquoi choisissez-vous comme thème central de votre œuvre la relation entre l’individu, l’environnement urbain et les obstacles que cette relation entraîne ?

C’est dans cet environnement urbain rempli de contradictions, de sources d’inspiration et de possibilités que je rencontre les tensions les plus fortes.

Quelle est votre principale source d’inspiration ?

l’instant présent. C’est la source d’inspiration la plus évidente pour moi.

Quelle est votre vision personnelle de vos dessins ?

Mes dessins sont le miroir de ce que je vois autour de moi. ils ne sont pas seulement une simple reproduction de la réalité. il y a toujours une forme de critique et d’humour dans mon travail qui constitue un élément essentiel.

Quels matériaux et techniques utilisez-vous ?

J’utilise principalement de l’encre, des crayons, de la sépia et de l’aquarelle, occasionnellement, de la gouache. Je me sers aussi de photos que j’ai prises ou de copies que je colle dans mes dessins et que je retravaille.

Que signifie pour vous la marque Canson ?

il se trouve que je travaille principalement sur du papier Canson. pour mes grands dessins, j’utilise du papier Canson en rouleaux à fort grammage. C’est du papier bien lisse, le plus lisse que j’ai pu trouver en rouleau. C’est un produit de qualité et c’est important pour moi.

Remporter un prix, est-ce que c’est important pour vous ?

Commençons par dire que c’est formidable de remporter un prix. Et son importance dépendra de l’influence qu’il aura sur ma carrière. souvent, c’est de l’argent (très pratique), mais dans le cas du prix Canson, il s’accompagne aussi de contacts qui arrivent à un excellent moment et qui pourraient s’avérer très positifs.

Propos recueillis par Marlise van der Jagt

arrivent à un excellent moment et qui pourraient s’avérer très positifs. Propos recueillis par Marlise van

What has been your career path as an artist to-date? Immediately after completing my studies in 1988 at the St. Joost Academy in Breda, I moved to Rotterdam. I graduated in painting and sculpture, but soon drawing and 3-dimensional work began more and more to take precedence over painting.

I was into music first and only later discovered the visual arts. Pop music shaped my aesthetic. Through the music, I discovered Burroughs, started reading more, got hooked on fanzines and underground comics—it was in those circles that I got to know visual artists. You can still find traces of the media promoted by international pop culture, such as collage, comics, cartoons, fanzines, installations, noise and psychedelica in my drawings and installations. It was because of this interest that I initiated in 1998 “I Rip You, You Rip Me” with the Rotterdam-based artist Ben Schot. This was an inter-disciplinary project around the band Destroy All Monsters, formed by American artists Mike Kelley, Cary Loren and Jim Shaw. In the light of this project, the context in which my work should be viewed became clearer to a lot of people and it started getting more and more attention.

Drawing has always played a major role in my work, including the creation phase of my installations. It was also my love of drawing that inspired me to publish the first edition of “Wormhole”, a magazine that focused on drawing, in February 2000. Thanks to the contacts I made through “Wormhole” I exhibited in Milan (2007), Detroit (2001 and 2008) and Miami (2008).

My first exhibition in Paris was in 2006, as part of a group show at the Bernard Jordan gallery, and the gallery has been representing me since 2008. In the Netherlands, I had never worked with any specific gallery, so to a large extent I shaped my own career through initiatives such as “Wormhole” and “I Rip You, You Rip Me”.

Why do you choose the relationship between the individual and the urban environment, and the problems this relationship entails, as a central theme in your work? It’s in the urban environment, with all its contradictions, stimuli and overwhelming choices, that tensions are the strongest.

ronald Cornelissen vu par Gérard Garouste

«J’ai toujours un sentiment très complice quand je vois un artiste utiliser, aujourd’hui, des matériaux aussi simples que le papier et le crayon, comme un enfant en maternelle. on a tellement l’habitude de voir actuellement une surenchère de procédés originaux qu’une recherche simple à l’encre et l’aquarelle semble être un vrai défi. ronald Cornelissen fait partie de ces artistes qui jouent avec ces éléments simples pour élaborer un sujet personnel, avec des perspectives et des motifs figuratifs. il crée une mise en scène très improbable qui provoque une forme de malaise. les points de fuite nous emmènent vers quelque chose d’imprécis, vers une histoire où tout se dérobe quand on veut en trouver le sens. pour moi, ce prix ne consiste pas à nommer le meilleur artiste parmi tous ceux qui sont présentés mais à reconnaître un artiste qui est plein d’avenir.»

ronald Cornelissen as seen by Gérard Garouste «I’m always very touched when I see an artist today using materials as simple as paper and pencil, just like a child in nursery school. Nowadays, we are so used to seeing one-upmanship in the use of original processes that the simple fact of using ink and watercolours seems like a true challenge. Ronald Cornelissen is one of those artists who plays with simple elements to draft a personal subject, with perspectives and figurative motifs. He sets up improbable scenes that induce a feeling of unease. The vanishing points lead us to something vague, to a story where everything slips away just when we try to grasp its meaning. For me, the point of this prize is not to nominate the best of the artists presented, but rather to acknowledge an artist with a promising future.»

What is your biggest source of inspiration? The here and now. To me it’s the most obvious source of inspiration.

What is your own vision of your drawings?

I see my drawings as a reflection of what I see around me. Not just registrations though—criticism and humour are also essential elements in my work.

What materials and techniques do you use?

I mostly use ink, pencil, sepia and watercolour. Very occasionally, I use gouache.

I also use photos which I have taken myself or copied and which I place in my drawings and then rework.

What does the Canson brand mean to you?

I work primarily on Canson paper; for my large drawings, I use Canson paper

on a roll. I prefer the heaviest weight, it’s really smooth, the smoothest I’ve been able to find on a roll—and the smoother my paper is, the happier I am. It’s good material, and good material is important.

is winning an award important to you? Let’s start off by saying that it’s wonderful to win an award. The importance of it, depends on the spin-off after having won the prize. It’s often money,

which is very useful of course, but in the case of the Prix Canson it also presents

a great opportunity to show my work. It comes at a very good time for me.

Interview by Marlise van der Jagt.

also presents a great opportunity to show my work. It comes at a very good time

DÉCoUVerte de l’arTISTe

DiSCOverY OF thE ARtiSt

DÉCoUVerte de l’arTISTe DiSCOverY OF thE ARtiSt La ville, avec son architecture qui peut parfois être

La ville, avec son architecture qui peut parfois être intimidante et impersonnelle, ainsi que l’invasion toujours grandissante de notre espace vital, est un thème important dans mon travail.

the city, with its sometimes intimidating, impersonal architecture and the increasing invasion of our personal, private space, is an important theme for me.

Ronald

private space, is an important theme for me. Ronald Cornelissen Vogelenzang ii 2004 Encre, crayons et

Cornelissen

Vogelenzang ii

2004

Encre, crayons et aquarelle sur papier 71 x 97 cm Collection du Museum Boijmans van Beuningen

Vogelenzang ii

2004

ink, pencil and watercolour on paper 71 x 97 cm Collection Museum Boijmans van Beuningen

van Beuningen Vogelenzang ii 2004 ink, pencil and watercolour on paper 71 x 97 cm Collection
Hangover hangover 2005 2005 Encre, crayon sur papier 42 x 59,4 cm ink, pencil on

Hangover

hangover

2005

2005

Encre, crayon sur papier 42 x 59,4 cm

ink, pencil on paper 42 x 59,4 cm

Hangover hangover 2005 2005 Encre, crayon sur papier 42 x 59,4 cm ink, pencil on paper
swan song Swan Song 2009 2009 Encre, sepia et crayon sur papier 102 x 75
swan song Swan Song 2009 2009 Encre, sepia et crayon sur papier 102 x 75
swan song
Swan Song
2009
2009
Encre, sepia
et crayon sur papier
102 x 75 cm
ink, sepia
and pencil on paper
102 x 75 cm
descent into the Maelstrom ii Descent into the Maelstrom ii 2008 2008 Encre, crayon, aquarelle,

descent into the Maelstrom ii

Descent into the Maelstrom ii

2008

2008

Encre, crayon, aquarelle, sepia et collage sur papier 97 x 72 cm

ink, pencil, water- colour, sepia and collage on paper 97 x 72 cm

aquarelle, sepia et collage sur papier 97 x 72 cm ink, pencil, water- colour, sepia and
Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrlpower Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrlpower 2009 2009 Encre, crayon et aquarelle sur papier 60 x 100 cm ink,

Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrlpower

Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrlpower

2009 2009

Encre, crayon et aquarelle sur papier 60 x 100 cm

ink, pencil and watercolour on paper 60 x 100 cm

2009 2009 Encre, crayon et aquarelle sur papier 60 x 100 cm ink, pencil and watercolour
Hell Yes : Funhouse hell Yes: Funhouse 2010 2010 Encre, crayon, sepia et collage sur

Hell Yes : Funhouse

hell Yes: Funhouse

2010

2010

Encre, crayon, sepia et collage sur papier 110 x 70 cm

ink, pencil, sepia and collage on paper 110 x 70 cm

ronAlD Cornelissen, PrIMÉ Par GÉrard GaroUSTe eT Son JUrY

rOnALD COrneLiSSen, hONOURED BY GERARD GAROUStE AND hiS JURY

© Charlotte schousboe
© Charlotte schousboe

de gauche à droite / From left to right : olivier Kaeppelin, antoine Tony Guerrero, Paul Tanner, Marieke Wiegel, Gérard Garouste, Matali crasset, emanuel Quinz, Thierry raspail et absente sur la photo Marie-laure Bernadac.

À ProPos De ronald cornelISSen

ABOUt RONALD CORNELiSSEN

« Bien que de grandes parties des dessins de Cornelissen restent vides, l’atmosphère qui en résulte est souvent très sombre. les personnages sont rarement présents dans son travail et ils sont souvent cantonnés dans leurs lits ou dans leurs voitures.

Comme dans ses images de vie urbaine, l’humour est au centre de son travail, bien que celui-ci ne s’attache pas à représenter un monde meilleur.

son art interpelle sur les blessures qui restent ancrées au plus profond des êtres qui ont subi une crise. une ville bombardée peut être reconstruite. un pape ou un président peut être remplacé. Mais qu’en est-il des monstres qui vivent dans nos cœurs ? peut-être, pouvons-nous seulement les accueillir avec un sentiment partagé d’espoir et de désespoir ».

Extrait de Tom Morton on the drawings of Ronald Cornelissen

Extrait de Tom Morton on the drawings of Ronald Cornelissen «While large areas of Cornelissen’s drawings

«While large areas of Cornelissen’s drawings are often left white, their atmosphere is nevertheless usually one of night. People are rare presences in these works, and are often confined to their beds or to their cars.

As with his images of urban life, humour is central to his critique, although it does not and perhaps cannot point to a model of a better world.

This is art that’s aware that even when a particular moment of crisis has passed, deeper and perhaps inescapable problems remain. A bombed city may be rebuilt. A Pope or President may be replaced. What though, of the monsters that live in our hearts? Maybe all we can do is to greet them with a half-hopeful, half-hopeless laugh».

extract of tom Morton on the drawings of ronald Cornelissen

expositions personnelles

2010

roHr, Galerie Bernard Jordan Zurich, suisse the Horsemen’s Kitchenette (when demons Cook), Musée Boijmans van Beuningen, rotterdam. K13, Velp (rencontre avec Wouter Venema). the Good Book, Centre des arts plastiques, rotterdam.

2008

Moth, instituto Buena Bista, Curaçao, antilles néerlandaises.

2006

recent drawings, de Hallen, Haarlem.

expositions collectives

2010

acquisition presentation Contemporary drawings. Musée Boijmans van Beuningen, rotterdam. in the Backyard of Kings, artBox, Kodra 10, thessalonique, Grèce.

2009

Maison d’art Contemporain Chailloux, Fresnes, France.

résidences

2008

Fountainhead, Miami, Etats-unis.

2007

instituto Buena Vista, Willemstad, Curaçao, antilles néerlandaises.

enseignement

2010

professeur 3d à l’académie des Beaux arts d’utrecht, faculté des arts plastiques et du design. professeur invité de l’académie des Beaux arts d’utrecht, faculté des arts plastiques et du design.

2009

atelier à l’Ecole supérieure d’art et de design de reims. professeur 3d à l’académie des Beaux arts d’utrecht, faculté des arts plastiques et du design. professeur invité de l’académie des Beaux arts d’utrecht, faculté des arts plastiques et du design.

2007

instituto Buena Bista, Willemstad, Curaçao, antilles néerlandaises.

solo exhibitions

Curaçao, antilles néerlandaises. solo exhibitions 2010 roHr, Gallery Bernard Jordan Zurich, swiss. the

2010

roHr, Gallery Bernard Jordan Zurich, swiss. the Horesemen’s Kitchenette (when demons Cook), Museum Boijmans van Beuningen, rotterdam. K13, Velp (met Wouter Venema). the Good Book, Centre for the Visual arts, rotterdam.

2008

Moth, instituto Buena Bista, Curacao, netherlands antilles.

2006

recent drawings, de Hallen, Haarlem.

Group exhibitions

2010

de nieuwe Collectie, Museum Boijmans van Beuningen, rotterdam. in the Backyard of Kings, Kodra 10, 10th visual arts festival, Kalamaria, thessaloniki, Greece.

2009

Maison d’art Contemporain Chailloux, Fresnes, France.

residency

2008

Fountainhead residency, Miami, usa.

2007

instituto Buena Bista, Willemstad, Curacao, dutch antilless.

teaching

2010

docent 3d for, the utrecht school of the arts, faculty Visual arts and design. Guest teacher the utrecht school of the arts, faculty Visual arts and design.

2009

Workshop l’Ecole supérieure d’art et de design de reims, France. docent 3d for, the utrecht school of the arts, faculty Visual arts and design. Guest teacher the utrecht school of the arts, faculty Visual arts and design.

2007

instituto Buena Bista, Willemstad, Curaçao, dutch antilles.

Couverture : Charonica - 2004 - Encre, sepia, crayon et collage sur papier - 71 x 97 cm Cover : Charonica - 2004 - Ink, sepia, pencil and collage on paper - 71 x 97 cm

dernière de couverture : Black oak - 2006 - Encre, crayon, sepia et collage sur papier - 97 x 71 cm Back cover : Black oak - 2006 - Ink, pencil, sepia and collage on paper - 97 x 71 cm

Copyright : ronald Cornelissen imprimé pour la couverture sur Arches ® Aquarelle, Grain fin (185g/m 2 ), à l’intérieur sur Canson ® Mi-Teintes ® , Blanc (160g/m 2 ).

Aquarelle, Grain fin (185g/m 2 ), à l’intérieur sur Canson ® Mi-Teintes ® , Blanc (160g/m