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Elire , c’est choisir ( YB)

Point de démocratie sans élections.


Ce qui fait de l’acte électoral un
déterminant constitutif du socle
démocratique. L
Et
• Le mot scrutin désigne l’ensemble des
opérations de vote et des modes de calcul
destinés à départager les candidats aux
élections. On parle également de scrutin
lorsqu’une assemblée vote pour prendre une
décision.
• Le terme suffrage désigne le vote, la voix,
mais aussi indique qui a le droit de voter pour
choisir ses représentants.
Institutionnalisation de longue haleine
• La majorité des pays du globe, dont notamment ceux qui portaient
le flambeau de la démocratie et de l’état de droit, ont du passer par
des traversées de désert avant l’institutionnalisation de ce droit
comme le montre amplement le tableau ci-dessous :
• FINLANDE: 1906
• DANEMARK: 1915
• GRANDE BRETAGNE: 1918
• U.S.A: 1920
• France: 1944
• Belgique: 1948
• MAROC: 1960, date de ses premières élections ( locales)
• SUISSE: 1971
• Portugal: 1974
Les caractéristiques du droit de
suffrage

• I : L'universalité du suffrage
• Le suffrage universel est un fondement de la
démocratie mais son organisation s’impose
comme déterminant fonctionnel dans la
perspective d’une optimisation et un
encadrement à la fois judicieux et efficaces.
Limitations :
• a - D’ordre moral :

• Certains jugements entraînent la déchéance du
droit de vote, comme la condamnation pénale.

• b-D’ordre intellectuel :
• Le droit de vote nécessite un âge minimum.
• Depuis 1974, en France l'âge minimum est de 18
ans ( contre 21 ans auparavant)
• Au Maroc, l’âge de 21 ans était la règle depuis
les premières élections communales de 1960
avant de revoir à la baisse cet âge pour le fixer
à 20 ans en 1993 puis à 18 ans en 2002. Une
sorte d’harmonisation et d’ajustement.

• Il existe aussi la perte du droit de vote pour
inaptitude intellectuelle : mise sous tutelle,
démence...
• Limitations civiques :

• Le droit de vote est accordé notamment aux
personnes sur la nationalité du pays. Certains
pays accordent également ce droit aux
résidents tout en émettant certaines réserves.
Maroc ( 2011): Ouverture
• La nouvelle constitution marocaine stipule à cet égard que
« Sont électeurs et éligibles, tous les citoyennes et les
citoyens majeurs jouissant de leurs droits civils et
politiques. La loi prévoit des dispositions de nature à
favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux
fonctions électives.
• Le vote est un droit personnel et un devoir national. Les
étrangers jouissent des libertés fondamentales reconnues
aux citoyennes et citoyens marocains, conformément à la
loi.
• Ceux d'entre eux qui résident au Maroc peuvent participer
aux élections locales en vertu de la loi, de l'application de
conventions internationales ou de pratiques de
réciprocité. »
Les applications:
• A) L’établissement des listes électorales : Une
procédure s’inscrivant dans une optique de
transparence afin d’éviter la fraude. La liste
électorale est permanente et révisable
(chaque année en France et à chaque rendez
vous électoral au Maroc) pour les
modifications.
• 2) L'égalité du suffrage :

• D'après l'article 3 de la Constitution française :
« le suffrage toujours égal »
• La démocratie s'oppose à ce que certain aient
plus de poids, avec leurs votes, que d'autres.
Chaque électeur n’a qu’une seule voix. C’est un
principe général et généralisé depuis des
décennies.

• D’autres votes avaient existé et dérogeaient
diamétralement à cette règle comme :
• - Le vote multiple (Les propriétaires fonciers anglais
pouvaient voter là où était leurs terres( Ce type de vote
s’atténua avec la loi du 6 février 1918 en votant dans
deux circonscriptions seulement avant d’abolir cette
pratique inégalitaire à partir de 1948).

• - Le suffrage plural (Une personne peut voter plusieurs
fois dans une seule circonscription suivant son statut
familial)
• 3) Le vote entre devoir, obligation et droit :

• Dans l’absolu, le vote est un droit qui reste
facultatif du moment que l’obligation pourrait
donner lieu à une sorte de « spirale de vote
négatif » une fois devant les urnes (vote
blanc).
• Au Maroc, c’est toujours un droit. Aucune
sanction n’est prévue à l’encontre des
absentéistes. Dire que c’est un devoir relève
tout simplement de la réthorique politique
pour la sensibilisation des citoyens.
• 4) Circonscriptions électorales entre égalité et risques de
manipulation :

• On a tendance à croire qu’il faut que chaque circonscription
comprenne un nombre d'électeurs égal ou presque afin de ne pas
vider l’opération de vote de son essence.

• Le système d’inégalité numérique a été utilisé au XIXe siècle en
Angleterre et a donné naissance à des « Bourgs pourris », c'est-à-
dire des circonscriptions dépeuplées qui élisaient autant de députés
que les autres peuplées. À la fin du XIXe siècle, l'Angleterre décida
qu'un député serait élu pour 50 000 habitants.

• Au Maroc, le débat sur le découpage revient à
l’approche de chaque échéance électorale au
point qu’il résume à lui seul une des limites de
l’égalité effective dans l’expression de la
volonté générale surtout qu’on a tendance à
considérer que le découpage, tel que pratiqué,
pourrait aboutir à :
• une sorte d’instrumentalisation politique et
« fausser le jeu ».
Les modes de scrutin: technique ou
politique ?
• Si le principe de l’élection au suffrage
universel fait l’unanimité dans les démocraties
représentatives, le choix du mode de scrutin
connaît des différences notoires, plusieurs
éléments étant en jeu tels la culture politique,
le système partisan, le système politique en
place…
Exemple:
• 15 personnes peuvent désigner les trois d'entre elles
• 10 personnes choisissent, A, B et C
• 5 personnes choisissent D, E et F
• Suivant le scrutin majoritaire : 10 personnes sur 15
forment la majorité, les élus seront donc A, B et C ;

• Suivant le scrutin proportionnel : 10 personnes
représentent deux tiers des votants ils éliront donc 2
personnes.

• 5 personnes représentent un tiers des votants ils éliront
donc une personne.
1: Le scrutin majoritaire
• I) Le scrutin majoritaire

• Sera élu celui qui obtiendra la majorité des
suffrages exprimés dans une circonscription.

• a) Le scrutin majoritaire à un ou plusieurs tours
• La distinction entre scrutin majoritaire à 1 tour et
scrutin majoritaire à 2 tours.

• Au scrutin à un seul tour, on retient que tous les
sièges sont attribués lors du premier et unique
tour. L’élu aura récolté la majorité simple (ou
relative). Il suffit d'avoir plus de voix que les
autres candidats. Il n'y a qu'un seul vote.
(Exemple, la Grande Bretagne).
• Pour le scrutin majoritaire à plusieurs tours,
celui qui sera élu au premier tour est celui qui
aura recueilli la majorité absolue des suffrages
c'est-à-dire plus de la moitié des suffrages (51 %).
Si aucun des candidats n'obtient 51 % des voix il
n’y aura pas d'élu. Il y aura à nouveau un vote : le
ballottage.

• Au second tour il y peut y avoir une majorité


absolue et le poste sera alors attribué.
• b) Scrutin majoritaire uninominal ou le scrutin majoritaire de liste

• Le scrutin majoritaire uninominal équivaut à un seul élu par
circonscription. Chaque parti ne présente qu'un candidat alors que
le scrutin majoritaire de liste renvoie au fait que plusieurs élus
peuvent être présents par circonscription.

• Ce scrutin de liste est dit pluri nominal lorsque les candidatures
isolées sont autorisées en parallèle des listes.

• Le scrutin majoritaire uninominal rapproche les élus des électeurs
alors que celui de liste éloigne les élus des électeurs.

• Ce type peut être de liste bloquée ou de panachage.
La représentation proportionnelle
• Ce mode de scrutin répond à un souci
d'équité, le but étant de donner à chaque
parti un nombre de sièges proportionnels aux
suffrages qu'il a recueillis.
• La représentation proportionnelle inverse les
tendances du scrutin majoritaire.
• Elle est arithmétiquement juste. « Une simple
photographie du pays ».

• Aujourd'hui, la plupart des démocraties


pluralistes de l'Europe continentale l’utilisent.
C'est le cas en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie
et dans les états scandinaves et la Suisse.
• La représentation proportionnelle au plus fort reste

• Cette technique, appliquée au Maroc au niveau des


législatives pour les grandes circonscriptions depuis
2007, est la plus simple. Elle consiste en deux
opérations :

• La première conduit à répartir les sièges en fonction
d'un quotient électoral, la seconde à attribuer ceux qui
ne l’auraient pas été au cours de la première.
• Pour le quotient électoral, il permet de
déterminer, dans chaque circonscription,
combien un siège représente d’électeurs. Pour
cela, il faut d'abord connaître le nombre de
suffrages exprimés (les personnes qui ont voté
moins le nombre de bulletins blancs ou nuls). Le
quotient électoral équivaut alors au nombre de
suffrages exprimés sur le nombre de sièges à
pourvoir.
• Ainsi, chaque liste aura autant de sièges
qu’elle aura de fois de quotient électoral :
pour ce faire, on divise le nombre de voix
obtenues par chaque liste par le quotient
électoral.
• 2 : La représentation proportionnelle à la plus
forte moyenne
• Ce second système diffère de la
représentation proportionnelle au plus fort
reste uniquement par la manière de répartir
les sièges qui n'ont pas été attribués au
quotient. Il est plus exact que le précédent.
• Pour attribuer « le premier siège en l’air » on
calcule la moyenne d'électeurs qu’aurait
chaque liste si on lui donnait ce siège. Après
avoir opéré ce calcul, on attribue
effectivement ce siège à la liste qui a la plus
forte moyenne, à la liste pour laquelle ce siège
correspond au plus grand nombre d'électeurs.
On procède de la même manière pour le
deuxième, troisième ou le quatrième siège.
• La répartition des sièges entre les candidats dépend des
modèles choisis :

• Les listes bloquées

• On admet que le parti a inscrit les noms de la liste dans un
ordre préférentiel. Ce système permet aux formations
politiques de jouer un rôle très important. Elles ont sur les
candidats une autorité sans limites car, suivant la place à
laquelle elles font figurer le nom d'une personne sur la
liste, cette dernière aura de bonnes chances où aucune
chance d'être élue.

• Le vote préférentiel

• L’ordre de présentation sur la liste n'est qu'une
proposition faite aux électeurs qui ont loisir de
marquer leur propre préférence en modifiant cet
ordre. Plusieurs techniques existent pour émettre
un vote préférentiel. Les électeurs peuvent avoir
la latitude de barrer des noms, d'inscrire des croix
indiquant leur premier choix, d'intervertir les
noms.
• Le panachage

• La liberté de l’électeur est entière. Il a la latitude
de constituer sa propre liste en choisissant des
candidats figurant sur des listes différentes
(dépouillement très complexe).

• La moyenne s’obtient comme suit: Nombre total
de voix obtenues par les candidats d’une liste sur
le nombre de candidats de cette liste.

Les scrutins mixtes :
• 3. Les scrutins mixtes
• Les scrutins mixtes empruntent des éléments
aux systèmes majoritaire et proportionnel. Ils
combinent donc, mais avec une grande
diversité, les deux mécanismes. Il s’agit de
cumuler les avantages des deux méthodes et
d’en limiter les inconvénients.
• Par exemple, le mode de scrutin utilisé en
France pour les élections municipales dans les
communes de plus de 3 500 habitants a pour
but d’assurer une majorité au vainqueur, de
permettre des alliances entre les deux tours et
de donner une représentation aux
minoritaires.
Alors:
• Pour les proportionnalistes, un système
électoral doit donner une image fidèle de la
situation politique et du corps électoral ; pour
les majoritaires, il vise à désigner une majorité
d’élus capable de gouverner.
• Dans le scrutin uninominal à un tour (ex : en
Grande-Bretagne ou au Maroc jusqu’à 1997),
celui qui obtient le plus de voix emporte le
siège (scrutin simple).
• Dans le scrutin uninominal à deux tours (ex :
en France), la réussite au premier tour est
conditionnée par l’obtention d’une majorité
absolue des voix, avec parfois l’obligation de
réunir un nombre minimal d’électeurs inscrits.
Faute d’avoir atteint ce seuil, un second tour
est organisé.
• Les scrutins de liste, à un ou deux tours,
attribuent à la liste arrivée en tête tous les
sièges (désignation des grands électeurs pour
la présidentielle américaine). L’amplification
de la victoire est alors très forte, même si des
injustices peuvent exister (majorité des sièges
mais minorité des voix).
• Les scrutins proportionnels mènent souvent à
un dysfonctionnement du système politique ;
ils favorisent le multipartisme et donnent un
rôle important aux petits partis. Ce qui
exposerait souvent l’échiquier politique au
risque de remodelage et de reconfiguration.
• Les scrutins proportionnels rendent difficile
l’émergence d’une majorité stable et
cohérente.
En tout état de cause:
• La démocratie doit être de mise: sans
démocratie point d’élections ( un simple
saupoudrage)

• Younes Berrada