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Chapitre VI Le système financier marocain : Finance directe et finance indirecte

Section 1: La finance indirecte: Le système bancaire marocain

I- Historique

• Le secteur bancaire joue un rôle prépondérant dans l'économie marocaine. Il a


connu diverse réformes qui en font aujourd'hui un système moderne, adapté aux
besoins de la société comme à ceux des entreprises. Tous les services et produits
bancaires modernes sont proposés par les principales banques du pays.
Jusqu'en 1943, le système bancaire n'était soumis à aucune réglementation;
• L'exercice de l'activité bancaire a été organisé pour la première fois en mars 1943;
• En 1956, au lendemain de l'indépendance, les bases d'un système bancaire
national ont été mises en place;
• Le 30 juin 1959, il y avait institution de Bank Al Maghrib;
• En 1967, une loi relative à la profession bancaire et au crédit a été promulguée.
Cette loi établissait une distinction nette entre les banques commerciales (ou de
dépôts, qui avaient pour objet d'effectuer des opérations de crédits et recevoir des
dépôts à vue) et les organismes financiers spécialisés (OFS, qui étaient régis par
des textes propres et concouraient au financement de l'investissement et de
secteurs particuliers);
• En 1993, une nouvelle loi bancaire a introduit le concept de la banque universelle
qui annule la spécialisation établie entre les banques et les OFS. En vertu de cette
loi, les banques peuvent exercer et commercialiser l'ensemble des produits et
services bancaires;
• En 2006, plusieurs nouveautés:
- La nouvelle loi étend la définition des opérations de crédit-bail et de location
avec option d’achat;
- La nouvelle loi autorise les établissements de crédit à effectuer de nouvelles
opérations connexes à leurs activités principales, à savoir :
* la présentation au public des opérations d’assurance de personnes,
d’assistance et d’assurance crédit ;
* l’intermédiation en matière de transfert de fonds.
- La nouvelle loi donne plus de prérogatives à BAM dans la politique monétaire
en place et dont notamment:
• L'agrément préalable à l’exercice d’activités d’établissement de crédit est
désormais délivré par le Gouverneur de Bank Al Maghrib au lieu du ministre
des finances.
• La création d’une filiale ou l’ouverture d’une succursale par un établissement
de crédit ayant son siège social à l’étranger est subordonnée à l’agrément du
Gouverneur de Bank Al Maghrib.
• De même pour le retrait d'agrément…

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II- Intervenants et caractéristiques

A- Intervenants

1- Les autorités monétaires

a- Bank Al Maghrib (BAM)


BAM est un établissement publique doté de la personnalité morale et l’autonomie
financière. Il a été crée en 1959 en substitution à l’ancien banque d’État de Maroc.
La politique monétaire marocaine depuis la création de Bank Al-Maghreb était axée
sur le contrôle direct de la masse monétaire. Depuis 6 juillet 1993 des réformes sont
appliquées. La nouvelle politique monétaire est axée sur l’emploi des instruments
indirect et un ensemble d’autre caractéristique.
La nouvelle loi bancaire a élargi le champ d'intervention de BAM dont les principales
missions demeurent :
• Exercer le privilège d'émission de la monnaie;
• Veiller à la stabilité de la monnaie et à sa convertibilité;
• Développer le marché monétaire et assurer sa régulation;
• Gérer les réserves publiques de change;
• S'assurer du bon fonctionnement du système bancaire;
• Assurer le rôle du banquier et d'agent financier du trésor;
• Etablir les statistiques sur la monnaie et les crédits…

b- Le ministère des finances


Le ministère des finances et de la privatisation élabore la politique financière,
monétaire et du crédit, des finances extérieures et des investissements extérieurs. Il est
chargé notamment d'élaborer le projet de loi de finances sur la base des scénarios de
politique économique et financière, et de proposer les mesures de nature à promouvoir
le développement économique et social du pays.

2- Les établissements de crédit


Il s'agit des banques et des sociétés de financement
• Les banques:
- Les banques sont des établissements à vocation universelle, étant donné la gamme
des opérations qu'elles peuvent effectuer;
- Les banques sont seules habilitées à collecter des dépôts à vue ou è terme inférieur
ou égal à deux ans;
- Au Maroc, l'activité des établissements bancaire a fait l'objet au cours des
dernières années d'une politique de libéralisation qui a porté sur la
déréglementation des taux d'intérêt, la suppression en 1991 de l'encadrement des
crédits et l'élimination progressive de la quasi-totalité des emplois obligatoires.
Exemple de banques: Banque Populaire, AttijariWafaBank, S.G.M.B, etc.
• Les sociétés de financement :
A la différence des banques, les sociétés de financement :
- ne peuvent effectuer que les opérations pour lesquelles elles sont agréées;
- ne peuvent pas recevoir du public des fonds à vue ou à terme inférieur ou égal à
deux ans;
Les sociétés de financement financent leurs opérations de crédit en recourant pour
l'essentiel à des ressources internes (marché interbancaire).

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Les sociétés de crédit à la consommation (36) et les sociétés de crédit-bail (9) sont
les principales composantes des sociétés de financement (56) au Maroc.

3- Les organes de consultation


La loi bancaire de 1993 a institué trois organes de consultation :
Le Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne (CNME): Consulté par les
autorités monétaires sur toute question intéressant les orientations de la politique
monétaire et du crédit et les moyens de sa mise en œuvre.
Le Comité des Etablissements de Crédit (CEC): donne son avis au gouverneur de
Bank Al Maghrib et au ministère des finances sur les questions relatives aux
aspects techniques des instruments de la politique monétaire.
Exemple: L'action, le renouvellement, le retrait d'agrément; la création de filiales, etc.
La commission de discipline des établissements de crédit : chargée d'instruire les
dossiers disciplinaires et de proposer les sanctions susceptibles d'être prononcées à
l'encontre des établissements de crédits par les autorités monétaires.

4- Les organes de coordination


Ils s'agit des institutions professionnelles institutionnalisées au Maroc et qui servent
d'intermédiaires et s'intéressent aux questions relatives à l'exercice de la profession;
Exemple: Le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM),
l'Association Professionnelle des Sociétés de Bourse (APSB), etc.

B- Caractéristiques
- Le secteur bancaire se caractérise par une forte concentration qui se
matérialise par la prédominance des plus grandes banques en terme de parts de
marché (en 2003, il y avait fusion de la BCM et Wafabank qui a donné
naissance d'un champion national de la banque et de la finance: Attijariwafa
Bank) et la concentration sur l'agglomération casablancaise; A noter la
présence de banques étrangères (PNB paribas, Société Générale, etc.);
En fin 2004 et pour les banques membres du Groupement Professionnel des
Banques du Maroc GPBM, le nombre d'établissement bancaire a atteint 17, le
nombre des guichets était 2091 et les effectifs avait atteint 23 571 employés.
- Le taux de bancarisation ne concerne encore que le quart de la population
totale, mais la moitié de la population urbaine;
- Le secteur bancaire est essentiellement privatisé;

Section 2: La finance directe ; Le marché des capitaux

I- Le marché monétaire (à court et moyen terme)


Le marché monétaire est un marché des capitaux à court terme. Il se compose du
marché interbancaire et du marché des titres de créances négociables (TCN) à court
terme.
A- Le marché interbancaire
Réservé aux banques (y compris BAM). Il assure la rencontre des offres et des
demandes de monnaie et permet aux banques d'échanger leurs excédents et leurs
déficits de trésorerie.

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B- Le marché des TCN


Dans lequel, les établissements de crédit, les entreprises, l'Etat ou tout autre particulier
peuvent émettre (sur le marché primaire celui des titres neufs) ou s'échanger (sur le
marché secondaire celui d'occasion) des TCN afin d'emprunter (cas de vente) ou de
placer (cas d'achat) l'argent. Il s'agit par exemple des bons de trésor pour le trésor, les
certificats de dépôt pour les banques et les billets de trésorerie pour les entreprises…

II- Le marché financier (à long terme)


A- Présentation
Document
Le marché financier présente trois formes d’originalité dans le système financier.
Tout d’abord, il constitue un lieu privilégié de financement direct, dans la mesure où prêteurs et
emprunteurs sont directement mis en relation.
En deuxième lieu, et c’est la différence avec le financement bancaire, le jeu de l’offre et de la demande
y est extrêmement développé, ce qui permet une grande mobilité du capital et des fluctuations de cours
génératrices de gains et de pertes pour les opérateurs.
Enfin, sur le marché financier s’échangent des titres de créance (obligations), mais aussi des titres de
propriété (actions) ; ainsi, sur les problèmes de financement, se greffent des problèmes de contrôle des
entreprises.
Le marché financier est, par définition, le lieu où sont émises et s’échangent les valeurs mobilières
(actions, obligations…). Ouvert à toutes les catégories d’agents économiques, financiers (banques,
sociétés de financement, d’assurances…) et non financiers (ménages, entreprises, Etat…), c’est un
marché de titre longs qui se différencie des deux autres marchés de capitaux :
- à la différence du marché des crédits bancaires – qui peuvent aussi porter sur des financements
longs -, le marché financier porte sur des titres (donc négociables) et non des crédits ;
- à la différence du marché monétaire qui porte aussi sur des titres négociables, les titres
correspondent à des financements longs (sept ans au moins), alors que le marché monétaire porte
sur des titres courts.
Le marché financier recouvre plusieurs compartiments. A partir de la distinction qui oppose émission et
transaction, on distingue le marché financier primaire (ou marché de neuf où sont émis les nouveaux
titres) du marché financier secondaire (ou marché de l’occasion où sont échangées des valeurs
mobilières déjà émises dans le cadre des transactions).
Source : Economie générale, BTS tome 1, éditions TECHNIPLUS 1995.

Remarque:
La Bourse joue un rôle économique fondamental et irremplaçable dans les
économies de marché. Elle organise d'abord la rencontre entre ceux qui souhaitent
se procurer des fonds et les épargnants qui désirent placer leurs ressources dans
des valeurs mobilières (actions et obligations, etc.), elle assure ensuite la mobilité
des capitaux et donc de l'épargne entre ses intervenants. C'est un financement
direct (désintermédié) qui permet d'éviter les crédits bancaires porteurs de risques
inflationnistes.
La dynamisation de la Bourse de Casablanca a encouragé et facilité les opérations
de privatisation.
À compter du 1er décembre 2004, la Bourse de Casablanca adoptera une nouvelle
méthodologie de calcul de ses différents indices, basée sur le principe du flottant1.
C'est le mode de calcul retenu par les principales bourses internationales.

En plus de la capitalisation boursière2, plusieurs indices permettent de mesurer la


performance du marché financier dont les plus importants sont MASI et MADEX.

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Le flottant est la part du capital d’une société susceptible de faire l’objet de transactions sur le marché, ou part de titres détenus
par le public. La méthodologie appliquée aux indices de la Bourse de Casablanca conduira donc à évaluer les pondérations des
titres composant chaque indice sur la base de cette fraction détenue par le public et non plus sur la base du capital total, comme
c’était le cas auparavant.

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Le MASI (Moroccan All Shares Index) : est l’indice général de la Bourse de


Casablanca. Il permet de mesurer l’évolution globale de la bourse sur la base d’un
volume d’affaires réalisé pendant une période déterminée. Le Masi se calcule chaque
jour, à l’issue de chaque séance de cotation.

Le MADEX (Moroccan Most Active Shares Index) : est un indice boursier qui constitue
seulement une partie de l’indice Masi. Son calcul consiste à mesurer l’évolution
boursière d’une sélection de titres les plus liquides du marché.

B- Les acteurs de la BVC


La nouvelle loi du 21 novembre 1993 a apporté
une codification du statut juridique du marché financier ;
une création des sociétés de bourses, du CDVM et des OPCVM ;
et une mise en place d’une nouvelle institution à savoir la société gestionnaire de
la bourse.
Acteurs Missions et rôles
1- La société A pour missions de :
gestionnaire de la • prononcer l’introduction (et la radiation) des valeurs mobilières à la côte ;
bourse • contrôler les opérations des sociétés de bourse ;
• suspendre la cotation à la demande du CDVM ;
• rendre compte au CDVM de toute infraction relevée…
2- Les sociétés de Elles permettent (mieux que les anciens intermédiaires (banques et sociétés de courtage) :
bourse - d’exécuter les transactions des valeurs mobilières ;
- de participer au placement des titres émis par des personnes morales ;
- d’assurer la garde des titres ;
- de gérer les portefeuilles et de conseiller et démarcher la clientèle…

3- Le CDVM Il veille :
- à la protection de l’épargne investie en valeurs mobilières ;
- à l’information des investisseurs ;
- au bon fonctionnement du marché financier.
Il a pour fonctions :
• de donner son avis au ministère des finances pour la délivrance des agréments ;
• de donner des sanctions, après enquête, :
- à la société gestionnaire de la bourse ;
- aux sociétés de bourse ;
- aux OPCVM.

2 La capitalisation boursière est la valorisation d'une société à partir de son cours boursier. La capitalisation est égale au nombre d'actions constituant le capital
social d'une société cotée multiplié par son cours de bourse.

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4- Les OPCVM Ils jouent le rôle d’intermédiaires entre le grand public et le marché financier.

On distingue la SICAV du FCP


SICAV : une société anonyme dont les actionnaires sont des créanciers
FCP : une copropriété (pas de personnalité morale) de valeur mobilière et de liquidité.
Dans ce cas, les fonds et les valeurs appartiennent aux adhérents qui disposent, d’un droit
de propriété mais non la gestion.
Les OPCVM permettent :
- aux petits épargnants (qui manquent la compétence, l’expérience et/ou le temps)
d’accéder au marché financier ;
- d’assurer la liquidité (rachat des actions ou parts émises par un OPCVM)…