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Proiecte

la Limba Franceza
autor: Razvan Caplea
Activités sportives pour le développement de l’enfant
Sport collectif ou individuel.

Quels sont les bienfaits du sport pour les enfants ? Comment trouver
l’activité sportive qui convient à votre enfant et tout faire pour qu’il
s’épanouisse ? Découvrons ensemble ce qu’apporte le sport à nos chérubins.

Se dépenser, trouver son équilibre et partager des moments de plaisir avec


des camarades, mais aussi prendre de l’assurance et de la confiance en soi…
les bienfaits du sport sont multiples pour les grands comme pour les petits.
Faisons le point sur l’importance du sport pour les enfants.

Enfant et sport, un binôme gagnant


Les raisons sont multiples. En tout premier lieu, le sport contribue à
favoriser une croissance saine et équilibrée, avec des bénéfices notoires à la
fois d’un point de vue physique et psychologique.
L’activité sportive doit toutefois être pratiquée correctement en tenant
compte des caractéristiques physiques de l’enfant, de son âge et de ses
aptitudes.
Les enfants sont physiquement plus actifs que les adultes au point que, selon
des études réalisées, ils seraient en mesure de jouer, s’ils pouvaient le faire,
pendant six heures consécutives. Tous les parents savent bien d’ailleurs que
les enfants sont souvent inépuisables et que même après une journée passée
à courir et jouer en plein air, ils ne sont pas fatigués.
On peut ainsi parler d’athlètes !
Le sport permet aussi de briser la sédentarité qui caractérise l’existence des
nouvelles générations en poussant les enfants, dès leur plus jeune âge à se
dépenser.
Le sport, pratiqué dès le plus jeune âge, permet ainsi à la fois d’améliorer les
prestations physiques de l’enfant et de faciliter sa socialisation avec d’autres
enfants en stimulant son développement.
Certains paramètres doivent toutefois être pris en considération pour le bien
et la santé de l’enfant.
Dès que l’enfant est en mesure d’exprimer ses préférences pour telle ou telle
activité, il est bon de lui laisser le choix de pratiquer l’activité qu’il souhaite
sans lui imposer vos propres désirs.
Si le choix de l’enfant se porte sur un sport inadapté à son âge, parles-en
avec lui, expliquez-lui les raisons de l’impossibilité de l’inscrire à un sport.
Vous pouvez éventuellement vous reporter sur un sport plus accessible mais
similaire et le proposer à l’enfant.
Sachez que quelle que soit l’activité sportive, vous pouvez assister à une
séance avec votre enfant afin de lui faire découvrir le déroulement du cours.
Certains clubs, la plupart, proposent également la participation gratuite de
l’enfant à une ou deux séances afin que le sportif en herbe découvre
réellement le sport.

Il est important que la discipline sportive pratiquée par un tout petit soit
complète pour un développement harmonieux de la musculature de l’enfant.
A ce titre toute activité intensive sera nuisible au jeune enfant dans la mesure
où certains groupes musculaires risquent d’être sollicités beaucoup plus que
d’autres créant un déséquilibre sur l’évolution de l’enfant en pleine
croissance.
Toute activité physique doit par ailleurs être précédée d’une phase
d’échauffement afin de réveiller le corps et le préparer tout comme pour les
adultes. Ainsi, toute structure sportive ne prévoyant pas cette phase
d’échauffement n’est pas conseillée pour une inscription de votre enfant. Si
votre enfant apparaît toujours fatigué ou s’il se plaint de douleurs,
interrompez l’entraînement pendant une semaine afin qu’il se repose.
Un effort excessif et non adapté à l’âge de la croissance ne peut être que
néfaste pour l’enfant. Rappelons que l’activité sportive pour le jeune enfant
doit avant tout être un plaisir, une distraction et non pas un dépassement de
soi.
Trop de parents inscrivent leur enfant dans un club de sport en espérant un
faire un sportif de haut niveau, en souhaitant le voir remporter les
victoires… et deviennent parfois plus passionnés que l’enfant lui-même.
Avant toute séance d’entraînement, veillez à donner un repas équilibré et
riche en fibres mais en quantité modeste. Le plat de pâte est particulièrement
adapté d’autant que les enfants les adorent !

Le sport et le développement psychologique de l’enfant


D’un point de vue psychologique, il semble que les sports d’équipe soient
particulièrement indiqués pour les enfants plutôt introvertis.
Outre le foot, pensez aussi au basket, au volley ball, ou encore au rugby et
tout autre sport collectif.
Dans le jeu collectif, l’enfant apprend à respecter les règles mais aussi ses
camarades de jeu.
En revanche, les activités individuelles exercées en solitaires telles que la
natation, la danse, le ski… sont plus particulièrement recommandées pour
les enfants extravertis qui ont du mal à canaliser leur énergie.
De toute évidence, chaque enfant est unique et peut avoir des préférences,
des capacités qui le pousseront à pratiquer une activité ou une autre.
Il est fréquent qu’un enfant qui commence un sport, change l’année suivante
ou souhaite arrêter l’activité en cours d’année…
Le statut de la famille contemporaine en
France : littérature, culture, théorie

Issu d’un colloque international tenu à l’université de Durham en 2004, le recueil


Affaires de famille. The Family in Contemporary French Culture and Theory rassemble
une collection d’essais, en anglais et en français, visant à explorer le statut de la famille
dans les arts et les sciences sociales de la France d’aujourd’hui. Ce collectif, dirigé par
Marie-Claire Barnet et Edward Welch, s’organise autour de six volets dont le fil
conducteur est de répondre à la question suivante: « Qu’est-ce qui constitue, réunit,
sépare (autour de quelles tables?), déconstruit, ou recompose aujourd’hui une famille en
France? » (p. 11). Le présent volume s’ouvre sur une introduction de Marie-Claire
Barnet qui esquisse quelques pistes de réflexion sur le devenir de la famille. En
s’appuyant notamment sur le tableau « historique, politique et juridique, psychanalytique
et socioculturel » de la famille dressé par Élisabeth Roudinesco dans La Famille en
désordre (2002), Barnet souligne le caractère mouvant du statut familial. Autrement dit,
après l’ère de « Dieu le père » et « la puissance des mères », il existe maintenant la
période des « tribus » postmodernes. Elle revient sur l’analyse de Roudinesco qui décrit
une famille « en profond désordre, éclatée […], désarticulée et dans tous ses états » mais
qui se voit néanmoins réinventée par l’apparition de l’homoparentalité, la
monoparentalité, la coparentalité ou les familles recomposées (p. 13). Tout n’est pas si
négatif qu’on pourrait le croire affirme alors Barnet (p. 13). Les différentes contributions
s’interrogent d’ailleurs sur ces nouvelles familles : « que reste-t-il de l’héritage du nom-
du-père, est-ce que les valeurs (scolaires/sociales) transmises aux nouvelles générations
reflètent les glissements mentionnés ci-dessus quant à la famille éclatée, et comment les
représentations littéraires et artistiques rejouent ou déjouent-elles ces scénarios trop
connus? » (p. 19). Dans le premier volet, « Les femmes d’abord », Michael Sheringham
étudie la mixité raciale et les phénomènes d’inclusion et d’exclusion dans la pièce de
théâtre Papa doit manger et le roman En famille de Marie Ndiaye. Sheringham montre
que la race n’est pas le facteur déterminant dans la dynamique du pouvoir qui s’exerce au
sein d’une famille. Au contraire, il précise que c’est plutôt sa structure et sa configuration
(verticale ou horizontale) qui déterminent la dominance de certains de ses membres.
Quant à Shirley-Ann Jordan, elle s’intéresse aussi à Marie Ndiaye mais étend sa
réflexion sur d’autres auteures contemporaines, à savoir Marie Darrieussecq et Lorette
Nobécourt. Pour Jordan, il ne fait aucun doute que ces trois auteures placent la famille au
centre de leurs préoccupations scripturales. Elle s’attache à le démontrer par une étude de
la structure et de la forme des textes qui révèle non seulement la désintégration du réseau
familial mais aussi une vision maternelle qui s’attarde sur les petits détails de la vie
quotidienne familiale. Dans la même veine, Nathalie Morello approfondit l’analyse
textuelle de l’œuvre de Lorette Nobécourt en se concentrant sur quatre de ses romans.
Elle y découvre que livre après livre, Nobécourt expose son projet : « dire la vérité, toute
la vérité, rien que la vérité sur ce passé encombrant, et c’est sur ce mode accusateur que
s’écrit la vie de famille » (p. 60). Toutefois, il ne s’agit pas « d’une complainte
personnelle » sur la haine de la famille ajoute Morello, mais d’une « écriture des
souvenirs [qui] sert de motif à partir duquel se construit une problématique plus
ambitieuse centrée sur le questionnement de la langue » (p. 62-63).

La première étude du second volet intitulé « Contes familiaux » porte sur le roman Dans
la pente du toit d’Anne-Marie Garat. Catherine Rodgers y analyse à la fois comment
l’histoire familiale est élaborée comme un conte par la mère, et comment la fille
« construit et déconstruit » ce conte de manière à répéter ou transformer la figure
maternelle (p. 85). De son côté, Owen Heathcote se tourne vers trois textes traitant des
relations entre de jeunes homosexuels et leur famille : Jeunesse de Julien Green (1974),
Mes Parents d’Hervé Guibert (1986) et L’Infamille de Christophe Honoré (1997). Ces
récits ont en commun d’exposer les réactions des membres d’une famille à l’annonce au
grand jour d’une homosexualité déjà soupçonnée. En effet, ces textes soulèvent les
questions du processus du « coming out »i : Qui sort de quoi? Est-ce que le jeune homme
annonce son homosexualité à sa famille, au lecteur ou à lui-même? Que ressentait-il
quand il était jeune? Quel est le rôle de la mémoire et de la reconstruction textuelle dans
ces textes? (p. 108). Pour finir, dans « Ordinary Shameful Families : Annie Ernaux’s
narratives of affiliation and (mis)alliance », Loraine Day met en évidence l’interaction
entre la honte et l’intérêt dans l’ascension sociale d’Annie Ernaux. Le troisième volet,
« Histoires d’art » s’éloigne quelque peu de la littérature pour se tourner vers d’autres arts
visuels et techniques comme la photographie, le dessin, la vidéo ou encore les
monuments publics. Ainsi, Anne Richard examine comment Sophie Calle, dans son
livre Douleur exquise (2003) et dans son installation photographique exposée au Centre
Pompidou à Paris en 2004, explore « la dimension familiale du langage » en juxtaposant
ou superposant textes et photos (p. 141). Quatre travauxii de Pascal Convert reliés tous au
thème de la famille font l’objet d’une étude de Nigel Saint. Ce dernier remarque que,
dans le travail artistique de Convert, la famille est perçue comme une source potentielle
d’opposition tout en étant vulnérable face à un monde en perpétuel conflit (p. 166).
Robert Silhol débute le quatrième volet « Les Enfants en plus » avec un article intitulé
« Le Nom du père : la métaphore paternelle chez Lacan » dans lequel, reprenant les
pensées freudienne et lacanienne, il compare « la ‘place’ de l’enfant dans le désir
parental » (p. 178). Continuant le thème de l’enfance de ce volet, Philippe Met s’étonne,
dès le début de son article, que « la figure de l’enfant dans le cinéma fantastique ou
d’épouvante – ses fonctions, ses représentations, ses avatars – demeure un objet d’étude
curieusement négligé » (p. 181). Met choisit alors de prêter attention « aux configurations
cinématographiques » de l’enfance et du noyau familial dans Comédie de l’innocence de
Raoul Ruiz (2000) et Un jeu d’enfants de Laurent Tuel (2001). Au fur et à mesure de son
étude, Met établit des liens entre les deux films : premièrement, tous deux sont « un
alliage de comédie de mœurs et de fantastique », deuxièmement, ils proposent un
glissement du quotidien vers l’étrange et troisièmement, ils présentent une scène
commune de baigneur. Dans un tout autre domaine, Jane Walling examine le
phénomène grandissant de l’école à domicile ou de l’école alternative en France
(Montessori, Steiner, Anen). Pour ce faire, elle se propose, avant de discuter des
problèmes qui ont émergé depuis les dernières années, de faire un bref récapitulatif des
différents choix scolaires qui s’offrent aux parents. Le titre du cinquième volet « La
Famille au cinéma » annonce le thème des trois prochaines études. Une enquête
systématique des films français, depuis les années 1990, permet à Carrie Tarr de
comparer la représentation de la famille maghrébine dans des films de réalisateurs blancs
et beurs. Elle arrive à la conclusion que les films de réalisateurs blancs « tendent à
évacuer ou marginaliser la famille immigrante maghrébine, ou de la représenter par des
stéréotypes négatifs » (p. 211, nous traduisons). Au contraire, chez les réalisateurs beurs,
même si elle est un lieu de conflit intergénérationnel, les parents sont présentés comme
des individus capables de s’habituer aux changements, valeurs et comportements de leur
contexte. Pour sa part, Fiona Handyside soumet à l’analyse deux films français
contemporains (À ma sœur de Breillat, 2001 et Swimming pool d’Ozon, 2003), qui
réinventent le concept du triangle familial. Selon Handyside, les deux réalisateurs
critiquent et remettent en question l’organisation patriarcale de la famille en exposant une
relation triangulaire entre deux sœurs et une mère. Poursuivant cette réflexion sur la place
de la femme au sein de la famille, Georgiana Colville étudie « l’irruption du féminin »
dans le film Chaos (2001) de Coline Serreau. Dans son article, elle examine comment la
réalisatrice répond cinématographiquement à la question d’Elisabeth Badinter : « Entre la
femme-enfant (la victime sans défense) et la femme-mère (pour les besoins de la parité),
quelle place reste-t-il à l’idéal de la femme libre dont on a tant rêvé? » (Fausse route
187)iii.Dans le dernier volet, « Ordre et désordre familiaux », Kathryn Robson aborde les
thèmes du clonage humain et de l’inceste dans À ton image (1998) de Louise Lambrichs,
et le jeu des répétitions et des ressemblances dans Le Jeu du roman (1995) du même
auteur. Elle argumente que, dans À ton image, le narrateur, Jean – tout comme George
dans Le Jeu du roman – dévoile les secrets et les crimes du passé familial pour tout
d’abord se protéger, mais aussi se construire une identité. Robson découvre également
que l’histoire des deux narrateurs est façonnée par celle de leurs ancêtres, c’est-à-dire
qu’ils sont prédestinés à répéter les délits et les tragédies des générations précédentes.
Cela étant, ils sont incapables d’agir sur leur propre vie de façon autonome. Restant dans
le domaine du tragique, Gill Rye se penche sur trois autobiographies et une nouvelle dans
lesquelles un parent relate la perte de son enfant mort en bas âge des suites de la
naissance ou d’une maladie. Rye se rend compte que pour ces parents-écrivains la
souffrance vécue se rapproche d’une condamnation à vie. De plus, ces textes prouvent
aux lecteurs que l’identité parentale ne disparaît pas à la mort d’un enfant; au contraire, à
travers l’écriture, elle continue d’exister. De la littérature nous passons au cinéma avec
l’étude conduite par Phil Powrie. Ce dernier révèle que le cinéma reflète les phénomènes
de désintégration et de déstabilisation de la famille qu’Élisabeth Roudinesco observe déjà
son approche pluridisciplinaire sur cette institution sociale. À travers divers exemples
cinématographiques récents, Powrie laisse entendre au fond que les films français
s’évertuent à dépeindre une famille défaillante, mais aussi sacrifiée, pour permettre au
spectateur, en tant qu’individu, d’exister (p. 304). Marie-Claire Barnet clôt la réflexion
sur cette famille « en désordre » en abordant des « scènes de (remue-)ménage » dans trois
textes de Valérie Mréjen : Mon Grand-père (1999), L’Agrume (2001) et Eau sauvage
(2004). La contribution de Barnet explore les amours ratées et les relations
intergénérationnelles conflictuelles en examinant les diverses stratégies narratives et
discursives des récits. Ce faisant, elle note que Mréjen semble non seulement intéressée
par « les sujets épineux », comme les « papas poules vieillissants » ou encore « les vieux
pépés salaces et incestueux » mais aussi par les figures maternelles qui subvertissent de
l’intérieur « la domination des hommes de la famille » (p 313). Par ailleurs, si ‘les
familles’ de Mréjen sont des lieux de « règlements de compte, de rancœurs, de sombres
secrets, d’oppression subie, ou de haine dépassée », ce sont aussi des « lieux de paroles,
d’échanges qui se passent peu, mal ou de travers » Ce collectif offre certes un panorama
des diverses formes et représentations de la famille contemporaine en France. Toutefois,
au lieu de s’organiser autour de disciplines (théorie, sociologie, littérature et art), il
s’agence par thèmes (la famille vues par les écrivaines contemporaines, la place de
l’enfant dans la famille, ainsi de suite), choix que les éditeurs n’ont pas expliqué. De plus,
certains liens entre les articles restent vagues ou sans réponses: quel est le rapport entre le
volet « Les Femmes d’abord » et le volet « Histoires d’art », par exemple? De même,
entre l’article sur les configurations cinématographiques de l’enfant dans le cinéma et
celui sur l’école à la maison? Il aurait été pertinent de faire le point sur ces différentes
contributions en fin d’ouvrage. Signalons aussi quelques erreurs laissées ici et là : « À
l’opposite » (p. 186), « denying her her autonomy » (p. 212), « ‘féministion’ » (p. 240),
« matrice d’origyne » (p. 246), « en finale » au lieu de ‘au final’ (p. 246). Ceci dit, les
interventions, variées dans le ton et dans la forme, créent un ensemble enrichissant qui
ouvre sur d’autres « remises en question, rebondissements ou changement de
perspectives » sur la famille
L’éducation européenne est-elle soumise
au marché du travail ?
Comment les évolutions du marché du travail influencent-elles l’enseignement ? L’appel
lancinant du patronat à plus d’adaptabilité de l’école et de son produit, le jeune
employable, reflète-t-il une vraie évolution du marché du travail ? Le patronat forme-t-il
un seul bloc ? Ou bien est-il traversé par des contradictions, des rapports de force,
certains secteurs ayant des intérêts différents des autres ? Comment se fait-il qu’autant de
relais pédagogiques, même de gauche, aient plongé à pieds joints dans l’approche par
compétences, alors qu’on ne peut les soupçonner de collusion avec le « grand capital » ?
Autant de questions formulées d’entrée par Nico Hirtt [1], et qui allaient donner lieu à des
échanges palpitants avec Mateo Alaluf [2] et Christian Laval [3].

Dans la première moitié de l’atelier, les trois intervenants allaient tenter de cerner au plus
près les attentes et les injonctions des milieux économiques envers l’école. Avec de
nombreuses convergences et quelques nuances.

Mais que veulent précisément les pouvoirs économiques et politiques ?

N. Hirtt rappelle ses trois thèses : les politiques « repolarisent » les parcours scolaires
parce que le marché du travail est en voie de polarisation ; d’un côté, des qualifications
de très haut niveau, et de l’autre, une masse de jeunes avec quelques compétences de base
non reconnues comme qualifications, d’où un moindre cout salarial ; l’approche par
compétences, imposée à tous les systèmes scolaires, sert cette attente du marché.

M. Alaluf se montre nuancé par rapport à la thèse d’une polarisation, qu’il juge simpliste.

Puis il s’attache à décrire l’évolution des attentes du monde patronal. Selon lui, deux
approches coexistent. Primo, une demande à moyen et long terme, pour ainsi dire
permanente, émanant de secteurs traditionnels comme la construction ou la fabrication
métallique, qui désirent une planification de la formation qui leur garantisse de toujours
trouver assez de travailleurs disponibles sur le marché (et ainsi maintenir une pression à
la baisse sur les salaires). Cette demande à moyen et long terme explique aussi le discours
de « la formation tout au long de la vie », qui fait peser sur chaque travailleur une
obligation de se qualifier en permanence, sans jamais avoir la garantie de conditions de
travail et de salaires décents.

Secundo, une nouvelle norme, spécifique à aujourd’hui celle-là, est en train de


s’imposer : le patronat réclame désormais des réponses immédiates aux besoins d’un
marché devenu très fluctuant. D’où une tendance lourde à l’individualisation des
formations. Les pourvoyeurs d’emplois sont en pleine mutation : ce ne sont plus
seulement des entreprises, mais aussi des ensembles financiarisés (par exemple, les
libraires indépendants disparaissent au profit d’officines de grandes chaînes, tenues par
des personnels exerçant des compétences non reconnues par des qualifications). De plus
en plus d’emplois se créent dans ce cadre « sans entreprise ». Dans un contexte aussi
mouvant, l’important, pour le patron, n’est pas seulement de trouver un travailleur
qualifié, mais aussi et surtout un travailleur qui accepte des horaires flexibles, et qui a
intégré les valeurs de l’esprit d’entreprise.

La logique des patrons : piloter, par l’aval et en flux tendu, de manière


immédiate, une production de compétences dont ils n’aient pas à
supporter le cout

Et M. Alaluf de préciser. Aux yeux des patrons, la dépense d’éducation, qu’elle soit
publique ou privée, doit être en tout cas supportée par les revenus du travail : l’étudiant
paie ses études par lui-même, avec l’argent de ses parents et/ou via l’impôt. Les
établissements scolaires se voient de plus en plus soumis, instantanément, aux signaux du
marché, par tout un arsenal de prescriptions, d’évaluations, d’incitations et de
responsabilisations, qui induisent des ajustements successifs (cfr. l’effet de Bologne sur
les universités).

Pousser chacun à devenir entrepreneur de soi

Christian Laval revient sur la question de la polarisation : pour lui, elle ne fait aucun
doute sur les plans ethnique et social, même s’il faut se demander si elle est le fruit de
décisions fonctionnalistes, ou si elle s’impose petit à petit, de manière aveugle et
inconsciente. Les milieux patronaux ont-ils d’ailleurs une conscience claire de leurs
propres intérêts ? Oui, bien sûr, mais le système qui se met en place est-il réellement
conforme à leurs intérêts, sans contradictions et sans difficultés ? Au-delà de cette
réaction, Ch. Laval avance trois caractéristiques de l’évolution actuelle de la demande du
marché du travail envers l’école. D’abord, le modèle normatif qui s’impose de nos jours
est celui de la professionnalisation : l’école est conçue comme devant presque
exclusivement produire du capital humain à usage économique.

Ensuite, et ici il rejoint M. Alaluf, la planification de l’enseignement, en France comme


en Belgique, est déconstruite au profit d’une optique de quasi-marché : l’école est
sommée de faire des ajustements immédiats entre l’offre et la demande de qualifications.
Des ajustements individualisés, ce qui explique bien l’importance - devenue démesurée -
des dispositifs d’orientation des élèves. C’est ici que l’approche par compétences trouve
son utilité aux yeux du patronat : l’école doit produire un système de compétences, reçues
et mesurées par le système de production. Il y a bien une recherche de mise en
équivalence de l’offre et de la demande, même si elle n’est ni facile ni évidente.

Enfin, et surtout, Ch. Laval insiste sur un aspect trop négligé de la demande des milieux
économiques et politiques : ils sont en train de nous amener à changer fondamentalement
nos comportements, notre façon de fonctionner. Le leitmotiv « apprendre tout au long de
la vie » doit se comprendre ainsi : l’école nous fournit les compétences de base, au-delà
desquelles nous devrons continuer de développer sans fin des compétences nouvelles,
suivant les aléas de notre vie… et les attentes toujours changeantes du marché. Un
recyclage permanent à faire de soi-même. On entre dans l’ère du contrôle continu de la
production des compétences (cette expression, « portefeuille de compétences » !) Les
politiques se déchargent ainsi de leurs responsabilités. Le destin social et professionnel de
chaque individu repose désormais sur ses seules épaules. S’il échoue, c’est de sa faute.

Echos du débat

Lors du débat avec la salle, il aura été question des conséquences déjà perceptibles de
l’évolution décrite plus haut. Notamment, la pression toujours plus forte sur les
travailleurs, qui n’est plus analysée comme le fruit d’inégalités, mais comme une
« souffrance - individuelle - au travail ». Ou encore des travailleurs mis en voie de garage
parce que leur qualification est devenue obsolète aux yeux du système. Ou du contrôle
toujours plus pesant sur le travail des enseignants.

Réinventer une conscience politique de la pédagogie

Nous terminerons avec une question lancée à la fois par N. Hirtt et Ch. Laval, une
question que tous les pédagogues progressistes, à l’heure de la résistance, doivent se
poser : comment les mouvements de pédagogie nouvelle, qui poursuivaient à l’origine
des finalités politiques (comprendre le monde pour le changer) ont-ils pu être aussi
facilement retournés par les diktats économiques, incarnés e.a. par l’APC ? Parce qu’ils
seraient devenus des techniciens de la pédagogie, oubliant ainsi leurs objectifs
émancipateurs ? Il est indéniablement urgent de réinventer une conscience politique de la
pédagogie.
L'importance de l'école
Le quotidien «La Presse» publiait récemment un dossier sur l’école
secondaire dans lequel on avait effectué un sondage auprès des étudiants afin
de mesurer leur degré de satisfaction.On y apprenait que 96,2 % des
étudiants étaient heureux l’école, que 75,9 % trouvaient les cours faciles,
que les matières préférées étaient les mathématiques (23,1 %), l’éducation
physique (23 %) le français (9,4 %) et, enfin, que ce qui les rendait le plus
malheureux, c’était d’avoir de mauvais résultats (18,5 %). Les jeunes ne
détestent donc pas l’école autant qu’on aimerait nous le faire croire dans
certains milieux.Pas une critique du système
Mon propos aujourd’hui n’a pas pour but de critiquer le système scolaire et
de tout remettre en question en prétendant que l’école de mon temps était
meilleure que celle d’aujourd’hui.On peut remettre en question les multiples
réformes mises de l’avant par les «pelleteux» de nuages du ministère de
l’Éducation qui ont oublié que pour développer des compétences, il faut
avoir acquis des connaissances. On peut aussi critiquer le fait que nos jeunes
ne savent plus écrire, mais cela ne fait pas avancer le débat.Je fais partie
d’une génération dont les parents valorisaient beaucoup l’éducation, même
si la plupart d’entre eux n’en avaient pas beaucoup profité. Le plus bel
héritage que nous ont laissé nos parents, c’est l’éducation.

L’éducation, c’est la liberté


Ça me désole toujours quand j’entends parler d’un jeune qui a décroché, qui
a décidé d’abandonner ses études pour aller travailler et gagner de
l’argent.Malheureusement, le jeune décrocheur n’a pas conscience du fait
qu’en prenant cette décision, il vient d’hypothéquer le reste de sa vie.
Formation scolaire minimum signifie emplois précaires et salaire minimum.
C’est bien beau de vouloir gagner du fric le plus vite possible, mais le vrai
défi est de savoir combien de fric tu gagneras tout au long de ta vie.

Je n’essaie pas de vous convaincre qu’il faut aller l’école pour gagner plus
d’argent. L’argent est loin d’être tout dans la vie. Il faut choisir un emploi,
une profession avant tout parce qu’on aime ça. Généralement, quand on
aime un travail, on est bon. Et quand on est bon, on peut toujours trouver du
travail et conséquemment, on peut obtenir une meilleure rémunération.Ça
m’importe peu qu’un jeune veuille devenir médecin ou balayeur, mais, dans
les deux cas, ce jeune devrait souhaiter devenir le meilleur médecin ou le
meilleur balayeur, car il y a toujours du travail pour les meilleurs.De plus,
lorsqu’on jouit d’une bonne formation et que l’on aime ce que l’on fait, on
est en position de choisir son emploi. Les gens qui ont le choix jouissent
d’une grande liberté. L’université : pas pour tout le monde
Malheureusement, on a tenté de convaincre les jeunes qu’ils devaient tous
aspirer une formation universitaire et que, sans cela, on en était réduit des
boulots sans importance.Ce n’est pas le cas. Il y a aujourd’hui de nombreux
programmes de formation permettant aux jeunes de compléter une formation
adaptée leurs capacités d’apprentissage. Il est bien évident qu’un secondaire
V est devenu un minimum.Qu’ils travaillent sur une ferme, dans une usine
ou ailleurs, les gens doivent maîtriser des outils exigeant des connaissances
techniques ou spécialisées. Refuser de les acquérir mène au désastre. Ceux
qui désirent aller plus loin et qui possèdent les atouts pour compléter des
études plus poussées auront grandement avantage le faire.Le temps passé sur
les bancs de l’école n’est pas une perte de temps. Bien au contraire, c’est le
plus important investissement qu’un jeune est appelé faire dans sa vie. Et, ce
qu’il y a de bon, c’est que celui qui aura fait cet investissement en sera le
premier et principal bénéficiaire, alors que celui qui aura refusé d’investir
dans sa formation en sera la première victime.Le plus tôt le jeune se prend
en main, le plus longtemps il en profitera.Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine ceux qui croient en la valeur de
l’éducation :
«On ne peut rien enseigner un homme. On peut seulement l’aider trouver ce
qui est en lui.» Galilée