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La circulaire du 12 janvier 2012, un pas en avant…deux en arrière ?
Janvier 2012 Collectif du 31 mai
Association loi 1901 collectifetudiantsetrangers@gmail.com
Auteur
Jean-Philippe Foegle
 
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La circulaire du 12 janvier 2012 : un pas en avant…deux en arrière ?
Collectif du 31 mai, Association loi 1901 – collectifetudiantsetrangers@gmail.com
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INDEX
Résumé I. L’autorisation provisoire de séjour (APS), un piège pour les jeunes diplômés
I.I. L’APS n’est pas une nouveauté I.II. Des interprétations restrictives
II. Changements de statut (CDS) de « droit commun » : une retouche purement cosmétique 
II.I. Une liste de cas particuliers II.II. Deux procédures complémentaires ou concurrentes ?
III. Des régularisations...au cas par cas ? 
III.I. Les conditions de réexamen des dossiers III.II. Les pièces de la demande de réexamen
IV. Des non-dits qui en disent long
V
.
La circulaire du 31 mai doit être abrogée !
V.I. Une circulaire méconnaissant la loi V.II. L’esprit de la loi, favorable aux diplômés
 
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La circulaire du 12 janvier 2012 : un pas en avant…deux en arrière ?
Collectif du 31 mai, Association loi 1901 – collectifetudiantsetrangers@gmail.com
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Résumé
 Après plusieurs mois de mobilisation de l'ensemble de la communauté universitaire et la condamnation unanime de la classe politique, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a annoncé mercredi 2 janvier la publication d'une circulaire qui assouplirait la délivrance d’une autorisation de travail à certains étudiants étrangers titulaires d’au moins un Master de l’enseignement supérieur français. Bien qu'il constitue un premier pas en avant,
le texte signé par le gouvernement le 12 janvier ne saurait en aucun cas apporter une
 solution aux difficultés rencontrées par les jeunes diplômés étrangers sollicitant un changement de statut « étudiant » à « salarié ». En effet, la nouvelle instruction, loin de remettre en cause l’esprit de la circulaire du 31 mai,
effectue un rappel succinct de la loi
 en citant quelques cas - au demeurant très restrictivement énumérés, de diplômés qui pourraient voir leur demande examinée favorablement et en indiquant que les étudiants touchés par des refus consécutifs à la publication de la circulaire pourront bénéficier du réexamen de leur situation. Plus grave, la rédaction particulièrement élusive de la circulaire laisse une marge d'interprétation conséquente aux préfectures. En l'absence d'instructions claires, le texte ouvre la voie à
des pratiques plus restrictives que la loi
, qui constituent autant d'obstacles supplémentaires aussi bien pour le réexamen des cas en souffrance que pour les dossiers à suivre. Enfin,
aucune solution n'est apportée ni aux pratiques illégales des préfectures
 répertoriées ces derniers mois par le Collectif du 31 mai, ni au millier de jeunes diplômés recensés par ce dernier et dont la situation s’est dégradée au cours de cette procédure. Or, ce sont des milliers d'étudiants qui, dans l'attente d’une réponse, parfois abandonnés en cours de route par des employeurs lassés d'attendre les réponses des services préfectoraux, n'ont d'autre choix que de renoncer à leur projet professionnel en France.
Le Collectif du 31 mai demande ainsi au gouvernement de revoir sa copie
, en affirmant des critères transparents et non-arbitraires, sur les points suivants : - les conditions de retrait et de dépôt du dossier de changement de statut - les modalités d’instruction - la régularisation des dossiers en souffrance depuis le 1
er 
 juin 2011
I. L’autorisation provisoire de séjour (APS), un piège pour les jeunes diplômés
I.I. L’APS n’est pas une nouveauté
 Méconnue par le public en raison d’un déficit de communication des pouvoirs publics, la disposition de l’article L 311-11 semble être une pièce
maitresse du dispositif gouvernemental destiné aux jeunes diplômés
. Pourtant, cette disposition reste sans équivoque un « piège », pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les délais de demande de l’APS sont
extrêmement restrictifs
 : il faut déposer la demande 4 mois avant l’expiration du titre de séjour « étudiant ». Cette contrainte empêche la plupart des étudiants étrangers de
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