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Cas pratique 2005

1. L'ODULIE est un Etat membre de l'Union européenne et du Conseil de l’Europe, qui a

ratifié la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et tous ses protocoles additionnels. L'ODULIE est un Etat décentralisé. L’essentiel du pouvoir administratif est exercé par des circonscriptions appelées GENERALITES. Dans leur domaine de compéten- ces, les généralités sont autonomes et ne reçoivent pas de directives du gouvernement central d’ODULIE.

2. La généralité d’ULDIRIE constitue l'une des plus importantes généralités de l'ODULIE. Il

s’agit d’une région de montagne, particulièrement appréciée pour la beauté de ses pay- sages. Depuis 1996, le CONSEIL GÉNÉRAL – organe exécutif – de la généralité d'ULDIRIE est présidée par TERREP ROGGEUR, élu sur les listes de la LIGUE DE LA VERTU, dont le programme électoral prévoyait la défense des spécificités régionales et locales uldires, la lutte contre la corruption et l’assainissement des finances régionales. C’est ainsi que, peu après son accession au pouvoir, TERREP ROGGEUR a lancé une grande réforme de l’administration régionale. Il a notamment révisé le système de santé et profondément modifié le paysage audiovisuel local, avec le lancement – contesté – de la chaîne de

télévision ULDIRIMAGE, souvent considérée comme « la voix de l'Uldirie ».

3. La zygomatose, en revanche, ne fait pas partie des spécificités régionales que LA LIGUE

DE LA VERTU cherche à défendre. Il s’agit d’une maladie mal connue à laquelle certains habitants d’ULDIRIE sont sensibles. Cette pathologie chronique se manifeste par des crampes affectant les muscles faciaux, ce qui peut être douloureux lors de crises aiguës. Dans sa forme la plus répandue, la zygomatose n’est toutefois pas mortelle et peu susceptible de se transmettre par contagion, à moins que des proches du malade ne soient porteurs d’un gène particulier. Il existe également d’autres formes ponctuelles de zygomatose dont les épidémies frappent régulièrement l’ODULIE dans son ensemble et

plusieurs pays voisins, en particulier la POMPILIE.

4. Pour beaucoup de personnes touchées, l’un des effets les plus pénibles de la zygomatose chronique consiste dans le handicap qu’elle entraîne sur le plan social. Le « petit rire nerveux » que les malades arborent lors des crises est souvent mal interprété par leur entourage, ce qui les incitent souvent à se replier sur eux-mêmes. Récemment, le témoignage de plusieurs personnalités publiques atteintes de zygomatose chronique a permis au grand public de mieux connaître la maladie et ses effets et, ainsi de faire preuve d’une plus grande compréhension à l’égard des malades. Ceci est d’autant plus vrai que, parmi ces personnalités, se trouvent le président TERREP ROGGEUR lui-même, de même que ZÉPHYR DE LA ROBE, représentant de l’une des plus anciennes familles d’ULDIRIE et également l’une des plus fortunées.

5. La zygomatose n’a jamais empêché ZÉPHYR DE LA ROBE de vivre la vie qu’il souhaitait,

mais elle a souvent constitué pour lui une gêne profonde et la source de nombreux tracas. Ceci s’avéra particulièrement ennuyeux lorsque ZÉPHYR et ZÉPHYRA DE LA ROBE ont, peu

après leur mariage en 1990, accompli les démarches nécessaires à l’adoption d’un

enfant. Sur la base des analyses, la DIVISION DASSISTANCE COMPÉTENTE POUR LES

ENFANTS (DACE) a considéré que la maladie de ZÉPHYR ne constituait pas un obstacle à toute adoption. Elle a toutefois « conseillé » au couple de rechercher un enfant étranger, moins susceptible d’être porteur du gène incriminé dans la transmission de la maladie, et

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âgé de deux ans au moins. Cet épisode s’est finalement bien terminé pour la famille DE LA ROBE, avec l’adoption de NALIMÉ et ARIMA, deux petites filles originaires de CAROLIE, mais ZÉPHYR en a tout de même conservé le souvenir d’une discrimination.

6. Né en ODULIE au début du siècle, ERNEST SANITHANA a voyagé dans les lieux les plus

reculés de la planète, du Groenland à la Terre de Feu – et ce bien qu’il ait lui aussi souffert de zygomatose. A la fin des années soixante-dix, pour l’un de ses derniers voyage, il a décidé de se rendre en CAROLIE, avec pour objectif d’atteindre le lac de TAKAMUK, en pleine jungle de RAMOLLI, aux confins de la forêt des PERCHES et du passage de la MÔDE (à moins que ce ne soit l’inverse, la cartographie exacte étant controversée). Le voyage aller s’est déroulé sans problème, mais, peu après avoir pris le chemin du retour, ERNEST SANITHANA a été grièvement blessé par une pointe métallique longue de vingt centimètres, dressée sur le sentier comme une pique. Malgré d’atroces souffrances, l’explorateur est, grâce à ses sherpas fidèles et dévoués, parvenu à rejoindre un dispensaire. Malgré les soins qui lui furent prodigués, il décéda peu après dans un mélange de spasmes et de rire nerveux qui étonnèrent les médecins.

7. Peu de temps après le décès d’ERNEST SANITHANA, plusieurs personnes ont été frappées par des symptômes proches de ceux que l’explorateur avait manifesté lors de sa maladie. Les spécialistes du dispensaire ont d’ailleurs donné à ces troubles le nom de « syndrôme de Sanithana » mais, en raison de la mésaventure qui avait précédé, c’est l’appellation de « fakirite » qui s’est finalement imposée. Il faut dire qu’une étrange multiplication de blessures par pointe métallique a fait croire aux spécialistes qu’il existait un lien direct entre ces blessures et la maladie, ce qui n’a cependant jamais pu être démontré par la suite. Quoi qu’il en soit, la fakirite a constitué, dès ce moment, une menace importante pour les populations locales puisque, sans être particulièrement contagieuse, elle a néanmoins fait de nombreuses victimes. Au total, un dixième des personnes atteintes de fakirite ont succombé à la maladie.

8. Confinée à la jungle carolingienne, l’épidémie de fakirite serait, du moins dans un

premier temps, restée inaperçue si l’un des médecins du dispensaire, originaire d’Odulie, n’avait pas fait le rapprochement entre certains symptômes de la maladie et ceux de la zygomatose. Jeune chercheur à l’Université de LAUDICA – chef-lieu de la Généralité

d’ULDIRIE et capitale fédérale de l’ODULIE – le Docteur XANDRÉ ILEMAL a, dès son retour de CAROLIE, entamé des recherches pour déterminer l’origine de la fakirite et démontrer scientifiquement la proximité dont il avait eu l’intuition entre cette dernière et la zygomatose. Ses recherches n’ont cependant pas abouti, d’autant que, malgré la progression de la maladie, constante mais lente, les organismes de financement, publics comme privés, ne se sont pas intéressés à ses travaux. A son corps défendant, le Docteur ILEMAL s’est consacré à d’autres travaux.

9. En 1997, le Docteur XANDRÉ ILEMAL a été nommé chef de service à l’HOSPICE PUBLIC DE

LAUDICA. A ce titre, il a également été appelé à superviser certains travaux de recherche à l’Université de LAUDICA et consulté sur l’attribution des subsides du FOND ODULE POUR LA RECHERCHE ET LES TRAVAUX (FORT). Dans ce contexte, le Docteur ILEMAL a pesé de toute son influence pour que les recherches concernant la fakirite soient reprises, et ce bien que cela ne soit plus son domaine de spécialisation. Le sujet a été âprement discuté au sein du FORT, mais le financement a finalement été accepté. Toutefois, dans l’espoir de susciter l’intérêt du nouveau président de l’ULDIRIE, principal contributeur du fond, il a été

décidé que les travaux devraient également porter sur la zygomatose. Une équipe de recherche, constituée autour du Professeur TALON GORGESÈCHE s’est immédiatement mise au travail.

10. Dans un premier temps, les activités de l’équipe GORGESÈCHE se sont avérées difficiles. Aux problèmes de matériel – livré en retard et avec de nombreux défauts – , il a

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fallu ajouter la déception relative aux travaux initiaux du Docteur XANDRÉ ILEMAL, beaucoup moins avancés que celui-ci ne l’avait affirmé et officieusement répété un peu partout. En outre, la cohésion interne de l’équipe, composée de scientifiques doués mais très individualistes a constitué un souci permanent pour le « Professeur TALON », pour reprendre l’expression de la femme de ménage. Toutefois, après plusieurs mois d’infructueux labeur, l’équipe GORGESÈCHE est parvenue, presque par hasard, à identifier l’agent pathogène de la fakirite, un virus logiquement nommé « fakirus ». Cette découverte a permis aux chercheurs d’avancer ensuite à grands pas et, peu de temps après, ils ont également pu déterminer la cause de la zygomatose, un virus similaire appelé « zygomus ».

11. La découverte du fakirus et du zygomus a soulevé un certain enthousiasme, d’autant

que, alors que les chercheurs étaient au travail, la fakirite a quitté son « réservoir » initial, dans la jungle, pour atteindre les villes. Les mouvements naturels de population ont ainsi entraîné une accélération de la contagion, même si la maladie ne s’avérait mortelle que dans un vingtième de cas environ, soit deux fois moins qu’il avait été constaté auparavant. Ces chiffres n’ont toutefois pas pu être vérifiés par les chercheurs, car les autorités carolingiennes ont décidé de maintenir un silence absolu sur la progression de la fakirite. Pour éviter la panique de la population, mais aussi pour éviter de nuire au tourisme, elles ont censuré toute information explicite et placé certaines régions en quarantaine sous plusieurs prétextes fallacieux comme la lutte contre les mouvements indépendantistes qui, en réalité, n’avaient pas donné signe de vie depuis longtemps.

12. Bien que confidentielles, les mesures prises par les autorités carolingiennes ont, dans

un premier temps, permis de contenir la progression de la maladie. En particulier, le port obligatoire de masques respiratoires – sous le couvert d’alertes à la pollution – s’est révélé une mesure efficace pour freiner la contagion, du moins en apparence. La fakirite n’a par conséquent que sporadiquement atteint TING-COT, la capitale de la CAROLIE. En revanche, le secret maintenu autour de la maladie a petit à petit été éventé et, en octobre 2001, l’Organisation mondiale de la santé a publié un premier rapport confidentiel sur la situation de l’épidémie. La progression de celle-ci lui a semblé d’autant plus préoccupante que la virulence du fakirus semblait instable et sujette à variation, dans le temps comme dans l’espace. Les autorités carolingiennes ont pris acte de ce rapport.

13. Le 18 avril 2003, l’équipe GORGESÈCHE a annoncé une importante nouvelle : sur la

base des essais en laboratoire, elle pensait avoir trouvé une parade contre la fakirite. Le traitement était également efficace contre la zygomatose, bien que dans une mesure moindre et avec des effets secondaires importants. Pour poursuivre ses travaux, l’équipe avait cependant besoin de financements complémentaires, que ni l’Université de LAUDICA

ni le FORT n’avaient les moyens de lui fournir. C’est la raison pour laquelle le Professeur TALON GORGESÈCHE a lancé un appel à la « solidarité du secteur privé », afin de résoudre

« cet angoissant problème de santé publique », sans que l’on sache si ces mots faisaient référence à la fakirite, à la zygomatose ou aux deux maladies à la fois.

14. Plusieurs investisseurs ont répondu à l’appel du Professeur GORGESÈCHE, sans toutefois s’étendre sur la « solidarité » dont il avait été fait mention. Plusieurs laboratoires ont proposé de poursuivre eux-mêmes les recherches, en collaboration avec l’équipe de l’Université de LAUDICA mais les négociations n’ont pas abouti. Le prix demandé par l’Université pour le transfert de technologie est apparu très élevé à certains, tandis que d’autres ont estimé que les difficultés de communication entre chercheurs « publics » et « privés » risqueraient de s’avérer insurmontables. En fin de compte, sur la proposition d’un fond de capital-risque et à l’incitation de l’Université, l’équipe du Professeur GORGESÈCHE

a décidé de fonder sa propre société « spin off » sous le nom de MANGA CHEMICALS SA.

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15. Après d’âpres négociations sur l’éventuelle répartition des bénéfices entre chercheurs, investisseurs et pouvoirs publics, MANGA CHEMICALS a finalement reçu les fonds lui permettant de poursuivre ses travaux. Un brevet a été déposé auprès de

l’OFFICE ULIDRE DES BREVETS ET DE LA PROPRIÉTÉ IMMATÉRIELLE (OFUBIM) et un nom a été

choisi pour le futur médicament : le BENTIFA ® , marque immédiatement déposée auprès de

(OFUMAC).

Parallèlement à ces démarches administratives, les essais cliniques du BENTIFA ® ont été

lancés, ce que beaucoup de spécialistes ont jugé précipité compte tenu du bref laps de temps qui s’était écoulé depuis l’annonce du Professeur TALON GORGESÈCHE le 18 avril 2003. A moins que, à cette date, l’équipe de recherche n’ait été plus avancée qu’elle ne l’avait prétendu, ce qu’une rumeur persistante, mais jamais confirmée, laissait entendre au sein des milieux scientifiques et universitaires uldires.

l’OFFICE

ULDIRE

DES

MARQUES

ET

DES

APPELLATIONS

CONTRÔLÉES

16. Les essais cliniques du BENTIFA ® ont commencé en CAROLIE avec un groupe de

malades atteints de fakirite, tandis que des tests similaires se déroulaient en ODULIE avec

un groupe de personnes touchées par la zygomatose. Les premiers résultats se sont montrés encourageants pour la fakirite, bien que légèrement en deçà des attentes sus- citées lors de la création de MANGA CHEMICALS. Les effets secondaires du médicament (fortes nausées et troubles schizophréniques) se sont toutefois révélés importants, ce qui limitait son intérêt aux personnes dont la vie était en danger, soit tout de même la moitié des personnes concernées (même si, statistiquement, seules un dixième d’entre elles devaient périr suite à la maladie). Ces mêmes effets secondaires diminuaient en revan- che l’intérêt du BENTIFA ® contre la zygomatose, même si la présence de ces effets pouvait varier fortement d’une personne à l’autre.

17. Le 30 avril 2004, le gouvernement carolingien a tenu une séance spéciale sur l’évolu-

tion de la fakirite. Le ministre de la santé, MARIN CHARGARONNE a présenté l’état de la situation : l’épidémie progressait lentement, mais constamment et il était quasiment certain qu’elle avait d’ores et déjà atteint TING-COT. La virulence modérée du fakirus et, surtout, le fait que seules les personnes effectivement malades étaient contagieuses, avaient jusque-là limité la propagation de la maladie, mais une explosion était désormais à craindre. Les mesures prises jusqu’ici étaient, selon lui, efficaces, mais risquaient de s’avérer insuffisantes. Le secret ne pourrait plus être gardé longtemps, d’autant que la presse internationale avait lancé plusieurs enquêtes et que l’OMS s’apprêtait à publier un rapport alarmiste. En conséquence, faute de pouvoir produire localement le seul médi-

cament efficace, le BENTIFA ® , MARIN CHARGARONNE a proposé que la CAROLIE recoure au « mécanisme de Doha », même si la dignité nationale risquait d’en souffrir.

18. Peu après, le conducteur-président de la CAROLIE a décidé, à contrecoeur, de suivre

la proposition de son ministre de la santé. MARIN CHARGARONNE a été chargé de notifier à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) une « demande Doha » concernant « la quantité nécessaire » de BENTIFA ® . Une copie de cette notification a également été com- muniquée au gouvernement odule et à TERREP ROGGEUR, avec une longue lettre du conducteur au sujet de l’« irrépressible amitié entre les peuples dans la douleur et la maladie ». Parallèlement, le gouvernement carolingien a convoqué la presse internatio- nale pour l’informer de l’explosion de fakirite « soudaine et imprévisible » dont le pays était victime tout en annonçant que les premières doses de BENTIFA ® resteraient

réservées aux touristes. Enfin, sur le conseil de ses avocats MARIN CHARGARONNE a secrètement créé une société d’économie mixte, ACHOURAVE SA, pour assurer la distribution du BENTIFA ® – pour le cas où la « demande Doha » serait acceptée.

19. A la lecture de la lettre des autorités carolingiennes, le président TERREP ROGGEUR a,

dans un premier temps, été très choqué. Il n’avait pas connaissance du mécanisme mis en place par l’OMC, en particulier la Déclaration de Doha du 14 novembre 2001 ni de la de la Décision du Conseil général du 30 août 2003. Le président uldire ignorait également

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que l’Union européenne avait adopté un Règlement n° 2004/0258 concernant l’octroi de licences obligatoires pour des brevets visant la fabrication de produits pharmaceutiques destinés à l’exportation vers des pays connaissant des problèmes de santé publique. Il ne se souvenait pas non plus que ce texte était entré en vigueur et qu’il avait lui-même signé le décret désignant l’OFUBIM comme l’autorité compétente, en ULDIRIE, pour l’octroi des licences obligatoires. Une fois dûment informé par ses conseillers, qui lui ont également rappelé ses propres directives concernant le commerce équitable, le président ROGGEUR a décidé d’aborder la demande carolingienne sous un jour plus favorable.

20. A la décharge de TERREP ROGGEUR, il faut rappeler que, dans les temps qui ont suivi

son accession au pouvoir, la LIGUE DE LA VERTU ne s’était que peu intéressée à la politique internationale, d’autant que les généralités ne disposaient que de compétences réduites en la matière. Toutefois, après avoir été contraint de démissionner, en 1997, suite à de fausses accusations de corruption, le président s’était, durant sa traversée du désert, intéressé aux pays du tiers-monde et en particulier au sort des enfants esclaves victimes de sévices de tous ordres. Une fois blanchi par la justice, et réélu, le président uldire avait poursuivi le programme de réforme amorcé par son premier gouvernement, tout en conservant, en privé, un intérêt accru pour les problèmes internationaux, sans pour autant en connaître toutes les évolutions.

21. En outre, au début de l’année 2000, l’ouverture d’un restaurant de la chaîne JAZZ TREIZE SCARABEES et l’organisation à LAUDICA du congrès annuel de la COORDINATION

DES ORGANISATIONS OPERATRICES DE LA LIBERALISATION (COOL) avaient entraîné une va-

gue de protestation sans précédent. Le MOUVEMENT POUR LA BELLE MONTAGNE, fondé pour l’occasion par un ancien militant étudiant, GERAUD MOSSIDUR, avait séduit un nom- bre important de militants de la LIGUE DE LA VERTU. Le président TERREP ROGGEUR avait soutenu le congrès de la COOL. En parallèle, il avait toutefois institué une COMMISSION

DETUDE DES CONSEQUENCES DU COMMERCE INTERNATIONAL SUR LECONOMIE ULDIRE ET DE LECONOMIE ULDIRE SUR LE COMMERCE INTERNATIONAL (CIEU-EUCI).

22. Le 12 mai 2004 les avocats odules de la société ACHOURAVE SA ont pris contact avec

le Professeur TALON GORGESÈCHE. Ils l’ont informé de la démarche accomplie par les autorités carolingiennes auprès de l’OMC et de la réponse « très belle et très favorable » que le président TERREP ROGGEUR avait fait parvenir au ministre MARIN CHARGARONNE. Le président aurait expressément indiqué à son interlocuteur que la législation uldire prévoyait précisément la possibilité d’une licence obligatoire pour les cas d’urgence, et que, si les conditions en étaient remplies, une demande pouvait être faite auprès de l’OFUBIM. Les représentants d’ACHOURAVE SA ont cependant ajouté que, avant d’en

arriver à une telle procédure, il préféraient prendre un contact « amical » avec MANGA CHEMICALS afin de trouver un terrain d’entente.

23. En entendant les représentants d’ACHOURAVE SA, le Professeur TALON GORGESÈCHE

est entré dans une colère noire. Il leur a indiqué que les essais cliniques du BENTIFA ® étaient loin d’être terminés et que la commercialisation du médicament, prévue de longue date, devait débuter par l’ODULIE, afin de traiter d’abord la zygomatose, avec l’appui d’un système de santé capable de traiter les effets secondaires à une large échelle. La commercialisation du BENTIFA ® suivrait en CAROLIE en temps utile, « assez tôt pour sauver des vies sans en prendre autant ». Le Professeur GORGESÈCHE a ajouté que le prix proposé par ACHOURAVE était « stupidement bas » et l’obligerait à mettre la clef sous la porte. En conséquence, il a brutalement prié ses interlocuteurs d’aller « achouraver ailleurs si j’y suis ».

24. Compte tenu de la réaction du Professeur TALON GORGESÈCHE, les avocats d’ACHOURAVE SA ont immédiatement saisi l’OFUBIM d’une demande fondée sur l’art. 5 du Règlement n° 2004/058 concernant l’octroi d’une licence obligatoire pour « la quantité

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nécessaire » de BENTIFA ® afin d’éradiquer l’épidémie de fakirite qui sévissait en CAROLIE. La demande était assortie de toutes les pièces requises, ainsi que d’une requête d’urgence, compte tenu de la gravité de la situation « empirant de jour en jour ». Les représentants de la MANGA CHEMICALS se sont opposés à la demande, au motif que, comme le Professeur GORGESÈCHE l’avait déjà indiqué lors des « négociations », le BENTIFA ® n’était pas encore prêt à être mis sur le marché. En outre, l’octroi d’une licence obligatoire risquait de mettre la défenderesse en péril, de même que les recherches en cours, ce qui constituerait une atteinte irréparable au droit de propriété, à la liberté de la recherche et, surtout, au bien-être, à la santé, voire à la vie de millions de gens.

25. Le 6 juin 2004 l’OFUBIM a, selon la procédure d’urgence, rendu sa décision

concernant la demande formulée par ACHOURAVE SA. La licence obligatoire a été accordée à la demanderesse pour « la quantité nécessaire » de BENTIFA ® destinée au marché carolingien dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de fakirite. Toutefois, pour identifier le médicament destiné à la CAROLIE il a été décidé qu’il porterait le nom de BENTIFLEX. S’agissant du caractère expérimental, les experts de l’OFUBIM ont jugé que les effets secondaires, même imprévus du médicament, constituaient un moindre mal par rapport au développement incontrôlé de l’épidémie. S’agissant des arguments tirés de la protection des droits de l’homme, l’OFUBIM a considéré que ces moyens de droit n’entraient pas dans sa compétence. MANGA CHEMICALS a immédiatement recouru contre cette décision auprès du TRIBUNAL CIVIL DE LAUDICA, non sans demander, en vain, que le recours bénéficie de l’effet suspensif.

26. Sur la base de la licence obligatoire accordée par l’OFUBIM, MICHOU CHARGARONNE

le fils de MARIN CHARGARONNE – a, agissant au nom et pour le compte d’ACHOURAVE SA, commandé la production d’une « quantité maximale » de BENTIFLEX à plusieurs labora- toires pharmaceutiques odules. Les premières doses du médicament ont pu être expé- diées en CAROLIE quinze jours plus tard et, contrairement aux « promesses » du gouver- nement carolingien, n’ont pas été destinées aux touristes, mais aux orphelins malades de TING-COT, soit, pour reprendre les termes du président-conducteur « les plus petits d’entre nous ». Malgré son caractère expérimental, le BENTIFLEX a fait des miracles. La mortalité de la fakirite a diminué de façon drastique, les cas de décès étant désormais dus aux effets secondaires – graves chez certaines personnes – du médicament plutôt qu’à la maladie proprement dite.

27. Une semaine après la décision de l’OFUBIM, et sans attendre ni le jugement du

Tribunal civil ni les effets de son médicament en CAROLIE, le Professeur TALON GORGESÈCHE a convoqué une conférence de presse. Il a commencé par critiquer verte- ment la décision de l’OFUBIM et, plus spécialement le fait que celui-ci ait « oublié » de se prononcer sur la rémunération appropriée due à MANGA CHEMICALS. Le chercheur se déclarait très inquiet pour l’avenir de la société et, par conséquent, pour l’avenir de son équipe et de ses travaux. Il a terminé sa déclaration en larmes et sur une menace presque ésotérique : « Le fakirus, c’est Fantômas, vous verrez, il y a une justice ! ». Cette conférence de presse a vivement inquiété les bailleurs de fonds de MANGA CHEMICALS qui se sont réunis, mais n’ont pas pris de décision.

28. Après avoir entendu les parties, le TRIBUNAL CIVIL DE LAUDICA a rendu un jugement

partiel dans l’affaire qui oppose MANGA CHEMICALS SA à ACHOURAVE SA. Les juges ont considéré que c’était à bon droit que l’OFUBIM avait accordé une licence obligatoire à la défenderesse, compte tenu du fait que la demanderesse ne voulait ou ne pouvait pas diffuser elle-même en CAROLIE le médicament dont elle possède le brevet. S’agissant du prix, le tribunal a rappelé qu’il s’agissait d’un élément essentiel de la licence obligatoire, qui ne pouvait pas être négligé. Sur ce point, l’OFUBIM aurait dû statuer d’office. Cela restait vrai, même si MANGA CHEMICALS avait, pour des raisons de confidentialité qui sont compréhensibles, refusé de communiquer la structure détaillée de ses coûts et même si

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une partie des autres éléments que la demanderesse avait prévu d’indiquer étaient restés derrière la photocopieuse de son avocat (!) Compte tenu des circonstances, le TRIBUNAL CIVIL a jugé équitable de fixer la rémunération, mais réservé sa décision sur ce point, afin de permettre aux parties d’entamer une nouvelle négociation.

29. Le 2 septembre 2004, à la surprise générale, le juge de première instance de TING-

COT a prononcé la faillite de la société ACHOURAVE SA, malgré sa nature d’économie mixte. Le magistrat a constaté que « la société ne possède pas les réserves financières suffisantes pour une distribution à grande échelle ». Compte tenu de cette décision, la plupart des sous-traitants d’ACHOURAVE SA ont cessé leurs activités et la distribution du BENTIFLEX s’est vue paralysée. Face au vent de panique qui s’est levé sur la CAROLIE, le ministre MARIN CHARGARONNE a décidé d’intervenir. Possédant, pour reprendre ses termes, « un peu de bien », il a annoncé que, pour faire face à l’urgence de la situation, il était prêt à reprendre les droits et les obligations d’ACHOURAVE SA « en son nom propre de ministre d’Etat ». Les sous-traitants ont été payés immédiatement – y compris les sociétés odules chargées de la fabrication du médicament – et la distribution du BENTIFLEX a pu reprendre son cours.

30. En date du 10 octobre 2004, le TRIBUNAL CIVIL DE LAUDICA a rendu son jugement final

dans l’affaire introduite par MANGA CHEMICALS SA contre ACHOURAVE SA. A titre liminaire, les juges ont pris acte du changement de défendeur communiqué par la partie demanderesse, compte tenu de la cession des activités d’ACHOURAVE SA (en liquidation)

au ministre MARIN CHARGARONNE. Contrairement à la partie demanderesse, le tribunal a considéré que ce changement de partie n’invalidait pas la licence obligatoire, dans la

mesure où il ne s’agissait pas d’une cession, mais d’une reprise. Pour le reste, le tribunal

a cependant décliné sa compétence, dans la mesure où la nouvelle partie défenderesse

bénéficiait d’une immunité de juridiction en tant que membre d’un gouvernement étranger, prétendant agir ès qualité devant les juridictions odules. En conséquence, l’action a été déclarée irrecevable. L’avocat de la société MANGA CHEMICALS a recouru contre cet arrêt auprès de la COUR SUPRÊME D’ODULIE en faisant valoir une violation des articles 6 et 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi qu’une violation de l’art. 1 er du Protocole additionnel.

31. Lors d’un contrôle de routine, le Service des douanes de l’aéroport de LAUDICA a, le

14 octobre 2004, intercepté une valise remplie de boîtes de BENTIFLEX. Le propriétaire de ce bagage est parvenu à échapper à toute interpellation, mais l’enquête a pu déterminer que, sous une fausse identité, il voyageait de TING-COT à LAUDICA, via la POMPILIE. En revanche, les policiers uldires ne sont pas parvenus à établir où le « voyageur » s’était approvisionné en BENTIFLEX, à qui la marchandise était destinée ni, surtout, si le trafi- quant agissait seul ou dans le cadre d’une organisation. Dans le même temps, plusieurs sites internet, pour l’essentiel basés en CAROLIE, sont apparus pour offrir au grand public

du BENTIFLEX, présenté comme « le remède miracle contre non seulement la fakirite, mais aussi la zygomatose, qui fait tant de mal ». Les autorités odules et carolingiennes ne sont cependant pas parvenues à déterminer quelle quantité de médicament avait effectivement été diffusée par ces sites.

32. Le12 décembre 2004, les bailleurs de fond de MANGA CHEMICALS ont constaté que les

essais cliniques du BENTIFA ® constituaient un succès important contre la fakirite, corro- boré par l’efficacité du BENTIFLEX. Le résultat était également encourageant contre cer- taines formes de zygomatose, mais les effets secondaires diminuaient toutefois l’intérêt du médicament sur le plan commercial. A cela s’ajoutait la diffusion du BENTIFLEX sur le marché noir, dont l’importance n’était pas connue mais constituait une menace impor- tante sur la rentabilité du produit. Le Professeur TALON GORGESÈCHE a reconnu tous ces

« problèmes », mais annoncé que son équipe avait fait une découverte importante : le

fakirus peut muter, en particulier s’il entre en contact avec le zygomus. Cette capacité,

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dont les conséquences peuvent être tragiques, appellent une nouvelle version du BENTIFA ® que, compte tenu de l’expérience de son équipe, le Professeur GORGESÈCHE pensait pouvoir mettre sur le marché en « moins d’un an ».

33. Après le départ du scientifique, les financiers ont poursuivi leur réflexion. Ils ont

constaté que MANGA CHEMICALS constituait une entreprise très performante, mais exclu- sivement centrée sur la fakirite et la zygomatose. Les perspectives commerciales étaient excellentes mais « plombées » par les effets secondaires pour une diffusion dans les pays occidentaux, tandis que la commercialisation en CAROLIE leur échappait – sans compter l’incertitude quant à l’issue du procès pendant devant les juridictions odules. Un participant a noté que « la 'solidarité' avec ce cher Marin, c’est bien joli, mais c’est à lui que cela rapporte ! ». Un autre a relevé, sur le ton de la plaisanterie, que « la seule chose qui pourrait nous sauver, c’est de bien touiller ces virus pour qu’il en sorte une bonne grosse maladie pour bon gros Odules ». En fin de compte, les bailleurs de fond de MANGA

CHEMICALS ont jugé qu’il était plus prudent d’arrêter l’aventure et le lendemain, la société déposait son bilan.

34. Le dépôt de bilan de MANGA CHEMICALS a suscité une grande émotion en ULDIRIE. De

nombreux citoyens de la Généralité ont été choqués de voir qu’une entreprise si performante était contrainte à la faillite, mais les personnes atteintes de zygomatose ont perdu l’espoir d’un médicament qui puisse soulager leurs souffrances. Même si elles savaient déjà que, dans sa variante actuelle, le BENTIFA ® ne constituait pas une solution

miracle pour tous, il pouvait remédier à certaines formes aigues et, surtout, beaucoup espéraient – voire croyaient fermement – que le Professeur TALON GORGESÈCHE viendrait rapidement à bout des effets secondaires. A l’initiative de ZÉPHYR DE LA ROBE, une association a été créée pour défendre les intérêts des malades. En hommage à l’explorateur ERNEST SANITHANA, elle a pris le nom de « Collectif des malades du clou » ou, en abrégé, COLCLOU. Les statuts prévoient que l’association est ouverte à toute personne souffrant ou ayant souffert de fakirite ou de zygomatose, de même qu’aux chercheurs et aux avocats qui, bien qu’ils soient en bonne santé, s’engagent à lutter contre ces maladies.

35. Dans son édition du 26 décembre 2004, le CANARD ÉBRÉCHÉ, l’un des principaux

quotidiens uldire, a publié un grand reportage au sujet du « Big business du Bentiflex ». L’article mettait directement en cause le ministre MARIN CHARGARONNE et son fils MICHOU, en affirmant que, sous le couvert d’une « mission humanitaire de service public », la diffusion du BENTIFLEX leur avait déjà rapporté plus de trois cent millions d’euros. L’article laissait entendre que le ministre et son fils n’étaient pas innocents dans les « fuites » de médicaments qui avaient été constatées et la mansuétude des autorités carolingiennes à l’égard des sites internet – que par la ZEPOL (la police municipale de TING-COT, de triste réputation) savait parfaitement réprimer quant il le fallait. L’enquête rappelait que le finan- cement de la LIGUE DE LA VERTU souffrait aussi d’une « parfaite intransparence », sans toutefois faire de lien entre les deux affaires.

36. Le président TERREP ROGGEUR comme les autorités carolingiennes ont vivement

protesté. Ils ont rappelé qu’ERMIT HITSOTT, rédacteur en chef du « Canard » vouait une « véritable haine » à la classe politique en général et au président uldire en particulier, suite à une condamnation pénale qu’il avait déjà subie pour diffamation, sur plainte de ce

dernier. MARIN et MICHOU CHARGARONNE ont en outre évoqué la possibilité d’une action en justice contre ERMIT HITSOTT, mais sans pour autant mettre leur menace à exécution. Le président Roggeur, en revanche, a dénoncé le « laxisme » de l’Union européenne, dont la réglementation a été traitée de « véritable passoire technocratique ». Ces propos ont cependant été condamnés par le premier ministre fédéral odule qui a rappelé que son gouvernement avait soutenu la démarche de Doha et approuvé le Règlement n°

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2004/0258, non sans l’appui politique d’un certain TERREP ROGGEUR, en d’autres circonstances…

37. Le 5 janvier 2005, ZÉPHYR DE LA ROBE s’est porté acquéreur des droits découlant du

brevet déposé concernant le BENTIFA ® , ainsi que de la marque du médicament, qui appartenaient encore à la société MANGA CHEMICALS (en liquidation). Le prix de la transaction n’a pas été rendu public, mais ZÉPHYR DE LA ROBE a immédiatement revendu ces droits au COLCLOU pour la somme d’un euro symbolique. Sur cette base, le collectif a décidé de poursuivre l’action en justice intentée contre ACHOURAVE SA et les CHARGARONNE. Sur le conseil de son avocat, Maître ANISOR DE FOIN, membre de l’association, le COLCLOU a également ouvert devant le TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE LAUDICA une action en responsabilité à l’encontre de la Généralité d’ULDIRIE. La demande reproche aux autorités à la fois leur manque de perspicacité dans la mise en œuvre du mécanisme des licences obligatoires et leur défaut de vigilance, voire leur inaction « crasse », dans la répression des abus constatés.

38. Par ailleurs, Maître ANISOR DE FOIN a, le 8 janvier 2005 déposé au nom du COLCLOU,

une plainte pénale à l’encontre des dirigeants de l’OFUBIM pour lésion corporelles et mise en danger de la vie d’autrui. La plainte reproche aux fonctionnaires d’avoir adopté un comportement qui condamnait la fin des recherches accomplies par l’équipe du Professeur GORGESÈCHE et ainsi, provoqué d’importantes souffrances chez une grande partie de la population, au mépris des articles 2, 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Devant l’émotion soulevée par cette plainte, la CHAMBRE DACCUSATION DE LAUDICA a décidé de statuer rapidement. Sur le fond, les juges ont estimé qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre les personnes visées car, même si elles avaient fait preuve d’une grande légèreté dans l’accomplissement de leurs tâches, un lien de causalité directe ne pouvait pas être établi entre leur faute et les souffrances invoquées par les plaignants. Maître ANISOR DE FOIN a recouru contre cet arrêt auprès de la COUR SUPRÊME D’ODULIE.

39. Le 12 mai 2005, après avoir longuement entendu les parties, le TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE LAUDICA a rejeté l’action en responsabilité intentée par le COLCLOU à l’encontre de la Généralité d’ULDIRIE. Les juges ont constaté que les autorités n’avaient pas commis de faute lors de l’attribution de la licence obligatoire, dans la mesure où les conditions de fond étaient fixées par un règlement communautaire dont l’ULDIRIE n’était pas responsable. En ce qui concerne la mise en œuvre de la licence, les juges ont estimé que les abus n’étaient pas plus importants que « ce à quoi il faut s’attendre en pareil cas », ce qui excluait également la responsabilité de la Généralité. Maître ANISOR DE FOIN a recouru auprès de la COUR SUPRÊME D’ODULIE.

40. Le 30 août 2005, la COUR SUPRÊME D’ODULIE a, après avoir joint les causes, rejeté les

recours formulés par le COLCLOU ou ses prédécesseurs à l’encontre des jugements du

TRIBUNAL CIVIL, de la CHAMBRE DACCUSATION et du TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE LAUDICA.

En conséquence, avec l’accord de Maître ANISOR DE FOIN, ZEPHYR DE LA ROBE vous consulte au nom du COLCLOU et vous demande de faire en sorte que justice lui soit rendue.

Remarque importante : pour ce cas pratique, il faut considérer que le projet de Règlement n° 2004/0258 proposé par la Commission européenne le 29 octobre 2004 [COM (2004) 737 ; cf. http://trade-info.cec.eu.int/doclib/html/119803.htm], a été adopté et est en vigueur.

© Valérie Berset Bircher / Matthieu Canevascini / Peggy Ducoulombier / Benoît Fournier Laure Pubert / Nicolas Riou, Strasbourg 2005