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14 décembre 2012

CRISEDULOGEMENT

L'enquête logement de 1996 montre que 47 % des jeunes de 17 à 29 ans
L'enquête logement de
1996 montre que 47 %
des jeunes de 17 à 29
ans étaient logés dans
leur famille, contre 63
% pour les 18 à 25 ans
aujourd’hui. Les autres
sont majoritairement
locataires du parc
locatif privé , plus
précisément ils se
répartissent ainsi :
- propriétaires pour un
peu plus de 10 %
d'entre eux,
- locataires du parc
social pour près de
23%
- locataires de la loi de
48 pour près de 1,50%
- locataires du parc
privé pour près de
50%
- sous-locataires pour
8%
- logés à titre gratuit
pour 7.50 %
source: Anil.org
8% - logés à titre gratuit pour 7.50 % source: Anil.org Génération précarité Etat des lieux

Génération précarité Etat des lieux :

Le Fléau soixante huitards

Par Inspirez une génération

La politique du logement en direction des jeunes se résument jusqu’à ce jour à une forêt administrative d’aides, de cautionnement étatique ou de solution d’urgence

Un dispositif comme la FAJ (fonds d’aide aux jeunes) se présente comme un accompagnement financier et de prestation sociale. C’est ainsi plus 35,2 millions d’euros qui ont été distribué en 2008. Cette aide ponctuelle est destinée au jeune entre 18-25ans. (source :

jeunes.gouv.fr). Ce dispositif s’adressant à la grande précarité des jeunes en situation de rupture souffre de l’effet de seuil. A 26 ans, c’est souvent la spirale de la rue qui les attends. Cette aide a concerné 41,000 jeunes en 2008.

L’autre mesure en place :

jeunes de moins de 25 ans ont bénéficié de l’Allocation loge- ment ou de l’Aide personnalisée au logement (soit 19 % des bénéficiaires), dont 700 000 étudiants. Le montant des aides au logement versées aux jeunes de moins de 25 ans en 2010 s’est élevé à 3,1 milliards d’euros. (source : anil.org) En dehors du parc social point de salut ! Entre les logements étudiants, les foyers des jeunes travailleurs ou les réservations HLM (très difficile à obtenir), on peut raisonnablement dire que le jeune est parqué dans son ghetto de jeunes, en limite de la société. Il y a le foyer à la ligne de départ, il y a la maison de retraite à l’arrivée et entre les deux une précarité croissante

les aides d’action logement. Ce dispositif a le bénéfice de s’adresser à un public de moins de 30 ans. Il est tel une véritable usine à gaz qui distingue selon l’âge, la situation socio- professionnelle, le type de loge- -ment, l’ancienneté dans le logement et le revenu. Selon le croisement de ses variables ont est plus ou moins éligible, plus ou moins garanti dans la durée. Action Logement représente en 2011 une ressource de 3,5 milliards d’euros issus de la collecte nette des entreprises et des retours sur les prêts accordés. (source :

www.actionlogement.fr) Enfin, le dispositif le plus célèbre c’est l’allocation loge- ment. En 2010, 1,2 million de

CRISEDULOGEMENT 14 décembre 2012

Parc social actuel empilement administratif et gaspillage

Au 1er janvier 2011 le parc des bailleurs sociaux comporte 4 576 100 logements, soit 71 200 de plus qu'un an auparavant. Au cours de l'année 2010, 97 400 logements ont été mis en service, près de

79

% d'entre eux sont neufs. Parallèlement,

26

200 logements sont sortis du parc, 12

300 ont été démolis et 11 000 ont été vendus. Le parc se compose à près de 85 % de logements collectifs. 71 000 logements, soit 1,5 % du parc, sont vides. Au 1er janvier 2011, les logements proposés à la location mais vacants représentent 3,2 % du parc. En 2010, près d'un logement sur dix a fait l'objet d'un

emménagement. (source: insee)

a fait l'objet d'un emménagement. (source: insee ) Entre 1998 et 2008, les loyers ont augmenté

Entre 1998 et 2008, les loyers ont augmenté en

moyenne de 40 % [

21 % des 18-29 ans ne vivant plus chez leurs parents rencontrent des problèmes financiers.

]

Observatoire des inégalités www.inégalites.fr

Chiffres repères Données 2011 en % Source Insee

 

en %

 

2011

Type d'habitat

 

Individuel

15,4

Collectif

84,6

Taille des logements

 

Une ou deux pièces

23,6

Trois ou quatre pièces

65,9

Cinq pièces ou plus

10,4

Catégorie de bailleur social

 

Office public d'HLM

47,7

Entreprise sociale pour l'habitat

42,1

Société d'économie mixte

7,6

Autres

2,6

Taux de vacance

3,2

9,8

Proportion de logements ayant fait l'objet d'un emménagement en 2010

Nouvelles mises en location (en milliers)

97,5

dont logements neufs (en %)

78,9

Total des logements (en milliers)

4 576

Champ : France.

 

Source : SOeS, RPLS au 1er janvier 2011.

 

Témoignage notre visite au fleuron

Face aux récentes polémiques sur la situation du logement en France et au nombre grandissant de sans abris de plus en plus jeunes, l’équipe de « Inspirez une génération » s’est rendu sur le Fleuron. Une péniche amarrée sur le quai du port de Javel à Paris dans le XVème arrondissement. Comme tous les soirs, une équipe de bénévoles accueille une cinquantaine de sans abris en leur offrant le gîte et le couvert. Après avoir servi le repas nous entamons la discussion avec ces hommes, jeunes pour la plupart, qui sont contraints de solliciter l’aide du Fleuron pour joindre les deux bouts et échapper provisoirement au froid de la rue. L’un d’eux nous confie qu’il est venu en France pour trouver du travail, mais selon lui les seuls endroits où l’on trouve encore des logements bon marché sont des ghettos enclavés qui n’offrent aucune possibilité d’insertion professionnelle. La Seine Saint Denis, il en connaît bien les cités mais les choses qu’il peut y voir l’étonnent toujours. Quand on a envie de s’en sortir, il vaut mieux dormir sous les ponts à Paris que là-bas soupire-t-il. Un autre nous raconte que la vie est de moins en moins facile. En sortant de l’armée avec une solide expérience professionnelle, il pensait aisé- -ment trouver un travail et un logement. Rien n’y a fait, ses

origines maghrébines ne l’ont pas aidées dans sa recherche d’un endroit stable et aujourd’hui il est obligé de faire appel à la solidarité du Fleuron pour vivre.

de faire appel à la solidarité du Fleuron pour vivre. Silence on gaspille 71 000 logements

Silence on gaspille

71 000 logements sociaux, soit 1,5 % du parc social, sont vides

CRISEDULOGEMENT 14 décembre 2012

Loi Duflot : critique d’un projet de loi bien trop démagogique Et les jeunes, Mme Duflot ?

À l’occasion de l’ouverture lundi du 66e Congrès de la Fnaim – la fédération nationale de l’immobilier Cécile Duflot a annoncé les principales réformes qui figureront dans la loi cadre sur le logement et l’urbanisme prévue pour le premier semestre de l’année 2013.

Le ministre a notamment affirmé son ambition de faire évoluer la loi du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs. Si l’on peut se féliciter, à première vue, de sa volonté affichée de sortir des oppositions entre propriétaires et locataires par la mise en place d’une garantie des loyers universelle, on ne peut en revanche que déplorer son entêtement persistant à propos de l’encadrement des loyers. Cécile Duflot fait fi des réserves, car elle en est sûre : « Pour stabiliser le marché, il faut une régulation efficace, lisible et durable. En retour, la confiance se rétablira sur un marché rassuré. » Les dangers d’une telle mesure sont pourtant bien connus : en s’attaquant au rendement des placements immobiliers, le gouvernement risque de décourager les investisseurs, et donc, de fait, de réduire l’offre de logements locatifs. Alors qu’il est nécessaire de les encourager à construire davantage, surtout en cette période de crise, Mme Duflot ne fait que multiplier les signes négatifs à leur égard. L’exclusion inexorable des populations les moins favorisées dont une proportion toujours plus inquiétante de jeunes du centre des grandes villes et en particulier du centre de Paris, devrait donc malheureusement se poursuivre pendant quelques années encore. La suppression du PTZ+ dans l’ancien n’est pas propre, non plus, à rassurer les jeunes, et en particulier les couples qui, après quelques années de travail, aspirent légitimement à devenir propriétaires.

Le dispositif ne sera ainsi maintenu que dans le neuf, « car sans un effort sur l’offre, toute action en faveur de la solvabilisation des acquéreurs dans l’ancien se traduira par une inflation des prix, et au final une captation par la rente foncière » a insisté le ministre. Seul le budget de l’Anah, l’agence chargée d’aider à la rénovation de l’ancien, se verra renforcé. La Fnaim, pourtant, n’avait pas ménagé sa peine, l’année dernière, pour ménager l’accès des plus fragiles à la

dernière, pour ménager l’accès des plus fragiles à la propriété. Preuve s’il en fallait une, que

propriété. Preuve s’il en fallait une, que le gouvernement de François Fillon, lui, ne restait pas sourd au dialogue…

Le ministre, qui a lancé beaucoup de pistes, ne se dit pas moins à l’écoute de toute nouvelle proposition, notamment, pour tout ce qui concerne le chantier de la location. La Fnaim qui propose, avec le « bail solidaire », la mise en location des logements à des loyers inférieurs à ceux du marché en contrepartie d’avantages fiscaux peut espérer quelque avancée sur ce point. Aura-t-elle plus de chances pour le yoyo fiscal dénoncé avec raison par son président, Jean- François Buet ? Rien n’est moins sûr…

En étant objectif, il serait injuste d’accabler la seule Cécile Duflot. Le gouvernement, dans son ensemble, se rend coupable en feignant de croire que l’État peut tout, qu’il peut « changer la vie », comme l’eût dit feu François Mitterrand. Les premiers bernés : les jeunes, ceux que l’on disait voir comme une priorité avant le 6 mai et qui se voient désormais oubliés, victimes de la politique dogmatique de François Hollande et de ses alliés.

Voilà une promesse de plus qui s’envole… Les jeunes ont des idées, pourtant, et ne demandent qu’à les partager. J’exposerai moi-même mes propositions sur la crise du logement dans les prochains jours. Et si, Mme Duflot, vous preniez la peine de nous entendre ?

Et si, Mme Duflot, vous preniez la peine de nous entendre ? A Paris, les loyers

A Paris, les

loyers ont

presque

triplés en

10 ans

Près de 2 millions de logements vides dans notre pays. Il en manque 1

Quelles sont les solutions

pour que plus aucunes personnes ne se

retrouvent dans la rue ?

million

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Pour en finir avec la précarité L’Etat ne doit pas tout

«Il ne saurait y avoir une politique du logement car il n'y a pas, à ma connaissance une politique & un ministère du pain. Et pourtant le pain mériterait, par sa grande nécessité, un ministère régalien !» Par delà la boutade, nous devons être audacieux. La crise du logement c’est d’abord le symbole de la faillite des mesures adoptées depuis les réquisitions de 1914. Le logement doit progressivement redevenir un marché libre, c’est à ce prix que la crise du logement trouvera sa solution. La priorité immédiate sera un plan de location- achat pour les familles déjà en place dans les logements et ainsi assumer un désengagement de l’état du marché. Dans une deuxième étape, nous proposons de repasser à une forme de loi Siegfried de 1894 c’est à dire défiscalisation partielle des revenus locatifs des logements. Pour ce qui est de la perte de rentrée fiscale, elle devrait être compensée par les recettes de la liquidation progressive du parc locatif léthorique de l’état et des collectivités. La troisième mesure qui devrait accompagner en simultané la défiscalisation c’est la réforme de la procédure d’expulsion. Il faut aller vers une procédure de comparution immédiate et d’expulsion sous quinzaine. Cette procédure sera déclenchable dès le troisième mois d’impayé et la période de trêve hivernale doit être écourtée à 3 mois (elle dure actuellement près de 4 mois et demi).

à 3 mois (elle dure actuellement près de 4 mois et demi). Mais l'état doit absolument

Mais l'état doit absolument inciter les propriétaires à louer : pour cela nous pourrions nous inspirer du modèle britannique qui, après avoir fait face à une grave pénurie de logement dans les années 90 a mis en place le dispositif ‘programme location et réparation’. Celui-ci propose d’avancer l’argent nécessaire (à hauteur de 25000€) aux travaux de rénovation des maisons inhabitées et endommagées. Les propriétaires s’engagent en retour à mettre à disposition leur bien à la Mairie pendant une durée définie. Le futur locataire payera ses loyers (plafonnés) à la municipalité qui se rembourse ainsi. Une fois la totalité des remboursements effectués, le propriétaire touchera à nouveau ses loyers. Double avantage : rénover de vieux logements inhabités et loger des personnes dans la nécessité.

Pour conclure, nous prendrons l’exemple de la Suède où les loyers sont encadrés depuis presque un siècle. Là-bas, les locataires ont plus de droit que les propriétaires : bail à vie, blocage des loyers, existence de syndicat des locataires,

Mais la pénurie du logement du parc locatif

a provoqué un marché parallèle où passe-droit et pot-de-vin sont devenus indispensable pour se loger. Cela nous prouve donc qu’il n’y a pas de solution sans constructions nouvelles. Mais construire où ? Les villes sont saturées. Il faut donc créer de nouveaux pôles attractif, des pôles de compétitivité. Créer de nouvelles villes, avec l’implantation d’entreprises, de centre d’éducation et de nouveaux commerces avec des politiques et les réseaux de transport qui l’accompagnent. Car c’est une politique globale

etc

de développement qui permettra de régler ce problème de logement.

«La politique du tout logement social génère une attractivité des zones urbaines au détriment des zones rurales qui se désertifient. La pénurie est l’effet invisible des politiques de logements actuelles»

Mahmoud Tall, candidat à la présidence des jeunes populaires