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II Négation des violences dans la prostitution

Dénoncer les violences, c’est les perpétuer

Si une chose frappe au premier abord dans le discours du STRASS, c’est cette affirmation surprenante : les abolitionnistes seraient les principaux responsables de la mort des prostitué·e·s.

En 2010, déjà, Maîtresse Nikita et Thierry Schaffauser n’hésitaient pas à désigner les abolitionnistes comme responsables de ce que les prostitué·e·s subissent, et leur conseillaient par ailleurs de taire la violence vécue dans la prostitution 1 : « Lorsque les médias nous demandent des témoignages sur notre vécu, il est plus intéressant de refuser de parler de ce que nous avons subi pour ne parler que de ce qu’on nous fait subir, et donc désigner les responsables de la putophobie : les abolitionnistes, la police, les gouvernements etc. »

Sur le site web du STRASS, on peut lire un communiqué intitulé « Les discours abolitionnistes :

première cause de mort chez les putes ! » 2 . Ce communiqué affirme alors que pour le moment, aucune loi abolitionniste n’a été définitivement votée, et encore moins appliquée - que la situation des prostitué·e·s se dégrade du fait des politiques abolitionnistes. En réalité, le STRASS n’hésite pas à faire de la désinformation en prétendant que les abolitionnistes sont favorables à la criminalisation des personnes prostituées, et en amalgamant les positions abolitionnistes et prohibitionnistes. On peut par exemple lire sur le site du STRASS : « nous ne nous définissons pas non plus abolitionnistes, car ce courant a été récupéré et dévoyé par des prohibitionnistes » 3 ou encore que « les politiques sécuritaires, anti-migration abolitionnistes / prohibitionnistes criminalisent les personnes prostituées et les migrant-e-s. » 4 . Enfin, le STRASS parle de « féministes prohibitionnistes » 5 .

prostituées et les migrant-e-s. » 4 . Enfin, le STRASS parle de « féministes prohibitionnistes »

Mais non contentes de « tuer les putes » en favorisant supposément leurs agressions et leur contamination au VIH, les abolitionnistes accompliraient leur méfait par un autre biais encore : en dénonçant les agressions et les violences à l’égard des prostitué·e·s (!)

Cet argument orwellien dénoncer les violences, c’est les perpétuer - était déjà avancé à l’époque des « Putes », ancêtre du STRASS. Ainsi, ce groupe écrivit en 2006 à propos de Marie-Victoire Louis, une chercheuse abolitionniste au CNRS 6 :

C’est à cause de discours comme le sien que les hommes peuvent se permettre de réduire les travailleuSEs du sexe à des corps appropriables. Ils ne font là que reprendre son discours et le mettre en pratique quand ils se permettent des violences à notre égard. […]

Elle est responsable de notre fragilité et du manque de prévention face au sida et autres IST. Marie Victoire Louis n’est qu’une PUTOPHOBE CRIMINELLE !

Morgane Merteuil le reprend dans une partie intitulée pompeusement « Performativité des discours stigmatisants » de son livre Libérez le féminisme 7 :

Ce qui je crois me met le plus en colère lorsque j’entends des «féministes » anti-putes réciter leur propagande selon laquelle la prostitution est une atteinte à la dignité de la femme, qu’en vendant des services sexuels on commet l’irréparable, que le principe même de la prostitution est de faire des femmes de vulgaires objets sexuels, ce n’est pas simplement que ces considérations superficielles font abstraction de la complexité de la réalité telle que nous, putes, pouvons la vivre. C’est qu'à force d’asséner de telles contre-vérités, elles contribuent à les faire exister. Sans ces discours qui dévalorisent systématiquement les prostituées y aurait-t-il autant de femmes qui vivraient mal leur activité ? (p.94-95)

Plus loin, elle conclut suite au témoignage d’une jeune femme prostituée lui ayant dit qu’elle avait été traitée comme un objet sexuel par ses clients :

Parce que [les féministes anti-prostitution] propagent des discours selon lesquels être pute, c’est n’être rien d’autre qu’un objet sexuel qui ne mérite pas le respect et ne peut que subir les désirs des clients, elles créent ces réalités. (p.100)

Nous passerons sur le fait qu’elle déforme complètement les discours abolitionnistes : aucun·e abolitionniste ne prétendra jamais qu’un·e prostitué·e ne mérite pas d’être respecté·e !

En résumé : les féministes abolitionnistes, en dévoilant et condamnant les violences des clients prostitueurs, influencent ces derniers et les poussent à la violence. Dans ce cas, pourquoi le STRASS n’accuse-t-il pas non plus les féministes de viol ? En effet, selon la même logique, elles sont les premières responsables de cette violence, puisque ce sont principalement elles qui dénoncent les

violences sexuelles et leurs conséquences. Ne les perpétuent-elles donc pas alors ?

Ne donnent-

elles pas des idées aux hommes misogynes ? L’analyse par de Morgane Merteuil du phénomène des prophéties auto-réalisatrices semble visiblement s’arrêter au domaine de la prostitution. On notera cependant qu’elle considère comme « bourgeoise » l’idée selon laquelle un viol est plus traumatisant qu’une agression physique (Libérez le féminisme, p.93 et 101) 7 … ce qui est pourtant un simple fait

médical 8 !

Mais peu importe l’irrationalité du propos : sur Twitter et les autres réseaux sociaux, l’affirmation « les abolos tuent les putes » est martelée comme un leitmotiv.

A l’inverse, le STR ASS ne dit pas un mot sur le rôle des clients

A l’inverse, le STRASS ne dit pas un mot sur le rôle des clients ou des proxénètes dans les violences que subissent les prostituées. Morgane Merteuil dira lors d’une interview : « La plupart du temps, je suis mieux traitée par mes clients que par les féministes abolitionnistes ! » 9 ou encore « [Nos clients] sont bien plus respectueux envers nous que les féministes abolitionnistes » 10 . Quand une militante abolitionniste, Christine le Doaré, lui fera remarquer sur Twitter que clients et proxénètes sont les premiers coupables de violence sur les personnes prostituées, Morgane Merteuil lui rétorquera simplement « Ta gueule ».

Morgane Merteuil lui rétorquera simplement « Ta gueule ». Or plusieurs enquêtes montrent que les clients

Or plusieurs enquêtes montrent que les clients sont bien les principales sources de violences :

insultes, viols, meurtres… 1113 , et notamment dans les situations où les prostituées refusent de

répondre à certaines demandes 14 . Alors que le STRASS accuse régulièrement les abolitionnistes

d’être responsables de la contamination au VIH, pas un mot n’est dit sur les clients, pourtant

régulièrement demandeurs de rapports non protégés 15 , et n’hésitant pas parfois à être violents pour

en obtenir 16,17 .

Ainsi donc le STRASS tait la violence des clients et des proxénètes ; quand il admet son existence, il en impute la responsabilité aux abolitionnistes, qui influenceraient par leur discours le comportement des prostitué·e·s et des clients. A cause des discours abolitionnistes, les prostitué·e·s ne seraient plus en mesure de poser leurs limites, et les clients, quant à eux, adopteraient une vision négative de ces dernièr·e·s et se permettraient alors des violences à leurs égards. Enfin, les abolitionnistes seraient aussi responsables de la violence des proxénètes, puisque l’abolitionnisme favoriseraient la clandestinité des prostitué·e·s et les exposeraient ainsi à l’exploitation.

Négation de la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle

Ce que l’on appelle traite des êtres humains a été définie dans l’alinéa a) du Protocole de Palerme de 2000 18 comme étant :

le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation.

Ce même alinéa précise que l’exploitation comprend celle de la prostitution d’autrui. Le protocole de Palerme affirme par ailleurs dans l’alinéa b) que le consentement d’une victime de la traite des personnes à l’exploitation est « indifférent », ce qui signifie que la traite est totalement interdite, même dans les cas où la victime y « consentirait ».

L’une des constantes du discours du STRASS est de nier l’ampleur de cette traite des êtres humains. Morgane Merteuil a même consacré un Scoop-it entier à cette thématique 19 , et Thierry Schaffauser a publié dans le Monde une tribune à ce sujet 20 . Schaffauser nie aussi l’ampleur de la traite en Allemagne quand il dit qu’elle compte moins de 1% de victimes de la traite 21,22 . Sa source : un forum de « travailleur·se·s du sexe » autrichien 22 . A l’inverse, un rapport de police rendu public en 2010 a signalé une explosion du trafic d’êtres humains 23 .

Comment le STRASS en vient-il à ces conclusions ? La fondation Scelles note, à propos de la tribune de Schaffauser parue dans le Monde, qu’il cite comme source « scientifique » un rapport mené par des militantes suédoises luttant depuis des années pour la légalisation de la prostitution, et financé par cinq groupes néerlandais et un autrichien, provenant donc de pays réglementaristes où le proxénétisme est autorisé 24 .

Par ailleurs, les représentant·e·s du STRASS tiennent aussi le raisonnement suivant : selon eux, les personnes trafiquées sont le plus souvent de simples « migrantes », parties en Europe dans le but de trouver du travail – en l’occurrence ici du « travail sexuel » 25 . En outre, il serait condescendant et paternaliste de présumer victime toute prostituée étrangère 26 . Parmi les cautions intellectuelles de ce genre de discours se trouve l’anthropologue Laura Agustin. Plusieurs de ses articles, publiés sur son blog The Naked Anthropologist 27 , sont répertoriés dans le Scoop-it de Morgane Merteuil.

Agustin explique que les femmes trafiquées ont des avantages à l’être. Ainsi elle dit en parlant de celles enfermées dans des appartements pendant plusieurs mois pour y être prostituées :

Ces circonstances où les femmes vivent dans des établissements du sexe et les quittent rarement avant d’être amenées ailleurs, sans qu’on le leur demande, reçoivent beaucoup d’attention dans les médias et il est pris pour acquis que cela comporte un déni complet de liberté. Mais dans de nombreux cas, les travailleuses migrantes préfèrent cet arrangement pour diverses raisons. En ne quittant pas la région, elles ne gaspillent pas d’argent et, si elles n’ont pas de permis de travail, elles se sentent plus en sécurité dans un environnement contrôlé. Si quelqu’un d’autre trouve les lieux de rencontre pour elles et prend leurs rendez-vous, cela signifie qu’elles n’ont pas à le faire elles-mêmes. Si elles sont venues au pays sur la base d’un visa touristique de trois mois, elles veulent consacrer autant de temps que possible à gagner de l’argent. 28

Un autre avantage des femmes trafiquées serait celui de se prostituer pour payer les dettes qu’elles doivent à leurs proxénètes… autrement dit d’avoir la chance inouïe de fournir ce qu’on appelle un « travail servile », et donc d’être en situation de servitude pour dettes 29 ! Doit-on préciser que la servitude pour dettes le fait de devoir rembourser une dette en travaillant directement plutôt qu’avec de l’argent ou des biens - est considérée comme de l'esclavage par la majorité des pays, ainsi

que par les conventions internationales 30 , et qu’elle est théoriquement abolie dans le monde entier ? Malgré ces considérations, Agustin relativise la violence du travail servile, considérant que le terme « servitude pour dettes » (debt bondage en anglais) est connoté trop négativement, et en arguant qu’après tout, beaucoup d’Américain·e·s sont eux-mêmes endetté·e·s - et que donc leur situation est comparable à celle des femmes trafiquées 31 . Elle omet par ailleurs de préciser que dans le cas précis de la servitude pour dettes, le travail accompli représente toujours une valeur supérieure à celle de l'emprunt initial 32 . En France et dans les autres pays européens, la grande majorité des prostituées nigérianes sont soumises à ce type d’esclavage 33 . Ces femmes sont emmenées en Europe, puis on leur dit qu’elles doivent payer leur voyage : le proxénète leur réclame une somme exorbitante, de l’ordre de 50 et 70 000 euros 34 , bien supérieure au prix réel du voyage du Nigéria en Europe (qui coûte de 1000 à 3000 euros). Cette dette doit être payée en se prostituant, à savoir en subissant plusieurs rapports sexuels non désirés par jour. Des pressions énormes sont mises sur les femmes prostituées pour qu’elles remboursent, avec parfois menaces de mort à la clé. Pourtant, Agustin écrit sur son blog 31 :

La question n’est pas de savoir si les dettes sont totalement bonnes ou totalement mauvaises, mais de voir qu'elles existent partout, et que, oui, son asservissement est souvent considéré comme regrettable, mais comme acceptable - quelque chose dont le remboursement nécessitera de se battre, et qui fait partie d'une vie normale. C’est ce que pensent la plupart des migrants à propos des dettes qu'ils contractent pour voyager et travailler à l'étranger.

Morgane Merteuil reprend à son compte cette analyse relativiste sur la servitude pour dettes, quand, en mai 2012, elle déclare sur le forum du Parti Pirate 26 :

Des personnes font appel à des réseaux de passeurs, envers qui elles contractent une dette; arrivées en France, l'argent de leur passes sert notamment à rembourser cette dette et à envoyer du fric à leurs familles restées au pays. Je ne dis pas que c'est une situation "idéale", "enviable", mais cette personne n'est pas pour autant une victime de traite ou d'exploitation. En général, si tout se passe bien, une fois que la personne a remboursé sa dette, elle est "libre" (et si son "mac" refuse, elle devrait pouvoir porter plainte, sauf que, comme elle est venue illégalement en France, si elle va voir la police elle risque en réalité de se faire expulser).

Dans son post, Morgane Merteuil ne nie pourtant pas que les prostituées étrangères sont souvent des esclaves, puisque sous contrôle d’un « mac » qui peut choisir de les « libérer ». En dépit de cela elle ne les considère ni trafiquées ni exploitées ! Pourquoi donc ?

Selon le STRASS, le fait que certaines prostituées étrangères « consentiraient » à être trafiquées rendrait acceptable leur condition. Thierry Schaffauser, reprenant les analyses d’Agustin 35 , s’est exprimé à plusieurs reprises sur ce sujet sur le site Les Mots Sont Importants 36,37 :

La définition de la traite est assortie d’une disposition qui affirme le caractère inopérant du consentement de la victime de la traite à l’exploitation elle-même. Cette clause est particulièrement importante en matière d’exploitation de la prostitution : elle supprime en effet toute distinction entre « prostitution forcée » et « prostitution volontaire ». La condition de la contrainte n’est donc pas nécessaire pour définir une victime de la traite et de fait, les politiques anti-traite pratiquent une discrimination active contre les travailleuses du sexe migrantes en refusant de prendre en compte leur volonté.

Il dit encore :

Il est précisé que le consentement de la victime est indifférent lorsque l’un quelconque des moyens énoncés dans cet alinéa a été utilisé. Ceci, pour les protéger des pressions. Cependant l’indifférence quant au consentement de la victime est utilisée afin de ne jamais avoir à écouter ce qu’elles ont à

dire sur leur parcours, quand bien même de nombreux-ses travailleurs-ses du sexe migrant-e-s rejettent la qualification de victime.

Sur Twitter, aussi, il met en avant le concept de « exploitation consentie » et tient à préciser qu’il s’agit d’autre chose que du « travail forcé » :

de « exploitation consentie » et tient à préciser qu’il s’agit d’autre chose que du «
Il est évident que des personnes en condition de grande misère sont prêtes à consentir

Il est évident que des personnes en condition de grande misère sont prêtes à consentir à n’importe quoi. On pourrait trouver des personnes prêtes à travailler pour un salaire inférieur à celui du SMIC. Cela ne change rien au fait qu’il s’agisse d’exploitation et qu’il est heureusement interdit d’employer quelqu’un pour des salaires trop faibles, et peu importe le consentement de l’employé·e. Les femmes prostituées et victimes de la traite peuvent parfois savoir qu’elles devront se prostituer en arrivant en France, et consentir à cela (néanmoins les cas de tromperie existent et ne sont pas rares). Par contre, il y a de fortes chances qu’on ne leur dise pas dans quelles conditions elles devront se prostituer.

Nous noterons aussi que sur Twitter, Morgane Merteuil fait aussi des déclarations étranges à propos des réseaux de traite, affirmant par exemple que la notion d’exploitation « c’est compliqué » :

Il est tout de même étrange qu’un syndicat prétendant souhaiter que « les travailleurSEs du

Il est tout de même étrange qu’un syndicat prétendant souhaiter que « les travailleurSEs du sexe, en particulier étrangères et en situation irrégulière, soient efficacement protégées contre le travail forcé, la servitude et l’esclavage ainsi que la traite à cette fin, en application du droit commun 38 » prenne tellement à la légère les exploitations que subissent ces femmes.

Le STRASS met donc en avant des concepts douteux comme celui d’ « exploitation consentie » pour nier l’ampleur de la traite des êtres humains liée à la prostitution, en s’en tenant à une définition extrêmement étroite, soit l’existence de preuves de coercition de ces femmes et de violence physique à leur égard.

A ce sujet, on notera que Laura Agustin ne se contente pas de souligner le consentement des femmes adultes victimes de la traite pour mieux en minimiser la violence. Elle étend tout son discours aux mineur·e·s prostitué·e·s, arguant que la notion d’ « enfant » est relative et diffère d’une culture à l’autre 39,40 , ou encore que la majorité sexuelle varie d’un pays à un autre, et est donc arbitraire 41 . Comme pour les femmes adultes, Agustin met en avant le fait que les enfants trafiqué·e·s ne se considèrent pas comme des victimes, ne voient pas leurs trafiquants comme mauvais (après tout, dit-elle, il s’agit souvent de leurs parents) et qu’il s’agit à nouveau de

« migrants » désirant juste gagner de l’argent en se prostitutant 39 . Ces arguments lui font dire qu’il ne s’agit donc pas de trafic, et elle prend soin de mettre « enfants trafiqué·e·s » entre guillemets. Enfin, elle déclare dans un article qu’il ne faut pas remettre en question le consentement d’un·e enfant à être prostitué·e 42 :

"L'autre jour, j'ai dit que personne ne devrait prendre de décisions concernant le degré de volonté ou d'acceptation de la situation d'autres personnes, puis généraliser à d'énormes groupes de personnes. Une réponse a été: "Personne ne devrait non plus faire aucune hypothèse sur le degré de volonté d'une fille ou d'un garçon de 10 ans dans l'industrie du sexe ?" Après avoir relevé la rhétorique (utilisée de manière permanente par les abolitionnistes et les personnes contre la traite), j'ai répondu que, oui, personne ne devrait non plus faire d'hypothèses sur la situation des personnes de 10 ans. Comment savoir ce qui l'a conduite à vendre du sexe ? A quels choix a-t-elle été confrontée ? Que se passerait-il si elle était soudainement extraite de sa situation ?

Pour finir, on notera que d’après un communiqué de l’IUSW datant de 2007 43 , Laura Agustin semble avoir été secrétaire de la section « divertissement pour adultes» du GMB. Or d’après une enquête récente par Julie Bindel 44 , cette section accueille en son sein des proxénètes qui font un lobbying intensif pour décriminaliser des lois contre les exploiteurs. Même les représentants du STRASS – d’ailleurs Thierry Schaffauser a été interviewé par Julie Bindel à ce sujet - confirment cette information 4446 .

Conflits d’intérêt, avez-vous dit ?

1. Feu « Verts » au proxénétisme ! Lettre ouverte du Mouvement du Nid aux Verts. Mouvement du

Nid (2010). at <http://www.mouvementdunid.org/Feu-Verts-au-proxenetisme-Lettre>

2. Les discours abolitionnistes : première cause de mort chez les putes ! STRASS - Syndicat du

Travail Sexuel at <http://site.strass-syndicat.org/2012/02/les-discours-abolitionnistes-premiere-

cause-de-mort-chez-les-putes/>

3. alternative libertaire. STRASS - Syndicat du Travail Sexuel (2010). at <http://site.strass-

syndicat.org/tag/alternative-libertaire/>

4. VIOLS, ON ÉTOUFFE ! STRASS - Syndicat du Travail Sexuel (2013). at <http://site.strass-

syndicat.org/2013/02/viols-on-etouffe/>

5. Les petites frustrations de Mme Bousquet ne légitiment pas son mépris des droits humains

fondamentaux. STRASS - Syndicat du Travail Sexuel (2012). at <http://site.strass-

syndicat.org/2011/09/bousquet-frustration-et-handicap/>

6. Vous ne soutenez pas les proxénètes et les prostitueurs ? Vous êtes ‘putophobe’ et criminelle !

Sisyphe (2006). at <http://sisyphe.org/spip.php?breve568>

8.

Calhoun, K. Treatment of rape victims : facilitating psychosocial adjustment. (Pergamon Press,

1991).

9. L., N. Interview de Morgane Merteuil,secrétaire générale du STRASS. Radio Londres (2012). at

<http://radio-londres.fr/2012/10/interview-de-morgane-merteuilsecretaire-generale-du-strass/>

10. Prostitution : ‘Toutes les lois visant à protéger les femmes ont été néfastes’. France 24 (2011). at

<http://www.france24.com/fr/20111207-france-loi-prostitution-assemblee-strass-morgane-

merteuil>

11. Farley, M. et al. Prostitution and Trafficking in Nine Countries. Journal of Trauma Practice 2, 33

74 (2004).

12. Földhazi, A. & Chimienti, M. Marché du sexe et violences à Genève. Sociograph (2007). at

<http://www.unige.ch/ses/socio/publications/dernierespublications/sociograph2/WEB_sociogra

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13. Busch, N. B., Bell, H., Hotaling, N. & Monto, M. A. Male Customers of Prostituted Women

Exploring Perceptions of Entitlement to Power and Control and Implications for Violent Behavior

Toward Women. Violence Against Women 8, 10931112 (2002).

14. Gould, C. & Fick, N. Selling Sex in Cape Town: Sex Work and Human Trafficking in a South African

City. (Institute for Security Studies, 2008).

15. Legardinier, C. Prostitueurs, état des lieux. Prostitution et Société (2009). at

<http://www.prostitutionetsociete.fr/eclairage/acteurs/prostitueurs-etat-des-lieux>

16. Une prostituée frappée pour avoir refusé un rapport non protégé. 7SUR7.be (2010). at

<http://www.7sur7.be/7s7/fr/3007/Bruxelles/article/detail/1171894/2010/10/19/Une-

prostituee-frappee-pour-avoir-refuse-un-rapport-non-protege.dhtml>

17. La prostituée refuse la pratique et le rapport non protégé, il s’énerve et frappe. Vaucluse Matin

(2012). at <http://www.ledauphine.com/vaucluse/2012/09/26/la-prostituee-refuse-la-pratique-

et-le-rapport-non-protege-il-s-enerve-et-frappe>

18. Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale

organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes

et des enfants. (2000). at

<http://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=TREATY&mtdsg_no=XVIII-12-

a&chapter=18&lang=fr>

19. Merteuil, M. #Prostitution : Désintox : stop aux mensonges | Scoop.it. at

<http://www.scoop.it/t/desintox-les-mythes-des-abo>

20. Schaffauser, T. La majorité des travailleurs du sexe ne sont pas victimes de la traite des êtres

humains. Le Monde (2012). at <http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/05/la-majorite-

des-travailleurs-du-sexe-ne-sont-pas-victimes-de-la-traite-des-etres-

humains_1625680_3232.html>

21. Schaffauser, T. Prostitution et loi de pénalisation : analyse d’une hypocrisie orchestrée. le Plus

(2011). at <http://leplus.nouvelobs.com/contribution/222266-prostitution-et-loi-de-

penalisation-analyse-d-une-hypocrisie-orchestree.html>

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<https://thierryschaffauser.wordpress.com/2011/11/24/trafficking-figures-in-germany/>

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Sur quelques effets excluants des discours abolitionnistes. Contretemps (2013). at

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<http://forum.partipirate.org/societe-solidarite/prostitution-mafias-abolition-liberte-corps-

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30. Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des

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31. Agustin, L. Civilised loans versus debt bondage and slavery. The Naked Anthropologist (2011). at

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<http://www.antislavery.org/french/la_servitude_pour_dettes.aspx>

33. Lavaud-Legendre, B. Prostitution nigériane: Entre rêves de migration et réalités de la traite.

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34. La mama, le vaudou et la dette : particularités du proxénétisme africain. Fondation Scelles at

<http://infos.fondationscelles.org/index.php?option=com_content&view=article&id=94:la-

mama-le-vaudou-et-la-dette-particularites-du-proxenetisme-africain-n5&catid=19&Itemid=204>

35. Agustin, L. Sex at the Margins reviewed in Gender & Development. The Naked Anthropologist

(2013). at <http://www.lauraagustin.com/sex-at-the-margins-reviewed-in-gender-development>

36. Schaffauser, T. Luttons sérieusement contre la traite des êtres humains. Les mots sont

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37. Schaffauser, T. Pénaliser les clients ou les putes migrantes ? Les mots sont importants (lmsi.net)

(2012). at <http://lmsi.net/Penaliser-les-clients-ou-les-putes>

38. A propos du STRASS. STRASS - Syndicat du Travail Sexuel at <http://site.strass-

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<http://www.lauraagustin.com/enjo-kosai-compensated-dating-in-japan#comment-779>

41. Agustin, L. Youth on the street, selling sex and End Demand. The Naked Anthropologist (2011). at

<http://www.lauraagustin.com/youth-on-the-street-selling-sex-and-end-demand#comment-

12209>

42. Agustin, L. The Age of Women Who Sell Sex: Does Kristof lie? What about the children? The

Naked Anthropologist (2012). at <http://www.lauraagustin.com/the-age-of-women-who-sell-

sex-does-kristof-lie-what-about-the-children>

43. next iusw meeting: dec 6. Myspace - international union of sex workers (2007). at

<http://www.myspace.com/iusw/blog/331244535>

44. Bindel, J. Prostitution en Grande-Bretagne - Un bien étrange syndicat au service des proxénètes.

Sisyphe (2013). at <http://sisyphe.org/spip.php?article4409>

45. Schaffauser, T. IUSW fired me. Blog de Thierry Schaffauser (2011). at

<http://thierryschaffauser.wordpress.com/2011/11/11/iusw-fired-me/>

46. Mistral, M. Prostitution et travail du sexe : du politique aux politiques. (2012).