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Performance

du Système d’Information
n°8 Cartographie & Urbanisation
du Système d’Information

www.nomia.com

SOMMAIRE Perspective Retours d’expérience


Pourquoi faut-il urbaniser ? PagesJaunes
L’urbanisation permet de rationali- Disposer d’une vision stratégique
ser, rendre plus modulaire et plus de son système d’information par la
réactif le système d’information. Il cartographie.
est alors plus apte à servir la straté- lire p 6
gie de l’entreprise.
lire p 2
La Matmut
Mettre en oeuvre un dispositif de car-
Avis d’expert tographie applicative en 3 mois.
lire p 8
Pour une urbanisation durable
du système d’information
Comment mettre en place progres- Eurofactor
sivement l’organisation et les fonda- Mesurer le retour sur investissement
mentaux pour structurer et pérenni- d’un projet d’urbanisation.
ser le SI en cours d’urbanisation lire p 11
lire p 3
Perspective
ACCROITRE L’EFFICACITE OPERATIONNELLE
Systèmes d’Information
Pourquoi faut-il urbaniser ?
L’urbanisation permet de rationaliser, de rendre plus modulaire et plus réactif
le SI. Il est alors plus apte à servir la stratégie de l’entreprise.
nes, souvent non documentées, d’un grand
nombre de bases de données parfois re-
dondantes ou dont on a oublié l’existence,
de centaines de flux non normalisés, de
parcs informatiques hétérogènes. S’y
ajoutent des pratiques et des méthodes de
travail non harmonisées.

Cette complexité du système d’information


accroît le manque de visibilité sur le fonc-
tionnement et les interdépendances entre
systèmes et rend plus difficile l’évaluation
des impacts des changements. Les projets
d’évolution sont plus longs et plus coûteux
et la maintenance alourdie.

En adoptant une démarche d’urbanisa-


tion, l’entreprise va pouvoir se doter d’un
système d’information plus réactif, évolutif
et rationnel, et donc plus apte à servir la

U
Un système d’information ne étude menée en 2008 par IBM stratégie de l’entreprise. La démarche va
urbanisé présente un (IBM Global CEO Study) a révélé permettre non seulement d’éliminer les
coût total de possession que pour 83 % de dirigeants d’en- gaspillages, de rationaliser, d’introduire de
moindre et permet
treprise les changements sont plus rapi- la cohérence et de la rigueur, mais aussi de
de mettre en œuvre
rapidement de nouvelles
des, plus complexes et moins prévisibles. développer l’excellence opérationnelle des
applications répondant Selon cette même étude, le nombre de équipes dans la conduite de projet.
aux besoins métiers. sociétés constatant un échec ou un succès
L’entreprise en devient limité dans leur capacité à faire face aux Elle sera l’occasion de définir des règles
doublement plus changements aurait augmenté de 60 % et un cadre auquel les acteurs devront se
compétitive. ces deux dernières années. référer pour aborder tout nouveau projet
mais aussi pourquoi pas de s’approprier
Ce climat de changement, quasi perma- de nouveaux référentiels de bonnes pra-
nent et difficile à anticiper, se nourrit de tiques.
LES ENJEUX nombreux facteurs : une concurrence ren-
forcée qui exige toujours plus de réactivité, Un système d’information urbanisé présen-
Aligner le SI sur la la nécessité de se démarquer rapidement tera un coût total de possession moindre et
stratégie d’entreprise par de nouvelles offres, l’adaptation à de permettra de mettre en œuvre rapidement
nouvelles technologies, etc. L’entreprise de nouvelles applications répondant aux
Réduire les coûts change aussi sous l’effet de grands projets besoins métiers et aux évolutions régle-
entrepreneuriaux : fusion/acquisition, réor- mentaires. L’entreprise en sera double-
Supprimer les ganisation, etc. ment plus compétitive.
dysfonctionnements
Pour le système d’information, au cœur du Chaque organisation étant différente, No-
Apporter de la cohérence,
fonctionnement des métiers, sa capacité mia préconise d’aborder ce projet de façon
de la rigueur et de la
et sa rapidité d’évolution pour prendre en progressive et pragmatique, en l’adaptant
souplesse
charge les choix stratégiques de l’entrepri- à la culture de l’entreprise, à ses priorités
se, devient vitale. Or, nombre d’entreprises et à son budget.
Faciliter les projets
se trouvent confrontées à des systèmes Notre cadre iPrisme permet d’intégrer les
de transformation
d’information fruits d’un long historique, contraintes de l’entreprise et de mettre en
Accélérer l’appropriation constitués d’une multitude d’applications oeuvre rapidement une démarche d’urba-
du SI impliquant parfois des fonctions hétérogè- nisation sur mesure.

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Expertise
ACCROITRE L’EFFICACITE OPERATIONNELLE

Démarche
Pour une urbanisation durable du SI
Comment mettre en place progressivement l’organisation et les
fondamentaux pour structurer et pérenniser le SI en cours d’urbanisation
il faut déjà savoir de quoi on dispose, ce
que l’on pourra réutiliser et ce qu’il faudra
faire évoluer ou développer. Même si l’en-
treprise ne se place pas nécessairement
dans une perspective d’urbanisation, elle
pourra grâce à la cartographie, bénéfi-
cier d’une vision claire et documentée de
son patrimoine, selon les axes souhaités
(processus métier, fonctions/données,
applications, technique) et selon le niveau
de granularité nécessaire. Son patrimoine
sera valorisé en termes quantitatifs, quali-
tatifs et économiques. Par ailleurs, grâce à
cette vision partagée par tous, l’entreprise
pourra non seulement mieux maîtriser ses
risques mais aussi réaliser plus facilement
les analyses d’impact des évolutions fu-
tures. Enfin, il ne faut pas oublier que la
cartographie permet aussi aux nouveaux
arrivants de s’approprier rapidement le
Emmanuel Songo, L’urbanisation apparaît comme un le- patrimoine de l’entreprise.
Consultant Senior Nomia vier de performance important du SI
et fait partie des pratiques acquises Comment intervient la démarche de car-
Emmanuel est en charge de gouvernance. Comment, au regard tographie dans la définition d’un plan
de l’offre Performance du de la complexité de certains systèmes d’urbanisme ?
Système d’Information d’information, conduire au mieux ce
au sein du cabinet Nomia. processus ? La démarche de construction d’un plan
d’urbanisme va s’appuyer sur la cartogra-
Urbaniser ne veut pas dire faire table rase phie, dans ses différentes composantes,
de l’existant mais réorganiser de façon pour représenter les cartes attendues au
progressive et contrôlée le système d’infor- regard des besoins et objectifs poursuivis.
mation au regard de la stratégie de l’entre- Ainsi, lors de la phase «état des lieux»,
prise en y introduisant de la modularité et une bonne cartographie applicative de
de la souplesse. C’est un chantier de long l’existant mettra en évidence les dysfonc-
terme, qui peut être entrepris sur plusieurs tionnements comme la redondance des
années. Il est l‘occasion pour la DSI de traitements et données, les flux non nor-
faire évoluer son existant tout en s’atta- malisés, les référentiels mal utilisés, etc.
chant, en toile de fond, à mettre en place La phase de la « conception de la cible
progressivement l’organisation et les fon- » fera appel notamment à la cartographie
damentaux indispensables pour structurer des processus pour mettre en exergue
et pérenniser le SI en cours d’urbanisation. des processus métiers nouveaux et/ou
Pour cela, l’entreprise doit au préalable se actualisés suite à la nouvelle stratégie. La
définir une méthode de travail et adopter cartographie de l’architecture fonctionnelle
une approche modulaire. décrira les macro fonctions et les fonctions/
macrodonnées mises en œuvre dans le ca-
Pourquoi faut-il toujours une cartogra- dre des activités des processus identifiés.
phie avant d’urbaniser ? Et enfin, l’architecture applicative cible
La cartographie est un palier essentiel de la mettra en exergue - par scénario - les blocs
démarche parce qu’elle permet de dresser applicatifs issus des blocs fonctionnels à
l’inventaire de l’existant. Avant d’urbaniser, informatiser, compte tenu des contraintes

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Expertise
ACCROITRE L’EFFICACITE OPERATIONNELLE

et des ressources logicielles et tech-


niques. En s’appuyant sur les car- Accompagner les projets
tographies et l’analyse des impacts,
l’entreprise va bâtir un plan d’action Sensibiliser, former les contributeurs MOA, MOE
pour passer de l’existant à la cible, par
des trajectoires. Ce plan d’action doit Définir
tenir compte des enjeux économiques Intégrer la l’architecture cible
et des contraintes techniques, en démarche (Plan d’urbanisme)
proposant des états stables à chaque d’urbanisation
étape pour ne pas perturber le fonc- dans la
tionnement de l’organisation. démarche Cartographier
projet l’existant
Qu’en est-il des outils ?

Il est essentiel de disposer d’un outil Définir Définir la Définir les Définir les Adapter
l’organisation charte règles indicateurs l’outil des
support de cartographie. Il permet d’urbanisation d’urbanisation d’audit du SI cartographies
de modéliser et publier les cartes
(existant et cible) et surtout il donne la Les briques de base d’un dispositif d’urbanisation du SI
possibilité aux projets de partager les
objets communs. Cela favorise la réu-
tilisation, et par conséquent, participe (Dossier d’Architecture Technique) : ils de gains et d’amélioration de la qualité
à réduire les coûts de développement. vérifient que les développements sont du système d’information.
Plusieurs offres existent sur le marché en conformité avec le cadre d’urba-
notamment Aris, Mega, Corporate Mo- nisme de l’entreprise, que les projets On parle beaucoup de TOGAF. Com-
deler, System Architect. Au delà des respectent les trajectoires définies, ment intervient-il dans le processus
fonctionnalités ou services attendus, que les référentiels sont manipulés de cartographie urbanisation ?
le choix de l’outil support de cartogra- correctement, que les livrables sont TOGAF est un cadre qui propose
phie doit tenir compte de sa capacité conformes à l’état de l’art, etc. Enfin, une démarche de conception et de
à s’insérer dans l’environnement de ils assurent la consolidation des car- gouvernance des architectures d’en-
l’entreprise. tographies de référence, qui seront treprise. Par contre, il n’impose pas
mises à disposition d’autres projets. un modèle particulier pour formaliser
Comment intégrer de façon très les différentes cartes ; il recommande
opérationnelle la démarche à la vie La démarche est souvent perçue leur utilisation dans le processus pro-
des projets ? comme coûteuse, avec un retour jet. En ce qui nous concerne, et pour
sur investissement difficile à dé- faciliter la modélisation dans le cycle
L’un des enjeux pour l’entreprise ré- montrer. Qu’en pensez-vous ? de base TOGAF (Architecture Vision,
side effectivement dans sa capacité Business Architecture, Information
à intégrer la démarche à la vie des Il ne s’agit pas d’urbaniser pour urba- System Architecture, Technology Ar-
projets et aux méthodes de gestion niser. La démarche doit être abordée chitecture...), Nomia a défini dans les
de projet. Pour cela, elle doit adapter dans une perspective de rentabilité en briques de son cadre d’architecture
son processus projet en y intégrant, cherchant à faire porter les efforts sur iPrisme, les bonnes pratiques pour
aux étapes appropriées, les actions les nouvelles fonctionnalités à réelle réaliser, étape par étape, les cartes
relevant des principes d’urbanisation, valeur ajoutée. L’intérêt économique type répondant aux besoins des chefs
précisant les rôles de chacun (chef de doit prévaloir dans les décisions. de projet métier et technique.
projet, architecte...), les livrables perti- Quel service le système va t-il déli-
nents, etc. Souvent les équipes projet vrer à la fin de ce projet et pour quel Quels sont les facteurs clés de
auront la tâche de réaliser - avec le investissement ? Bien entendu, le succès d’un projet d’urbanisation ?
soutien des architectes - leurs car- retour sur investissement s’apprécie
tographies. Les architectes fonction- sur le long terme, mais l’urbanisation Premièrement, il faut s’assurer d’une
nels, applicatifs et techniques aideront est incontestablement un facteur de réelle implication des acteurs. Des ac-
les chefs de projet à mettre en prati- réduction des coûts. La suppression tions de communication appropriées
que les règles nouvellement définies, des redondances, la rationalisation doivent sensibiliser les maîtrises
dans le cadre concret des projets dont d’un parc applicatif, la réutilisabilité d’ouvrage et les collaborateurs de la
ils ont la charge. Ils participent à la de composants, la standardisation, la DSI aux nouveaux concepts d’urba-
validation des dossiers d’étude tels mutualisation de fonctions, l’harmoni- nisation et expliquer les gains atten-
que le DAFA (Dossier d’Architecture sation des pratiques, pour ne citer que dus, y compris au niveau individuel.
Fonctionnelle et Applicative) et le DAT ces exemples, sont autant de leviers La formation et l’accompagnement

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Expertise
ACCROITRE L’EFFICACITE OPERATIONNELLE

des contributeurs sont également dement des premiers résultats (quick facile de l’inscrire durablement dans la
fondamentaux pour développer leurs wins) et démontrer concrètement à culture d’entreprise. Enfin, la réussite
compétences en urbanisme de SI. l’ensemble des acteurs (direction gé- de la démarche d’urbanisation tient
Ensuite, il est recommandé d’opérer nérale, maîtrise d’ouvrage, maîtrise surtout à la détermination et l’implica-
sur des périmètres restreints pour ac- d’oeuvre) les enjeux et les gains du tion du management et au niveau de
célérer la mise en oeuvre, obtenir rapi- projet d’urbanisation. Il est alors plus soutien de la Direction Générale.

Un exemple d’intégration de la démarche à la vie des projets

Architecture
4
Administration du Métier
Référentiel de cartographie
gestion patrimoine du SI Remontée des composants
du projet à administrer suite
1 à la validation du comité
d’architecture Architecture
Mise à disposition, Fonctionnelle
selon périmètre, Comité Architecture
des modèles validation architectures &
d’architecture trajectoires
- métier 3 Architecture
- fonctionnel
- applicatif Applicative
- technique
Equipe projet (MOA/MOE) Accompagnement projets
spécifications architectures Architecture
& implémentation solutions convergence et mise en cohérence
avec les règles d’architecture Technique

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Retours d’expérience

PagesJaunes cartographie son SI


dans une perspective d’urbanisation
Sur fond de concurrence vive autour des renseignements téléphoniques,
PagesJaunes devait disposer d’une vision stratégique et cohérente de son
système d’information. Le Groupe s’est approprié une démarche de cartographie.

(Office d’Annonces). Le Groupe a donc


hérité de deux systèmes d’informations
différents, l’un bâti autour du traitement
des données opérateur pour la parution
dans les annuaires et le second dédié
au support de l’activité commerciale.
Comme souvent dans une fusion de
structures, les systèmes étaient on ne
peut plus hétérogènes. «Le patrimoine
applicatif, les technologies, les outils et
les méthodes de travail différaient. Un
travail de rapprochement technique et
culturel était nécessaire, se rappelle Fa-
brice Fontaine. Dans un premier temps,
nous avons établi un catalogue commun
basé sur des outils bureautiques. Mais
nous voulions aller plus loin, avec des
outils et une démarche ad hoc. Notre
objectif est d’atteindre la productivité
industrielle qu’on est en droit d’attendre
en matière d’évolution d’un SI».
«Dans une perspective de définition des besoins futurs, nous avons
préféré nous orienter vers une cartographie construite au fil de l’eau L’urbanisation du système d’information
s’est imposée comme un levier et un
par les projets».
moyen d’harmoniser les évolutions en
convergence vers une cible.
Fabrice Fontaine
Directeur des Etudes, d’ouvrage étant désireuse de mettre en En créant un référentiel de son système
PagesJaunes avant les projets qui revêtent, suivant d’information - incluant les vues métier,
certains critères, un caractère important fonctionnelle, applicative et technique
ou urgent, explique Fabrice Fontaine, - PagesJaunes voulait également favo-
Leader historique sur le marché des an- Directeur des Etudes. Pour donner à riser un partage de connaissances sur
nuaires, PagesJaunes a du se préparer la DSI et à la Direction Générale les les processus métier et le patrimoine
dès 2006 à livrer une bataille impor- moyens d’arbitrer, il faut disposer d’un applicatif de l’entreprise et faciliter ainsi
tante. C’est en effet cette année là qu’a outil qui donne une vision stratégique et l’instauration d’un langage commun. Il
commencé à se jouer le marché des cohérente du système d’information. La était donc important de faire entrer une
services autour des renseignements maîtrise des évolutions et l’optimisation culture homogène au sein des équipes.
téléphoniques. des coûts nécessitent de savoir mesurer
Dans un paysage qui s’annonçait très et mettre en regard valeur et investisse- ARIS support de la cartographie
concurrentiel, le chantier de carto- ments». Le choix d’un outil de type référentiel
graphie et d’urbanisation du système s’est orienté vers la solution IDS Scheer.
d’information est devenu une priorité. Vers une culture homogène ARIS et ses composants modulaires ont
Il s’agissait pour PagesJaunes d’aligner Le projet s’inscrivait dans un contexte été choisis pour faciliter le travail colla-
le SI sur la stratégie des métiers. «En- de fusion de deux entités : PagesJau- boratif et permettre l’accès au référentiel
core faut-il pouvoir donner les bonnes nes est née en 2000 du rapprochement depuis n’importe quel site, via Intranet.
priorités aux bons moments et canaliser des services d’édition de l’annuaire Selon Fabrice Fontaine : «Nous avons
les enthousiasmes ; chaque maîtrise papier et de la régie publicitaire ODA retenu la solution d’IDS Scheer pour

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Retours d’expérience

L’urbanisation du système d’information


s’est imposée comme un levier et
un moyen d’harmoniser les évolutions
en convergence vers une cible

l’exhaustivité de ses fonctionnalités. voulu par PagesJaunes permet aussi Une fois la formation à la démarche
En outre, l’outil s’est révélé très ouvert bien une approche ‘top down’ (d’une outillée effectuée, l’accompagnement
et offre une grande souplesse de vue vue générale à une vue détaillée) que des contributeurs des projets s’est
en nous permettant selon les besoins ‘bottom up’. Chacune des vues (métier, révélé indispensable pour transmettre
de rester à un niveau général ou de fonctionnel, applicatif et technique) une culture et des pratiques qui allaient
descendre dans les détails. Il nous a précise le niveau de granularité néces- s’inscrire dans le cadre concret de pro-
séduits aussi par le bon compromis saire. jets de transformation dont ils ont la
facilité d’emploi/rigueur de modélisation charge.
qu’il offre». Personnaliser l’outil
L’adaptabilité de l’outil au contexte local Un bilan positif
Une démarche pragmatique était un facteur important. Il ne fallait Le dispositif est aujourd’hui opérationnel
et participative pas noyer les utilisateurs avec trop d’in- et le chantier de cartographie monte en
formations. «S’il avait été mis dans les puissance. Beaucoup d’espaces pro-
Cartographier son système d’informa- mains des équipes, sans guide et sans jets ont été ouverts. Il s’agit désormais
tion à des fins d’urbanisation est un vé- objectifs, nous aurions risqué d’avoir pour PagesJaunes de systématiser la
ritable projet qui nécessite de construire des niveaux de granularité différents ou démarche.
une démarche outillée. Pour se faire même de reproduire les méthodes déjà
accompagner, PagesJaunes a retenu le en place. Il fallait donner des étapes clai- Avec l’expérience, la méthode s’ajuste
cabinet Nomia pour son expertise dans res, homogènes, quitte à limiter les am- et le niveau de description s’améliore.
le domaine de l’urbanisme et de la car- bitions», souligne Fabrice Fontaine. La «Nous avons ouvert un projet cartogra-
tographie et pour son offre méthodologi- cellule architecture fonctionnelle s’est phie et mis en place un dispositif de pilo-
que iPrisme (voir encadré page 10). donc attachée à adapter ARIS, dans la tage. Des tableaux de bord consolidant
forme et dans le fond. «Les utilisateurs des indicateurs de couverture mesurent
Un pilote de validation doivent pouvoir se concentrer sur le notre progression et le temps passé par
Le projet de cartographie a démarré fond et non sur l’acquisition de l’outil», les différentes équipes projet», com-
autour d’un pilote destiné à valider l’or- résume Serge Peresson, Chef de projet mente Fabrice Fontaine.
ganisation, la stratégie de déploiement en charge du projet d’urbanisation et de
et à adapter la solution ARIS au contexte cartographie.
de PagesJaunes, dans une perspective
d’industrialisation. Exploiter le référentiel
Une fois le travail de structuration ter-
Animer le projet miné, le peuplement de la cartographie
Le cabinet Nomia est intervenu en as- pouvait commencer. «Dans une pers-
sistance à maîtrise d’ouvrage au sein pective d’urbanisation et de définition
de la cellule architecture fonctionnelle des besoins futurs, nous avons pré-
- créée pour le projet - chargée de défi- féré nous orienter vers une cartographie
nir le cadre et la méthode et de suivre la construite au fil de l’eau par les projets»,
cohérence des travaux de cartographie. souligne Fabrice Fontaine. Des espa-
Son objectif était d’inciter les acteurs ces projets ont été créés dans ARIS à
concernés (architectes fonctionnels, maî- cette fin. Ils ont été disjoints de la carto-
trise d’ouvrage, chefs de projets) à s’ap- graphie de l’existant, pour pouvoir bâtir LES ENJEUX DU PROJET
proprier l’outil et la démarche, tant par un le SI cible et les paliers des trajectoires
accompagnement de proximité que par d’évolution selon les règles d’architec-
Aligner le SI sur la stratégie de
des formations préalables ad’hoc. ture retenues.
l’entreprise dans un marché de
L’exploitation du contenu du référentiel
plus plus concurrentiel.
Définir un métamodèle est un point crucial. L’accent a été mis
Support de l’industrialisation de la sur l’insertion de livrables de la cartogra- Favoriser un partage de connais-
démarche et étape essentielle pour le phie aux bons niveaux de la démarche sances sur les processus métier
partage d’un langage commun, le mé- de conduite de projet. La capacité de et le patrimoine applicatif de l’en-
tamodèle qui structure la cartographie l’outil à générer de la documentation uti- treprise.
PagesJaunes comporte - pour chacun le aux projets a grandement facilité cette
Instaurer un langage commun
des niveaux retenus - les concepts et dimension tout comme l’utilisation de re-
entre les équipes.
les relations sémantiques qui décrivent quêtes pour connaître les interrelations
les domaines de l’entreprise. Le modèle des constituants de la cartographie.

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Retours d’expérience

La Matmut déploie son dispositif de


cartographie applicative en un temps record
La méthodologie iPrisme de Nomia et l’outil Aris d’IDS Scheer ont amené la
démarche et le cadre nécessaires pour permettre une mise en oeuvre flash, en
trois mois. La personnification du projet a aussi été un facteur clé de succès.

Entretien avec Jérôme Banderier, Responsable des Etudes, et Thierry Catelas, Responsable Cartographie,
Direction Informatique, Groupe Matmut.

Acteur historique dans le domaine de massif, portant à plus de 4500 le nom- Pour faire face à cette croissance rapide
l’assurance dommages, la Matmut a bre de nos collaborateurs. et aux nouveaux enjeux, nous avons
fait le choix de se diversifier. Quel- augmenté en proportion nos propres
les sont aujourd’hui les orientations Dans ce nouveau paysage, comment effectifs, dont la moitié est consacrée
stratégiques du Groupe ? se structure la Direction Informatique ? aux développements et systèmes infor-
matiques.
Jérôme Banderier : Figurant parmi les Jérôme Banderier : La Direction In-
leaders dans le domaine de l’IARD, la formatique, basée à Rouen, prend en … et le système d’information ?
Matmut élargit son périmètre d’activi- charge l’ensemble des développements
té. A titre d’exemple, nous avons lancé informatiques du Groupe. Véritable di- Jérôme Banderier : Nous avons
un produit d’assurance-vie en 2007 et rection support, elle est utilisée par tou- adopté une approche très pragmatique
nous proposerons un produit santé tes nos filiales. Nous avons la chance de la construction de notre système d’in-
début 2009. Cela nous met en position de bénéficier depuis de longues années formation. La Matmut est dans une tra-
d’offrir une gamme complète de pro- d’une grande stabilité d’équipe, grâce dition de gestion ciselée de ses projets.
duits d’assurance et de prévoyance. à un très faible turn over. Toutefois de- Tout projet doit être un projet abouti et
Cette augmentation d’activité et cette puis quatre ans, nous rencontrons une ceux engagés doivent servir les besoins
évolution des métiers ont évidemment activité très soutenue et nous avons vu essentiels d’une mutuelle d’assurance.
nécessité un plan de recrutement tripler le nombre de projets demandés. Bâti sur ce coeur, sans applications

Extension future du siège social de la Matmut

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Retours d’expérience

MATMUT
(au 31/12/2007)
Activité :
Assurances études préalables, la prise de
connaissance d’un domaine
Chiffre d’affaires : sur lequel ils ne sont pas his-
1,3 milliard euros toriquement leader, etc. Notre
ambition est que la démarche
de cartographie s’inscrive dans
Sociétaires : nos bonnes pratiques, encap-
2,7 millions sulée dans notre méthodologie
projet.
Contrats :
5,7 millions
Pourquoi avoir choisi de
vous faire accompagner de
Salariés
Nomia ?
4500 collaborateurs
Jérôme Banderier : Nous
étions dans une phase de quasi
découverte de la cartographie. Pour
«Etant dans une phase de relative découverte de la cartographie, il y éviter de perdre du temps, nous avons
avait un risque, en travaillant seuls, de nous égarer dans des détails. vite mesuré l’utilité de nous faire
Il nous fallait une démarche et un cadre. La méthode iPrisme propo- accompagner. Dans ce type de projet,
sée par Nomia et l’outil Aris étaient tous deux adaptés à notre besoin il faut être pragmatique et éviter de se
et nous ont permis une mise en oeuvre flash du projet».
faire plaisir. La nature et la qualité des
informations à gérer dans un référentiel
de cartographie devant correspondre au
Jérôme Banderier juste nécessaire, il est donc impératif
et la capitalisation des connaissances de les déterminer avec pertinence et
Responsable des Etudes sur notre patrimoine. cohérence. En faisant appel à un cabinet
informatique, Matmut extérieur, nous voulions bénéficier de
Quelle valeur ajoutée la cartographie l’expérience d’un consultant de haut
inutilisées ou obsolètes, notre système va-t-elle apporter au système d’infor- niveau pour nous aider à cadrer le projet
a ainsi grossi de façon maîtrisée. Il mation ? et nous guider dans une démarche
est aujourd’hui constitué d’applications ad hoc avec le recul voulu. Des
grands systèmes avec des interfaces Thierry Catelas : La cartographie est le cinq cabinets présélectionnés, nous
applicatives micro et web, développées moyen de maîtriser notre parc, de don- avons choisi Nomia pour trois raisons
en Turbo Pascal, Delphi et DotNET. ner une visibilité sur ses constituants, principales : son expertise reconnue sur
de partager le savoir, de réduire les le sujet, la qualité du consultant proposé
Qu’est-ce qui a déclenché alors le temps d’étude en rendant les personnes et une approche efficace qui correspond
projet de cartographie ? plus polyvalentes en termes de sujets bien à notre façon de travailler. En
confiés, de faciliter l’intégration des nou- venant avec son cadre méthodologique
Jérôme Banderier : D’une équipe veaux arrivants. iPrisme, Nomia a su nous aider de façon
resserrée et homogène, qui maîtrisait concrète dans une mise en œuvre flash
le SI sur le bout des doigts, nous som- Jérôme Banderier : Nous voyons la du projet.
mes passés à une équipe trois fois plus cartographie comme une aide pour
importante. Il y avait donc un risque de comprendre et maîtriser le SI actuel Vous avez ouvert un poste pour
dilution des connaissances, souvent mais aussi pour bâtir celui de demain. prendre en charge le projet de car-
intangibles parce que détenues en Elle va permettre à chacun de disposer tographie. Cela participe t-il de votre
partie dans la tête des individus. Si le d’une vision globale fiable du SI, sans volonté d’inscrire la démarche sur le
patrimoine technique est parfaitement laquelle toute décision sur les projets long terme ?
documenté, grâce à un puissant dic- d’évolution serait risquée, en passant
tionnaire de données, les structures et par exemple à côté d’un flux important Jérôme Banderier : En effet, il nous
les flux inter applicatifs ne sont souvent ou d’une application. Pour les équipes a semblé important d’adresser des
connus que des experts. La croissance projets c’est un outil précieux pour les signaux forts de notre motivation. Le
conjuguée des effectifs et du parc appli- aider à générer de la valeur ajoutée, recrutement d’un responsable carto-
catif rendait nécessaire la centralisation en facilitant les analyses d’impacts, les graphie en était un. Sa mission est

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Retours d’expérience

Les contributeurs se sont rapidement appropriés le cadre


et les outils proposés. Cela nous a fait gagner beaucoup de temps.

d’inculquer une culture cartographique, chmark entre deux éditeurs - parmi les objectifs majeurs : inscrire la cartogra-
d’accompagner les équipes et de faire leaders du marché - nous avons choisi phie dans la durée et la faire porter sur
vivre le contenu du référentiel en veillant ARIS d’IDS Scheer pour la richesse de l’ensemble du SI, dans un recensement
aux mises à jour régulières dictées par son méta modèle, facilement adaptable le plus complet possible, pour disposer
les évolutions incarnées par les projets. à notre besoin à moindre coût, mais d’une vision d’ensemble indispensable.
Dans un contexte de forte charge de aussi pour les possibilités de l’outil Nous nous sommes donnés deux ans
travail, où il est quelquefois difficile de comme son ouverture à d’autres types pour la mener de bout en bout. Il est
garder une priorité haute à ce sujet, il de cartographies ou à l’urbanisation. donc trop tôt pour quantifier un retour
apporte aux chefs de projets un soutien sur investissement. Pour le moment,
concret (analyse d’impact, mise à dispo- Trois mois pour déployer le dispositif il est incontestablement qualitatif. La
sition des cartes de référence, …) et sait de cartographie apparaissent comme première année, jusqu’à l’été 2008,
faire avancer les projets en les aidant un temps record. Comment l’expli- nous a permis d’inscrire la cartogra-
comme architecte dans le processus quez vous ? phie dans les habitudes de travail. De
d’élaboration des cartographies. Per- fait, aujourd’hui elle est vécue de façon
sonnifier ainsi le projet est certainement Thierry Catelas : C’est une conjonction positive. Les équipes et le management
un des facteurs clés de succès. de facteurs clés de succès. En amont du ont compris non seulement la néces-
déploiement du dispositif, nous avons sité mais aussi l’intérêt de la démarche.
Quelles ont été les principales étapes soigneusement préparé le terrain par Cela s’est fait d’autant plus sereinement
de mise en place du dispositif ? une campagne de sensibilisation pour que notre méthodologie projet arrivait à
démystifier la cartographie. Elle a per- un niveau de maturité qui nous permet-
Thierry Catelas : Pour mieux ancrer mis de familiariser les équipes avec les tait de l’intégrer de façon avantageuse.
le projet, nous souhaitions une mise concepts et de parler le même langage. Nous sommes donc parfaitement en
en œuvre flash, propre à générer ra- phase avec nos attentes. Notre pro-
pidement des résultats concrets. Avec En second lieu, le méta modèle et les chain objectif, d’ici l’été 2009, est d’avoir
l’aide de Emmanuel Songo, consultant services que recouvre la méthode iPris- cartographié entre un tiers et la moitié
senior de Nomia, nous avons déployé le me étaient pour l’essentiel bien adaptés du patrimoine applicatif couvrant l’es-
dispositif de cartographie en 3 mois seu- à nos besoins cartographiques ; les sentiel du SI. Quatre projets sur cinq
lement, et ceci en incluant deux pilotes. contributeurs se sont rapidement appro- devront présenter une carte issue de
Dans les grandes lignes, nous avons priés le cadre et les outils qui leur ont l’outil. Il nous appartient bien sûr de
appliqué la démarche iPrisme de No- été proposés. Cela nous a fait gagner garder le cap et de continuer à animer le
mia, déclinée en plusieurs étapes : défi- beaucoup de temps. Enfin, nous avons projet. Nous avons prévu d’y consacrer
nition d’une organisation, adaptation du cherché à automatiser au maximum l’équivalent de 2,5 personnnes.
modèle iPrisme aux besoins de la Mat- l’import de données dans le référentiel
mut, choix d’un outil support de la carto- ARIS. Notre procédure de collecte des Ce projet s’inscrit-il dans une pers-
graphie, mise en place d’une procédure données est résolument pragmatique. pective d’urbanisation ?
de collecte des données, alimentation ARIS a généré les cartes décrivant les
du référentiel, restitution auprès des flux inter applications, les composants Jérôme Banderier : Nous n’avons
équipes. Une fois la démarche, l’orga- applicatifs d’une application, et enfin la pas à proprement parler de calendrier
nisation et l’outil validés par ces projets carte de contexte par application. L’adé- en matière d’urbanisation. Pour autant,
pilotes, la campagne de cartographie, quation entre application et fonction de nous sommes bien conscients qu’avec
grandeur réelle, a pu démarrer, précé- l’architecture fonctionnelle a été assu- notre croissance et l’introduction de
dée bien sûr d’une phase importante de rée lors de la collecte des données. nouveaux métiers, nous sommes en
communication et formation. train d’étendre significativement notre
Jérôme Banderier : Nous voulions système d’information, qui plus est avec
Vous avez fait le choix d’ARIS comme avant tout ne pas imposer la cartogra- des équipes nouvelles. Nécessaire-
outil support. Quels ont été vos critè- phie comme une contrainte. Chacun - y ment, à terme, il nous faudra l’améliorer
res déterminants ? compris le management - est conscient davantage pour accroître sa réactivité
de la priorité à lui donner, mais cons- et son efficacité, et cela passera par
Jérôme Banderier : C’est d’abord la cient également que les projets aussi l’urbanisation. Notre investissement
question d’un outil spécifique qui s’est doivent avancer. Pour éviter tout bloca- dans la cartographie sera alors un atout
posée. Etant dans la première phase ge en phase de démarrage, les équipes précieux. Grâce à la vision d’ensemble
de notre projet, nous nous sommes ne renseignent la cartographie que lors qu’elle va apporter, nous pourrons nous
demandés si cela ne serait pas surdi- de leur projet ; elle n’est donc pas vécue assurer de la complétude de nos études
mensionné. Notre maturité sur le sujet comme une énorme charge. d’impact. C’est assurément un gain
avançant, nous avons réalisé qu’il ne en termes de qualité et de confiance
fallait pas s’en priver. En outre, le choix Peut-on parler de retour sur investis- pour définir des scénarios d’évolution
d’un outil renforçait notre engagement à sement ? pragmatiques sur le plan technique et
l’égard de la cartographie dans une ap- métier.
proche ‘référentiel’. A l’issue d’un ben- Jérôme Banderier : Nous avions deux

La Lettre de Nomia - n°8 DOSSIER Performance du Système d’Information 10


Retours d’expérience

Eurofactor se dote d’un cadre de référence


en matière d’urbanisme de ses S.I.
Commencé début 2006, le projet d’urbanisation a porté ses premiers fruits dès
2007, comme l’ont montré les premiers calculs de retour sur investissement.

Entretien avec Isabelle Sinou, Responsable du Départements Normes, Standards, Architecture et sécurité
de la DSI du Groupe Eurofactor

visibilité sur le contenu du patrimoine.


Ce dont nous disposions déjà en partie
puisque nous avions lancé un vaste
chantier de cartographie de nos proces-
sus dès 2002. Il nous fallait également
disposer d’une visibilité sur la cible à
moyen terme et sur les trajectoires à
bâtir pour aller vers la cible, conformé-
ment à notre stratégie. Il fallait pouvoir
mesurer l’effort nécessaire pour intégrer
progressivement les briques de la cible,
mesurer l’état de chaque système à
rénover et la qualité globale du sys-
tème d’information. Il est apparu enfin
indispensable de communiquer à la fois
sur la nécessité de définir ce cadre de
référence et sur les gains attendus. La
nécessité de formaliser une démarche
d’urbanisation du système d’information
Eurofactor s’imposait donc.

Vous avez choisi de vous faire ac-


Qu’est-ce qui a motivé votre décision matière d’urbanisme de ses systèmes compagner du cabinet Nomia. En
de vous engager dans une démarche d’information. quoi a consisté la démarche propo-
d’urbanisation et dans quel contexte sée et que vous a-t-elle apporté ?
de marché s’inscrit-elle ? Pour aligner les systèmes d’informa-
tion sur la stratégie d’Eurofactor, cela Isabelle Sinou : Le chantier d’urbani-
Isabelle Sinou : En 2005, Eurofactor et suppose d’en avoir une meilleure sation a démarré début 2006. Nomia
Transfact, les deux filiales d’affacturage maîtrise. Quels sont les princi- nous a proposé sa démarche «iPrisme
de Crédit Agricole SA ont fusionné. Ce paux attendus de cette démarche ? Cartographie/Urbanisme», articulée
rapprochement s’inscrivait et s’inscrit en cinq grandes étapes. Nous avons
encore aujourd’hui dans une dynamique Isabelle Sinou : En regard de la stra- commencé par définir les fondamen-
de marché porté entre autre par l’essor tégie décidée par le Groupe, il nous taux de notre cadre d’urbanisme : l’or-
de l’externalisation de la gestion du fallait refondre le système d’information ganisation de la cellule d’urbanisme,
poste clients et par le développement des Filiales Européennes et le système la charte d’urbanisme Eurofactor, la
de l’affacturage à l’international. Dans d’information International France en définition de nos standards d’archi-
ce paysage concurrentiel, nous voulons respectant trois impératifs : remplacer le tecture et des indices d’urbanisation.
nous donner les meilleurs atouts pour système cœur de métier par un progiciel Cette étape préalable s’est révélée fon-
améliorer notre réactivité (réduire le ; offrir des états stables des systèmes damentale pour expliquer les enjeux et
time to market) et renforcer notre capa- d’information à chaque étape entre le les principes de l’urbanisation et conver-
cité d’innover. Convaincue, dans cette SI existant et le SI cible, et enfin nous ger sur un vocabulaire commun. Cela a
optique, de l’apport de l’urbanisme, la donner les moyens d’évoluer au-delà permis à chacun de disposer du même
Direction Générale a souhaité doter du seul métier d’affacturage. Pour y niveau d’information et d’appréhender,
Eurofactor d’un cadre de référence en parvenir, nous avions besoin d’avoir une au mieux, le projet d’urbanisation de

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Retours d’expérience

Les premiers calculs de retour sur investissement

GAINS QUANTITATIFS

Un gain en temps de 30 % pour conduire des analyses d’impact

Une prise en main du SI par les nouveaux arrivants ou les


prestataires extérieurs réduite de moitié

Un temps consacré aux spécifications réduit de 30 %


quel est leur rôle ?
La réutilisabilité des composants dans un projet a permis de
gagner 10 jours/hommes par fonction réutilisable Isabelle Sinou : Pour mettre en prati-
que notre démarche d’urbanisme, trois
instances clés travaillent en étroite
GAINS QUALITATIFS collaboration. Une cellule centralisée
gère notre référentiel de cartographie
une meilleure maîtrise de la complexité et d’urbanisation [ndlr : Mega]. C’est
elle qui fournit aux équipes projets les
Une meilleure appréhension des risques et une définition claire modèles de référence dont elles ont
des rôles et responsabilités des différents acteurs besoin : règles de gestion, architecture
fonctionnelle cible, modèle générique
de données, etc. Ces équipes réalisent
leurs spécifications en tenant compte
AUTRES GAINS VISES
des standards d’architecture désormais
applicables et peuvent, le cas échéant,
La réduction des coûts d’intégration ou des coûts liés aux se faire aider par les membres du comité
interfaces, aux incohérences de développement, d’architecture (architectes métier, fonc-
tionnel, applicatif ou technique). Une
Une réduction des coûts annuels d’exploitation fois les dossiers d’architecture terminés,
ils sont soumis au comité d’architecture
Des économies sur la gestion des données, des applications et qui valide leur conformité au regard des
des infrastructures systèmes règles et des trajectoires définies pour
la cible. Les composants administrables
sont ensuite remontés à la cellule cen-
tralisée. Pour aider chacun des acteurs,
notre système d’information. décrire les rôles entre les différents nous avons mis à disposition des accès
Dans une seconde étape, la cellule intervenants du S.I. et d’être très clair à ces cartes de référence, via l’intranet.
d’urbanisme s’est attachée à définir des sur le qui fait quoi. Nous étions alors Ils disposent par exemple de vues géné-
modèles de référence métier au regard suffisamment avancés dans la démar- rales sur l’architecture fonctionnelle, les
de la nouvelle stratégie. Ces modèles che pour commencer le volet de sen- données, le dictionnaire de données, de
doivent aider les chefs de projet à déli- sibilisation des maîtrises d’ouvrage, de vues détaillées sur l’ensemble des com-
miter la couverture fonctionnelle et infor- la DSI et de l’Organisation. Nous nous posants référencés dans le référentiel.
mationnelle de leurs projets en leur évi- sommes appuyés sur les fondamentaux Ils peuvent également accéder à l’en-
tant le syndrome de la feuille blanche. définis dans la charte d’urbanisme. Et semble de la documentation liée au SI.
Aujourd’hui cela nous fait gagner un pour finir, nous avons accompagné de
temps précieux. Ces supports, une fois façon très opérationnelle les projets et L’urbanisation doit vous permettre de
mis au point, nous avons pu actualiser notamment notre projet phare Netsys, passer de l’existant vers la cible en
notre démarche projet, en intégrant aux le remplacement du système cœur de définissant des trajectoires. Comme
étapes appropriées, les actions relevant métier par un progiciel. ce processus a-t-il été concrètement
des principes d’urbanisation. mis en œuvre ?
En termes d’organisation, avez-vous
Cette phase a notamment permis de défini des instances particulières et Isabelle Sinou : Pour y parvenir, nous

La Lettre de Nomia - n°8 DOSSIER Performance du Système d’Information 12


Retours d’expérience

Avec des outils de pilotage performants,


Eurofactor se dirige vers une gouvernance
plus fine de son système d’information

avons d’abord bâti une architecture meilleure maîtrise de la complexité. Par aux incohérences de développement,
fonctionnelle cible en nous appuyant la cartographie, il est possible de voir en facilitant par exemple la réutilisabilité
sur une double source d’identification immédiatement ce qui se passe dans des composants et en mettant à dispo-
des fonctions : les nouvelles fonctions le système d’information et de mieux sition des services d’accès aux données
issues de la mise en œuvre des proces- appréhender tout projet de refonte. Il est de référentiels.
sus conformément à la stratégie et les plus facile d’identifier les systèmes à re- En supprimant les risques de redondan-
fonctions implémentées dans les appli- voir, les interactions entre systèmes, les ces, les coûts annuels d’exploitation de-
cations de notre patrimoine. Tout ceci a composants réutilisables. La démarche vront être significativement réduits. En-
été rangé dans un plan de classement permet également de mieux appréhen- fin, nous devrions pouvoir réaliser des
des fonctions. Ce plan nous a permis, der les risques et de définir clairement économies sur la gestion des données,
d’une part, de mesurer la couverture les rôles et responsabilités des diffé- des applications et des infrastructures
fonctionnelle des progiciels candidats rents acteurs. Sur des critères purement systèmes.
au remplacement du système cœur quantitatifs, nous avons mesuré un gain
de métier et d’autre part, de construire en temps de 30 % pour conduire des Quels vont être les grands apports
l’architecture applicative. Dès lors, la analyses d’impact.. Grâce aux cartogra- de la démarche d’urbanisation pour
définition des trajectoires dépend des phies, la prise en main du système d’in- le Groupe ?
critères « business » et des ressources formation par les nouveaux arrivants ou
requises. les prestataires extérieurs a été réduite Isabelle Sinou : En se dotant d’outils
de moitié. Par la fourniture de modèles de pilotage performants et en amélio-
Cette démarche d’urbanisation a de références, le temps consacré aux rant sa gestion du risque, Eurofactor se
bénéficié du soutien de la Direction spécifications a été réduit de 30 %. En- dirige vers une gouvernance plus fine
Générale. La question du retour sur fin, sur l’un des projets en cours, dans le de son système d’information. Grâce à
investissement devait être centrale. cadre d’un développement web, la réu- un S.I. désimbriqué, cohérent et plus
Des gains ont-ils déjà été mesurés ? tilisabilité des composants a permis de réactif, le Groupe sera capable d’inté-
gagner 10 jours/hommes par fonction grer de nouvelles fonctions plus rapide-
Isabelle Sinou : Le soutien de la Di- réutilisable. ment (de nouvelles offres par exemple)
rection Générale a été une des clés et sera aussi en mesure d’interagir plus
du succès de la démarche. Elle a su Et sur le long terme ? rapidement avec d’autres systèmes,
effectivement y déceler un fort potentiel facilitant ainsi la mise en oeuvre de
de retour sur investissement. Des gains Isabelle Sinou : Au-delà des bénéfices nouveaux partenariats. Notre démarche
tant quantitatifs que qualitatifs ont déjà déjà mesurés, le Groupe vise d’autres d’urbanisme est naturellement appelée
pu être mesurés et d’autres sont encore gains importants comme la réduction à évoluer et à s’enrichir au fur et à me-
attendus. Pour commencer, la démar- des coûts d’intégration ou des coûts liés sure des retours des projets.
che d’urbanisation nous confère une aux interfaces ( mise en place de l’EAI),

Le cadre méthodologique iPrisme_Architecture_Entreprise de Nomia

iPrisme est le fruit de la capitalisa- cle du changement et issues des le référentiel de cartographie,
tion des 15 ans d’expérience de meilleures pratiques. La démarche démarche d’administration.
Nomia dans l’accompagnement iPrisme-AE (Architecture Entre-
des entreprises dans leurs grands prise) comprend : - Les outils nécessaires pour dé-
projets de transformation. Il intè- - Les modèles de cartographie livrer les services de base d’une
gre un cadre de structuration des (métier, fonctionnel, applicatif et cartographie applicative.
connaissances dont la finalité est technique) avec les concepts et
de mieux maîtriser la complexité les relations qui les unissent. Le cadre iPrisme est implémenté
de l’entreprise et de la doter d’un dans plusieurs outils de cartogra-
langage commun. - Les démarches de mise en phie du marché, notamment Aris
iPrisme offre également un ensem- œuvre : démarche de cartogra- et Mega. Il prend également en
ble de démarches méthodologiques phie, démarche de collecte et de compte le framework TOGAF.
complémentaires couvrant le cy- peuplement des données dans

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