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SOS SUCCESSIONS
Association à but non lucratif, Loi de 1901
Aide au règlement de successions
Réduction des délais et des coûts
BP 30041
86362 CHASSENEUIL DU POITOU CEDEX
Tel : 08 79 21 94 38 / 06 32 14 81 08
e-mail : sos.successions@yahoo.fr
blog : sos.successions.over-blog.fr

Cher Monsieur Attali,

Après avoir lu avec un immense intérêt votre dernier livre, « Une brève histoire de l’avenir »,
nous avons noté avec plaisir votre nomination à la tête de la commission sur les conditions de
la libération de la croissance économique en France.

Vous évoquez d’ailleurs, à juste titre, le travail effectué par les équipes qui vous ont précédé
dans cette action salutaire (Rapports Rueff – Armand, Cahuc Cramarz, Camdessus, Doing
Business, Direction Générale de la Concurrence de la Commission européenne, …).

Parmi les obstacles reconnus à la croissance économique figurent les réglementations inutiles,
les professions excessivement réglementées qui, à défaut de véritable concurrence, bénéficient
d’authentiques rentes de situation.

La corporation des notaires en est l’exemple le plus caractéristique, que vous ne devez pas
oublier dans les propositions de réformes qui émaneront de votre commission.

En effet, au travers de l’action de l’association « SOS SUCCESSIONS », nous constatons


chaque jour les excès et les effets pervers du statut de cette profession.

Parmi ceux-ci, il faut citer :

Le principe des « charges » transmissibles :

Le nombre limité, et même la rareté, des « charges » des notaires, entraîne bien des effets
pervers :
. ces « charges » sont transmises en priorité aux proches des notaires (enfants, alliés, amis,
…).
Le talent et le mérite n’ont pas leur place dans ces transmissions à caractère strictement
patrimonial, où la perspective de gains et autres avantages importants est prédominante sur le
supposé service public régulièrement invoqué par les membres de cette profession pour éluder
toute réforme ;
. une personne extérieure au cercle rapproché d’un notaire en place n’a que peu de chances
d’accéder à la fonction, quels que soient son talent et son mérite. Bien entendu, les membres
de la profession peuvent toujours citer des cas d’espèce, des exceptions qui ne font que
confirmer la règle.
Bien souvent, les personnes qui ne font pas partie du cénacle doivent se contenter d’études
sans grand intérêt, financier ou professionnel, qui ne sont en fait que des strapontins, des lots
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de consolation, et n’ont que très peu de chances d’évoluer vers des « charges » plus
intéressantes. Ils sont parfois contraints d’accepter des associations avec des notaires
incapables ou malhonnêtes pour accéder à la fonction ;
. les prix des charges, quand elles sont cédées à des étrangers à la famille, sont anormalement
élevés, et font souvent l’objet de « dessous-de-table » (voir diverses interventions sur le site
du « Mouvement Jeune Notariat » : www.mjn.fr)), ce qui est le comble pour des officiers
publics nommés par le Ministre de la Justice,
. on trouve, partout en France, de véritables « dynasties » de notaires, parfois incompétents,
ou malhonnêtes, qui n’ont aucune notion du service public qu’ils sont supposés rendre à leurs
concitoyens,
. dans certains départements, les notaires sont presque tous de la même famille (parents, alliés,
cousins, …),
Il faut bien reconnaître que tout ceci est singulièrement décalé et n’a rien de réellement
républicain !

La formation des notaires :

Les étudiants titulaires de la maîtrise en droit peuvent se porter candidats aux « centres de
formation des notaires ».
Mais il faut savoir que l’admission à ces centres, passage obligé pour accéder à la fonction, ne
se fait pas sur concours, mais « sur dossier ».
La sélection est, bien entendu, entre les mains des notaires, et les critères n’en sont pas
vraiment avouables.
Il est clair que les postulants qui doivent succéder dans la fonction à des membres de leur
entourage proche, ou à défaut qui sont issus de familles ayant des moyens suffisamment
importants pour acheter une « charge », au besoin en versant un « dessous de table », ont plus
de chances que les autres, quelles que soient le talent, le mérite et la motivation de ces
derniers.
La transparence n’est pas le fort de ce processus de sélection, et n’a strictement rien à voir
avec les concours en vigueurs dans d’autres filières.
Bien entendu, la corporation fait en sorte qu’il y ait des exceptions qui, par la suite, sont
systématiquement mises en avant afin de sauver les apparences, selon une tradition bien
établie dans ce milieu, par nature inégalitaire et fort peu républicain.

Le tarif des notaires :

Le tarif des notaires a, dans son principe, plusieurs fonctions :


. il doit rémunérer le service public assuré par le notaire,
. et, par son volet « social », permettre au notaire de traiter des dossiers « non rentables » au
moyen des produits des dossiers plus rémunérateurs.
Seulement, comme toujours, c’est dans l’exécution que cela pêche :
Les notaires, soucieux de se ménager des revenus très confortables (en moyenne, plus de
20.000 euros par mois) se consacrent en fait aux seuls dossiers très rémunérateurs, et
négligent les cas où il faudrait consacrer plus de temps aux clients, aux « usagers » du service
public qu’ils sont supposés avoir en charge ;
Ainsi, ils conservent pour eux mêmes les ressources qui devraient être consacrées à rémunérer
un personnel qualifié, capable de rendre un vrai service aux personnes et aux familles qui en
ont besoin.
En fait, le concept de « service public » n’est invoqué par les notaires que pour :
. justifier un tarif très rémunérateur,
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. et repousser tout projet de réforme de leur statut d’officier public.

Par ailleurs, il peut sembler choquant qu’un service public, dont le volet social devrait être
important, soit utilisé pour procurer et couvrir des ressources démesurées eu égard au service
réellement rendu.
Ainsi, pourquoi un notaire gagne-t-il, en moyenne (plus de 20.000 euros par mois), quatre fois
plus qu’un médecin (5.000 euros par mois) qui soigne les gens et sauve des vies, alors que le
notaire n’assure, pour sa part, qu’un secrétariat de qualité très contestable ?

Les actes, très standardisés, sont produits en temps réel par des stagiaires, ou par des
personnes plus expérimentées mais peu qualifiées donc faiblement rémunérées, au moyen de
progiciels très automatisés.
Le tarif, proportionnel aux capitaux exprimés dans les actes, procure ainsi aux notaires des
ressources personnelles très importantes, sans rapport avec la réalité du service rendu et
totalement déconnectées du concept de service public.
Quant aux dossiers moins « intéressants », ils sont tout simplement laissés de côté et les
clients ainsi abandonnés se lamentent, parfois auprès de la chambre des notaires, mais sans
aucun résultat, bien évidemment.

Au-delà de leur rémunération officielle, déjà très importante pour des personnes en charge
d’un service public à caractère social, des notaires en nombre significatif se constituent des
patrimoines très importants en achetant, dans des conditions particulièrement avantageuses,
des biens dans les successions réglées à leur étude.
Ayant connaissance des situations particulières de par leur proximité avec leurs clients, et
profitant de la confiance naturelle (et souvent, il faut bien le dire, de la faiblesse ou de la
naïveté) de ceux-ci, ils achètent aussi des biens en viager de clients en mauvaise santé, ou
même tout simplement mourants ; ils se font parfois désigner légataires de leurs clients, etc.
(voir le livre « L’honneur d’un notaire – Spoliations et raison d’Etat », ci-joint).
Bien entendu, au-delà même de l’aspect totalement immoral de telles pratiques, celles-ci sont
absolument contraires à la déontologie, mais les instances de tutelle (chambres et conseils
régionaux de notaires, procureurs de la République) ferment complaisamment les yeux !
Il faut savoir que ces agissements sont aussi le fait des responsables des instances ordinales
(membres des conseils régionaux et des chambres des notaires), qui trouvent dans l’exercice
de ces fonctions disciplinaires officielles les indispensables protections dont ils ont besoin, et
le moyen de manipuler les procureurs et les juges, dans un schéma de solidarité objective
entre institutions de la République.
Ils protègent aussi leurs semblables en attendant que ceux-ci accèdent eux-mêmes aux
fonctions disciplinaires, à charge de « renvoi d’ascenseur » !
L’autodiscipline dont se targue cette profession afin de refuser toute ingérence extérieure, est
ainsi totalement dévoyée.

Les « abus » de toutes sortes :

Le livre « L’honneur d’un notaire – Spoliations et raison d’Etat », ci-joint, décrit


minutieusement certains « abus », arnaques, commis par des notaires toujours en place,
certains à la tête des instances ordinales.
Des notaires auteurs de graves irrégularités (achat des biens des clients dans des successions,
à des conditions très avantageuses, notamment), sont à la tête des instances ordinales
(président de conseil régional des notaires et de chambre des notaires).
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Il semble que ces notaires malhonnêtes, qui sont et reviennent régulièrement à la tête des
instances ordinales en charge de la discipline, du respect de la déontologie et de l’éthique,
soient élus à ces fonctions afin de protéger leurs semblables !
L’autodiscipline supposée de cette profession est ainsi dévoyée en un véritable système, où
des « parrains » protègent leurs affidés et se mettent eux-mêmes à l’abri des poursuites en
manipulant les procureurs et les juges, naturellement respectueux et solidaires de cette autre
institution !
On constate ainsi une véritable solidarité de fait entre deux institutions désireuses de sauver
les apparences.

Ainsi, dans une même petite ville :


. un notaire, président de la chambre des notaires après avoir déjà occupé cette fonction et
celle de président du conseil régional des notaires :
. a acquis un patrimoine immobilier significatif, à des conditions très avantageuses,
dans des successions dont il était chargé,
. a manoeuvré pour déposséder une cliente de sa maison d’habitation, et c’est notre
intervention in extremis qui a permis d’arrêter cette scandaleuse opération. Depuis notre
intervention, le dossier est resté en l’état chez le notaire et la maison se trouve toujours dans
l’indivision !
. au plus grand mépris de sa fonction de notaire, officier public, chargé d’authentifier
un acte de vente d’immeuble, a considéré, plusieurs semaine après la signature de l’acte par
les vendeurs et les acquéreurs, que cet acte n’avait aucune existence, puis a changé subitement
d’avis à la suite des protestations des clients,
. etc,
. la consoeur de ce notaire, qui exerce dans l’étude voisine, est premier syndic de la même
chambre des notaires, donc plus spécialement chargée de la discipline des notaires de son
département :
. dans une affaire dont notre association a connaissance : après avoir fait signer un acte
de « licitation » aux personnes concernées, et devant deux témoins instrumentaires, a déchiré
cet acte après que sa cliente eut refusé de lui régler des honoraires supplémentaires au-delà du
tarif réglementaire, la cliente ayant considéré à juste titre que ces honoraires supplémentaires,
dérogatoires au tarif obligatoire, n’étaient pas fondés ;
Cette attitude est la négation même de l’acte authentique, notarié, ce qui est particulièrement
grave venant d’un notaire chargé de la déontologie, de la discipline, et de la surveillance de
tous ses confrères du département !
L’acte ainsi déchiré par ce notaire sans conscience n’a toujours pas été réitéré, et les clients et
leurs témoins « instrumentaires » en restent stupéfaits !
. le local de son étude est un ancien local commercial, avec vitrine donnant
directement sur la place principale de la ville. Elle affiche dans cette vitrine, le descriptif, avec
photos, des immeubles qu’elle désire vendre moyennant rémunération en honoraires de
négociation, et ceci au mépris de la réglementation propre aux notaires et de la jurisprudence
qui interdisent de telles pratiques « trop commerciales pour un officier public ».

Comment ces notaires responsables de leurs instances ordinales pourraient-ils imposer leur
autorité à leurs Confrères ?
Quel exemple donnent-ils aux autres notaires, et à leurs concitoyens ?

Dans le même département, une autre jeune notaire se permet de réclamer à ses clients (qui,
de ce fait, ont contacté notre association), des honoraires particuliers, non tarifés et en
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supplément des honoraires obligatoires, avant même d’avoir accompli son travail et proposé
un acte à la signature.

Un autre notaire, tout juste entré en fonction dans la ville universitaire capitale de la Région et
où siègent les instances ordinales, s’est permis d’encaisser les fonds d’une succession sur son
propre compte de notaire, sans l’accord des ayants droit mais en se « portant fort » pour ceux-
ci auprès du banquier pour mieux le convaincre de lui envoyer les fonds et le décharger de
toute responsabilité.
Ce notaire refuse maintenant de rendre l’argent, et s’est même plaint à sa chambre des
notaires qui, bien entendu, ne réagit pas, ni dans un sens, ni dans l’autre.
Les ayants droit de cette succession sont consternés par de telles pratiques !

Ce système notarial, qui n’évolue pas puisque les jeunes notaires sont, étrangement, la copie
conforme des plus anciens, est vraiment à bout de souffle, « au bout du rouleau », au bord de
l’implosion !

La négociation immobilière :

Les notaires, malgré leur statut très particulier d’officiers publics, pratiquent la négociation
immobilière de façon très commerciale (vitrines donnant directement sur les rues et places
publiques, affichage commercial, journaux gratuits dans les boîtes à lettres avec les
prospectus des grandes surfaces, …).
Ils entrent ainsi en concurrence directe avec les vrais commerçants que sont les agents
immobiliers, mais abusent de leur monopole sur tout l’immobilier pour fausser cette
concurrence.

Ainsi, dans le journal gratuit, mensuel, intitulé « Notaires 86 », figurent ces commentaires qui
tendent à démontrer que les clients ont tout intérêt à aller chez le notaire, où ils seront mieux
servis que dans les agences immobilières, et y trouveront des avantages particuliers propres à
la position privilégiée du notaire dans les affaires :
Extraits :
. « En intervenant dans le cadre de successions, de divorces, le notaire est au courant des
logements mis en vente. »
(Sous entendu : il peut vous faire réaliser de bonnes affaires, en profitant de la détresse des
familles en deuil, ou brisées par un divorce)
. « Bref, le notaire connaît les bons plans ! »
(Remarquez la délicatesse de la formule !)
. « Parfaitement informé de la législation, il est capable de donner des conseils éclairés sur les
incidences patrimoniales et fiscales qui découlent de la transaction. »
(Il se présente comme une personne plus qualifiée que les agents immobiliers – Ce qui ne va
pas de soi)
. « Il vous évite la multiplication des intermédiaires, les frais qui en découlent et les risques
d’erreurs. »
(Il faut observer que l’intermédiation du notaire n’est pas gratuite – honoraires de
négociation - et qu’il n’y a pas moins d’erreurs chez les notaires que dans les agences
immobilières !)
. « La négociation notariale se pratique dans le respect d’une éthique et d’une déontologie. »
(Mais il arrive que le notaire fasse lui-même une très bonne affaire en achetant, lui-même ou
par ses proches, les biens de ses propres clients, notamment dans le cadre des successions –
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ses règles éthiques et déontologiques pèsent alors bien peu – et les agences immobilières ont
aussi leurs règles éthiques et déontologiques, dont il n’est pas certain qu’elles soient moins
bien respectées)
. « De par son statut d’officier public, il est responsable financièrement et juridiquement des
actes qu’il établit et engage sa responsabilité sur chaque opération. »
(Sa responsabilité ne résulte pas de son statut d’officier public, mais tout simplement de son
intervention en qualité de professionnel, au même titre que tous les agents immobiliers qui,
eux, ne sont pas des officiers publics ! – Cette argumentation est totalement fallacieuse, ce qui
est grave venant précisément d’un « officier public »).
. « Une information objective sur les prix pratiqués »
(Ainsi, les notaires prétendent mieux connaître le marché que les autres professionnels ! – Ce
qui n’est pas avéré)
. « Un besoin de transparence et de conseils. En effet, la négociation immobilière notariale se
caractérise par une réglementation qui en définit les modalités d’exercice, mais aussi et
surtout un conseil personnalisé sur les conséquences patrimoniales, financières et fiscales de
l’opération envisagée. »
(Ainsi, les notaires se prétendent d’une essence supérieure, et affichent avec une arrogance
déplacée une très hypothétique supériorité par rapport aux autres professionnels que sont les
agents immobiliers, pourtant tout aussi compétents, efficaces, et réglementés !
On observe par ailleurs qu’un nombre significatif de notaires achètent les biens de leurs
propres clients, constituant ainsi des patrimoines immobiliers important et néanmoins
indécents, et même particulièrement scandaleux eu égard à leurs obligations particulières
d’officiers publics qu’ils n’hésitent pas à revendiquer par ailleurs !)
. « Pourquoi les honoraires de négociation des notaires sont-ils avantageux ?
Réponse : LE TARIF !
Tranche de 0 à 45 735 € : 5,00 % hors taxes
Au-dessus de 45 735 € : 2,50 % hors taxes »
(Il faut constater que le tarif des notaires, concernant particulièrement la négociation :
. peut être négocié à la baisse par les clients, ce qui n’est pas indiqué et induit ainsi les clients
en erreur, lesquels supposent légitimement que ce tarif est obligatoire comme pour les autres
prestations du notaire ! C’est une tromperie de plus, inadmissible de la part de ces personnes
qui revendiquent avec autant d’assurance et d’arrogance leur statut d’officier public,
. que les commissions des agences immobilières ne sont pas nécessairement plus élevées ;
elles sont même souvent plus faibles que les honoraires des notaires du fait de la concurrence
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très active et sévère en vigueur dans cette activité. Là aussi, les notaires utilisent une
argumentation trompeuse, inadmissible eu égard à leur statut revendiqué d’officier public
supposé protéger les clients !).
… (et la suite à l’avenant).

Il faut bien remarquer que cette forme de publicité, de type purement commercial, qui
constitue un étonnant mélange des genres avec le statut d’officier public hautement
revendiqué dans les documents commerciaux émis et distribués par les notaires, est aussi
totalement déloyale à l’égard des agences immobilières.

Le courtage de produits financiers :

Les notaires ont créé un établissement financier dénommé « UNOFI », dont le Conseil
supérieur du notariat est actionnaire.
Il verse aux notaires « apporteurs d’affaires » des « commission » fixées en pourcentage des
sommes collectées, et des rémunérations récurrentes, chaque année, sur les encours !
Ainsi, les notaires sont très motivés pour récupérer l’argent des clients, notamment celui
provenant des successions, et le transférer vers « leur » banque UNOFI, et ceci
indépendamment de l’intérêt ou non de leurs clients.
Certains notaires n’hésitent même pas à utiliser leur fonction officielle, et le sceau de la
République apposé abusivement sur leur courrier, pour ordonner aux banques détentrices des
fonds des successions de leur verser les capitaux ainsi détenus, souvent importants ou très
importants, lesquel sont ensuite transférés à UNOFI, pour le plus grand bénéfice du notaire !
Bien souvent, le notaire agit de sa propre initiative, sans même solliciter l’accord des ayants-
droit et en se « portant fort » de ceux-ci à l’égard du banquier.
Cette pratique est totalement abusive, et parfaitement scandaleuse !

Le rapport « Doing Business » :

Dans son rapport intitulé « Doing Business in 2006», la Banque Mondiale classe la France au
144ème rang ! (sur 155 !) quant aux coûts, aux délais de réalisation et complications de toutes
sortes des mutations immobilières (« Registering Property »), qui relèvent précisément du
monopole des notaires.
Son message essentiel est que des réformes, souvent très simples, peuvent contribuer à la
création d’un grand nombre de nouveaux emplois.

L’association « French Law Association » :


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Une association dénommée « French Law Association », composée de cabinets de solicitors


pour représenter les intérêts des clients britanniques qui se portent acquéreurs de propriétés en
France, a d’ores et déjà invité la Commission européenne à étudier le système du notariat
français qu’elle qualifie de « système de cartel », et considère que « les solicitors devraient
pouvoir prendre place dans ce marché énorme et fournir un service complet. Les prix sont
trop élevés. »

La Commission européenne :

Monsieur Mario MONTI, alors qu’il était Commissaire Européen à la concurrence, indiquait,
en invoquant les restrictions inutiles à la concurrence : "tous les consommateurs ne
recherchent pas le meilleur service au prix le plus élevé ; tous les professionnels n'entendent
pas fournir le service le plus haut de gamme au tarif le plus cher".
Il demandait à chaque Etat de l'Union de réviser sa règlementation pour en supprimer tout ce
qui relèverait d'une atteinte "injustifiée" à la libre concurrence.

Les « conveyancers » :
La Grande Bretagne a mis en pratique ces recommandations de la Commission européenne,
en instituant les « conveyancers » (sans monopole, ni numerus clausus, ni tarif obligatoire),
qui n’ont pas la qualité d’officiers publics mais dont la qualification juridique et pratique vaut
bien celle des notaires français et, surtout, sont plusieurs fois moins chers lorsqu’ils
établissent les contrats de vente d’immeubles pour lesquels leur compétence a été
spécialement reconnue.
Les « conveyancers » sont, par ailleurs, assurés au même titre que les notaires français pour
leurs éventuelles fautes ou négligences professionnelles.
Les citoyens britanniques bénéficient ainsi d’un service excellent, avec tous les bienfaits de la
concurrence : excellente qualité du service, coût modéré (ce qui n’est absolument pas le cas
dans le système français où le monopole des notaires produit ses effets négatifs : absence de
concurrence, tarif obligatoire très élevé, qualité médiocre du service, nombreux abus (achat de
biens par le notaire ou ses proches, manipulations sur les fonds des clients, …).

Etude de la Direction Générale de la Concurrence sur les transactions immobilières (janvier


2007) :
Après que le notariat ait été exclu de l'application de la directive "services" grâce à l'action du
Ministre français de la Justice de l’époque, la DG Concurrence a fait établir une étude
concernant les transactions immobilières (janvier 2007) en Europe, document volumineux et
précis.
Dans un tableau final, on compare les coûts des transactions immobilières.
On constate que le coût de rédaction et les transactions immobilières dans les pays dans
lesquels il existe un notariat, est notoirement plus élevé que dans les autres pays (exemple :
pour une transaction de 250.000 €, la rémunération d'un lawyer anglais est de 1.170 € et celle
du notaire français de 2.391 € et pour une transaction de 500.000 € en Angleterre : 1.350 € et
en France : 4.453 €…) !

Procédure devant la Cour européenne de justice :

La Commission européenne a saisi, le 27 juin dernier, la Cour européenne de justice pour


trancher le contentieux relatif à l'accès de la profession de notaire réservé aux seuls
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ressortissants français, qui a déjà fait l’objet d’un avis motivé, envoyé en vain par Bruxelles
en octobre 2006.
D’après Charlie Mc Creevy, le Commissaire chargé du marché intérieur, cette « clause de
nationalité » est contraire à la liberté d’établissement au sein de l’Union européenne. Pour lui,
les citoyens originaires d’un des Vingt-Sept doivent pouvoir accéder, sur l’ensemble du
territoire européen, à ces fonctions trop réglementées.

La Commission réfute l’argumentation du Conseil supérieur du notariat, relayée par les


Gardes des Sceaux successifs sous les gouvernements Raffarin et Villepin, qui justifiait ces
restrictions par le fait que les notaires participent, dans certains de leurs actes, à l’exercice de
l’autorité publique ;
Les service de M. Mc Creevy considèrent, au contraire et à juste titre, que les notaires ne
peuvent imposer de décision à l’encontre de la volonté d’une des parties qu’ils conseillent. En
d’autres termes, « ils ne tranchent pas et n’exercent donc pas d’actes d’autorité au nom de
l’Etat », selon un expert bruxellois.

Ainsi, la Commission européenne met à bas le seul argument qui était invoqué par le Conseil
supérieur du notariat, instance représentative de la corporation, pour refuser toute atteinte au
statut des notaires (monopole, numerus clausus, tarif obligatoire, …), et donc toute réforme !

Comment la France pourrait-elle tenir sur une telle ligne de défense, dans l’intérêt exclusif des
notaires en place, compte tenu des ambitions européennes quotidiennement proclamées par le
nouveau Président de la République et son Gouvernement ?

La spoliation – tradition historique du notariat :

De nombreux abus sont constatés dans les pratiques des notaires :


. achat, par le notaire ou ses proches, de biens dépendant des successions réglées à son étude –
conflit d’intérêt évident, mais couverture par les instances ordinales, souvent présidées elles
même par des notaires ayant ces pratiques ! (voir le livre « L’honneur d’un notaire –
Spoliations et raison d’Etat », ci-joint),
. manipulation des fonds (placement, sans l’accord des clients, à UNOFI, la banque créée par
le Conseil supérieur du notariat, avec rémunération du notaire lors du placement puis, chaque
année, sur les encours !),
. actes inutiles, rédigés dans le seul intérêt du notaire, pour lui permettre de percevoir des
honoraires,

« La Comédie humaine » :
Balzac dénonçait déjà ces pratiques en vigueur à son époque (citations dans le livre
« L’honneur d’un notaire – Spoliations et raison d’Etat », ci-joint).

Flaubert décrivait les mêmes pratiques (« Madame Bovary »).


(Détournements d’argent, achat dans les successions, achats en viager de clients mourants,
testaments en faveur du notaire de famille, …).

Nous constatons, avec consternation, que rien n’a changé depuis cette époque.

« L’aryanisation économique » :
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La Chambre des notaires de Paris a organisée, au printemps 2004, une exposition à l’Hôtel de
Ville de Paris, intitulée « Les Parisiens et leurs Notaires ».
Une abondante documentation y figurait, depuis l’origine du notariat jusqu’à nos jours.
Toutefois, on n’y trouvait aucun document, aucun commentaire, sur la période 1940 – 1944 !
La raison de cette curieuse « omission » est très simple :
Les notaires ont été placés au centre du système de spoliation des Juifs, afin de donner à ces
opérations, évidemment inqualifiables et illégales (comme le constatait à l’époque le
Professeur René Cassin, éminent juriste et conseiller particulier du Général de Gaulle), une
apparence de légalité.

Ainsi, les notaires ont été appelés à rédiger, servilement et en faisant abstraction de leur
supposée conscience, non seulement les actes de vente des « immeubles juifs » selon
l’épouvantable appellation de l’époque, mais aussi les cessions de fonds de commerce, de
parts et d’actions de sociétés, et tous autres documents pouvant accréditer la légalité et la
légitimité des opérations de spoliation et de persécution des Juifs, donnant ainsi leur caution
formelle d’officiers publics à cette monstruosité qui déshonore à jamais leur corporation !

Nous n’avons pas le souvenir de notaires qui aient démissionné et rejoint le Général de Gaulle
à Londres pour se soustraire à cet exercice honteux de leur mission officielle !

L’intérêt financier et patrimonial des notaires était alors évident : honoraires importants,
ventes et cessions des biens à des proches ; un rapport très officiel de la Caisse des Dépôts et
Consignations s’interroge même sur la destination des sommes représentant les prix de ces
ventes forcées et illégales (voir le livre « L’honneur d’un notaire – Spoliations et raison
d’Etat »).

Les archives du Commissariat Général aux Questions Juives (véritable « Ministère français de
la spoliation ») sont maintenant accessibles aux Archives Nationales, où elles constituent le
fonds AJ 38.
Elles représentent environ 650 mètres linéaires de rayonnages, de dossiers classés
verticalement, où il est possible de consulter les originaux des courriers échangés entre ce
CGQJ et les notaires, et constater le zèle déployé par cette profession, et la grande célérité des
services du Notariat, particulièrement à l’approche prévisible de la Libération de Paris.

Naturellement, tous ces faits sont aisément vérifiables, mais encore très peu évoqués à ce
jour – Comme si la République, et ses Institutions, cherchaient à sauver les apparences.

Les notaires ont obstinément refusé de s’expliquer sur cette période honteuse de leur histoire !

Bien entendu, nous détenons les preuves formelles de tout ce que nous avançons.

Ce sont là quelques exemples des pratiques condamnables d’une corporation arrogante,


convaincue de sa totale immunité, qui vit à l’écart des principes républicains censés régir
notre existence et nos relations de citoyens.

Personne ne comprendrait que vous ne meniez pas une réflexion approfondie sur le statut très
particulier des notaires, sur les graves dérives qui en résultent dont nos concitoyens font les
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frais, sur ses pratiques d’un autre âge hautement préjudiciables, sur son absence d’honneur
(« L’aryanisation économique »).

Il nous est évident que la « modernisation de l’Etat », thème récurrent qui motive votre
nomination à la tête de la commission, ne sera pas accomplie tant que cette corporation
existera avec ses privilèges anachroniques et incongrus (monopole démesuré sur l’immobilier,
numerus clausus, système dynastique, tarif obligatoire, autodiscipline dévoyée, impunité, …).

Nous comptons sur vous pour ne pas oublier cette profession dans les propositions de
réformes que vous êtes appelé à formuler et vous prions de croire, Cher Monsieur Attali, à nos
sentiments les plus cordiaux.

Le Président de SOS SUCCESSIONS :


Bernard TRIGALLOU