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Les gratte-ciel, un modèle architectural obsolète ?

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Suite au rejet du projet de Tour Triangle par le Conseil de Paris, la question du gratte-ciel comme modèle architectural, et celle de sa forme souvent avant gardiste, relance le débat de la nécessité de sa

construction comme réponse à l'augmentation démographique des villes.

Les gratte-ciel sont-ils dépassés ? Suite à diverses polémiques autour du projet de la tour Triangle ou encore de la décision du président chinois Xi Jinping de stopper les

architectures extravagantes, la question est sur toutes les lèvres.

Selon Benoit Hartmann, responsable du réseau associatif France nature Environnement, les tours ne sont pas non plus le meilleur moyen de densifier la ville, et donc de limiter

la consommation d'espace.

« Construire avec des tours, c'est construire moins dense que la ville hausmanienne car pour faire de la densité , il ne faut justement pas faire des tours, c'est anti-intuitif mais c'est la réalité », dit-il en soulignant que Paris est l'une des

villes les plus denses au monde (ndlr: plus dense que New York). « Si on fait une tour, on stérilise de l'espace autour, car sinon ce serait invivable, il faut laisser des espaces vides autour des tours, on appelle ça des délaissés urbains, car il y a l'ombre portée de la tour, le problème des vis-à-vis,

poursuit le porte-parole. Faire dense c'est plus écolo et pour faire dense il ne faut pas faire haut », résume-t-il.

Interrogé sur des projets de tours intégrant des contraintes écologiques, Benoit Hartmann estime que « les végétalisations des façades, les vitres autolavantes, la

récupération d'eau de pluie, les éoliennes sur le toit, c'est bien mais ce sont des gadgets par rapport au cout énergétique de la construction d'une tour, par rapport à ses coûts de fonctionnement».

Extrait du site:

« On peut faire des gestes architecturaux sans faire des

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tours »

« Une tour, cela ne peut pas être écolo, car elle est majoritairement constituée de verre et d'acier, et le bilan carbone de sa construction est catastrophique, indépendamment de son fonctionnement », poursuit le

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responsable du réseau associatif FNE. Aussi, l'argument de la densité ne fonctionne pas, l'argument énergétique ne fonctionne pas, reste le symbole, le geste architectural, avance-t-il.

Mais « on peut faire des gestes architecturaux sans faire

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des tours », argumente-t-il en citant les récentes réalisations

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à Paris de la Fondation Louis Vuitton ou de la serre du parc

zoologique de Vincennes. Pour lui, la tour « c'est un objet

architectural un peu dépassé ». Enfin, selon lui, « au-delà de l'objet tour qui n'est pas écolo », « la question qui se

pose est politique, c'est quel urbanisme pour Paris ? ».

L'Unesco a émis un avis négatif sur les projets de tours à Paris, dont la Tour Triangle, car la capitale française est l'une des rares villes horizontales préservées. Après avoir

limité dans un premier temps les hauteurs à 37 mètres suite

à l'édification controversée de la Tour Montparnasse, Paris avait en 2010 autorisé des immeubles d'habitation de 50 mètres et des tours de bureaux de 180 mètres dans des quartiers situés à la périphérie de la capitale.

Une architecture qui ne se voit pas

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Interrogé sur cet avis de l'Unesco par France Inter, le célèbre architecte Jean Nouvel a reconnu qu' « il ne fallait pas envahir Paris par des tours vu la structure urbaine de la ville », tout en faisant valoir que « Paris n'était pas plus horizontale que la plupart des villes européennes», En

France, « on est dans une situation où il faudrait que l'architecture ne se voit pas », a-t-il dénoncé . « Le problème d'une tour, c'est qu'elle doit être fière et se voir », a déclaré l'auteur de la tour Agbar à Barcelone.

La tour Triangle est, selon lui, « un magnifique bâtiment,

(…) un des objets sculpturaux les plus incroyables que j'ai

vus depuis longtemps », a-t-il affirmé. « Malheureusement, en France, on aime les tours clonées », a-t-il déploré. « On a fait beaucoup de tours dans les 13ème, 18ème, 19ème (arrondissements) mais ce sont des tours qui n'ont pas de

fierté, qui ne s'affirment pas comme des points de repères », conclut celui qui a remporté le Prix Pritzker en

2008.

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