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JOurna 1du G.1.P.. (GROUPE D'INFORMATION\


SURLESPRISONS ,
; 2
numero · février 73
Collectif de rédaction :
Harold Blanchard Ruhal Floris
René Bonard Luc Gilly Serge Saugy

IL EST DES LIEUX D'OU RIEN NE SORT.


La PRISON en est un; là on enferme au nom de la JUSTICE des fem-
mes, des hommes mais aussi leur sexe et leur voix.
La prison est une manifestations les plus intolérables des systèmes
autoritaires. Le système capitaliste porte dans son essence même l'ex-
ploitation de l'homme par l'homme, il a donc créé des lieux (asiles,
prisons) où il enferme ceux qui ne supportent pas l'oppression sous
toutes ses formes (autorité, argent, travail, famille, sexe, armée ,... ).
Les prisonniers n'ont ainsi jamais les moyens de faire comprendre
aux gens pourquoi on les traite de coupables, et même, souvent, de
comprendre eux-mêmes qu'ils ne sont pas coupables, mais les jouets
de la justice.
Nous savons qu'il ne peut y avoir de bonnes prisons. Nos actions ne
SOMMAIRE
sont donc pas destinées à rendre supportable l'oppression, mais à l'at-
taquer là où elle se cache sous un autre nom, celui de la JUSTICE.
Par ce journal nous voulons faire SORTIR la PAROLE des PRI- ENQUETE BOCHUZ
SONS, pour que les détenus puissent nous dire ce qu'ils subissent. page 2
Ces informations sont évadées parce que l'ETAT a décidé qu'aucu-
ne critique ne pourrait sortir des prisons.
Ce n'est pas l'indignation humanitaire, qui s'empare de chacun au LA TAULE OU LE ZIZI?
seuil d'une prison, qui nous a poussé a former un G. 1. P., mais la page 6
conscience que la misère du système pénitentiaire est symptomatique
du système tout court.
Au contraire des "légalistes-réalistes" qui présentent toujours des GAILLARD 7 LA LUTTE
revendications acceptables par le pouvoir, lequel n'attend d'ailleurs DANS L'INDIFFERENCE
que cela pour laisser au prolétariat "l'illusion de la participation" à page 7
la "bonne" marche de l'Etat. Nous savons que nous n'avons plus rien à
faire avec le Pouvoir si ce n'est le détruire.
Le Groupe d'Information sur les Prisons est non seulement le lieu REGENSDORF:VOUS AVEZ
où les détenus prennent la Parole, mais aussi celui où leur famille et RAISON 7 MAIS NOUS ON
les ex-détenus se rassemblent pour former une FORCE EXTERIEU- N'A PAS TORT
RE.C'est en se sentant soutenus de l'extérieur que les détenus auront page 7
la force de s'organiser et de mener des actions visant à détruire
L'INSTITUTION PENITENTIAIRE.
A LIRE
GROUPE D'INFORMATION SUR LES PRISONS page 8
ENQUETE BOCHUZ
NOUS OUVRONS ICI UN DOSSIER. CE SONT DES TEXTES ECRITS PAR DES PERSONNES AYANT FAIT L'EXPERIENCE
DES PRISONS. ON Y TROUVERA DONC DES ARTICLES TRAITANT DIRECTEMENT DE LA VIE DES DETENUS A L'INTERIEUR
DES PRISONS, SUR LEUR LIEU DE TRAVAIL, DES PROBLEMES AVEC L'ADMINISTRATION PENITENTIAIRE SOIT A L'IN-
TERIEUR SOIT A L'EXTERIEUR DE LA PRISON 1 (GARDIENS, DIRECTION, PATRONAGE, DEPARTEMENT DE JUSTICE ET
PO LI CE, ETC • , ••. ) •
CE DOSSIER EST ANIME PAR LES DETENUS EUX-MEMES ET RESTE OUVERT TANT QU'IL y A DES PRISONS

Les ETABLISSEMENTS DE LA PLAINE DE L'ORBE au sabotage des gardiens, qui ne peu-


sont constitués de trois parties : vent supporter l'idée que des détenus
- Le pénitencier proprement dit, où sont puissent obtenir une formation profes-
placés les condamnés à la réclusion et en sionnelle.
général les longues peines d'emprisonnement. Ainsi, malgré une différentiation apparen-
- La colonie, où se trouve les condamnés à te, les ateliers nécessitent un travail
1 'emprisonnement. Cet établissement est du même ordre, c'est-à-dire de manoeuvres.
placé à l'intérieur du domaine agricole. Il est nécessaire d~ modifier complète-
-Les Prés-Neufs, servant à l'internement ment cet état de chose, de telle manière
administratif. (Délinquants d'habitude, que les ateliers soient en rapport direct
alcooliques, etc., .•. ). avec l'industrie. Cela nécessite la dis-
parition de certains ateliers et la créa-
tion de nouvelles possibilités de travail.
De plus, le salaire ~oit être en rapport
avec le travail effectué.
LE TRAVAIL A BOCHUZ Sur le domaine agricole, nous sommes rê-
partis en une dizaine d'équipes de ma-
Les travaux que 1 •on peut effectuer aux noeuvres, servant aux récoltes, à l'entre-
etablissements, atelier et domaine agri- tien du bétail (vaches, cochons, poules),
cole, ne nécessitent en général aucune à l'atelier de peinture, de maçonnerie, à
formation professionnelle. la forge, au garage. Là, on peut se deman-
Actuellement les ateliers se répartis- der si la disparition de ce genre d'éta-
sent de la manière suivante : couture, blissements n'est pas une nécessité, d'au-
buanderie, cuisine, mancherie, menuise- tant plus que le déficit d'exploitation
rie, cordonnerie-sellerie, reliure, mé- va en augmentant, malgré tout ce que l'on
canique-électricité, cartonnage, brocha- fait dire aux chiffres. De toute manière
ge, imprimerie. la direction ne tient pas à rentabiliser
Aucun de ces ateliers n'a un rapport le domaine, son but étant là aussi de nous
quelconque avec le niveau de dévelop- occuper.
pement technique de l'industrie. tout Dans ces conditions, aussi bien au péniten-
au plus servent-ils à nous occuper. cier qu'à la colonie on peut se demander
L'atelier de mécanique et d'électricité pourquoi une telle quantité de matons~
a pour objet d'entretenir les installa- portant le titre d'éducateurs spécialisés,
tions techniques, d'ailleurs dépassées, puisque en fin de compte on n'éduque per-
de la maison. Les apprentissages de sonne, et que par ailleurs les problèmes
cuisiniers, menuisiers, cordonnier-sel- de surveillance sont minimes, voire inex-
liers, typographes, ne sont qu'une far- istants à la colonie. Pour qui tout ce
ce utile à donner une sorte de crédibi- personnel, sinon pc.ur exercer une répres-
lité à la maison sur le plan profession- sion à notre endroit, et nous faire admet-
nel. Les apprentis représentent à peine tre la condition (arbitraire) d'éléments
4% à 5% des détenus, toujours en butte méprisables de notre société.
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CELLULES ETUDES

Il faut distinguer le cas de la colonie, Pour obtenir des demi-journées de congé


qui vient d'être rénovée, de celui du pour études, il faut être inscrit dans une
pénitencier. Comme la direction des E.P.O école. On n'a pas le droit de décider de
vante à qui veut 1 •entendre 1es trans for- faire des études une fois que l'on est en
mations faites - le directeur y vient mê- prison, ni de se tenir au courant au point
me les dimanches après-midi avec ses invi- de vue professionnel, à moins de le faire
tés. Cela remplace la ballade au zoo - nous en plus du travail obligatoire.
jugeons inutile d'insister. On peut s'éton- Juste avant de faire une conférence de
ner du fait que dans cette rénovation, on presse en novembre 1972, le directeur de
a conservé les anciens cachots que l'on a ce moment, Henri Auberson, a accordé à un
décorés afin de pouvoir les appeler "cellu- étudiant des congés lui permettant de sui-
les d'isolement". D'après Auberson, cela vre des cours en ville trois fois par se-
aurait coQté trop cher de les démolir ! maine. Il s'en est vanté devant les jour-
Il a même été construit des semi-cachots malistes. Un autre étudiant a bénéficié
(cellules normales, peintes en gris, avec d'une mesure analogue, mais actuellement
toilettes turques sans lavabo ni armoire plus personne ne peut aller suivre des
de toilettes). On prétexte que c'est des- cours dans une école. Toutes les déci-
tiné à ceux d'entre nous qui sont sales sions en ce domaine sont prises à la "tête
(pour les rééduquer !) et on y met ceux du client". Il n'y a aucune structure d'en-
qui sont trop remuants. Le nouveau direc- seignement sérieux en pl ace, à l'exception
teur Pittet s'est empressé de les faire d'un cours de français et de dactylographie.
utiliser.
Pourquoi a-t-on fait une salle de TV pour LE DIRECTEUR, LA PORNOGRAPHIE
ne l'utiliser que deux heures et demie ET LES PHOTOS DE FAMILLE :
par semaine ?
Pourquoi y aménage-t-on une salle d'é- M. Anet, agent soaial, ne nous aontPediPa
tudes avec bibliothèque et ne 1 'utilise pas si nous disons que Pittet, nouveau diPea-
-t-on que quelques heures par semaine teuP des EPO, assimile les photos de famille
(trois demi-journées au maximum) ? à la poPnogPaphie. En effet le Péglement peP-
On prétend que c'est par opposition du met depuis peu de PeaevoiP des livPes de
corps des gardiens, soutenu par Pittet. l'extéPieuP, à l'exeption des ouvPages poPno-
Les faits semblent le prouver. gPaphiques et ... des albums de photos de fa-
mille. Déaision signée Pittet !
Au pénitencier, rien n'a été fait. Près
d'un million de francs ont déjà été dé-
pensés en frais d'études, mais sans au- MEDECIN ET PSYCHIATRE
cun résultat. Au lieu de voir grand,
pourquoi n'a-t-on pas utilisé cet argent L'infimerie n'est pas pourvue des instal-
plus profitablement 7 Les cellules sont lations hygiéniques minimales, telles que
insalubres et il n'y a aucune facilité de toilettes et eau courante! Il est inutile
toilettes : nous devons aller vider notre d'y aller en espérant s'y faire soigner.
pot de chambre chaque matin et ceci pen- Il arrive souvent que les infirmiers (di-
dant des années ! Seules les cellules du plomés?) la vident le vendredi soir pour
troisième étage sont un peu plus "agréa- faire revenir les malades le lundi.
bles", car elles ont une fenêtre à hauteur Les malaises de courte durée (rhumes,grip-
normale et peuvent être décorées librement. pes, ..• ) sont admis pour un ou deux jours
On y met les "anciens". L'éclairage est au pénitentier où l'on peut rester en cel-
insuffisant en général. lule pour cela. A la colonie où le régime
est théoriquement moins dur, on vous ex-
pédie à l'infirmerie tout de suite, à
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moins que le médecin ne déclare que vous En réalité, la cuisine ne va pas plus mal
êtes en état de travailler, au cas où qu'un autre atelier de Bochuz. Seulement,
vous a vez eu 1 'idée de vous i ns cri re à si la reliure va mal, cela n'a aucune im-
sa consultation. portance, tandis que les idioties qui se
On se demande d'ailleurs pourquoi ce der- font à la cuisine se répercutent évidem-
nier ne tient pas compte des certificats ment sur tout le monde.
d'incapacité de travail des détenus, ainsi Pourquoi ne pas confier la cuisine à une
que des rapports de ses confrères. organisation privée qui emploierait quel-
Ou, pour prendre un autre cas, sur quels ques détenus ?
critères il se base pour admettre des ma-
lades, pour, quelques jours plus tard,
les envoyer au cachot pour "indiscipline"
indiscipline causée par les médicaments
CANTINE
prescrits ?
Beaucoup de détenus se plaignent de 1'
i n nef fi cac i té du mé de ci n • 11 n 'y a aucun Pour remédier à la situation catstrophi-
moyen de recours dans ce domaine. que de la nourriture, il y a la cantine.
Quant au psychiatre, comme il établit un Avec notre maigre pécule, on peut s'ache-
rapport pour la commission de condition- ter du salami, du fromage, des douceurs et
nelle, nous pouvons difficilement lui des fruits à des prix élevés.
parler avec franchise. Pourquoi la cantine ne s'approvisionne-t-
Peut-on parler de secret professionnel elle pas aux discounts ou à la Migros ?
dans ce cas ? Pourquoi vend-elle au prix du détail, c'
L'aumônier fait lui aussi un rapport, est-à-dire deux fois plus cher, les pommes
ce qui pose le même problème. En outre, que produit le Pénitencier ?
il dénonce des détenus aux gardiens et
s'en vante
Tout ceci accro1t notre isolement. On
ignore à qui se confier sans arrière pen-
sées et on ne va plus chez le psychiatre
que pour se faire prescrire des calmants. LOISIRS

Une distinction tout d'abord; le nom de


loisirs" a été pris par les travaux fa-
11

NOURRITURE cultatifs en cellule, ces cornets à plier


qui sont rémunérés entre dix et trente
francs le mille. Le bas niveau du pécule
C'est un problème lancinant, qui résulte
oblige le détenu qui veut s'acheter des
simplement d'une mauvaise gestion (mau-
livres, de la lingerie de corps ou bien
vaise volonté?). Nous prétendons que ce
plus de nourriture à passer des heures à
n'est pas en dépensant des millions pour
plier des cornets; en outre, cela fait
construire de nouvelles cuisines que l'on
passer le temps.
Y changera quoi que se soit, si l'on gar-
Les autres loisirs sont ridicules. La di-
de le même chef-cuisinier, par exemple.
rection s'en fiche éperdument, laisse 1'
On continuera de faire tremper la viande
animateur s'en occuper en lui refusant
dans l'eau pour la faire gonfler et on
presque tout moyen.
continuera d'apprêter les légumes d'une
D'où la pauvreté de ce qui est offert,
manière qui leur enlève tout goQt et
alors qu'il suffit d'un peu d'organisa-
vitamine.
tion. Voilà ce que l'on peut faire : De
Actuellement, plus de la moitié de la
la poterie deux heures par semaine, du
nourriture finit aux cochons et ceci pour
football une à deux heures par semaine.
un budget de 400.000 F. par an !
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A la colonie,des cartes ou du billard
trois fois nonante minutes par semaine, PERSONNEL
avec possibilité de faire de la musique
deux fois sur trois. En cellule c•est Auberson, directeur jusqu•au 31.12.72,
interdit. est nommé chef du service pénitentiaire
Au pénitencier, tous les jours une heure vaudois.
de "promenade". De vagues "cercles d•étu- Pittet, sous-directeur, lui succède.Il est
des" dirigés par 1•aumônier. compétent dans son travail de sous-direc-
A la colonie, TV une soirée par semaine. teur, principalement la SECURITE et les
De temps en temps, un western ou un film PUNITIONS. Une des dernières peines de ca-
américain que tout le monde a déjà vu est chot qu•il a infligée pour rentrée tardive
présenté par 1•animateur. de i heure, a été assortie d•une privation
de DESSERT le DIMANCHE. Nous restons con-
fondus devant tant de pédagogie. Il a une
formation d•instituteu~
Aumônier protestant : Werlen.Sans commen-
taires.
LE VIEIL ANGLAIS ET LA GONDI. Les employés de la maison
Educateur : Frei, également instituteur de
Un vieil anglais ne comprenant pas un seul
formation.
mot de français subit sa peine à Bochuz.
Animateur : Piccinelli.
Pour ces raisons linguistiques, il n'a que
Agent social et censeur Anet qui est se-
des contacts limités avec ses co-détenus et
condé par une secrétaire.
nuls avec le personnel et la direction, par-
Médecin : Bridel.
mi lesquets personne ne connatt la langue
Psychiatrè : Mivelat.(surnom Manivelle).
anglaise. Malgré cela, son cas ne présentant
Citons encore les gardien chefs :
pas de problème particulier, il attend avec
Au pénitencier, Nicollet est démissionnai-
sereinité sa mise en libération conditionnel
re. Ses adjoints sont Pillonel et Baudin.
le, jusqu'au jour où le rapporteur de la com
A la colonie Vilard (environ 35 ans de
mission de libération lui apprend, par l'in-
service) a un adjoint (Conod:). On essaie
termédiaire d'un détenu-interprète, que le
d•établir une liste du personnel avec les
préavis de la direction des E.P.O. est néga-
qualifications. On cherche en vain quels
tif. Motif: la direction n'est pas parvenue
certificats d 1 "éducateurs spécialisés" les
à connattre suffisamment bien le vieil angl-
gardiens ont obtenus. Lecteurs, pouvez
ais et demande pour cela que la décision de
vous nous aider ? D•après Auberson, ils
la commission soit renvoyée de trois mois.
ont tous un certificat de capacité.
C'était probablement le délai nécessaire à
Est-il vrai que le cuisinier est un ancien
Auberson et Pittet pour apprendre l'anglais.
vannier ?

A
LA TAULE ou LE z 1 z 1 ?•

Il y a bientôt deux mois que nôtre cher


pays libéral se distinguait par une nouvel-
-.
le forme de répression: "La répression sex-
uelle légale". Une fois de plus, les réac-
tions furent quasiment nulles; quelques ar-
ticles dans les journaux pendant un ou deux
jours, puis plus rien. Pourtant, c'est une
"liberté" fondamentale qui est attaquée
lorsque l'on réprime le sexe d'un homme.
Le tribunal cantonal d'Argovie a condamné
Ernest D. a choisir entre la prison et la
castration chimique. La taule ou le zizi!
Ernest O., 25 ans, en traitement depuis
trois ans dans diverses cliniques psychia-
triques suisses, est atteint de pédophilie,
attraction sexuelle maladive qu'ont cer-
tains adultes pour les enfants. A trois
reprises, il a tenté de violer des petits
garçons ou des petites filles. La justice suisse reprend-elle à son comp-
Les psychiatres déclarent que le prévenu te la loi du talion: tu voles, on te cou-
jouit de la pleine possession de ses moy- pe la main, tu fais un usage "immoral" de
ens, que tous leurs traitements ont échoué, ton sexe, on te coupe les couilles!
que "les pulsions sexuelles de leur client D'un point de vue strictement médical,
persistent ". Le professeur Hodel indique faire absorber un tel produit, c'est volon-
au tribunal qu'il existe certains nouveaux tairement détruire la personnalité d'un hom-
moyens chimiques efficaces pour le traiter, me. Il empêche la fabrication par les tes-
le cyprotéroacétate, par exemple. Ernest D. ticules de l'hormone mâle: la testostérone.
prendra donc deux fois par jour une pilule A faible dose, son action est réversible.
de 5o mg de cyprotéroacétate. S'il inter- Si le traitement dure, il provoque l'impuis-
rompt son traitement, finie la liberté! sance. Irrémédiablement.
Quelle liberté ••. Bref, la castration!

6
Gaillard, la lutte dans l'indifférence

Louis Gaillard a recommencé de se nourrir Elles n•ont pris la parole que pour le
après plus de cent jours de grève. Les traiter de menteur et pour dire que tout
médecins craignent qu•il y ait des lésions est parfait ou presque dans leurs prisons.
irréversibles. Louis n•a plus aucun goQt On est loin de la franchise cynique des
pour la nourriture. Son état est station- autorités zurichoises!
naire et il continue d être soigné au quar-
1
La courageuse grève de Gaillard, suivie de
tier cellulaire de 1 Hôpital cantonal de
1
divers mouvements de revendications dans
Genève (au secret). les prisons suisses, n•est qu•un début.
Son action a-t-elle été inutile? On peut Nous avons appris que le système se fiche
se poser la question, alors que les autori- de nos revendications et que nous ne devons
tés judiciaires et politiques ont manifes- nous en remettre qu•à nous-mêmes.
té une indifférence totale pour son sort.

Regensdorf :vous avez rat• son,



mats nous on n'a pas tort

La direction de la justice du canton de sens de 1•article 37 du code pénal sont


Zurich a admis le bien-fondé des critiques presque irréalisables à Regensdorf.
formulées par les détenus du pénitencier s•imaginant que c•est grace à la recons-
de Regensdorf. Les détenus critiquaient truction d•un nouveau pénitencier que s•ap-
entre autres la non-application de l•arti- pl iquera intégralement 1•article 37, il
cle 37 du code pénal et l~s inégalités de ajoute qu•il est plus facile d'obtenir des
traitement entre les détenus~ Mais la jus- crédits pour un aéroport que pour une pri-
tice prétend qu•elle n•a pas tort, car son (re-sic). o•ailleurs, quelles prisons
d•après M. Bachmann, chef du département veut-il construire, puisqu•il se représen-
de justice, la réforme du système péniten- te difficilement une prison sans murs?
tiaire est en évolution permanente, et ne Après les départements de justice et poli-
peut se faire que par étapes. (sic!). ce des cantons de Vaud, Genève, Fribourg,
M.Meyer, directeur du pénitencier, "expli- Valais, celui de Zurich pr'ouve également
que" que les taches de resocialisation au qu•il se moque des détenus!

1
à lire
JOURNAL DES PRISONNIERS AUX EDITIONS GALLIMARD

MENSUEL~ ORGANE DU COMITE D'ACTION DES INTOLERABLE 3


PRISONNIERS. L'ASSASSINAT DE GEORGE JACKSON
I5~ PUe des TPois-FPèPes~ 750I8 PARIS.

A PARAITRE:
LES SUICIDES DANS LES PRISONS EN 72
AUX EDITIONS CHAMP LIBRE*
Enqu~te effeatuée en FPanae paP l'Asso-
aiation de Défense des DPoits des Détenus~
SYMPTOME 4 le GPoupe d'InfoPmation suP les PPisons et
LE TRAVAIL DANS LES PRISONS le Comité d'Aation des PPisonniePs.
Ch. Martineau-J.-P. Carasso
Un "tableau clinique" de la condition du
détenu, axé principalement sur le travail
pénal.
AUX EDITIONS DES EGRAZ
INTOLERABLE I
ENQUETE DANS 20 PRISONS ANATHEME I
LA FAILLITE DU REGIME PENITENTIAIRE
INTOLERABLE 2 SUISSE
ENQUETE DANS UNE PRISON MODELE: Pierre Delnat
FLEURY-MEROGI3 LiVPe intéPessant~ éaPit paP un détenu qui
Deux enquêtes effectuées par le a passé I2 ans dans les pPisons.
G.I.P. français.

* Editions Champ LibPe~ 40 pue


Montagne Sainte Geneviève 75005 PARIS.

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SignatuPe : .................. ... .
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8
Imprimerie des Editions Adversaires- 27, chemin de 1d Vendée - 1213 Petit-Lancy