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Concernant l’exigence de diminution de la fraction fermentescible des déchets reçus en décharge

contenue dans la directive, la France a considéré que l’atteinte de l’objectif à 2016 (réduction de 75
% de la part de déchets fermentescibles reçus en décharge par rapport à la situation de 1995) doit
être prise en compte dans la planification sur les déchets, au niveau des territoires concernés.

L’amélioration de la prise en charge des déchets fermentescibles pour les « détourner » de


l’enfouissement (compostage individuel, collecte sélective de la fraction fermentescible) constitue un
enjeu important en matière de protection de l’environnement. C’est une des mesures du Grenelle de
l’Environnement susceptible d’impacter la réglementation sur les installations de stockage des
déchets.

• Taxe générale sur les activités polluantes

La taxe générale sur les activités polluantes a été créée par l’article 45 de la Loi de finances pour
1999 et est codifiée sous l'article 266 du Code des douanes. La TGAP traduit l'application du
principe pollueur - payeur et vise à rendre le traitement des déchets par enfouissement plus coûteux
que le recyclage.

La TGAP sur l’enfouissement des déchets non dangereux a subi de profondes modifications en
2009. La mesure vise bien à une augmentation du coût de traitement qui, combinée à l’ensemble
des autres mesures du Grenelle, permettra le développement de la prévention de la production de
déchets et du recyclage. Pour autant, la mise en œuvre proposée tient compte de différents critères,
elle est progressive pour permettre les adaptations nécessaires. Elle passera ainsi de 15 € la tonne
en 2009 à 40 € la tonne en 2015. En outre, un taux réduit est appliqué aux installations de stockage
de déchets non dangereux autorisées valorisant plus de 75 % du biogaz ou aux installations
enregistrées dans le cadre du système communautaire de management environnemental et d’audit
(EMAS) ou un système de management environnemental certifié conforme à la norme
internationale ISO 14001.

Par ailleurs, les déchets réceptionnés dans une installation de stockage de déchets non dangereux
autorisée relevant du critère de certification bénéficieront d’une réduction de la TGAP en fonction
des tonnages dont le transfert entre le site de regroupement et le site de traitement final est effectué
par voie ferroviaire ou fluviale, sous réserve que la desserte routière terminale, lorsqu’elle est
nécessaire, n’excède pas 20 % du kilométrage de l’itinéraire global.

La loi de finances prévoit aussi une exonération totale de TGAP pour les déchets reçus dans des
installations qui maîtrisent et valorisent 100% du biogaz généré lors de la dégradation des déchets.

• Stockage en mode bioréacteur

Ce procédé consiste en une maîtrise et une accélération des processus de dégradation des déchets
dans une enceinte confinée par le contrôle par exemple de l'humidité au sein du massif de déchets.
Ce mode de gestion des déchets est reconnu par la réglementation européenne (décision du
Conseil n°2003/33/CE) et française (arrêté modifié du 09/09/1997). Il peut se faire en mode aérobie
ou anaérobie, la technique anaérobie étant mieux maîtrisée à ce jour.

La gestion des déchets en mode bioréacteur nécessite des moyens matériels et humains importants
et dépend de nombreux paramètres : configuration du site, climat... Elle se heurte également à des
obstacles techniques, principalement en termes de captation du biogaz produit lors de la
dégradation des déchets. L'amélioration des capacités de captage de ce biogaz nécessite des
équipements, et donc des coûts, supplémentaires. Il est important de noter que les techniques
actuelles rendent impossible le captage de l'intégralité de ce biogaz.

Les réglementations française et européenne applicables à la gestion des déchets contiennent


clairement un objectif de réduction de la quantité de déchets fermentescibles mis en centres de
stockage. Le développement de mode de fonctionnement bioréacteur des ISDnD n'apparaît pas
compatible avec ces objectifs de réduction, la méthanisation apportant en outre de bien meilleures
garanties de maîtrise des procédés et de leurs impacts.

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