Vous êtes sur la page 1sur 5

Maître d’ouvrage :

Dimensionnement du dispositif de traitement des eaux de ruissellement pluviales

1. PREAMBULE
Les eaux de ruissellement pluviales qui proviendront du site, transiteront par le carreau de la carrière, situé à
la cote minimale de 185 NGF, puis trouveront leur exutoire dans le ruisseau de « Versoud ».

Les eaux rejetées par le bassin de décantation vers le milieu hydraulique superficiel respecteront les normes
limites fixées par l’arrêté ministériel du 22.09.1994 modifié :
Température : < 30°C ;
pH compris entre 5,5 et 8,5 ;
MES < 30 mg/l (norme NFT 90105) ;
DCO < 125 mg/l sur effluent non décanté (norme NFT 90101) ;
Hydrocarbures < 10 mg/l (norme NFT 90114).

Les eaux de ruissellement pluviales issues de l’emprise de la carrière doivent donc faire l’objet d’un
traitement préalable avant leur rejet vers le milieu naturel.

La seule incidence potentielle pourrait être liée à des entraînements de matières en suspension lors de
précipitations significatives. Le traitement des eaux de ruissellement pluviales par un procédé de
décantation naturel préalablement à leur rejet vers le milieu hydraulique superficiel, garantira l’absence
d’incidence rédhibitoire.

Il convient de noter que le dispositif de traitement sera dimensionné sur la base d’un événement décennal,
alors qu’un dispositif calculé pour un événement annuel garanti déjà un abattement d’au moins 90 % des
matières en suspension dans le cas des précipitations qui sont susceptibles de se produire 90 % du temps
(« petites pluies »).

La présente notice présente le dimensionnement de ce dispositif en se plaçant dans la configuration la plus


pénalisante à savoir la période d’exploitation.

2. PRINCIPE DU TRAITEMENT REALISE


Les eaux de ruissellement pluviales susceptibles de transiter par le carreau de la carrière bénéficieront d’un
traitement par décantation horizontale gravitaire, dans un bassin aménagé dans l’emprise du site.

L’ouvrage hydraulique à aménager bénéficiera d’une double fonction :


Une fonction de traitement, avec un abattement significatif des matières en suspension. Il convient de
noter qu’un dispositif dimensionné pour la collecte et le traitement « des petites pluies », soit des
précipitations de fréquence sensiblement annuelle permet déjà d’obtenir un abattement d’au moins
90 % des matières en suspension.
Compte tenu du fait que l’ouvrage sera dimensionné pour absorber une précipitation de fréquence
décennale, les rendements obtenus pour les matières en suspension, dans le cas de pluie de fréquence
annuelle, s’en trouveront améliorés.

Dans sa partie aval, les bassins seront équipés d’une canalisation de fuite permettant de diriger les eaux
épurées, vers le milieu récepteur.

-1-
Maître d’ouvrage :

Il convient de préciser que les ouvrages réalisés, présentent avant tout une fonction épuratoire. Ils joueront
également un rôle régulateur, mais ce dernier reste secondaire.

Compte tenu de l’organisation interne de la carrière, deux bassins de décantation seront nécessaires à partir
de la quatrième phase d’exploitation.

3. DIMENSIONNEMENT DES OUVRAGES DE TRAITEMENT

3.1. HYPOTHESES DE BASE


C’est la configuration de la carrière pénalisante qui est retenue pour le choix des hypothèses de base.

Cette configuration correspond à l’aspect prévisionnel du site au maximum de l’exploitation. Dans ce


contexte, le site sera constitué par une seule entité hydrologique qui fera l’objet d’un traitement : la zone
en travaux.

Les eaux pluviales de ruissellement issues des gradins seront dirigées gravitairement vers les pieds de
talus puis le(s) bassin(s) de décantation. En synthèse, les paramètres de base retenus pour le
dimensionnement de l’ouvrage sont les suivants :

Paramètres Phase 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5 Phase 6

Surface globale
130 000 130 000 130 000 190 000 190 000 190 000
(m2)
Coefficient de
ruissellement 0,10 0,10 0,10 0,15 0,15 0,15
pondéré
Surface ÿ active Ÿ
13 000 13 000 13 000 28 500 28 500 28 500
(m2)

Pente naturelle
0,68 0,68 0,68 0,68 0,68 0,68
moyenne (m/m)
Cheminement
hydraulique le 650 650 650 780 780 780
plus long (m)

3.2. CALCUL DU DEBIT DE POINTE INSTANTANE ENTRANT

3.2.1. Principes de calcul


La détermination du débit de pointes produit à l’exutoire du bassin versant est réalisé à partir de la
formule rationnelle.

Qp = C x i (t,F).A avec :

Qp : Débit de pointe en m3/s pour une période de retour déterminée


C : Coefficient de ruissellement
A : Superficie du bassin versant en m2
i(t,F) : Intensité maximale de la pluie de durée t et de fréquence de dépassement F
i s’exprime en millimètres par minutes, et t en minutes (5 à 120 mm)

La principale difficulté dans l’utilisation de la formule rationnelle réside dans la détermination du


terme i(t,F) :
i(t,F) = a (F) t b(F) avec :
t : durée de la précipitation en minutes
a(F) et b(F) : paramètres régionaux déduit de l’étude statistique des pluies, et liés à la période
de retour

-2-
Maître d’ouvrage :

Les paramètres (F) et b(F) correspondant à des périodes de retour définies sont présentés dans le
tableau suivant :

Temps de retour a(F) b(F)


1 ans 3,235 -0,643
5 ans 5,063 -0,641
10 ans 5,767 -0,641

Le paramètre t correspondra au temps de concentration tc calculé en fonction des caractéristiques


du bassin versant.

Par définition, le temps de concentration tc correspond au temps mis par les premières gouttes de
pluie, tombées à l’amont du bassin versant pour atteindre son exutoire.

En conséquence, le débit de pointe à l’exutoire du bassin versant sera obtenu pour une
précipitation de durée au moins équivalente au temps de concentration tc.

Pour un bassin versant homogène, le temps de concentration tc peut être obtenu grâce à la relation
de Kirpich :

tc = 0,01947 x L0,77 x (∆H/L) -0,385 avec :

L : cheminement hydraulique le plus long (m)


(∆H/L) : pente moyenne pondérée du bassin versant (m/m)
Qp : débit de pointe en m3/s

3.2.2. Application numérique


A partir des hypothèses de base fixées, les résultats obtenus sont les suivantes :

Paramètres Phase 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5 Phase 6

tc 3,31 3,31 3,31 3,81 3,81 3,81

I(t,f) décennal 2,68 2,68 2,68 2,45 2,45 2,45

Débit de pointe
1,74 1,74 1,74 2,32 2,32 2,32
calculé (m3/s)

3.2.3. Calcul du volume global à traiter


Sur la base des différentes hypothèses retenues et d’une précipitation moyenne journalière de 10
mm, correspondant à une précipitation susceptible de se produire au moins 90 % du temps, le
volume global à traiter est présenté dans le tableau ci-dessous.

Paramètres Phase 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5 Phase 6

Volume à traiter
130 130 130 285 285 285
(m3)

-3-
Maître d’ouvrage :

4. CARACTERISTIQUES RETENUES POUR L’OUVRAGE DE TRAITEMENT

4.1. HYPOTHESES DE BASE

Paramètres Phase 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5 Phase 6

volume global de
précipitation à traiter 130 130 130 285 285 285
(m3)
Débit de pointe
1,74 1,74 1,74 2,32 2,32 2,32
instantané (m3/s)

Rendement recherché Abattement de 90 % des matières en suspension

Durée minimale de
Durée minimale de la décantation : 2 heures
décantation

4.2. APPLICATIONS NUMERIQUES


Compte tenu d’un temps de séjour minimum de 2 heures, le volume global des ouvrages seront les
suivants.

Paramètres Phase 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5 Phase 6

Volume des
130 130 130 285 285 285
bassins (m3)

En raisonnant sur le débit de pointe annuel maximum instantané susceptible d’être admis, la durée
minimale nécessaire pour assurer le remplissage total des ouvrages est présentée dans le tableau ci-
dessous.

Paramètres Phase 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5 Phase 6

Volume des
260 260 260 570 570 570
bassins (m3)

Débit de pointe
1,74 1,74 1,74 2,32 2,32 2,32
instantané (m3/s)
Durée minimale
de remplissage
3 3 3 4 4 4
des ouvrages
(minutes)

Hors une durée de précipitation supérieure à 45 minutes pour une pluie de fréquence annuelle reste un
phénomène exceptionnel, qui se produit très nettement en deçà du seuil de 10 % du temps.

-4-
Maître d’ouvrage :

5. INCIDENCE DU REJET
Les bassins de traitement seront équipés d’un trop plein, correspondant à une canalisation d’un diamètre de
300 mm.

Un calcul réalisé à partir de la relation de Manning-Strickler montre que le débit de fuite correspondant ne
dépassera pas 0,05 m3/s.

Le choix de cette faible valeur de rejet se justifie pour deux raisons principales :
Renforcer le rôle régulateur du bassin, bien que sa fonction première soit le traitement des eaux ;
Limiter le débit de pointe susceptible d’être dirigé vers le fossé bordant la piste d’accès qui reçoit les
eaux de ruissellement pluviales de bassins versants conséquents.

Les eaux de ruissellement susceptibles de transiter par le carreau de la carrière, subiront un traitement par
décantation horizontale gravitaire, dans un bassin aménagé dans l’emprise du carreau résiduel.

Le dimensionnement du bassin doit être réalisé en retenant une durée minimale de décantation de 2
heures, durée qui permet d’obtenir un abattement global de 90 % des matières en suspension.

Poursuivre le processus de décantation au-delà de 2 heures, n’a que peu d’intérêt, le rendement ayant
tendance à se stabiliser. Dans sa partie aval, le bassin sera équipé d’une canalisation de fuite permettant de
diriger les eaux épurées, à faible débit vers le milieu récepteur.

Il convient de préciser que l’ouvrage réalisé, présente avant tout une fonction épuratoire. Il jouera
également un rôle régulateur, mais ce dernier reste secondaire.

-5-