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Journal trimestriel réalisé par

la Fédération des syndicats

Sud éducation

Numéro de CPPAP > 0413 S 06443

délivré le 04/12/08 jusqu’au 30/04/13

Prix > 1,5 / Abonnements > 10

Dir. de la publication > A. Champeau

Imprimerie Rotographie, Montreuil

Dépôt légal en cours

éducation
éducation

Expression des syndicats membres de la Fédération Sud éducation

Encart jeté en aléatoire

pour certains destinataires

L’école n’est pas une entreprise !

L’éducation n’est pas une marchandise !

numéro 40

Décembre 2010

n’est pas une marchandise ! numér o 40 Décembr e 2010 VOTéE, PROMULGUéE : photo Gilles

VOTéE, PROMULGUéE :

photo Gilles Garofolin
photo Gilles Garofolin

reconductibles, et quelques manifestations, même suivies par trois millions de per- sonnes, pouvaient difficilement suffire à "gagner". Si nous croyons à ce que nous écrivons, seul un conflit frontal avec le pouvoir capi- taliste libéral peut laisser espérer une vraie victoire : pour nous, "gagner", c'est non seulement revenir sur cette loi injuste, mais aussi sur toutes les lois antérieures. Cela passe par une grève générale reconduite par les salariés unis, qui reste encore à construire.

DÉTERMINATION

Mais il serait tout aussi erroné de consi- dérer que cette bataille a été vaine, et pour au moins deux raisons. D'une part, il y a bien eu un échec ponc- tuel : nous n'avons pas empêché la loi d'être votée et promulguée. Mais si l'on considère l'enjeu réel, ce n'est pas essentiel, et ce n'est en aucun cas une défaite définitive, car nous ne sommes qu'au milieu de la lutte com- mencée en 1991 et qui va se poursuivre encore une décennie au moins. La majorité de la population nous a sou- tenus et nous soutient encore, ce qui n'était pas gagné d'avance. La question qui se pose à nous mainte- nant est celle-ci : comment faire pour que la lutte commencée il y a deux décennies puisse perdurer, plus forte, plus unitaire, plus politique au sens plein, et anticiper sur les étapes suivantes de la casse de la retraite par répartition, et, au-delà, de la démoli- tion sociale ? La grève n'a pas pris partout l'ampleur et les formes que nous espérions. Dont acte. Mais une chose est certaine, ici ou là de nouvelles situations de lutte apparaissent et s'inscrivent dans la durée : la lutte conti- nue. Au travail !

E n guise de réponse aux mobili- sations du mois d'octobre, le

gouvernement a déclenché des vio- lences policières, notamment lors des manifestations lycéennes. On connaît par cœur le procédé, mais, rien à faire, ça surprend toujours dans un pays qu'on a la naïveté de croire civilisé. A Lyon-Bellecour, à Montreuil et même Chambéry, petite ville de province où aucune manif n'avait encore connu de telles violences, Hortefeux a encore fait parler la force, seule réponse qu'il ait trouvée aux mobilisations massives contre la réforme des retraites. Pour accompagner le tout, une

mise en garde écrite du ministère aux élèves et aux familles via les rec- torats où il est question, sur un ton

Gare de Chambéry le 15/10/2010 Photo JLM
Gare de Chambéry
le 15/10/2010
Photo JLM
Environs du Lycée Monge Chambéry, le 14/10/2010 Photo GG
Environs du Lycée Monge
Chambéry, le 14/10/2010
Photo GG

nauséabond, de "devoir d'assiduité" et de "trouble à l'ordre public", et qu'on a demandé aux chefs d'éta- blissements de diffuser aux familles, histoire de semer le doute et la peur parmi celles-ci dans le but de faire taire toute contestation. On y ajoute les menaces d'inscription des absences non-justifiées sur le bulle-

tin scolaire, avec en fond le chantage

à la suppression des allocations

familiales, et le tableau est complet, d'autant que certains membres zélés des équipes de direction de certains établissements ne manquent pas, pour se faire bien voir, d'en rajouter une couche personnelle.

En 2010, l'armée et la police sont donc toujours les bras armés du capitalisme qui n'hésite pas à les uti- liser quand il n'a plus d'arguments. Ce n'est pas une découverte, mais il est bon de le rappeler tout de même au moment où la contestation se fait nombreuse, bruyante, parfois radicale, et que, malgré tout, cer- tains restent comme anesthésiés dans leurs bulles en attendant un hypothétique changement en 2012. Si cela leur semble juste, les jeunes doivent pouvoir défendre un système de retraite solidaire mettant

à contribution tous les revenus, y

compris ceux issus du capital, de la spéculation et des bénéfices des grosses entreprises, sans courir le risque de se faire taper dessus par un

État censé être responsable de leur bien-être et de leur protection.

ET ALORS ?

D'une part, la réforme des retraites, n'est

qu'un élément d'une politique globale de

remise en cause, dans une perspective libé-

rale, de tous les mécanismes de solidarité

sociale développés depuis une soixantaine

d'années (protection sociale, droit aux soins

médicaux, éducation, justice certes bour-

geoise mais indépendante, droits syndicaux, etc.). Son objectif inavoué est la destruc- tion du système par répartition et son rem- placement par un système de capitalisation au profit de structures (fonds de pension, assureurs et autres "groupes de prévoyance"

- par exemple Malakoff-Médéric) qui sont

déjà en attente des dizaines de milliards qu'il

y aura à glaner quand les pensions auront

baissé du fait de la réforme et que les gens seront contraints de recourir à des complé- ments privés. D'autre part, la bataille actuelle contre la réforme des retraites n'a pas commencé le 7 septembre mais au printemps 2010 lors- qu'elle a été annoncée par le pouvoir ; et elle n'est qu'un élément d'un conflit débuté

il y a deux décennies et appelé à continuer :

allongement de la durée de cotisation du privé avec calcul sur les 25 meilleures années (au lieu de 10) et décote de 10 % par année en 1993, loi Madelin sur la capitalisation pour les travailleurs indépendants en 1994, "alignement" du public, raté en 1995 mais mené à son terme en 2003, dislocation de certains régimes spéciaux en 2007, allon- gement de la durée du travail en 2010, ins- tauration d'un système par points ou comptes notionnels en 2013, "révision" en 2018. Pendant cette période, il y a eu des défaites, mais aussi des succès (1995). En tout cas, nous avons retardé plusieurs fois

l'offensive libérale.

ILLUSIONS

Deux illusions doivent être dissipées. En premier lieu, rien ne sert d'attendre une vic- toire ou une revanche en 2012 : en Grèce

comme en Espagne, les gouvernements qui pressurent les travailleurs sont les gouver- nements socialistes de Papandréou et de Zapatero ; en France, la réforme de 1993 s'est appuyée sur le Livre blanc de Rocard ; aujourd'hui Martine Aubry annonce déjà qu'il faudra augmenter le nombre d'années de cotisations. Ensuite, il ne faut pas se leurrer sur les forces en présence. Le pouvoir sarkozyste en France est le représentant non seulement du MEDEF, mais de tous les plus puissants

dirigeants et actionnaires des entreprises industrielles et financières en Europe, voire au-delà : quelques journées de grèves, même

L'intégration scolaire des handicapés

Au prisme de l'attitude de l'Education nationale

PÉTRI D'UN DISCOURS SOCIO-MORAL DE LA BIEN- PENSANCE, LE MINISTÈRE DE LDUCATION NATIO- NALE VIENT DE PUBLIER UN OPUSCULE DE PROPA- GANDE EN FAVEUR DE SA POLITIQUE D'INTÉGRATION [1] ÉCRIT À L'ADRESSE DES ENSEIGNANTES.

On y retrouve les poncifs de l'hu- manisme qui masquent la réalité de la situation de l'enseignement auprès des élèves sourds. De manière géné- rale, l'ouvrage minimise les difficul- tés d'accès au langage des jeunes sourds. Cette entreprise de maquillage ne peut que tromper les personnels de l'Éducation nationale à qui on impose d'accueillir les jeunes sourds. Donnons un exemple, p.27 :

"Dans le cas d'interactions langa- gières précoces insuffisantes que ce soit en LSF (Langue des Signes Fran- çaise) ou en français, l'enfant sourd aura des difficultés à acquérir le lan- gage. Cette situation d'absence ou de limitation de la communication, peut aboutir à un retard de langage et dans les apprentissages, affecter le comportement (agressivité, colère, repli sur soi) et l'attention ou la mémorisation".

Cette affirmation euphémisante confond par sa suffisance. En effet, elle est donnée sans qu'aucune réfé- rence ne soit faite, tout praticien le sait, pourtant, à ce qui est central en matière de prise en charge des sourds, à savoirla réaction des parents et leur représentation de l'intégra- tion comme une donnée immédiate de réussite et les résultats effectifs des élèves.

LA RÉALITÉ OCCULTÉE DES DIF- FICULTÉS D'APPRENTISSAGE DU LANGAGE PAR LES JEUNES SOURDS

Le discours de propagande fait comme si ce n'était qu'une question d'évolution des mœurs et reste muet

sur le degré d'illettrisme qui affecte nombre d'élèves sourds. Commen- tant le Rapport Gillot [2] (datant de1998 et qui continue à faire auto- rité) un chercheur remarque dans un ouvrage récent :

"L'acquisition de la langue subit d'autant plus les conséquences de la surdité que celle-ci intervient préco- cement. Aussi, convient-il de distin- guer les surdités post-linguales, inter- venant après l'acquisition du langage oral, des surdités pré-linguales dont

les conséquences peuvent être consi- dérables pour l'acquisition de la langue tant dans sa réalisation orale

que dans sa réalisation écrite. Le han- dicap s'en trouve étendu non seule- ment à la communication, mais aussi

à l'éducation et à l'insertion sociale et

a un retentissement sur le compor-

tement du sujet lui-même et de son entourage. Par ailleurs, la présence éventuelle d'un handicap associé ainsi que le degré de surdité doivent être pris en compte pour évaluer la gravité de l'atteinte."[3]

De tout cela, les enseignantEs, à qui l'administration va confier un élève sourd, ne sauront rien. Ils ne sauront pas non plus que "80% des sourds profonds sont illettrés, 5% des sourds profonds accèdent à l'en- seignement supérieur." [4]On est loin d'un simple retard de langage ou d'un problème de comportement en classe. On est au cœur d'un pro- blème de fond, celui d'une pédago- gie adaptée pour l'enseignement auprès des jeunes sourds, pédagogie pouvant s'appuyer sur des avancées théoriques concernant l'acquisition du langage des sourds, notamment du langage écrit. La posture minis- térielle peut être résumée ainsi : l'in- tégration des sourds relève de l'évo- lution des mœurs à laquelle il s'agit de répondre. Les questions d'ap- prentissage sont sans contenu pour la Direction générale de l'Enseigne-

ment scolaire.

DES ENSEIGNANTES BERNÉES

Avec un tel parti pris, le document se fait mensonger. Ainsi, une impasse complète est faite sur l'Histoire de la LSF. L'opuscule de propagande en parle comme s'il s'agissait d'une langue à l'instar de l'anglais ou du chinois… Or, il s'agit d'une langue nouvellement reconnue comme langue à part entière dans l'institution scolaire. Une des conséquences est que les termes communs de la sco- larité, les mots du métalangage, n'y sont pas présents. Quand on sait qu'un élève de sixième découvre plus

de 1000 mots nouveaux, on peut imaginer les difficultés que rencon- trent les enfants sourds ! Peut-on laisser les enseignants dans l'igno- rance de cette réalité ? Peut-être que les partisans du sour- disme jugeront que ce document est l'aboutissement d'une victoire de la reconnaissance de la LSF. Mais c'est une victoire à la Pyrrhus. En effet,

l'opuscule ministériel, en plus de voi-

ler les difficultés des jeunes sourds,

laisse entendre aux enseignantEs qu'une initiation expéditive à la Langue des Signes Française leur suf- fira pour s'en sortir au cas où l'élève n'aurait pas d'interprète ou d'inter- face auprès de lui. C'est un men- songe. L'opuscule, reprenant l'antienne triomphaliste du bilinguisme [5], tait une réalité : la plupart des élèves sourds ne possèdent en propre ni la langue des signes française ni le fran- çais. Il aurait été bon d'en avertir les enseignantEs mais plus encore, il eût été judicieux en amont de poser cet état de fait comme un domaine cen- tral de recherche en didactique et pédagogie de la langue auprès des enfants sourds. Mais non ! L'ap- prentissage, ses conditions, n'inté- ressent visiblement pas l'Éducation nationale. Et on envoie au charbon des enseignantEs, entretenuEs dans l'ignorance complète de ce qui fait problème, y compris de l'origine lin- guistique des difficultés ! La surdité n'est évoquée que dans sa dimension physiologique :

entendre, lire sur les lèvres, etc. Le choix oralisme/bilinguisme est pré- senté comme allant de soi et ne pré- sentant aucune difficulté notoire. Or tout travailleur de l'éducation en enseignement spécialisé dans la sur- dité sait que la difficulté des élèves sourds est de notoriété publique.

L'OMISSION DE LA RÉALITÉ INS- TITUTIONNELLE

Par ailleurs, le document ne dit rien de cette intégration à moyens constants. Or cela pose la question de la place que vont avoir les ensei- gnantEs spécialiséEs (Instituts des jeunes sourds, SSEFIS (service de sou- tien à l'Éducation Familiale et à l'in- tégration scolaire) ; SESSAD (service

Les Chiffres de la surdité en France

 

2 200 000 personnes sont

7 % des Français ont un

360 000 personnes sont

atteintes de déficience auditive légère (perte moyenne com- prise entre 21 et 40 dB, la parole est perçue à voix nor- male mais la gêne apparaît à voix basse et lorsque le locuteur s'éloigne, les bruits familiers sont perçus) ;

déficit auditif ;

atteintes de déficience auditive

 

sévère (perte comprise entre 71

120 000 personnes sont

atteintes de déficience auditive profonde (perte comprise entre 120 dB, cophose, rien n'est perçu, et 91 dB, aucune per- ception de la parole, seuls les bruits très puissants sont per- çus) ;

et 90 dB, la parole est perçue à voix très forte près de l'oreille, seuls les bruits très forts sont perçus) ;

1 320 000 personnes sont

atteintes de déficience auditive moyenne (perte moyenne entre 41 et 55 dB, la parole est perçue

il y aurait 30 000 sourds

profonds dans la tranche d'âge de 0 à 18 ans. 15 000 sourds profonds pré-linguaux (surdité se manifestant avant l'acquisi- tion du langage oral) en âge scolaire, 6 600 âgés de 18 à 26 ans et 40 000 de plus de 26 ans.

 

si on élève la voix, quelques bruits familiers sont perçus) ;

Soit un total de 61 600 sourds profonds pré-linguaux.

2

Soit un total de 61 600 sourds profonds pré-linguaux. 2 éducation / Le jour nal /

éducation / Le journal / numéro 40 / décembre 2010

d'éducation et de soins spécialisés à domicile)). En effet, l'opuscule s'ins- crit dans le cadre des derniers textes réglementaires qui ont abandonné le terme d'intégration au bénéfice de celui de scolarisation. Ce change- ment de désignation n'est évidem- ment pas anodin et on reconnaît là une tendance qui a cours dans l'en- seignement spécialisé (voir par exemple les SEGPA, EREA). Il montre que le fond de cette politique envers les élèves sourds repose sur une conception exacerbée de l'indivi- dualisation scolaire où l'élève est sol- licité pour suivre des heures de remé- diation (dans le cadre de l'accompagnement scolaire, du sou- tien apporté par un enseignant spé- cialisé, grâce aux possibilités données par les nouvelles technologies, web- cam, etc.). Cette politique de remé- diation, inconséquente pour les élèves entendants, l'est tout autant pour les élèves sourds. L'apprentis- sage perd à se dérouler dans l'isole- ment et, au contraire, nécessite la confrontation et la socialisation des savoirs. On voit, aussi, dans le creux du discours idéologique de l'opuscule, se dessiner une nouvelle configuration du métier des enseignants spéciali- sés. Ceux-ci, baladés entre instituts et organismes spécifiques, établisse- ments d'intégration et accompa- gnement scolaire, deviendront des sortes de professionnels de la média- tion entre l'élève et les institutions diverses mais aussi entre l'Éducation nationale et la multitude des insti- tutions qui gravitent autour de l'élève sourd. De plus, sous couvert d'intégra- tion, les institutions banalisent le handicap des enfants jusqu'à en nier la réalité. L'opuscule que nous com- mentons en est une parfaite illustra- tion. Et c'est porté par ce même pro- cessus de négation, que le terme de scolarisation est venu remplacer celui d'intégration. Il y a là, évidemment, une pierre jetée à l'encontre des spé- cialisations des professionnels ensei- gnants. Dès lors, il n'est pas prophétie de dire qu'une économie de coût (sur les personnels, sur la gestion de patrimoines immobiliers) pourrait bien se traduire par des missions d'aide confiées à des auxiliaires de

vie scolaires ou autres personnels payés au lance pierre et sur des statuts précaires sans connaissance réelle de la Langue des Signes Française et n'ayant bénéficié que de formations épisodiques et sommaires sur la sur- dité, celles-là mêmes auxquelles invite l'opuscule ministériel. Les niches institutionnelles qui permet- tent à des spécialistes de la surdité de vivre seraient maintenues, certes, mais les effets sur le niveau linguis- tique des élèves sourds ne pourraient que trouver de nouveaux obstacles à ce qui est déjà une situation dra- matique. Or, ce type de conception éduca- tive signifie, clairement, que l'élève sourd est livré à un assistanat per- manent alors que c'est un travail d'autonomisation dans le travail, d'appropriation de la Langue des Signes Française et du français qui peut seul permettre de déjouer les lourdes difficultés qui affectent l'en- seignement des jeunes sourds. Pour cela, il faudrait quitter le ter- rain de l'idéologie pour s'intéresser à celui des apprentissages notamment linguistiques et aux conditions géné- rales des apprentissages.

Sud éducation Aquitaine

[1] MEN - Direction générale de l'En- seignement scolaire, Scolariser les élèves sourds ou malentendants, Paris, scérén CNDP, collection Repères/Handicap, 2010, 70 p. [2] Dominique Gillot, Le droit des sourds, 115 propositions, Rapport au Pre- mier Ministre, 30 juin 1998 [3] Philippe Séro-Guillaume, Langue des signes, surdité et accès au langage, éditions Papyrus, 2008, p.9 [4] Le droit des sourds, 115 proposi- tions, p.75 cité par Philippe Séro- Guillaume ibid. p.11 [5] Arraché par les sourds dans les années quatre-vingt-dix

Le Bluff de la langue des signes au baccalauréat

La première session du CAPES de LSF s'est déroulée : 7 postes pour 120 candidats. Ce CAPES étant institué en lien avec le développement de l'option LSF au bac (740 candidats sont attendus cette année), on voit qu'on ne vise à constituer un corps de professeurs que pour cette majorité d'élèves enten- dants prenant cette option. Parallèlement, l'hypocrisie ministé- rielle est à son comble avec la création d'une certification com- plémentaire Langue des Signes Française à l'attention des enseignants des disciplines générales "pour permettre aux 7261 élèves sourds scolarisés dans le public de choisir entre un enseignement bilingue LSF/français et un enseignement en français comme la loi du 11 février 2005 leur en offre la possi- bilité" (La Lettre de l'éducation du 22 mars 2010 n°661).

Ils ont voté une loi i n j u s t e , réactionaire et

Ils ont voté une loi

injuste, réactionaire et inacceptable !

L L a majorité de droite à l'As-

semblée et au Sénat a voté la

loi sur les retraites. Cette loi

est injuste. Elle pénalise les salariés (en activité, au chômage, en forma- tion) et notamment les femmes, pour satisfaire les intérêts d'une infime minorité. Elle est réaction- naire : au contraire de l'évolution historique des sociétés industrielles, elle impose un allongement du temps de travail. Quand des millions de gens se débattent dans le chô- mage et la précarité, cela peut paraître insensé, mais cela poursuit sans scru- pule la logique du capital : casser le système solidaire des retraites et abaisser le coût du travail. Cette loi Sarkozy-Parisot est condamnée par l'immense majorité du pays. Elle a mis en grève des mil-

lions de salariés dans les entreprises privées et le secteur public. Elle a mobilisé contre elle des milliers de lycéens et d'étudiants inquiets pour leur avenir et contre lesquels le pou- voir a organisé immédiatement la répression. Malgré le matraquage médiatique, depuis des mois, Sar- kozy n'a pas convaincu. Entre 200 et 300 manifestations dans toute la France à huit reprises en deux mois ont rassemblé des millions de citoyens qui refusent l'idée de tra- vailler plus longtemps quand les pro- fits des entreprises du CAC 40 explo- sent, avec la revendication évidente de "retrait du projet Sarkozy".

VERS LEXTENSION DE LA GRÈVE

Dès janvier 2010, nous avons dit avec l'union syndicale Solidaires qu'il fallait un affrontement central avec ce pouvoir si nous voulions le forcer à céder sur son projet, et que cet affrontement passait par la construc- tion de la grève générale. Au fil des journées d'action, cette analyse a convaincu toujours plus de salariés, bien au-delà des rangs de Solidaires. Des tentatives de reconduction de la grève ont existé dès le 7 septembre puis le 23. A partir des énormes manifestations du 2 octobre et plus encore à l'approche du 12, des syn- dicats Solidaires, CGT, FSU, FO, CFDT, UNSA ont engagé la grève reconductible dans les raffineries, les collectivités territoriales, les trans- ports urbains, aériens et maritimes, à la RATP, à la SNCF, dans l'Educa- tion nationale, au Ministère des Finances, au Ministère de la Culture, à La Poste, France Télécom, la Sécu- rité Sociale, EDF, à GDF/Suez, au Ministère de l'Environnement et de l'Equipement, au Ministère du Tra- vail, au Ministère des Transports, dans les hôpitaux, l'audio-visuel, les banques, à la météo, à Pôle Emploi, dans la métallurgie, commerces, ser- vices, chimie, prévention/sécurité, construction, nettoyage,…

Après l'énorme journée de grève du 12 octobre, l'intersyndicale natio- nale a décidé d'une nouvelle étape plus rapprochée, le 19, mais n'a jamais soutenu et encore moins encouragé la reconduction. L'inter- syndicale nationale et particulière- ment ses organisations majoritaires, CGT et CFDT ont constamment rédigé des appels en recul par rap- port au développement réel de la mobilisation : pas une ligne sur la grève reconduite dans les gares et les raffineries. En décidant d'une nou- velle grève seulement le 28 octobre puis de manifestations le 6 novembre, l'intersyndicale nationale a tourné le dos à l'extension de la grève et a refusé son soutien aux milliers de salariés en grève depuis le 12 octobre Elle a isolé les cheminots et les raffi- neurs au lieu de tenter de les renfor- cer. Sarkozy a pu faire adopter son texte face à un pays hostile mais face à une grève qui ne s'étendait pas.

ET SOLIDAIRES DANS TOUT ÇA ?

Solidaires a produit un matériel considérable depuis plusieurs mois pour expliquer les reculs prévus par cette réforme et pour convaincre que d'autres choix sont possibles. Des camarades se sont investis dans des dizaines de meetings unitaires. Dès le 11 octobre, Solidaires a publié un bulletin quotidien LA GREVE faisant état de nos analyses et rendant compte des multiples actions sur tout le territoire. Dans de nombreux départements les cortèges de Solidaires se sont étof- fés au fil des manifestations jusqu'à devenir en nombre les deuxièmes après la CGT. Les camarades ont aussi été très actifs dans les secteurs en grève et particulièrement dans les deux secteurs les plus en vue, la SNCF et les raffineries. Durant cet automne, de nouveaux syndicats Solidaires ont vu le jour, des syndicats SUD éducation se sont renforcés. Au sein de l'intersyndicale natio- nale, Solidaires a toujours fait des propositions allant dans le sens de la construction du rapport de force et de la grève. Ainsi le 21 octobre :

Soutien syndical national à la grève interprofessionnelle en cours, aux grévistes en lutte.

Appel national à renforcer et élar- gir cette grève.

Nouvelle journée nationale de manifestations en début de semaine du 24 octobre.

Condamnation de la répression policière.

Réunion intersyndicale dès la semaine du 24 octobre. CGT, CFDT, FO, UNSA et FSU n'ont pas fait ces choix que nombre de grévistes et de salariés attendaient.

ET L'EDUCATION NATIONALE ?

Dans l'EN comme ailleurs, il y a eu des centaines de milliers de gré- vistes sur les journées nationales. Des reconductions ont été lancées dès les premières grèves, souvent par des équipes militantes de Sud éducation et ont gagné la majorité des dépar- tements à partir de la journée du 12 octobre. Dans de nombreux dépar- tements des intersyndicales ont pris la responsabilité de lancer cet appel. Si la grève reconductible n'a pas explosé, elle a quand même concerné plusieurs milliers de collègues qui ont tenté de l'étendre et de participer partout aux actions interprofession- nelles de blocage de l'économie (gares, aéroports, zones indus- trielles…). Si la grève reconductible se construit effectivement sur le terrain elle peut difficilement se passer d'un véritable appel national unitaire des organisations syndicales. Sud édu- cation l'a proposé aux autres fédéra- tions sans succès. Dans l'EN, cet appel n'est jamais venu.

PARCE QUE D'AUTRES CHOIX SONT POSSIBLES POUR UNE RETRAITE SOLI- DAIRE, PARCE QUE NOUS LE SAVONS, PARCE QU'ILS NE NOUS LAISSERONT PAS DE RÉPIT, IL Y AURA NÉCESSAI- REMENT UNE SUITE

A SUIVRE

Pendant deux mois ce pouvoir a fait face à une mobilisation qu'il ne croyait pas possible. Des millions

dans la rue pour exiger un autre par- tage des richesses produites par le travail, c'est une bonne nouvelle pour

l'idée que tous ensemble nous sommes plus forts. Des lycéens, des

salariés et des retraités unis contre Sarkozy et les accapareurs c'est aussi une bonne nouvelle pour la suite.

Parce que d'autres choix sont pos- sibles pour une retraite solidaire,

parce que nous le savons, parce qu'ils

ne nous laisseront pas de répit, il y aura nécessairement une suite A nous de l'écrire !

Sud éducation Puy-de-Dôme

APPELS

SYNDICALISTES UNITAIRES POUR LA GRÈVE GÉNÉRALE

Lancé à la veille de la journée de grève interprofessionnelle du 23 septembre, le premier appel "Syn- dicalistes pour la grève générale" [1] visait deux objectifs : bâtir la grève générale et travailler à "un syndicalisme de lutte plus fort et

plus efficace" en proposant notam- ment la construction d'un "réseau syndical de lutte". Lancé par des camarades de Soli- daires et de la CGT du Nord, l'ap- pel ralliait dès le départ les mili- tants Émancipation de la FSU et les syndicalistes indépendantistes du STC (Syndicat des travailleurs corses), de la CDMT (Centrale démocratique martiniquaise des travailleurs) et de la CTU (Centrale des travailleurs unis). Le Bureau confédéral de la CNT signait égale- ment.

Reposant sur des signatures indi- viduelles, cet appel se voulait une expression concrète, au plus près du terrain, du travail unitaire déjà existant en souhaitant le consolider dans la perspective de l'ancrage de la grève dans les secteurs profes- sionnels et les localités. Cet appel a ainsi servi à de nom- breux militants syndicaux dans leurs assemblées générales de sec- teurs pour montrer qu'un courant de fond favorable à la grève géné- rale existait. Grâce à la mise en ligne d'un site internet, c'est un peu plus de 800 syndicalistes qui ont signé cet appel ! Beaucoup des syndicats Sud, mais aussi, en nombre significatif, de la CGT et de la FSU. On notait égale- ment plusieurs signatures du syn- dicat LAB (Pays Basque). Dans notre secteur profession- nel, outre les signataires Émancipa- tion-FSU déjà mentionnés, plu- sieurs militants de la CGT éduc'action (Alsace, Bouches-du- Rhône, Maine-et-Loire, Seine-St- Denis, Val-de-Marne) signaient. Et c'est très largement que les mili- tants et les syndicats de Sud éduca- tion se sont retrouvés dans la logique de cet appel. Enfin, localement, l'appel servait à initier des collectifs locaux (comme à Tours le collectif "Ensemble pour le retrait"). En Seine-Maritime, un site internet local, "Pour un syndicalisme de lutte en Seine-Maritime" dont l'ap- pel servait de référence [2] relayait les nombreuses initiatives interpro- fessionnelles du Havre et Rouen.

Mais après le 23 septembre la reconduction de la grève n'est pas celle escomptée. Pour les initia- teurs de l'appel il faut relancer un appel plus conjoncturel afin d'ap- puyer sur la question de la recon- duction qui commençait à tra- vailler jusqu'aux équipes fédérales de la CGT dans des secteurs clés comme la chimie, l'énergie ou le rail. D'où, le 8 octobre, un second appel "Ensemble pour le retrait du

projet de loi sur les retraites et pour nos revendications", plus court et recentré sur la nécessité de "la grève générale, reconductible, le

blocage de l'économie". Lancé avec 450 signataires, équilibrant les signatures CGT, FSU et Sud/Soli- daires (et reprenant les signataires de la CDMT et de la CTU, du STC, du LAB ou de la CNT du premier appel), ce second appel recueille plus de 1000 signatures en quelques jours [3]. Signe de cet élargissement, les militants École émancipée de la FSU signaient en nombre alors qu'ils ne l'avaient pas fait sur la première fois. L'appel trouvait cette fois-ci un prolonge- ment dans les reconductions, bien réelles après le 12 octobre, les actions et les AG interpro. S'il ne mentionnait pas la pers- pective d'une mise en réseau des

syndicalistes de lutte, idée très pré- sente dans le premier appel, l'appel des 450 engageait néanmoins des syndicalistes à apposer leur nom, leur appartenance syndicale, aux côtés de ceux d'autres camarades

d'autres organisations. Une unité à

la base s'y manifeste clairement. Malgré cela, comme son prédé- cesseur, ce second appel ne fran- chit pas la barrière médiatique

(seul Politis du 30 septembre s'in-

téressa à la démarche). Les deux appels auront pour l'essentiel cir- culé dans les réseaux militants et syndicaux (et même un groupe Facebook rassemblant 300 membres !). On aurait pu imaginer un troi-

sième appel, cette fois de grévistes,

qui aurait pu évoquer des perspec-

tives d'auto-organisation, de reprise en main de l'outil de tra- vail… mais le temps et le mouve- ment réel des luttes auront man- qué. Aujourd'hui, les jalons sont posés pour continuer à faire vivre

cette démarche unitaire : c'est bien

à l'affirmation d'un camp syndical

de lutte de classe qu'il faut tra-

vailler.

Sud éducation Loiret

[1]http://syndicalistesunitaires.org/

[2]http://syndicalismedelutte76.blog

spot.com/ [3] http://appel.des.450.syndica- listes.over-blog.org/

[3] http://appel.des.450.syndica - listes.over-blog.org / éducation / Le jour nal / numér o 40 / décembr

éducation / Le journal / numéro 40 / décembre 2010

3

programme

UNE NOUVELLE ESCROQUERIE AU NOM DE LA RÉUSSITE DES ÉLÈVES

D EPUIS LA RENTRÉE, 105

ÉTABLISSEMENTS CHOI-

SIS PARMI CEUX

"CONCENTRANT LE PLUS DE DIF- FICULTÉS EN MATIÈRE DE CLIMAT SCOLAIRE ET DE VIOLENCE" DANS DIX ACADÉMIES EXPÉRIMENTENT LE PROGRAMME CLAIR (COL- LÈGES ET LYCÉES POUR L'AMBI- TION, L'INNOVATION ET LA RÉUS- SITE). SOUS COUVERT DE RÉFORMER L'ÉDUCATION PRIORI- TAIRE, CELUI-CI TRANSFORME RÉSOLUMENT NOS CONDITIONS D'ENSEIGNEMENT. IL S'AGIT D'INS- TAURER UN NOUVEAU MODE DE GESTION MANAGÉRIAL ET SÉCURI- TAIRE POUR LES ÉLÈVES, MAIS AUSSI POUR LES PERSONNELS.

DE L'ÉDUCATION PRIORITAIRE À L'ÉDUCATION SÉCURITAIRE

A l'image de la circulaire du 22 juillet, ceux qui essayent de nous vendre l'expérimentation CLAIR n'ont de cesse de nous répéter que son objectif est la réussite des élèves par un renforcement du suivi indi- viduel. Comment les croire alors

même que le gouvernement sup- prime des milliers de postes d'en- seignants et de COP tous les ans, sans s'inquiéter des manques cruels qui peuvent apparaître ? Par exemple, pour le travail sur l'orien- tation que les COP, en voie de dis- parition, n'ont plus les moyens d'as- surer Derrière ces déclarations de prin- cipe se cache une véritable volonté de fliquer les élèves et leurs parents, dans le droit fil du discours sécuri- taire qui fait florès depuis des années. Quand on lit qu'"une atten- tion particulière est apportée aux élèves dont l'attitude ne permet pas le bon déroulement de la scolarité et déroge aux règles de vie de l'éta- blissement", on voit bien que le suivi individuel de l'élève consiste à éva- luer le comportement et non à pré- venir le décrochage. Oser nous pro- poser comme solution les Travaux d'Intérêt Général montre le niveau de cette expérimentation et le res- pect que ses groupies ont de nos élèves ! Les parents ne sont pas oubliés :

le voile tombe peu à peu sur la mys- térieuse "mallette des parents" : des enseignants volontaires ou désignés seront chargés d'animer avec les

parents des "débats" qui dans la pra- tique ressemblent fort à des "for- mations" visant à développer les "compétences" des parents. Or, est- ce vraiment le rôle de l'Éducation nationale de former les parents et de s'immiscer dans l'éducation qu'ils donnent à leurs enfants ? La démarche normative sous-tendue par ces projets est inquiétante.

MISE AU PAS DES PERSONNELS ET EXPÉRIMENTATIONS MANAGÉRIALES

L'expérience phare du programme CLAIR, c'est surtout la remise en cause des droits des salariés des éta- blissements concernés et de la liberté pédagogique des enseignants. La création du préfet des études, recruté parmi les enseignants et les CPE, n'est en fait que le rajout d'un éche- lon hiérarchique qui ne dit pas son nom. Après les "super-profs" de l'Ambition Réussite, on nous refait le coup du "collègue qui sait" : en réa- lité, il s'agit de personnes, aux pou- voirs très larges, tant au niveau péda- gogique qu'en ce qui concerne la vie scolaire, et dont la prime (de 400 à 2400 euros par an) dépendra du bon vouloir du chef d'établissement : un sommet d'indépendance donc.

En plus du rajout d'un échelon hiérarchique intermédiaire, le pro- filage à terme de tous les postes doit nous inquiéter. Car c'est bien le sta- tut de fonctionnaire qui est ainsi menacé sous le prétexte fallacieux de la stabilisation des postes. Ainsi le chef d'établissement recrutera à terme tous ses enseignants et CPE qui s'engageront pour cinq ans par des lettres de mission basées sur le projet d'établissement. En plus de renforcer le pouvoir du chef d'éta- blissement, cette mesure remet en cause la liberté pédagogique des enseignants et des personnels de vie scolaire. Petit à petit, c'est le mou- vement qui va être bloqué et une question se pose : que fera-t-on des enseignants qui refuseront de signer les lettres de mission ?

UN ÉLARGISSEMENT DU DISPOSI- TIF QU'IL FAUT COMBATTRE

Les déclarations de Luc Chatel sont explicites : le programme CLAIR a vocation à être élargi dès la rentrée prochaine à tous les éta- blissements bénéficiant d'un clas- sement en éducation prioritaire. Or, le programme CLAIR n'offre aucun réel moyen supplémentaire en

terme d'horaire ni de personnels :

cette expérimentation répond avant tout à des objectifs budgétaires. Quand on entend de "hauts res- ponsables" cités par Le Monde affir- mer à propos des ZEP que "ça n'a jamais marché, la preuve : une fois qu'un établissement y est entré, il n'en sort jamais", on ne peut qu'être révolté. Le classement ZEP n'a jamais eu vocation à régler tous les problèmes économiques et sociaux qui restent les principaux facteurs d'échec scolaire.

Sud éducation Alsace

Une inspection parmi tant

d'autres

Le récit d’une collègue du premier degré blessée par son inspection

4

P

OUR

CLORE

MA

CARRIÈRE D'INSTI-

TUTRICE, APRÈS 10

ANS DANS L'ENSEIGNEMENT

SPÉCIALISÉ,

LDUCATION

NATIONALE M'A GRATIFIÉE

D'UNE INSPECTION DIGNE

D'UN SCÉNARIO À LA "TATI".

EN VOICI LE RÉCIT.

Prévenue le week-end précédent que Monsieur l'Inspecteur viendrait me voir "dans la semaine", je l'ai attendu en vain tout en remplissant un questionnaire de pré-inspection facultatif. Il est finalement arrivé dans ma classe de CP à la fin du moment de langage. Semblant peu s'y inté- resser, il s'est installé au bureau et a sorti son ordinateur. Ont suivi une séance de français puis une séance de maths : relecture orale, écriture, décomposition des nombres de 1 à 20 avec décomposition du système décimal.

LE RÉQUISITOIRE DE L'INSPEC- TEUR

Le moment de langage était trop long et de toute façon, je n'étais pas en classe coopérative puisque dans les classes coopératives, on utilise des bâtons de paroles ! Le goûter du matin dans la classe, niet, ça n'est pas bien du tout ça madame. En ce qui concerne la lecture de la lettre de nos correspondantEs reçue la veille, à quoi cela servait-il ? La méthode utilisée ce jour-là prend comme support une BD et permet aux élèves les plus en diffi- culté une approche plus ludique et à toutEs les élèves de comprendre l'importance de l'implicite dans la lecture. Elle n'était pas en "odeur de sainteté" dans cette circonscription. La séance de maths, n'en parlons pas : "Comment, ils/elles n'en sont que là ? Et à quoi ça sert de décom- poser tous les nombres de 10 à 20 ?" Quant à la séance d'écriture/gra- phisme : j'aurais dû utiliser le tableau à lignes pour le modèle de la lettre, et il faut que les enfants écrivent au stylo bille pour laisser une trace pérenne ; d'autre part, j'avais mis un "Bien" à une élève qui avait beau-

mis un "Bien" à une élève qui avait beau- éducation / Le jour nal / numér

éducation / Le journal / numéro 40 / décembre 2010

coup progressé en écriture mais qui n'avait pas réussi tout à fait à écrire entre les deux lignes ! Enfin nous n'aurions pas étudié assez de sons en lecture

UNE MISE EN CAUSE PERSON- NELLE

Ensuite en vrac, m'ont été repro- chés : de ne pas bien préparer mon travail, puisqu'il n'y avait que les points à aborder dans mon "cahier journal", qu'il s'est approprié sans mon autorisation, outrepassant ses droits (aucun texte réglementaire ne stipule que le "cahier journal" doit être fourni à l'inspecteur) ; de ne pas faire assez de "pédagogie différen- ciée" : ce que l'on appelle mainte- nant "faire de la pédagogie différen- ciée", c'est mettre les bonNEs élèves devant des ordis pendant que l'on fait du "rattrapage" avec les autres. Moi, ce que j'appelle pédagogie dif- férenciée, c'est donner du "grain à moudre" à toutEs les élèves, leur apprendre à travailler en interaction. L'entretien ou plutôt le mono- logue réquisitorial s'est terminé après que monsieur l'Inspecteur a concédé que, étant depuis dix ans dans l'en-

seignement spécialisé, il était normal que j'aie des difficultés à retourner dans une classe ordinaire. Donc, il allait m'envoyer des conseillerEs pédagogiques pour qu'ils/elles m'ex- pliquent ce que je devais faire dans une classe du centre ville. Selon cet inspecteur, un tiers des élèves étant de milieu aisé, "tout aurait dû être pour le mieux dans le meilleur des monde" !

RÉAGIR ET SE DÉFENDRE

Je n'ai jamais adhéré à cette idée simpliste que pour les "gosses de riches", "tout baigne" et pour les enfants de milieu défavorisé, de toute façon "y'a rien à faire". Je suis convaincue que pour quelque apprentissage que ce soit, les fonda- tions doivent être suffisamment solides pour que la "maison des connaissances tienne debout". Toute construction d'un savoir se fait par l'acquisition d'une écoute respec- tueuse de la parole de chacunE et de touTEs, l'interaction empathique et bienveillante des unEs envers les autres, la structuration des langages par le biais indispensable du jeu, en fait par une méthodologie prônée

par Célestin Freinet et qui a fait ses preuves. En ce qui concerne cet épi- sode douloureux de ma vie, il s'est soldé par un départ en retraite anti- cipé. Mais je souhaiterais que de cette expérience, les jeunes et moins jeunes collègues puissent tirer la "substantifique moelle". Si jamais vous avez à faire face à une situation de ce type, à titre pré- ventif, sachez que vous ne devez pré- senter à la personne qui vous ins- pecte que la liste des élèves, votre emploi du temps, votre registre d'ap- pel dûment rempli (y compris les pourcentages, ce que je n'avais pas fait à mon grand dam !) et une pré- vision de progression pédagogique ; à titre défensif, informez le plus rapi- dement possible toute personne sus- ceptible d'écouter ce qui vous est arrivé. Sachez que toutE représen- tantE syndicalE de quelque syndicat que ce soit peut vous aider pour l'éla- boration d'un "contre-rapport" d'ins- pection et la défense de vos droits, que vous soyez syndiquéE ou non.

Sud éducation Côtes d’Armor

Mouvement des stagiaires, ce n'est

DEPUIS LE 1ER OCTOBRE, DES STAGIAIRES DE L'ACADÉ- MIE DE CRÉTEIL REGROUPÉS DANS LE COLLECTIF "STA- GIAIRE IMPOSSIBLE" ONT RÉAGI CONTRE LES CONDI-

DEPUIS LE 1ER OCTOBRE, DES

TIONS DRAMATIQUES D'EN-

STAGIAIRES DE L'ACADÉMIE DE

TRÉE DANS LE MÉTIER IMPO-

CRÉTEIL REGROUPÉS DANS LE COL-

LECTIF "STAGIAIRE IMPOSSIBLE"

SÉES PAR LA RÉFORME DE LA

ONT RÉAGI CONTRE LES CONDI-

FORMATION, DITE "MASTÉ-

TIONS DRAMATIQUES D'ENTRÉE

RISATION"[1]. IL SE TOUR-

DANS LE MÉTIER IMPOSÉES PAR LA

NENT MAINTENANT VERS LES

RÉFORME DE LA FORMATION, DITE

STAGIAIRES ET LES COLLÈGUES

"MASTERISATION"[1]. IL SE

DE TOUTES LES ACADÉMIES.

TOURNENT MAINTENANT VERS LES

SUD ÉDUCATION SOUTIENT

STAGIAIRES ET LES COLLÈGUES DE

TOUTES LES ACADÉMIES. SUD ÉDU-

ET CONTRIBUE À CE MOUVE-

CATION SOUTIENT ET CONTRIBUE

MENT NAISSANT EN RESPEC-

À CE MOUVEMENT NAISSANT EN

TANT SA VOLONTÉ D'AUTO-

RESPECTANT SA VOLONTÉ D'AU-

NOMIEUNE VALEUR SUD !

TONOMIEUNE VALEUR SUD !

UN MOUVEMENT AUTONOME SOUTENU SYNDICALEMENT

Le 20 octobre à la Bourse du Tra- vail de Paris, une assemblée des sta- giaires s'est tenue à l'appel du col- lectif "stagiaire impossible". Un véritable succès avec 180 personnes, majoritairement issues de l'acadé- mie de Créteil. Sud éducation, au côté du collectif, a largement contri- bué au succès de l'AG en réservant la salle, en envoyant aux stagiaires de l'académie de Créteil un tract sou-

qu'un début…

tenant cette initiative, et aux organi- sations syndicales une invitation à y participer afin de la soutenir. Une déclaration [2]Sud, SNES, CGT, FO, SGEN qui soutient les revendications des stagiaires, préparée préalable- ment avec le collectif, a été lue, signe d'un soutien intersyndical sur l'aca- démie.

INTERCATÉGORIEL TION NATIONALE

ET À VOCA-

La nécessité d'un mouvement conjoint des stagiaires du 1er et du 2nd degré est apparue par le biais de collègues du 1er degré, nombreux à s'exprimer lors de l'AG. Certains représentaient l'assemblée de l'IUFM de Livry Gargan (93), très mobilisé. Les revendications sont souvent simi- laires. Alors qu'on s'attendait à une AG cristolienne à forte teneur second degré, la présence forte du premier degré et la participation de stagiaires des autres académies de l'Île-de- France et d'Amiens, les contacts avec les mouvements rennais, lyonnais, rouennais, grenoblois et orléanais laissent entrevoir la possibilité d'une extension nationale. L'intersyndicale présente le jour de l'AG est déjà dépassée en ce sens qu'elle ne colle plus à la réalité du mouvement des

stagiaires ; il faut rapidement consti- tuer une intersyndicale régionale pre- mier et second degrés et discuter avec les intéressés d'une intersyndicale nationale.

DES REVENDICATIONS IMMÉ- DIATES ET À LONG TERME ONT ÉTÉ VOTÉES

Droit à une présence en respon- sabilité devant les élèves n'excédant

pas un tiers du service complet, droit

à deux ans de formation profession-

nelle rémunérée, droit à l'accompa- gnement d'un conseiller pédago- gique non-évaluateur, transparence et uniformisation nationale des conditions de stage et de validation. La revendication de l'abrogation de la masterisation de la formation des enseignants a été plébiscitée contre l'avis des représentants du SNES.

plébiscitée contre l'avis des représentants du SNES. … ET DES ACTIONS DONT IL FAUDRA ÊTRE SOLIDAIRES
plébiscitée contre l'avis des représentants du SNES. … ET DES ACTIONS DONT IL FAUDRA ÊTRE SOLIDAIRES

ET DES ACTIONS DONT IL FAUDRA ÊTRE SOLIDAIRES DÈS NOVEMBRE !

Sur notre proposition, une audience a été demandée au recteur de Créteil pour la mi-décembre avec une pétition reprenant ces revendi- cations. Nous nous sommes adres- sés aux syndicats de toute l'Île-de- France afin d'élargir le soutien intersyndical de ce mouvement. L'AG des stagiaires Île-de-France du 20 octobre a largement voté pour une manifestation à caractère natio- nal au ministère avec d'autres col- lectifs régionaux et le soutien des col- lègues titulaires. Cette manifestation suivie d'une AG inter-académique des stagiaires doit se dérouler début décembre. Sud éducation soutient bien sûr entièrement ces initiatives

Sud éducation Créteil

[1] Lire le compte-rendu du collectif et son appel sur le site www.sudeduccre- teil.org et sur http://stagiaireimpos- sible.org [2] A lire sur le site www.sudeduc- creteil.org

Désorganisation orchestrée en LP !

LES FORMATIONS PROFESSION- NELLES APRÈS LA TROISIÈME ACCUEILLENT ENVIRON 50% D'UNE CLASSE D'ÂGE ET LES CONDITIONS D'ÉDUCATION OFFERTES SE DÉGRADENT. L'OB- JECTIF EST-IL TOUJOURS DE PER- METTRE UNE INTÉGRATION PRO- FESSIONNELLE ET D'OFFRIR UNE POSSIBILITÉ D'ÉVOLUTION ? NON, NOUS CROYONS QU'IL S'AGIT DE CRÉER UNE MASSE EMPLOYABLE, LICENCIABLE, CRITIQUABLE, OBÉIS- SANTE PARCE QUE DÉMUNIE POUR ACCROÎTRE LES BÉNÉFICES DES ENTREPRISES. CETTE ABSENCE DE QUALIFICATIONS PROFESSION- NELLES EST SYNONYME DE BAISSE DES REVENUS, D'EMPLOIS PRÉ- CAIRES.

DÉSORGANISATION DE L'ENSEI-

GNEMENT

La labellisation "lycée des métiers" qui modifie le public est à l'origine d'une désorganisation des ensei- gnements. Les élèves, au sein d'un LP, ont maintenant des statuts dif- férents : élèves sous statut scolaire, côtoyant des apprentis et des adultes en formation continue ! (cf article du journal de septembre). Les CFA publics et les LP ne font plus qu'un !

Comme l'apport des apprentis est souvent insuffisant pour atteindre les effectifs préconisés par l'administra- tion, des "formations mixtes" ont été créées, regroupant des élèves de

2 professions différentes (par

exemple soudage et productique) :

tout pour supprimer la culture de la

classe ouvrière !

REMPLIR LES CLASSES

Le nombre d'apprenants par classe

est en nette augmentation : 27 (15 +

12 en cas de regroupement), 32 en

tertiaire. Nos élèves, qui ont accu- mulé des retards scolaires et pris en grippe l'enseignement général, se retrouvent dans de grands groupes qui ne permettent plus de leur redon- ner le goût du savoir, ce qui était l'atout des LP. Avoir en CAP un groupe de 15 élèves alors qu'ils étaient au maximum 8 en atelier l'an- née précédente en SEGPA ne peut apparaître comme une condition favorable ! L' hétérogénéité des niveaux et des âges devient ingérable. L'objectif est-il encore une orienta- tion et une formation des élèves ou simplement un remplissage des struc- tures ? Le nombre d'élèves a subi une telle augmentation que dans certains établissements se pose le problème du respect du droit du travail (nombre de m3 par personne dans une salle).

Les référentiels sont mis en place sans aucune concertation préalable. Par exemple, un nouveau bac pro 3 ans a vu le jour au milieu de l'été. Les élèves s'étaient inscrits à une

autre formation mais ont été accueillis dans ce nouveau bac (BAC ARCU) que les enseignants décou-

LES MOYENS NÉCESSAIRES N'ONT PAS ÉTÉ DONNÉS :

COMMENT FAIRE ? DES HSA OU HSE !

vraient aussi. Comment, dans ces conditions, espérer une implication des élèves dans leur formation ? En Prévention Santé Environnement, les élèves doivent maintenant préparer le brevet de Sauveteur Secouriste du Travail mais les moyens nécessaires n'ont pas été donnés : 12 heures par groupe de 10 élèves ! Comment faire ? des HSA ou HSE ! L'accompagnement personnalisé (cf article sur le site de Sud éduca- tion [1]) a été conçu de façon à faire croire à chacun que "le projet de l'élève est au centre du système", alors que la réforme a supprimé 1000

heures d'enseignement. L'organisa- tion de l'AP est erratique : mise en place avec des HSA et HSE, sans concertation de l'équipe pédago- gique, sans formation, mise en bar- rette des enseignants… Nous parions sur une disparition rapide de ces heures qui compliquent l'organisa- tion pédagogique des établissements.

AMATEURISME ET CAFOUILLAGE

Le suivi des élèves en entreprise est aussi un problème. Les élèves ont 22 semaines de stage sur 3 ans et les apprentis sont soumis au rythme de l'alternance. Qui suit les élèves en stage ? Quand ? Comment ? Ce sont des questions sans réponse. Le BO veut que "l'équipe pédagogique" soit responsable mais ne réfléchit pas à la faisabilité. L'administration essaie seulement de détourner ces textes pour tenter d'annualiser les services des enseignants ou de les contraindre

à travailler gratuitement. La suppression du BEP a entraîné la mise en place d'une certification en fin de 2ème année de formation. Les classes de 1ère Bac pro doivent pas- ser une épreuve ponctuelle en Fran- çais, Histoire-géo et Education civique. C'est la seule épreuve natio- nale, les autres étant en Contrôle en Cours de Formation (CCF). La date n'est pas connue ! Fin mai, début

juin 2011, quand la moitié des

lycéens seront en stage. Certains

seront à des centaines de kilomètres

mais devront revenir une journée.

Le pourront-ils ? Qui paiera leurs frais

de déplacement ? Ces élèves passent

entre 8 et 10 semaines en entreprise.

Certains partent en mai- juin,

d'autres avant. Ces derniers n'auront

pas le même nombre d'heures d'en-

seignement, car ils reviendront au

lycée début juin, et auront cours

après cette épreuve de certification.

Ils auront 24 h de cours en moins.

Comment peut-on encore parler de

revalorisation de l'enseignement pro-

fessionnel, avec des réformes si

injustes ?

Les lycées professionnels ont aussi

droit aux postes partagés, aux profs-

stagiaires sans formation ni tuteurs,

aux problèmes de remplacements,

aux oraux de bac pro caricaturaux,

au conseil pédagogique, à la diffi-

culté d'enseigner, à la gestion des

élèves en grande difficulté ou han-

dicapés…

Devant tant d'amateurisme et de

cafouillage, il y aurait une volonté

gouvernementale de détruire les LP

qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Commission

Enseignement professionnel

[1] http://www.sudeducation.org/

Ce-qu-il-faut-savoir-pour-dejouer.html

Ce-qu-il-faut-savoir-pour-dejouer.html éducation / Le jour nal / numér o 40 / décembr e 2010 5

éducation / Le journal / numéro 40 / décembre 2010

5

CONDITIONS DE TRAVAIL

Madame/Monsieur, Nous (et d'autres), de mal-être pensons que les conditions de travail dans cet établissement
Madame/Monsieur,
Nous
(et d'autres),
de mal-être
pensons que les conditions
de travail dans cet établissement
peuvent générer beaucoup
voire des
risques psycho-sociaux.
Nous
il vous incombe
de mettre en place les
vous alertons officiellement car
cet établissement
loi et confirmée moyens pour par les les éviter. textes s'y référant (Décret
La santé des personnels de
vous est confiée de par la
82-453
28/05/82).
Vous du
devez
tout mettre
en œuvre pour la
préserver :
de
Rappelons que la
à l'aide des personnels
santé, pourtant
-par des visites médicales
maintenus en sous-effectif.
pas valeur
de
visite médicale proposée par l'IRSA n'a
visite médicale du travail,
questions posées dans les cahiers CHS-CT,
-par des réponses aux
-par l'organisation de la prévention des
lequel
risques professionnels notamment
à l'aide du Document Unique dans
bonne place…
nous entendons que les risques psycho-sociaux figurent en
Des
ont été
dénoncées par
causes externes et
les personnels. Elles portaient sur
la question
internes à l'établissement
générale
de l'ORGANISATION DU TRAVAIL dans l'établissement :
-des
classes pour les élèves
moyens insuffisants diminuant les
possibilités de dédoublement des
difficiles ou en difficulté
-la suppression des RASED
-l'accueil
de stagiaires dans des
formation, suivi, etc.)
conditions inacceptables (absence de
-une répartition de ces moyens
ne permettant pas à tous les
heures
l'exa-
élèves d'avoir les
de cours pour se présenter à
men
-des référentiels et des règlements d'examen non
épreuves
précisés à quelques mois des
-des
enseignants à changer
sur les
d'avenir pro-
formes de "menaces" incitant les
d'emploi (enquêtes
projets personnels
fessionnel)
-des
vécues
d'établissement
comme arbitraires, discutées entre chefs
sans qu'aucune
commission
mutations "imposées"
paritaire
de représentation
des personnels ne soit consultée
-des
leur santé
morale par le
stress qu'elles peuvent engen-
inspections culpabilisant
les enseignants voire attentatoires à
drer
-des
heures supplémentaires
en grand
nombre, proposées
qu'il s'agit là d'une
et reproposées. Qui ne comprendrait pas
pression
?
-mise
pour les accepter
en place de
conseils pédagogiques
visant à contourner
les représentations
des personnels,
par les
aspects parcel-
sur
les conditions de travail des équipes
laires de la réflexion
-des sous-effectifs chroniques
(tous personnels)
-des dépassements "d'heures
normales de
et
des
travail" (conseils
de classe
autres réunions
de travail) à tel point que
enseignants
s'arrête
ne savent plus quand leur travail
-des salles de cours
peu ou
pas insonorisées
-des
aux élèves
de moins
que hors
par
de 18 ans parce
mais utilisables
machines outils interdites
normes de sécurité,
enseignants à
-des ateliers non
une surveillance constante. Quand
seront-elles remises
tous, obligeant les
aux normes ?
nettoyés,
dont certains avec des
(bois et fer)
particules cancérigènes
-l'obligation pour les
de demander leurs visites
du
personnels enseignants
médicales périodiques
travail pourtant de droit
-des
avec
des véhicules
personnels.
visites de stagiaires
Or :
de ces
multiples facteurs peuvent avoir des
: sentiment
conséquences dévastatrices
- le croisement et/ou la conjonction
d'inutilité,
fin
de carrière, stress, etc.
de travail mal fait, d'épuisement en
d'enseignants dans nos académies.
-nous déplorons des suicides
La loi
employeurs à l'origine de
punit désormais les
telles pratiques
(mutations arbitraires, etc.) les obligeant
ainsi à modi-
fier l'organisation du
travail (France
Télécom, Renault).
ou "derniers
sont
les IEN,
les Principaux, les Provi-
Les chefs de service
maillons de la chaîne de commandement" que
seurs, ont
que celles de
"l'employeur"
travail. Cela est décliné dans
les textes de
les mêmes obligations
au sens du Code du
la
décret 82-453
et suivants.
Fonction Publique par le
du 28 mai 1982
Vous pourriez donc
votre responsabilité.
en cas de détérioration de
la santé des personnels placés sous
être tenu’e) de rendre des comptes
l'arrêt
Nous attendons
de vous et de
notre institution
de ces
des person-
méthodes d'organisation
du travail et de gestion
nels préjudiciables tant
à notre
de l'Éducation nationale.
santé qu'au bon fonctionnement
Nous vous
demandons d'intervenir dans ce sens.
prions
de croire,
Madame/Monsieur, en
l'Éducation nationale.
Nous vous
notre attachement
au service public de

SOUFFREZ

QU'ON EN PARLE

En considérant l'ensemble de ces contre-réformes dont la mise en situation d'enseigner de stagiaires non préparés, le Conseil Fédéral pro- pose les démarches suivantes pour armer les équipes militantes :

Après adaptation du courrier ci- contre, le donner aux chefs d'éta- blissement lors d'un Conseil d'Ad- ministration, par exemple.

Écrire dans les cahiers CHS (CT)[1] les situations dans lesquelles des collègues s'estiment en difficulté (arrêt de travail, mal-être, fatigue, souffrances diverses, etc.). L'admi- nistration sera informée donc obli- gée de trouver des solutions.

Conseiller à chacune ou chacun s'estimant en danger (pétage de plombs, fatigue, etc.) de se retirer de cette situation en allant voir son médecin et en lui demandant un arrêt de travail sous qualification d'”accident de travail ". Pourquoi ? Depuis quelques années, la cour de cassation a consi- déré que les blessures psychiques peuvent être, au même titre que les blessures physiques, des motifs d'ar- rêt de travail. Lors du retour dans l'établissement après un accident du travail, le médecin du travail, ou de prévention dans l'Éducation natio- nale, convoque systématiquement la personne.

Accompagner la personne chez

le médecin de prévention et lui rap-

peler que la loi l'oblige à proposer

un plan de prévention à l'employeur

pour éviter le renouvellement d'un

arrêt de travail.

Rappelons que le médecin, de par

la loi, ne peut proposer que des solu-

Une page d’outils militants réalisée par Sud éducation Calvados

tions allant dans l'intérêt exclusif du salarié (Code du Travail, D82-453 du 28 mai 82 et suivants). Si l'employeur, (rectorat, inspec- tion académique), refusait le plan de prévention proposé par le médecin, par exemple consistant à aménager

des décharges horaires ou autres, il doit obligatoirement s'en expliquer soit par écrit, soit dans les instances locales, départementales ou acadé- miques.

Enfin rappelons que la politique actuelle de contre-réformes dans l'É- ducation nationale, amène une ges- tion globale (un "management") se rapprochant de plus en plus de ce qui s'est passé à France Télécom, chez Renault, etc.

Or, suite à des suicides, les juges ont condamné ces méthodes (juge- ment de décembre 2009). Il serait dommage de constater que nous n'utilisions pas les attendus des jugements rendus, à savoir que ces méthodes sont condamnées. Le rap- peler à nos décideurs, c'est les obli- ger à reculer sur ce terrain… sauf à prendre le risque d'être à leur tour condamnés.

[1] Cahiers d'Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail présents dans chaque école et établissement. En cas d'absence, en réclamer la

mise en place en se fondant sur le Décret 82-453 du 28 mai 82.

[2] Il s'agit de la commission Hygiène Sécurité-Conditions de travail dont relève l'établissement. Pour le 1er degré, c'est le Conseil d'Ecole.

SAVOIR ou SE FAIRE AVOIR

Rappel des outils pour les militants

Présent sur lieu de travail, à dis- position de tous, à toute heure, hors

présence hiérarchique. Réponse sur cahier avec ou sans réunion du Conseil d'école ou de la Commis- sion HS-CT.

Sert à acter les faits, à informer l'administration qui doit répondre.

Pour les élèves et agents, à charge

par la Région qui doit les nettoyer et les entretenir.

Pour les enseignants, à charge de l'employeur (c'est-à-dire le Minis- tère) qui doit les nettoyer et les entre- tenir.

La non-demande de cette visite

pourrait être reprochée à un salarié

qui n'aurait pas permis au médecin

de prévention de déceler une mala-

die infectieuse pouvant être trans-

mise aux élèves.

En cas de problème de santé :

lettre au médecin de prévention et

accompagnement militant (il est très

difficile d'exposer soi-même ses

propres problèmes).

Plans de prévention possibles :

décharges horaires, 1/2 groupes, 1/2

temps thérapeutique…

Noter la situation de danger

grave, imminent ou de violence pouvant porter atteinte à la santé, à l'intégrité physique ou psychique. L'administration doit répondre sans délai. La reprise du travail s'effec- tue après accord. Si le désaccord persiste, l'ins- pecteur du travail peut être appelé pour trancher le litige. Aucune rete- nue de salaire ne peut être effec-

tuée.

Établir la déclaration d'accident

Délivrer, le cas échéant, la prise en charge des frais et les feuilles de soins

Enquêter sur les causes et les cir- constances de l'accident

Prévenir le Conseil d'Ecole ou le Conseil d'Administration en cas d'enquête

L'administration doit effectuer dans les plus brefs délais l'enquête afin que la présomption d'imputa- bilité au service soit accordée à l'agent. Il appartient à l'administra- tion de recueillir les témoignages et procéder aux enquêtes complé- mentaires qui confirmeront le lien entre l'accident et le service.

Demander la visite médicale de prévention par lettre individuelle au chef de service.

Noter sur le cahier CHS(-CT) ou le registre Danger Grave et Immi-

nent selon la gravité. Ces cahier et registre doivent être en place dans tous les établisse- ments (du 1er degré au supérieur).

Des fiches précisant tous ces outils sont réalisées. Tous ces outils sont rappelés lors d'assemblées générales, Heures Men- suelles d'Information ou stages pro- posés par Sud éducation. Circulation de l'information, conseils : Sudeduc14@free.fr

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de l'information, conseils : Sudeduc14@free.fr 6 éducation / Le jour nal / numér o 40 /

éducation / Le journal / numéro 40 / décembre 2010

L'actualité brûlante de lalaïcité

LA LAÏCITÉ, PROBLÈME RIN- GARD ?

Pour beaucoup, la Laïcité se réduit à une question religieuse (voile ou bric-à- brac du même genre). CIN- QUANTE ANS après le Serment de Vincennes, qui avait rassemblé des millions de signataires pour l'abro- gation de la loi Debré, tout semble oublié. A présent la Région Ile-de- France ("de gauche") finance un lycée confessionnel à Sartrouville ! Par le biais de lois qui se sont empi- lées[1] depuis 1919, puis 1959 (Astier, Debré, Rocard, Lang-Clou- pet, Charasse etc.), le financement des établissements privés n'a cessé d'enfler au détriment du public. En France, l'Église perçoit 12 % de l'Im- pôt sur le revenu (contre 10 % en Allemagne - d'après Odon Vallet).

Les entreprises n'ont pas été en reste. Pour ouvrir la Faculté (privée) des métiers d'Evry, les élus PS et UMP (Jean-Paul Huchon, Manuel Valls et Serge Dassault) ont détourné les fonds publics pour les verser direc- tement au patronat. Or, les forma- tions professionnelles de cette Faculté entrent directement en concurrence avec celles des LP publics. C'est la reprise de la conception du député UMP, Yves Censi: "l'enseignement privé a une mission de service public".

On oublie enfin, qu'en France, il existe une exception à la Laïcité : les départements d'Alsace-Moselle [2].

LA

LAÏCITÉ, UN COMBAT

ÉMANCIPATEUR UNIVERSEL.

Il faut tout d'abord en finir avec un poncif : la Laïcité, spécificité fran- çaise ? Pas du tout ! Dès la création des États-Unis d'Amérique, un mur sépare l'État et la Religion. Eh oui, la référence à Dieu qui figure sur le dollar, date… de la Guerre Froide. Eisenhower l'a substituée à la devise originelle de l'Union, "E pluribus unum". Tout au long des XIXème et XXème siècles, ce combat contre l'obscurantisme et le sexisme fut mené en Allemagne, en Espagne, en Grande-Bretagne, au Mexique, en Turquie, en Italie, etc. En 1929, c'est Mussolini qui reconnut la création de l'État du Vatican. Il imposa aussi- tôt les crucifix dans les écoles.

. Dès 1871, "La Commune de Paris" avait déjà lié Émancipation sociale et Laïcité [3]. Aujourd'hui, on présente la "Loi laïque de 1905" comme un "compromis" avec l'É- glise catholique. C'est en grande par- tie faux. Dans les années 1900, le mouvement ouvrier français, encore très affaibli, se relevait à peine du car- nage de Thiers. Le Parti radical eut recours à l'appoint du groupe parle- mentaire socialiste contre une éven- tuelle restauration monarchique sou- tenue par l'Église. Le Parti socialiste d'alors (Jaurès, Préssensé et Briand) passa un compromis sur cette base avec Émile Combes ("Loi de Sépa- ration, 1905"). Mais ce que Jaurès avait (déjà) en vue, au-delà du droit

à l'instruction obligatoire, c'était les retraites ouvrières. Étonnant "flash- back" avec 2010…

ET PUIS, CHACUN A DÉCOU- VERT LA "MONDIALISATION- GLOBALISATION".

Horreur ! On privatisait les Ser- vices publics : la Poste, l'EDF, la SNCF, les Télécom, la Santé, etc. Et l'Éducation ? Bien peu ont rappelé que, dès le coup d'Etat de 1958, l'É- ducation publique et laïque a été la toute première cible de la réaction gaulliste (Loi Debré). C'était déjà le début de la privatisation et de la mar-

TOUTES LES MESURES DES- TRUCTRICES DE LCOLE PUBLIQUE SONT INSPIRÉES DU PRIVÉ

chandisation de l'École ! Pire, toutes les mesures destructrices de l'École publique sont inspirées du privé :

compétences contre savoir, recrute- ment sur profil, projets d'établisse- ment, budget global, discours "managérial" des chefs d'établisse- ments et directeurs, hiérarchie inter- médiaire, autonomie, partenariats, mise en concurrence, régionalisation, transfert de l'entretien… Enfin, dans l'enseignement tech- nique, nul ne parle plus de la trans- formation des CFA en LP ! Au contraire, on liquide l'enseignement professionnel public ! Loin d'être un débat "ringard", la réappropriation par Sud éducation de la question laïque est au cœur de

ÉDUCATION SEXUELLE À L'ÉCOLE

la compréhension de nos combats. On a vu comment Chirac s'en était emparé en la manipulant (Loi sur "le voile islamique"). On voit comment, à coups de provocations répétées et au nom d'une laïcité "ouverte", "positive", "saine", Sarkozy, Parisot (…et Benoit XVI), tentent d'en finir avec l'Éducation publique laïque.

Au delà de la question privé/public, l'enjeu central de la Laïcité, c'est le contrôle par le patronat, la finance (et les églises) de la formation intel- lectuelle et professionnelle de la jeu- nesse. Son corollaire en est un contrôle idéologique complété par la vulgarité de la télé et des médias :

jeux, chauvinisme sportif, sexisme, racisme et publicité.

Sud éducation Morbihan

[1] Dernières en date : "Accords Kouchner - Vatican", 2008, "Jardins d'éveil" (N. Morano), 2010. [2] Le statut dérogatoire d'Alsace - Moselle, maintenu après 1918, a pour conséquence l'intégration à l'emploi du temps des "cours d'instruction religieuse". Les curés, pasteurs et rabbins sont payés par l'État. Faut-il voir dans cette excep- tion à la Laïcité, une coïncidence avec la multiplication d'actes racistes dans cette région ? [3] "Considérant que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie [la Commune de Paris] décrète : Art. 1er - L'Église est séparée de l'État. Art. 2 - Le budget des cultes est supprimé" (3 avril

1871)

QUELQUES

RÉFÉRENCES

JEAN BAUBÉROT

Ed. Le Seuil, Paris, 1990.

JEAN BOUSSINESQ

Ed. Essais-Seuil, Paris, 1994.

EDDY KHALDY

MURIEL FITOUSSI

Ed. Demopolis, Paris, 2008.

MAURICE LARKIN

, Ed. Privat, Toulouse, 2004.

BENOIT MÉLY

Ed. Page deux, Lausanne,

2004.

HENRI PENA-RUIZ

Ed. Dominos-Flammarion, Evreux, 1998.

Articles sur les enjeux de l'É- ducation et de la laïcité, octobre

2010.

PEUT MIEUX FAIRE !

DES TEXTES JURIDIQUES

L'information sexuelle à l'école a vu le jour officiellement par la circu- laire du 23/07/73 sous la forme de séances facultatives hors emploi du temps des élèves. Avec les circulaires de 1996 et de 1998 des séances d'éducation à la sexualité au collège et à la prévention du sida sont ins- crites dans l'emploi du temps des élèves et pour les réaliser un disposi- tif de formation est proposé aux per- sonnels. L'article 22 de la loi n°2001-588 du code de l'éducation du 4/01/01, les circulaires d'application de cette loi et l'article L312-16 du code de l'éducation prévoient qu'"une infor- mation et une éducation à la sexua- lité [soient] dispensées dans les

écoles, collèges et lycées à raison d'au moins trois séances par groupes d'âge homogène". Cette démarche s'ins- crit dans une politique de préven- tion et de réduction des risques (maladies sexuellement transmis- sibles, grossesses non désirées), de protection des jeunes face aux vio- lences ou à l'exploitation sexuelle et de lutte contre les préjugés sexistes et homophobes. Les intervenant-e-s sont soit des personnels de l'éduca- tion (enseignant-es, infirmières,

médecins

soit des personnes exté-

rieures appartenant à un organisme agréé par le Ministère de la santé. Enfin, l'éducation sexuelle est ins-

)

crite dans le décret du 11/07/06 rela- tif au socle commun de connais- sances et de compétences.

AUX TERRAINS : UNE APPLI- CATION TROP ALÉATOIRE !

Certains progrès sont à signaler puisque près de 90 % des jeunes uti- lisent un préservatif lors du premier rapport sexuel. Cependant, la prise en compte de ces risques est inégale et dépend de la classe sociale et du niveau de diplôme.

Une étude de l'INPES (Institut National de Prévention et d'Éduca- tion pour la Santé) en 2007 révèle un paradoxe français : alors qu'une majorité des Français-es utilisent un moyen de contraception, le taux d'IVG reste l'un des plus élevés d'Eu- rope. Et si le taux d'IVG reste stable pour l'ensemble des femmes, celui des jeunes filles de 15 à 19 ans aug- mente (14,3 % en 2007 contre 13,1 % en 2001 et 11,6 % en 1990). D'autre part, les idées reçues ont la vie dure. Par exemple, certain-e-s pensent qu'on ne risque pas d'être enceinte lors du premier rapport sexuel et un-e jeune sur dix âgé-e de 15 à 20 ans n'a pas conscience que la pilule ne protège pas du VIH et des infections sexuellement transmis- sibles. Un-e jeune sur trois chez les 15-20 ans pense que la pilule peut rendre stérile et fait grossir.

EN FÉVRIER 2010 UN RAPPORT DE L'IGAS (INSPECTION GÉNÉRALE DES AFFAIRES SOCIALES) ÉVALUANT LES RETOM- BÉES DE LA LOI DE 2001, POINTE LES DIFFICULTÉS DE MISE EN PLACE DE L'INFORMATION SEXUELLE À L'ÉCOLE.

Les raisons en sont nombreuses :

- L'application de la loi est très

variable selon les établissements.

- À cette diversité des situations

locales s'ajoutent les difficultés pour organiser ces séances du fait de leur

manque d'intégration dans les pro- grammes et les vies scolaires, d'un manque de disponibilité des salles, d'un manque de disponibilité et/ou d'effectifs suffisants des personnels sociaux et de santé et enfin des pro- blèmes de coordination entre les

équipes éducatives et les intervenant- e-s extérieur-e-s.

- En outre, le coût des actions n'est

pas intégré dans les prévisions bud- gétaires et leur financement dépend

de diverses sources (Éducation natio- nale, conseils régionaux et généraux, assurance maladie, etc.).

- De plus, les intervenant-e-s exté-

rieur-e-s sont de sensibilités diverses :

du planning familial à des associa-

tions qui prônent une morale réac- tionnaire qui limite la "bonne" sexua- lité au cadre du mariage. D'autre part, leurs liens avec l'école et leur nombre d'interventions varient d'une région à l'autre. - Enfin, dans certains cas, on constate une moins bonne informa- tion. Ainsi en lycée professionnel, la sexualité a été dès 1975, un sujet abordé librement pendant les cours d'Économie Familiale et Sociale. Mais depuis qu'elle est incluse dans le socle commun, elle a disparu des matières qui ont remplacé l'EFS, qu'il s'agisse

de la Vie Sociale et Professionnelle vers les années 90 ou de la Préven-

tion Santé Environnement apparue avec le baccalauréat professionnel en 3 ans. En effet, les PLP de biotech- nologie Santé Environnement n'abordent que les notions d'IST et contraception !

DES SOLUTIONS POURTANT SIMPLES

Pourtant cette éducation à la sexualité à l'école doit être efficace

et socialement moins inégalitaire pour prévenir les violences sexistes faites aux femmes et aux homo- sexuel-le-s. Pour cela, il faut aug- menter les effectifs des personnels de santé de l'Éducation nationale et

renforcer la formation des ensei- gnant-e-s, voire les sensibiliser dès leur stage de formation.

IL FAUT AUGMENTER

LES EFFECTIFS DES PER-

SONNELS DE SANTÉ DE

LDUCATION NATIO-

NALE ET RENFORCER LA

FORMATION DES ENSEI-

GNANT-E-S

Il faut également développer la for-

mation des professionnels de la santé,

nécessaire en raison de la multipli-

cation des moyens contraceptifs et

des moyens médicamenteux d'in-

terruption des grossesses. Aujour-

d'hui, dans la formation des méde-

cins, le temps consacré à la

contraception reste très marginal. Le

planning familial déplore d'ailleurs

le manque de médecins militants,

les plus âgés partant progressivement

à la retraite.

Les enjeux sont importants. Il s'agit

d'offrir aux jeunes, en matière de

sexualité un choix libre dans le res-

pect de l'autre en présentant notam-

ment une éducation sexuelle moins

"hétéro-centrée".

Commission Droits des femmes

"hétéro-centrée". Commission Droits des femmes éducation / Le jour nal / numér o 40 / décembr

éducation / Le journal / numéro 40 / décembre 2010

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ça a de la gueule :

L’ancien musée des colonies occupé par des travailleurs sans papiers en grève !

P LUSIEURS CENTAINES

DE TRAVAILLEURS SANS

PAPIERS SE SONT INS-

TALLÉS DEPUIS LE 7 OCTOBRE

DANS L'AGORA DE LA CITÉ

NATIONALE DE L'HISTOIRE DE

L'IMMIGRATION À PARIS AFIN

DE PROTESTER CONTRE LA

MAUVAISE VOLONTÉ ÉVIDENTE

QUE MANIFESTE LE GOUVER-

NEMENT, VIA SES PRÉFEC-

TURES, POUR TRAITER LEURS

DOSSIERS ET PROCÉDER AUX

RÉGULARISATIONS.

Alors que nombre de non gré- vistes décrochent la carte de séjour tant attendue grâce aux nouvelles dispositions arrachées par les gré- vistes - et c'est tant mieux, c'était fait pour cela - ces derniers ont le sentiment qu'on leur fait payer leur combativité. Pas question que les 6804 grévistes soient les dindons de la farce ! Le jour même, une délégation était reçue au ministère de l'immi- gration et les rencontres se sont suc- cédées depuis pour aboutir à la rédaction d'un document de

consignes adressé aux préfectures concernant le traitement spécifique des demandes des grévistes. Objec- tif : simplicité, rapidité, adaptation. Premier signe de déblocage : la pré- fecture de Paris ouvre ses guichets spécialement pour les grévistes, le samedi 6 novembre, pour distribuer par centaines les récépissés avec autorisation de travail précédant la fabrication de la fameuse carte. La vigilance reste de mise : il en faudra 6804 ! En attendant, la vie à la Cité de l'Immigration s'est orga- nisée sous les fresques coloniales,

Photo Laura Laufer http://www.lauralaufer.com
Photo Laura Laufer http://www.lauralaufer.com

avec la bienveillance des personnels et de la direction qui a organisé les visites du musée de l'immigration, par petits groupes et avec confé- rencier, pour les grévistes. L'un d'entre eux est d'ailleurs tombé sur une photo de lui, à l'âge de 7 ans. Quand l'histoire s'écrit directement dans le musée

Commission Immigration Sans papiers

Les droits des étrangers malades sont attaqués de toutes parts. Après avoir restreint les possibilités de régularisation des personnes atteintes de patholo- gies graves, dans le projet de loi Besson sur l'immigration, les députés ont limité, mardi 2 novembre, l'accès des sans- papiers à l'AME (Aide Médicale de l'État). La majorité, avec l'aval du gouvernement, a fait adopter un amendement instau- rant un ticket d'entrée de 30 euros par an. Or la pauvreté des bénéficiaires est telle que la mesure risque de retarder leur prise en charge, en faisant passer la prévention et le suivi médical au second plan. C'est la crainte partagée par l'ensemble des associations regroupées dans l'Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE).

PLACE DES
PLACE
DES

LA

LANGUES

MATERNELLES DANS L'ÉCOLE

L A GUYANE EST

RICHE D'UNE FOR-

MIDABLE DIVERSITÉ

MULTICULTURELLE ET PLU-

RILINGUISTIQUE AVEC UNE

VINGTAINE DE LANGUES

CONSIDÉRÉES COMME

"FRÉQUENTES". PARMI CES

LANGUES, SE TROUVENT

CELLES QUE L'ON QUALI-

FIERA D'AUTOCHTONES.

DANS LES ANNÉES 70,

PLUSIEURS ÉTATS SUD-AMÉ-

RICAINS (BRÉSIL, COLOM-

BIE, PÉROU, BOLIVIE,

VENEZUELA) S'ENGAGENT

SUR LA VOIE D'UN ENSEI-

GNEMENT ADAPTÉ AUX

COMMUNAUTÉS AUTOCH-

TONES QUI VIVENT SUR

LEUR TERRITOIRE.

Le principe majeur acté par cette

politique éducative consiste à ména-

ger aux langues et cultures mater-

nelles une place dans les cursus sco-

laires.

En Guyane, si on excepte

quelques initiatives individuelles

d'enseignants, il faut attendre 1998, pour voir des chercheurs du pro-

gramme "Langues de Guyane"

demander au Rectorat de la Guyane la mise en place d'un dispositif per- mettant de valoriser les langues pré- sentes qu'elles soient autochtones (amérindiennes ou busi-nengee [1]) ou issues de l'immigration (d'abord le Hmong puis dans une moindre mesure le Portugais du Brésil). C'est ainsi que sont apparus dans les écoles des Intervenants en Langue Maternelle (ILM) . Leur rôle consistait tout à la fois à représenter cette nouvelle prise en compte du plurilinguisme guyanais mais aussi à diminuer l'inconfort de jeunes enfants arrivant à l'école dans un environnement dont ils ne connais- sent pas les codes et dans lequel ils doivent s'exprimer dans une langue qu'ils ne maîtrisent pas. Toutefois, les objectifs assignés aux médiateurs restent bien définis comme étant une aide à l'appren- tissage du français, notamment par le fait d'une structuration en langue maternelle et d'une familiarisation au contexte scolaire, deux élements pressentis comme favorable à la réussite scolaire au sein de l'école "française". Il faut dire que les réa- lités de l'échec scolaire, qui perdure encore aujourd'hui massivement en

Guyane, pilotaient la réflexion ayant abouti à ce projet. Remarquons cependant que la question de l'écrit dans la langue maternelle est restée tout d'abord ignorée, voire même refusée au nom de la doctrine du monolinguisme d'État, pour peu à peu apparaître comme faisant partie du champ des possibles. A ce stade, on aurait pu penser que la diversité linguistique de Guyane s'apprêtait à trouver enfin sa place dans notre système éducatif. Malheureusement, il n'en est rien. La cause ? Il s'agit tout simplement d'une question de manque de moyens. Tout d'abord, les premiers ILM (appelés à l'époque Médiateurs bilingues) ont été recrutés sur des postes emplois-jeunes, puis en tant qu'assistants d'éducation pour enfin voir les derniers recrutements se faire via le très précaire Contrat d'Avenir (CAE). Ce faisant, la précarité de ces personnes et, par là-même du dis- positif dont ils devaient assurer la pérennité, n'a été qu'accrue jusqu'à voir les plus anciens d'entre eux se retrouver licenciés après douze années de pratique, faute d'un contrat pouvant leur correspondre. Au-delà du gâchis de voir ces jeunes femmes et jeunes hommes

quitter un métier dont ils avaient été les pionniers, avec tout l'en- gouement et l'espoir que cela avait pu susciter à l'époque, c'est aussi la reconnaissance de ces langues qui est bafouée par un gouvernement qui fait le contraire de ce qu'il dit. En effet, différents ministres comme Luc Chatel mais aussi Fré- déric Mitterrand sont venus cette année en Guyane pour dire à quel point la richesse et la diversité des peuples, de leur culture et de leur langue étaient importantes Pourtant, trop de promesses non tenues ont conduit les populations concernées, y compris certains de ses initiateurs, à perdre leur moti- vation vis-à-vis du dispositif qui s'éloigne peu à peu de ses objectifs et perd même de sa crédibilité. En effet, selon des études réali- sées dans des écoles du monde où cohabitent une langue de scolarisa- tion et une langue maternelle dif- férentes, il a été mis en évidence que seul un temps minimum de travail d'une heure par jour dans la langue maternelle peut produire un quel- conque résultat positif pour les élèves. Or, en Guyane, les temps "d'exposition" à la langue mater- nelle en classe ne dépassent que très rarement 1h30 par semaine.

En conclusion, il est difficile de ne pas penser que l'Académie et le Ministère n'agissent que pour se donner "bonne conscience" mais sans vraiment chercher à mettre les moyens nécessaires à la réussite d'une école réellement plurilingue comme cela se fait au Brésil avec près de 200 communautés indi- gènes réparties sur l'ensemble ama- zonien. Comment, alors, ne pas nous interroger sur un État qui pré- tend incarner les droits de l'homme mais qui, en l'an 2010, peine encore à reconnaître le droit des peuples à enseigner leur langue ?

Sud éducation Guyane

peuples à enseigner leur langue ? Sud éducation Guyane [1]Les populations busi-nengee, autrement appelées

[1]Les populations busi-nengee, autrement appelées "noirs-marrons", sont les descendants d'esclaves échappés de plantations du Suriname au XVIIIème siècle et réfugiés sur les rives du fleuve frontière entre le Suriname et la Guyane.

rives du fleuve frontière entre le Suriname et la Guyane. Joignez/re-joignez nous 8 éducation / Le

Joignez/re-joignez nous

8

entre le Suriname et la Guyane. Joignez/re-joignez nous 8 éducation / Le jour nal / numér

éducation / Le journal / numéro 40 / décembre 2010

Fédération des syndicats Sud éducation :

17, bd de la Libération 93200 Saint-Denis Téléphone : 01 42 43 90 09 - Fax : 01 42 43 90 32 e-mail : fede@sudeducation.org

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www.sudeducation.org

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