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La liberté intérieure

Jacques Philippe - Editions des Béatitudes, 2005

Liberté et acceptation

1.La quête de la liberté

La notion de liberté peut sembler un lieu de rencontre privilégié entre la culture moderne et le
christianisme. Celui-ci se propose en effet comme un message de liberté et de libération.

Liberté et bonheur
L’homme n’a pas été créé pour être un esclave, mais pour dominer sur la création. On
pressent la valeur extraordinaire de la liberté : elle donne son prix à l’amour, et l’amour est la
condition du bonheur.

Liberté  : revendication d’autonomie ou accueil d’une dépendance ?


Pour le christianisme, on ne peut trouver la liberté que dans une soumission à Dieu, cette
« Obéissance de la foi » dont parle St Paul (Rm 1,5). Notre liberté est proportionnelle à
l’amour et à la confiance filiale qui nous attache à Dieu.

Liberté extérieure ou intérieure ?


Saint Augustin – Confessions, livre 10 : « Tu étais au dedans de moi quand j’étais au dehors,
et c’est dehors que je te cherchais »

C’est dans vos coeurs que vous êtes à l’étroit (cf. 2 Co 6, 12)
Anecdote sur Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et ses conditions de vie.
Notre manque de liberté vient d’un manque d’amour.

La liberté intérieure : liberté de croire, d’espérer, d’aimer


La liberté véritable, cette liberté souveraine du croyant, consiste en ce qu’il dispose en toute
circonstance, grâce à l’assistance de l’Esprit Saint, qui « vient au secours de notre faiblesse »
(Rm 8,26)

La liberté en acte : choisir ou consentir  ?


Piège de la « liberté de supermarché »

Etre libre c’est aussi consentir à ce que l’on n’a pas choisi.
L’acte le plus haut et le plus fécond de la liberté humaine réside davantage dans l’accueil que
dans la domination

Révolte, résignation, consentement


Avec la foi, l’espérance et la charité, le consentement prend une valeur et une fécondité très
grande.

2. L’acceptation de soi

Dieu est réaliste


la grâce divine n’agit pas dans l’imaginaire, l’idéal, le rêvé. La personne que Dieu aime avec
la tendresse d’un Père, ce n’est pas la personne que « j’aurais aimé être », ou que « je devrais
être » ; c’est « celle que je suis ».
Si je ne m’accueille pas tel que je suis, je ne permets pas à l’Esprit Saint de m’améliorer.

Liberté d’être des pécheurs, liberté de devenir des saints


Les modèles de réussite que véhiculent la culture contemporaine sont bien plus lourds et
écrasants que l’appel à la perfection que nous adresse Jésus. (Mt 11, 28-30)
L’attitude juste face à Dieu est celle-ci : à la fois l’acceptation très paisible, très détendue de
nous-mêmes et de nos infirmités, et en même temps un immense désir de sainteté, une forte
détermination à progresser, fondés sur une confiance sans limite dans le pouvoir de la grâce
divine.

3. L’acceptation de la souffrance

Consentir aux contrariétés


Eviter le piège de la passivité, mais entrer en acceptation. « Tout concourt au bien de ceux qui
aiment Dieu » (Rm 8, 28)

La souffrance qui fait le plus mal, c’est celle que l’on refuse
La véritable mal, ce n’est pas tant la souffrance que la peur de la souffrance

Refuser de souffrir, c’est refuser de vivre


La culture ambiante, par la publicité et les médias, ne cesse de nous seriner son « évangile » :
prends comme règle de vie de fuir la douleur à tout prix et de ne rechercher que la plaisir. Elle
oublie de dire une chose : il n’y a pas de moyen plus sûr de se rendre malheureux que
d’adopter ce principe de conduite.

De la maîtrise à l’abandon : la purification de l’intelligence


Accepter de ne pas tout comprendre et faire confiance (Jn 13,7)

Compréhension de la volonté divine


Prendre le temps de prier et réfléchir.
« Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne » : je « choisis » ce qui m’arrive et je
l’offre.

4. L’acceptation de l’autre

Consentir aux souffrances qui nous proviennent des autres

Faire la part des différences psychologiques

Pardonner, ce n’est pas cautionner le mal


Pardonner signifie : cette personne m’a fait du mal, mais pourtant je ne veux pas la
condamner, l’identifier à sa faute, ni faire justice par moi-même.

Les liens de la rancune

La mesure dont vous mesurez servira pour vous (Luc 6, 27-38)


Le péché des autres ne m’enlève rien
Il faut préserver notre liberté de continuer à espérer en Dieu et à le servir avec joie et
enthousiasme

Le mal véritable n’est pas en-dehors de nous, il est en nous


Nous n’avons de chances de voir la conversion du prochain que si d’abord nous nous attelons
sérieusement à la nôtre. le mal ne provient pas des circonstances extérieures, mais de la
manière intérieure dont nous réagissons.(Mc 7, 14)
« Je ne vais pas passer ma vie à dénoncer le péché, ce serait lui faire trop d’honneur. Je
préfère encourager le bien que condamner le mal. » (cf. 2 Co 13)

L’instant présent

1. Liberté et instant présent


Une des conditions les plus nécessaires pour conquérir la liberté intérieure est la capacité à
vivre l’instant présent. Pas de prise sur la passé et trop peu sur le futur !

2. la verbe aimé ne se conjugue qu’au présent


L’escalier de la perfection ne comporte qu’une seule marche : celle que je franchis
aujourd’hui.

3. On ne peut souffrir qu’un instant


comme si la peine du jour ne suffisait pas, nous y ajoutons les regrets du passé et les
inquiétudes de l’avenir !

4. Vivre, et non pas attendre de vivre

Le dynamisme de la foi, de l’espérance et de l’amour

Les vertus théologales sont à la fois un don de Dieu et une activité de l’homme

L’amour a besoin d’espérance, l’espérance se fonde sur la foi.


Rôle clé de l’espérance

Foi – espérance – amour


Doute – méfiance – péché

Apprendre à aimer, c’est extrêmement simple : c’est apprendre à donner gratuitement et


apprendre à recevoir gratuitement.