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Vœux du Président de la Région Ile-de-France Muséum National d’Histoire Naturelle Paris, jeudi 10 janvier 2013

SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Monsieur le Préfet de la Région Ile-de-France, Monsieur le Préfet de Police, Monsieur le Maire de Paris, Mesdames et Messieurs les Vice-présidents de la Région Ile-de-France, Monsieur le Président du Conseil Economique, Social et Environnemental de la Région Ile- de-France, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les Recteurs, Mesdames et Messieurs les Représentants des Corps Constitués, Mesdames et Messieurs les Représentants de la Société Civile, Mesdames et Messieurs, Chers amis,

2012 est aujourd’hui derrière nous, et c’est sous la nef de la Galerie de l’évolution que nous entrerons ce soir – plus formellement du moins – en 2013. Je suis heureux de vous accueillir ici, toujours aussi nombreux, vous qui témoignez de votre fidélité et de votre attachement à l’Ile-de-France. Je voudrais saluer en particulier les Ministres et les parlementaires. Saluer aussi l’ensemble des Vice-présidents du Conseil Régional qui sont ici à mes côtés, les Présidents de groupe, les élus régionaux de la majorité et de l’opposition. Ces vœux sont les leurs, autant qu’ils sont les miens. Je salue enfin tous les élus des Conseils Généraux, et singulièrement leurs Présidents, les élus intercommunaux et tous les Maires qui sont ici parmi nous.

Dans la Galerie de l’évolution, il y a deux façons de regarder ce qui nous entoure.

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On peut rire devant cette grande collection de singes et d’éléphants, de vertébrés et d’invertébrés. On peut aussi s’émerveiller ! Pour ma part, comme Wagner, je préfère me rappeler que « si l’homme descend du singe, l’essentiel est de ne pas y remonter ». On peut aussi choisir de voir la galerie tout entière comme un théâtre où la vie se construit, sous les traits que nous lui connaissons aujourd’hui. Demain, la vie continuera à se déployer, comme elle l’a déjà fait par le passé. Dans la vie, il n’y a pas de point d’arrêt. Il y a des sauts successifs. Et nous sommes autorisés à imaginer à quoi ressemblera la vie de demain, parce qu’elle est déjà là, en germe, quelque part.

Au fond, on peut lire de la même façon l’histoire d’un peuple, l’histoire d’un pays, l’histoire d’une région. Au moment des vœux, on regarde derrière soi, on évalue le présent, et on guette, dans les mouvements sous-jacents, l’histoire de demain. A ceci près que cette histoire, c’est nous qui la construisons. Nous en avons non seulement la responsabilité, mais nous en avons surtout la volonté.

2012, ce fut bien entendu une année de changement. L’élection de François Hollande à la Présidence de la République est le signe le plus visible d’une nouvelle page qui s’écrit. Par- delà cet événement, le retour de la gauche au pouvoir, son élection est l’un des visages de ces grands bouleversements qui ont marqué l’année passée. Il y a des bouleversements qui changent la vie d’un pays, et il y en a d’autres qui changent la vie de chacun. Et puis il y a la crise, cette lame de fond toujours présente, qui continue à toucher les plus fragiles. Aujourd’hui, trois millions de nos compatriotes sont au chômage. Chaque jour, des emplois sont détruits. Chaque jour, des entreprises ferment. Chaque mois, des Français qui travaillent n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Chaque mois, des Français doivent choisir entre manger et se chauffer, entre se loger et se déplacer, entre vivre et survivre. Ces drames personnels, mis bout-à-bout, forment un drame national. Il nous faut y répondre. Le gouvernement s’attache à le faire. Ces drames personnels forment aussi la trame d’un changement profond : l’épuisement d’un modèle de croissance, fondé sur l’accumulation, au mépris des plus fragiles, au mépris de l’environnement, au mépris de la cohésion sociale. Ce changement, il nous faut l’anticiper. C’est la responsabilité de la région.

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Nous le savons tous, cette année sera douloureuse. Elle sera difficile. Mais elle ne sera pas sans espoir.

Si nous nous sommes ici aux responsabilités, c’est parce que nous ne nous voulons pas nous contenter de répondre à l’urgence. Si nous sommes ici aux responsabilités, c’est parce que nous voulons construire un monde différent de celui que nous avons connu, et de celui que nous connaissons aujourd’hui.

2013 peut être, 2013 sera donc, une année de refondation. Profitons de ce qu’elle est la première année sans élection depuis longtemps pour en faire une année décisive. En un mot, profitons de 2013 pour être plus que jamais aux côtés de ceux qui souffrent comme aux côtés de ceux qui avancent, pour préparer demain.

2013 portera d’abord en elle les germes d’une refondation européenne. Grâce à l’action du Président de la République et de ses partenaires européens, la fin de la crise monétaire paraît presque à portée. En 2013, il appartiendra aux Etats membres de voter le cadre budgétaire européen pour les sept prochaines années. Il devra être à la hauteur des besoins et des ambitions que nous partageons pour l’Union Européenne.

Or, par l’intermédiaire des fonds structurels, les régions en sont un acteur décisif. Parce que le gouvernement a souhaité nous confier la responsabilité de leur gestion, nous le serons encore davantage. Nous nous y sommes préparés ; nous sommes prêts à faire de la politique de cohésion un outil pour construire l’avenir, en Ile-de-France. C’est précieux pour nos territoires les plus fragiles.

Après la refondation européenne, 2013 portera en elle les germes d’une refondation de l’économie. La croissance doit impérativement repartir ; mais elle doit repartir sur des bases nouvelles. La Région s’y investira pleinement.

Elle ne manque pas d’atouts pour cela.

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Elle peut compter sur les talents de ses habitants, sur la qualité de ses infrastructures, sur le dynamisme de sa recherche, sur la créativité de ses entrepreneurs, sur l’excellence de ses universitaires, sur la diversité de son économie. Elle peut se féliciter de sa notation financière : la bonne gestion de l’Ile-de-France est aujourd’hui reconnue de tous. Elle peut compter sur son attractivité : elle demeure l’une des principales terres d’accueil des grandes entreprises étrangères.

Elle peut compter sur l’énergie de ses pouvoirs publics : celui des 1281 maires, des élus intercommunaux, des 8 conseils généraux, des 209 conseillers régionaux. Heureusement, vous êtes là !

En 2013, l’Ile-de-France s’engagera pour plus de compétitivité et plus de solidarité sur son territoire. Nous agirons tous en vue d’un seul objectif : l’emploi. Nous mobiliserons un instrument essentiel : l’investissement.

Cette

compétitivité,

nous

la

soutiendrons

à

moyen

terme

par

des

infrastructures

performantes. Les transports sont déjà un atout pour l’attractivité de la région. En 2013, ils le seront encore davantage. Dans l’année qui vient, des offres nouvelles – tramway, métro, bus – profiteront à plus de 400 000 Franciliens, l’équivalent de la population de Toulouse.

Mais les transports ne sont pas qu’une affaire – abstraite – de chiffres et de croissance. Ils sont d’abord une affaire humaine ; une affaire d’égalité d’accès aux territoires et aux emplois. Ils sont un bien de première nécessité. Pour les hommes comme pour les entreprises.

C’est au nom de cette égalité que nous mettrons en place un « plan bus » de plusieurs dizaines de millions d’euros dès le Printemps prochain, et que nous continuons à rénover les rames de RER. C’est au nom de cette égalité que nous élargirons bientôt le dézonage aux vacances scolaires. C’est au nom de cette égalité que nous gardons en perspective le Pass unique, une fois que nous aurons obtenu les ressources nécessaires. Et nous irons les chercher ! C’est au nom de cette égalité que le Plan de Mobilisation, que nous portons avec nos partenaires pour améliorer les transports du quotidien, est indissociable du projet de Grand Paris Express.

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Je dis bien indissociable : le Grand Paris Express n’est pas un luxe. Il est encore moins une utopie. Il est à la fois un investissement essentiel pour la croissance en Ile-de-France et un outil crucial pour résorber les disparités entre les territoires. Il est lui aussi une pierre de la refondation : il bouleversera dans les quinze prochaines années le visage de la Région capitale. Je souhaite donc qu’il soit réalisé dans son intégralité. Aux côtés de la Ministre Cécile Duflot, que je salue plus personnellement, je m’en porte garant. Le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault l’a d’ailleurs encore rappelé la semaine dernière : il définira très prochainement le nouveau calendrier.

Dans cette entreprise de refondation, nous pourrons nous appuyer sur un autre atout : la jeunesse de l’Ile-de-France. Investir dans la jeunesse et dans la formation, c’est un investissement de long terme.

En 2013, dans les lycées, nous entamerons une nouvelle décennie d’efforts pour poursuivre la rénovation des établissements franciliens. 2,4 milliards d’euros seront investis d’ici à 2022 pour améliorer les conditions d’études de tous les jeunes de la région. Nous ferons de même pour les 600 000 étudiants d’Ile-de-France. En 2013, l’apprentissage franchira une nouvelle étape décisive. Les apprentis sont déjà 100 000. Ils seront 118 000 en 2015.

Ces investissements, nous ne les mettons pas qu’au service des meilleurs : nous les mettons au service de la réussite de tous. Au lycée, dans les CFA, dans les Universités, dans les Ecoles d’infirmières, nous apporterons donc notre soutien à ceux qui décrochent, et qui ont besoin d’être accompagnés au quotidien. Grâce à l’action de Guillaume Balas, c’est aujourd’hui une grande cause régionale.

Et parce qu’on bâtit d’autant mieux son avenir qu’on occupe un emploi, la majorité régionale a choisi de consacrer 10 millions d’euros cette année aux emplois d’avenir.

Jeunesse, infrastructures, innovation : autant d’atouts pour façonner une nouvelle économie. Nous en avons un autre : la conversion écologique et sociale. 2013 sera une année cruciale pour une croissance plus équilibrée.

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Je pense, par exemple, à notre action en direction des PNR dont nous accueillerons le Congrès cette année. Je pense aussi à la SEM Energies Posit’IF, que nous avons installée ce matin même. Elle nous procurera un nouvel outil pour accélérer la rénovation thermique des bâtiments franciliens. Il y a là une ressource d’emploi et de croissance qu’il ne faut pas négliger.

Après l’Europe et la croissance, 2013 portera en elle les germes d’une troisième refondation : une refondation républicaine. Le nouvel acte de décentralisation transformera en profondeur les politiques publiques, et renforcera leur efficacité. Il nous permettra d’être encore plus présents aux côtés des Franciliens. 2013 sera notre année, l’année de la Région. Je sais pouvoir compter sur des liens renouvelés avec l’Etat. Je sais que nous travaillerons en toute confiance avec Jean Daubigny, nouveau Préfet de la Région Ile-de-France, que je salue ce soir. Je me réjouis de voir le retour de la clause de compétence générale. Je me réjouis de voir que les responsabilités de chacun seront clarifiées par blocs de compétences. Je me réjouis de voir s’ajouter aux transports, aux lycées et à la formation professionnelle un quatrième pilier régional – le développement économique. Je me réjouis de pouvoir compter sur la Banque Publique d’Investissement, dans laquelle les Régions auront leur place, pour mieux soutenir la croissance des entreprises, l’innovation et le développement des territoires. Je me réjouis enfin de la perspective de nouvelles ressources et d’une autonomie fiscale retrouvée. Comme Saint-Thomas, je m’en réjouirai d’autant plus lorsqu’elle aura été votée. Ce n’est pas seulement une affaire des moyens : c’est d’abord et avant tout une affaire de démocratie. Les élus doivent être comptables devant les citoyens de leurs politiques comme de leurs financements.

L’Ile-de-France est une région, mais elle n’est pas une région comme les autres. Elle est la Région capitale. Elle a ses atouts, mais elle a aussi ses propres contraintes. Certaines sont le fait de son histoire, d’autres le fait de sa géographie. Elle doit composer avec tous les acteurs qui s’y investissent, pour agir contre ses inégalités sociales et territoriales. Je me réjouis à ce titre de voir que la péréquation interdépartementale sera renforcée. C’est un premier pas important vers plus de solidarité territoriale.

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Parmi les contraintes qui sont propres à l’Ile-de-France, je pense également au logement. C’est une urgence. La pénurie nuit autant aux Franciliens qu’elle nuit à la croissance. 5% de compétitivité auraient été perdus à cause de l’augmentation des prix du logement ! La Région consacre chaque année 250 millions d’euros pour en construire de nouveaux. C’est plus que beaucoup d’acteurs. Certains manquent de moyens ; d’autres manquent parfois de volonté. Cet effort, qui concerne toute l’Ile-de-France, est encore trop inégalement réparti. Il reste encore trop faible face aux besoins des Franciliens. Pour être efficaces, nous plaidons depuis longtemps, avec Bertrand Delanoë, pour une autorité organisatrice. Cet outil doit avoir, j’en suis convaincu, un périmètre régional. Cela ne signifie pas que la situation de la zone dense n’implique pas une action spécifique. Mais il ne faudrait pas créer de nouvelle frontière entre les Franciliens des villes et les soi- disant Franciliens des champs. Marylise Lebranchu a annoncé ce matin que le gouvernement souhaitait voir fusionner les établissements publics fonciers d’Ile-de-France, et je sais qu’elle est aussi attentive à la question du périmètre d’action de cette autorité. Je ne peux que m’en réjouir. Je suis convaincu qu’avec Bertrand Delanoë, les élus franciliens et le Gouvernement, nous trouverons, ensemble, des réponses pertinentes à la crise du logement.

Chers amis, Cette refondation – européenne, économique et républicaine – vous l’aurez compris, se fera pas à pas. Dans l’année qui vient, il n’y aura sans doute pas de Grand Soir. Mais la région en sera un acteur essentiel, et elle sera un acteur d’espoir.

L’espoir s’appuie sur la confiance, et la confiance sur des résultats concrets. Ce sont ceux que nous avons obtenus depuis 1998, avec la majorité régionale, et souvent au-delà, avec tous les agents de la Région. J’en suis profondément fier et sincèrement heureux et je veux leur rendre hommage. Cet esprit de confiance, qui règne entre les groupes de la majorité, nous conforte dans notre marche à suivre. Le vote du budget, sur lequel nous avons su nous retrouver, l’a bien montré. Que nous soyons socialistes, républicains, écologistes, radicaux ou communistes, nous travaillons dans un climat constructif. Le respect n’exclut pas la critique – on s’ennuierait

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Gouverner est un art difficile. La critique aussi ! Mais elle ne nous empêche pas de progresser. Parce que nous agissons dans un souci, Républicain ; celui de la concertation et de l’écoute, comme l’a rappelé le Premier Ministre dans sa tribune. En fait, c’est le rôle de la Région d’être un fédérateur, un catalyseur d’énergies, un assembleur au nom de l’intérêt général. Il n’y a pas, il n’y aura pas, de jacobinisme régional.

L’espoir repose donc sur une conviction : celle qu’on ne sera jamais seul dans nos combats et qu’on ne peut gagner que lorsqu’on est uni. Cette conviction est au cœur de mon engagement envers vous, et pour l’Ile-de-France. Comme le disait Léon Blum, elle est née « de la révolte de tous ces sentiments blessés par la vie, méconnus par la société. Née de la conscience de l'égalité humaine ». En 2013, année d’espoir, je vous souhaite donc de prendre le temps d’éprouver cette égalité et d’y travailler chaque jour. Dans cette grande Galerie dédiée à l’évolution, je vous souhaite à tous d’en être des acteurs, des passeurs. Et je vous souhaite aussi de prendre le temps d’aimer, de nous aimer, de vous aimer. Bonne année à tous.

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