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ECOLE D'ARCHITECTURE DE LA VILLE ET DES TERRITOIRE DE MARNE LA VALLEE

2° ANNEE – 2008-2009 - 2° semestre

JARDINS, SOLS & PENTES


COURS N° 7
GEOLOGIE PARISIENNE ET TOPOGRAPHIE INDUITE

SOMMAIRE
1 LE BASSIN PARISIEN ..................................................................................................................... 2
1.1 L’échelle stratigraphique ............................................................................................................ 2
1.2 250 millions d’histoire ................................................................................................................. 2
2 LA GEOLOGIE PARISIENNE .......................................................................................................... 4
2.1 Les grandes plates-formes à emboîtement................................................................................ 5
2.2 Le cours de la Seine et les principales collines.......................................................................... 6
2.2.1 Les sources de Belleville ................................................................................................... 6
2.3 Remblais et buttes artificielles.................................................................................................... 8
2.4 Exploitation des sous-sols.......................................................................................................... 9
2.4.1 Géologie et historique des carrières - Le calcaire. ..................................................... 9
2.4.2 Le Gypse, Les Buttes Chaumont et la cimetière du Père Lachaise ......................... 11
2.4.3 Le parc des Buttes Chaumont ......................................................................................... 12
2.4.4 Le cimetière du Père Lachaise ........................................................................................ 13
2.4.5 Les catacombes............................................................................................................... 13
3 Rappel Historique – TOPOGRAPHIE ET IMPLANTATION........................................................... 14
3.1 Passage à gué.......................................................................................................................... 14
3.2 Reliefs et premiers établissements .......................................................................................... 15
3.2.1 La ville romaine sur la colline en rive gauche.................................................................. 15
3.2.2 Les buttes alluvionnaires de la rive droite ....................................................................... 16
3.3 Limite de zone inondable ......................................................................................................... 17

TABLE DES ILLUSTRATIONS

Dia. 1 : Géologie du bassin parisien........................................................................................................ 2


Dia. 2 : Coupe synthétique du bassin parisien ........................................................................................ 4
Dia. 3 : Les emboîtements des plates-formes structurelles .................................................................... 5
Dia. 4 : Carte structurale de Paris et ses environs .................................................................................. 5
Dia. 5 : Carte topographique actuelle de Paris - Courbes tous les 1 m .................................................. 6
Dia. 6 : Carte géologique – Extrait sur le plateau de Romainville ........................................................... 6
Dia. 7 : Carte géologique simplifiée géologique de Paris........................................................................ 8
Dia. 8: Rappel sur la lecture de la carte géologique de Paris et la coupe aux échelles distordues........ 8
Dia. 9: et la coupe aux échelles distordues............................................................................................. 8
Dia. 10 : Plan de localisation des extractions du calcaire ..................................................................... 10
Dia. 11 : Les catacombes. Anciennes carrières de calcaire ................................................................. 11
Dia. 12 : Les carrières de gypse au Buttes Chaumont.......................................................................... 11
Dia. 13 : Carrière et aménagement des Buttes Chaumont ................................................................... 12
Dia. 14 : Le Parc des Buttes Chaumont - Plan extrait "des promenades plantées" de Alphand .......... 12
Dia. 15 : Géologie du secteur du cimetière du Père Lachaise .............................................................. 13
Dia. 16 : Localisation des secteurs de front de taille au Père Lachaise................................................ 13
Dia. 17 : Topographie restituée à l'époque romaine ............................................................................. 14
Dia. 18 / Topographie à l'époque romaine. Détail du passage de la Seine .......................................... 14
Dia. 19 Implantation primitive sur l'Ile de la Cité. Période pré romaines............................................... 15
Dia. 20 : Maquette de restitution de Lutèce, Bas Empire : IV-V° siècle ............................................... 15
Dia. 21 : Lutèce Plans d'après les relevés de Théodore Vacquer, archéologue XIX° siècle................ 16
Dia. 22 : Topographie de Paris à l'époque romaine Détail sur le passage à gué de la Seine et
premiers foyers d'urbanisation ....................................................................................................... 16
Dia. 23 : Eglise Saint Gervais Dia. 24 : Emmarchements rue François Miron........................... 16
Dia. 25 : Les voies parallèles à la Seine Dia. 26 : Orientations des voies au XII° siècle (avec le
rempart de Ph Auguste) ................................................................................................................. 17
Dia. 27 : Les premiers foyers sur les reliefs et le passage de la Bièvre au Bourg Saint Marceau ....... 17

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1 LE BASSIN PARISIEN

1.1 L’échelle stratigraphique

Avant de regarder de plus près ce qui se passe sous le sol parisien et quelles en sont les
conséquences sur la forme de la ville, nous allons faire un retour en arrière pour dérouler le
synopsis de la création du bassin parisien.
Je viens de vous distribuer une échelle stratigraphique ou échelle des temps fossilifères qui vous
permettra de mieux comprendre l’échelle des temps de la formation de notre planète en situant à la
fois dans le temps et dans l’épaisseur de ce « milles feuilles », les termes qui vous sont inconnus
mais qui sont utilisés pour parler du sous sol. La désignation des couches géologiques repose sur
deux règles : D’une part la présence ou non de fossiles et d’autre part des sites où ces formations
ont été observées et constituent des repères archétypiques.
Cette échelle des temps géologique commence il y a 4,6 milliards d’années par la formation initiale
de la terre et se divise en 5 périodes appelées le précambrien, le primaire, le secondaire, le tertiaire
et le quaternaire ou encore le Précambrien qui dure 4 milliards d’années, le paléozoïque qui dure
370 millions d’années, le mésozoïque1 pour 165 millions d’années, le cénozoïque pour 63 millions
d’années et enfin le quaternaire pour 2 millions d’années.
Vous vous rendez compte de ce temps très long de fabrication de l’écorce terrestre à partir du socle
initial du précambrien.

1.2 250 millions d’histoire

Illustrations issues de www.futura-science.com


GEOLOGIE PARISIENNE ET TOPOGRAPHIE INDUITE

29/10/2007 2
® Bruel-Delmar

Dia. 1 : Géologie du bassin parisien

Comment se déroule cette histoire si nous opérons un recadrage sur le bassin parisien. Tout
d’abord, ce bassin parisien ne se limite pas à la région aujourd’hui appelée francilienne mais va bien
au-delà. Il est délimité par les Vosges, le Massif Central et le Massif Armoricain. Au Nord, il se poursuit
dans le Bassin de Londres et de Bruxelles.
• Entre 250 et 41 millions d'années, le bassin de Paris est un bassin marin épicontinental
reposant sur du cambrien.

1
Mésozoïque. Terme de géologie. (a) Troisième des ères géologiques, le Mésozoïque (ou Secondaire) débute vers 250
millions d’années. Il se termine par une crise biologique importante. Bien au-delà des Dinosaures, qui apparaissent et
disparaissent avec cette ère, la crise est marquée par l’extinction de formes vivantes variées (Ammonites, Bélemnites,
Rudistes), continentales ou marines. Terminée au Tertiaire, l’orogenèse des Alpes commence dès le Jurassique supérieur. Sur
le plan de la dérive des continents, la formation de l’Atlantique est le fait majeur. Le Mésozoïque est une ère chaude où se
forme une grande quantité de calcaire, roche d’origine biologique. Au Mésozoïque, en plus de 200 millions d’années, les
dépôts peuvent atteindre 35 km d’épaisseur. Le Mésozoïque comporte trois périodes.

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• Après l'érosion de la région au Cambrien, des sédiments (grès et schistes) se déposent. Au
Silurien, sous l'action de la tectonique des plaques, le futur bassin parisien dérive avec le
microcontinent Armorica et entre en collision avec le continent Euramérique au Dévonien. Il
est alors à nouveau soulevé par l'orogenèse2 hercynienne qui affecte tout l'Europe centrale
au Carbonifère, et plisse les sédiments antérieurs.
• A la fin du Carbonifère, la France entière est occupée par d'imposantes montagnes, à
l'exception de la Flandre et du Pas-de-Calais, ou se déposent dans des marais des résidus
végétaux rapidement ensevelis par les débris de l'érosion intense des reliefs, qui formeront
les bassins houillers du Nord et de la Belgique.
• Au Permien (moins de 100 millions d'années plus tard), après l'érosion des montagnes, la
région du bassin parisien s'affaisse, par réaction post-orogenique. Des fossés
d'effondrement 1 ont été détectés dans le socle sous 3000 mètres de sédiments plus
récents.
• Au début du Trias, la dépression ainsi crée voit se sédimenter des roches détritiques
terrigènes issues de l'érosion des massifs hercyniens environnants, formant des couches de
grès. Vers la fin du Trias, le bassin est recouvert par une mer tropicale peu profonde, reliée
a la mer germanique a l'Est et à la Téthys alpine au Sud, aux eaux tropicales, qui a laissé
des dépôts évaporitiques, la région se trouvant sous des latitudes tropicales désertiques
(autour du Tropique du Cancer).
• Au Jurassique, après une période de déposition détritique, la mer recouvrant le bassin se
peuple de coraux, qui laissent des dépôts carbonatés (calcaires). Dans le même temps,
sous l'action conjuguée du poids des sédiments et de la fragmentation de Pangée, qui étire
la croûte continentale, le bassin s'enfonce (phénomène de subsidence).
• Au Crétacé, les tensions crustales prennent fin avec l'ouverture définitive de l'Atlantique
Nord, et le bassin se retrouve émergé dans sa partie nord. Le sud-est cependant
régulièrement inondé par la mer. Cette période est riche en dépôts sableux. Au Crétacé
supérieur, la mer envahit de nouveau l'intégralité du bassin et dépose d'épaisses couches
de craie, formée par l'accumulation des coques (tests) calcaires d'un type de phytoplancton,
les coccolithophoridés, aujourd'hui affleurant en Champagne crayeuse, en Picardie et en
Haute-Normandie.
• Au Paléocène, toute la croûte continentale européenne se soulève sous la poussée de
l'orogenèse alpine, au sud. Le sud du bassin parisien se retrouve émergé, tandis que sa
partie orientale, le massif des Vosges, se soulève, courbant les couches sédimentaires et
relevant les bords de la cuvette. Ces couches portées en altitudes seront ainsi fortement
exposées à l'érosion, et cette érosion donnera naissance à la formation des "cuestas",
l'érosion dégageant les couches anciennes. Pendant cette époque, la mer repoussée vers
le nord-ouest, dépose des calcaires coquilliers. Se retirant elle laissera place à des lagunes
déposant des marnes. A la fin du Paléocène, la mer revient, dépose sables et argiles, puis
se retire, succédée par les lacs qui sédimentent des calcaires.

2
Orogenèse Une orogenèse est une phase de formation des montagnes. Par extension, l'orogenèse désigne à la fois un
système théorique expliquant les mécanismes de formation des reliefs, et l'ensemble des orogenèses se succédant à travers
les temps géologiques. Elle résulte de la collision d'une plaque continentale contre une autre plaque continentale, et se passe
au niveau des limites convergentes.

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• Au début de l'Éocène, période de transgressions et de récessions marines, la mer, venant
du Nord-ouest, envahit à nouveau le centre du bassin, jusqu'en Champagne à l'est et dans
le sud de l'Île-de-France au sud. Sables et argiles et calcaires se déposent, dont les sables
de Beauchamp. Laissant place à une lagune centrée sur Paris, elle revient pour la dernière
fois pendant l'Oligocène et dépose les sables dits de Fontainebleau.
• Au Miocène, le réseau hydrographique actuel, dont la Seine, est mis en place. Le bassin est
alors une vaste plaine dominant à peine le niveau de la mer.
• Au Pliocène, la région est soulevée par les forces de la tectonique: la Seine, confrontée à
un pente plus forte, s'enfonce sur place, creusant dans les couches sédimentaires: c'est le
début de la formations des coteaux de Seine, visibles en Haute-Normandie, qui met a jour
les craies du Crétacé. L'érosion des terrains portés en altitude accélère la formation des
cuestas.
• Lors des glaciations du Pléistocène, le niveau de la mer baisse. La Seine adopte une pente
plus forte et continue de creuser sa vallée. C'était à l'époque un fleuve bien plus puissant
qu'aujourd'hui. A la fin du Pléistocène, le lac formé par la fonte de la calotte glacière nord
européenne et situé au sud de la Mer du Nord déborde au niveau du Pas-de-Calais, et se
déverse dans l'océan Atlantique, provoquant une forte érosion des couches tertiaires et
Crétacées, creusant ainsi le pas de Calais et séparant le bassin parisien de l'Angleterre.
• Pendant l'Holocène qui voit la fin des glaciations, la Seine, qui retrouve un cours moins
violent, dépose limons et sables pour former les îles que l'on voit aujourd'hui. Le bassin
parisien se couvre d'une forêt tempérée décidue
GEOLOGIE PARISIENNE ET TOPOGRAPHIE INDUITE

29/10/2007
Coupe actuelle du bassin de Paris NW SE 3
® Bruel-Delmar

Dia. 2 : Coupe synthétique du bassin parisien

L'allure finale est celle d'un plateau agricole ou boisé avec quelques buttes témoins, entaillé de
vallées et légèrement incliné vers la Seine.
Le Bassin parisien est l'archétype du bassin sédimentaire constitué d'un empilement de
couches meubles et cohérentes se relevant vers la périphérie et offrant des formes de type
« Cuesta »

2 LA GEOLOGIE PARISIENNE

Cartes extraites de Guide géologiques régionaux "Bassin parisien" Ch. Pomerol, L. Feugueur

Nous imaginons en préambule que nous allons gommer l’épiderme urbain et même le derme des
remblais séculaires et examiner l’écorché géologique de Paris. Cette archéologie n'est pas visible
directement non seulement parce que le sol est recouvert d'un revêtement (pavage, chaussée ou

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terre végétale dans les jardins) mais aussi parce que l'histoire a généré un certain nombre de
remblais artificiels.

2.1 Les grandes plates-formes à emboîtement GEOLOGIE


PARISIENNE ET
TOPOGRAPHIE
INDUITE
Carte de la région
parisienne
montrant la
succession des
plate-forme
structurales
emboîtées du Nord
vers le Sud

® Bruel-Delmar

Dia. 3 : Les emboîtements des plates-formes structurelles

On remarque sur cette carte que la plupart des grandes formations du tertiaire présentes à Paris
dans le sous-sol. Quatre grandes plates-formes s'y retrouvent aussi: Ces quatre plates-formes
sont les plateaux calcaires entaillés par les cours d’eau qui ont dégagé les terrains meubles. Elles
sont :

- Les plates-formes du calcaire grossier (Soissonais, Valois, Vexin)


- La plate-forme du calcaire de Saint Ouen (Parisis)
- Les plates-formes de Brie et de Beauce

Les trois premiers (Soissonais, Valois, Vexin) s’abaissent vers Paris, centre de la cuvette et
pénétrant dans la capitale même :

- La surface du calcaire grossier : du Luxembourg à Denfert Rochereau et à la place d’Italie


- La surface du calcaire de Saint Ouen à l’Etoile, la plaine Monceau et la Montagne Sainte
Geneviève
- La surface de la plate-forme de la Brie avec celle de la Beauce à Belleville et Charonne,
tandis que les sables de Fontainebleau affluent à Montmartre (127) et à Ménilmontant
(128)

® Bruel-Delmar

Dia. 4 : Carte structurale de Paris et ses environs

Rappel : les couches de sous sol ne sont pas horizontales d’un point de vue structurel, Paris est
situé entre l’anticlinal3 de Meudon/Saint Maur et la fosse de Saint Denis au Nord. Il en résulte un
certain pendage4 des couches vers le Nord (fig 19). (Pente 1/9° de degré).

3
Anticlinal : du grec « antiklinein » : = se pencher en sens contraire de « anti » (anti) et « klinien » (pencher), verbe qui repose
sur la même racine indo-européenne que le latin « clinare » (incliner).

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2.2 Le cours de la Seine et les principales collines

Le changement du cours de la Seine – crue de 1910 – ancien lit : gare de Lyon – Bastille –
Richard Lenoir – place de la République – Château d’eau – Richer – Provence – Châteaudun –
place de la Trinité – place de la gare Saint Lazare – Pépinière – Boétie – rond-point des Champs
Elysées – Montaigne – Seine au niveau du pont de l’Alma.
Exemple de toponymie : rue de la Grange-Batelière.
Toutes les rues qui partent de cette paléo rive droite de la Seine grimpent vers Montmartre, les
Batignolles et la plaine Monceau. A l’opposé, sur la rue connexe, se sont les quartiers bas comme
le Marais.

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Dia. 5 : Carte topographique actuelle de Paris - Courbes tous les 1 m


Butte Montmartre : 127 m NGF
Sables de Fontainebleau (le Sacré Cœur repose sur le gypse par 83 piliers de 43 m).
Colline de Belleville-Les Lilas-Ménilmontant (Buttes Chaumont) : sable de Fontainebleau
mais perchée sur calcaire de Brie + nappes aquifères s’écoulant par des sources au niveau
des marnes vertes Ce sont les sources dites « du Nord » captées dès la période romaine puis
le Moyen Age et qui ont alimenté pendant longtemps les fontaines de la rive droite. Sur ce
point je souhaite faire un petit développement afin de rappeler par le biais de cette aperçu de
la géologie parisienne, que les foyers d'urbanisation ont su exploité un site riche de diverses
composantes primordiales comme celle de l'alimentation en eau qui fut longtemps une des
préoccupations majeures de Paris et de ses dirigeants.

2.2.1 Les sources de Belleville GEOLOGIE PARISIENNE ET TOPOGRAPHIE INDUITE

Le plateau de Romainville
La colline de Belleville

Gypse
Gypse

Sables de Fontainebleau Calcaire de Brie

Marnes à Huitre

Calcaire de Brie
Marnes vertes

Gypse

Marnes vertes

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Dia. 6 : Carte géologique – Extrait sur le plateau de Romainville

Je profite de cette diapositive pour vous présenter une carte géologique établie par le BRGM Bureau
général des ressources minières. Cet organisme privé intervient dans les domaines ayant attrait aux
espaces souterrains. Ces trois principales missions sont :
- Recherche et développement technologique et innovation
- Appui aux politiques publiques et informations des citoyens
4
Pendage : inclinaison de couches géologiques parfois lisibles lors de soulèvement ou après érosion sur les pierres
issues de la sédimentation.

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- Coopérations internationales et aide au développement

Je vous distribue en fin de 2° séance une photocopie vous donnant les principaux sites
Internet que vous pouvez consulter pour avoir des informations sur la géologie, les
pollutions de sols, les bases de données des cavités souterraines, les bases de données
concernant les séismes, et les mouvements de terrain, les ressources minières,
l'observation des cotes, les données nationales sur l'eau, et enfin les données concernant
les minéraux.

Aqueducs et regards depuis le IIe siècle.

Le plateau de Belleville Ménilmontant, qui est la partie occidentale du grand plateau de Romainville-
Les Lilas, oscillant entre 95m et 130m d'altitude, est coiffé d'une couche sableuse qui repose sur
sous-couche quasi-horizontale de marnes vertes imperméables.
Cette dernière arrête et recueille toutes les eaux d'infiltration, qui réapparaissaient à l'origine (avant
l'urbanisation) sous forme de multiples suintements tout au long du rebord du plateau. A la recherche
de ressources en eau à un débit suffisant et à pression constante, afin d'alimenter les thermes
nouvellement construits à Lutèce, les Romains au IIe siècle reconnurent d'abord les différentes
sources existant aux alentours : sur les collines d'Auteuil, de Montmartre, de Belleville-sur-Sablons.
Ces dernières, jugées les plus intéressantes, furent captées au moyen de nombreux drains en pierre
enterrés convergeant vers un bassin. Ces ouvrages à l'efficacité certaine disparurent après les
invasions successives des barbares. Ce tout premier aqueduc tomba ensuite dans l'oubli.
Il fallut attendre l'an mille pour que les moines du prieuré de Saint-Martin-des-Champs en
construction, éloigné de la Seine et ne pouvant se satisfaire de quelques puits pour le service d'une
centaine d'âmes, s'intéressent à la colline toute proche. En prospectant les lieux, ils redécouvrirent les
anciens drains enterrés mais ceux-ci étaient endommagés ou colmatés. Ils entreprirent sa
restauration et ce nouvel aqueduc aboutit à Ménilmontant à un bassin de réception protégé par un
édicule couvert : il s'agit du regard Saint-Martin qui, restauré à plusieurs reprises est parvenu jusqu'à
nous.
L'aqueduc dit " de Savies " perdura, restauré jusqu'au XVIIIe siècle. Une nouvelle prospection des
eaux du plateau, au XIIe siècle, fut le fait des moines soldats appelés chevaliers de Saint-Lazare qui,
rentrant de Terre Saint, rachetèrent l'ancienne Abbaye St-Laurent pour en faire une maladrerie. Ils
réalisèrent deux nouveaux aqueducs dont celui du Pré-St-Gervais. Toujours au XIIe siècle, le roi
Philippe Auguste donna aux Parisiens une halle centrale pour remplacer la foire Saint-Laurent (située
hors les murs) ainsi qu'une fontaine qu'il fit alimenter par l'aqueduc St-Lazare, mais cette ressource se
révéla rapidement insuffisante. Le roi décida alors d'un nouveau prélèvement direct sur la colline de
Belleville, et à l'endroit le plus élevé. Il en résulta un nouvel aqueduc voûté partant de la source
principale, où fut bâti le premier regard de la lanterne (altitude 114m). L'édifice actuel (rue Compans)
réalisé entre 1563 et 1613, est le plus monumental des regards existants aujourd'hui.
L'aqueduc, qui plus bas prenait en écharpe le flanc du plateau jusque vers Ménilmontant, récupérait
au passage de nombreux autres drains, collectés dans des bassins couverts, tels le regard des
Messiers et le regard de la Roquette tous deux situés rue des Cascades. Cet aqueduc de Philippe
Auguste est resté connu sous le nom d'aqueduc de Belleville, par opposition à ceux de Saint-Lazare
et du Pré Saint Gervais.

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Les eaux de Belleville, ainsi acheminées par les trois aqueducs aux communautés religieuses et aux
fontaines publiques, alimentèrent les Parisiens de la rive droite durant cinq siècles.
GEOLOGIE
PARISIENNE ET
TOPOGRAPHIE
INDUITE

® Bruel-Delmar

Dia. 7 : Carte géologique simplifiée géologique de Paris

Le Père Lachaise est sur un replat formé de marnes vertes

- La Montagne Sainte Geneviève, rive gauche, supporte quelques restes de calcaire de


Saint Ouen que l’on retrouve sous la Sorbonne ou le lycée Louis le Grand. On rencontre
les mêmes affleurement sous la place d’Italie et jusqu’au cimetière de Passy en rive
droite. C’est aussi la même formation qu’une autre butte très visible, bien qu’en dehors
des limites de la capitale et qui est le Mont Valérien (124 m).

GEOLOGIE PARISIENNE ET TOPOGRAPHIE INDUITE

PARIS GEOLOGIE BRGM


Echelle de tirage 1/50.000°

® Bruel-Delmar

Dia. 8: Rappel sur la lecture de la carte géologique de Paris et la coupe aux échelles distordues

GEOLOGIE PARISIENNE ET TOPOGRAPHIE INDUITE

COUPE corrigée (approximativement) Ech Hauteur 1/5.000° Ech Longueur 1/50.00°

COUPE Ech Hauteur 1/2.500° Ech Longueur 1/50.00°

® Bruel-Delmar

Dia. 9: et la coupe aux échelles distordues

2.3 Remblais et buttes artificielles

Toutes ces couches géologiques affleurantes sont aujourd’hui couvertes par les nombreux remblais
successifs issus des démolitions et reconstructions de l’histoire.

- Exemple : Rome Foro Romano


- Exemple : parvis de Notre-Dame, sol gaulois sous 6m de remblais + un certain nombre de
buttes dites ‘buttes de gravois » qui ont créé une topographie artificielle telle la butte de la
rue Meslay lisible boulevard Magenta et exprimée par les séries d’emmarchements au
niveau de la porte Saint Martin (3ème arrdt). Même chose pour les pentes des rues de
Clery et de la Lune (2ème arrdt) aujourd’hui rue de Bonne Nouvelle.

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2.4 Exploitation des sous-sols

Le sous-sol parisien a été exploité pour fournir des matériaux de premier ordre que sont le calcaire5 et
le gypse6.
2.4.1 Géologie et historique des carrières - Le calcaire.

Ce calcaire grossier a été largement exploité en carrières souterraines sur la rive droite (Trocadéro) et
surtout sur la rive gauche (Saint Michel et Saint Jacques) sous forme de pierre de taille que l’on
retrouve dans les parties anciennes de Notre-Dame.
Sur l'assise de craie blanche, de plus de 400 mètres d'épaisseur, qui constitue le fond du bassin
parisien, se superposent de l'argile plastique, du calcaire grossier, des marnes, du travertin, du gypse,
des glaises vertes, des meulières, des sables, où se trouvent différents lits de grès à coquilles
marines. De toutes ces richesses naturelles, les parisiens ont utilisé surtout l'argile, pour fabriquer des
tuiles et des briques, la pierre calcaire pour bâtir leurs maisons, le gypse pour en tirer du plâtre. Si
l'argile ne fait, presque nulle part, défaut, le calcaire grossier, dont l'épaisseur peut dépasser quarante
mètres, se rencontre surtout dans les régions des rives de la Bièvre, dans les quartiers de Chaillot, de
Passy, et d'Auteuil, à Bercy, à Reuilly. C'est au nord et au nord-est de Paris, dans les Xème, XVIIème,
XVIIIème, XIXème et XXème arrondissements, que s'étendent les formations gypseuses. De l'époque
Gallo-Romaine à celle des croisades, édifices publics, monuments et maisons de Paris furent bâtis en
pierre de taille et en moellons extrait des carrières des faubourg Saint Victor et Saint Marcel, puis
celles ouvertes, par la suite, non loin des remparts de la ville, sur l'emplacement des quartiers Saint
Michel, de l'Odéon, du Panthéon, du Luxembourg, des rues Denfert-Rochereau et Saint-Jacques (...).
.
On exploita d'abord la pierre à ciel ouvert; sur le flanc des collines qui environnaient Paris on ouvrit
des tranchées. En certains points de la montagne Sainte-Geneviève et des anciennes rives de la
Bièvre, dans l'emplacement de l'abbaye Saint-Victor, aux Buttes Chaumont et à Montmartre, on
aperçoit encore des traces de ces mutilations.
Quand l'exploitation à découvert devint trop pénible ou trop coûteuse, les carriers creusèrent de
longues galeries parallèles, coupées de galeries transversales. L'ensemble formait une sorte de
damier, aux multiples cases, dont les 'ciels' étaient soutenus par des piliers de section rectangulaire.
Ces piliers « carrés » étaient des parties de la masse de pierre que les ouvriers réservaient. Les
carriers creusaient autour, tournaient autour de ces piliers que, pour cette raison, on nommait des «
piliers tournés ». Des ateliers spacieux, aménagés dans ces souterrains, permettaient aux chevaux et
fardiers de passer aisément. La dureté de la pierre, la grosseur des piliers déterminait la hauteur des
carrières exploitées par cette méthode, dite à piliers tournés. Cette hauteur, qui ne dépassait guère
1m50 à Reuilly atteignait à Passy 7 mètres. Par la suite, on exploita la totalité des bancs, mais on
creusa des galeries moins hautes et moins larges. Pour éviter un effondrement toujours possible et
soutenir les toits, on remplissait les vides de remblais, faits de déchets maintenus eux-mêmes par des
murs en pierres sèches - par des hagues - et par des piliers artificiels, formés de moellons

5
Calcaire*: emprunté au latin « calcarius » : qui concerne la chaux. L’adjectif d’abord dans les terres, pierre calcaire, qualifie ce
qui contient de la chaux et par extension ce qui rappelle la chaux par sa couleur et sa consistance.
6
Gypse : du latin « gypsum », lui-même du grec « gupsos » qui signifie plâtre, chaux vive. Il désigne en minéralogie le sulfate
hydraté de calcium communément appelé « pierre à plâtrer ».

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superposés, auxquels on donnait le nom de piliers à bras, par opposition aux piliers tournés. Enfin, à
l'intérieur de ces remblais, on ménageait des passages, des galeries de circulation. Ces piliers et ces
ciels, ces soutiens et ces toits se dégradaient sans cesse. Les piliers tournés étaient-ils d'une
épaisseur insuffisante, venaient-ils à se fissurer, des effondrements se produisaient. La chute de
plaques du toit permettait de prévoir ces accidents. Une excavation en forme de cloche, s'ouvrait, se
creusait, s'élargissait de plus en plus. Finalement, son sommet s'effondrait, ne laissant, à sa place,
qu'une sorte d'abîme, un fontis.
A quelle époque les habitants de Paris ont-ils creusé, pour la première fois, les collines qui entouraient
leur ville ?
Simple bourgade enfermée dans son « île natale » - l'île de la cité - et reliée par un pont de bois à
chacune des rives de la Seine, Paris était à l'origine, la place forte d'une petite peuplade Gauloise. La
Gaule à peine conquise par César, on vit s'élever, en face de cette île, sur les flancs de la montagne
Sainte-Geneviève, une ville romaine, une ville toute blanche, qu'embellirent les Thermes, les Arènes,
le Théâtre et l' Aqueduc des eaux
Vers l'an mille, les Parisiens bâtirent, avec des pierres arrachées aux carrières situées sous le jardin
du Luxembourg, le fameux château de Vauvert, maison de plaisance de Robert le Pieux. Construit
non loin de l'ancienne porte d'Enfer et de la rue d'Enfer, l'hôtel royal de Vauvert était en ruines quand
Saint-Louis le donna aux Chartreux. Pour le restaurer, ces religieux ouvrirent deux carrières, en
consolidèrent les ciels, aux abords des puits d'accès, par de doubles voûtes en pierre d'appareil. Ces
souterrains, ainsi aménagés, les chartreux construisirent un escalier pour en faciliter l'accès.
Finalement, ils les transformèrent en caves, où, à la lueur de torches de résine, ils se mirent à faire de
la bière et à distiller des liqueurs. A l'exemple des Chartreux, les Génovéfains, les religieux de Saint-
Victor, les Feuillants, les Feuillantines se firent donner de vastes terrains au sud de Paris, en dehors
de l'enceinte de Philippe Auguste. Ils reprirent l'exploitation des carrières abandonnées, en ouvrirent
de nouvelles, en retirèrent de grandes quantités de pierres pour leurs constructions. De nombreux
affaissements se produisirent, des fontis s'ouvrirent, que l'on pouvait voir, naguère encore, sous les
rues Gay-Lussac, Saint-Jacques et des Feuillantines. Ce n'est qu'à partir du XVIème siècle que les
anciens plans de Paris indiquent les carrières souterraines de cette ville et de ses faubourgs.

03/04/2009 55
Photo © catacombes.info
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Dia. 10 : Plan de localisation des extractions du calcaire

Au temps de François Ier et de Henri II, on exploitait encore des carrières de pierre à:
- Saint-germain des prés (rue Bonaparte, rue de Vaugirard, rue Madame),
- à Vaugirard, près de la pointe sud du couvent des Chartreux (rue Fleurus, rue Guynemer),
- à Notre-Dame-des-Champs et aux tombes (rue Saint-Jacques et faubourg Saint-Jacques, à l'hôpital
Cochin-Ricord, rue de la Santé, rue Dareau, boulevard de Port-Royal),

MaT2-07-ParisGéologie-Reliefs.doc AS BRUEL 10/17


- à Saint-Victor (jardin des Plantes, rue Cuvier),
- à Saint-Marcel (boulevard Saint-Marcel et voies adjacentes),
- et enfin rue de l'Arbalète, rue Berthollet, rue Vauquelin, rue Lhomond, rue Mouffetard...
Sous Louis XV, la pierre utilisée pour les beaux édifices de Paris provenait des carrières des
faubourgs Saint-Jacques et Saint-Marcel, de celles de Vaugirard, d'Arcueil et de Bagneux. Pour la
construction de l'Ecole Militaire, Gabriel fit ouvrir des carrières à Vaugirard, sous les terrains compris
entre la rue de la Convention au nord, la rue des Morillons au sud, la rue Olivier-de-Serres à l'est, et la
rue de Cronstadt à l'ouest. A mesure que Paris s'aggrandissait les exploitations s'écartaient de ses
murs, de sorte que « les plus anciennes carrières souterraines de calcaire grossier se trouvent être
les plus rapprochées du centre de la ville ». Ajoutons que la superficie totale des régions creusées par
les carriers représente le dixième de la superficie totale de Paris
Comme vous le savez sans doute, certaines de ces carrières ont été transformées en ossuaires
(Catacombes) au fur et à mesure de la désaffection des cimetières. Nous ne sommes donc pas là
dans le cas des catacombes romaines (de Rome) qui étaient des cimetières chrétiens cachés ou de
Palerme (Sicile), utilisés pour leur capacité exceptionnelle de conservation, mais des galeries de
simple stockage des ossements. Ces galeries sont accessibles par la place Denfert Rochereau
(14ème arrdt) où se trouve par ailleurs le service des carrières de la Ville de Paris.

Sous le quartier d'Odéon Saint-Sulpice s'étend une série de magnifiques galeries qui, du fait de leur situation géographique, ont du
être consolidées
03/04/2009 par les services de l'IGC (Inspection générale des carrières) et sont peu visitées, et donc relativement préservées
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Photo © catacombes.info

Dia. 11 : Les catacombes. Anciennes carrières de calcaire

2.4.2 Le Gypse, Les Buttes Chaumont et la cimetière du Père Lachaise

Le gypse que l’on retrouve sur tout le pourtour du plateau de Romainville a été exploité pour la
fabrication du plâtre, nommé d’ailleurs « plâtre de Paris ». Les plus grandes carrières étaient celles
dites « d’Amérique » et des Buttes Chaumont, mais il en existait également au niveau du cimetière du
Père Lachaise et à Montmartre.

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Dia. 12 : Les carrières de gypse au Buttes Chaumont

De cette exploitation, il reste plus de traces que de la précédente dans la mesure où une partie de
déroulait à ciel ouvert. La plus remarquable et la plus connue sans doute est le réaménagement par
Alphand, paysagiste et directeur des promenades plantées et parcs et jardins sous le baron
Haussmann, du parc des Buttes Chaumont. Il s’agit de se que l’on nommerait aujourd’hui une

MaT2-07-ParisGéologie-Reliefs.doc AS BRUEL 11/17


réhabilitation de carrière avec non pas la volonté de masquer ce passé industriel, mais au contraire de
tirer partie de cette topographie chahutée pour l’exacerber en créant des grottes, cascades,
belvédères et gloriettes perchées, ponts suspendus, etc.

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Dia. 13 : Carrière et aménagement des Buttes Chaumont

2.4.3 Le parc des Buttes Chaumont

Petite précision sur les Buttes Chaumont:

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Dia. 14 : Le Parc des Buttes Chaumont - Plan extrait "des promenades plantées" de Alphand

Le nom des Buttes-Chaumont viendrait du mont Chauve car la colline était réputée pour être aride…
Plusieurs rudes batailles s'y déroulèrent : la victoire de Montfaucon en 855 où les Normands furent
repoussés de Paris par le Comte Eudes et la défaite contre les Prussiens en 1814. Aujourd'hui, c'est
une colline pleine de vie, peuplée d'oiseaux attirés par ses hauteurs et la fraîcheur de son lac.

Lutèce la blanche.
Le quartier des Buttes-Chaumont est célèbre depuis l'Antiquité romaine pour avoir abrité des carrières
de gypse. Les Romains utilisaient déjà le gypse car porté à une température de 120°C, il se
transforme en plâtre. C'est cet usage qui aurait valu à Paris le surnom de " Lutèce la blanche ".
Mais c'est au 19e siècle que furent creusées les fameuses carrières qui changèrent la physionomie de
la butte. La précieuse matière était même acheminée aux Etats-Unis, ce qui valut au quartier le
surnom de " quartier des carrières d'Amérique ". La falaise s'élevait a 45 mètres. Ce lieu escarpé et
inculte servait de bassin de décantation ; on y faisait sécher les matières recueillies qui servaient
ensuite à la fabrication d'engrais. Ce n'était pas le seul intérêt de la butte, puisqu'elle permettait de se
débarrasser des carcasses de chevaux : une décharge à ciel ouvert tolérée, qui se situait en dehors
des limites de la ville Paris. Après l'annexion des communes Périphériques en 1860, l'habitude restera
d'y jeter toutes sortes d'ordures.

L'exploitation des carrières.


On extrayait le plâtre du sous-sol des collines, ici composé d'argile et de glaise. Le plâtre, utilisé dans
la plupart des logements parisiens, fut d'abord extrait d'une manière souterraine puis, pour éviter
l'effondrement des carrières , exploité à ciel ouvert en provoquant délibérément l'éboulement. Les
terrassements pour construire le chemin de fer et le percement de la rue de Crimée ralentirent le
développement des carrières, qui fermèrent.
Quatre ans furent nécessaires pour réaliser les travaux titanesques de terrassement et créer les

MaT2-07-ParisGéologie-Reliefs.doc AS BRUEL 12/17


aménagements de parc magnifique. Inauguré le 1er Avril 1867 en même temps que l'exposition
universelle, il est isolé de l'extérieur par une grille longue de 2500m. Le lac des Buttes-Chaumont
occupe l'emplacement de l'ancienne carrière à ciel ouvert, tandis que la grotte ferme l'entrée d'une
ancienne carrière souterraine

2.4.4 Le cimetière du Père Lachaise

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® Bruel-Delmar

Dia. 15 : Géologie du secteur du cimetière du Père Lachaise

Une trace plus discrète, mais néanmoins lisible pour qui comprend cette histoire de l’extraction du
gypse et ses propriétés chimiques de dissolution de l’eau, est le secteur dit « romantique » du
cimetière du Père Lachaise.
Au niveau de la rupture du plateau, là où le gypse exploité tout d’abord à ciel ouvert a été exploité
en galeries pour ne conserver que les filons les plus riches, l’installation du cimetière du Père
Lachaise a été perturbé par un certain nombre d’effondrements, fontis, affaissements, etc,
déstabilisant la structure des tombes et permettant à une végétation spontanée et pionnière de s’y
installer. Il s’en suit un paysage aujourd’hui considéré comme tout à fait romanesque à la façon de
la mode pittoresque du 19ème siècle.

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Dia. 16 : Localisation des secteurs de front de taille au Père Lachaise

En dernier lieu, la toponymie est là pour nous rappeler cette exploitation relativement récente
comme la rue Blanche à Montmartre qui tient son nom de traces laissées par les chariots
transportant le plâtre et qui descendaient la colline.

2.4.5 Les catacombes


Autre exemple de la transformation des carrières d'exploitation des calcaires, cette fois au sud de
Paris au niveau des anciennes exploitations de calcaire de Beauce

MaT2-07-ParisGéologie-Reliefs.doc AS BRUEL 13/17


3 Rappel Historique – TOPOGRAPHIE ET IMPLANTATION

Ceci n’est qu’un bref aperçu de la géologie de la capitale qui nous permet d’en comprendre les
principaux reliefs qui ont formé le socle de l’urbanisation.
Avant de parler plus avant des implantations des villages qui bordent Paris jusqu'à leur annexion
en 1860, de leur relation au territoire en générale et à la pente en particulier, je souhaite faire un
court rappel des principaux axes de développement de la capitale en relation bien sûr avec son
territoire, ce socle géologique que nous venons d'évoquer.

3.1 Passage à gué

Topographie de Paris
à l'époque romaine
Lit majeur et zones inondables,
principaux reliefs

® Bruel-Delmar

Dia. 17 : Topographie restituée à l'époque romaine

Tout d'abord l'implantation initiale, ce passage possible d'une rive à l'autre d'un fleuve important,
divagant dans sa plaine et au milieu des marécages. Quelques îles, quelques faibles reliefs en
bordure du fleuve qui permettent un passage presque à pied sec, du moins réduisant les distances
à franchir. Tout comme à Nantes qui constitue le premier passage après l'estuaire de la Loire,
entre la France du Nord et celle du Sud, et à permis l'implantation d'un premier hameau gaulois
puis d'une ville gallo-romaine, Paris, Lutèce, présente les caractéristiques topographiques
nécessaires et suffisantes pour constituer un point de sédentarisation. Venant du 'col de la
Chapelle', on pouvait aborder le fleuve dès les temps préhistoriques en terrain insubmersible et à
l'endroit où la Seine, se dédoublant, présente la largeur la plus faible. On voit ainsi sur cette carte
de la topographie restituée à l'époque romaine, donc sans les couches successives de remblais
évoquées précédemment, l'importance de cette topographie qui a présidé à l'implantation d'un
foyer humain sur l'actuelle Ile de la Cité et de deux ponts franchissant le petit et le grand bras de la
Seine. Sur les deux rives du fleuve qui n'est pas, il faut s'en souvenir, endigué, les berges sont
assez basses et les secteurs inondés forment une enveloppe quasi continue dans cette vallée à
fond plat. Les grandes inondations de 1740 puis de 1910 nous ont donné une idée des extensions
des zones inondables sur le territoire parisien
Saint Méry GEOLOGIE PARISIENNE ET
TOPOGRAPHIE INDUITE

Saint Germain l'Auxerrois Les fondements du réseau


topographique de Paris
Saint Jacques de Bouchers

Saint Gervais

Grand Pont Saint Paul

Petit Pont

Montagne Sainte Geneviève

Topographie de Paris
à l'époque romaine
11/10/2004 Détail sur le passage14
à gué
de la Seine et premiers foyers
d'urbanisation

Dia. 18 / Topographie à l'époque romaine. Détail du passage de la Seine

MaT2-07-ParisGéologie-Reliefs.doc AS BRUEL 14/17


Quelques émergences topographiques vont servir de support à l'approche du fleuve puis à
l'établissement et la diffusion de l'habitat hors de l'île mais à proximité du fleuve qui représente à la
fois un axe de commerce et d'alimentation qui fit la richesse des Parisii. Sur la rive gauche, le
passage naturel est limité à l'est par le débouché de l'affluent Bièvre au niveau actuel de Notre
Dame, vers l'ouest, un petit bras de la Seine qui est aujourd'hui repris dans son tracé par la rue de
l'Université ainsi qu'une autre rivière dont nous ne connaissons pas le nom mais qui serait située
(th. Vacquer) sous les rue de Buci et du Four et dont le confluent avec la Seine se situerait au
niveau de la place Saint Michel. Par conséquent, la possibilité de passage est très réduite en tre
les catuelles place Maubert et place Saint Michel. Le cheminement principal que nous connaissons
dans sa direction Nord-Sud est qui a été repris par le cadro romain principal reprend un chemin
gaulois, comme beaucoup de voies romaines d'ailleurs, qui fut sans doute bien avant l'axe de
passage des grandes migrations des animaux de la préhistoire européenne comme les
mammouths. Aujourd'hui, cet axe est repris par la rue de la Tombe Issoire, le faubourg puis la rue
Saint Jacques. Il emprunte le Petit Pont et le pont Notre Dame (le Grand Pont) puis la rue Saint
Martin sur la rive droite.
Les fondements du réseau
topographique de Paris

Implantation primitive
11/10/2004 Sur l'Ile de la Cité.15
Période pré romaine

Dia. 19 Implantation primitive sur l'Ile de la Cité. Période pré romaines

3.2 Reliefs et premiers établissements

3.2.1 La ville romaine sur la colline en rive gauche


Maquette de restitution de
Lutèce,
Bas Empire : IV-V° siècle

11/10/2004 16
® Bruel-Delmar

Dia. 20 : Maquette de restitution de Lutèce, Bas Empire : IV-V° siècle

Les romains lorsqu'ils développent Lutèce, on le voit très clairement ici, reprennent un certain
nombre de tracés gaulois et s'inscrivent eux aussi dans la logique topographique avec l'occupation
de l'île mais qui perd sa fonction centrale antérieure au profit d'une implantation plus en pente, sur
les coteaux de la Montagne Sainte Geneviève. La question de l'alimentation en eau en est sans
doute une des raisons car les romains utilisent le captage en eau de la colline de Rungis pour
alimenter la rive droite. Cet aqueduc qui traverse la vallée de la Bièvre et a été repris
successivement par l'ouvrage de Catherine de Médicis puis par l'aqueduc qui apporte les eaux de
la Vannes jusqu'aux réservoirs Montsouris, cet aqueduc donc permettait d'alimenter les divers
établissements de termes que comptait la cité et dont nous connaissons aujourd'hui les termes du
Nord sur l'emplacement du musée Cluny à la croisée des boulevards Saint Michel et Saint
Germain.

MaT2-07-ParisGéologie-Reliefs.doc AS BRUEL 15/17


Tracés hérités
de l'urbanisme romain
(52 av. JC à 250 env. après JC)

Lutèce
11/10/2004 Plans d'après les relevés
17de
Théodore Vacquer,
archéologue XIX° siècle

Dia. 21 : Lutèce Plans d'après les relevés de Théodore Vacquer, archéologue XIX° siècle

3.2.2 Les buttes alluvionnaires de la rive droite

Saint Méry GEOLOGIE PARISIENNE ET


TOPOGRAPHIE INDUITE

Saint Germain l'Auxerrois Les fondements du réseau


topographique de Paris
Saint Jacques de Bouchers

Saint Gervais

Grand Pont Saint Paul

Petit Pont

Montagne Sainte Geneviève

Topographie de Paris
à l'époque romaine
11/10/2004 Détail sur le passage18
à gué
de la Seine et premiers foyers
d'urbanisation

Dia. 22 : Topographie de Paris à l'époque romaine Détail sur le passage à gué de la Seine et premiers foyers d'urbanisation

La question de la rive droite se pose différemment car les grands reliefs sont beaucoup plus
éloignés, du moins au niveau de l'île de la Cité. Cette rive également occupée en majorité par des
marécages, connaît quelques dépôts alluvionnaires (c'est à dire apportés par le fleuve)
Si les routes empruntent les quelques émergences les hommes les utilisent également pour bâtir
les premiers groupements de maisons, foyers souvent groupés autour d'un édifice religieux. C'est
le cas de la butte de Saint Jacques où fut construite l'église Saint Jacques de la Boucherie dont il
ne reste que la Tour reconstruite par Violet le Duc, butte alluvionnaire qui fut arasée par
Haussmann au moment de la liaison entre la rue de Rivoli et la rue Saint Antoine. D'autres buttes
sont plus lisibles comme celle de Saint Gervais qui avec Saint Jacques de la Boucherie va fixer les
premières implantations mérovingiennes vers le V° siècle (Clovis). Cette butte est encore très
visible aujourd'hui en particulier aux alentours de cette église et de la rue François Miron, ancienne
voie convergente vers le Grand Pont avant la reconstruction de l'hôtel de ville.
PREMIERS FOYERS DE DEVELOPPEME
Autour de l'Eglise Saint Gervais
PREMIERS FOYERS DE
DEVELOPPEMENT
Autour de l'Eglise Saint Gervais
Paris IV, Rue François Miron

11/10/2004 19 11/10/2004 20
Paris IV, Église Saint Gervais - Un des premiers foyers d ’urbanisation sur la rive droite Paris IV, Rue François Miron, Butte de l ’Église Saint Gervais, 1er foyer d ’urbanisation RD

Dia. 23 : Eglise Saint Gervais Dia. 24 : Emmarchements rue François Miron

MaT2-07-ParisGéologie-Reliefs.doc AS BRUEL 16/17


3.3 Limite de zone inondable

11/10/2004 21 11/10/2004 22
LES VOIES PARALLELES AU FLEUVE, EN LIMITE DE ZONE INONDABLE LES VOIES PARALLELES AU FLEUVE, EN LIMITE DE ZONE INONDABLE

Dia. 25 : Les voies parallèles à la Seine Dia. 26 : Orientations des voies au XII° siècle (avec le rempart de Ph Auguste)

Un certain nombre d'autres voies traversent le territoire et la géographie de la ville, tenant compte de
ses conditions topographiques et hydrographiques. Ce sont plus particulièrement les voies qui longent
les zones inondables à leur limite. Sur la rive droite, la rue Saint Honoré anciennement chemin du
Roule et la rue Saint Antoine mènent vers l'ouest à Dreux et vers l'est à Melun par la rive droite. Ces
chemins existaient sûrement avant la période romaine.
Les premiers foyers sur les reliefs
et le passage de la Bièvre au
Bourg Saint Marceau

Maquette de restitution de Lutèce,


11/10/2004 23
Haut empire : I - III° siècle

Dia. 27 : Les premiers foyers sur les reliefs et le passage de la Bièvre au Bourg Saint Marceau

Sur la rive gauche, d'autres voies reprennent une stratégie topographique semblable, c'est-à-dire en
limite de zone inondable. Vers l'est, nous l'avons vu, la confluence Bièvre Seine, là où cette première
mesure parfois 20 mètres de large, empêche tout passage le long du fleuve. Il faut remonter vers le
premier passage à gué, celui qui se trouve devant l'emplacement actuel de l'église Saint Médard. Ce
point de passage est demeuré l'unique possibilité de traverser la rivière jusqu'au VIII° siècle. C'est
d'ailleurs au niveau de ce passage de la rivière que va s'installer le bourg Saint Marceau, un des
premiers foyers de la rive gauche et c'est bien plus tard que Haussmann fera converger vers ce même
point les deux rues nouvellement tracées Monge et Claude Bernard. Nous prendrons cet exemple
comme la preuve que le paysage urbain de Paris ne s'est pas formé par hasard et que, en dépit de
l'évolution des conditions géographiques originelles, il existe des tracés ou des points privilégiés dont
Haussmann, malgré la rigidité de ses tracés, a bien souvent, consciemment ou non, tiré parti. A
l'ouest de la rue Saint Jacques, Lutèce était reliée à Dreux et de là à Chartres par la rive gauche.
Deux voies étaient possibles l'une par les rues du Four, de Sèvre et la rue Lecourbe l'autre par la rue
de Vaugirard où se développa le bourg de Vaugirard. Cette dernière ne laisse pas de trace majeure
dans la topographie mais évitait semble t-il la plaine de Grenelle alors inondable.

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