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Karlsruhe, le 25 novembre 2013

Une étude commandée par :

Karlsruhe, le 25 novembre 2013 Une étude commandée par : Coordonnées Dr Timo Leimbach Fraunhofer Institut

Coordonnées

Dr Timo Leimbach Fraunhofer Institut für System- und Innovationsforschung Competence Center Neue Technologien Breslauer Straße 48 76139 Karlsruhe Tél. +49 (0)721/6809-389 Fax +49 (0)721/6809-315 timo.leimbach@isi.fraunhofer.de

Contenu

Vue d'ensemble des résultats

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Résultats des clusters individuels

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Annexe A : Vue d'ensemble des résultats individuels

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Annexe B : Résultats de l'analyse à long terme

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Annexe C : Remarques statistiques et définitions

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Bibliographie et sources de données

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Vue d'ensemble des résultats La présente évaluation vise à comparer les 15 plus fortes régions

Vue d'ensemble des résultats

La présente évaluation vise à comparer les 15 plus fortes régions européennes œuvrant dans le domaine des logiciels et services informatiques sur la base de leur développement actuel dans certains aspects centraux, par exemple l'importance ou la dynamique économique. L'objectif n'est pas d'obtenir un classement global, mais plutôt de faire la démonstration de différentes tendances de développement, de les placer dans le contexte des régions individuelles et d'en faire une analyse approfondie.

Critères de sélection

Les régions ont été sélectionnées parmi les 270 régions actuelles de niveau NUTS2 (régions de base) sur la base de différents critères, par exemple l'importance régionale du secteur d'activité exprimée par la spécialisation dans le secteur économique J62. Celle-ci couvre, conformément à l'atlas régional d'Eurostat (2012), le cœur de l'industrie des logiciels et services informatiques. Un autre critère est la pertinence et la notoriété internationale du site dans le secteur européen des logiciels, mesurées en fonction de la présence de fournisseurs importants. Afin de déterminer ces facteurs, de nouvelles analyses ont entre autres été invoquées, par exemple la comparaison de Truffle1 qui n'est plus poursuivie aujourd'hui.

Parmi 32 régions (NUTS2) de l'UE, dans lesquelles travaillent plus de 20 000 employés du secteur des logiciels, on en retrouve quelques autres en fonction de ce nombre, par exemple, Latium (9e place), Cataluña (12e place) ou Surrey, East et West Sussex (15e place). Cependant, le choix a également été effectué en fonction d’aspects géographiques. Afin de maintenir la clarté tout en identifiant les clusters du secteur des logiciels de différentes régions de l'UE, il a été tenté de ne prendre en considération qu'une seule région par pays membre. En raison de la force d'emploi, les régions britannique et allemande font toutes deux figures d'exception.

En se basant sur les critères énoncés, les régions suivantes ont été choisies :

Software-Cluster (D), composé des régions NUTS2 de Karlsruhe, Darmstadt, Rheinhessen-Pfalz et Saarland ;

Londres (UK), composé des régions NUTS2 de Inner London et Outer London ;

Etelä-Suomi (FI), composé des régions NUTS2 de Helsinki et Etelä-Suomi ;

Île-de-France (F), qui est en même temps région NUTS1 ;

Lombardie (I) ;

Utrecht (NL) ;

Stockholm (SE) ;

Oberbayern (D) ;

Berlin (D), qui est en même temps région NUTS1 ;

1 Cf. http://www.truffle100.com/2010/software-clusters-in-europe.php.

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

Berkshire, Oxfordshire, Buckinghamshire (BBO) (UK) ;

Madrid (ES) ;

Mazowieckie (région de Varsovie) (PL) ;

Hovestaaden (Copenhague) (DK)

Közép-Magyarország (Hongrie centrale, autour de Budapest) (HU)

Praha (Prague) (CZ).

centrale, autour de Budapest) (HU)  Praha (Prague) (CZ). Illustration 1: Emplacements des clusters, élaborée par

Illustration 1: Emplacements des clusters, élaborée par nos soins

Cette fusion de sous-régions, comme dans le cas de Londres (Inner et Outer London), devrait permettre d'illustrer les réseaux régionaux existants entre les entreprises du secteur des logiciels et services informatiques. Il s'agit en outre d'une tentative d'atténuer la problématique voulant qu'une comparaison nécessite que les régions soient les plus homogènes possibles. Dans la sélection elle-même, les régions montrent des variations aux niveaux de la population, de la densité de population, de l'emploi et de la surface, comme l'indique l'illustration 2.

Ainsi, en termes de superficie, Etelä-Suomi est la plus grosse région (45 311 km²) alors que Berlin est la plus petite (892 km²). Les deux se ressemblent toutefois dans la taille

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de leur population ainsi que dans le nombre de travailleurs. London fait presque le double

de leur population ainsi que dans le nombre de travailleurs. London fait presque le double de Berlin, même si sa population est trois fois plus nombreuse.

En raison de ces écarts, il est impossible d'utiliser des résultats individuels pour comparer les clusters dans leur entièreté sans prendre en compte ces facteurs locaux. Au lieu de cela, une tentative a été faite de former des mesures de référence relatives à la population ou au nombre de travailleurs afin de permettre un classement solide de facteurs individuels. Les mesures absolues, par ex. le nombre d'entreprises dans la liste Truffle, ne sont utilisées que si elles peuvent contribuer à la détermination du pouvoir de marché et des potentiels.

Il faut toutefois être prudent dans l'interprétation des résultats individuels provenant d'indicateurs, car ceux-ci illustrent des propriétés similaires de plusieurs points de vue. Les différentes mesures et caractéristiques des régions rendent difficile toute prise en considération globale.

rendent difficile toute prise en considération globale. Illustration 2 : comparaison de la ta ille des

Illustration 2 : comparaison de la taille des clusters, source : Eurostat

Critères de comparaison

La difficulté éprouvée dans l'interprétation des résultats individuels en soi ou du classement global a mené au développement d'un total de sept indicateurs composés d'un ensemble d'autres indicateurs. Les catégories qui en découlent reflètent chacune un aspect important du développement du secteur des logiciels et services informatiques. Les sources de données comprennent les évaluations du Truffle Top

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100, la banque de données d'entreprises Amadeus ainsi que les statistiques régionales d'Eurostat. Des explications détaillées des indicateurs et sources sont fournies en annexe.

Lors de l'analyse des clusters, il faut prendre en considération que les catégories ne fournissent que des indices sur le développement. Il n'existe pas forcément de lien causal statistiquement significatif entre le développement d'un facteur individuel, ou d'un ensemble de facteur, et leur apport à la région. En tout ont été définies sept catégories, chacune composée d'un ensemble de trois indicateurs brièvement présentés ci-dessous. Pour une explication détaillée, voir l'annexe C.

La première catégorie « chiffre d'affaires » comprend (i) la proportion de chiffre d'affaires des plus grosses entreprises régionales, (ii) le chiffre d’affaires par rapport à celui de toutes les régions considérées et (iii) le chiffre d’affaires de toutes les branches de logiciel locales sur le marché global local. La deuxième catégorie, « emploi », comprend les indicateurs (i) de la part d'emploi des plus grosses entreprises régionales, (ii) la proportion de l’emploi dans ce secteur au niveau régional ainsi que (iii) la part locale de l'emploi du secteur dans l’entièreté du UE-27. Les deux sont ainsi un indicateur pour la spécialisation de la région dans le secteur des logiciels et services informatiques ainsi que pour sa compétitivité actuelle.

La troisième catégorie, « Démographie des entreprises », fournit des indices sur la structure et la concentration du secteur local des logiciels avec (i) la part de grandes entreprises, (ii) la part d'entreprises locales de logiciels et services informatiques dans le secteur global et (iii) la concentration d'entreprises de logiciels locales figurant dans le classement Truffle et comptant parmi les chefs de file du marché européen.

La quatrième catégorie, « Dynamique de croissance », reflète le développement des sites au regard d'indicateurs dans les catégories énoncées précédemment. Elle comprend le développement (i) du nombre d'entreprises de logiciels, (ii) le nombre d'employés dans ce secteur ainsi que (iii) l'emploi du secteur du logiciel par rapport au développement local dans tous les secteurs, de façon à refléter des tendances de développement potentielles dans la région.

La cinquième catégorie « Capital humain » précise à quelle hauteur se situe le potentiel en employés qualifiés, un élément important pour le développement du secteur des logiciels et services informatiques. Cette catégorie est composée d'indicateurs (i) concernant la proportion de chercheurs locaux dans les 100 premières entreprises de logiciels du Truffle Top100, (ii) le nombre d'universités et (iii) la part d'emplois en science et en développement de technologies (HRST).

La sixième catégorie, « Conditions générales », comprend les aspects (i) du PIB per capita exprimé en parité de pouvoir d'achat, (ii) de la part des foyers avec connexion à large bande et (iii) la complexité (identique dans l'ensemble du pays) dans la fondation d'une nouvelle entreprise.

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La septième et dernière catégorie, « Conditions générales spécifiques aux secteurs », comprend des indicateurs

La septième et dernière catégorie, « Conditions générales spécifiques aux secteurs », comprend des indicateurs ayant une influence particulière sur le secteur des logiciels et services informatiques. Parmi ceux-ci se retrouvent le (i) salaire brut du secteur, (ii) l'attractivité pour les investissements et (iii) le nombre d'employés occupant des métiers nécessitant une formation tertiaire ou servant à la production de hautes technologies, ce que l'on peut définir comme la présence d'industries utilisatrices.

Dans chaque catégorie a été établi un résultat global sous la forme d'un classement à partir des résultats des indicateurs individuels. En raison des problèmes survenant d'une part dans la comparaison des régions sur la base des mesures de l'illustration 2 et d'autre part dans la détermination des liens de causalité, nous nous sommes abstenus de fusionner les catégories en un classement global. Finalement, toutes les régions représentent d'importants clusters du secteur des logiciels et services informatiques qui, comme le démontre l'observation de régions individuelles, façonneront le secteur en Europe de différentes façons.

Vue d'ensemble des résultats

 

Indicateur

Chiffre d'affaires

Emploi

Démographie

des entreprises

Dynamique de

croissance

Capital humain

Généralités Conditions générales

Conditions générales spécifiques aux domaines

Variance (empirique)

Région

   

Berlin

12

14

 

10

 

2

7

10

10

14,90

Software-Cluster

1

6

 

3

 

8

3

9

6

8,48

Oberbayern

12

11

 

5

 

2

8

7

8

11,62

Etelä-Suomi

6

10

 

8

 

14

8

8

12

7,62

Hovedstaden

8

9

 

9

 

5

5

2

1

10,62

Stockholm

1

3

 

6

 

10

4

2

4

8,90

BBO

3

1

 

1

 

15

5

5

1

24,95

London

9

3

 

1

 

6

1

1

3

9,29

Utrecht

5

2

 

6

 

11

11

6

4

11,62

Île-de-France

10

3

 

4

 

2

2

2

7

9,57

Lombardia

4

8

 

12

 

13

15

13

14

15,24

Madrid

6

7

 

11

 

8

12

14

10

8,24

Közép-Magyarors

15

11

 

14

 

7

14

11

13

7,48

Mazowieckie

14

15

 

15

 

1

13

15

15

26,62

Praha

11

13

 

13

 

12

8

11

9

3,67

Tableau 1 : Vue d'ensemble des classements individuels régionaux, élaborée par nos soins ; les classements respectifs sont identifiés à l'aide d'un code de couleur, soit vert de 1 à 5, bleu de 6 à 10 et gris de 11 à 15

Il convient d'abord de retenir que les régions analysées dominent le secteur des logiciels dans l'Union européenne. La moitié de toutes les entreprises de logiciels du Truffle Top100 ont leur siège principal dans l'un des clusters étudiés. Du chiffre d’affaires du Truffle Top100 d'environ 30 Mrd €, 56,8 % revient au top 15, alors que l'on parle plutôt de 61,2 % en ce qui concerne l'allocation de main d'œuvre à la R-D, un total de 57 654 employés. La part d'employés du secteur de l’ensemble des 15 régions

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

au niveau de l’UE est de 38,43 %.

Les résultats des catégories individuelles donnent le classement obtenu dans le tableau 1. En l'occurrence, le vert indique un classement dans les cinq premières places (1 à 5), le bleu indique un classement moyen (6 à 10) alors que le gris indique les dernières places (11 à 15).

Le tableau d'ensemble indique clairement que, en ce qui concerne les critères appliqués ici, les régions de Londres, Île-de-France, Stockholm, du Software-cluster, Hovestaaden et Berkshire, Oxfordshire et Buckinghamshire présentent les meilleures valeurs. On voit que le Software-cluster n'obtient qu'un classement moyen dans les catégories « Emploi » et « Conditions générales ». La raison en est que, comme dans quelques autres régions, la grande expansion va de pair surtout avec des régions essentiellement rurales, et donc que la densification est plutôt faible en comparaison avec les régions métropolitaines. D'un autre côté, par exemple, Berlin et Mazowiecki ne figurent parmi les chefs de file que dans une seule catégorie alors qu'elles sont faibles dans toutes les autres. La plupart des régions non mentionnées se retrouvent plutôt dans la moyenne. Globalement, on observe que dans les catégories « Conditions générales », « Emploi » et « Capital humain », les régions en tête se côtoient de très près, alors que la distribution est beaucoup plus large dans d'autres catégories, comme celles du « Chiffre d'affaires » et de la « Dynamique de croissance ».

Ces écarts, toutes catégories confondues, mettent en évidence que les mesures individuelles, par opposition aux mesures globales, sont en mesure de mieux refléter les forces et faiblesses spécifiques. Par conséquent, il est utile d’en faire une analyse profonde. Il ne s'agit d'abord pas de l'analyse des sous-indicateurs individuels, mais surtout des écarts possibles en ce qui a trait aux résultats des catégories respectives.

Dans la catégorie Chiffre d'affaires, les régions Software-Cluster, Stockholm et Berkshire, Oxfordshire, Buckinghamshire (BBO) se trouvent clairement à l'avant. Cela s'explique entre autres par le fait que plusieurs des plus grandes entreprises de logiciels et services informatiques en termes de chiffre d’affaires y ont leur siège social. En raison de différents développements, par ex. une présence plus forte de PMEs, toutes les autres régions affichent des résultats montrant une variance beaucoup plus forte entre les trois indicateurs de la catégorie.

Dans la catégorie Emploi, on obtient un résultat un peu plus équilibré. Les sites connus du secteur européen des logiciels et services informatiques forment le peloton de tête et se font une chaude lutte pour la première place (London; Ile-de-France; Software-Cluster; Berkshire, Oxfordshire, Buckinghamshire; Utrecht; Stockholm et Madrid). On observe ici que ce sont surtout les régions métropolitaines comme London ou Paris qui sont en tête, ce qui s'explique notamment par leur taille et leur fonction de capitale. En termes de superficie, les régions plus grosses mais moins denses comme

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Etalä-Suomi, dont de grosses parties sont surtout rurales, obtiennent un score corollairement plus faible. Cette

Etalä-Suomi, dont de grosses parties sont surtout rurales, obtiennent un score corollairement plus faible.

Cette situation est également reflétée dans la catégorie Démographie des entreprises, dans laquelle les régions métropolitaines de London et Île-de-France, tout comme les sites traditionnels d'entreprises de logiciels de Oberbayern, Berkshire, Oxfordshire, Buckinghamshire et du Software-Cluster, se partagent les premières places. Alors que les régions de Berkshire, Oxfordshire, Buckinghamshire et Oberbayern profitent entre autres de leur forte spécialisation en ce qui concerne la part d'emploi, Londres, le Software-Cluster et Île-de-France peuvent faire étalage de plusieurs grandes entreprises ancrées régionalement.

On observe un comportement différent dans la catégorie Dynamique de croissance, dans laquelle les régions Berkshire, Oxfordshire, Buckinghamshire et le Software- Cluster, à titre de sites traditionnels du secteur des logiciels et services informatiques, sont en baisse considérable. En revanche, les régions métropolitaines comme Londres, mais aussi d'autres régions moins bien positionnées comme Berlin et Mazowieckie, y sont très fortes. Cela indique que leur situation est considérablement modifiée par une multitude de développements.

Dans la catégorie Capital humain, le Software-Cluster et les régions métropolitaines de London et d'Île-de-France se retrouvent à nouveau en tête. Il apparaît toutefois clairement que les indicateurs individuels, tels que le nombre d'universités, doivent faire l'objet d'une réflexion approfondie dans les analyses individuelles. Ainsi, une présence moins forte d'universités peut également refléter une plus grande centralisation et ne doit donc pas être mise en adéquation à un nombre d'étudiants ou une qualité plus faible.

Dans la catégorie Conditions générales, on remarque une performance médiocre plus particulièrement dans les régions allemandes. En Oberbayern et dans le Software-Cluster, cela s'explique surtout par la densification plus faible allant de pair avec une plus grande proportion de régions rurales, qui ne disposent généralement pas d'un bon accès Internet et affichent une valeur ajoutée plus faible. Le climat général entourant la fondation d'entreprises en Allemagne représente plutôt un désavantage par rapport, par exemple, aux pays nord-européens. Grâce à leur produit intérieur brut élevé et leur climat de fondation favorable, Londres et Île-de-France se distinguent et obtiennent, avec une avance claire, les premières places. Seuls Hovestaaden, Berkshire, Oxfordshire, Buckinghamshire et Stockholm peuvent faire le poids. Les conditions générales spéciales sont réparties de façon clairement continue sur toute la largeur de la bande. On reconnaît là encore un désavantage net des grosses régions agricoles, surtout en ce qui concerne les sites sud- et est-européens. Dans l'attractivité pour les investissements, la superficie d'une région a des répercussions sur le PIB (en raison de la part agricole plus élevée qui y est reliée), la densité der entreprises de logiciels et la part d'employés dans des métiers utilisateurs.

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

Globalement, il en ressort que les régions métropolitaines, tout comme les sites traditionnellement forts du secteur des logiciels et services informatiques, arrivent en première place dans les catégories. Ces dernières, qui sont empreintes de quelques grosses entreprises existant depuis plus longtemps, devront prendre garde de rester compatibles du point de vue de leur dynamique. Toutefois, d'autres régions moins éminentes affichent d'intéressants développements. Ces forces, et faiblesses, individuelles devraient faire l'objet d'une analyse plus approfondie après la prise en considération du développement à long terme et une comparaison à la région de référence de Silicon Valley, plus particulièrement dans le but d'enrichir le système d'indicateurs avec d'autres aspects et arguments et de permettre de nouvelles analyses.

Analyse à long terme

Malgré les difficultés énoncées précédemment dans la recatégorisation des secteurs industriels en 2008, la comparaison régionale à long terme devrait être abordée (voir l'annexe B). Les graphiques présentent le développement du secteur des logiciels et services informatiques dans une région en comparant l’emploi à deux variables :

premièrement, à l'emploi global au niveau local et deuxièmement, à l'emploi dans le secteur des logiciels et services informatiques au niveau européen, donc les secteurs respectifs de K72 (y compris 2007) et de J62 (à partir de 2008).

En ce qui concerne la spécialisation régionale, on assiste selon toute vraisemblance à une diversification de l'économie après 2008 : la part du secteur des logiciels dans l'économie globale a perdu du terrain. Cet effet repose toutefois surtout sur la transformation des spécifications. Il ne se fait observer ni dans les régions allemandes, ni Londres, ni Utrecht, en raison du taux élevé de réembauche. L'intégration du secteur J63 réduit également l'inflexion, qui est d'ailleurs très apparente dans la part locale, dans d'autres régions. Seul Stockholm et Madrid affichent une réelle tendance à la hausse.

Entre les régions métropolitaines (à l'exception de Berlin) et les régions à grande superficie, on observe un seuil à la hauteur de Londres et de la Hongrie centrale. À long terme, la spécialisation locale d'Utrecht, de Stockholm et de BBO semble stable à environ 5,5 %. On observe une tendance à la hausse dans les régions est- européennes et dans le Software-Cluster.

Une comparaison seule de la spécialisation locale écarte toute mesure absolue. Les économies se sont pourtant, ces dernières années, développées dans des directions différentes. En l'occurrence, la part de l'emploi dans l'entièreté de l'UE (par rapport à J62) est un indicateur solide. Des pentes laissent entrevoir de possibles « migrations » d'emploi à l'intérieur de l'UE. Un tracé parallèle à l'axe horizontal correspond à la croissance moyenne de l'emploi dans le secteur des logiciels de l'UE, soit 2,11 % annuellement. Il apparaît clairement que la part d'Ile-de-France et de Lombardie a

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reculé après 2004. La même chose survient lorsqu'on considère le secteur J63. Mis à part

reculé après 2004. La même chose survient lorsqu'on considère le secteur J63. Mis à part une légère hausse en Oberbayern, dans le Software-Cluster et London, les autres régions affichent plutôt après 2004 une croissance nulle de leur part dans l'UE, et donc une croissance moyenne dans le secteur du logiciel de 2,11 %.

Silicon Valley – modèle de référence pour le Softwarecluster

Aussi souhaitable et révélateur que la comparaison avec les régions cluster en dehors de l'Europe pourrait être, elle se révèle toutefois difficile. Cela s'explique par le fait que ces données sont, en règle générale, très difficiles à obtenir dans la quantité et dans la profondeur nécessaire. Cela s'applique particulièrement aux pays comme l'Inde et la Chine. Les É-U ont au moins quelques données de disponibles, ce qui permet une comparaison avec le modèle de référence de Silicon Valley, qui est fréquemment cité dans la littérature (p. ex. Bresnahan/ Gambardella 2004).

Cependant, quelques difficultés surviennent également ici étant donné la différence claire entre les statistiques publiques des É-U et celles de l'Europe, malgré un cadre de référence unique dans les détails de la classification, tout comme dans la quantité et la fréquence des données obtenues. Pareillement, d'autres difficultés en découlent, notamment dans le traitement, par ex. par des banques de données d'entreprises et d'autres sources. Par conséquent, les données directement comparables ne sont disponibles que dans des cas exceptionnels (voir également l'annexe A). Il y a toutefois une série de données supplémentaires permettant au moins une comparaison indirecte.

Malheureusement, aucunes données officielles ne sont disponibles dans la profondeur régionale pour la catégorie « Chiffre d'affaires ». La vue d'ensemble des 150 plus grosses entreprises de technologie de Silicon Valley démontre toutefois 2 que le chiffre d'affaires des cinq premières entreprises (Apple, HP, Oracle, Intel, Cisco) provient tout de même essentiellement des services logiciels ou informatiques. 3 À cela s'ajoute le fait que d'autres importantes entreprises du Top 25, avec Agilent, Symantec, VMWare ou Adobe, sont représentées. On peut donc partir du principe que la spécialisation et la concentration du chiffre d'affaires sont supérieures à la moyenne. Néanmoins, l'existence d'autres entreprises importantes comme IBM, Microsoft, EMC ou Accenture dans d'autres parties des É-U (Seattle, New York ou Boston) donne à croire que si la part du marché qu'occupe Silicon Valley est grosse, cette dernière ne domine pas complètement.

En observant ces listes et d'autres sources complémentaires (Silicon Valley Index 2013, 18), il apparaît clairement que la concentration d'emploi dans le secteur des

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Cf.

http://www.siliconvalley.com/sv150/ci_23055045/sv150-searchable-database-silicon-valley-top-150-

companies-2013.

3 Cf. http://www.softwaremag.com/Content/ContentCT.asp?P=2759&PT=33&AS=1.

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

logiciels et services informatiques, ainsi que dans d'autres secteurs apparentés, est très grosse, suggérant par le fait même une spécialisation régionale très élevée, une observation que corrobore la statistique officielle avec une valeur de 4,15 %. En Europe, seules quelques régions comme Stockholm, Utrecht, Berkshire, Oxfordshire et Buckinghamshire affichent des valeurs plus élevées. On observe même un positionnement particulier dans cette catégorie en ce qui concerne la part d'emplois dans le secteur, qui s'élève à 7,53 % dans la Silicon Valley des É-U, surclassant ainsi clairement, à l'exception d'Île-de-France, celle d'autres régions européennes considérées dans le présent texte,

Il s'ensuit également que les valeurs de la Silicon Valley sont généralement très bonnes dans la catégorie « Démographie des entreprises ». Ainsi, vu la taille des joueurs principaux, il est probable que la concentration d'entreprises soit très élevée, tout comme la spécialisation, c.-à-d. la part de la région en termes entreprises leaders de logiciels et services informatiques dans les É-U. Il n'y a qu'au niveau de la spécialisation que la Silicon Valley ne se trouve, avec 3,86 %, dans la moyenne par rapport à ses concurrents européens. Cela s'explique surtout par le fait que la Silicon Valley avec le centre de San Francisco, tout comme Londres à titre de région métropolitaine, a tendance à occuper une plus grande superficie que le Software- Cluster ou Berkshire, Oxfordshire ou Buckinghamshire.

En se basant sur ces bonnes valeurs, on ne se surprendra pas de voir la Silicon Valley obtenir d'excellents résultats dans la catégorie « Dynamique de croissance ». Ainsi, même si la dynamique d'entreprise est plutôt basse à 1,49 %, le nombre d'entreprises est d'un côté si élevé que la fluctuation a lieu à un niveau bien supérieur. D'un autre côté, plusieurs des nouvelles entreprises ont un positionnement thématique situé aux limites du secteur des logiciels et services informatiques et peuvent être répertoriées dans d'autres secteurs par les statistiques officielles. Les valeurs de dynamique d'emploi et de densification, surpassant clairement les valeurs européennes avec 29 % et 43 % respectivement, montrent que le secteur y est encore très dynamique. Ce fait est aussi renforcé, par exemple, par d'autres études telles que celle du Startup Genome Project 4 .

En ce qui a trait à la catégorie « Capital humain », dans laquelle on peine à trouver des données directement comparables, l'existence de sites universitaires comme Berkeley et Standford ainsi que l'attractivité et l'importance de ces derniers dans le secteur informatique suggèrent la présence d'une bonne infrastructure de formation. D'autres statistiques suggèrent également que, en règle générale, la proportion de la main d'œuvre hautement qualifiée est très élevée dans la Silicon Valley pour la situation américaine (Silicon Valley Index 2013, 14, 19). De la même manière, en vertu de la présence de plusieurs entreprises mettant continuellement sur le marché de nouvelles

4 Cf. http://blog.startupcompass.co/.

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innovations, on peut compter sur un taux élevé de R-D. Cette perception est renforcée par

innovations, on peut compter sur un taux élevé de R-D. Cette perception est renforcée par les données relatives aux demandes de brevet (Silicon Valley Index 2013, 21). Un dernier point essentiel est l'attractivité du site, qui résulte en un afflux largement supérieur à la moyenne d'étrangers qualifiés, dont la proportion dans la Silicon Valley est énorme (Silicon Valley Index 2013, 13–14).

En ce qui concerne les conditions générales, il importe de souligner que le bien-être local et donc les incitatifs à la consommation sont très élevés dans la Silicon Valley. Toutefois, ces données ne peuvent être directement comparées avec celles de

l'Europe. Le climat de fondation d'entreprises est également clairement meilleur aux É-

U que dans la plupart des États européens. Il n'y a qu’au niveau de la connexion à

large bande que la Silicon Valley se trouve en-dessous de la moyenne des clusters européens, ce qui s'explique entre autre par des divergences aux niveaux des définitions et des méthodes de mesure.

Ainsi, la proportion de la main d'œuvre hautement qualifiée est très élevée dans la Silicon Valley pour la situation américaine (Silicon Valley Index 2013, 14, 19). La même chose s'applique à l'incitation au travail.

Les conditions générales spécifiques au secteur plaident également pour la Silicon Valley, car cette dernière n'est pas qu'un site pour entreprises de logiciels et services informatiques ; il s'agit aussi d'une région métropolitaine avec une grande part de services axés sur le savoir ainsi que d'un site pour une multitude d'autres secteurs technologiques, comme la biotechnologie, la technologie environnementale/énergétique, technologie médicale et autres similaires. Il n'est donc pas surprenant de voir un score élevé dans ce secteur. De la même manière, les incitations au travail sont très élevées dans la comparaison américaine, ce qui n'est pas non plus surprenant vu la concurrence. Même si l'attractivité pour les investisseurs n'a pu être mesurée, la grande quantité d'investissements en capital-risque, par exemple, ne donne que peu de raisons de douter que celle-ci soit très élevée par rapport à presque toutes les régions européennes.

En somme, ces chiffres explicitent que, en ce qui concerne le modèle de référence de

Silicon Valley, les régions européennes ne peuvent se rattraper qu'à certains niveaux,

et non dans l'ensemble de ceux-ci. Cela s'explique par une multitude de facteurs ayant

fait l'objet d'une analyse partielle dans le présent texte, comme la densité des entreprises, la disponibilité d'une main d'œuvre spécialisée, le partenariat avec d'autres industries, etc., mais également par d'autres facteurs d'ordre culturel, par exemple les différences nettes au niveau de la tendance à l'entrepreneuriat.

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

Résultats des clusters individuels Ce qui caractérise toutes les régions analysées dans la présente étude

Résultats des clusters individuels

Ce qui caractérise toutes les régions analysées dans la présente étude est que, au- delà du secteur des logiciels et services informatiques, elles servent également de centres pour la recherche et le développement, ce que reflètent entre autres les demandes de brevet. Elles comptent parmi les régions de l'Union européenne où l'on dépense le plus en R-D. Même la proportion d'étudiants et de doctorants de 30 ans et plus ainsi que la densité en industries ou services axés sur la connaissance sont (hormis quelques exceptions) au-dessus de la moyenne. Par conséquent, une majorité des régions analysées affiche une croissance de PIB plus élevée qu'une région dans la moyenne de L'UE. Ces conditions devraient renforcer quelque peu leur position de chef de file dans les prochaines années en plus d'agrandir l'écart les séparant d'autres régions. (Eurostat 2012, 18 et suivants).

Cependant, l'analyse des indicateurs a démontré que les clusters ont différents profils et priorités avec lesquels sont reliés des forces et faiblesses uniques. C'est pourquoi, dans le prochain paragraphe, chaque cluster fera individuellement l'objet d'une nouvelle analyse dans le but d'en observer plus en détail lesdites forces et faiblesses révélées par le système d'indicateurs, permettant ainsi des analyses complémentaires.

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

Cluster 1 : Berlin

D'après les données de base comme la taille et la densité de population, Berlin est une capitale et une région métropolitaine, ce qui la rend en principe comparable aux régions de London ou Paris. Toutefois, une analyse approfondie révèle une très forte variance dans le placement des indicateurs individuels, ce qui vient corroborer l'ambivalence susmentionnée de la région en tant que site.

Outre quelques problèmes structurels de fond, il est clair que Berlin n'est pas un cluster classique du secteur des logiciels et services informatiques. Avec 0,78 %, sa part de l'emploi à l'échelle de l'UE est la plus basse de toutes les régions analysées, ce qui fait que Berlin arrive dans les dernières places dans presque toutes les catégories ayant directement trait au secteur. Elle ne se démarque pas non plus dans sa spécialisation régionale ni au niveau du chiffre d'affaires, ni de l'emploi. Cela se reflète également dans la démographie des entreprises : avec 3592 entreprises de logiciel, Berlin ne fait pas le poids.

3592 entreprises de logiciel, Berlin ne fait pas le poids. Illustration 2 : Représentation graph ique

Illustration 2 : Représentation graphique des résultats pour Berlin

Un coup d'œil à la catégorie des conditions générales fait ressortir d'autres particularités de Berlin dans le présent contexte. Dans des sous-indicateurs précis, par exemple dans le 4e rang en complémentarité, Berlin compte parmi les régions les plus avancées. En ce qui concerne le PIB per capita, le salaire et l'attractivité pour les investissements, Berlin se retrouve toutefois loin derrière. Ces problèmes d'incitation compliquent l'établissement d'un secteur malgré un potentiel certain en main d'œuvre

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et en demande. Le taux de chômage est élevé, mais il a cependant enregistré une

et en demande. Le taux de chômage est élevé, mais il a cependant enregistré une baisse de 13,2 % en 2010 à 10,6 % en 2012. On doit aussi reconnaître le potentiel dans la catégorie du capital humain (7), où le sous-indicateur de l'infrastructure de formation et de recherche montre un score exceptionnel : avec 32 universités, Berlin y obtient la 4e place.

En dépit du manque d'incitation et du mauvais climat de fondation que l'on attribue à l'Allemagne, Berlin obtient une excellente seconde place dans la catégorie de la Dynamique de croissance. La part des employés du secteur J62 à l'entièreté de l'économie locale est passée d'environ 1,23 % à 1,3 % (densification, rang 7). Ces aspects mettent en valeur tant les résultats de différentes études sur le Start-up-Boom des dernières années (Müller et. al 2012, 15 et suivants) que la couverture médiatique continuelle. Les activités de fondation et les investissements en capital-risque démontrent que des facteurs comme de faibles coûts en main d'œuvre et un milieu créatif sont à l'avantage de la situation.

En somme, l'analyse donne une image très ambivalente oscillant entre le profil faible dans le secteur des logiciels et services informatiques mêlé à des défis structurels, d'un côté, et une dynamique de croissance très élevée de l'autre. À long terme, il y a lieu de se demander s'il ne s'agit pas là surtout d'une croissance de rattrapage et si cette tendance peut être maintenue assez longtemps pour établir fermement Berlin parmi les sites leaders.

Cluster 2 : Software-Cluster (Karlsruhe, Darmstadt, Rheinhessen-Pfalz, Saarland)

Le Software-Cluster (composé des régions de Karlsruhe, Darmstadt, Rheinhessen- Pfalz et Saarland), qui s'est distingué lors de la compétition des clusters de pointe du gouvernement fédéral, comprend une superficie d'environ 23 784 km². Cela en fait, en termes de superficie, la quatrième plus grosse région de tous les clusters analysés.

Cette grande superficie, qui comprend également des régions à faible densité de population, suppose que la proportion d'emplois en agriculture parmi les 4,6 travailleurs est en moyenne plus élevée que dans les autres régions en tête de file (Eurostat 2012, p. 126 et suivantes). L'intégration d'espaces faiblement dotés en structures qui en découle et la densification faible qui y est reliée, en comparaison p. ex. aux régions métropolitaines, modifient quelques-unes des mesures analysées à la baisse. C'est ce qui fait qu'avec environ 31 420 € (standard de pouvoir d'achat), le PIB per capita moyen est en-dessous de la moyenne de l'UE d'environ 36 000 €. Ces faits expliquent même la faible proportion de foyers avec accès à large bande (environ 84 %). Ces deux aspects supposent un mauvais résultat dans les conditions générales.

Le salaire brut élevé dans le secteur des logiciels de la région fourni certes d'excellentes incitations au travail (2), mais entraîne vers le bas l'attractivité pour les investissements (6). Étant donné aussi que les structures agricoles ne nécessitent que

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

peu d'emplois dans les professions de service axées sur la connaissance, le Software- Cluster se trouve dans la moyenne en ce qui concernes les conditions générales spécifiques au secteur.

les conditions générales spécifiques au secteur. Illustration 4 : Représentation graphique des résultats

Illustration 4 : Représentation graphique des résultats pour le Software-Cluster

Néanmoins, le nombre de PMEs dans le secteur des fabricants de technologies hautes et moyennes est exceptionnellement élevé, ce qui se reflète aussi dans le nombre élevé de demandes de brevets (Eurostat 2012, p.157 et suivantes). Pour le secteur des logiciels et services informatiques, cela est confirmé par le fait que le cluster emploie, avec 17 198 chercheurs, presque 29 % de tous les chercheurs de la liste Truffle Top100 (1). Cela contribue au niveau élevé d'activités d'innovation. L'origine de ce rôle de leader tient aussi à l'excellente infrastructure de formation et de recherche. Dans la région se trouvent 42 universités abritant une multitude d'instituts dotés d'un profil solide dans des cursus de pertinence (p. ex. à Saarbrücken, Darmstadt, Karlsruhe ou Mannheim). En outre, plusieurs organismes de recherche y sont établis, notamment les différents instituts des sociétés Max-Planck et Fraunhofer ou du Centre de recherche allemand sur l'intelligence artificielle.

On peut expliquer les résultats élevés obtenus avec les indicateurs « Chiffre d'affaires » et « Démographie des entreprises » par la présence de quelques grosses entreprises (p. ex. SAP AG, Software AG) disposant d'une main d'œuvre considérable et occupant un rôle prépondérant sur le marché international. Il en découle toutefois une concentration pouvant être considérée à juste titre ambivalente ; d'un côté, les

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grandes entreprises aident beaucoup la région à se démarquer, mais elles augmentent d'un autre côté

grandes entreprises aident beaucoup la région à se démarquer, mais elles augmentent d'un autre côté la dépendance à l'égard du développement d'entreprises individuelles.

Tout compte fait, on n'obtient dans la catégorie « Emploi » que la 6 e place. La proportion des employés locaux du secteur des logiciels et services informatiques dans l'ensemble de ceux de l'UE est, avec 4 %, largement supérieure à la moyenne. Même la compression de la main d'œuvre, dans le but d'assurer un effet de synergie à l'intérieur des entreprises, est remarquable. On ne peut toutefois pas en dire autant de la spécialisation (11) des employés, contrairement à ce que l'on s'attendrait de ce type de cluster. En raison de la présence de quelques grandes entreprises à succès partiellement internationales, la région arrive en tête de peloton dans presque tous les sous-indicateurs de la catégorie « Chiffre d'affaires ».

Par contre, le résultat obtenu dans la catégorie « Dynamique de croissance » est considérablement plus faible durant les années de référence de 2008 à 2010. Cela n'empêche pas la prévision à long terme voulant que le Software-Cluster compte parmi les régions qui ont pu afficher au bout du compte un solide taux de croissance durant la dernière décennie. Les incitations élevées au travail et l'existence d'entreprises de plus grande taille jouent ont en revanche un rôle à jouer dans le développement actuel ; parce qu'elles réduisent la création d'entreprises notamment en Allemagne (Müller et al. 2012, 15 et suivants), cela fait de plus en sorte que les crises économiques, comme la crise financière de 2008/09, se manifestent de façon particulièrement explicite dans la dynamique de l'emploi. Par conséquent, le besoin en nouveaux développements se fait sentir afin de maintenir dans le futur la position en tête de peloton qu'occupe la région.

Cluster 3 : Oberbayern

La région Oberbayern est composée de la ville de Munich ainsi que des arrondissements environnants. Elle est marquée par l'opposition entre une métropole et l'espace rural dont elle est entourée. Munich est l'un des centres traditionnels du secteur allemand des logiciels et services informatiques.

Les mauvais classements dans les catégories « Chiffre d'affaires » et « Emploi » ressortent particulièrement, mais ils surviennent surtout dans les indicateurs relatifs à la concentration du chiffre d’affaires et de l'emploi dans les entreprises du top 10. Les 10 plus gros représentants du secteur des logiciels et services informatiques en termes de revenus et de main d'œuvre ne forment qu'environ 48 % du marché. Dans la plupart des autres régions, cette valeur s'élève à plus de 60 %. Cela est également confirmé par la liste Truffle, qui ne place qu'une seule entreprise munichoise dans le top 100. Cela contraste d'abord avec le fait que, des 196 entreprises pour lesquels des données d'emploi sont disponibles, 12,24 % disposent d'une main d'œuvre de plus de 250 personnes (4e place en concentration d'entreprises). Force est de constater qu'une proportion exceptionnellement élevée d'entreprises est doté d'une structure similaire en

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

termes de taille.

Étant donné que le secteur du logiciel est clairement représenté avec une part de 8,25 % dans les entreprises locales (2 e place), il ne fait aucun doute que les entreprises de moins grande importance (hors de la portée du classement Amadeus) doivent être en majeure partie des PMEs. Cela expliquerait pourquoi le taux d'emploi total dans le secteur du logiciel n'occupe que le 7 e rang, même si plus de 7600 entreprises J62 sont établies en Oberbayern. Dans le top 100 se trouve donc une structure très homogène d'entreprises de 250 employés dont le chiffre d'affaires est stable, alors que les PMEs, les entreprises en démarrage ou les indépendants sont plutôt représentés loin en arrière. Cela pourrait expliquer pourquoi le secteur a relativement bien surmonté la crise financière dans la région et continue d'obtenir un résultat élevé en ce qui concerne la dynamique de croissance. Bien sûr, cela ne s'applique pas au nombre d'entreprises, mais bien au développement de l'emploi. Cela confirme en même temps le résultat d'autres études qui considère Munich un site exceptionnellement dynamique (Müller et al. 15 et suivants).

dynamique (Müller et al. 15 et suivants). Illustration 5 : Représentation graphique des résultats

Illustration 5 : Représentation graphique des résultats pour Oberbayern

C'est précisément l'existence d'autres domaines de haute technologie, dont quelques- uns sont étroitement apparentés (comme la télécommunication ou la technologie médicale), et de domaines complémentaires (comme la construction de machines et d'automobiles) qui renforcent le secteur à Munich, mais elle ne permet au secteur de se démarquer qu'à certaines conditions. Les conditions générales (7 et 8) se trouvent

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renforcées d'une part par le PIB élevé et l'accès au réseau à large bande et

renforcées d'une part par le PIB élevé et l'accès au réseau à large bande et d'une autre par le salaire élevé ainsi que la bonne proportion du personnel dans le secteur des hautes technologies et des services axés sur la connaissance. Cependant, le climat de fondation désavantageux généralisé en Allemagne et le faible taux d'activité d'investissement (chacun 10) ont une influence plutôt négative.

En raison du mauvais classement en ce qui concerne le nombre d'employés en science et en technologie (11) et de l'infrastructure de formation médiocre (8 et 7), la région n'obtient qu'un résultat moyen dans la catégorie du capital humain. En somme, Munich représente un mélange intéressant de divers facteurs qui, en fin de compte, est essentiellement responsable du classement actuel de la région en tant que centre du secteur des logiciels et services informatiques.

Cluster 4 : Etelä-Suomi (Helsinki comprenant Finlande méridionale)

: Etelä-Suomi (Helsinki comprenant Finlande méridionale) Illustration 6 : Représentation graphique des résultats

Illustration 6 : Représentation graphique des résultats pour Etelä-Suomi

Dans le cas d'Etelä-Suomi (Finlande méridionale), le véritable objectif de l'analyse était la région d'Helsinki qui, selon la nomenclature Nuts utilisée dans les données, faisait cependant partie jusqu'à 2010 de la région de la Finlande méridionale (Etelä-Suomi 2006). Comme il n'existe donc toujours pas de données séparées pour Helsinki, la région analysée sera celle d'Etelä-Suomi afin d'établir une approximation. En conséquence, la région est la plus grosse en termes de superficie, mais aussi celle dont la densité de population est la moins forte. Cette situation se manifeste par exemple à travers une faible densification en raison de la proportion élevée de terres

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

agricoles et du taux plus faible d'effets de synergie et d'économies d'échelle.

Cela a pour effet d'entraîner les résultats vers le bas. On observe toutefois que la région n'est pas excessivement agricole, un constat que nous permet de faire la part de 0,5 % de la production agricole dans la valeur ajoutée brute (Annuaire Eurostat 2012). Bref, la taille seule ne permet pas d'expliquer les résultats de tous les indicateurs globaux, qui affichent plutôt un classement moyen.

La concentration régionale plutôt élevée en ce qui concerne l'emploi dans les 10 plus grosses entreprises de logiciels (4) et la faiblesse de la spécialisation locale démontrent que quelques entreprises de renom avec une taille considérable sont installées dans la région. Cela est également confirmé par la présence de 6 entreprises dans le Truffle Top100. Globalement, on ne peut toutefois comparer le secteur avec les principales régions métropolitaines, comme l'indique la 13 e place dans la part de marché de l'emploi. Cela est un signe de la position de niche de quelques entreprises de logiciels sélectes, mais de plus grande importance. Ces dernières semblent avoir mis l'accent sur la spécialisation de leurs employés dans le secteur principal des logiciels et services informatiques tout en parvenant à de bons chiffres d'affaires (rang

6).

On peut également sous-entendre une branche locale stable. Même si le nombre d'entreprises a continuellement augmenté (8), le secteur du logiciel semble avoir perdu plus d'emplois ces dernières années que le reste de l'économie ; le nombre d'employés dans le secteur J62 a affiché une baisse de 4,16 %, ce qui a aussi fait chuter de 3,38 % la part du secteur dans l'emploi total.

Apparemment, l'infrastructure de formation semble aussi obtenir un résultat médiocre. Il convient toutefois de relativiser ce fait, car le nombre peu élevé d'universités est entre autres dû à la fusion de quelques-unes d'entre elles. En règle générale, la Finlande affiche un taux de diplomation très élevée en plus d'une proportion de métiers axés sur la connaissance de 42,4 % (8). En raison de la structure de l'ensemble de la région, la valeur probante du faible produit moyen per capita de 31 000 € est, tout comme pour le Software-Cluster, relativement limitée. On peut dire la même chose du taux d'accès à la large bande de 81 % qui, même s'il s'agit d'un résultat moyen, propulserait sans doute la ville d'Helsinki en tête de peloton. Les conditions générales spécifiques au secteur (12) sont quant à elles non seulement plombées par une proportion médiocre d'emplois dans le secteur des hautes et moyennes technologies et des services axés sur la connaissance, mais aussi par une faible attractivité pour les investissements. Dans l'ensemble de la Finlande méridionale, la densité en entreprises de logiciels et donc le potentiel en effets de synergie est particulièrement faible. En outre, le niveau de spécialisation de l'emploi n'est pas assez élevé.

En somme, l'évaluation démontre que sur quelques points, Etelä-Suomi arrive très bien à suivre le rythme d'autres régions en ce qui concerne le secteur des logiciels et

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services informatiques. Avec la publication des données pour 2011, lesquelles illustrent la nouvelle répartition de

services informatiques. Avec la publication des données pour 2011, lesquelles illustrent la nouvelle répartition de la région dans la ville d'Helsinki et en périphérie, on peut s'attendre à des changements. Il est fort probable qu'on assistera à une amélioration des résultats dans quelques classements, mais pas dans tous. Par exemple, non seulement les classements des indicateurs du secteur des logiciels en ce qui concerne la proportion dans l'UE n'augmenteront pas, mais ils risquent même de reculer légèrement.

Cluster 5 : Hovedstaden (Copenhague)

La région de Copenhague se démarque d'abord par les résultats en tête de peloton de ses conditions générales. Elle se mérite, avec un PIB per capita d'environ 157 % la moyenne de l'UE, une bonne 6 e place, alors que son accès fabuleux au réseau à large bande et le peu de complexité que représente la création d'entreprise amènent les conditions générales au 2 e rang.

amènent les conditions générales au 2 e rang. Illustration 7 : Représentation graphique des résultats

Illustration 7 : Représentation graphique des résultats pour Hovedstaden

Avec une part d'emplois d'environ 63,8 % dans le secteur des hautes technologies et des services axés sur la connaissance (complémentarité 1) et le leadership du secteur des logiciels en incitation au travail (1) avec un salaire net de 50 000 €, la région se démarque également dans les conditions générales spécifiques au secteur. Inversement, ces frais de main-d’œuvre élevés expliquent très bien la faible attractivité pour les investissements. De plus, la densité relativement faible en entreprises de logiciels a une influence négative sur les effets de synergie. Avec 4904 entreprises sur

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

2,5 km² en 2010, la densité d'entreprises du secteur J62 est l'une des plus faibles des 15 régions.

N'empêche que si on considère la démographie des entreprises, on obtient le 7 e rang avec 2 entreprises de logiciels figurant dans le Truffle Top100. En même temps, les 10 entreprises leaders du secteur sont de loin les plus grosses de la région. Cela s'explique par le fait que la concentration de ces dernières est assez faible avec 3,4 % des 471 entreprises de l'échantillon (12 e rang), alors que la concentration de l'emploi et du chiffre d’affaires y sont élevées (environ 65 % chacune). De la même manière, tant la spécialisation sur le marché du travail (8) que celle en fonction du nombre d'entreprises (6) sont indiquées. Quant à l'emploi, la situation semble aussi favorable (5 e rang en dynamique de croissance). Les résultats plus faibles dans les évaluations globales de l'emploi et du chiffre d'affaires sont surtout dus à une faible proportion dans la branche par rapport au reste de l'UE (emploi 12, chiffre d’affaires 10), ce qui ne surprend aucunement vu la taille de Copenhague en comparaison à d'autres régions métropolitaines comme London. Néanmoins, tout comme dans d'autres régions métropolitaines moins importantes, la taille modeste est compensée par une spécialisation accrue du secteur.

Cluster 6 : Stockholm

spécialisation accrue du secteur. Cluster 6 : Stockholm Illustration 8 : Représentation graph ique des résultats

Illustration 8 : Représentation graphique des résultats pour Stockholm

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La région de Stockholm n'est pas une région métropolitaine ou de capitale, mais un territoire

La région de Stockholm n'est pas une région métropolitaine ou de capitale, mais un territoire d'une superficie de presque 7 km². Celui-ci est cependant composé de plusieurs zones urbaines, ce que confirme la faible proportion de la production agricole à la valeur ajoutée brute, soit moins de 0,5 %. Stockholm peut donc être comparée sans problème à de grosses métropoles. Avec plus de 14 000 entreprises de logiciels et services informatiques, cette région occupe même, en termes absolus, le troisième rang parmi l'ensemble des clusters, ce qui augmente la densité d'entreprises de logiciels et donc l'attractivité de la région pour les investissements. De plus, les frais de main-d’œuvre faibles représentent un bon avantage pour ce site.

Si on compare l'économie locale dans les domaines des entreprises (4), de l'emploi (3) et du chiffre d'affaires (2), on s'aperçoit que Stockholm est fortement spécialisée dans la branche des logiciels. En ce qui a trait au chiffre d’affaires (5), la part de Stockholm est exceptionnellement haute. Cette dernière semble être en majeure partie générée dans les 10 entreprises principales, qui génèrent d'ailleurs 81,56 % du chiffres d'affaires des 100 entreprises au revenu le plus élevé tout en employant par le fait même 69,41 % des travailleurs. Le taux de croissance d'un peu moins d'1 % laisse conclure que même si le secteur régional des logiciels continue de croître (8), sa part dans l'ensemble du secteur recule continuellement (densification rang 11). La position du site de Stockholm est toutefois renforcée par d'excellentes conditions générales (2) et un capital humain exemplaire (4).

L'infrastructure de recherche dans le secteur des logiciels (3) et le nombre d'employés en science et en technologie (indicateur de recherche 2) confirment que les universités, en faible nombre mais toutefois fortement centralisés, arrivent à former une relève suffisamment qualifiée.

En somme, mélangeant les attributs d'une région métropolitaine avec ceux d'un cluster hautement spécialisé, la région de Stockholm est l'un des principaux centres de logiciels et de services informatiques d'Europe.

Cluster 7 : Berkshire, Buckinghamshire, Oxfordshire (BBO)

Situées un peu à l'est de Londres, la région de Berkshire, Buckinghamshire et Oxfordshire est composées de trois districts de la structure régionale britannique. Cette fusion quelque peu artificielle donne lieu à quelques problèmes statistiques sur certains points. Néanmoins, la région apparaît comme le centre d'un espace économique unique et cohérent. De par sa structure et sa position, elle compte parmi les régions moyennes en termes de concentration de la population.

En règle générale, cette région entretient de façon traditionnelle un bon rapport au secteur des logiciels et services informatiques. Dans cet ordre d'idée, on ne se surprendra surtout pas des excellents résultats obtenus dans les catégories « Emploi » (1), « Chiffre d'affaires » (3) et « Démographie des entreprises » (1).

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

Ainsi, le part de l'emploi du secteur dans l'ensemble de l'UE est de presque 2,3 % avec environ 9200 entreprises J62. La spécialisation régionale est aussi fortement marquée par une part d'emploi de l'ordre de 5,24 % (2) et d'entreprises d'un peu plus de 10 % (1). On peut alors présumer, vu les mesures de concentration du chiffre d’affaires (4) et de l'emploi (3) et vu les 7 entreprises figurant dans la liste Truffle, que le développement de la région se trouve influencé par de grandes entreprises d'envergure. Les 100 principales entreprises de logiciels de BBO avaient un chiffre d'affaires total d'environ 20,5 Mrd €, représentant ainsi 5,66 % du chiffre d'affaires des 100 entreprises les plus profitables du secteur économique (comprenant la branche des logiciels).

On se surprendra plus de voir un piètre résultat en ce qui concerne l'indicateur de formation. Or, c'est là que sont trahies les limites d'un système d'indicateurs. Ainsi, le nombre d'universités s'élève à 5, mais on compte toutefois parmi celles-ci l'université Oxford. Cette dernière est composée de plusieurs collèges et profite d'une excellente renommée internationale, ce qui explique par la suite la proportion élevée d'employés en science et en technologie (HRST), qui se démarque fortement.

Même si le PIB moyen per capita est plutôt dans la moyenne, le climat de création d'entreprise ne s'en porte que mieux. Ce fait aide à renforcer les conditions générales, déjà bonnes. En ce qui concerne les conditions générales spécifiques à la branche, BBO se trouve en tête de peloton d'une part en raison de ses salaires élevés, d'autre part en raison de l'attractivité pour les investissements.

part en raison de ses salaires élevés, d'autre part en raison de l'attractivité pour les investissements.

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Illustration 9 : Représentation graphique des résult ats pour Berkshire, Buckinghamshire, Oxfordshire Quant à la

Illustration 9 : Représentation graphique des résultats pour Berkshire, Buckinghamshire, Oxfordshire

Quant à la dynamique de croissance, cette dernière est loin en arrière. De possibles éléments de réponses pourraient être le rôle des grandes entreprises existantes, ainsi que la force traditionnelle et le haut degré de spécialisation qui en résulte. Ainsi, tout comme pour le Software-Cluster, il y a un besoin certain de mettre certaines mesures en œuvre pour conserver de façon durable la position de chef de file.

Cluster 8 : Londres

La structure du cluster de Londres, en tant que région métropolitaine de la Grande- Bretagne, se distingue clairement des autres régions. Le secteur financier y est beaucoup plus présent, ce qui fait en sorte que la spécialisation dans le chiffre d'affaires (15) est moins forte.

En ce qui a trait au nombre d'employés et d'entreprises dans le secteur des logiciels et services informatiques, Londres se trouve en tête de peloton et obtient d'excellents classements dans les catégories « Emploi » (3) et « Démographie des entreprises » (1). Cela tient principalement au fait que Londres, comme Ile-de-France, dépasse de loin les autres régions en ce qui concerne l'emploi et le nombre d'entreprises. En raison de l'homogénéité des 100 entreprises principales, les mesures de concentration du chiffre d'affaires et de l'emploi sont clairement supérieures à la moyenne. La concentration des grandes entreprises vient également confirmer l'hypothèse d'un paysage homogène dans les 100 entreprises de logiciels principales (3).

confirmer l'hypothèse d'un paysage homogène dans les 100 entreprises de logiciels principales (3). 26

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

Illustration 10 : Représentation graphique des résultats pour Londres

Potentiellement en raison du nombre déjà très élevé d'entreprises J62, le nombre d'entreprises a reculé d'environ 1 % depuis 2008. On peut toutefois exclure toute raison conjoncturelle pour ce développement du secteur étant donné la croissance du nombre d'employés de 10,51 % durant la même période. En raison de la densification élevée (11,08 %), on peut quand même émettre l'hypothèse d'une économie globale en décroissance et ainsi, potentiellement, expliquer l'ambivalence inhabituelle entre le développement du nombre d'entreprises et celui de l'emploi. En somme, ce résultat suggère que Londres continue d'être un site en expansion dynamique du secteur des logiciels et services informatiques.

Cette vision est appuyée par les excellentes conditions générales (1). Avec 44 400 €, le PIB per capita est le plus élevé de toutes les régions, alors que le climat de fondation est fortement favorisé par la simplicité du processus de création d'entreprise au Royaume-Uni.

L'infrastructure de formation est solide avec 72 universités. La proportion de personnel de R-D dans le secteur des logiciels et services informatiques (force de recherche 4) est d'environ 4,5 %. Conformément aux attentes pour une région métropolitaine d'une telle taille, la proportion d'employés de métiers axés sur la connaissance est très élevée (indicateur de recherche : 1) avec 50,2 %. Ces champs professionnels comprennent également des services axés sur la connaissance. Ces derniers ont été déterminants pour le bon classement obtenu dans la catégorie « Capital humain » (1).

L'analyse approfondie révèle que, en tant que site, Londres se spécialise avant tout dans le secteur des services informatiques. En dépit d'un faible nombre de fabricants de logiciels locaux, le nombre d'entreprises de services informatiques ainsi que la proportion de succursales locales d'entreprises multinationales sont supérieurs à la moyenne. L'origine de ce positionnement se trouve probablement dans la qualité de région métropolitaine et capitale.

La densité élevée d'entreprises, particulièrement de plus de 250 employés (14,69 % des 572 entreprises de l'échantillon), présente un avantage général par rapport aux autres régions plus larges en termes de superficie que Londres ne semble pas sur le point de perdre.

Cluster 9 : Utrecht

Dès le départ, en raison de la situation problématique des données sur les régions hollandaises dans la banque de données Amadeus, Utrecht apparaît comme un cas exceptionnel dans l'analyse.

Les données étaient disponibles pour moins de 100 entreprises. Tant en ce qui concerne la concentration de l'emploi et du chiffre d'affaires que la spécialisation de ce dernier, le classement d'Utrecht est assez positif. On note toutefois un recul dans la

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part du chiffre d'affaires dans le marché. C'est pourquoi l'évaluation nécessite une certaine retenue.

part du chiffre d'affaires dans le marché. C'est pourquoi l'évaluation nécessite une certaine retenue.

pourquoi l'évaluation nécessite une certaine retenue. Illustration 11 : Représentation graph ique des résultats

Illustration 11 : Représentation graphique des résultats pour Utrecht

Tant dans la catégorie du chiffre d'affaires et des entreprises, Utrecht démontre de bons résultats. D'ailleurs, la région d'Utrecht est fortement spécialisée dans le secteur des logiciels et services informatiques. Elle ne représente cependant qu'une part de marché de 1,33 % avec 34 580 employés. Étant donné que cela est accompagné de prévisions négatives dans la dynamique de croissance, on peut supposer que des efforts seront nécessaires à l'avenir pour amener Utrecht en tête. Le fait que le nombre d'entreprises enregistre une croissance plus forte que dans d'autres régions (59,51 %) mais que l'emploi recule de façon si importante (- 5,92 %) peut avoir plusieurs causes. Le climat de fondation et le PIB per capita sont dans la moyenne alors que le taux d'accès au réseau à bande large est très élevé.

La proportion d'employés en science et en recherche (46,3 %; 5 e ) à Utrecht est assez élevée. En revanche, sa petite population, avec 1,2 millions d'individus, fait que l'on n'y trouve que 4 universités (15) dont, comme avec Helsinki, quelques-unes de taille assez considérable. Pour cette raison, Utrecht se démarque au point de vue de l'attractivité pour les investissements, principalement due à la spécialisation locale de l'emploi et au standard élevé de formation dans la région. Environ 41,7 % des gens entre 25 et 64 ans sont titulaires d'un diplôme d'études supérieures (niveau tertiaire).

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Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

En somme, on obtient l'image d'une région qui, pour sa taille et sa structure, jouit d'une bonne position en plus de démontrer une spécialisation dans le secteur des logiciels et services informatiques. Sa petite taille suggère toutefois qu'elle se démarque plutôt par sa spécialisation.

Cluster 10 : Île-de-France

Comme avec Londres, la région d'Île-de-France est une grosse région capitale et métropolitaine dont Paris forme le cœur. On peut donc y reconnaître plusieurs aspects du cas londonien, notamment la fonction de siège pour les succursales locales de multinationales du secteur des logiciels et services informatiques. Elle est toutefois beaucoup plus étendue en termes de superficie, ce qui fait en sorte de réduire la densité de population et d'entreprises.

Les mauvais classements dans les catégories « Chiffre d'affaires » et « Conditions générales spécifiques au secteur » ressortent particulièrement, malgré que la région se classe en tête dans toutes les autres catégories. Au niveau de la concentration du chiffre d'affaires et de l'emploi, on note que les 10 entreprises principales présentent un nombre d'employés et un chiffre d'affaires assez similaires à ceux des 90 entreprises qui suivent. Environ 15,99 % des 494 entreprises de l'échantillon d'emploi emploient plus de 250 travailleurs. La majorité des entreprises du top 100 correspondent donc à cette catégorie.

En tout, avec 32 564 entreprises et 215 135 employés en 2010, la région se retrouve en tête du secteur des logiciels (en termes absolus). Le fait que ce rôle de chef de file est principalement dû à la taille de la région de 11 millions d'habitants est également explicité par la spécialisation. En ce qui concerne le nombre d'entreprises, la région occupe la 10e place. Elle n'arrive même qu'au 13 e rang pour le chiffre d'affaires. Uniquement dans le cadre de l'emploi, on peut attester du fait que la région, en 5 e place, démontre aussi une certaine spécialisation locale dans le secteur des logiciels. Malgré le développement médiocre de cet emploi (7), la proportion du secteur dans l'emploi global ne cesse de croître (5). Si on considère en revanche le développement à long terme, le cluster français a clairement perdu du galon dans les 10 dernières années.

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Illustration 12 : Représentation graphiq ue des résultats pour Île-de-France La région doit ses 11
Illustration 12 : Représentation graphiq ue des résultats pour Île-de-France La région doit ses 11

Illustration 12 : Représentation graphique des résultats pour Île-de-France

La région doit ses 11 entreprises dans la liste de classement Truffle non seulement à l'excellent résultat pour cet indicateur, mais également au 2 e rang obtenu dans l'indicateur de la force de recherche. L'écart avec les régions qui suivent est de plus de 6 %. On attribue potentiellement l'accès peu répandu au réseau à large bande (7) dans la région à la taille de cette dernière. Cependant, le PIB local et la facilité de création d'entreprise lui assure d'excellents résultats dans la catégorie des conditions générales.

Le classement moyen obtenu dans la catégorie des conditions générales spécifiques au secteur (7) se trouve surtout influencé par la proportion faible en employés dans le secteur de la production de hautes technologies (7) et par les salaires faibles (7) dans le secteur des logiciels. Le premier facteur n'a pas de quoi surprendre pour une région métropolitaine, car l'activité économique y tourne généralement surtout autour des secteurs tertiaire et public.

Bref, ce mélange de région métropolitaine avec une spécialisation dans les services axés sur la connaissance et dans les services informatiques est à l'origine, tout comme avec Londres, autant d'un bon classement que des perspectives très positives quant au développement futur.

Cluster 11 Lombardie

D'une façon qui rappelle le Software-Cluster et Oberbayern, la région de Lombardie

30

Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

unit des centres économiques forts, comme Milan, et des régions agricoles plus faibles. Malgré qu'elle compte, d'un point de vue macroéconomique, parmi les plus fortes régions de l'UE, elle obtient un résultat relativement mauvais dans le secteur des logiciels.

relativement mauvais dans le secteur des logiciels. Illustration 13 : Représentation graphique des résultats

Illustration 13 : Représentation graphique des résultats pour la Lombardie

Il est évident que la Lombardie fait face à d'immenses défis en ce qui a trait aux conditions générales. On peut expliquer le plus faible taux d'accès au réseau à bande large, tout comme le faible PIB per capita de 32 300 €, par la grande superficie et l'aspect fortement rural de la région, mais cette situation ne se fait pas sentir aussi fortement dans d'autres régions. Le climat de fondation est en outre un problème fondamental qui concerne l'ensemble de l'Italie. Malgré que la région se retrouve en tête de peloton en termes économiques, ce fait n'est pas reflété dans les conditions générales spécifiques au secteur des logiciels et services informatiques. Le salaire brut des employés du secteur des logiciels se trouve à peu près au même niveau que celui de Berlin avec 31 890 €, ce qui a une influence positive sur la mesure d'attractivité. Le taux de formation plutôt faible avec 15,9 % (tertiaire) fait en revanche fortement reculer l'attractivité de la région pour les investissements.

Avec seulement 24,8 % d'employés en science et en technologie (HRST), la région se mérite la 15 e place sur l'indicateur de recherche. Étant donné que seule une entreprise représente la région dans la liste Truffle, la proportion de chercheurs dans le secteur

31

des logiciels est exceptionnellement bas (force de recherche de 10). Cela fait en sorte que

des logiciels est exceptionnellement bas (force de recherche de 10). Cela fait en sorte que la Lombardie occupe la toute dernière place dans la catégorie du capital humain. Quant au nombre d'universités, il faut prendre ne compte que les universités italiennes, étant plutôt centralisées, sont donc de gros organismes.

En ce qui concerne le secteur des logiciels et services informatiques, la région obtient un bon classement dans les catégories « Chiffre d'affaires » (4) et « Emploi », mais les classements faibles dans les sous-indicateurs « Nombre d'entreprises » (15) et « Emploi » (13) suggèrent que la part de 2,57 % dans le marché de l'UE est plus due au nombre élevé d'employés (4,28 millions) qu'à une spécialisation dans le secteur des logiciels et services informatiques.

Malgré un taux d'emploi décroissant dans le secteur des logiciels (-0,57 %, 10), la part du secteur à l'économie globale s'est accrue (1,24 %, 9). Cela indique que les répercussions de la crise financière ont moins touché le secteur des logiciels et services informatiques que d'autres.

En somme, on obtient pour la région une image plutôt mitigée. Des analyses approfondies révèlent que, parallèlement à la direction fortement industrielle, le secteur des logiciels et services informatiques est plutôt axé sur les produits, et ce même en l'absence de sociétés régionales d'importance internationale.

Cluster 12 : Comunidad de Madrid

La région entourant Madrid est, comme pour Paris et Londres, une agglomération de plusieurs villes. Plus de 103 000 personnes y travaillent dans le secteur des logiciels et services informatiques, presque autant que dans le Software-Cluster. Néanmoins, la spécialisation locale de Madrid en termes d'emploi est beaucoup plus élevée. En raison de sa taille énorme, la région présente une part de marché raisonnable en termes de chiffre d'affaires. La concentration du chiffre d'affaires et de l'emploi est d'environ 60 %.

La dynamique de croissance y aussi été marquée par un fort recul de l'emploi dans les dernières années. Le secteur emploie environ 2,51 % moins de travailleurs en 2010 qu'en 2008. Étant donné que la densification s'élevait pourtant à presque 4 %, on peut supposer au bout du compte que la région aura été plus fortement touchée par la crise financière.

On obtient un résultat mitigé dans le domaine du capital humain. Alors que la présence de 16 organismes universitaires est à l'origine un bon résultat moyen (7), les autres sous-indicateurs ne sont pas aussi élevés. Le mauvais classement dans la force de recherche locale (13) s'explique, ici aussi, par le fait que seule une entreprise de la liste Truffle y est installée. Même la part d'employés en science et en technologie (HRST) (10) est considérablement plus faible que dans d'autres régions semblables. Par conséquent, Madrid obtient un mauvais classement global dans cette catégorie.

32

Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

Madrid traîne également de la patte dans la catégorie des conditions générales par rapport aux autres régions. Le PIB per capita est assez bas, ce qui influence entre autres l'attractivité. En outre, le taux d'accès au réseau à bande large de 72 % et le climat de fondation (14) peuvent encore être développés, ce qui se reflète dans les conditions générales spécifiques au secteur. Le salaire de 38 912 € dans le secteur des logiciels est plus élevé qu'en Lombardie, mais loin derrière celui d'autres régions métropolitaines. Cela influence entre autres d'ailleurs plutôt positivement l'attractivité pour les investissements. En revanche, Madrid prend clairement du retard au niveau de la complémentarité étant donné que la part de production de hautes technologies et de services axés sur la connaissance est, avec 49,7 %, inférieure à la moyenne pour une région métropolitaine.

inférieure à la moyenne pour une région métropolitaine. Illustration 14 : Représentation graphique des résultats

Illustration 14 : Représentation graphique des résultats pour la Comunidad de Madrid

En résumé, la région se mérite bel et bien son statut de site du secteur des logiciels et services informatiques en raison de sa taille et de sa fonction de région métropolitaine, mais elle ne fait pas la démonstration d'une spécialisation marquée.

Cluster 13 : Közép-Magyarország (Hongrie centrale)

Közép-Magyarország est une région à caractère rural avec une métropole puissance, soit Budapest. En termes de structure, elle peut être par exemple comparée à Oberbayern.

33

En ce qui a trait à l'emploi, elle obtient la 9 e place dans l'indicateur

En ce qui a trait à l'emploi, elle obtient la 9 e place dans l'indicateur de part de marché avec 37 000 employés. À l'inverse, la part de marché relativement au chiffre d'affaires est loin derrière. Cela fait en sorte que la région obtient la toute dernière place dans la catégorie du chiffre d'affaires. Cela est potentiellement relié au fait que ce chiffre d’affaires n'est pas indiqué en termes de pouvoir avec l'indice des prix à la consommation. Si on considère le faible PIB per capita (rang 14), qui obtient l'avant- dernier rang de l'étude, on reconnaît que l'ajustement des chiffres d'affaires pourrait éventuellement mener à un meilleur classement. En revanche, la région obtient un meilleur classement dans la catégorie « Emploi » en raison de sa part du marché et de la spécialisation.

Cette situation se reflète également dans la démographie des entreprises où, malgré une certaine spécialisation, la force du secteur locale ainsi que la faible concentration sont à l'origine d'une évaluation plus faible (14). Toutefois, comme l'indique le classement en dynamique de croissance (7), la situation semble assez positive. En effet, en dépit d'un recul global de l'emploi, le nombre d'employés du secteur des logiciels a enregistré une hausse de 4,95 % durant les deux dernières années (dynamique d'emploi 6).

les deux dernières années (dynamique d'emploi 6). Illustration 15 : Représentation graphique des résultats

Illustration 15 : Représentation graphique des résultats pour Közép-Magyarország

À part le PIB per capita peu élevé (14e rang), le faible accès au réseau à large bande (11), que l'on attribue généralement aux régions à caractère rural, fait en sorte que celle-ci se classe plutôt mal en ce qui a trait aux conditions générales, une situation qui

34

Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

demeure inchangée par le bon classement moyen du climat de fondation (6).

Közép-Magyarország obtient également un score plutôt mauvais relativement aux conditions générales spécifiques au secteur. Ainsi, les incitations au travail sont, avec 21 127 €, les plus bas de l'étude. De la même manière, la complémentarité est relativement faible (13). Afin d'améliorer l'attractivité de la région pour les investissements (11), il faudra augmenter la proportion de diplômés en études supérieures (actuellement à 29,6 %), ce qui fait également état du rattrapage dont la région a besoin dans le domaine du capital humain (14). On trouve toutefois un signe positif dans une infrastructure de formation prononcée (6).

En somme, l'analyse fait état d'un besoin de rattrapage dans la région, qui se révèle jusqu'à maintenant plutôt un centre régional du secteur. On ne peut établir de façon définitive si la transformation en une région de services et de hautes technologies sera couronnée de succès, même si plusieurs indices le laissent présager.

Cluster 14 : Mazowieckie (Varsovie)

le laissent présager. Cluster 14 : Mazowieckie (Varsovie) Illustration 16 : Représentation graph ique des résultats

Illustration 16 : Représentation graphique des résultats pour Mazowieckie

La région autour de Varsovie arrive en dernière place dans presque toutes les catégories. On note un retard dans la spécialisation, la concentration et la part de marché tant au niveau de l'emploi que du chiffre d'affaires, ce qui explique le mauvais classement obtenu dans ces deux catégories. Par conséquent, Mazowieckie arrive en

35

dernier aussi dans la catégorie « Démographie des entreprises ». En effet, les 40 entreprises

dernier aussi dans la catégorie « Démographie des entreprises ». En effet, les 40 entreprises dont la main d'œuvre est la plus abondante n'emploient qu'environ 40 % des travailleurs ; l'autre 60 % est absorbé par les 90 autres entreprises. Il n'existe par ailleurs (d'après Amadeus) que 8 grandes entreprises employant plus de 250 personnes. Ces mesures de concentration laissent entrevoir un marché plutôt composé (maintenant, du moins) de petites entreprises.

On se surprendra toutefois de voir la région arriver en première place en ce qui concerne la dynamique de croissance. Elle a ainsi vu plus particulièrement sa part dans le secteur des logiciels et services informatiques augmenter de 16,35 % ces dernières années. Il s'agit là de la meilleure valeur de toutes les régions. C'est aussi cette région qui présente la valeur de densification la plus élevée, ce qui laisse croire que la branche y prend continuellement de l'ampleur. Le nombre d'entreprises a également fortement augmenté.

Il ne suffit cependant que de jeter un coup d'œil aux catégories « Capital humain » et « Conditions générales spécifiques au secteur » pour comprendre qu'il reste du potentiel à exploiter. En effet, l'infrastructure de formation, qui se trouve surtout dans la capitale de Varsovie, est bien équipée. En revanche, seul 32 % des employés dispose d'une formation au moins tertiaire, ce qui, avec la force de recherche locale plutôt faible, mène au classement faible obtenu (13). Mazowieckie arrive aussi parmi les dernières dans les catégories relatives aux conditions générales. L'accès en comparaison médiocre au réseau à bande large ainsi que le faible PIB per capita sont moins surprenants que le climat de fondation, plutôt mauvais. L'ensemble de ces faits donne un mauvais classement en ce qui concerne les conditions générales. Cela compte également pour les conditions générales spécifiques au secteur, où de faibles incitations au travail et, surtout, la présence rare de secteurs complémentaires sont à l'origine du mauvais classement obtenu.

Comme pour les autres régions est-européennes, Mazowieckie obtient de mauvais résultat en comparaison à d'autres. Toutefois, il y a de bonnes raisons de croire que la région pourrait fort bien se développer en un centre du secteur de logiciels et informatique, particulièrement en vertu de son énorme taux de croissance (croissance de rattrapage). Il faudra quand même de nouveaux efforts pour en arriver là.

Cluster 15 : Praha (Prague)

La région autour de Prague se caractérise par plusieurs tendances bien différentes. Ainsi, le classement obtenu dans les catégories « Chiffre d'affaires » et « Emploi » sont, en comparaison au reste de l'Europe, plutôt faibles, ce dont sont en grande partie responsable la part du marché européen et la concentration. En revanche, la spécialisation régionale indique la présence d'un secteur des logiciels et services informatiques important dans la région.

Dans l'ensemble, on obtient toutefois également un mauvais classement dans le

36

Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

domaine de la démographie d'entreprises, où seule la robustesse d'entreprise locale se démarque un peu. À l'inverse des autres régions est-européenne, la dynamique de croissance y est moins prononcée. Ainsi, à l'instar du reste de l'économie qui se développe de façon positive, le secteur peine à y croître, ce qui engendre une densification moindre.

La région se comporte beaucoup mieux en ce qui concerne le capital humain, où on dénote surtout une grande part d'employés en science et en technologie (HRST) ainsi que la présence d'une grande infrastructure de formation. La région chute à nouveau dans le domaine des conditions générales, ce qui s'explique surtout par l'accès plus restreint au réseau à large bande ainsi que par le climat de fondation. En revanche, le PIB per capita est étonnamment élevé. On note de bons résultats dans les conditions générales spécifiques au secteur, où se démarque plus particulièrement l'attractivité pour les investissements. L'existence de branches complémentaires et les incitations au travail sont moins prononcées, ces dernières étant surprenantes vu le PIB per capita élevé.

étant surprenantes vu le PIB per capita élevé. Illustration 17 : Représentation graphique des résultats

Illustration 17 : Représentation graphique des résultats pour Praha

En somme, la région de Prague se porte un peu mieux que les autres régions est- européennes, avec un progrès notable surtout au niveau de la spécialisation régionale. Il pourrait s'agir d'un signe que la région a terminé sa croissance de rattrapage et qu'elle s'engage maintenant dans une phase de transition, durant quoi elle devra

37

démontrer si elle détient le potentiel pour acquérir encore plus d'importance ou si elle restera

démontrer si elle détient le potentiel pour acquérir encore plus d'importance ou si elle restera au stade de site d'importance plutôt régionale.

38

Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

Annexe A : Vue d'ensemble des résultats individuels

Vue d'ensemble des résultats individuels de chaque catégorie

   

Vue d'ensemble des résultats du classement sous forme de tableau

 

Indicateur

 

Chiffre d'affaires

   

Emploi

 

Démographie

des entreprises

 

Dynamique de

croissance

 

Capital humain

 

Généralités

Conditions générales

Conditions générales

spécifiques aux

domaines

Variance (empirique) concernant toutes les catégories

Région

Concentration de chiffre d'affaires

Part de marché

Spécialisation

Variance empirique

Concentration d'emplois

Part de marché

Spécialisation

Variance empirique

Concentration des entreprises

Entreprises locales fortes

Spécialisation

Variance empirique

Dynamique d'entreprise

Dynamique d'emploi

Compactage

Variance empirique

Forces de recherche locales

Indicateur de formation

Indicateur de recherche

Variance empirique

Incitation à la consommation

Indicateur de large bande

Climat général de fondation

Variance empirique

Complémentarité

Attractivité pour investisseurs

Incitation au travail

Variance empirique

Berlin

 

12

   

14

   

10

     

2

   

7

   

10

     

10

 

14,90

6

13

14

19,0

10

15

14

7,0

11

9

7

4,0

4

4

7

3,0

12

4

9

16,3

13

7

10

9,0

4

13

13

27,0

Software-

       

1638396

                   

8,48

Cluster

2

3

3

0,3

2

4

11

22,3

2

3

5

2,3

5

11

10

10,3

1

3

12

34,3

9

7

10

2,3

9

6

2

12,3

Oberbayern

 

12

   

11

   

5

   

2

   

8

   

7

   

8

 

11,62

15

8

10

13,0

13

7

10

9,0

4

9

2

13,0

10

2

3

19,0

7

8

11

4,3

5

6

10

7,0

6

10

4

9,3

Etelä-Suomi

 

6

   

10

   

8

   

14

     

8

   

8

   

12

 

7,62

8

9

7

1,0

4

13

12

24,3

9

3

11

17,3

8

13

14

10,3

6

12

8

9,3

11

7

5

9,3

11

12

8

4,3

Hovedstaden

       

89955

             

2

   

1

 

10,62

7

10

8

2,3

7

12

8

7,0

12

7

6

10,3

7

5

4

2,3

8

10

4

9,3

6

2

4

4,0

1

8

1

16,3

Stockholm

 

1

   

3

   

6

   

10

     

4

   

2

   

4

 

8,90

1

5

2

4,3

5

8

3

6,3

10

6

4

9,3

9

8

11

2,3

3

13

2

37,0

4

1

7

9,0

2

3

10

19,0

BBO

 

3

   

1

   

1

   

15

     

5

   

5

   

1

 

24,95

4

4

1

3,0

3

6

2

4,3

6

2

1

7,0

14

14

13

0,3

5

14

3

34,3

8

4

1

12,3

5

2

3

2,3

London

       

9316113

                   

9,29

10

1

15

50,3

8

2

6

9,3

3

3

3

0,0

13

3

2

37,0

4

1

1

3,0

1

5

1

5,3

3

5

5

1,3

Utrecht

 

5

   

2

   

6

   

11

     

11

   

6

   

4

 

11,62

3

11

4

19,0

1

10

1

27,0

5

7

8

2,3

1

15

15

65,3

9

15

5

25,3

7

3

8

7,0

8

1

6

13,0

Île-de-France

 

10

   

3

   

4

   

2

   

2

   

2

   

7

 

9,57

13

2

13

40,3

11

1

4

26,3

1

1

10

27,0

3

7

5

4,0

2

2

7

8,3

2

7

3

7,0

7

4

7

3,0

Lombardia

 

4

   

8

   

12

     

13

     

15

   

13

     

14

 

15,24

5

7

5

1,3

6

5

13

19,0

8

9

15

14,3

15

10

9

10,3

10

11

15

7,0

10

15

9

10,3

15

14

12

2,3

Madrid

 

6

   

7

   

11

     

8

   

12

   

14

     

10

 

8,24

9

6

9

3,0

9

3

7

9,3

7

9

14

13,0

6

12

8

9,3

13

7

10

9,0

12

12

14

1,3

12

9

9

3,0

Közép-

Magyarorszá

 

15

   

11

   

14

     

7

   

14

   

11

     

13

 

7,48

14

15

12

2,3

12

9

9

3,0

14

14

9

8,3

12

6

6

12,0

14

6

14

21,3

14

11

6

16,3

13

11

15

4,0

Mazowieckie

 

14

   

15

   

15

     

1

   

13

   

15

     

15

 

26,62

12

14

11

2,3

14

11

15

4,3

15

14

12

2,3

2

1

1

0,3

14

5

13

24,3

15

14

13

1,0

14

15

14

0,3

Praha

 

11

   

13

   

13

     

12

     

8

   

11

     

9

 

3,67

11

12

6

10,3

15

14

5

30,3

13

9

13

5,3

11

9

12

2,3

11

9

6

6,3

3

13

15

41,3

10

7

11

4,3

Résultats individuels des catégories

   

Chiffre d'affaires

 

Nom

Concentration de chiffre d'affaires

Part de marché

Spécialisation

 

Description courte

Chiffre d'affaires Top 10 entreprises J62 locales / Chiffre d'affaires Top 10 entreprises J62 locales

Chiffre d'affaires Top 10 entreprises J62 locales / Chiffre d'affaires Top 10 entreprises J62 locales de toutes régions

Chiffre d'affaires entreprises J62 locales / Chiffre d'affaires de chaque entreprise locale

Année

2008 à 2012

Rang

2008 à 2012

Rang

2008 à 2012

Rang

Somme

RANG

Berlin

69,69%

6

1,44%

13

1,08%

14

33

12

Software-Cluster

81,14%

2

13,83%

3

3,89%

3

8

1

Oberbayern

42,81%

15

4,08%

8

1,97%

10

33

12

Etelä-Suomi

63,69%

8

3,79%

9

2,32%

7

24

6

Hovedstaden

65,03%

7

3,20%

10

2,18%

8

25

8

Stockholm

81,56%

1

10,64%

5

4,30%

2

8

1

BBO

72,49%

4

12,46%

4

5,66%

1

9

3

London

54,13%

10

14,93%

1

1,00%

15

26

9

Utrecht

80,59%

3

2,40%

11

3,55%

4

18

5

Île-de-France

48,59%

13

14,79%

2

1,26%

13

28

10

Lombardia

71,91%

5

7,17%

7

3,29%

5

17

4

Madrid

62,25%

9

7,90%

6

2,09%

9

24

6

Közép-Magyarország

44,52%

14

0,71%

15

1,44%

12

41

15

Mazowieckie

52,08%

12

1,19%

14

1,51%

11

37

14

Praha

52,26%

11

1,47%

12

3,17%

6

29

11

Descriptions et

Le top 500 annuel a donné, en ce qui a trait aux données de chiffre d'affaires, entre 586 et 716

Le top 500 annuel a donné, en ce qui a trait aux données de chiffre d'affaires, entre 586 et 716

Le top 500 annuel a donné, en ce qui a trait aux données de chiffre d'affaires, entre 586 et 716

 

approximations

BBO : Buckingham, Oxford, Reading, Slough Etelä-Suomi : Finlande méridionale

BBO : Buckingham, Oxford, Reading, Slough Etelä-Suomi : Finlande méridionale

BBO : Buckingham, Oxford, Reading, Slough Etelä-Suomi : Finlande méridionale

39

    Démographie des entreprises   Nom Concentration des entreprises Forces des entreprises de
   

Démographie des entreprises

 

Nom

Concentration des entreprises

Forces des entreprises de logiciel locales

Spécialisation

 

Description courte

Part des entreprises J62 avec 250 employés et + dans

Nombre d'entreprises J62 du top 100 Truffle

Nombre des unités J62 locales (Units) /

Année

2008 à 2012

Rang

2011

Rang

2010

Rang

Somme

RANG

Berlin

3,54%

11

1

9

5,73%

7

27

10

Software-Cluster

15,83%

2

6

3

7,01%

5

10

3

Oberbayern

12,24%

4

1

9

8,25%

2

15

5

Etelä-Suomi

4,91%

9

6

3

3,34%

11

23

8

Hovedstaden

3,40%

12

2

7

6,19%

6

25

9

Stockholm

4,61%

10

5

6

7,43%

4

20

6

BBO

10,35%

6

7

2

10,24%

1

9

1

London

14,69%

3

6

3

8,11%

3

9

1

Utrecht

12,05%

5

2

7

5,35%

8

20

6

Île-de-France

15,99%

1

11

1

3,70%

10

12

4

Lombardia

5,97%

8

1

9

1,72%

15

32

12

Madrid

9,74%

7

1

9

2,05%

14

30

11

Közép-Magyarország

2,12%

14

0

14

4,67%

9

37

14

Mazowieckie

1,23%

15

0

14

3,18%

12

41

15

Praha

2,67%

13

1

9

2,98%

13

35

13

Descriptions et

Dans le top 500 de l'année (entre 586 et 716

 

Allemagne : aucunes données dans le WZ G

 

approximations

BBO : Buckingham, Oxford, Reading, Slough

  Allemagne : aucunes données dans le WZ G   approximations BBO : Buckingham, Oxford, Reading,

40

Analyse comparative des clusters logiciels dans l’UE 2013

   

Human Capital

 

Nom

Forces de recherche locales

Indicateur de formation

Indicateur de recherche

 

Description courte

Nombre de chercheurs dans les entreprises de logiciel

Nombre d'universités dans la région

Part d'employés du secteur « Human Resources in

Année

2011

Rang

2011

Rang

2011

Rang

Somme

RANG

Berlin

0,30%

12

32

4

41,80%

9

25

7

Software-Cluster

29,83%

1

42

3

33,83%

12

16

3

Oberbayern

0,95%

7

15

8

39,90%

11

26

8

Etelä-Suomi

2,17%

6

9

12

42,40%

8

26

8

Hovedstaden

0,82%

8

12

10

46,80%

4

22

5

Stockholm

5,22%

3

8

13

50,00%

2

18

4

BBO

3,80%

5

5

14

47,40%

3

22

5

London

4,50%

4

72

1

50,20%

1

6

1

Utrecht

0,79%

9

4

15

46,30%

5

29

11

Île-de-France

11,59%