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Analyse II

Printemps 2013

Pascal Lainé

1

Fonctions élémentaires

1. Fonctions trigonométriques 1.1. Définition et premières propriétés.

Soient ⃗ ⃗ un repère orthonormé et le cercle de centre de rayon 1. Soit
Soient
⃗ ⃗ un repère orthonormé et
le cercle de centre
de rayon 1.
Soit
, tel que
soit une mesure de l’angle orienté (⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ )
Remarque :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Définition :
On appelle
l’abscisse de
Pour tout
,
et
, on appelle
l’ordonnée de
et pour tout
.
,
,
Théorème :
Démonstration
‖ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
Théorème :
et
Démonstration banale
Théorème :
a)
b)
c)
d)
Théorème :
a)
b)
c)
(
)
d)
(
)
2

e)

(

)

f)

(

)

g)

lorsque la formule a un sens.

h)

(

)

lorsque la formule a un sens.

i)

(

)

lorsque la formule a un sens.

k)

lorsque la formule a un sens.

Conséquences :

 

est une fonction définie sur est une fonction définie sur est une fonction définie pour

périodique.

 

, paire et , impaire et

,

périodique. , impaire et

périodique.

Théorème : Formules trigonométriques

 

1°)

2°)

3°)

 

(

)

(

)

(

)

(

)

(

)

(

)

(

)

(

)

4°)

lorsque la formule a un sens.

lorsque la formule a un sens.

Théorème : Formules de duplications

1°)

3

2°) 3°) ( ) ) 4°) ( ( 5°) ( ) ) Démonstration 1°) Pour
2°)
3°)
( ) )
4°)
(
(
5°)
(
) )
Démonstration
1°)
Pour la seconde

Pour la troisième

2°)

3°)

4°)

Car

(

)

5°)

Car

(

)

(

)

4°) Car ( ) 5°) Car ( ) ( ) pour , pour , pour ,

pour

,

pour

,

pour

,

avec

avec

entraine

.

( ) en changeant

en

(

)

(

)

(

 

(

) (

dans la première équation du 1°).

) (

(

))

(

) )

)

(

(

)

(

à la place de

)

.

à la place de

)

(

.

( ) en utilisant la formule du 3°) avec

(

)

( ) en utilisant la formule du 2°) avec

(

(

)

)

(

)

(

)

(

)

) en utilisant la formule du 2°) avec ( ( ) ) ( ) ( )

( ) voir ci-dessus.

1.2. Etude des fonctions trigonométriques

Théorème : Pour tout , Démonstration
Théorème :
Pour tout
,
Démonstration

4

Théorème : Les fonctions , et sont continues partout où elles sont définies. Théorème :
Théorème :
Les fonctions
,
et
sont continues partout où elles sont définies.
Théorème :
a) est dérivable partout où elle est définie et pour tout
,
.
b) est dérivable partout où elle est définie et pour tout
,
.
c) est dérivable partout où elle est définie et pour tout
,
Démonstration
a) et b) admise
c)
et
Théorème :
Signe des fonctions
et
.

a)

avec

.

b)

avec

.

c)

avec

.

d)

avec

.

e)

avec

.

f)

avec

.

1.3. Graphes des fonctions trigonométriques

f) avec . 1.3. Graphes des fonctions trigonométriques La fonction étant paire, on en déduit le

La fonction étant paire, on en déduit le graphe de grâce à la périodicité de on en déduit le graphe sur .

sur

, donc sur

, puis

   
     
     
 

La fonction étant impaire, on en déduit le graphe de sur grâce à la périodicité de on en déduit le graphe sur .

, donc sur

, puis

5

graphe de cos y 1 0,5 0 -π/2 π/2 π -0,5 -1 -3π/2 x graphe

graphe de cos

y

1 0,5 0 -π/2 π/2 π -0,5 -1 -3π/2 x
1 0,5 0 -π/2 π/2 π -0,5 -1
1
0,5
0
-π/2
π/2
π
-0,5
-1

-3π/2

x

graphe de sin

y

1 0,5 0 -π -π/2 π/2 π -0,5 -1
1
0,5
0
-π/2
π/2
π
-0,5
-1

-2π

x

graphe de sin y 1 0,5 0 -π -π/2 π/2 π -0,5 -1 -2π 2π x

graphe de tan

y -π -π/2 π/2 π
y
-π -π/2
π/2
π
-2π 2π x

-2π

-2π 2π x

x

2. Fonctions logarithme et exponentielle

2.1. Fonction logarithme népérien

Définition :

On appelle logarithme népérien l’unique primitive sur l’intervalle

qui s’annule en

, on l’appelle

.

Conséquence de la définition

1°)

est définie, continue et dérivable sur

.

2°)

3°)

Théorème :

 

est une fonction strictement croissante sur

.

de la fonction

Démonstration

Pour tout

,

, donc

est une fonction strictement croissante.

Théorème :

Théorème :

Soit

une fonction dérivable à valeurs strictement positive.

Si

(

) alors

.

Théorème :

 

Pour tout

et pour tout

,

Démonstration

 

Soit

la fonction définie, continue et dérivable sur

, étant constant.

6

par

La dérivée de f sur l’intervalle

, Ceci étant vrai pour tout

Pour tout

est nulle, donc cette fonction est constante. .

, on en déduit le résultat.

Théorème :

Pour tout

et pour tout

,

.

Démonstration

Hypothèse de récurrence :

.

L’hypothèse est vérifiée au rang deux donc l’égalité est vérifiée pour tout

c’est trivial et pour

donc on a bien

,

.

, pour

Théorème :

Pour tout

.

 

(

)

Démonstration

 
 

(

)

(

)

D’où le résultat

 

Théorème :

Pour tout

et pour tout

 

,

Démonstration

 
 

donc

(

)

Théorème :

Pour tout

et pour tout

 

,

C’est un résumé des théorèmes précédents.

Théorème :

Pour tout

et pour tout

,

Démonstration

On pose

avec

.

 

(

)

((

)

)

(

)

Théorème :

Démonstration

7

Pour tout

étant une fonction strictement croissante,

il existe un unique

tel que

, par conséquent

 

. Lorsque

,

donc

et finalement :

Théorème :

Démonstration

 
 

(

) or

donc

Théorème :

est une bijection croissante.

2.2. Fonction exponentielle

Définition :

On appelle fonction exponentielle la bijection réciproque de la fonction logarithme, on la

note

ou

.

Conséquence de la définition

1°)

2°)

3°)

. est strictement positif. est strictement croissante.

est définie, continue sur

4°) Pour tout

et

,

.

5°) Pour tout

,

et pour tout

,

.

6°)

et

.

Théorème :

Démonstration

{

La première implication est une évidence et la seconde vient de la conséquence 5 ci-dessus. Réciproque

{

La première implication est une évidence et la seconde vient de la conséquence 5 ci-dessus.

Théorème :

est dérivable sur

et

Démonstration

Comme

,

Théorème :

sur et Démonstration Comme , Théorème : Soit une fonction dérivable.   Si ( )

Soit

une fonction dérivable.

 

Si

(

)

alors

(

)

8

Théorème :

Pour tout

et

Démonstration

,

Il existe un unique

 

tel que

et il existe un unique

tel

que

donc

Théorème :

Pour

, pour tout

,

Démonstration Il existe un unique

 

tel que

Conséquence :

Graphe des fonctions logarithme et exponentielle

: Graphe des fonctions logarithme et exponentielle 3. Fonctions puissances. 3.1. Fonctions définies par

3. Fonctions puissances.

3.1. Fonctions définies par

 

avec

 

.

Définition :

Pour tout

,

Théorème :

Pour tout

, si

alors

Démonstration

 

On pose

, alors

et on applique la formule de la dérivée

composée à

.

Théorème :

1°) Si

alors

et

2°) Si

alors

et

Démonstration

 

1°)

avec

,

on

a

donc

d’où le

résultat.

 

avec

,

on

a

donc

d’où le

résultat.

2°)

avec

, on a

donc

d’où le résultat.

avec

, on a

donc

d’où le résultat.

 

9

Théorème :

Soient 1°) Pour tout 2°) Pour tout

et

deux réels.

 

,

.

,

.

Démonstration

 

1°)

2°)

 

.

.

3.2. fonctions définies par

 

,

.

Définition :

Pour tout

,

.

Remarque :

Pour

, on peut définir

pour tout

d’une façon élémentaire. lorsque que

avec

 

On peut même définir

 

pour tout

et

impair

dans

, mais cela dépasse le niveau de ce cours.

Théorème :

Pour tout

, si

alors

.

Démonstration

 

avec

donc

.

d’où

Remarque :

Ce résultat est bien connu lorsque que

 

.

Théorème :

1°) Si

alors

 

et

.

2°) Si

alors

 

et

.

Démonstration

 

1°)

,

donc

, d’où le résultat. , d’où le résultat.

 

,

donc

2°)

,

donc

, d’où le résultat. , d’où le résultat.

 

,

donc

Théorème :

Soient 1°) Pour tout 2°) Pour tout

 

et

.

 

,

,

.

Démonstration

 

1°)

2°)

4. Comparaison des limites.

10

Théorème :

1°) Lorsque la limite du produit ou du quotient d’une fonction

avec

est

indéterminée alors la limite est la même que la limite de

.

2°) Lorsque la limite du produit ou du quotient d’une fonction

avec

est indéterminée alors la limite est la même que la limite de

.

3°) Lorsque la limite du produit ou du quotient d’une fonction

avec

est indéterminée alors la limite est la même que la limite de

.

Démonstration

Admise

Remarque :

On dira que l’exponentielle l’emporte sur les fonctions puissances et que les fonctions puissances l’emportent sur le logarithme.

5. Fonctions hyperboliques

5.1. Cosinus hyperbolique et sinus hyperbolique Définition :

On appelle cosinus hyperbolique la fonction définie, continue et dérivable sur

On appelle sinus hyperbolique la fonction définie, continue et dérivable sur

par :

par :

Remarque :

 
 

et

Théorème :

 

1°) Pour tout 2°) Pour tout

,

,

.

et pour tout

,

.

Démonstration 1°) Pour tout 2°) Pour tout

,

et

donc

.

,

et

donc

.

Pour tout , et donc . Théorème : Pour tout , Démonstration ( ) (
Pour tout
,
et
donc
.
Théorème :
Pour tout
,
Démonstration
(
)
(
)
Théorème :

est une fonction paire est une fonction impaire

11

Démonstration

Théorème :

1°)

et

2°)

et

Démonstration

1°)

et est une fonction paire, et

donc

Comme

2°)

donc

Comme

est une fonction impaire,

Théorème :

1°)

2°)

Démonstration

 

1°)

2°)

 

Théorème :

1°)

est décroissante sur

et croissante sur

 

.

2°)

est croissante sur

.

Démonstration

1°)

sur

sur

donc

donc

est décroissante. est croissante.

2°)

donc

est croissante sur

.

Tableaux de variation et graphe des fonctions

et

.

sur . Tableaux de variation et graphe des fonctions et . graphe de ch et sh
sur . Tableaux de variation et graphe des fonctions et . graphe de ch et sh

graphe de ch et sh

y

y=ch(x) 10 8 6 4 2 0 -3 -2 -1 0 1 2 3 -2
y=ch(x)
10
8
6
4
2
0
-3
-2
-1
0
1
2
3
-2
-4
-6
y=sh(x)
-8

x

12

5.2. Tangente hyperbolique

Définition :

On appelle tangente hyperbolique la fonction définie, continue et dérivable sur

Remarque :

est bien définie, continue et dérivable sur

Théorème :

car pour tout

,

.

par :

Démonstration

Et

Théorème :

est une fonction croissante sur

.

Démonstration

Pour tout

,

donc

est une fonction croissante.

Théorème :

Pour tout

,

.

Démonstration

Théorème :

est une fonction impaire.

 

Démonstration

Théorème :

 

et

Démonstration

Or

donc

est impaire donc

 

.

 

13

Tableau de variation et graphe de

.

+ +
+
+

graphe de th

y

1 0 -3 -2 -1 0 1 2 3 -1
1
0
-3
-2
-1
0
1
2
3
-1

x

6. Fonctions trigonométriques réciproques.

Remarque :

est une bijection croissante. est une bijection décroissante. est une bijection croissante.

y

graphe de cos

1

0

-1

x π/2 π
x
π/2
π

graphe de sin

y

1 0 x π/2 π/2 -1
1
0
x
π/2
π/2
-1

Remarque :

Définies ainsi

et

sont des fonctions impaires, alors que

 

paire.

Définition :

1°) On appelle 2°) On appelle 3°) On appelle

]

[

] la bijection réciproque de la bijection réciproque de [ la bijection réciproque de

]

14

graphe de tan

y

-π/2

π/2

10

9

8

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1

7

6

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1

5

4

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1

3

2

1

0

-1

-2

-3

-4

-2 -3 -4 -5 -6

-5

-6

-7

π/2 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 -4
π/2 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 -4
π/2 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 -4
π/2 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 -4
π/2 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 -4
π/2 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 -4

-8

-9

-10

-8 -9 -10

x

n’est pas une fonction

[

[

]

.

.

.

Conséquences des définitions :

1°) Pour tout

 

,

et pour tout

[

],

.

2°) Pour tout 3°) Pour tout

,

et pour tout

,

.

,

et pour tout

]

[ ,

.

4°)

est continue sur est continue sur est continue sur

.

.

5°)

 

.

6°)

 

7°)

,

,

et

.

8°)

et sont des fonctions impaires alors que

 

9°)

et

 

n’est pas une fonction paire.

Théorème :

{

[

]

{

Remarque :

La condition n’est définie que si

dans la proposition de droite est inutile parce que la fonction .

Démonstration

{

[

]

{

[

]

La première implication est une évidence, la seconde est vraie car

{

{

[

]

{

{

[

[

].

]

La première implication est une évidence, la seconde est vraie car

.

Théorème :

 

{

{

Remarque :

La condition n’est définie que si

dans la proposition de droite est inutile parce que la fonction .

Démonstration

{

{

{

La première implication est une évidence, la seconde est vraie car

{

{

{

.

La première implication est une évidence, la seconde est vraie car

.

15

Théorème :

Remarque :

La condition

Démonstration

{

{

]

[

{

dans la proposition de droite est inutile, évidemment.

]

[

{

]

[

{

La première implication est une évidence, la seconde est vraie car

.

{

{

]

[

{

]

[

. Cette

justification n’est pas bien nécessaire, je l’ai mis l’a juste pour faire comme dans les

La première implication est une évidence, la seconde est vraie car

démonstrations précédentes. Exemples :

 

(

)

{

[

Donc

(

)

 

( √

)

{

Donc

(

)

 

{

Donc

Théorème :

1°) Pour tout 2°) Pour tout

 

,

,

Démonstration

 

1°)

Or pour tout De plus

,

, donc cela entraine que

 

D’où

2°)

Or pour tout De plus D’où

 

,

, donc

 

cela entraine que

 

 

16

]

.

Théorème :

1°) Pour tout

2°) Pour tout

3°) Pour tout

,

est dérivable sur

et

,

, arccos est dérivable sur

est dérivable sur

et

et

.

.

.

Démonstration

1°)

2°)

3°)

 

 

,

.

 

, on pose

, comme

,

,

.

est continue en

:

, et bien sur

, et bien sur

car

n’est pas définie en

n’est pas définie en

pour

tout

et

et

.

.

.

Exemple :

Pour tout Pour tout dérivée vaut :

, cette fonction est dérivable et sa

est constante sur

est un intervalle,

et

,

.

Pour tout

On a

Pour tout Remarque :

On aurait pu faire autrement, comme

(

)

Et bien sûr on aurait pu faire de même en

.

Théorème :

1°) Soit

(

),

2°) Soit

, une fonction dérivable, pour tout

est dérivable sur

et

(

)

.

, une fonction dérivable, pour tout

,

un intervalle, si

,

un intervalle, si

3°)

(

Soit

(

),

est dérivable sur

et

,

une

fonction

dérivable,

),

est dérivable sur

et

Exemple :

Pour tout

( Pour tout dérivée vaut :

)

,

on pose

(

(

)

.

pour

tout

,

(

)

.

)

et pour tout

un

intervalle,

,

si

, cette fonction est dérivable et sa

17

 

(

)

Attention

n’est pas un intervalle, donc on ne peut pas conclure que

est constante sur .

,

mais

est nulle sur l’intervalle ,

 

donc

est constante sur

Pour tout

 
 

(

)

De même

est nulle sur l’intervalle

donc

est constante sur

.

Pour tout

Théorème :

1°)

est croissante sur est décroissante sur est croissante sur

 

.

2°)

 

.

3°)

.

Démonstration Ce sont des conséquences directes des signes des dérivées respectives de ces fonctions.

Théorème :

1°) Le graphe de la fonction 2°) Le graphe de la fonction

admet des demi-tangentes verticales en admet des demi-tangentes verticales en

et

et

.

.

Démonstration

1°)

et

d’où le résultat.

2°)

et

d’où le résultat.

Tableau de variation et graphe de

,

et

.

1 0 1
1
0
1
et d’où le résultat. 2°) et d’où le résultat. Tableau de variation et graphe de ,

18

graphe de arcsin

y π/2 x -1 -0,5 0 0,5 1 -π/2
y
π/2
x
-1
-0,5
0
0,5
1
-π/2

x

graphe de arccos

y

π

π/2

π π/2

-1

-0,5

0

0,5

1

19

graphe de arctan

y

π/2 -10 -5 0 5 10
π/2
-10
-5
0
5
10

-π/2

x

1. Théorème de Rolle.

Formules de Taylor

Théorème : Soit une fonction continue sur et dérivable sur , telle que Il existe
Théorème :
Soit
une fonction continue sur
et dérivable sur
, telle que
Il existe
tel que
.
Sur ce schéma il y a trois réels
qui vérifient
.

Exemples :

 

a)

et

sur donc il existe

tel que

Vérifions cela

donc

donc

, on

n’avait franchement pas besoin de Rolle pour trouver çà.

 

b)

et

sur

. donc il existe

tel que

 

donc il existe et cela c’est nettement moins évident.

tel que

 

2. Egalité des accroissements finis.

 

Théorème :

 

Soit

une fonction continue de

dans

, dérivable sur

alors il existe

tel

que :

Remarque :

 

Soit

une fonction continue de

dans

, c’est-à-dire que

, dérivable sur

alors il

existe

tel que :

Autrement dit si Ici il y a deux réels

En effet au point (

de la droite

, on a la même formule avec qui vérifient

.

) la pente

de la tangente à la courbe est la même que la pente

, ces droites sont donc parallèles.

Démonstration On considère la fonction définie sur

par

20

( ) ( ) ( ) ( ) ( ) ( ) Cela prouve que
(
)
(
)
(
)
(
)
( )
(
)
Cela prouve que
existe
et comme
vérifie les autres hypothèses du théorème de Rolle il
tel que
.

d'où

Soit

Exemple :

Appliquons l'égalité des accroissements finis à la fonction

définie sur

par

 

,

est évidemment dérivable sur

(ou

si

) donc il existe

appartenant

à

(ou

si

) tel que

 

, ce qui s'écrit

encore

 

ou

 

. Lorsque

tend vers

alors

tend vers

puisque

 

appartient à

(ou

si

), on en déduit donc que :

 

Autre énoncé du théorème précédent.

Théorème :

Soit

une fonction continue sur

Remarque :

La formule reste valable si

Démonstration.

.

, dérivable sur

21

il existe

tel que :

On prend Il suffit de prendre

Donc

, en effet

3. Formules de Taylor-Lagrange.

Définition :

 

Une fonction

admettant des dérivées continues jusqu'à l'ordre

sur

est dite de classe on dit que

sur

, on dit aussi que

 

. Si

pour tout

 

.

Théorème :

 

Soit

et dérivable à l'ordre

 

sur

. Il existe

tel que :

C'est la formule de Taylor-Lagrange de

avec reste à l'ordre

.

Remarque :

 

Si

, on a la même formule avec

 

.

Pour

c'est la formule des accroissements finis

 

Démonstration pour

 

On choisit

tel que :

Et on va montrer que Et on pose

 
 

(

)

 

(

)

d'après la définition de

et il est évident que

 

donc

on peut alors

appliquer le théorème de Rolle

Il existe

tel que

c’est-à-dire

que l’on remplace dans (1).

Théorème :

Autre expression de la formule de Taylor-Lagrange avec

Remarque :

La formule reste valable si

.

22

et

.

Théorème :

Formule de Mac Laurin-Lagrange avec reste à l'ordre et

avec

. Il s'agit de la formule précédente

Démonstration. C’est une conséquence du théorème précédent.

Remarque :

La formule reste valable si

.

Exemples :

a)

Le but est de trouver la formule de Mac Laurin-Lagrange avec le reste à l'ordre

il faut déterminer les dérivées successives de

.

, pour cela

,

, la dérivée troisième est alors

, on en déduit avec un raisonnement par récurrence que

d’où pour . Il existe tel que b) Il est clair que la dérivée -ième
d’où
pour
.
Il existe
tel que
b)
Il est clair que la dérivée
-ième de
est
et que
.
Il existe
tel que
4. Formule de Taylor-Young.
Définition :
On prend
comme variable
est une fonction qui tend vers
lorsque
tend vers
.

Théorème :

Soit

est un voisinage fermé de

. (que

soit positif ou négatif)

Démonstration

D’après (1)

Donc

 

(

)

|

|

|

|

 
 

 

23

est un majorant de la fonction continue

ce qui achève presque la démonstration.

Définition :

sur l’intervalle fermé

. Par conséquent

La formule (2) s'appelle le développement limité à l'ordre

de

au voisinage de

.

Conséquence pour

et

on obtient la formule :

 

Cette formule est le développement limité à l'ordre

de

au voisinage de

.

Exercice :

. sinus est une fonction indéfiniment dérivable donc les hypothèses sont vérifiées ,

Déterminer le développement limité à l'ordre

de

au voisinage de

,

,

,

 

et

Donc

,

,

,

,

et

.

d'où

Application:

Il s'agit d'une forme indéterminée dont on ne connait pas la limite, mais

Donc

Remarque un développement limité à l'ordre

aurait suffit.

24

Développements limités

1.

Définition.

Définition :

Soit f

développement limité d'ordre n au voisinage de 0 s'il existe un polynôme

ou égal à

une fonction numérique définie et continue au voisinage de 0. On dit que f

tel que :

admet un

de degré inférieur

est appelé polynôme de Taylor à l’ordre

Plus généralement écrire

. admet un développement limité d'ordre

au voisinage de

si l'on peut

Exemples :

a) Soit

la fonction définie par

or pour tout

Donc

Comme

on a

,

Par conséquent

, pour tout

.

la relation (2) est le développement limité à l'ordre

b) Soit

au voisinage de

de la fonction

. , trouver son développement limité à l'ordre

la fonction définie par

au

voisinage de

. On considère le développement limité ci-dessus, on remplace

par

et

Or

Donc

. Par conséquent

c) Soit

développement limité à l’ordre On remarque que De plus

la fonction définie par

( au voisinage de

) pour

et par

. donc la fonction est continue.

(

)

, trouver son

Or

 

(

)

Donc

(

)

25

2.

Par conséquent

remarque son polynôme de Taylor est nul.

est le développement limité à l’ordre

Propriétés.

Théorème : Continuité et dérivabilité

Soit

une fonction continue

de

au voisinage de

. On

a)

Si

possède un développement limité à l'ordre

en

alors

. est dérivable en

 

b)

Si

possède un développement limité à l'ordre

en

alors

et

.

Démonstration

 

a)

 

(

)

b)

 

(

)

 
 

admet une limite en

alors

est dérivable en

et

Théorème : Parité

 

Soit f

une fonction admettant un développement limité d'ordre

en 0.

a) est paire le polynôme de Taylor de

Si

b) est impaire le polynôme de Taylor de

Si

est un polynôme pair. est un polynôme impair.

Théorème : Taylor

Si

quel ordre. Voir les formules de Taylor.

est une fonction indéfiniment dérivable alors

admet un développement limité à n'importe

Remarque :

La plupart des fonctions usuelles sont indéfiniment dérivables partout où elles sont définies,

certaines ne le sont pas mais seulement pour quelques valeurs de

.

Exemples :

a)

indéfiniment dérivable, par contre pour tout

b)

en

sa dérivée est

n'est pas dérivable donc

n'est pas

,

il n'y a aucun problème.

en

et en

tel que

sa dérivée est

n'est pas dérivable , il n’y a

donc

aucun problème, en particulier

c)

d)

n'est pas indéfiniment dérivable, par contre pour tout

admet un développement limité en

.

mais pas en

.

à tout ordre.

est indéfiniment dérivable sur

est indéfiniment dérivable en

Théorème : Unicité du développement limité

Si

admet un développement limité à l'ordre

alors celui-ci est unique.

Théorème : Troncature d'un développement limité.

Si

en

admet un développement limité à l'ordre

.

, développement limité est :

alors pour tout

admet un développement à l'ordre

et le polynôme de Taylor de ce

26

Démonstration :

 

(

)

Donc

 

(

)

Or

(

)

Donc Evidemment les «

s’agit d’une fonction qui tend vers Soit encore

» ne sont pas les mêmes mais la notation

lorsque

.

signifie simplement qu’il

Exemple :

On a vu que Le développement à l'ordre

de cette fonction est

3. Développement limité en 0 des fonctions usuelles à l'ordre

.

Remarques :

a) A l'aide des trois premiers développements limités on en déduit les développements suivants

en changeant

en

:

b) En reprenant les définitions de

27

et de

on en déduit

On remarquera les similitudes entre les développements limités en   de et de que les

On remarquera les similitudes entre les développements limités en

 

de

et de

que les similitudes entre

et

.

c) Application de la formule

 

Pour

,

développement limité en

à l'ordre

.

 

(

)

(

) (

)

Pour

,

développement limité en

à l'ordre

.

 

(

)

Pour

on retrouve le développement limité de

 

(à vérifier).

 

, ainsi

4. Opérations sur les développements limités.

4.1. Propriétés des fonctions

. est une fonction qui tend vers

fonction qui tend vers

, on écrira

lorsque

tend vers

, donc

et pour tout réel

.

est aussi une

De même la différence de

fonctions

fonctions

n'est pas la fonction nulle, la différence de

, on écrira

est une fonction

qui tend vers

Le produit de deux fonctions qui tend vers

est une fonction qui tend vers

, on écrira

Le produit d'une fonction une fonction qui tend vers

par une fonction bornée en il s'agit donc d'une fonction

(comme une polynôme) est , on écrira

La composée d’une fonction

avec une fonction

fonction qui tend vers

on écrira

(

)

qui tend vers une constante est une

Exemples de fonctions

:

a)

b)

c)

cette dernière est aussi un

Exemples de fonctions

a)

:

28

b)

(

)

c)

(

)

Cette dernière fonction est aussi un

 

car

(

)

Remarque : On prend

 

Si

alors

car

 

(

)

La réciproque est complètement fausse.

4.2. Addition de deux développements limités

Théorème : Somme de développements limités du même ordre

Soient et

deux fonctions qui admettent en

, les développements limités, au même ordre

, alors

admet un développement limité à l’ordre

et son polynôme de Taylor est la

somme des polynômes de Taylor de Démonstration

et

.

est un polynôme de degré inférieur ou égal à

est un polynôme de degré inférieur ou égal à

On a alors

Exemple :

Pour appliquer le théorème il suffirait de faire une troncature du développement limité (à

l’ordre

il n’est pas possible, en additionnant un développement à l’ordre

l’ordre

) de

et d’additionner les polynômes. Sur cet exemple, nous allons voir pourquoi,

avec un développement à

.

d’obtenir mieux qu’un développement à l’ordre

En additionnant ces deux développements limités nous allons constater que l'on obtient un

développement limité à l'ordre

(à cause de

) et non pas un développement limité à l'ordre

.

on ne peut pas l’écrire sous la forme du produit de

tend vers

(C’est ce qui est curieux dans les petits est faux)

, par contre

(

) , c’est que

par une fonction qui

est vrai alors que

Or

, donc

(

)

4.3. Multiplication de deux développements limités

Théorème : Multiplication de deux développements limités du même ordre.

29

Soient

et

deux fonctions qui admettent en

et

, alors

, les développements limités, au même ordre admet un développement limité à l’ordre

et

où l’on ne

et telles que

et son polynôme de Taylor est le produit des polynômes de Taylor de

garde que les monômes de degré inférieur ou égal à

.

Démonstration

 

est un polynôme de degré inférieur ou égal à

est un polynôme de degré inférieur ou égal à

On a alors

(

)(

)

 

(

)

Le polynôme de degré supérieur ou égal à

et

a des monômes de degré inférieur ou égal à .

et des monômes

donc ce polynôme s'écrit

est un polynôme de

degré inférieur ou égal à

est un polynôme de degré inférieur ou égal à

. (En fait

c’est la division euclidienne de

par

)

on remplace dans

.

 

(

)

Remarque :

Le polynôme de Taylor du développement limité de des polynômes de Taylor des développements limités de enlevé tous les monômes de degré supérieur ou égal à

Théorème :

.

et

. à l'ordre à l'ordre

est le produit

d'où l'on a

Soient et , deux fonctions telles que et avec et deux fonctions qui admettent en
Soient
et
, deux fonctions telles que
et
avec
et
deux fonctions qui admettent en
que
et
, alors
, les développements limités, au même ordre
admet un développement limité à l’ordre
et telles
et son polynôme de Taylor est le produit des polynômes de Taylor de
et
où l’on
ne garde que les monômes de degré inférieur ou égal à
.
Démonstration
(
)
Et
(
)
Alors
(
) (
)
Puis on applique le théorème précédent à (
) (
)
(
) (
)
est un
polynôme de degré inférieur ou égal à
et
est un polynôme de degré inférieur ou
égal à
.
(
)
(
)

Comme le degré de

dessus est bien le développement limité à l’ordre

est inférieur ou égal à

de

30

, l’expression ci-

.

Ce qui achève la démonstration.

Exemples :

a) Développement limité de

 

à l'ordre

en

.

Et

donc

 

(

) (

)

c’est le développement limité de

à l’ordre

.

Remarque :

Dans cet exemple le terme en

 

est nul.

b) Développement limité à l'ordre deux en

de

 

(

)

Et

On applique le second théorème sur la multiplication des développements limités avec

, et

, on obtiendra bien un développement limité à l’ordre

 

(

) (

)

(

)

(

)

C’est le développement de

en

, à l’ordre

.

Remarque:

On aurait pu aussi appliquer le premier théorème.

(

) (

)

4.4. Division de deux développements limités.

Théorème : division

Soient

et

.

Le polynôme de Taylor du développement limité à l’ordre

division suivant les puissances croissantes de

deux fonctions admettant des développements limités à l’ordre

par

de

en

en

, tel que :

est donné par la

.

à l'ordre

Démonstration admise.

31

Autre méthode :

Soient

et

deux fonctions admettant des développements limités à l’ordre

en

, tel que :

.

Le polynôme de Taylor du développement limité à l’ordre

de

en

est le même que le

du produit des développements limités de

à l’ordre

en

développement limité à l’ordre par le développement limité de

à l’ordre

en

. Pour déterminer le développement

limité de

à l’ordre

en

, on factorise par

et on applique la formule

, voir

exemples.

Exemples :

a) Développement limité de

 
 

A l’ordre

en

.

C’est le développement limité de :

en changeant en et la division suivant les puissances croissantes de par à l'ordre donne
en changeant
en
et
la division suivant les puissances croissantes de
par
à l'ordre
donne le polynôme de Taylor du développement limité de
à l'ordre
en
On trouve
Autre méthode :
à l'ordre 3 en 0.
Il reste à déterminer le développement limité de
On pose
à l'ordre
en
.
(
)(
)
(
)(
)
32

.

Donc

(

Il n’y a pas de terme en

(

)

(

)

(

)

et

mais il s’agit bien d’un développement limité à l’ordre

) (

)

.

b) Développement de tan x à l'ordre

en

avec

. donc il suffit de déterminer les développements

limités de

et de

à l'ordre

en

. la division suivant les puissances croissantes

de

par

à l'ordre

donne le polynôme de Taylor du développement

limité de

à l'ordre

en

.

On trouve Autre méthode :

 

Avec

Donc

(

) (

)

33

 

(

)

(

)

(

) (

)

Remarque :

On aurait pu appliquer le second théorème sur la multiplication des développements limités

(car

) avec

,

et

.

Théorème :

Soient

avec

1

des développements limités) à l'ordre

et

deux fonctions telles que

,

et

avec

et

admettant des développements limités à l’ordre

. (voir théorème sur la division

à l'ordre

en

er cas :

, si l'on calcule le développement limité de

on obtient un développement limité de

. (voir exemple)

2 ième cas

généralisé, voir paragraphe 5.

, il n’y a pas de développement limité en

, il y a un développement limité

Démonstration admise.

Exemple :

Déterminer le développement limité à l'ordre

en

de la fonction

définie par :

(

) donc

(

.

)

(

)

donc On a :

, si l’on veut obtenir un développement limité de

à l’ordre

, il faut

faire un développement limité de

à l’ordre

 

(

)

Donc

Pour bien faire il faut faire un développement limité à l’ordre

pénible parce qu’il faut, pour cela, faire un développement limité à l’ordre

ensuite on divisera par

de

, cela s’annonce un peu

)

de

(car

), alors constatons que :

(√

C'est-à-dire que le terme de degré

est impaire, donc son polynôme de Taylor est impair d’où l’on déduit que

est nul, il suffit de faire un développement à l’ordre

de

.

34

(

)

Comme est impaire ( ) On a changé en Ce qui donne ( ) (
Comme
est impaire
(
)
On a changé
en
Ce qui donne
(
)
(
)

Après avoir simplifié par x On divise les polynômes de Taylor suivant les puissances croissantes jusqu'à l'ordre

Autre méthode :

Il faut de toute façon arriver à

(

)

Autre méthode : Il faut de toute façon arriver à ( ) . Ensuite on reprend

.

Ensuite on reprend l’autre méthode du théorème sur la division des développements limités :

(

)

(

Avec

il est manifeste que dès le terme en D’où

, il est inutile de faire un développement limité en

le terme de plus bas niveau en

est

Et

(

) (

)

)

à l’ordre

.

car

4.5. Dérivation et intégration d'un développement limité

On se place dans le cas de fonctions indéfiniment dérivables

35

Théorème : dérivation et intégration

Soit

une fonction dont le développement limité à l'ordre

en

est :

a) le développement limité à l'ordre

en

de

la dérivée de

est :

Ce résultat peut-être faux si

n'est pas indéfiniment dérivable.

b) le développement limité à l'ordre

en

de

une primitive de

Ce résultat reste vrai si

n’est pas indéfiniment dérivable.

Démonstration admise.

est :

Exemples :

a)

On ne connait pas son développement limité à l'ordre

tend vers

. Mais

, , on peut appliquer la formule du développement limité de

en

lorsque

tend vers

.

Remarque:

On aurait pu remplacer

Le développement limité de

par

l'ordre

car

est une fonction paire.

est donc

Soit encore

Comme

est impaire

b) On remarquera que le polynôme de Taylor du développement limité de

0 est bien la dérivée du polynôme de Taylor du développement limité de .

, fonction impaire donc les coefficients devant les monômes de degré pair sont nuls, il suffit

c)

à l'ordre

en

à l'ordre

en Détermination du développement limité de

en

à l'ordre

est une

donc de trouver le développement limité de

à l'ordre

peut utiliser le développement limité de

développement limité de

à l'ordre , la dérivée de

avec

, il suffit donc de trouver le est

on

l'ordre , la dérivée de avec , il suffit donc de trouver le est √ on

d'où

 
√

Remarque:

36

C'est le développement limité à l'ordre

limité à l'ordre

On détermine une primitive du polynôme de Taylor du développement limité de et on trouve

de

qui permet d'obtenir le développement

.

de

.

est impaire donc