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(Re)configurer le sensible

Approches esthétiques, approches politiques : confrontation avec l’œuvre


de Jacques Rancière

Séminaire jeunes chercheurs / septembre 2016 – juin 2017


(études littéraires, théâtrales et cinématographiques, philosophie et
histoire de l’art)

Objectifs

Le séminaire de recherche (Re)configurer le sensible. Approches esthétiques, approches


politiques : confrontation avec l’œuvre de Jacques Rancière a pour objectif de rassembler
des jeunes chercheurs d’universités, de disciplines (philosophie, études littéraires,
théâtrales et cinématograpiques, histoire de l’art,…) et d’orientations différentes en leur
proposant d’interroger, dans les travaux de Rancière et à la lumière de ceux-ci, la façon
dont esthétique et politique partagent le réel sensible, opèrent une division et une
distribution des espaces, des temps et des pratiques.

Ayant orienté sa réflexion vers des questionnements portant sur l’idéologie et la


représentation, Jacques Rancière est l’auteur d’une œuvre riche, située à
l’interpénétration de différents champs de la philosophie, tant politique qu’esthétique.
Interrogeant les couples notionnels qui structurent, dans la seconde moitié du XXe
siècle, les modes de pensée (activité/passivité, regarder/savoir,
émancipation/aliénation, apparence/réalité, cause/effet, collectif/individuel, entre
autres), sa réflexion vise non seulement à (r)établir les conditions d’intelligibilité d’une
démarche sur l’esthétique et la politique mais aussi à étudier les tensions et liens qui se
tissent entre l’une et l’autre. En 1994, il écrit ainsi que

L’esthétique n’est pas d’abord la pensée ou la pratique de l’art qui viendrait se


mettre au service de la politique. L’existence d’un domaine spécifique dont la
politique viendrait contester l’autonomie n’est elle-même qu’une configuration
récente de l’univers des discours et des pratiques. (…) Pour comprendre les
rapports entre politique et esthétique, il faut ramener le terme d’esthétique à son
sens premier : ce qui concerne le sensible. […] La politique n’est pas l’art de
gouverner, elle est d’abord l’inscription du commun dans le sensible.1

Rancière s’attache donc à démontrer comment esthétique et politique, dans leurs


pratiques concrètes, articulent des manières de dire et de faire, des formes de visibilité,
des modes de pensabilité et permettent par là de reconfigurer nos représentations du
sensible, de nouer de nouveaux rapports avec celui-ci et de changer les coordonnées du
représentable.

1Rancière Jacques, « Esthétique de la politique et poétique du savoir », In : Espaces


Temps, 55-56, 1994. Arts, l'exception ordinaire. Esthétique et sciences sociales, p. 81 et
p. 82.
Dans ce séminaire, nous invitons les jeunes chercheurs à analyser comment art et
politique peuvent s’appréhender comme « formes de dissensus », c’est-à-dire comme
des « opérations de reconfiguration de l’expérience commune du sensible »2.
Organisation du séminaire

Ce séminaire interdisciplinaire s’adresse aux jeunes chercheurs en études


littéraires, théâtrales et cinématographiques, philosophie et histoire de l’art.

Les séances auront lieu

Le 3 novembre 2016 (USL-B, 6007, 16.30-18.30)


Le 5 décembre (USL-B, 6007, 16.30-18.30)
Le 24 février 2017 (UCL, [local à déterminer], 9.00 à 12.00)
Le 21 avril 2017 (UCL, [local à déterminer], 9.00 à 12.00)

Chacune de ces séances consistera en un ou deux exposés (d’une heure environ)


proposant des analyses d’œuvres artistiques et/ou réflexions relatives à l’esthétique, à
la politique et ou à leur entrecroisement. Selon le domaine de recherche de l’intervenant,
l’exposé peut évidemment privilégier l’une ou l’autre de ces dimensions, pour autant
qu’il fasse appel à des notions issues d’un ou de plusieurs ouvrage(s) de Rancière. Un
temps de questions et d’échange aura ensuite lieu.

Au terme du séminaire seront organisées une conférence et une table ronde avec un
spécialiste de l’œuvre de Rancière.

Contact :
- judith.pollet@uclouvain.be
- emilie.ieven@usaintlouis.be

Bibliographie sélective

Le maître ignorant : cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle, Paris, Fayard, 1987.
« Esthétique de la politique et poétique du savoir », In : Espaces Temps, 55-56, 1994.
Arts, l'exception ordinaire. Esthétique et sciences sociales, pp. 80-87.
La mésentente. Politique et philosophie, 1995 (La philosophie en effet).
La chair des mots. Politiques de l’écriture, Paris, Galilée, 1998.
La parole muette. Essai sur les contradictions de la littérature, Paris, Hachette, 1998
(Hachette littératures).
Le partage du sensible. Esthétique et politique, Paris, La fabrique, 2000.
Au bord du politique, Paris, Gallimard, 2004 (Folio, essais n°434).
Politique de la littérature, Paris, Galilée, 2007 (La philosophie en effet).
Le spectateur émancipé, Paris, La fabrique, 2008.
Figures de l’histoire, Paris, PUF, 2012.
Le destin des images, Paris, La fabrique, 2014.
La méthode de l’égalité, Paris, Bayard, 2012.

2 ID., Le spectateur émancipé, Paris, La fabrique, 2008, p. 70.


Comité scientifique et organisateur

Anaëlle Impe, boursière FRESH (F.R.S. – FNRS), USL-B


Emilie Ieven , boursière sur fonds ARC (F.R.S. – FNRS), ULS-B
Martin Mees, aspirant F.R.S. - FNRS, USL-B
Judith Pollet, boursière F.R.F.C. (F.S.R. – FNRS), Université catholique de Louvain
Manon Delcour, maître-assistante, USL-B (Faculté de traduction et d’interprétation
Marie Haps).