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Economie publique

Problématique : Pourquoi l’Etat intervient il dans l’économie ? Comment intervient-il ?


Ouvrage Hal Varian « Introduction à la microéconomie »
Examen écrit de 2h sur questions ouvertes à partir du cours

Partie 1 L’intervention de l’Etat : généralités


A. Le constat : la place importante de l’Etat dans l’économie en France et ailleurs
B. Pourquoi une place aussi importante (avantages et limites)
C. 2 objectifs : renforcer le marché là où il est fragilisé et redistribuer

Partie 2 Renforcer le marché


A. La notion d’efficacité : les th de l’éco du bien être
B. Les cas d’inefficacités : biens publics, externalités
C. Les différentes interventions (taxes, impôts, droits)

Partie 3 Redistribuer
A. Pourquoi redistribuer ? Inégalités, pauvreté, exclusion sociale
B. Comment redistribuer ? Le choix social et les théories économiques de la justice
sociales

Partie 1 L’intervention publique


A. Quelle est l’importance de l’intervention publique en France et
ailleurs : quelques chiffres de finances publiques

a) Les dépenses publiques


En France 56% du PIB dont 31% du PIB en dépenses de protection sociale (2009) : prestations
liées à la pauvreté, alloc chômage, risque santé et vieillesse, tous les risques sociaux.

Les pays d’Europe dépensent en moyenne plus, tradition d’intervention liée aux mouvements
sociaux, reconstruction de 45, sécurité sociale, etc. Etat providence traditionnel spécifique
aux modèles sociaux européens.
La France a un niveau de dépense égal à celui de la Suède, le plus important. En Suède
modèle social démocrate.
On constate une baisse des dépenses très forte pour les pays du Nord, alors que la France a
essayé de stabiliser plutôt que de réduire.
La GB a un niveau de dépense élevé alors qu’elle est considérée comme le pays le plus
libéral.

-Niveau de dépenses relativement fort en moyenne : « toutes les éco de marché modernes
sont des éco mixtes, c.-à-d. des éco où l’imbrication de l’Etat et du marché dans l’activité éco,
dans la po de b et s, ms surtout dans la redistribution des richesses, est considérable »
Guesnerie, L’économie de Marché, Poche, 2006.

-Une distinction cependant entre les pays européens d’un coté, les pays d’Amérique et le
japon de l’autre (tradition sociale versus tradition libérale)

-Quasi stabilité des dépenses en France dans la période 1995-2008 alors que net recul partout
ailleurs (exception GB) En particulier, net recul dans les pays de tradition social-démocrate
(Europe du Nord)

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-En France : une tendance à la hausse depuis 2008 : dépenses publique = 53% du PIB en
2008 contre 56% en 2009. Causes principales : conjoncturelles (crise éco) et structurelles
(vieillissement de la population).

Des choix de Protection Sociale différents selon les pays de l’UE


4 modèles historiques d’Etat providence (Esping-Andersen) : déterminent
l’extension et le contenu de la Protection Sociale

-1 : Modèle libéral (GB) : Etat minimaliste


Assistance aux plus pauvres. Aide sous conditions de ressources. Forte extension des
marchés. Fortes inégalités. Services publics limités.

-2 : Modèle conservateur (All,Fr) : Etat corporatiste


Prestations sociales fondées sur le travail (logique d’assurance). Famille patriarcale. Sécurité
sociale fondée sur les statuts (poids des corporations).

-3 : Modèle social démocrate (Pays nordiques) : Etat universaliste.


Droits sociaux universels (garanties à toute la population) fondés sur l’impôt et liés à la
citoyenneté.

-4 : Modèle méditerranéen (It, Esp, Port, Grèce, etc.) : Etat clientéliste.


Système mixte (assurance et assistance mais niveau faible et grandes disparités : secteur
salarié stable et protégé d’un coté et secteur des petites entreprises privées souvent informel
et instable)
Fortes régulations informelles (famille, réseaux sociaux, interconnaissances locales).

b) Les recettes publiques (taxes, impôts, etc.)


En France 48,4% du PIB en 2009 dont 11% seulement en impôts sur le revenu.

On retrouve les mêmes pays de chaque côté de la moyenne que pour les dépenses publiques.
En France, les recettes publiques ont diminué depuis 2008 à cause de la crise, baisse du
revenu donc de l’impôts et modification du bouclier fiscal.
Des prélèvements qui diminuent dans la majorité des pays européens (implique refonte des
Etats-providences : vers un modèles social unique ?)
En France, le niveau de prélèvements est inférieur à celui des pays de tradition sociale-
démocrate et baisse des prélèvements confirmée en 2009 : 41,6% du PIB (793 MM euros) soit
un recul de 0,5% par rapport à 2008.

c) Déficits et dette publique


En France déficit public de 7,5% du PIB et dette publique de 71% du PIB. CF polycopié.
L’Etat aggrave la situation des générations futures.
La dette publique des Etats-Unis est importante : 63%, tout comme la France : 77,6%, la
Belgique : 96,7%, la Grèce : 115,1% mais plus généralement la zone euro en moyenne 79%
du PIB (115,8% en Italie). La perte de la Grèce commence par la perte de confiance, car la
dette publique n’est pas négative en soit).

B. Pourquoi une place aussi importante de l’Etat (avantages et


limites)
 L’éclairage fourni par la théorie économique

a) Une importance à première vue paradoxale


Enseignement de l’histoire : le marché est plus efficace que la planification
Economie de marché (laisser-faire, ajustement et régulation des flux par les prix) versus
Economie planifiée (centralisation, contraintes bureautiques).
Ex : Faillite du modèle soviétique :
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-Gosplan : ordres de production et prix fixés
-Déséquilibres : problèmes d’informations, objectifs visés
-Résultats : la demande, toujours supérieure à l’offre, était rationnée.

Mondialisation => force de la logique marchande


-Généralisation de la logique marchande (règne des économies de marchés après
l’effondrement du bloc soviétique et l’ouverture de la Chine)
-Globalisation des échanges (du coté de l’offre : l’action des multinationales, les
délocalisations, du coté de la demande : société de consommation mondiale avec
uniformisation des gouts)
-Processus économiques échappant de plus en plus au contrôle des Etats nationaux (instances
de régulations supra-étatiques : Commission européenne, OMC, FMI, Banque mondiale, etc.)

Mais des crises régulières => alertent sur les limites de la logique marchande (éco
de marché)
-Crises conjoncturelles : crise des subprimes (crise financière liée à des actifs malsains qui
circulent, on ne sait plus en apprécier le risque), perte de la confiance des banques entre elles
donc pas de capacité de financement de l’économie, crise de la consommation et baisse de
l’activité productive.
-Crise structurelle : niveau de chômage, inégalités, pauvreté (Nord-Sud et à l’intérieur des
pays).

La logique marchande a besoin d’être encadrée et complétée par des considérations en


termes de justice sociale.

Les enjeux de l’économie publique


-Comprendre d’où viennent les limites de marché
-Etudier les moyens dont l’Etat dispose pour repousser ces limites

Mais pour pouvoir cerner ces limites il faut d’abord pouvoir apprécier les avantages.

b) Les avantages du marché


Le marché est une abstraction fondé sur toute une variété de réalités qui ont 2
points communs :
-L’allocation des ressources rares se fait par l’échange
-L’ajustement des offres et des demandes se fait par les prix

Des systèmes alternatifs d’allocation des ressources rares :


-Le troc : un système décentralisé mais nécessairement local
-L’Etat : un mode de coordination par les règles

Les sociétés modernes (industrielle et post-industrielle) : arbitrage coordination par les prix (i)
versus coordination par les règles (ii)
-Les prix eux-mêmes ne sont pas le produit de décisions administratives extérieures, mais
résultent un processus d’ajustement (loi de l’offre et de la demande)
Leçon d’histoire :
-(ii) est inefficace : gaspillage, déséquilibre
-(i) est efficace : équilibre O/D

« La main invisible du marché »


Le mécanisme d’ajustement repose sur le fait que les prix donnent toute l’information
nécessaire pour que les agents puissent se coordonner.
La microéconomie explique comment ce mécanisme fonctionne sur un marché isolé (th de
l’équilibre partiel) puis sur l’ensemble des marchés (th de l’équilibre général).

L’équilibre sur un marché


La théorie de l’équilibre partiel étudie le mécanisme de fixation des prix sur un marché (les
prix sur les autres marchés sont fixés)
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Les prix permettent un ajustement optimal des O et des D
-Hypothèses : les agents sont rationnels : ils maximisent leurs intérêts (les producteurs
maximisent leurs profits, les consommateurs maximisent leurs satisfaction ou leurs utilités)
-Courbes d’O et de D : La courbe de la demande associe à tout prix la quantité de bien que les
consommateurs demandent (cette quantité permet de maximiser leur satisfaction, étant
donnée leur contrainte de budget) ; la courbe d’offre associe à tout prix la quantité de bien
que les producteurs offrent (cette quantité maximise leur profit étant donnés leurs couts)
-Ajustement mécanique de l’O et de la D : tant que l’offre n’est pas égale à la demande, les
prix se modifient mécaniquement (prix baissent si l’offre est excédentaire, ils augmentent si
l’offre est déficitaire). Il n’y a pas de rationnement ou de restriction quantitative hors celles
qu’imposent les contraintes budgétaires (qui limitent les choix)
-Confrontation des courbes d’O et de D : elles se coupent au prix d’équilibre, l’O et la D
s’égalisent de sorte à satisfaire les intérêts de l’ensemble des agents.
-Limite de l’analyse : interdépendance des marchés : le prix sur un marché (marché des
facteurs) affecte les prix sur les autres marchés (marché des B et S)

Le problème énoncé par Walras


Il faut étudier le mécanisme de fixation des prix simultanément sur l’ensemble des marchés.
Déterminer simultanément les quantités échangées et les prix permettant d’égaliser les O et
les D pour ces quantités.

La solution axiomatique d’Arrow et Debreu (1954) : équilibre général sous


conditions :
-Sur les biens : Biens privés de consommation exclusive, parfaitement substituables
-Sur les fonctions de production : rendements décroissants
-Sur les comportements des agents : price-takeurs (leurs décisions individuelles n’ont pas
d’impact sur les prix) et rationnels (maximisent leurs intérêts)

2 types de limites au mécanisme généralisé d’ajustement par les prix


-Conditions non remplies pour permettre l’ajustement mécanique sur tous les marchés
(défaillances)
Nécessité de l’intervention de l’Etat pour favoriser les ajustements

Il s’agit des cas où le marché généralisé échoue à faire émerger des signaux prix qui soient
adéquats.
-Les biens publics : consommation non exclusive (ex : une émission de TV, la défense
nationale, etc.)
Comment fixer un prix ?
-Les externalités : La consommation ou la production d’un bien à des effets collatéraux,
qui ne sont pas pris en compte dans l’échange : ces effets affectent pourtant directement ou
indirectement le bien-être des autres agents et/ou les conditions de production (ex : pollution
d’une usine, présence d’une apiculture à coté d’un verger, etc.)
Comment réguler ces effets ?

Pour pallier aux défaillances : intervention extérieure, celle de l’Etat :


-Non pas un planificateur omniscient et omnipotent
-Mais un organe de décision qui « combine l’utilisation d’instruments spécifiques à
l’action centrale à un usage proportionné de mécanises marchants »

L’économie publique étudie les conditions et les moyens dont l’Etat dispose pour pallier les
défaillances du marché.

-Considérations non prises en compte par le marché (justice sociale)


Nécessité de l’intervention de l’Etat pour répondre aux attentes et aux revendications en
matière de justice sociale (lutte contre la pauvreté, l’exclusion sociale, les discriminations,
etc.)

Coordination par les prix suppose que les agents poursuivent leurs intérêts personnels
Or une société démocratique n’est pas un groupement d’individus égoïste mais une
association de citoyens qui coopèrent en vue du bien-vivre ensemble.
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Les citoyens démocratiques ont des objectifs en termes d’intérêts collectifs (et pas seulement
en termes d’intérêt individuels) : attentes en termes de qualité de services publics, de justice
sociale et de solidarité.
L’intervention de l’Etat est nécessaire pour faire prévaloir ces attentes et ces exigences en
termes d’équité et de solidarité.

L’économie publique : Comment l’Etat peut il combiner efficacité et équité ? Quels


instruments d’action ? Jusqu’ou ? Comment ?