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M1MMD

Mouvement Brownien et évaluation des actifs


contingents

Corrigé de l’Examen Partiel

19 mars 2018

Durée de l’examen 2h00


documents non autorisés – calculatrices non autorisées

Exercice 1
1. Pour tout j = 0, · · · N , on a Stj = Ψj (Btj ) et Btj = Ψ−1
j (Btj )

où Ψj : x ∈ R 7→ s0 exp(x + (µ − σ 2 /2)tj ) ∈]0, +∞[ est bijective


La fonction Ψj et sa bijection réciproques Ψ−1
j sont deux fonctions continues.

Soit k ∈ {0, · · · , N } et j ≤ k. Toute variable aléatoire X FStk -mesurable est de la


forme X = g(St0 , · · · , Stk ) où g : Rk+1 → R est une fonction mesurable.
Alors X = h(Bt0 , · · · , Btk ) où h : (x0 , · · · , xk ) 7→ g(Ψ0 (x0 ), · · · , Ψk (xk )).
La fonction h est mesurable comme composée de fonctions mesurables donc X est
σ(Btj , j ≤ k)-mesurable.
De même toute v.a. Y qui est σ(Btj , j ≤ k)-mesurable est également FStk -mesurable.
2.a. On a ln(ST /S0 ) = σBT + (µ − σ 2 /2)T .
Par définition du mouvement Brownien standard BT ∼ N (0, T )
Donc ln(ST /S0 ) ∼ N ((µ − σ 2 /2)T, σ 2 T ).
2.b. On a ln(ST /S0 )/T = σBT /T + (µ − σ 2 /2).

1
On sait que pour le mouvement Brownien standard limT →∞ BT /T = 0 P − p.s.
Donc limT →∞ ln(ST /S0 )/T = (µ − σ 2 /2) P − p.s.
3.a. Deux façons de procéder
Réponse 1
(i) : Le processus Z a est clairement FS -adapté.
a2
(ii) : D’après les résultats du cours, le processus {exp(aBt − 2
t), t ≥ 0} est une
(FB , P)-martingale où FB est la filtration naturelle du mouvement Brownien B.
En particulier pour tout k, la variable aléatoire Ztak est P-intégrable avec EP [Ztak ] =
h i
Z0 = 1 et E Ztk |Ftk−1 = Ztak−1
a P a B

(iii) Soit k = 1, · · · , N , par définition des filtrations FS et FB on a FtSk−1 ⊂ FtBk−1 donc


h h i i h i
EP [Ztak |FtSk−1 ] = EP EP Ztak |FtBk−1 |FtSk−1 = EP Ztak−1 |FtSk−1 = Ztak−1

où la dernière égalité vient du fait que Ztak−1 est FtSk−1 -mesurable.


Réponse 2
(i) : Le processus Z a est clairement FS -adapté.

(ii) : pour tout k, EP [|Ztak |] = EP [Ztak ] = exp(−a2 /2tk )EP [exp(a tk Yk )]

où Yk = Btk / tk ∼ N (0, 1) par définition du mouvement Brownien.

la transformée de Laplace pour de la loi normale vérifie : EP [exp(a tk Yk )] = exp(a2 /2tk )
donc pour tout k la variable aléatoire Ztk est P-intégrable et d’espérance égale à 1.

(iii) : Soient k ∈ {1, · · · , N }, on remarque que Ztak = Ztak−1 exp a(Btk − Btk−1 ) − a2 (tk − tk−1 )/2
la variable aléatoire Ztak−1 est FtSk−1 mesurable
la variable aléatoire Btk − Btk−1 est indépendant de FtSk−1 = σ(Btj , j ≤ k) par la
propriété de l’indépendance des accroissements du mouvement brownien

donc EP [Ztak |FtSk−1 ] = Ztak−1 EP [exp a(Btk − Btk−1 ) − a2 (tk − tk−1 )/2 ] = Ztak−1
3.b. Les v.a. S̃tk−1 et Ztak−1 étant strictement positives et FtSk−1 mesurables, on peut
écrire
" #
Qa Qa S̃tk 1
E [S̃tk |FStk−1 ] = S̃tk−1 Ztak−1 E a
|FStk−1
Z
S̃tk−1 tk−1
Par la formule de Bayes pour le calcul des espérances conditionnelles
" # " #
a
a S̃t 1 Z T S̃ t 1
EQ k
a
|FStk−1 = EP a
k
|FStk−1
S̃tk−1 Ztk−1 Ztk−1 S̃tk−1 E [ZT |FtSk−1 ]
P a

2
On a EP [ZTa |FtSk−1 ] = Ztak−1 car Z a est une FS -martingale.
En combinant ces trois dernières égalités on obtient le résultat voulu.
3.c. Les variables aléatoires ZTa /Ztak−1 et S̃tk /S̃tk−1 sont indépendantes de FStk−1 d’après
la propriété d’indépendances des accroissements du mouvement Brownien donc
" # " #
a a
Z T S̃tk Z T S̃ tk
EP |FS = EP
Ztak−1 S̃tk−1 tk−1 Ztak−1 S̃tk−1

En suite on écrit ZTa /Ztak−1 = (ZTa /Ztak ) × (Ztak /Ztak−1 ) et on utilise la formule de trans-
formée de Laplace de la loi normale ...
3.d. Qa est par définition équivalente à P car il s’agit sa densité ZTa est strictement
positive P − p.s.. Donc Qa est est une mesure de probabilité neutre au risque si et
a
seulement si pour tout k, EQ [S̃tk |FStk−1 ] = S̃tk−1 , si et seulement si a + (µ − r)/σ = 0
4. On a trouvé une mesure de proba neutre au risque donc A.O.A. ok.
5. On se place dans le cas N = 1 : modèle à une seule période de temps. L’affirmation
suivante est fausse

" Dans ce modèle, tout produit dérivé de S admet une stratégie de réplication "

On peut consider l’option digitale 1ST >2S0 et montrer qu’elle ne peut pas admettre
une stratégie de réplication.

3
Exercice 2
1. Le pas de temps séparant deux dates est δ = T /N = 1

q ? = (erδ − 1/2)/(3/2 − 1/2) = 1.2 − 0.5 = 0.7

2. & 3. voir page 5


4.a. Considérons la stratégie (1) qui consiste à, à la date t0 , acheter un call de maturité
θ et de prix d’exercice K et à vendre un put de maturité θ et de prix d’exerciceK,
puis à garder le portefeuille inchangé jusqu’à la date T ; sa valeur terminale est

(1)
Vθ = C(θ; θ, K) − P (θ; θ, K) = Sθ − K

Considérons la stratégie (2) qui consiste à, à la date t= 0, acheter une unité de l’action
S et à placer le montant −Ke−rθ au taux sans risque r, puis à garder le portefeuille
inchangé jusqu’à la date T ; sa valeur terminale est

(2)
Vθ = Sθ − Ke−rθ erθ = Sθ − K

(1) (2) (1) (2)


On remarque que Vθ = Vθ P − p.s, sous A.O.A, on a Vtk = Vtk pour tout k, d’où
la parité call-put.
4.b. Etape 1 Supposons que PtChooser
2
< max (C(t2 ; T, K), P (t2 ; T, K)) Considérons
la stratégie (3) qui consiste à :
– ne rien faire entre la date t = 0 et la date t = t2 ,
– à la date t = t2 deux cas sont possibles :
1. si C(t2 ; T, K) > P (t2 ; T, K) : vendre le call, acheter l’option chooser et choisir que
son payoff soit celui du call, placer la différence de prix au taux sans risque.
2. C(t2 ; T, K) ≤ P (t2 ; T, K) : vendre le put, acheter l’option chooser et choisir que
son payoff soit celui du put, placer la différence de prix au taux sans risque.
- garder le portefeuille inchangé jusqu’à la date date t = T .
(3)
La valeur terminale de cette stratégie est VT = (max (C(t2 ; T, K), P (t2 ; T, K)) −
PtChooser
2
)er(T −t2 ) > 0 alors qu’elle démarre d’un capital initial égal à zéro. C’est une
opportunité d’arbitrage.
Etape 2 Supposons que PtChooser
2
> max (C(t2 ; T, K), P (t2 ; T, K)) Considérons la
stratégie (4) qui consiste à :

4
– ne rien faire entre la date t = 0 et la date t = t2 ,
– à la date t = t2 : vendre l’option chooser, acheter un call si l’acheteur de la chooser
choisit le payoff su call, ou bien acheter le put si l’acheteur de la chooser choisit le
payoff du put, placer la différence de prix au taux sans risque
– garder le portefeuille inchangé jusqu’à la date terminale.
La valeur terminale de cette stratégie est

(4)
VT = (PtChooser
2
− max (C(t2 ; T, K), P (t2 ; T, K)))e−r(T −t2 ) > 0

alors qu’elle démarre d’un capital initial égal à zéro. C’est une O.A.
Conclusion : nécessairement le prix de l’option chooser satisfait l’égalité

PtChooser
2
= max (C(t2 ; T, K), P (t2 ; T, K))

4.b. En utilisant la relation de Parité Call-Put,

−r(T −t2 )
PtChooser

2
= max C(t 2 ; T, K), C(t2 ; T, K) − (S t2 − Ke ) (1)
= C(t2 ; T, K) + max 0, Ke−r(T −t2 ) − St2

(2)
= C(t2 ; T, K) + P (t2 ; t2 , Ke−r(T −t2 ) ) (3)

5
Premier Tableau La formule pour l’évaluation est :

−rδ
  pctk+1 (Stk u) − pctk+1 (Stk d )
pctk (Stk ) =e q ? pctk+1 (Stk u) + (1 − q ?
)pctk−1 (Stk d) avec θtCk+1 =
Stk u − Stk d

27
19
NA
%
18
136/12 = 11.33
1
% &
12 9
6, 75 1
0.89 NA
% & %
8 6
Stk
4, 02 7/12 = 0.58
pC
tk (Stk ) :
0, 8 1/6 = 0.16
θtCk+1 (Stk ) ..
. & % &
4 3
..
. 0, 33 0
0.14 NA
.. ..
. . & %
2
.. ..
. . 0
0
.. .. ..
. . . &
1
.. .. ..
. . . 0
NA
t0 t1 t2 t3 = T

6
Deuxième Tableau Ici on considère le scénario 8 → 4 → 6 → 9.
Pour tout k = 0, 1, 2, θtCk+1 est le nombre d’unités de l’action S détenue dans le
portefeuille de réplication, et αtCk+1 le montant d’argent placé au taux sans risque S 0
La formule qui permet de retrouver αtck+1 est

pctk = αtck+1 + θtck+1 Stk

tk t0 t1 t2
θtCk+1 0.8 0.14 0.16
αtCk+1 -2.38 -0.23 -0.38