Vous êtes sur la page 1sur 8

L'Alarme (Lyon)

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


L'Alarme (Lyon). 1884/04/13.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :
*La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source.
*La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service.

Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit :

*des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits.
*des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.


i ;
1 icà j 0 moq wwlnffller
V,4 ,4 -- -
linee. N. 1. gGiLliu th SiSliCE Dimanche 13 avril 1884.
L'i BERTE

anarchiste ,
Organe

PARAISSANT LE DIMANCHE

- Le N°
Le Ne 10 Cent. _-. A LYON ÎO Cent
*

1
ABONNEMENTS BUREAUX ET RÉDACTION RENSEIGNEMENTS
Trois mois t fr. 50
Six mois. 3 fr. » 2e, RUE DE VATTBAlI,-i3e Pour tou'es communications, s'adresser au siège
Un an 6 fr. » social, 26, rue de Vauban, 26, tous les jours,
LYON de 10 heures du matin à 10 heures du soir.
Etranger: le port en sus. ;

AVIS che de l'Anarchie? Voilà à peu, en dépit des obstacles élevés économique et politique, ils sèmeront
progressive
sous sur notre chemin et notre voix se fait le vent de la de l'indisci-
sept journaux qui ont succombé rebellion,
car ils
des procès innombrables ! Eh bien ! partout mieux entendre de jour en jour. pline, savent que ce vent de
Par suite d'une entente avec ces procès ou plutôt à cause C'est que l'anarchie n'est pas appuyée révolte amènera la tempête qui balaye-
malgré
de FHvDRE de ces procès le succès des organes sur l'oppression et l'inégalité, comme ra les iniquités monstrueuses de notre -
l'ex-aaministration
dernière nous anarchistes va toujours croissant, nos toutes les idées sociales; elle ne demande organisation économique, pour faire
ANARCHISTE, cette
rangs se grossissent tous les jours par que le fonctionnement libre des facultés place nette à l'indépendance indivi- --
ayant cédé tous ses moyens
de nouveaux adhérents, et voilà humaines et la destruction, comme duelle, à 1 Anarchie. Mais cependant
d'action, nous prions les lec- il est une
XAlarme qui prend la succession de résultante inéluctable de ses idées natu- question capitale pour nous -
teurs, abonnés, dépositaires et tous, c'est d'éviter les défaillances,
XHydre et ses vaillants prédécesseurs. rellès, de tout ce qui s'oppose au bien être les
correspondants, d'adresser tou- Que nos ennemis soient bien con- etàla liberté de l'individu. C'est que plus compromissions et les aveuglements,
car. c'est d'un -
tes leurs communications, man- vaincus que rien ne pourra nous en- nous avançons, plus le progrès de nos pas assuré et fier que
traver, nous savons fort bien que nous théories s'accentue, nous devons marcher droit
dats, etc., à l'Administration plus la diminution, toujours
tomberons déchéance du pouvoir, de l'autorité, au. but ;
bientôt sous d'i/rioble's'o- -L poursuivons, pour
du Journal 1 ALARME, 26, rue de 1 jp
- ijliî, , :.t ntk) t;ll ;:;l. \:itGf
VaubDJn. ; V OÏ1S Vv-
AOIwlCrX cessant de ..p^ser "', ""="
"VaûbaiL tion. EntoXiré'qne rioiifs
nous laisserons derrière nous des amis l'humanité tout entière. âbmmes d'en-
qui continueront la lutte entreprise par « Le gouvernement qui, de nos jours, nemis aussi acharne qc iésuitinues
nos devanciers et continuée nous devons autant, que possible nous
par nous. sous la latitude française, pèse sur
les esprits, semble poussé la soustraire aux entraînementsirrénéchis,
Disparition jusqu'à
limite et semble redouter l'ap- ce qui est dangereux la
dernière parfois pour
YHydre anarchiste aussi les prisons cause, ce qui gâte la besogne sérieuse,
De proche de,son agonie,
on sait au prix de
L'A L A R M E dont-il tient les clés, s'ouvrent-elles accomplie quels ef-
les anarchistes. forts, de quels douloureux sacirfices !
Samedi 29 mars le gérant de l'Hy- Semblables aux dont pour
impuissants, Nous sommes habitués aux insultes et
Robert Mais qu'importe? On cherche de.
dre, le compagnon comparais- la férocité redouble lorsquils se con- nous les accueillons avec le dédai-
sait deAant la Cour d'assises de Mont- de l'amoindrissement de toutes les manières à nous empêcher
vainquent gneux mépris qu'elles méritent, mais
et des efforts inutiles de proclamer très haut nos revendi-
brison présidée par l'illustrissime Ja- leur prestige nous devons savoir quelle est la source
comet. avec fureur, pour es- cations de justice et d'indépendance,
qu'ils dépensent de ces calomnies jetées à tous les vents
l'excita- à écraser sous les poursuites et les
L'assignation comportait sayer de se relever et d'abattre la et quel intérêt servent ceux
amendes, les organes de combat qui qui les pro-
tion au meurtre, et incendie nouvelle
pillage puissance qui se lève mena- noncent. Ce que nous devons savoir;
excitation nous servent à exprimer nos idées.
non suivie d'effet, sédition , çante; les gouvernements actuels, vieil- c'est que nous sommes
à la désobéis- Peine croit nous engagés corps
aux soldats ou marins lis par le dévergondage de leurs vexa- perdue ! Lorsqu'on à corps avec tous les pouvoirs, ceux
sance envers leurs chefs. Naturelle- avoir brisé, lorsqu'on suppose notre
tions, essayent, mais en vain, d'anéan- d'aujourd'hui comme ceux de demain,
ment notre ami fut reconnu et d'étouffer, voix éteinte ou tout au moins affaiblie,
coupable tir l'Anarchie par suite, et qu'une erreur simple,
et con- un cri plus terrible, plus soutenu, commise par
sans circonstances atténuantes le germe de révolte et d'affranchisse- plus
nous peut se changer en faute grave.
damné à 2 ans de prison et 3,000 fr. ment qu'elle apporte avec elle. Com- fort, se fait entendre. C'est ainsi qu'au- -
l'Alarme à son Ah! si l'Anarchie était un svstème
d'amende (tarif maximum).
UHydrehit me aux jours sombres des massacres, jourd'hui apparaît J ---
étant définitif tour pour continuer la besogne d'af- si elle flat-
par .ce fait, le jugement des St-Barthélemy, des terreurs réac- d'opposition parlementaire,
et devait dans des sanglantes franchissement laissée par l'Hydre, qui tait, elle aussi, l'autorité, assurément
contraint de disparaître, tionnaires, semaines,
avis à ses vient de disparaître sous les coups du nous serions un peu plus libres que ce
son numéro 7 en. donner le gouvernement républicain; enivré
lecteurs. la rendu furieux code' d'une société à son déclin. que nous sommes, les persécutions se-
par persécution, par
messieurs du Oh! certes, nous ne nous faisons pas raient moins acharnées et moins terri-
- Mais gouvernement le désir de faire pâlir l'étoile du pou-
de la police ne l'entendaient pas ainsi, voir du sinistre désir illusion et peut-être avant qu'il soit bles, des centaines des nôtres ne peu-
petit Vieillard,
aussi ùsèrent-ils d'intimidation envers
qu'il ne peut satisfaire, essaye de s'en longtemps comme nos prédécesseurs– pleraient pas les prisons de la réaction
M. Perrellon imprimenr de l'Hydre aux anarchistes et de faire nombreux déjà nous laisserons à internationale, nous pourrions au con-
prendre
et réussirent à le dissuader de livrer le sentir sur leurs personnes la rage de d'autres le soin de pousser plus avant traire, sans crainte de représailles, dire
près de 2,000 son impuissance sénile. notre œuvre de revendication prolé- avec sérénité ce que nous. aurions à
journal quoique ayant
Naturelle- Pris de vertige, ébloui par la force tarienne, de Révolution Sociale. Mais; dire; mais là n'est point notre jeu.
exemplaires d'imprimés.
ment que ses frais lui seront rembour- Contre nous qui voulons la liberté,
de nos idées, la justesse de nos reven- qu'on le sache bien, quelles que puis- se
sés, les fonds secrets sont bien là pour la logique de nos théories, sent être les persécutions gouverne- ligueront toujours ceux qui veûlent,
dications,
un les gouvernants de mentales et capitalistes, les anarchistes im poser à la masse leurs volontés per-
coup. essayent partout
Mais -enfin, insensés nous fermer la bouche, tiendront toujours haut et ferme leur sonnelles, leurs vues indiyidelles,
gouvernants d'empêcher
c'est-à-dire que nous avonsvpour ad-
croyez. vous que tous vos procès, toutes notre développement. Rien n'y fait; drapeau, et en méprisant souveraine-
vos infamies pourront arrêter la mar- nous ment les quelqu'ils soient, versaires tous ceux qui veulent goûver-
grandissons constamment, peu exploiteurs
,
ner les hommes, nous récla- Paris et la banlieue? Telles sont les ques- Etrange défilé de témoins : Jacomet et le procureur de Mantes sou-
puisque
tions excellentes que se posent les 1° Les mouchards officiels (commissaire rient, désagréablement.
mons pour' tous, sans distinction,
anarchistes parisiens. Mais que l'on ne de police Dagnac, de Lyon, commissaire de Toutefois, pour la première fois à Mont-
l'indépendance. Est-ce que lorsqu'on brison, dans une affaire de ce genre, le
s'attarde point dans les discussions oiseuses police de Roanne, nommé à Roubaix,
est forcé d'obéir, on est libre? non ainsi que cela arrive trop souvent; que l'on jury accorde les circonstances atténuantes.
commissaire de police de Saint-Etienne,
assurément, et lorsqu'on est libre, il agisse promptement et que 1on songe sur- quatre agents de police de Roanne) ; Jacomet et de Mantes font leur plus laide
a de Or, de tout aux moyens d'exécuter efficacement 2° Les moucnards amateurs débitant grimace, et le premier s'empresse d'ac-
n'y plus gouvernant. plus (le
les orojets en l'air- Cn nous annonce que le de tabac Hue, drôle de type, nom allemand, corder à Crié le maximum de ce qu'il peut
gouvernant religieux, politique, écono-
groupe Les Misérables, de Grenelle groupe se dit brodeur et a affectivement brodé lui donner, soit un an de prison et 500 fr.
ouvrier sans éti- qui
mique, (n'importe qui fait de la bonne besogne dens le xve la plus étrange des histoires ; le jeune d'amende.
quette), l'homme indépendant en un et dont le nombre des A la sortie, un vieux gendarme indigné
arrondissement, Bouillotin, secrétaire de la bibliothèque
mot, voilà l'Anarchie, nous pourrions membres s'augmente toujours–organisera, dit en montrant le condamné :
municipale, qui a paru tout interloqué et
dire voilà la Paix, la tranquillité, en un de ces dimanches, une grande réunion est devenu bien rouge quand Crié lui a « Ça a l'air de rien lui faire ! »
d'autres termes la Justice et la frater- publique. Dans cette réunion, on combattra demandé s'il n'y avait pas une porte de
le suffrage universel et on engagera les communication entre le poste de police et
nité. Est-ce que lorsque nous faisons
travailleurs qui votent à déserter le scrutin, sa bibliothèque) ;
la guerre à ceux qui nous exploitent, à ne pas écouter les charlatans qui dé- 3° Un bon garçon d'employé, qui au
et nous gouver- Li
qui nous oppriment bitent leurs boniments sur le champ de grand déplaisir de Jacomet, a déposé avec OUI SOCIALE
nent, nous ne sommes pas en état de foire des élections. Nous espérons que une impartialité et une véracité méritoires. (Suite)
défense? Eh bien1 tant que cette grande réunion abstentionniste por- A part Chevalier, tous ont récité la même
.légitime
les anarchistes auront des plaintes à tera ses fruits. leçon, évidemment apprise par cœur.
Les anarchistes ont une influence la amusante Certes, c'est beau, l'égalité souveraine
des grande Signalons seulement scène qui
formuler, des iniquités à attaquer, du monde, la liberté protectrice de toute
dans les quartiers de Grenelle et 4e Javel, s'est produite entre le commissaire de police
inégalités à faire disparaître, le bien- tyrannie; "mais quoique tout cèla ait de
quartiers essentiellement ouvriers et révo- de Roanne actuellement à Roubaix. et
être humain n'existera grandes chances d'arriver, il se peut que
pas, pas plus lutionnaires Les blanquistes y sont aussi son brigadier Muguet, ne parvenant pas à nous nous trompions, que nous ne comp-
dont on inscrit le mot nombreux et chercheront-ils, par suite, à se mettre d'accord sur le moment où Crié
que l'Égalité, tions pas assez avec les vices de chacun,
sur les cachots où l'on nous enferme décrocher une tymbale municipale. C'est avait prononcé les paroles qu'on lui repro-
qui ne changeront, qui ne se transforme-
et assez dire que la lutte sera chaude, comme chait.
pour avoir voulu parler librement ront pas comme le jour et la nuit. Quoi,
on dit, et que les anarchistes du xve auront A noter aussi la conduite du policier
-dire tout haut ce qui est juste, ce qui nous diriez-vous, s'il y a vice, il ya cause,
à redoublor leur activité. Diverses réunions Dagnac : il a rendu très exactement compte
est vrai. Jamais on a détruit Une idée s'il y a crime il y a mobile, et comme dans
seront organisées de ci, de là. Il est très du discours prononcé par notre ami Crié à
des vexations la société future il n'y aura ni mobile ni
en épou- probable que le groupe du faubourg Mar-
juste; dépit l'Elysée; mais il s'est vite rattrapé en ra- cause pour garder les vices et commettre
vantables qui s'abattaient sur ses pro- ceau, comme la Liberté, et le groupe bel- contant aux jurés que Crié « avait donné les crimes, nous n'avons rien à craindre.
pagateurs, elle s'est développée allant levillois, fera une propagande particulière, le signal d'incendier l'agent Colomb en se Nous l'admettons; mais croyez-vous, et
Il en est ainsi de l'idée c'est-à dire qu'il fera paraître un placard frotiant la jambe ».
-grandissant. nous vous le répétons, que les hommes
exclusivement fait par le groupe. On veut Nous jurons à nos lecteurs que nous
Anarchiste, et il n'y a jamais eu d'her- - seront transformés du jour au lendemain ;
bien souvent, ceci dit entre parenthèse, n'inventons pas cette fumisterie ridicule.
cule pour anéantir une opinion qui se faire toute action d'une manière générale, plus, que nos générations actuelles ne
L'avocat bêcheur, un jeune niais préten-
sur les aspirations conserveront pas jusqu'à leur extinction
base essentiellement d'une façon qui englobe tous les anarchistes tieux, bafouilleur et bégayeur, a fait le
les penchants et les mœurs qu'elles pos-
individuelles, qui est en corrélation de Paris. Il y a un excès de communisme, plus grotesque des réquisitoires. Cet imbé-
car il est arrivé maintes fois au nom de Paul
sèdent; croyez-vous que si nous ne trou-
avec les sentiments de l'être humain. que, lorsqu'on cile, qui répond Demonte, vons pas, en attendant l'éclosion et la vita-
a voulu exécuter telle ou telle proposition a raconté que Crié était lu chef de Xlnler-
Que les gouvernements le sachent lité des générations futures, un mobile
et qu'on s'est attaché à comprendre 'ous naiionale, qu'il voulait hrûjler et piller les
en, quoiqu'ils
bien, fas'ser 1uiss ou n'a - pour les mettre sur la voie bonne du com-
bi 1 les groupes, pu réussir coin-en, eau îgnes. l'iJ. ét' le seul rédacteur du
ITXO O* te inorruo muâisïrio, l'émulation dont- nous pâtirons–*
OLÎ .icMidttï ment. Tin groupe qui prend telle ou telle Drapeau noir, du Révolté et de tous les
tout à. l'heure, un attachement qui les
industriel et commercial les fera dis- iuitiative, qui accomplit telle ou telle be- journaux anarchistes.
oblige aux devoirs qui leur incomberont
paraître un jour. C'est la loi du pro- sogne, suggère aux autres groupes des Après avoir relevé, comme elles le
pour attendit* que les couches nouvelles
idées qu'ils n'avaient pas, et sous le stimu- méritaient, les polissonneries de ce person-
grès, c'est l'esprit d'Anarchie ! soient viriles; que, pénétrées, vivifiées,
lant d'une action bien engagée et bien réus- nage, notre ami Crié, qui présente seul sa
incarnées des nouveaux principes, de. nou-
LA RÉDACTION. sie, ils s'engagent alors dans un autre tra- deionse, a abordé les faits de la cause.
velles mœurs, elles puissent mener à bien
vail, ne voulant point rester en arrière. Le Il a prouvé que depuis quelque temps le
et éternellement le gouvernement social ;
résultat acquis ensuite est beaucoup meil- parquet poursuit et le jury condamne la
leur que si on avait recherché une entente tandis la qu'elles seront aptes à vivre sans chaos, et
provocation indirecte, que loi exige
et pris des résolutions communes. la soit di- que les connaissances soient d'héritage des
formellement que provocatiun masses.
MOUVEMENT PARISIEN On nous annonce la réorganisation du recte.
meeting avorté des vingt groùpes corpo- « J'ai discuté, a-t-il ajouté, les points les Que tous les préjugés aient disparus.
ratifs. Y aurait-il des présidences comme l'affaire vous montrer Que l'homme soit réellement ré, fort et cons-
plus précis de pour cient de lui-même, se riant des mystères,
Ce sont les compagnons Pinoy et Dené- pour le premier ? Espérons que non. Il y que vous ne respectez pas la loi que vos
narguant l'impossible, éclairant les té-
chère qui ont été surpris, la semaine der- en a bien assez de personnalités. En met- mandataires ont faite et vous imposent,
tant en avant des croire nèbres, pénétrant les secrets, ayant la vé-
nière, de recevoir du papier timbré! Mis en toujours personnalités en mais je ne voudrais pas qu'on pût
- rité et la science pour cicerone dans sa
renom, pour, dit-on, attirer du monde, on que je mets mon drapeau dans ma poche et
liberté, ils croyaient en être quittes pour marche. Vraiment, dans cette situation, je
48 heures passées au dépôt, mais non risquerait d'imiter ceux qui voudraient que je tiens deux langages différents à la
croirais l'occasion bonne, je la saisirais
et malgré ce que nous disions dans notre envoyer des députés au Parlemeut pour que cour d'assises et à la réunion publique. Je
aux cheveux.
la parole révolutionnaire fût entendue suis socialiste, révolutionnaire,
-- dernier « mouvement », il y aura pour- par républicain, Mais qui sait, nous le savons, les connais-
suites. Les motifs sont connus: outrages et tout le monde ! Sans avoir d'animosité anarchiste. Je suis de ceux qui pensent que sances s'implantent de nos jours rapiJe-
menaces aux agents en ce qui concerne contre personne, au contraire, il y a, ce l'idée de liberté est trop haute et trop grande ment dans les masses, la lumière étend
notre ami Pinoy; quant à ce qui concerne nous semble, un manque de principe anar- pour que l'homme se contente de parcelles
prodigieusement son cercle dans le monde,
• le compagnon Denéchère, ce doit être assu- chiste. de liberté, accordées et retirées, suivant
tous obligés, contraint à penser, à scruter
rément pour le même motif. les caprices des temps et les circonstances, les effets et les causes, les événements et
° * suivant le bon ou le mauvais vouloir des
** les circonstances, nous volons au mystère,
gouvernants quels qu'ils soient. Je suis de
Dans tous les arrondissements, des comi
sociale ne - nous accourons au futur, sans crainte des
ces affamés de justice qui sépa
tés abstentionnistes se sont formés, et, du risques et périls, de tomber dans les-tra-
En Cour d'Assises rent point la liberté économique de la
reste, tous les groupes ont cette question à quenards réactionnaires, .non !
- l'ordre du jour de leurs réunions. Il est liberté politique, la liberté de l'égalité ; à Nous marchons avec assurance, presque
, A MONTBRISON qui tout pouvoir paraît un abus et toute
- très probable qu'une réunion générale des avec confiance; ceux qui portent la torche
autorité une tyrannie insupportable ».
groupes aura lieu ces jours-ci. On en a révolutionnaire, le flambeau de la lumière,
Le compagnon Crié a comparu, mardi
causé entre soi déjà. Il faut dire que les On applaudit dans le fond de la salle, et sont d'héroïques pionniers, de savants pré-
25 mars, devant la cour d'assises de la
avis sont divers. Ainsi, il y en a qui vou- Jacomet menace de faire sortir la foule qui curseurs, des guides dévoués et éclairés ;
Loire, siégeant à Montbrison, pour un dis- est très grande.
draient desaffiches; d'autres, des manifestes cours prononcé à Roanne, dans une réunion donc, de l'audace, nous sommes en face de
-qui seraient distribués à profusion dans les Deux fois le procureur de Mantes reprend l'ennemi, il ne peut plus se dérober, ses
publique. la parole, deux fois le citoyen Crié lui »
réunions électorales où viendront s'offrir subterfuges sont connus, nous frappons!
Le tribunal était présidé par le trop
messieurs les candidats; des ma- répond. Une troisième fois, le procureur de tombe, il ne pouvait pas résister ; convain-
d'autres, illustre Jacomet.
nifestes particuliers, etc. Mantes revient à la charge et s'acharne à cus, nous sommes, cet ennemi, c'est le pa-
Le citoyen Crié ayant été condamné, il y
un verdict sans circonstances rasitisme! Nous l'avons vaincu, nous voilà
En définitive, on veut faire quelque a trois mois, par défaut, à deux ans de obtenir du jury
chose, on est disposé à lutter, à faire une atténuantes. libres, trop libres, peut-être !
- prison et trois mille francs d'amende, même
active campagne. Sans doute, les affiches « Tenez, se contente de répliquer Crié, Pourquoi, nous direz-vous, parce que
peine avait frappé le compagnon Gay, pour
ne suffisent pas, car il ne faut pas supposer la même réunion. votre acharnement même prouve que vous vous n'êtes pas vos maîtres, vous ne com-
qu'elles resteront longtemps aux regards Mais Simon Gay a été enseveli sous un faites un procès politique' et pas autre prenez pas; les détestables institutions
du public; il faut aussi qu'elles soient chose ». écroulées sous vos coups vous ont viciés,
éboulement; il;i eu la cuisse gauche brisée
suppléées par des placards distribués ou et est en ce moment à l'hôpital. Force a été Après une demi-heure de délibération, la corruption est l'apanage d'un passé hor-
vendus. Ferait-on un manifeste général, de disjoindre les deux causes, et notre ami les jurés rapportent un verdict de condam- rible; vous étiez forts,unis contre l'oppres-
une affiche générale qui servirait pour tout Crié a comparu seul.' nation naturellement. seur, parce qu'on vous avait instruits de
;
l'inutilité de son existence, du mal qu'il De nos jours, comme qu'il en soit, nous diatement après la réunion; étant sans tra- pulaire ou plutôt s'il avait plusieurs
vous procurait. sommes sujets à tout, nous nous étonne- vail à cette épeque, cela m'aurait occa- têtes, tel qu'une hydre. D'ailleurs, notre
Mais aujourd'hui, le lendemain de la rions de rien, que quoi que ce scit nous sionné moins de perte qu'actuellement. nom d'anarchiste suffit pour persuader
Révolution, victorieux et maître à votre arrive, nous n'aurons plus le droit de ma- Le motif de ces tardives arrestations est, que c'est bien là notre but; que la Révo-
tour, si la raisou ne vous guide, si l'égoïsme nifester notre étonnement, notre stupéfac- je crois, que voyant les élections appro- lution n'ait pas de tête ou bien qu'elleen ait
vous saisit, si vos sentiments n'ont aucune tion, notre mécontentement ou notre colère; cher, ORa craint notre propagande absten- des millions, c'est plutôt là ce
que nous
condescendance pour le calme et la géné- révolutionnaires on non, nons sommes res- tionniste. voulons. En effet, compagnons, le moment
rosité, vous perdrez les fruits de vos com- ponsables, même de ce que nous avons fait, Perrier se défend assez énergiquement de la grande liquidation approche à
grands
bats. de ce que nous ferons de ce que nousne fe- et nous regrettons, vu le peu de place que pas, l'édifice social-bourgeois
nous avons ici, de pouvoir relater sa dé- craque de
Pour pouvoir définir un but, il faut le rons jamais, de ce que nous aurions ignoré toutes parts. Préparons-nous et étudions
fense. Il conclut par cette phrase logique
connaître entièrement et non à moitié pour toujours si on nous avait pas condamné les grands moyens chimiques et ne
soyons
et énergique : Lorsque les ouvriers ont
franchir les obstacles; il faut non seule- pour cela. Ce sera peut-être rien, qui sait plus assez chevaleresques et niais pour al-
ment tuer les oisifs et les parasites, abattre cela, pour accroître notre développement faim, il faut qu'ils mangent. L'auditoire ler nous faire scalper sur une barricade.
les institutions despotiques, révolutionner incellectuel, il faudra deviner, ou sinon applaudit frénédiquement et le président en Puisqu'on a dit que l'humanité se voile-
courroux ordonne l'évacuation de la salle.
le monde, meis le transformer. gare. Ne croyez pas que nous voulions vous rait la face pendant la grande période,
Il ne s'agit pas qu'après avoir détruit un Le prneureur entame un long réquisi-
reporter aux temps des sorciers, mais en- afin qu'elle ne puisse pas voir ce qui se
monstre, en laisser venir un autre, non, il fin c'est comme ça; il faudra prévoir, toire, il représente les anarchistes comme commettra, nous pensons qu'en effondrant
les perturbateurs de la réunion du Cirque
faut faire obstacle à toute tyrannie, se mu- beaucoup prévoir, et un jour, nous saurons le restant du vieux monde la nuit, cela sera
nir contre toute réaction; or, nous reve- L'avenir. -et de jl'Hôtel-de-Ville, et demande une sera très avantageux, pour que l'humanité
nons encore au même point, tant qu'il ne Ah ! loin de blâmer la bourgeoisie, nous peine sévère. n'y voie pas grand chose et en même temps
sera pas conçu, défini, nous irons à sa re- l'en remercions, elle a tronvé le moyen, si Enfin, pour plus vite terminer, le tribu- très utile pour nous. Oui, nous pensons que
nous ne voulons pas être poursuivi et em- nal se retire et apporte les peines suivantes:
cherche, à son repaire. C'est le symbole c'est la nuit ou ça ira le mieux. Il
des divergences ! prisonné, de nous apprendre à connaîire Bergues, 2 mois de prison; Perrier et Per- faut être pour quelque temps seulement
L'ordre sans chaos et la confusion, c'est l'avenir. Vr.iment, nous n'aurions pas cru relle, 15 francs d'amende; Reynaud et un peu serpent. Voyez nos bourgeois, ils le
le sentiment qui, ultérieurement après la MM. les repus aussi capables et intelligents Taravellier, 5 francs chacun. sont toute leur vie et ils ne s'en portent pas
Révolution, poussera les êtres à se nantir que cela. On pourra de cette manière, Vraiment, ça ne valait pas la peine de plus mal pour ça. Il faudrait" autant que
de bons principes. La sécurité dans la féli- une fois notre éducation faite, rester ver- poursuivre, un mois. après, pour d'aussi possible, pour la bonne réussite de la Révo-
cité c'est que chacun recherche dans le tueux, puisque nous connaîtrons ce que stupides condamnations. MM. les bourgeois lution, qu'un anarchiste puisse à lui seul
complément de soi même une protection nous ferons, nos actes et leurs conséquen- ne sont pas intelligents, ils provoquent la démolir au moins 400 ventrus exploiteurs,
certaine et un bonheur assuré, l'accointance ces. Dans quel siècle d'hallucination d'in- continuation de l'agitation : c'est ce que sans compter les ambitieux et ceux qui sou-
à la mutualité pour qu'il sorte de cette so- vention et de cauchemar sommes-nous nous demandions. tiennent.la société actuelle, tels que: gen-
ciabilité le désir de produire, de vivre et donc! On y reviendra, Messieurs les bourgeois, darmes, policiers, prêtres,, etc., etc.
de conserver, de protéger et d'élever. Enfin, voilà les faits, nous vous les racon- les repus, voleurs et tyrans de la plèbe. A Il est certain que l'on ne peut pas savoir
Car si nous voulons vaincre la réaction tons textuellement, comme ils se sont pas- bientôt. combien au juste nous en démolirons; il y
*
-des penchants, des préjugés et des mœurs sés. Après un mois d'attente, MM les ma- #* en a parmi nous qui seront démolis sans en
qui nous gouvernent aujourd'hui, si nous gistrats ont jugé utile de poursuivre les Un fait que nous oublions de rendre plus avoir touché un seul, quand ça ne serait
voulons résister à ces désirs de cupidité, à orateurs de la réunion du 24 février der- explicite, c'est que les membres du bureau que notre vaillant ami Cyvoct. Ah! tas de
ces passions qui obstruent nos cerveaux, à nier, avec le bureau composé de 4 mem- sont condamnés pour n'avoir pas usé de lâches de bourgeois, vous êtes tout puis-
cesvices qui nous dégradent, qui nous font bres. Aujourd'hui, dame justice a daigné leur autorité morale pour arrêter la foule sants aujourd'hui, mais demain? Et il est
entr'égorger, éviter la dualité qui pro- les condamner, non pour les pa- d'aller à^l'Hôtel-de-Ville ; donc, nous en certain que n'importe lequel d'entre nous
voque la haine, rechercher les éléments roles des orateurs et l'inadvertance du revenons à ce que nous avons ébauché en qui arriverait à.400 ne s'arrêterait pas pour
naturels, aller à la source primitive de nos bureau, chose absolument théorique, mais commençant, que l'on a poursuivi pour dé- cela.
.nécessités et de nos affinités et produire pour les conséquences de cette réunion. Ici lit meial, crime de pensées, car si ceux Nous yitendons déjà des objections: les
pAr la volonté et l'émulaiion de tout ce que - pas la ceanse que
comme on l'a dit, , ce n'est ui étaient au bureau n'ont pas eu l'intelli- uns no disent: domine vous y alIO4 40U ?
- ltf0G's clierchons, lesindispensables l'on poursuivait, car alors oh pouvait l'em- Et pourquoi pa.:;'?:Si, fa 71, aulieu de faire
moyens, geno assez grande et assez subtile pour
la sympathie et l'utile volonté detjusles pêcher de se produire, mais l'effet qu'il connaître les conséquences de cette sortie des barricades, on avÔt fabriqué d;s bom-
membres de la société. aurait fallu prévoir, surtout pour deux tumultueuse, c'est, paraît-il, leur faute, et bes exploâibles et tant d'autres eng. us, c'eût
(A Suivre). imbéciles dont l'un est « élu ». Condamnés pour avoir oublié de penser. été d'une plus grande utilité, et pour em-
Un acte s'est produit au commencement Nous sommes avertis, Messieurs nos tyrans pêcher les soldats-esclaves, sî toutefois "il
de la séance. Lorsque le président, faisant et voleurs. y en avait, et nous pensons qu'il y en avait,
Nous y reviendrons, soyez tranquilles, et nous pensons qu'il y en aura encore,
l'appel nominal, appela Perelle, inculpé
lui aussi d'avoir provoqué la manifesta- et bientôt. malheureusement, qui veuillent marcher
Ni contre leurs l'i ères de misère, au lieu de
LETTRE STMàM tion, notre ami répondit une phrase assez Le Groupe LA BOMBE.
leur répondre bêtement à coups de fusil, on
énergique et dont nous prions nos amis de
leur faisait crouler ou plutôt sauter plu-
se servir lorsqu'ils seront arrêtés et qu'on
Nous aussi, nous avons notre part de les interrogera. sieurs maisons par rue sur la tête. Vous
S'adressant au tribunal, il
poursuites et de condamnations, faibles, il refuse de prêter serment et dit: « Dans verriez qu'ils aimeraient mieux se mettre
est vrai, mais aussi « tardives », Décidé- Les avec le peuple qu'avec leurs soudards, par-
l'anarchie, tous les hommes sont égaux, Utopistes
ment, le ridicule s'empare de la Bourgeoi- ce qu'ils verraient avec effroi que la force
donc, comme anarchiste, je ne reconnais
sie et lui montant au cerveau, il paralyse dont nous disposerions serait plus consé-
pas le droit au tribunal de m'interroger
ses facultés, même du « génie » bourgeois Quand vous serez à bouts d'arguments quente que celle des pirates qui leur com-
ainsi qu'à personne.. Le tribunal cédant à
avec un contradicteur qui vous tiendra un mandent de tuer leurs amis, leurs parents
incarné particulièrement chez MM. les pro- l'impression d'honneur effarouché, le pro-
çureurs dela République et notamment ici cureur de la République en tête, réclame langage serré et accompagné de chiffres et qui se battent pour les délivrer de l'escla-
en la personne de M0 Garriod. de données scientifiques, quand il vous aura vage militaire comme pour eux.
son expulsion qui est immédiatement or-
démontré par A plus B que la société ac- Nous pensons qu'il faudra un bon coup
Lorsque nous disons que les facultés de donnée et notre ami sort accompagné de
la race oppressive s'altèrent .au soufle des tuelle n'est faite que d'iniquités et de misère de Jarnac dans l'armée pour lui enlever
gendarmes et de policiers.
connaissances prolétariennes que ces con- pour la grande majorité des humains et que l'envie de tirer les marrons du feu, au seul
Je n'appartiens à aucun groupe, je suis cette majorité fait tout ce qui est nécessaire profit de tous les bankocrates qui auront le
cepts disparaissent sous les sarcasmes de Je n'ai pris la parole que
la foule, nous voulons dire simplement par indépendant. à tous, quand enfin, il vous aura montré du soin d'aller loin, bien loin de la fournaisent
là que la bourgeoisie est acculée dans une lorsque, j'ai vu que la réunion n'allait de- bout du doigt les souffrances du peuple. où ils cuiront. Mais nous ferions bien aussi
venir qu'une vaste réclame électorale au Dites-lui (style Ferry): Vous êtes un uto- de les retenir un peu, afin qu'ils se chauf-
impasse terrible, que le murmure de la lieu de s'occuper de son véritable but « la
piste. Personne n'a faim, puisque je viens fent et se brûlent un peu les pattes cro-
foule grossît qu'elle essaye de sortir du
crise économique ». J'ai fait tout mon pos- de' manger et que j'en ai jusqu'au cou. chues qui leur servent de mains. Pour cela
bourbier où elle s'est laissé inconsciemment
sible pour ramener la discussion sur ce C'est en effet ce que répondent tous .les fiare, il faudrait couper les rails des che-
tomber par la multiplicité de ses crimes, de
terrain-là, et la misère aidant, je n'ai pas mins de fer à un endroit propice et en mê-
ses iniquités et de ses orgies; nous voulons bourgeois en chœur, lorsqu'ils entendent
eu de peine.
dire qu'elle s'élance au-delà de sesrégions, parler de la misère du peuple. Et après me temps les fils télégraphiques aériens et
elle veut dépasser la sphère .de ses con- Mes idées n'étaient pas de provoquer un tout, ils sont dans leur rôle qui consiste à soutarrains, de façon à ce que ces mes-
naissances en voulant se tenir dans un lieu attroupement, puisque j'ai demandé par- tondre, tondre toujours; ils tondent avec sieurs -ne puissent pas correspondre avec
où nul être, même le plus génial ne peut tout, aux deux réunions, qu'on nomma une unetelle fureur qu'ils finissent par enfon- leurs garçons bouchers de chair humaine
rester; clest, pour être plus explicite, que délégation pour éclairer les pacifiques sur cer les ciseaux dans la peau du pauvre et aussi brûler le plus que l'on pourra les
le nombre des difficultés qu'elle accumule la volonté de l'autorité. Cette délégation a mouton populaire, et si parfois le mouton titres de propriété "et les valeurs, quelles
tous les jours, la grandeur de son danger eu pour résultat les cinquante mille francs pousse quelques bêlements plaintifs et gu'il qu'elles soient: actions, obligations ou bil-
qu'elle ne peut ni éviter, ni évincer par ses que M. le Préfet a/Tait voter le lendemain ne se contento plus de regarder les saintes lets de banque. Pour quant à l'or et à l'ar-
moyens défensifs. par le conseil municipal (siégeant je, crois bêtises que les aides tondeurs ont mises gent, nous les fondrons en lingots qui servi-
Oui, nous avons vu aujourd'hui ce que à cet effet extraordiuairement). dans les églises, vite l'on a recours à un ront à la chirurgie et à plusieurs choses
nous avions douté longtemps, que la bour- Après un développement de sa défense garçon boucher de chair humaine, tel que utiles à l'humanité, excepté à ce qu'ils ser-
geoisie non seulement arrête et condamne dans le cours de laquelle il traite de mou- Galiffet. vent aujourd'hui.
les paroles et les actes révolutionnaires. et chards plusieurs agents de la sûreté, qui Ce sont les révolutionnaires en général. Quand nous, aurons déblayé le terrain de
les révolutionnaires, mais aussi accuse et témoignent contre lui et ses collègues, qui ont la fameuse popularité de représen- la pourriture dont il est embarrassé aujour-
condamna les pensées, les concerts indivi- ter la tête du mouton en ces occasions si- d'hui, nous songerons à nous entendre li-
Berguts demande pourquoi on l'a arrêté si
duels: mieux, l'absence de ces ptnsées qui tardivement. Pour moi, personnellement, nistrés. Cependant, si nous, anarchistes, brement, de .façon à produire selon les
doivent se transformer en paroles. lui faisions changer de tête au mouton po- données scientifiques et progressives. Les
j'aurais préféré à ce qu'on m'arrêtât immé-
efforts de l'humanité, au lieu d'être divisés, Bruxelles, le professeur traita de l'étude Votre pays vous est interdit : pas de Monceau-les-Mines. Compa-
convergeront vers ce point, produire avec des chlorates, et il s'occupa tout particuliè- place pour vous dans un autre pays! gnons. Je m'empresse de vous commu-
le moins d'efforts possibles, afin que cha- rement du chlorate de potasse, avec lequel Que d'hommes d'une intelligence supé- niquer ces quelques lignes pour vous ren-
cun consomme ce qui lui est nécessaire et il procéda à une foule d'expériences qui ne. rieure se sont vus réduits en Belgique, en seigner un peu sur la situation qui règne à
même plus, si cela lui fait plaisir; quand il manquaient pas d'un certain intérêt. Suisse ou ailleurs aux plus humbles condi- Monceau-les-Mines. Voici comme la bour-
étouffera, il sera bien obligé de s'arrêter, Paul Métayer prit des notes dictées éga- tions, aux plus incapables nécessités. Avo- geoisie traite les prolétaires, compagnons
car on ne dine pas deux fois, dit un pro- lement à tous les élèves par le profes- cats, médecins, écrivains, en exil, sont voici les faits tels qu'ils se passent.
verbe. C'est pour cela que nous, anarchis- seur. descendus jusqu'à la plus profonde misère. Maintenant, les garde-chiourmes ont dit
tes, préconisons la liberté absolue de l'in- Ce sont ces notes qui ont été trouvées Chaque jour, à chaque instant, ce sont aux femmes et filles qui travaillent tu char-
dividu sachant bien qu'elle ne peut dépas- dans un carnet de poche lui apparte- des sarcasmes, des déboires, des tracasse- bon. dessus le puits et dessus les ports, qu'il
ser les lois naturelles que par hasard ou nant. ) ies et des déceptions. fallait qu'elles aillent à la prière après les
accident, et comme le disait Littré, que l'on Dans le courant de la semaine, mon ami Voilà un homme qui veut vivre et son journées de travail aussi pénibles qu'elles
ne peut pas soupçonner d'être anarchiste, voulut recommencer ces expériences ; nom, sa réputation de socialistale font re- sont. Voyez, compagnons, les femmes et les
ni même socialiste, puisqu'il faisait rimer mais il ne put le faire à la maison, parce buter de toutes parts; il est aux prises avec filles sont obligées d'aller dans l'égiise pour
socialisme avec alcoolisme: « Dans le cri- que le chlorate de potasse dégage, vous le toutes les difficultés du la vie, et vous vou- être bien vues par les garde-chiourmes
me il y a misère ou folie. » Eh bien! sup- savez, une odeur profondément désagréa- driez qu'il n'exploite pas tous les moyens dans leur travail, pour être bien vues de
primons donc radicalement (t) la misère ble. honnêtes qui peuvent le préserver d'une ces buveurs de sang et de ces capitalistes.
qui, elle est souvent l'auteur des folies qui C'est pour cette raison qu'ayant fabriqué défaite! Ne serais-ce pas du cynisme? Eh bien, compagnons, nous faudra-t-il tou-
existent. Comme peuvent le voir tous les une pièce d'artifice dans laquelle entrait En prenant un faux nom, avais-je l'in- jours être conduits par l'inquisition ?
larbins de France et de Navarre, nous ne cette matière, nous allions l'essayer à la tention de vivre d'expédients ? de me faire Nous, nous jurons d'y mettre un terme
nageons pas par trop dans le bleu du ciel, campagne, où survînt le malheureux acci- chevalier d'industrie ? Non. Partout où a propre pour apaiser les douleurs des cr-
mais nous avons une forte envie de les faire dent que vous savez, et où je fus arrêté passé le socialiste Cyvoct, on peut vous ve-faim.
nager dans le bleu et le vert des fleuves et quelques heures plus tard. dire qu'il vous dire qu'il fût toujours hon- Vive la Révolution sociale!
rivières. En Belgique. nête. J'enfreignais les lois, c'est exact;
C'est à ce moment là où nous pourrons c'était avec des intentions et Le Groupe des AFFAMÉSDE MONCEAU-
Pourquoi j'avais abandonné mon louables,
juger lesquels avaient raison des utopistes quoique ça, j'ai les avoir en- LES-MINES.
nom. payé pour
ou des cuistres à 60,000 francs par an, sans freintes, et vous n'avez plus à me le repro-
Me suis-je sauvé de Suisse immédiates Bordeaux. A Bordeaux, les anar-
compter ce qu'ils extorquent. ment après l'attentat? Non. Et MmeHermin-
cher.
Quoi! vous prétendriez que je ne vou- chistes avaient organisé pour le 18 mars,
jat. M. Darbelet, Mlle Rosalie Kohler, anniversaire du mouvement communaliste,
lais que me soustraire à la justice française ;
VARIÉTÉS peuvent encore, en cette circonstance, cette justice, je ne l'ai jamais craint. une soirée de famille qui avait attiré un
m'appuyer de leurs témoignages. D'autre Je n'ai même jamais songé à l'extradi- grand nombre de citoyennes et de citoyens.
part, la date de mon arrivée en Belgique tion, car je ne pouvais pas penser que le Quoique ce mode de réunion fut nouveau
DÉFENSE DE CYVOCT l'atteste hautement.
gouvernement français le demanderait au dans cette ville, nous avons eu plein succès,
A Lausanne. Mon alibi En quittant Lausanne, je me suis arrêté même au delà de nos espérances.
gouvernement belge sans avoir une seule
(Suite) quelques heures à Bâle; je suis demeuré preuve de ma culpabilité. Et j'étais aussi A huit heures, notre salle est comble et
J'étais, avant l'attentat de Bellecour , au un jour à Strasbourg, une heure ou deux à sûr qu'il n'avait pas une seule preuve pour tout le monde est d'avis de ne pas nommer
jour de l'attentat et après l'attentat, chez Luxembourg. appuyer l'accusation portée contre moi,que de bureau, mais le compagnon Cyvoct,
M. Herminjat, qui n'est ni de mes parents, En arrivant à Verviers, dans les pre- condamné à mort, puis envoyé au bagne,
j'étais sûr d'être en Suisse le jour de l'at-
ni de mes intimes, et qui, par conséquent, miers jours de novembre, je me suis fait tentat. ainsi que le compagnon Marné, que la
n'a aucun intérêt à risquer sa liberté pour inscrire sur les registres de la population Vous comprendrez donc par là que cette bourgeoisie détient en prison à Bordeaux
un étranger. sous le nom de Louis-Henri Favet. demande d'extradition ne m'inspira jamais depuis deuxmois, sont acclamés présidents
Enfin, des personnes que je n'ai vu qu'une Je faisais usage de papiers que j'avais d'honneur.
que du dégoût.
fois ou deux, à qui je n'ai que peu ou pas trouvé dans une cassette dans la chambre Au début, le compagnon Léglise, après
Qu'ai-je fait à Bruxelles ?
parlé, vous attesteront que j'étais1 à Lau- que j'occupais à Lausanne chezM. Hermin- J'ai cherché du travail comme graveur et avoir ouvert la séance, commence par
sanne à cette époque. jat. féliciter les nombreuses citoyennes qui sont
peintre d'enseigne sans pouvoir en trouver
Quaije fait le jotjr de l'attoii Pourquoi vivais-je encore sur u fai x nulle ce qui s'expliqua facilement ; venues parmi nous; il leur conseille de ",
nom en Belgique? Comme en Suisse: pour prt,
En toute autre circonstance, je dirais : j'étais en Belgique au cœur de la plus mau- fréquenter nos réunions et d'engager leurs
éviter l'expulsion el me procurer plus sû-
j'ai fait telle ou telle chose; s'il me faut me vaise saison; avec mon ami Idencher, j'ai camarades et amies, surtout les jeunes filles,
prononcer ouvertement et sincèrement, rement des moyens d'existence. à les suivre, afin d'aider leurs maris ou
vous verrez ne mens car sollicité sans succès, et sans succès encore
Et que je pas,
je dirai: je n'en sais rien. J'ai peut-être, j'ai essayé d'entrer chez un architecte pour leurs frères dans la lutte pour leur affran-
retiré dans ma chambre, écrit un ar- quand il faudra me montrer, à moins d'être
faire du dessin linéaire. J'ai tout mis en chissement commun.
lâche, je ne me cacherai plus.
ticle politique; j'ai peut-être passé mon œuvre pour pouvoir travailler. cent En se versant dans l'étude des questions
Je demeure quelque temps à Verviers,où Après
après-midi à causer avec M. Herminjat; je déceptions, je mis le reste de mes espé- économiques et sociales, l'esprit de la femme
suis peut-être descendu à son atelier de j'essaie de faire de.la gravure, mais le tra- rances dans le retour des beaux se débarrassera d'une foule de préjugés qui
vail me manque. jours.
mécanique; j'ai peut-être passé ma soirée Pour ne perdre tout-à-fait mon temps, je
annihilent en elles tout sentiment de virilité
Sur la fin de décembre, je vais à Bru-
à jouer aux cartes; je suis peut-être sorti à et me et au lieu de se laisser attirer par des
xelles et voyez comme je tiens à un faux commençais apprendre l'anglais
avec M. et Mmo Herminjat. Je ne puis rien faisais inscrire avec mon ami Paul Métayer frivoles plaisirs, au lieu de perdre un temps
nom, je laisse à Verviers mes faux papiers
affirmer, dans la crainte de confondre un au cours de chimie de l'école industrielle précieux à des conversations cancannières,
et j'écris à mes parents de m'envoyer mon
dimanche avec le dimanche précédent ou de Bruxelles. à des entretiens puérils, elle verra son in-
acte de naissance pour me faire inscrire
suivant. telligence et sa raison grandir, de nou-
dans celte ville sous le nom de Cyvoct,mais (A suivre.)
Non, je ne puis pas, vous le comprenez , veaux et larges horizons s'ouvrir à son
certaine de l'em- ici ce sont des amis qui me dissuadent d'agir
vous donner l'explication esprit ; elle reprendra conscience de sa
en ce sens, prétextant qu'on ne me permet-
ploi de mon temps; l'instabilité de mon
du tout de sur le terri- dignité.
existence m'en empêche formellement. Mais tra pas séjourner
TRIBNE REvO LTIONAIRE (La fin au procain numéro).
toire belge, et ils s'appuient sur des faits
M. et Mme Herminjat, qui ne se trouvaient
pas dans mon cas, en rappelant leurs sou- pour soutenir ce qu'ils avancent.
non-seulement vous dire Je m'appuie sur les mêmes faits pour le Charlieu. Compagnons de l'Alarme
venirs, peuvent COMMISSION DE SECOURS
à quelle date je suis entré chez eux, mais soutenir ici. Anarchiste.
mon de AuœFamilles des détenus politiques
encore vous apprendre ce quà été ma con- Quelquesjours après départ Lyon, Le groupe l'Equarisseur de Charlieu
un étranger, dénoncé par Valadier comme Les Anarchistes de Charlieu vous DEUXIÈMELISTE -
duite, peut-être même à la date du 22 oc- (Loire). DE PARIS
étant anarchiste par pensée, car il ne envoie l'expression de leurs plus grandes
tobre 1882. Collecte faite par les ouvriers de
Je m'en remets donc aux souvenirs de s'était jamais ostensiblement occupé de po- sympathies, en promettant de marcher sur la maison Bariquand,rue Ober-
litique, fut obligé, pour obtenir un per- le chemin que vous avez tracé. kampf, 127, remise par le com-
M. et MInCHerminjat, indiscutablement plus
mis de séjour, de se faire recommander au Ecoute imprudente et cynique bourgeoi- pagnon Bourges. 7 50
précis que les miens. Excédant du groupe le «Volcaw). » 70
c'est que ministère de la justice par un député autre- sie: tu as cru avoir tué l'Anarchie en plon-
Tout ce que je puis assurer , Remis parle compagnon Fouber-
fois socialiste anarchiste, simplement libé- geant nos amis dans les cachots; au con-
j'étais à Lausanne avant, durant et après tan,du journal YHôtel-de- Ville:
ce que je puis attester et que ral aujourd'hui, et grâce à ces recomman- traire, nos rangs grossissent chaque jour et Collecte faite au banquet du 24
l'attentat,
témoins attesteront avec dations, il obtint un permis de séjour de l'heure est proche où tu paieras toutes les février boulevard d'Italie, 73,
quatre ou cinq 32 fr. plus 5 fr. du citoyen
à Lau- deux mois? tortures que tu fais subir à lhumanité Mal-
moi, c'est que, durant mon séjour Valete de Lyon. 37 00
Moi qui m'étais dévoué à la propagande, heur, malheur à vous inquisiteurs du pro-
sanne, je n'ai pas couché une seule fois Versé par la Bataille. 20 00
moi qui était sous le coup de la loi en létariat. Vous mourrez tous, vos cris et vos
hors de cette localité. Il est donc évident Total. 65 20
France, aurais-je obtenu même un permis pleurs ne pourront vous sauver. i Listes précédentes 04 20
que je ne pouvais pas être à la fois et à
Lausanne et à Bellecour. de séjour de deux mois? Au grand jour des vengeances populai- Total. 129 40
Et nul en pareille circonstance ne pour- J'aurais obtenu un arrêté d'expulsion, il res, entendez bien monstres sinistres de La commission a fait parvenir 62 fr. aux
rait en dire plus que moi; voilà où j'étais n'y avait pas à douter. Cela n'est pas arrivé bourgeois, les Anarchistes ne vous embas- familJes des détenus.
et voici mes témoins. à notre ami Ermanjols? En où aller, dans tilleront pas, mais pour plus de sécurité, ils Le Secrétaire : E. DRUELLE,
ce cas? vous supprimeront par tous les moyens les 7, rue Saint-Lambert.
L'accident de Ganshoren. On parle bien aisément, bien légèrement plus violents.
La première fois que nous allâmes au de l'étranger : il faut y être allé pour sa- Vive l'Anarchie! Vive la Révolution
cours de chimie de l'école industrielle de voir combien est dure, capricieuse, incer- violente. Le Gérant, Joanny BARDIN.
taine, l'existence de l'autre côté des fron- LES ANARCHISTESDE CHARLIEU.
(1) Nous donnons ce mot radical dans son Imprimerie de L'Alarme, rue do Vuuban, 20.
vrai sens. tières.