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MINISTERE DES ENSEIGNEMENTS

BURKINA FASO
SECONDAIRE ET SUPERIEUR Unité-
Progrès-Justice
-------------------------------
UNIVERSITE OUAGAI, Pr Joseph KI ZERBO
-------------------------------
UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE
EN SCIENCES HUMAINES (UFR/SH)
---------------------------------
DEPARTEMENT DE SOCIOLOGIE
---------------------------------
LICENCE3 DE SOCIOLOGIE
----------------------------------

Rapport du stage de terrain obligatoire (STO)

THEME: L’ACCES AUX SOINS DE REEDUCATION


DANS LA VILLE DE OUAGADOUGOU

Présenté par :

Sous la direction du :
DR BATIONO

JUILLET 2018

1
SOMMAIRE

Introduction……………………………………………………………………
Première partie : Cadre théorique et méthodologie……………………………
Chapitre I : Cadre théorique……………………………………………………
Chapitre II : Méthodologie…………………………………………………….
Deuxième partie : Présentation et analyse des données ……………………………
Chapitre III : Présentation des données ...………………………………………
Chapitre IV : Analyse des données …………………………………………….
Conclusion………………………………………………………………………...
Bibliographie……………………………………………………………………...
Annexe……………………………………………………………………………

2
Définition des sigles
AMPO : Association Managre nooma pour la Protection des Orphelins
CNAOB : Centre National d’Appareillage Orthopédique et de rééducation
fonctionnelle au Burkina Faso
CSPS : Centre de Santé et de Promotion Sociale.
AVC : Accident Cardio-Vasculaire

3
INTRODUCTION
A l’instar des autres pays en développement, notamment ceux du continent
africain, le Burkina Faso fait face à de grands défis sanitaires caractérisés par une
inaccessibilité aux soins. La santé est la question de tous comme le dit un proverbe
chinois « un homme saint est un malade qui s’ignore ». Tomber malade n’est le
souhait de personne, car tomber malade c’est souffrir et faire souffrir ses proches,
cela fait aussi appel aux ressources financières, à la relation distance avec le centre
hospitalier le plus proche, à la famille et aux personnels soignants. Au Burkina
Faso cette réalité touche beaucoup de monde notamment les plus pauvres ou l’on
doit choisir entre manger et se soigner, ou la simple décision de se faire soigner est
soumis à l’approbation de la famille ou du conjoint, ou l’accès au soin est un
parcours de combattant. La maladie qu’elle soit physique, métaphysique ou
mentale affecte doublement l’individu tant physiquement qu’émotionnellement, le
soutien de la famille et l’encadrement du personnel soignant sont la clé de sa
guérison. À cet effet des politiques sont misent en place pour faciliter l’accès aux
soins au plus démunis en leurs offrant certaines prestations sanitaires de base tout
en maximisant sur les plus faibles (femmes et enfants) pour un meilleur mieux être
dans les ménages.
Les personnes handicapées tout comme les personnes bien portantes sont affectés
différemment par les inégalités sociales et des inégalités d’accès aux soins au plan
socioculturel qu’au plan économique. À cet effet quelle représentation sociale les
gens ont de la maladie ? Quelles sont les difficultés d’accès aux soins rencontrées ?
Et quelles sont les différents types d’inégalités d’accès aux soins ? L’analyse de ces
questions fera l’objet de notre travail.

4
.

5
Chapitre I : Cadre théorique
1.1. Revue de littérature

Dans ce chapitre nous présenterons à travers la recherche documentaire les pensées


des différents auteurs sur la question. C’est d’ailleurs ce qui a poussé Quivy R. et
CAMPENHOUDT L.V. (1995 :43) à dire ceci : « tout travail de recherche s’inscrit
dans un continuum et peut être situé dans ou par rapport à des courants de pensées
qui le précèdent et l’influencent ». Pour ce faire, nous nous sommes intéressés aux
écrits existants sur les représentations sociales de la maladie et ensuite abordé les
questions de l’itinéraire thérapeutique, des inégalités dans l’accès aux soins de
façon générale et spécifiquement celles liées à la rééducation.

1.1.1. Approche sociale de la maladie


Le terme de « représentation sociale » a été introduit par Moscovici (1961) qui a
ainsi
développé une approche nouvelle dans l’étude de la connaissance humaine.
Moscovici s’est appuyé sur le concept de « représentations collectives » de
Durkheim afin de développer une théorie située à l’interface du psychologique et
du social. Élaborée et partagée par les membres d’un même groupe, une
représentation sociale est une « forme de connaissance courante, dite de sens
commun » qui a comme finalité l’organisation et l’orientation des communications
et des conduites permettant d’acquérir une vision de la réalité commune à tous les
membres d’un ensemble social déterminé. Jodelet (1989).

La représentation de la maladie varie en fonction des groupes socio-professionnels.


En témoigne Jeoffrion et Dupont (1997). Pour eux, la maladie est perçue par les
professionnels de santé comme objet de recherche pour les médecins ; comme objet
de soin pour les infirmiers ; et comme objet d’application du diagnostic pour les
pharmaciens. Alors que pour les non professionnels de Santé, la maladie est plus
située du côté du ressenti pour les personnes qui suivent un traitement médical
régulier et sur un plan plus cognitif pour celles qui ne suivent aucun traitement.

6
Au plan culturel, la représentation de la maladie diffère d’un pays à un autre. C’est
dans ce sens que Bruchon-Scheitzer (2002) ; Pedinielli (1999) et Bovina
(2006) font cas de la perception de la maladie pour certains pays.
Chez les anglais, la maladie est à la fois une réalité décrite, expliquée, traitée par
la médecine, et une expérience individuelle comportant des retentissements
psychologiques, sociaux, culturel, pour ceux qui en sont atteints, d’où les différents
termes anglo-saxons pour l’évoquer. L’anthropologie médicale propose de
distinguer trois réalités distinctes sous les différents termes désignant la maladie en
anglais : les altérations biologiques (disease), le vécu subjectif du malade (illness)
et le processus de socialisation des épisodes pathologiques (sickness) Pedinielli
(1999).

Cependant, les Russes considèrent la maladie comme un manque de force, de


faiblesse alors qu’étymologiquement « santé » signifie chez eux « arbre » qui est
symbole de force, robuste. La santé, souligne Bovina (2006), est une caractéristique
extérieure de l’individu malade et sa guérison dépend de sa société. C’est cette idée
que soutient Herzlich (1973), sur les représentations sociales de la maladie,
lorsqu’il montre que la santé est liée au mouvement, au comportement, à l’action et
à l’activité.

A la différence des Russes et des Anglais, en Asie du Sud-Est, la santé et la


maladie sont vues comme le résultat d’un équilibre intra-système dans l’individu et
à l’extérieure de lui. En chaque être comme dans l’univers s’oppose le « yin »,
énergie positive masculine qui produit lumière et plénitude et le « yang », énergie
féminine négative à l’origine de l’obscurité et du vide. C’est un déséquilibre entre
ces deux forces qui peut induire la maladie. Mais en Inde, on note une perception
religieuse (âme et corps) et une compréhension biologique (corps et sang) de la
maladie. Ils se réfèrent à deux composants qui sont le « purusa » composante
masculine qui correspond à l’âme et est stable, et le « prakfti » composante
féminine qui correspond au corps qui peut changer. Le corps contient des
substances circulant par diverses voies. IL y a maladie lorsque l’une de ces voies
est bloquée, les substances ne pouvant plus circuler.
En Afrique,la maladie est attribuée à des esprits malveillants, à une intervention
divine (diabolique), à des forces surnaturelles et aux ancêtres. Le manque de
respect pour les ancêtres est sanctionné par la maladie. En milieu Wolof, Adotevi et
Stephany (1986), montrent que l’épilepsie de la femme enceinte est reliée à une
négligence des interdits : « croiser un chien qui agonise ou frapper le chien avec un
bâton ». Ils ajoutent que l’épilepsie est rapportée à une attaque d’un « djinn » esprit
qui se manifeste souvent sous forme d’un tourbillon de vent. Dans le même sens
7
au Burkina Faso, la responsabilité de la maladie (VIH SIDA) est toujours attribuée
à autrui. Yameogo (2007), prend l’exemple des Noir-Marron qui attribuaient la
responsabilité du Sida aux blancs. Au Congo tout comme au Burkina,
Hagenbucher-Spacripanti (1994) montre que les populations de Pointe Noire se
représentent la maladie du Sida communément appelée « Mwanza » comme
l’œuvre de la sorcellerie.
Au regard de ce qui précède, les représentations sociales de la maladie sont perçues
de différentes manières par les individus, les groupes sociaux, les sociétés et les
peuples. Donc nommer et représenter une maladie est un acte aux conséquences
humaines et sociales considérables.
Ces différentes perceptions peuvent influencer l’accès aux soins de façon générale
et particulièrement les soins de rééducation. Quelles répercutions les
représentations sociales ont donc sur les itinéraires thérapeutiques ?

1.1.2. Itinéraires thérapeutiques


Siranyan (1988) cité par Yaméogo (mars 2007) montre que la manière dont les
populations se représentent la maladie rime le plus souvent avec leurs systèmes de
perception populaire. La quête de la guérison par les malades et leurs familles peut
très souvent les conduire vers plusieurs itinéraires thérapeutiques par le recours à la
médecine traditionnelle, le recours à la médecine moderne, et le recours à la prière.
Dans le même sens, Everett (1997) dans regard sociologique ajoute que la
trajectoire thérapeutique est un tournant majeur dans l’accès aux soins. Dans le
même ordre d’idée, Fassin (1992) trouve que l’itinéraire dans l’accès aux soins est
confronté à de nombreuses difficultés tant géographiques que financières. En effet,
ce dernier, montre que les facteurs qui influencent les agents dans la relation avec
la maladie dans la quête de la guérison par les malades et leurs familles, sont entre
autres :la représentation sociale de la maladie, l’accessibilité géographique des
thérapeutes, l’accès financier et la renommée du thérapeute.
En somme le choix de l’itinéraire thérapeutique dépend de la conception que les
acteurs ont de la maladie. A cet effet quels sont les normes traditionnelles qui s’en
dégagent ?

Dans les sociétés africaines le chef de famille décide de tout ce qui touche la
famille. Le respect des choix du chef de famille et des ainés est déterminant dans
l’itinéraire thérapeutique. Mallé Samb et Al (2011) dans leurs travaux
8
reconnaissent que les femmes sollicitent toujours l’aval de leurs maris avant d’aller
au centre de santé et de promotion sociale (CSPS). Cependant, on peut considérer
que cela relève davantage d’un respect des traditions, chose indispensable à
l’utilisation des services sanitaires. L’accès aux soins dans les sociétés
traditionnelles va de concert avec le respect des traditions qui est détenu par les
hommes qui dictent leurs bon vouloir aux femmes, la référence de soin (médecine
traditionnelle ou moderne) et la décision de se faire soigner reviennent toujours à
l’homme.

Partant de ce constat d’autres facteurs influencent l’itinéraire thérapeutique, Baya


cité par Saboué (2007), affirmait que : « le pouvoir économique détermine le plus
souvent l’itinéraire thérapeutique car les populations ont pour une raison financière
recours aux tradi-praticiens et pratiquent l’auto médication en lieu et place de la
prescription médicale des centres de soins ».

Bationo (2012) révèle qu’au-delà des facteurs sociaux endogènes (décision de


recours aux soins, aspect géographique, aspects économiques, normes sociales
etc…) et les facteurs exogènes (plateau technique déficient, manque de
médicament, absentéisme du personnel etc.…) qui empêchent le patient d’accéder
aux centres de soins, des relations d’accueil entre les professionnels de santé et les
jeunes filles constituent des barrières. Pour lui « ces facteurs qui sont liés aux
normes de stigmatisation, à des normes sociales concernant la sexualité, a des
valeurs morales, a des relations générationnelles (âge du personnel soignant)
n’encourage pas les jeunes à recourir au service de planification familial ».
Dans la même perspective Zongo (2004) citée par Compaoré révèle l’idée que se
font patients du personnel de santé à savoir : un mauvais comportement, de la
négligence, le mauvais accueil, le manque de respect. C’est ce qui décourage les
patients qui même souffrant refusent de faire recours aux centres de soins.
C’est pourquoi Ridde et Al (2004) ont montré qu’au-delà des difficultés liées à
l’accessibilité aux centres hospitaliers, les patientes rencontrent des difficultés liées
aux soins qui déterminent quelque fois l’itinéraire thérapeutique. Ils soutiennent
que « les femmes sont parfois confrontées à des relations difficiles avec les
professionnels de la santé : violence verbale et parfois physique, réclamations de
paiements abusives ». On note alors que la relation soignant-soigné n’est pas
toujours commode, car des querelles viennent perturber et transformer l’agent de
santé en ennemi et dissuader les patients à revenir une prochaine fois pour un soin.

9
Au-delà des choix des patients sur le type de système de soins (traditionnel,
moderne…) des inégalités en liens avec les facteurs géographiques, économiques,
sociaux existent.

1.1.3. Approche économique dans l’accès aux soins

Toé (2007) écrit bien que le traitement de la tuberculose soit gratuit, des patients
tuberculeux du district de Bogodogo évoquent des coûts qui constituent un obstacle
à l’observance de leur traitement. Ces malades évoquent des coûts relatifs à la
distance qu’ils doivent parcourir chaque fois avant d’avoir accès aux soins compte
tenu de la longueur du traitement et de la fréquentation quotidienne du centre de
santé. En plus de ces frais liés au transport, ils doivent avoir une alimentation saine
et équilibrée dans le cadre de leur traitement. C’est ainsi qu’une patiente qui par ces
propos met en exergue le caractère contraignant du coût de déplacement : « si tu es
valide, si tu as la force, le déplacement est facile, mais quand tu sors faible pour
prendre un taxi aller-retour ce n’est pas facile. On dit que le produit est gratuit mais
si tu vas prendre le taxi a 2000f ce n’est plus gratuit ». Lankoandé (2018) ajoute à
cela en écrivant que le coût des prestations des centres médicaux quand bien même
souvent ajusté aux réalités économiques des populations est cependant toujours
jugé inaccessible par ces derniers. Egalement, Saboué (2007), citant des auteurs
comme Kamadji, Baya et Ouédraogo, soutient que le coût d’accès aux soins c’est-
à-dire les frais de consultation, d’examens médicaux, d’ordonnances ou de
médicaments réduit le nombre de personnes qui vont dans les centres de santé.
On parle aussi d’inégalité sociale de santé lorsqu’ il y a des écarts entre différents
groupes au niveau de leur santé en fonction de différents faits sociaux. Ces
inégalités se traduisent par une forte présence de maladie et de comportements
néfastes à la santé. A cet égard Patterson (2017), évoque les disparités dans les
prises en charge de la maladie à virus Ébola. Les pays tels la Sierra-Léonne, le
Libéria et la Guinée n’ayant pas eu les moyens de leur politique ont bénéficié
tardivement de la prise en charge extérieure (OMS et CDC) laissant de nombreux
victimes (200) comparativement au Nigéria et au Sénégal qui s’étaient préparés sur
le plan matériel, technique et professionnel pour contrarier le virus. Cet auteur nous
montre à quel point les problèmes économiques sont source d’inégalités dans la
prise en charge des malades.

10
Dans une étude menée à Ouagadougou Bonnet et Al ... (2015) concluent en
établissant un rapport entre l’offre de soins disponible d’avec le coût. Ils affirment
que « les besoins en rééducation fonctionnelle sont importantes alors que l’offre est
faible et couteuse pour les plus démunis. L’accès à des prothèses aux soins de
rééducation est très inégal ». Ces auteurs estiment que le cout élevé de séance de
kinésithérapie et des prothèses, la disponibilité de personnes qualifiées et
l’accessibilité géographique constituent des difficultés d’accès aux soins de
rééducation ils ajoutent qu’il y a fréquemment des ruptures dans le parcours de
santé, en raison d’une offre de soins souvent inaccessible « les patients avec de
faibles moyens sont contraints de renoncer aux soins de réadaptation en raison de
leurs coûts ». Le coût d’accès aux soins est un facteur qui influence dans la
fréquentation des centres de santé. Ainsi, le manque de moyen pour financer les
soins médicaux oblige souvent les malades à rester à la maison.

Lombrail et Pascal (2005) mettent en relief plusieurs indicateurs d’inégalités


d’accès aux soins qui sont : la protection sociale, l’aspect financier et le niveau
d’instruction. Quel que soit l’âge et le sexe des différences apparaissent selon le
niveau d’étude et de revenu. Dans la même visée Grignon et Perronin (2003)
montrent à partir de cette approche que certains groupes sociaux bénéficient d’une
couverture médicale leur donnant un avantage dans l’accès des soins alors que
d’autres n’en bénéficient pas.
En dehors de ces aspects économiques, le facteur géographique influe également
sur l’accès aux soins. C’est ainsi que Valery et Bonnet (2002) postulent que le
modèle purement géographique incorpore les notions de distance entre l’offre et la
demande de soins. Selon les différentes mesures on a la distance géométrique qui
est la longueur des trajets-Routes ; la distance temps qui est la mobilité des patients
selon les moyens de transports variés ; la distance Socio-culturelle qui est l’écart de
croyance entre offreur et demandeur et enfin la distance économique caractérisée
par les coûts et les prix à payer. C’est dans cette perspective que Kouadio (2010),
dans son étude montre que les populations ivoiriennes éprouvent des difficultés à
accéder aux soins de santé particulièrement les personnes vivant en milieu rural
dans le département d’Abengourou. Nous retenons que les problèmes qui entravent
l’accès aux soins sont la répartition de la population et des structures sanitaires
fonctionnelles sur l’ensemble du territoire et les facteurs socio-économiques.
Pour les auteurs ci-dessus cités ; la notion de densité, variable macroéconomique
présente trois inconvénients, à savoir ‘’l’uniformité’’ pour un ensemble de
11
communes qu’elles soient bien ou mal desservies ; les ‘’discontinuités aux
frontières’’ et la non prise en compte de la taille des hôpitaux.
En somme l’accès aux soins peut être défini comme la facilité plus ou moins
grande avec laquelle une population peut s’adresser aux services de santé dont elle
a besoin. L’accès est lié à la présence (ou l’absence) potentielle de barrières socio-
économiques, physiques, culturelles, géographiques lors de l’utilisation de ces
services.
1.2. PROBLEMATIQUE

Les questions sur la santé et la maladie sont parmi les plus vives, elles se
posent au croisement des interrogations individuelles et d’un débat public. De
l’examen de la littérature existante sur l’accès aux soins en matière de rééducation,
il ressort que de nombreux auteurs abordent la thématique sous différents angles.
L’accès aux soins est une dimension importante de lutte contre la maladie ; car les
services sanitaires jouent un rôle de guérison
Ailleurs comme au Burkina, la maladie est perçue différemment par les acteurs en
fonction de leurs catégories socio-culturelles, politiques et professionnelles.
L’itinéraire thérapeutique choisi est fonction de l’environnement social et des
considérations populaires en matière d’efficacité de soins. Pour ce qui est de la ville
de Ouagadougou, l’accès aux soins en matière de rééducation demeure une
préoccupation.
Du reste, dans le cas spécifique de rééducation, les auteurs passent sous silence
la manière dont les patients sont pris en charge.
D’où les interrogations suivantes :
-Question principale :
 Quels sont les facteurs sociaux qui influencent l’accès aux soins en matière
de rééducation dans la ville de Ouagadougou ?
-Questions spécifiques :
 Quels sont les facteurs socio-culturels liés à l’accès aux soins en matière de
rééducation ?
 Quels sont les facteurs économiques liés à l’accès aux soins en matière de
rééducation ?
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 Quels sont les facteurs géographiques et politiques liés à l’accès aux soins e
matière de rééducation ?

1.3. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

-OBJECTIF PRINCIPAL

Le but de notre étude est de contribuer à la connaissance des facteurs sociaux qui
influencent l’accès aux soins en matière de rééducation.

-Objectifs spécifiques
 Déterminer les facteurs socio-culturels qui influencent l’accès aux soins en
rééducation.
 Appréhender les facteurs économiques qui entravent l’accès aux soins en
rééducation.
 Identifier les facteurs géographiques et politiques qui impactent l’accès aux
soins en rééducation.

1.4. HYPOTHESES
-Hypothèse Principale
Les facteurs sociaux influencent l’accès aux soins en matière de rééducation dans la
ville de Ouagadougou.

-Hypothèses Secondaires :

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 L’origine socio-culturelle est un facteur déterminant dans l’accès aux soins
de rééducation.
 Les conditions économiques influencent l’accès aux soins en matière de
rééducation.
 La situation géographique et politique conditionne l’accès aux soins en
matière de rééducation.

1.5. LA CONCEPTUALISATION
Les concepts ont une grande importance dans toute recherche. Ainsi, pour bien
aborder notre objet d’étude et d’éviter la confusion entre les concepts contenus
dans l’intitulé de notre thème, nous avons jugé nécessaire de les définir.
Comme le disait Emile DURKHEIM dans les Règles de la méthode sociologique la
première règle et la plus fondamentale est de définir les choses dont il traite afin
l’on sache bien ce qui est en question.

 Représentation sociale
Le concept tire son origine de la sociologie durkheimienne : « la vie
collective, comme la vie mentale de l’individu, est faite de représentations… »
(Durkheim 1898). En effet, É. Durkheim fut le premier à évoquer la notion de
représentations à l’échelle « collective » à travers l’étude des religions et des
mythes. Pour ce sociologue, « les premiers systèmes de représentations que
l’homme s’est fait du monde et de lui-même sont d’origine religieuse » (Durkheim
1991). Il distingue les représentations collectives des représentations individuelles
et pose les bases d’une réflexion sur le concept de représentation collective. C’est
avec S. Moscovici que le concept de représentation sociale s’élabore véritablement.
Dans son ouvrage La psychanalyse, son image et son public (1984), il s’attache à
montrer que les gens continuaient à fonder leurs systèmes représentatifs de la
psychanalyse sur le modèle psychique d’avant 1920 ; alors que des changements
importants avaient été apportés à ce modèle. Depuis, les travaux de S. Moscovici

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furent suivis notamment par ceux de R. Kaës (1968) concernant les Images de la
culture chez les ouvriers français, et de C. Herzlich (1969) sur Santé et maladie.
Pour Denise JODELET, (1989) « il s’agit d’une forme de connaissance,
socialement élaborée et partagée, ayant une visée pratique et concourant à la
construction d’une réalité commune a un ensemble social ». Les représentations
sociales, en tant que phénomène omniprésent dans toute société, émanent donc
d’un environnement culturel bien déterminé avec ses savoirs, habitudes et
croyances. Autrement dit, l’espace culturel est un élément clé dans la construction
et la diffusion des représentations sociales.
Pour notre part le concept désigne une forme de connaissance sociale, la pensée
du sens commun, socialement partagé et élaboré par les membres d’un ensemble
social et culturel.

 Accès aux soins


Selon PICHERAL ; c’est la capacité matérielle d’accéder aux ressources
sanitaires et aux services de santé. Elle présente aux moins deux dimensions :
Matérielle et sociale. L’accessibilité traduit la possibilité de recourir aux
prestataires de soins et n’a donc qu’une valeur potentielle (desserte) surtout la
fonction du couple Distance-Temps donc la proximité ou de l’éloignement du
centre de soins, de l’établissement de soins et de la longueur à effectuer.
Pour Lambert « Les conditions d’accessibilité aux équipements collectifs sont
toujours contrastées dans les grandes nations ou persistent des inégalités régionales
et des régions de peuplement dispersé. Les enquêtes de d’économie de la santé
permettront d’identifier sur l’espace sanitaire les principaux déséquilibres entre
l’offre et la demande des soins ».
L’accès aux soins peut être défini comme la facilité plus ou moins grande avec
laquelle une population peut s’adresser aux services de santé dont elle a besoin.
L’accès est lié à la présence (ou l’absence) potentielle de barrières économiques,
physiques, culturelles, géographique ou autres lors de l’utilisation de ces services.

15
 Inégalité sociale
Tout d’abord, une inégalité est un défaut d’égalité. En sociologie c’est une
différence (physique, sociale, économique, symbolique et culturelle) qui se traduit
par un avantage ou un désavantage dans les relations sociales.
Selon le lexique de sociologie l’inégalité sociale est une différence qui fait l’objet
d’une hiérarchisation au sein d’une société donnée. Elle repose sur un jugement de
valeur, socialement produit, subit par un individu ou un groupe social. On ne
parlera pas d’inégalité sociale pour désigner les différences naturelles sauf si celles-
ci conduisent à une discrimination, une stigmatisation et un étiquetage.
Selon YANNICK LEMEL (2004) : « une inégalité est une différence de situation
qui est perçus par tous ou du moins par une partie suffisante de la population
comme intolérable. » Les idées sur ces sujets évoluent au cours du temps, ne sont
pas les mêmes d’un pays à l’autre ou d’une civilisation a une autre.
Pauline BOIROT, Hinnovic parle d’inégalité sociale de santé lorsqu’il y a des
écarts entre différents groupes au niveau de leur santé en fonction des différents
faits sociaux. Ces inégalités se traduisent par une forte présence de maladie et des
comportements néfastes à la santé.

 Itinéraire thérapeutique
S. Siranyan (1988) définit l’itinéraire thérapeutique comme l’ensemble des
« représentations culturelles qui permettent de penser la maladie, il existe autour de
celle-ci un véritable usage social de la maladie qui mobilise les acteurs sociaux du
groupe familial et extra familial selon les règles et des principes qui constituent une
véritable pratique sociale. Cette pratique organise, dans le temps et l’espace social,
l’articulation des demandes et des offres de soins disponibles.
Nous nous accordons avec POURCHEZ L, (2000) que l’itinéraire thérapeutique
est l’ensemble de démarches à objectif thérapeutique pratiqué par le malade et
clairement suivi lors de la quête de guérison, les différents recours envisagés, qu’ils
soient ou non biomédicaux.

16
 Rééducation
Pour CODET (1926) la rééducation est une action de rétablir l’usage normale
d’une fonction, d’un membre ou d’un organe après une blessure ou une affection,
ou chez un sujet qui souffre d’une déficience ou d’une infirmité. Rééducation
musculaire, psychique, psychologique, psychomotrice ; rééducation d’un bras, ;
d’une main ; séance de rééducation ; longue rééducation.
La rééducation vise à aider le patient à retrouver le meilleur potentiel de ses
moyens physiques, cognitifs et psychologiques. L’objectif est autant que possible la
restitution de l’organe lésé ou le retour optimal à sa fonction.
La rééducation est l’ensemble des techniques visant à aider l’individu à réduire
les déficiences et les incapacités
Ici, la rééducation est l’action de rétablir l'usage normal d'une fonction, d'un
membre ou d'un organe après une blessure ou une affection, ou chez un sujet qui
souffre d'une déficience ou d'une infirmité.

 La réadaptation
Claude HAMONET (2010) sous-tend que la notion de rééducation liée à celle
d’adaptation « la réadaptation est l’ensemble des moyens médicaux,
psychologiques et sociaux qui permettent à une personne en situation d’handicap
ou menacé de l’être du fait d’une ou plusieurs limitations fonctionnelles de mener
une existence aussi autonome que possible ».
Pour leur part, Guillaume DEMEY et al (2010), la réadaptation est l’ensemble des
mesures visant à aider l’individu à s’adapter lorsque la déficience et les incapacités
sont stabilisées et persistantes.
Nous entendons par réadaptation, l’ensemble des moyens mis en œuvre pour
aider le patient à s’adapter à ses déficiences et de pouvoir les contourner autant que
possible.

Tableau de synthèse

17
Hypothèses concepts Dimension indicateurs indices Variables

Hypothèse Socio-
principale :L Facteurs culturelle Tabou Accès Normes
es facteurs sociaux Economique Interdit facile Représentations
sociaux Geographiqu Totem Accès Droit
influencent l’ e Moyen difficile
accès aux Politique financier
soins en Localité du
matière de centre
rééducation.
Accès aux Sexe
soins Moderne Disponibilité Qualité Ages
Traditionnell des soins des soins
e

Hypothèse Catégorie Accès Fonctionnaire


specifiques1 : Sociale socio- facile Paysans
l’origine Origine professionnell Commerçant
socio- socio- e Accès
culturelle est culturelle difficile
un facteur culturelle Perception Diplômé
déterminant individuelle Non diplômé
dans l’accès Accès
aux soins en Information facile Animiste
matières de Niveau Chrétien
rééducation d’instruction Accès musulman
difficile
Conviction
religieuse

Hypothèse Conditions Économique Moyen Accès Argent


spécifique économiques financier, facile Pied
2 :Les matériel Moto
conditions Accès Voiture
économiques difficile
influencent
l’accès aux

18
soins en
matière de
rééducation.
Hypothèse Situation Geographiqu Zone de Accès
specifique3 : géographiqu e résidence facile
La situation e Distance à parcourir
géographique Accès Etat des routes
conditionne Situation difficile Densité des
l’accès aux politique Localité du
soins en centre Logistique
matière de
rééducations
Concentration
des centres Accès Quartiers périphériques
facile Manque de personnel
politique Manque de matériels
Accès orthopédiques
difficile Lenteur administrative

Conclusion partielle

Au regard de l’importance de la thématique sur l’accès aux soins en matière de


rééducation, plusieurs documents ont traité sur celle-ci. La lecture de ces
documents nous ont éclaires et nous a permis de dégager une problématique,
d’émettre des hypothèses et des objectifs de recherche. Pour mieux orienter le
thème, nous avons juge nécessaire de conceptualiser.

Chapitre II: Cadre méthodologique

19
La méthodologie de la recherche selon SIA A. (2016) citant Gauthier B englobe à
la fois la structure de l’esprit et de la forme de la recherche utilisée pour mettre en
pratique cet esprit sur cette forme. Le cadre méthodologique comprend : la
présentation du site, la population d’enquête, la méthode et technique de collette de
données, les stratégies d’analyses des données, les difficultés et limites de l’étude.

2.1. Présentation du site/cadre de l’étude


Notre étude porte sur les centres de rééducation disponible dans la ville de
Ouagadougou. La ville de Ouagadougou est la capitale politique du pays, située au
centre, elle compte 55 secteurs et 12 Arrondissements. Elle est également un centre
commercial et administratif très actif. Elle a une superficie de 2857km 2 et sa
population est estimée à 1.200.000 habitants. Le climat de la ville est tropical ; le
mois le plus chaud est celui d’avril pendant lequel les températures peuvent
atteindre facilement 42o
2.2. Population d’enquête/ Population cible
La population d’étude selon SIA A (2016) citant BEAUD J P, correspond à un
ensemble d’« unités élémentaires sur lesquelles porte l’analyse ». Il s’agit de toutes
les personnes qui ont des caractéristiques précises en relation avec les objets de
l’étude. Nous avons enquêté au total trente (30) personnes dont vingt (20) patients,
cinq (05) accompagnants et cinq (05) agents de santé des centres de rééducation.
2.3. Méthodes d ’enquête
Nous avons jugé nécessaire d’utiliser la méthode qualitative car cet outil est
approprié pour mieux cerner la sensibilité de notre objet.
2.4. Echantillonnage et échantillon
L’échantillonnage passe par une étape préliminaire qui est la détermination de
l’univers d’enquête car avant de savoir qui le chercheur demandera de répondre aux
questions, c’est la population mère ou la population cible qui fournira les éléments
de l’échantillon interrogé.

20
Quant à l’échantillon, selon SIA A. (2016) citant DEPELTAU F. : « une partie ou
un sous ensemble d’éléments d’une population mère ». Notre échantillon est de 04
centres choisi parmi dix-huit centres qui constituent notre population mère.
 Technique d’échantillonnage
La technique d’échantillonnage est l’ensemble des opérations permettant de
sélectionner un sous ensemble pour en faire l’échantillon. Dans le cadre de notre
étude, nous avons opté pour une méthode qualitative. Ainsi nous utiliserons la
technique de l’échantillonnage par toile d’araignée qui consiste à partir d’un centre
pour se faire informer vers d’autres centres existants. En utilisant cette technique
nous avons pu répertorier 18 centres de rééducation dans la ville de Ouagadougou.
Nous avons ensuite sélectionné 4 centres dont deux (02) publics et (02) privés à
partir du choix raisonné qui est une méthode qui permet de choisir des
individus « moyens » que l’on déclare représentatif d’un groupe. Sur cette base
l’échantillon s’est fait sur le statut de la médecine moderne et traditionnelle, le
caractère public/privé, la renommée et de la qualité des soins de ces centres.

2.5. Collecte de données


2.5.1 La technique de collecte de données
Pour Sardan (2003) l’entretien est le : « moyen privilégié pour produire les
données discursives donnant accès aux représentations épiques, autochtones,
indigènes, locales ». En effet la collecte de données consiste à recueillir des
informations auprès des personnes retenues dans notre échantillon. Nous avons
opté pour le guide d’entretien, l’observation participante et la recherche
documentaire.
2.5.2 Outils de collecte de données
Le guide d’entretien fut l’outil approprié pour notre collecte de données sur le
terrain. Il sert à rappeler quel point l’interviewer doit aborder soit spontanément,
soit en y étant inciter par l’interviewer ; RUSSEL (2000). Nous avons élaboré deux
guides d’entretien en fonction de nos hypothèses et de la population d’étude. Le
premier concerne l’identification des centres de rééducation. Et le deuxième
concerne les facteurs liés à l’accès aux soins en matière de rééducation.
2.5.3 Déroulement de l’enquête

21
Notre enquête s’est déroulée en deux étapes. Une première sortie s’est déroulée le
25 au 26 juin 2018 qui consistait à répertorier les centres disponibles. Une
deuxième sortie a été réalisée après autorisation d’enquête délivré par le chef de
département de sociologie qui s’est déroulée du 10 au 12 juillet 2018 qui consistait
à nous entretenir avec le personnel soignant, les patients et les accompagnants.
L’enquête a lieu les jours ouvrables de la semaine (mardi, mercredi et jeudi) de 8h
à 11h. Quatre groupes au total ont été formés. Deux (02) groupes de quatre (04) se
sont rendus, l’un à AMPO et l’autre chez une rebouteuse. Deux (02) autres groupes
de cinq (05) se sont rendu, l’un à l’hôpital Yalgado et l’autre au CNAOB. Dans un
premier temps nous nous sommes présentés et ensuite rappelé les objectifs de notre
enquête. Après consentement de l’enquêté un guide d’entretien lui était alors
administré.
2.5.4 Stratégies d’analyse de données
Les données collectées ont été faites à l’aide de guide d’entretien. Les entretiens
ont été réalisés auprès de trente (30) enquêtés. Les données ont été recueillies de
façon manuscrite par enquêté. Nous sommes ainsi passés à l’analyse proprement
dite.
2.6 Limites et difficultés de l’étude

2.6.1 Difficultés
Durant notre étude, nous avons fait face à plusieurs difficultés. La principale
difficulté était l’accès difficile à certains centres de soins privés comme
publics lié à la présentation d’une autorisation alors que le temps d’accorder
ces autorisations ont été longues. Ce qui nous a amené à se restreindre à trois
centres au lieu de quatre pour la collecte de nos données. Il y a d’autres
difficultés telles que le non accomplissement de tous les entretiens prévus à
cause du manque de temps pour certains enquêtés et pour d’autres un
sentiment de gêne.
2.6.2 Limites
Une des limites majeure auxquelle nous étions confrontés est le manque
de temps pour la recherche. En effet notre recherché a coincidé avec les
evaluations et les exposés dans les autres discilplines nous mettant dans
une pression insupportable. Cela nous a empêché de consacrer
pleinement notre temps à la recherché.

22
DEUXIEME PARTIE: PRESENTATION ET
ANALYSE DES RESULTATS

23
Chapitre III : La représentation sociale de la maladie

Conclusion partielle
En somme, à la présentation des résultats, nous retenons que l’origine
socioculturelle, les facteurs économiques et la situation géographique jouent un rôle
majeur dans les centres de réduction d’où le guide d’entretien élaboré pour mieux
en apercevoir le sens. A cet effet, quelle analyse peut-on en faire ?

Chapitre 4 : Analyse des donnés.

Les facteurs sociaux influencent l’accès aux soins en matière de rééducation


dans la ville de Ouagadougou.

L’influence de l’origine socio-culturelle dans l’accès aux soins.


En ce qui concerne l’origine socio-culturelle influençant l’accès aux soins il ressort
que l’ensemble de nos enquêté sont de nationalité Burkinabè. Concernant la nature
de la pathologie elle diffère d’un patient à un autre.
La nature de la pathologie créée une différence dans l’accès aux soins, en ce sens
que certains patients sont capables de se rendre seul dans les centres. C’est le cas de
l’enquêté B5C qui dit « j’ai eu une blessure au bras suit à une agression par des
délinquants ». D’autres par contre sont obligés de se faire accompagner pour se
rendre dans les centres comme l’enquêté B3C qui affirmait « j’ai eu une fracture
des deux pieds » et l’enquêté B4C « j’ai un AVC côté droit paralysé »
La catégorie socioprofessionnelle, le niveau d’instruction et l’information sont des
facteurs déterminants dans l’accès aux soins. La remarque est que les
fonctionnaires ont plus de facilité d’accès aux soins par rapport aux ménagères.
24
Aussi entre fonctionnaires il existe une différence : comme l’exemple de
l’infirmier « comme je suis infirmier je paye 1500fcfa au lieu de 3000fcfa par
séance », par contre l’instituteur recensé n’a pas cet avantage.
Au regard de ce résultat ont remarqué que si la confession religieuse a une
influence, elle doit être moindre. Dans le cas spécifique de notre étude bien que la
majorité est musulmane on constate qu’ils accèdent tous aux soins de la même
façon.
Les facteurs économiques influencent l’accès aux soins
Il ressort de notre étude que les moyens matériels et financiers sont des facteurs
déterminants dans l’accès aux soins. Sur les onze personnes enquêtées, neuf
viennent à moto et deux à véhicule. La difficulté économique fait que certain
patient malgré la complexité de leurs handicapes sont obligés de faire avec les
moyens de bord, c’est l’exemple de l’enquêté B4C qui malgré une paralysie se fait
accompagner à moto. En effet, il dit « toi-même faut voire est ce que quelqu’un qui
à AVC peut monter sur moto ?». Par contre d’autres viennent à véhicule parce
qu’ils ont les moyens financiers nécessaires : c’est le cas de A4 qui déclare « on me
dépose à voiture »
En outre, les sources de revenus sont déterminant dans l’accès aux soins, la plupart
de nos enquêtés dispose de revenus, d’autres par contre sont pris en charge soit par
leurs parents et soit par la famille. C’est le cas de l’enquêté A2A qui dit « c’est mon
fils qui paye mes consultations »
Bien que l’assurance santé facilite l’accès aux soins, l’ensemble de nos enquêtés
n’en disposent pas, ce qui peut limiter l’accès.

La situation géographique influence l’accès aux soins


A la lumière de ce résultat et sur l’ensemble de nos enquêté, il ressort que
nombreux sont ceux qui sont loin des centres, ce qui a une influence sur l’accès aux
soins. En effet, le temps que ces patients prennent pour joindre le centre de santé
est considérable : c’est le cas B3C qui malgré l’urgence parcours jusqu’à 10
kilomètre (Km) soit une heure trente minute environ pour arriver au centre, en plus
il attend aux moins quarante-cinq minute pour les soins. La question de la distance
pour d’autre est un facteur secondaire en ce sens que le choix du centre varie en

25
fonction des recommandations (B4C), de l’information (B3C) qu’on a sur la
disponibilité des centres, du tarif (A2A), (A5A) et de la qualité des soins.
Question d’ordre générale
-La satisfaction à une influence sur l’accès aux soins
A la question êtes-vous satisfait des soins, les réponses sont multiples, parmi nos
enquêtés, on note sept satisfaits contre deux qui ne sont pas satisfaits. Cependant la
satisfaction s’exprime différemment en fonction du résultat souhaité, c’est ainsi que
l’enquêté B4C : « avant je n’arrivais pas à marcher, mais maintenant ça va ». Par
contre B3C : « je ne suis pas satisfaite, ça fait deux mois que je suis là, mais il n’y a
pas d’amélioration ».
-Les difficultés rencontrées lors du traitement
Durant le processus de traitement, nos enquêtés ont rencontré d’énormes
difficultés. Ces difficultés varient d’un enquêté à un autre rendant difficile l’accès
aux soins de rééducation. Ces difficultés se résument au manque de moyen
financier qui se justifie par le coût élevé des soins et du matériel orthopédique. Le
manque de personnel qualifié en la matière, l’insuffisance et la mauvaise répartition
des centres et surtout le manque d’information influent l’accès aux soins, comme
l’illustre bien les propos de l’enquêté A1A : « je ne connaissais pas le centre. Il
n’ya pas de communication. C’est une maladie qui n’est pas assez facile, s’il ya une
volonté au niveau supérieur qu’ils nous aident. Le manque de service de
rééducation dans les CSPS rends l’accès difficile. »

GUIDE D’ENTRETIEN :

26
PRESENTATION DU CENTRE
1.Depuis quand le centre existe-t-il à Ouagadougou ?
2.Quels types de soins donnez-vous dans ce centre ?
3.Le centre compte-t-il combien de personnel ?
4.A combien est la consultation ?
5.A combien sont les soins ?

L’origine socioculturelle influence l’accès aux soins en matière de rééducation.


1.Quelle est votre nationalité ?
2.Quelle est la nature de votre pathologie ?
3.Qu’est-ce que vous faites dans la vie ?
4.Quel est votre confession religieuse ?

Les facteurs économiques influences l’accès aux soins


1.Quel est votre moyen de locomotion ?
2.Avez-vous une source de revenue ?
2.Avez-vous une assurance santé ?

La situation géographique influence l’accès aux soins.


1.Etes-vous loin de ce centre ?
2.Pourquoi le choix de ce centre ?
3.Quel est le temps mis pour accéder au centre ?
4.Etes-vous satisfait de la prestation des soins de ce centre ?

QUESTION GENERALE :
27
Avez-vous rencontré des difficultés dans votre traitement ?

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