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Les évangiles apocryphes

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Golden_Eye

Post subject: Les évangiles apocryphes

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Golden_Eye Post subject: Les évangiles apocryphes Message Posted: 04 Jul 2008 20:36 Les évangiles apocryphes Member

Posted: 04 Jul 2008 20:36

Les évangiles apocryphesLes évangiles apocryphes Message Posted: 04 Jul 2008 20:36 Member Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts:

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Posted: 04 Jul 2008 20:36 Les évangiles apocryphes Member Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652

Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652

par Rémi Gounelle

La Bible nous raconte une histoire d’Alliance. Dieu créateur a voulu faire alliance avec toute l’humanité, Adam et Ève : ce fut un échec. Alors Dieu recommença avec une partie de l’humanité, Noé et sa descendance. Nouvel échec. Nouvel essai avec Abraham, puis enfin avec la descendance de Jacob : ce sera le peuple d’Israël qui acceptera l’Alliance. Dieu lui o !rira les « Dix Paroles », mais le summum du message divin sera entendu avec l’impératif « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19,18).

Jésus de Nazareth était fils de ce peuple, ses disciples étaient juifs. Jésus enseignait dans les synagogues, dans le Temple, ses discours citaient la Thora, les prophètes et les psaumes. Les racines du christianisme sont incontestablement juives.

Pourtant Jésus a été un juif atypique, « libéral », qui a voulu réformer le judaïsme. Son attitude face à la Loi, son discours sur le Temple, son audience auprès du peuple, l’ont conduit au supplice de la croix. Mais il n’a probablement jamais pensé qu’il ouvrait la voie à une nouvelle religion. Il faut attendre les épîtres de Paul (entre 50 et 60) puis les évangiles et les Actes pour percevoir les tensions dans les communautés judéo-chrétiennes, entre elles et avec les juifs. Les « hellénistes » (Étienne et Philippe) donnent dans leurs communautés un rôle plus important aux lois morales qu’aux lois rituelles et cela provoque avec les « hébreux » (Jacques) des débats qui transparaissent dans les controverses entre Jésus et les pharisiens. Paul radicalise le débat, remplace le « salut par la Loi » par le « salut par la Grâce ».

La séparation entre judaïsme et christianisme était inévitable.

En 70 les Romains détruisirent le Temple et l’état juif disparut. Puis le christianisme se répandit, et les juifs furent soumis à la ségrégation, aux massacres, à l’antisémitisme d’Église ou populaire. Une évolution au siècle des Lumières n’empêcha pas la Shoah au XXe siècle, avec la mort de six millions de juifs et la stupéfaction horrifiée du monde.

Aujourd’hui, si l’antisémitisme n’a pas disparu, les chrétiens ont pris conscience de leur

responsabilité historique, de la richesse du dialogue interreligieux et de la spécificité du dialogue judéo-chrétien. Après le « Il est interdit d’interdire » de mai 68, la loi a repris son statut de nécessité dans la structuration de la personne. Certaines di"cultés dans les relations entre juifs et chrétiens peuvent s’expliquer par leur proximité qui rend les discussions passionnelles. Mais des groupes se réunissent pour partager les interprétations juive et chrétienne des textes bibliques ; un dialogue fructueux s’est établi. Une réflexion théologique, dont Florence Taubmann se fait ici l’écho, a commencé et doit se poursuivre dans un climat dépassionné.

Marie-Noële et Jean-Luc Duchêne

Les évangiles apocryphes

par Rémi Gounelle

La Bible chrétienne est le résultat d’un long processus de sélection de textes. S’il est déjà très avancé au Ve siècle, il ne s’est achevé que tardivement : il faut attendre le XVIe siècle pour que les catholiques disposent d’un inventaire des livres de la Bible faisant autorité, le XVIIe siècle pour les orthodoxes et ce n’est qu’au XIXe siècle que le contenu de la Bible protestante sera véritablement stabilisé. Au cours de cette sélection, des textes ont été mis de côté, ou n’ont jamais été pris en compte. C’est cette littérature que l’on appelle « apocryphe ».

Les « apocryphes » sont extrêmement nombreux et sont très di!érents les uns des autres, par leur contenu, par leur forme littéraire, mais aussi par leur destinée. Une de leurs caractéristiques est d’être mal conservés : ils sont souvent préservés soit par trop de manuscrits, soit par trop peu de manuscrits. Dans tous les cas, ils posent aux historiens de di"ciles problèmes de reconstitution.

Des textes trop bien conservés

Certains textes ont été abondamment lus au cours des siècles ; ils ont été exploités par les théologiens et les prédicateurs du Moyen Âge ; plusieurs fêtes liturgiques y ont trouvé leur substance (par exemple les fêtes d’Anne, mère de Marie, ou des apôtres).

Cette di!usion fut pour ces textes une chance : comme ils étaient utiles, ils ont été copiés de manuscrit en manuscrit, et ont donc survécu aux outrages du temps. Mais leur succès fut aussi source de malchance : les copistes de ces textes n’ont pas hésité à les adapter à leur temps, supprimant ce qui leur semblait inintéressant ou scandaleux, ajoutant ce qui leur paraissait y manquer, réécrivant les passages à leur yeux mal écrits, etc. Survivre a signifié, pour ces apocryphes, être constamment revus et corrigés. Et les cas ne sont pas rares où le savant du XXIe siècle se retrouve devant une masse considérable de manuscrits sans arriver à reconstituer la forme primitive, originale, de l’apocryphe sur lequel il travaille.

Pour donner un exemple plus précis, l’Évangile de Nicodème, composé dans le courant du IVe siècle, est conservé dans quelques 550 manuscrits, s’étalant entre le Ve siècle et l’orée du XXe siècle ; une équipe de recherche d’une dizaine de personnes travaille sur ce texte depuis 1981, et c’est seulement maintenant, au terme de plus de vingt-cinq années de travail, qu’il est possible de percevoir à quoi devait ressembler la forme originelle de cet évangile apocryphe et de pouvoir décrire son milieu d’origine.

Des textes mal conservés

D’autres textes ont été condamnés ou ont disparu avec les communautés qui les lisaient et qui, pour des raisons diverses, ont été progressivement marginalisées – c’est notamment le cas de nombreux évangiles apocryphes. Parmi eux, certains ont refait surface récemment. En 1945 à Nag Hammadi, à environ 70 km de Louxor, ont tout à coup réapparu plus de cinquante traités, parmi lesquels se trouvaient de nombreux récits apocryphes. Depuis lors, les découvertes de nouveaux textes continuent.

La dernière en date est celle de l’Évangile de Judas. Les médias ont largement parlé des tribulations de ce texte. On ignore les circonstances de sa découverte, même si elle a probablement eu lieu en Égypte dans les années 1970 ; le manuscrit devait être caché dans

une jarre ou dans une boîte, dans du sable ou dans une grotte. Ce qui est en revanche

certain, c’est que, durant les trente années de son errance (1970-2001), il a subi plus de dégâts que pendant les seize siècles qu’il a passés enseveli dans le sable. Dans ce cas comme dans d’autres, ce ne sont pas des ecclésiastiques ou des savants qui ont empêché la publication de ce texte, mais bien des antiquaires attirés par l’appât du gain ! Ce sont eux qui ont déchiré le manuscrit, qui ont modifié l’ordre des pages pour le rendre plus attrayant, qui en ont arraché une partie pour la vendre à part, qui l’ont congelé, dans

l’espoir fallacieux de faciliter sa conservation

et ont rendu sa reconstitution extrêmement di"cile, nécessitant pour cela un travail

minutieux de cinq années.

Ils ont ainsi détruit une partie du document,

D’autres apocryphes n’ont pas été conservés dans le sable, mais attendent qu’on les découvre dans des bibliothèques publiques et universitaires. C’est ainsi que nous savons depuis 1900 qu’un papyrus conservé à Strasbourg (Pap. cop. 5-6) contient de brefs fragments d’un récit apocryphe, mais la brièveté du texte conservé rendait toute analyse di"cile. 96 ans plus tard – en 1996, donc – sept pages de parchemin conservées à Berlin ont été découvertes par deux savants américains, qui y ont trouvé un long texte, qu’ils ont publié en 1999 sous le titre Évangile du Sauveur. Mais ce n’est qu’en 2003 que Stephen Emmel, non content d’avoir révisé l’édition de cet évangile, s’est aperçu que le récit découvert en 1996 recoupait le texte connu depuis 19001. Il aura donc fallu plus de 100 ans pour que nous retrouvions le texte auquel appartiennent les quelques lignes du papyrus de Strasbourg

Des « évangiles » ?

Pour donner une idée de la quantité de textes des premiers siècles sur Jésus que nous avons perdus, j’aimerais m’arrêter sur ceux qui racontent la vie de Jésus et de Marie. Je me limite aux trois premiers siècles, car c’est la période de production la plus originale de la littérature apocryphe : le IVe siècle se caractérise par un début d’uniformisation des doctrines et des pratiques chrétiennes. La production de récits sur Jésus et Marie continue mais le processus d’institutionnalisation du christianisme s’y reflète ; les textes ne témoignent plus que très rarement de traditions vénérables du christianisme.

On appelle couramment ces textes des évangiles, sur le modèle des quatre d’entre eux qui sont entrés dans le canon. Mais utiliser le titre « évangile » pour beaucoup de ces textes est délicat. Pour ceux qui sont familiers de la Bible, un évangile se définit donc à la fois par son contenu (la vie de Jésus) et par sa forme (une narration, non pas un discours, un traité, une prédication, mais un récit suivi). Dans l’Antiquité, l’usage des titres était beaucoup moins clair que cela.

Les œuvres dont le titre contient le terme « évangile » sont en e!et souvent très di!érentes des évangiles du Nouveau Testament. Ainsi l’Évangile de Thomas rapporte-t-il 114 paroles de Jésus ; ce texte ne raconte pas la vie de Jésus, mais seulement ce qu’il a dit ; parfois, on nous dit où ces paroles ont été prononcées et à qui elles s’adressent ; pour autant, il n’y a pas de récit suivi comme dans les évangiles recueillis dans le Nouveau Testament. D’autres évangiles apocryphes sont encore plus éloignés de ce que nous entendons le plus souvent par « évangile », comme les deux textes conservés sous le titre d’Évangile selon Philippe. L’un deux, celui qui est mentionné dans le Da Vinci Code de Dan Brown, est une sorte de traité ou d’homélie sur le Christ. L’autre Évangile de Philippe est connu grâce à un auteur du IVe s. (Épiphane de Salamine, Boîte à remèdes, XXVI.2-3), qui en cite quelques lignes ; d’après cette brève citation, quelqu’un (Philippe ?) rapportait ce que Jésus lui avait révélé au sujet de l’ascension de l’âme au cieux après la mort. Aucun de ces deux Évangile de Philippe connus dans l’Antiquité ne ressemblait donc aux textes qui, dans la Bible, figurent sous le titre « évangile ».

Dialogues de Jésus avec ses disciples

Parmi ces textes di!érents des évangiles canoniques, il faut mentionner les dialogues de Jésus avec ses disciples, dont l’Évangile de Judas o !re un exemple2. Voici en e!et le début du texte – une sorte de second titre : « Discours caché de la déclaration que Jésus a faite à Judas l’Iscariote pendant les huit jours qui ont précédé, de trois jours, sa célébration de la Pâque. » Cette phrase, qui pose de sérieux problèmes de compréhension, signale le cœur de cet évangile : il ne parle pas de la personne de Judas ou de ses actions, ni des actions de Jésus, mais il rapporte des propos tenus par Jésus ; il ne s’agit pas d’un discours

quelconque, mais d’un discours de révélation, dont le contenu est « caché », c’est-à-dire réservé à des lecteurs initiés. L’Évangile de Judas se présente donc comme un texte ésotérique.

Ce titre n’est pas trompeur, car l’Évangile de Judas est composé pour la plus grande partie de propos échangés par Jésus avec Judas : Jésus lui enseigne les « mystères du royaume », après l’avoir averti que sa mission sera pour lui source de sou!rances (p. 35-36). Cet enseignement comprend l’histoire de la genèse des puissances divines et du monde matériel, ainsi que l’histoire de « l’égarement des étoiles » (p. 46) ; il est censé donner aux lecteurs qui le méritent la connaissance qui leur permettra d’être délivrés des puissances qui les oppressent.

Des écrits de ce style ne sont pas rares. On peut mentionner par exemple l’Évangile de Marie(-Madeleine), les Questions de Barthélemy, la Sagesse de Jésus-Christ, ainsi que l’Épître des Apôtres. La diversité de ces titres, pour des ouvrages que nous classerions sous un même genre littéraire, est frappante ! Elle montre que le terme « évangile » n’était pas une appellation exclusive pour les textes rapportant des événements de la vie de Jésus. Les premiers chrétiens avaient manifestement une imagination plus développée que la nôtre

une imagination plus développée que la nôtre Duccio di Buoninsegna(Sienna ca 1255-ca 1319), Nativité

Duccio di Buoninsegna(Sienna ca 1255-ca 1319), Nativité 1308-1311. Tempera sur bois, National Galery of Art, Washington.

Dans cette représentation de la Nativité, les influences byzantines très nettes recèlent beaucoup d’éléments empruntés aux apocryphes, comme le bœuf et l’âne ainsi que Salomé et Zelomi donnant le bain à l’enfat Jésus

Textes conservés sur la vie de Jésus et de Marie

Pour inventorier les récits, dialogues et lettres centrés sur des événements de la vie de Jésus et de Marie, j’ai pris comme point de départ l’enfance de Marie, mère de Jésus, et comme point d’arrivée la montée de Jésus aux cieux – son ascension, qui marque la fin du ministère de Jésus sur terre. 38 textes entrent dans cette définition. Cette liste mériterait une discussion de détail, justifiant l’inclusion ou l’exclusion de tel ou tel texte, explicitant le statut des titres (pas tous originaux), et explicitant les points d’interrogation qui figurent devant certains titres ; je laisse de côté ces questions, qui ne peuvent être résolues sans des développements techniques qui seraient ici hors de propos.

Sur les 38 textes ainsi définis, seuls 8 sont entièrement conservés ou reconstituables. Nous

n’avons donc bien conservé que 20 % des « évangiles » des trois premiers siècles de :

Il s’agit

Épître des Apôtres

Évangile de l’enfance du Pseudo-Thomas

Évangile selon Jean

Évangile selon Luc + Actes des Apôtres

Évangile selon Marc

Évangile selon Matthieu

Évangile selon Thomas

Nativité de Marie (Protévangile de Jacques)

Sur ces 8 textes des trois premiers siècles sur la vie de Jésus et de ses apôtres, quatre figurent dans la Bible : ce sont les évangiles dits canoniques, ceux de Matthieu, de Marc, de Luc et de Jean. Il ne reste, en plus, que deux récits de l’enfance de Marie et de Jésus (Nativité de Marie, Pseudo-Thomas), un dialogue du Ressuscité avec ses disciples (Épître des Apôtres), et un recueil de paroles de Jésus (Évangile selon Thomas). C’est peu, très peu

Textes perdus

À l’autre extrémité, il y a les textes entièrement perdus (seul le titre est connu) ou dont il

ne reste que quelques lignes, trop peu pour qu’on puisse déterminer précisément leur contenu – si bien que leur présence dans cette liste est discutable ! Il y en a 15.

Doctrine de Pierre

Évangile de la perfection

Évangile des douze apôtres (plusieurs textes ont apparemment circulé sous ce titre)

Évangile des Ébionites

Évangile des Égyptiens

Évangile des Nazaréens

Évangile selon Philippe

Montées de Jacques

Naissance de Marie

Prédication de Pierre

? Évangile de Basilide

? Évangile des quatre coins et points cardinaux du monde

? Évangile secret de Marc

? Mémoires des apôtres

? Questions de Marie

40 % des textes des trois premiers siècles sur Jésus et Marie sont donc entièrement perdus.

À dire vrai, les pertes sont encore plus considérables, car, à ces textes, il faut ajouter les

fragments de récits sur Jésus qui nous sont conservés dans des morceaux de papyrus, et dont l’origine est souvent inconnue. De même, des paroles attribuées à Jésus ont été conservées dans des écrits des premiers siècles, sans qu’on ne connaisse leur provenance.

Textes partiellement conservés

Entre les textes bien conservés et les textes perdus se trouvent ceux dont il reste des fragments substantiels. Ils ont au nombre de 14. Parmi eux, l’Évangile de Judas fait partie

des mieux conservés, puisque plus de 75 % de son contenu est maintenant reconstitué :

Dialogue du Sauveur

Évangile de Judas

Évangile de Marie-Madeleine

Évangile de Pierre

Évangile du Sauveur

Évangile selon les Hébreux

Lettre apocryphe de Jacques

Lettre de Pierre à Philippe

Livre de Thomas l’Athlète

Livre secret de Jean

Première Apocalypse de Jacques

Seconde apocalypse de Jacques

Questions de Barthélemy

Sagesse de Jésus-Christ

Des traditions authentiques ?

Face à ces textes, l’historien se pose naturellement la question de la fiabilité des traditions transmises dans ces textes. Or, on a tendance à penser qu’un texte qui transmet une image inhabituelle de Jésus est plus fiable que ceux reçus par les institutions ecclésiastiques et on en conclut souvent que les évangiles apocryphes seraient plus fiables que les canoniques – c’est sur cette base que les médias se sont emparés de l’Évangile de Judas durant ces derniers mois. Certains, généralement issus des milieux conservateurs des Églises, pensent exactement le contraire : ils estiment que les quatre évangiles du Nouveau Testament contiennent la vérité sur Jésus – toute la vérité, rien que la vérité. Les choses sont beaucoup plus complexes pour l’historien que je suis.

Les évangiles apocryphes se réclament tous de Jésus et prétendent retransmettre fidèlement son enseignement, mais y voir pour cette raison des traditions plus authentiques que les autres est faire fausse route. Après tout, les évangiles du Nouveau Testament ont la même prétention, et ce n’est pas parce qu’ils ont pris le dessus sur les autres que ce qu’ils disent de Jésus est faux ou biaisé. Ce n’est pas non plus pour cette raison qu’ils sont plus fiables que les autres, car il est clair que, dans le processus de sélection des évangiles, ce n’est pas la véracité historique des textes qui a joué.

De fait, les biblistes comme les historiens admettent qu’aucun « évangile », qu’il figure ou non dans la Bible, ne peut être considéré comme un témoignage historiquement fiable sur Jésus ; les données historiques, s’il y en a, sont toujours mêlées à des matériaux légendaires. Et cela n’est guère surprenant, car les textes sur Jésus et sur les apôtres composés dans les premiers siècles n’ont pas été écrits pour raconter fidèlement ce que Jésus et les apôtres avaient fait, mais pour fixer et transmettre les traditions reçues et véhiculées dans des communautés. Ce sont des textes confessants, et non des livres d’histoire : les chrétiens qui les ont écrits cherchaient à légitimer leur foi et à l’ancrer en Jésus. Rien d’étonnant, dès lors, que ces évangiles s’intéressent plus au contenu du message de Jésus qu’à sa personne : ils visent à transmettre la révélation reçue de lui, non à retracer dans le détail son existence.

L’historien doit donc peser, au cas par cas, ce qui est dit de Jésus dans chacun des textes, qu’il soit canonique ou apocryphe, pour déterminer la fiabilité des traditions qu’il rapporte.

C’est un travail long, prudent, qui nécessite des recherches sur le contexte de production de chaque texte, sa cohérence interne, ses sources, les textes parallèles, et sa conformité avec ce que l’on sait par ailleurs du judaïsme et du paganisme antiques. Les résultats de ces recherches sont souvent fragiles et rarement indiscutables, ce qui est normal, puisque nous n’avons bien conservé qu’une très petite partie des traditions des origines sur Jésus.

L’Évangile de Judas et l’histoire

Pour illustrer ce travail des historiens, j’aimerais revenir à l’Évangile de Judas : transmet-il ou non des traditions anciennes sur Jésus ? Ce qu’il a"rme est-il plus crédible que ce que nous trouvons dans les évangiles canoniques et, plus largement, dans les autres récits des premiers siècles sur Jésus ? Plusieurs éléments sont ici à prendre en compte.

En premier lieu, le caractère polémique de l’Évangile de Judas est évident : Jésus a"rme que ses apôtres ne savent pas réellement qui il est (p. 34) ; ils ont été dupés par des puissances mauvaises et ont « planté en [son] nom des arbres sans fruits, et de manière

honteuse » (p. 39). Les disciples rejettent les critiques de Jésus ; ils se mettent en colère et blasphèment contre lui (p. 34) : « Jésus dit à ses disciples : “En quoi me connaissez-vous ? En vérité je vous le dis, aucune génération ne me connaîtra parmi les hommes qui sont parmi vous.” Lorsqu’ils entendirent cela, les disciples commencèrent à s’indigner, à

[s’emplir de] colère et à blasphémer contre lui en leur cœur. [

Leur esprit ne put prendre

le risque de se tenir devant Jésus, excepté Judas, l’Iscariote. Il fut capable de se tenir devant lui, pourtant il ne fut pas capable de regarder son visage de ses yeux et il tourna sa face en arrière. »

]

Les apôtres sont ici les symboles des formes du christianisme desquelles le christianisme actuel descend ; ils sont accusés de trahir l’enseignement de Jésus avec arrogance. Contre eux se dresse la figure de Judas, plus humble, et apte à comprendre ce qui touche aux réalités spirituelles. Écrivain polémique, l’auteur de l’Évangile de Judas connaît manifestement les évangiles canoniques, ou au moins une partie d’entre eux – en tout cas l’Évangile selon Matthieu et l’Évangile selon Luc. Ce seul constat lui ôte une grande partie de son intérêt pour reconstituer l’histoire de Jésus : les chances qu’il contienne des matériaux plus anciens que les textes déjà connus sont minces.

En deuxième lieu, l’Évangile de Judas ne dit presque rien de Judas et ne raconte pas comment il a trahi Jésus. Il n’est fait que brièvement allusion à cette dernière action dans les dernières lignes du texte (p. 58) : « (Les) grands-prêtres (des Juifs) murmurèrent : “C’est dans la salle d’hôte de son lieu de prière qu’il est entré.” Et certains des scribes étaient là qui observaient afin de le capturer dans le lieu de prière. En e!et, ils craignaient le peuple car il était considéré par tous comme un prophète. Puis ils s’approchèrent de Judas et lui dirent : “Que fais-tu, toi, en ce lieu ? Tu es le disciple de Jésus !” Et lui leur répondit selon leur désir. Judas reçu de l’argent et il le leur livra. » L’historien doit donc peser, au cas par cas, ce qui est dit de Jésus dans chacun des textes, qu’il soit canonique ou apocryphe, pour déterminer la fiabilité des traditions qu’il rapporte. C’est un travail long, prudent, qui nécessite des recherches sur le contexte de production de chaque texte, sa cohérence interne, ses sources, les textes parallèles, et sa conformité avec ce que l’on sait par ailleurs du judaïsme et du paganisme antiques.

Ainsi s’achève l’Évangile de Judas, qui ne contient aucun récit détaillé de la trahison de Judas et de la mort de Jésus, et qui ne dit presque rien de ce qui est arrivé par la suite à Judas ; le lecteur de l’Évangile de Judas apprend seulement que Judas sera exclu du groupe des disciples, et qu’il y sera remplacé, ce qui fait écho aux Actes des Apôtres canoniques, 1,15-26. Manifestement l’auteur de l’Évangile de Judas n’avait pas accès à des traditions développées et spécifiques sur Jésus et sur Judas.

Enfin, l’Évangile de Judas se réclame certes de Jésus, mais les propos qu’il met dans sa bouche dont di"cilement imaginables dans la bouche d’un prophète itinérant en Palestine au Ier siècle, même si ils ont des attaches dans le judaïsme mystique. Ils tranchent avec ce que les autres textes conservés nous apprennent sur le Jésus de l’histoire et peuvent être en revanche rapprochés de spéculations attestées dans des écrits du IIIe siècle comme l’Apocryphe de Jean ou l’Évangile des Égyptiens retrouvé à Nag Hammadi (= Le Livre du grand Esprit invisible). L’historicité des propos mis dans la bouche de Jésus dans l’Évangile

de Judas est en conséquence très douteuse.

Un texte sans intérêt ?

L’Évangile de Judas est donc inutilisable pour reconstituer l’enseignement et la vie de Jésus et des apôtres. Faut-il pour autant le considérer comme un texte sans intérêt ? Ce serait faire fausse route, car cet évangile apocryphe apporte des matériaux inespérés aux spécialistes de la gnose chrétienne. On entend par là des formes ésotériques du christianisme des premiers siècles. Elles a"rment que le salut des hommes résulte de la connaissance (gnôsis, en grec) de mystères secrets sur l’origine et la fin du monde et de l’homme ; c’est pourquoi les historiens les appellent « gnose » ou « gnosticisme ».

On a longtemps considéré ces mouvements comme des tendances déviantes – pour ne pas dire hérétiques – du christianisme. Mais la recherche récente montre que la gnose fait partie intégrante du christianisme des origines ; on ne peut plus désormais parler des premiers chrétiens sans parler des gnostiques. Or, les communautés se réclamant de l’Évangile de Judas n’étaient jusqu’ici connues que par les polémistes qui ont lutté contre eux. Avec l’Évangile de Judas, les historiens disposent dorénavant d’une source de valeur ; ils peuvent désormais tenter de comprendre l’enseignement de ces communautés de l’intérieur, de les situer parmi les divers courants chrétiens des origines, et d’analyser les critiques qui leur ont été adressées.

L’intérêt de l’Évangile de Judas réside donc dans le fait qu’il nous donne une nouvelle preuve de la prodigieuse diversité du christianisme des origines. C’est, à mes yeux, l’apport fondamental de bien des évangiles apocryphes. Grâce à ces textes, nous avons en e!et accès à des représentations de Jésus qui nous semblent étranges, et à des traditions surprenantes.

Or, lorsqu’au XXIe siècle, on pense à Jésus, on évoque, inconsciemment, les Jésus décrits dans les quatre évangiles canoniques, voire le Jésus combinant ce qu’en disent ces quatre textes. Car la présence de ces évangiles dans la Bible leur a donné une importance exceptionnelle : ils ont été lus et relus au fil des siècles ; les commentaires qui en ont été donnés occupent plusieurs rayonnages dans les bibliothèques. Ils occupent en quelque sorte notre inconscient collectif, modelant notre représentation de Jésus.

Mais cela n’a pas été toujours le cas : au Ier comme au IIe siècle, d’autres représentations de Jésus circulaient, d’autres histoires, d’autres paraboles de Jésus étaient connues. Certains milieux ne considéraient pas Jésus comme le fils de Dieu incarné, mais voyaient en lui un prophète humain, d’autres le Sauveur descendu sur terre sans véritablement prendre

Les représentations transmises par les quatre évangiles canoniques n’étaient

chair

apparemment pas majoritaires – elles étaient en tout cas contestées. Les apocryphes témoignent aussi d’usages liturgiques et de prières mal connus par ailleurs. En somme, ils ouvrent une précieuse lucarne sur ce qu’était le christianisme dans les premiers siècles,

avant le processus d’uniformisation qui a conduit au christianisme actuel : une multitude de communautés se caractérisant par des pratiques et des doctrines di!érentes, mais qui, toutes, a"rmaient respecter l’héritage de Jésus.

La littérature apocryphe atteste mieux que d’autres l’éclatement des théologies et des pratiques des premières générations de chrétiens et complexifie considérablement notre connaissance du christianisme des premiers siècles. Elle permet, par là-même, de mieux saisir la diversité de l’héritage légué par Jésus. Car, plus nous aurons connaissance de la variété des premiers mouvements se réclamant de lui, plus il sera possible de reconstituer l’enseignement et les pratiques qui sont à leur source.

Il n’est pas dit que cette recherche parviendra un jour à son terme. Ce qui apparaît toutefois de plus en plus évident, c’est que le message de Jésus ne devait pas être dénué d’ambiguïtés. Comment, sinon, expliquer la très grande diversité des communautés se mettant sous son patronage ?

Rémi Gounelle

Exemple de la douce confusion du christianisme ancien entre sources évangéliques et mythologiques : broderie

Exemple de la douce confusion du christianisme ancien entre sources évangéliques et mythologiques :

broderie copte représentant un saint entouré de Néréides

1. S. Emmel, « Preliminary Reedition and Translation of the Gospel of the Savior… »,

Apocrypha 14 (2003), p. 9-53.

2. Je cite la traduction française provisoire de l’Évangile de Judas établie par Pierre Cherix

(Université de Genève) sur la base du texte copte mis à disposition sur Internet par The National Geographic Society. Sur la traduction française parue en 2006 (L’Évangile de Judas du codex Tchacos. Traduction intégrale et commentaires de R. Kasser, M. Meyer et G. Wurst, avec la collaboration de F. Gaudard, trad. par D. Bismuth, Paris, Flammarion, 2006),

cf. mon compte rendu dans Cahier Évangile 137, p. 127-128 et sur le site

http://www.bible-service.net/site/699.html.

Top

sources:

http://www.evangile-et-liberte.net/elem

. Top sources: http://www.evangile-et-liberte.net/elem icle7.html Golden_Eye Post subject: Posted: 04 Jul 2008

icle7.html

Golden_Eye

Post subject:

icle7.html Golden_Eye Post subject: Posted: 04 Jul 2008 20:50 Histoire de Joseph le charpentier

Posted: 04 Jul 2008 20:50

Histoire de Joseph le charpentierGolden_Eye Post subject: Posted: 04 Jul 2008 20:50 Member (Trois versions de cet apocryphe, deux coptes

Member

(Trois versions de cet apocryphe, deux coptes et une arabe, plus fleuries mais plus tardive. Toutes semblent dériver d'un original grec du IVe siècle, aujourd'hui perdu, et de provenance égyptienne.) égyptienne.)

Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652

PLAN

Les onze premiers chapitres, qui évoquent l'ascendance de Jésus, sa naissance et des détails de sa prime jeunesse, sont influencés par le Protévangile de Jacques. La deuxième partie (chap. 12-32) raconte la maladie, la mort et l'ensevelissement de Joseph. Elle est beaucoup plus originale. C'est le premier document qui témoigne d'un culte rendu à saint Joseph, particulièrement vénéré par les moines coptes d'Égypte. On y décèle, derrière une interprétation chrétienne, de vieux mythes égyptiens et des rites du culte d'Osiris.

<Traduction du Père P. Peeters.>

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Ceci est (la relation) du décès de notre père saint Joseph le charpentier, père du Christ selon la chair1, lequel vécut cent onze ans. Notre Sauveur a raconté aux apôtres sa biographie tout entière, sur le mont des Oliviers. Les apôtres eux-mêmes ont écrit ces paroles et les ont déposées dans la bibliothèque à Jérusalem.

Le jour où le saint vieillard abandonna son corps, fut le 26 du mois d'épiphi2. Dans la paix de

Dieu, ainsi soit-il !

1. Or il advint un jour que, notre bon Sauveur étant assis sur la colline des Oliviers et ses

disciples rassemblés autour de lui, il leur parla en ces termes :

O mes chers frères, fils de mon bon Père, (vous) qu'il a choisis parmi le monde entier,

fréquemment, vous le savez, je vous ai avertis que je serai crucifié, que )e goûterai la mort absolument3, que je ressusciterai d'entre les morts, que je vous donnerai la charge de prêcher l'Évangile, afin que vous l'annonciez dans le monde entier ; que je vous investirai d'une force venue d'en haut4 ; que je vous remplirai d'un esprit saint afin que vous prêchiez à toutes les nations, leur disant : " Faites pénitence, car mieux vaut à l'homme de trouver un verre d'eau dans le siècle à venir, que de posséder tous les biens du monde entier " ; - et encore : " L'espace d'une empreinte de pied dans la maison de mon Père vaut plus que toutes les richesses de ce monde " ; - et encore : " Une heure des justes qui se réjouissent, vaut mieux que cent ans des pécheurs qui pleurent et se lamentent, sans qu'on essuie leurs larmes ou qu'on s'intéresse aucunement à eux. " Or donc, ô mes membres glorieux, quand vous irez parmi les peuples, adressez-leur cet enseignement. " C'est avec une balance juste et un juste poids5 que mon Père réglera votre compte " ; - et encore : " Un simple mot plaisant que vous aurez dit, sera examiné6. Comme il n'y a pas moyen d'échapper à la mort, de même personne ne peut échapper à ses actes bons ou mauvais. " Mais tout ce que je vous ai dit (revient) à ceci : le fort ne peut pas se sauver par sa force7, ni l'homme se sauver par la multitude de ses richesses. Maintenant écoutez que je vous raconte l'histoire de mon père Joseph, le vieux charpentier béni.

2. Il y avait un homme appelé Joseph, qui était de la ville appelée Bethléem, celle des Juifs, qui

est la ville du roi David. Il était bien instruit dans la sagesse et dans l'art de la menuiserie. Cet homme (appelé) Joseph épousa une femme dans l'union d'un saint mariage. Elle lui donna des fils et des filles : quatre garçons et deux filles. Voici leurs noms : Jude et Josetos, Jacques et Simon. Les noms des filles étaient Lysia et Lydia. La femme de Joseph mourut selon (qu'il est)

imposé à tout homme, et elle laissa Jacques encore en bas âge. Joseph était un juste, qui rendait gloire à Dieu en toutes ses uvres. Il allait au dehors exercer le métier de charpentier, lui et ses deux fils, (car) ils vivaient du travail de leurs mains selon la loi de Moïse. Et cet homme juste dont je parle, c'est Joseph, mon père selon la chair, celui à qui ma mère Marie fut unie comme épouse.

3. Or tandis que mon père Joseph vivait dans le veuvage, Marie ma mère, bonne et bénie en

toute manière, se trouvait, elle, dans le temple, s'y acquittant de son service dans la sainteté. Elle avait atteint l'âge de douze ans, ayant passé trois années dans la maison de ses parents et neuf dans le temple du Seigneur. Alors les prêtres, voyant que la Vierge pratiquait l'ascétisme

et qu'elle demeurait dans la crainte du Seigneur, délibérèrent entre eux et se dirent : "

Cherchons un homme de bien pour la lui fiancer, en attendant la célébration du mariage, de peur que nous ne laissions le cas ordinaire des femmes lui arriver dans le temple et que nous ne soyons coupables d'un grand péché8. "

4. En ce même temps, ils convoquèrent la tribu de Juda qu'ils avaient choisie parmi les douze

(tribus) du peuple (en tirant au sort) les noms des douze tribus d'Israël. Le sort tomba sur le bon vieillard Joseph, mon père selon la chair. Alors les prêtres répondirent et dirent à ma mère, la vierge bénie : " Allez avec Joseph. Obéissez-lui jusqu'à ce que vienne le temps où nous accomplirons le mariage. " Mon père Joseph prit Marie dans sa maison. Elle y trouva le petit Jacques dans la tristesse de l'orphelin. Elle se mit à le choyer ; c'est pour cette raison qu'elle fut appelée Marie mère de Jacques.

Or, après que Joseph l'eut prise dans sa maison, il se mit en route (vers un endroit) où il exerçait le métier de charpentier. Dans sa maison, Marie ma mère passa deux années, jusqu'au moment opportun.

5.

Or, dans la quatorzième année de son âge, je vins de ma propre volonté, et j'entrai en elle,

moi, Jésus, votre vie. Comme elle était enceinte depuis trois mois, le candide Joseph revint de l'endroit éloigné où il exerçait le métier de charpentier. Il trouva que ma mère la Vierge était enceinte. Il fut troublé, il prit peur et songea à la congédier en secret. Et à cause de son

chagrin, il ne mangea ni ne but.

6. Au milieu de la nuit, voici que Gabriel, l'archange de la joie, vint à lui dans une vision, sur

l'ordre de mon bon Père, et il lui dit : " Joseph, fils de David, ne crains pas d'admettre près de toi Marie ton épouse, car celui qu'elle enfantera est issu du Saint-Esprit9. On l'appellera Jésus. C'est lui qui fera paître tous les peuples avec un sceptre de fer10, " Et l'ange s'éloigna de lui. Joseph se leva de sa couche ; il fit comme l'ange du Seigneur lui avait ordonné et reçut Marie

près de lui.

7. Ensuite un ordre vint du roi Auguste, pour faire enregistrer (la population de) toute la terre,

chacun dans sa ville respective11. Le (vieillard) à la bonne vieillesse se leva ; il conduisit Marie la Vierge ma mère dans sa ville de Bethléem Comme elle était sur le point d'accoucher12, il

avait inscrit son nom chez le scribe, à savoir : " Joseph, fils de David, avec Marie son épouse, et Jésus son fils, issus de la tribu de Juda. " Et ma mère Marie me mit au monde, sur la route du retour à Bethléem, dans le tombeau de Rachel, femme de Jacob le patriarche, qui fut la mère de Joseph et de Benjamin.

8. Satan donna un conseil à Hérode le Grand, le père d'Archélaüs, celui qui fit décapiter Jean,

mon ami et mon parent. A la suite de quoi, celui-ci me rechercha pour me tuer, s'imaginant que mon royaume est de ce monde.

Joseph en fut averti dans une vision, de par mon Père. Il se leva, me prit avec Marie ma mère, sur les bras de laquelle j'étais assis, tandis que Salomé marchait à notre suite. Nous partîmes pour l'Égypte. Là, nous demeurâmes une année, jusqu'au jour où les vers se mirent dans le corps d'Hérode : dont il mourut, à cause du sang des innocents petits enfants, qu'il avait répandu.

9. Après que cet impie Hérode fut mort, nous retournâmes dans une ville de la Galilée, qui

s'appelle Nazareth. Mon père Joseph, le vieillard béni, pratiquait le

métier de charpentier, et nous vivions du travail de ses mains. Observant la loi de Moïse, jamais il ne mangea son pain gratuitement13.

10. Et après ce long espace de temps, son corps ne s'était pas a!aibli ; ses yeux n'avaient pas

perdu la lumière ; pas une seule dent ne s'était gâtée dans sa bouche14. Jamais à aucun moment, il ne manqua de jugement ni de sagesse ; mais il était comme un jeune homme, alors que son âge avait atteint, dans une vieillesse heureuse, la cent onzième année.

11. Or, ses deux plus jeunes fils, Josetos et Syméon, prirent femme et s'établirent dans leurs

maisons. Ses deux filles aussi se marièrent selon qu'il est permis à tout homme. Joseph, lui, demeura avec Jacques, son plus jeune fils. Depuis que la Vierge m'avait enfanté, j'étais auprès d'eux, dans la complète soumission (qui convient à) la qualité de fils. Car, en vérité, j'ai fait toutes les uvres de l'humanité, hormis le seul péché15. Quant à moi, j'appelais Marie : " ma mère ", et Joseph : " mon père ". Et je leur obéissais en tout ce qu'ils allaient me dire16. Je ne leur répliquais pas un seul mot, mais je les aimais beaucoup.

12. Ensuite il se fit que la mort de Joseph mon père devint proche, selon qu'il est imposé à

tout homme.

Lorsque son corps ressentit la maladie, son ange l'avertit : " C'est cette année que tu mourras. " Et comme son âme se troublait, il se rendit à Jérusalem dans le temple du Seigneur ; il se prosterna devant l'autel, et pria de la sorte, en disant :

13. (Ô) Dieu, père de toute miséricorde et Dieu de toute chair, Dieu de mon âme, de mon

corps et de mon esprit, puisque les jours de ma vie, que vous m'avez départis en ce monde, sont accomplis, voici que je vous prie, Seigneur Dieu, d'envoyer vers moi l'archange Michel pour qu'il se tienne près de moi, jusqu'à ce que ma pauvre âme soit sortie de mon corps, sans douleur et sans trouble. Car c'est pour tout homme une grande crainte et une grande douleur que la mort : pour l'homme, ou pour l'animal domestique, ou pour la bête sauvage, ou pour le reptile, ou pour l'oiseau, en un mot, pour tout ce qu'il y a sous le ciel de créatures possédant

un sou#e de vie17, c'est une douleur et une a#iction que leur âme se sépare de leur corps. Maintenant donc, ô mon Seigneur, que votre ange se tienne près de mon âme et de mon corps, jusqu'à ce qu'ils se séparent l'un de l'autre sans douleur. Ne permettez pas que l'ange qui me fut attaché depuis le jour où vous m'avez formé, jusqu'à maintenant, tourne contre moi un visage embrasé de colère sur le parcours du chemin, quand je m'en irai vers vous, mais qu'il me traite pacifiquement. Ne laissez pas ceux dont la face est changeante me tourmenter sur le parcours du chemin, quand j'irai vers vous. Ne faites pas arrêter mon âme par les préposés à la porte, et ne me confondez pas devant votre tribunal formidable. Ne déchaînez pas contre moi les flots du fleuve de feu, celui où toutes les âmes se purifient avant qu'elles ne voient la gloire de votre divinité, ô Dieu qui jugez chacun en vérité et en justice.

Maintenant donc, ô mon Seigneur, que votre miséricorde me soit un réconfort, car vous êtes la source de tout bien. A vous la gloire dans l'éternité des éternités. Ainsi soit- il! "

14. Il advint ensuite qu'il se rendit à Nazareth, la ville qu'il habitait. Et il s'alita de la maladie

dont il allait mourir selon la destinée de tout homme. Et sa maladie était plus grave que dans tous les cas où il avait été malade, depuis le jour qu'il avait été mis au monde. Voici les états

de vie de mon bien-aimé père Joseph. Il atteignit l'âge de quarante ans. Il prit femme Il vécut quarante-neuf autres années dans le mariage avec sa femme. Puis celle-ci mourut et il passa une année seul. Ensuite ma mère passa deux autres années dans sa maison, après que les prêtres la lui eurent confiée, en lui donnant cette instruction : " Veillez sur elle, jusqu'au moment d'accomplir votre mariage. " Au commencement de la troisième année qu'elle demeura chez lui - c'était la quinzième année de sa vie à elle - elle me mit au monde18, par un mystère que personne ne comprend dans l'univers entier excepté moi, mon Père et le Saint-Esprit, qui ne sommes qu'un.

15. Le total des jours de la vie de mon père Joseph, le vieillard béni, fut de cent onze ans,

selon l'ordre qu'avait donné mon bon Père. Le jour où il abandonna son corps fut le 26 du mois d'épiphi. Alors cet or a"né qu'était la chair de mon père Joseph, commença de se transmuer, et l'argent, qu'étaient sa raison et son jugement, s'altéra. Il oublia le boire et le

manger, et son habileté dans son art tourna à l'erreur. Il arriva donc que ce jour-là, c'est- à-dire le 26 épiphi, quand la lumière commença de se répandre, mon père Joseph s'agita beaucoup sur sa couche. Il ressentit une vive crainte, il poussa un profond gémissement et se mit à crier avec un grand trouble en s'exprimant de la sorte :

16. " Malheur à moi aujourd'hui ! Malheur au jour où ma mère m'a enfanté en ce monde !

Malheur au sein où j'ai reçu le germe de la vie ! Malheur aux mamelles dont j'ai sucé le lait ! Malheur aux genoux sur lesquels je me suis assis ! Malheur aux mains qui m'ont soutenu jusqu'à ce que j'aie grandi, pour devenir pécheur ! Malheur à ma langue et à mes lèvres, parce qu'elles se sont impliquées bien souvent dans l'injure, dans la détraction, dans la calomnie, dans de vaines paroles de badinage, où abonde la tromperie ! Malheur à mes yeux, parce qu'ils ont regardé le scandale ! Malheur à mes oreilles, parce qu'elles ont aimé à entendre les discours frivoles ! Malheur à mes mains, parce qu'elles ont pris ce qui ne leur appartenait pas ! Malheur à mon estomac et à mes entrailles, parce qu'ils ont convoité des aliments qui ne leur appartenaient pas ! Si celui-là trouve quelque chose, il le dévore pis que (ne fait) la flamme d'une fournaise ardente, jusqu'à le rendre impropre à tout usage ! Malheur à mes pieds, qui ont servi mon corps mal à propos, en le portant dans des voies autres (que les) bonnes19 ! Malheur à mon corps, qui a rendu mon âme déserte et étrangère pour le Dieu qui l'a créée ! Que ferai-je maintenant? Je suis enserré de toutes parts. En vérité, malheur à tout homme qui commettra le péché. En vérité, c'est le grand trouble que j'ai vu s'abattre sur mon père Jacob,

lorsqu'il a quitté son corps, c'est le même qui s'empare aujourd'hui de moi, malheureux. Mais c'est Jésus (mon) Dieu, l'arbitre de mon âme et de mon corps, qui accomplit sa volonté en moi.

"

17.

Comme Joseph mon père chéri parlait de la sorte, je me levai et j'allai vers lui, qui était

couché. Je le trouvai l'âme et l'esprit troublés. Je lui dis : " Salut, mon père chéri, Joseph, vous dont la vieillesse est à la fois bonne et bénie ! " Il me répondit, avec une grande peur de la mort, me disant : " Salut un grand nombre de fois, mon fils chéri ! Voici que mon âme s'apaise un peu en moi, depuis que j'ai entendu votre voix. Jésus, mon seigneur ! Jésus, mon véritable

roi ! Jésus, mon bon et miséricordieux sauveur ! Jésus le libérateur ! Jésus, le guide ! Jésus, le défenseur ! Jésus, qui êtes tout en bonté ! Jésus, dont le nom est doux à la bouche de chacun et très onctueux ! Jésus, il scrutateur ! Jésus, oreille attentive en vérité ! Ecoutez-moi aujourd'hui, moi votre serviteur qui vous implore et répands mes larmes en votre présence. Vous êtes Dieu en vérité. Vous êtes le Seigneur en vérité, comme l'ange m'a dit souvent, principalement le jour où mon cur fut pris de soupçons, à cause d'une pensée humaine contre

la vierge bénie, parce qu'elle était enceinte, et que je me disais : "Je vais la renvoyer en secret." Comme telles étaient mes réflexions, l'ange se montra à moi dans une vision et me parla en ces termes : "Joseph, fils de David, ne craignez pas de recevoir près de vous Marie votre épouse, car celui qu'elle enfantera est (issu) de l'Esprit-Saint. Ne soyez pas en doute au sujet de sa grossesse, car elle enfantera un fils, que vous appellerez Jésus." Vous êtes Jésus le Christ, le sauveur de mon âme, de mon corps et de mon esprit. Ne me condamnez pas, moi votre esclave et l'ouvrage de vos mains. Je ne connaissais pas, Seigneur, et je ne comprends pas le mystère de votre conception déconcertante. Jamais non plus je n'ai entendu qu'une femme ait conçu sans un homme, ni qu'une vierge ait enfanté tout en gardant le sceau de sa virginité. O mon Seigneur, n'était l'ordonnance de ce mystère, je ne croirais pas en vous ni à votre conception sainte, en rendant gloire à celle qui vous a enfanté, à Marie la vierge bénie. Je me rappelle le jour où le serpent mordit le garçon qui en mourut. Sa famille vous rechercha pour vous livrer à Hérode. Votre miséricorde l'atteignit. Vous ressuscitâtes celui à propos duquel on vous avait calomnié disant : "C'est toi qui l'as tué." Et il y eut une grande joie dans la maison de celui qui était mort. Aussitôt je vous pris l'oreille en vous disant : "Sois prudent, mon fils." Aussitôt vous me fîtes un reproche, disant : "Si vous n'étiez pas mon père selon la chair, il ne s'en faudrait pas que je vous apprenne ce que vous venez de faire." Maintenant donc, ô mon Seigneur et mon Dieu20, si c'est pour me demander compte de ce jour-là que vous m'avez envoyé ces signes terrifiants, je demande à votre bonté de ne pas entrer en contestation avec moi.

Je suis votre esclave et le fils de votre servante. Si vous brisez mes liens, je vous o !rirai un sacrifice de louange, c'est-à-dire la confession de la gloire de votre divinité.

Car vous êtes Jésus le Christ, le fils de Dieu en vérité et le fils de l'homme en même temps. "

18. Comme mon père Joseph disait ces choses, je ne pus rester sans verser des larmes, et je

pleurai en voyant que la mort le dominait et en entendant les paroles de détresse qu'il prononçait. Ensuite, ô mes frères, je me souvins de ma mort sur la croix pour le salut du monde entier. Et celle dont le nom est suave à la bouche de tous ceux qui m'aiment, Marie ma mère chérie se leva. Elle me dit avec une grande tristesse : " Malheur à moi, mon cher Fils ! Va-t-il donc mourir, celui dont la vieillesse est bonne et bénie, Joseph, votre cher et vénérable père selon la chair ? " Je lui dis : " O ma mère chérie, quel est enfin, de tous les hommes, celui qui, ayant revêtu la chair, ne goûtera pas la mort? Car la mort est la souveraine de l'humanité, ô ma mère bénie ! Vous-même, il faut que vous mouriez comme tout homme. Mais tant pour Joseph mon père, que pour vous, ma mère bénie, votre mort ne sera pas une mort, mais une vie éternelle et sans fin. Car moi aussi, je dois absolument mourir, à cause de la chair mortelle que j'ai revêtue en vous. Maintenant donc, ô ma mère chérie, levez-vous pour aller vers Joseph le vieillard béni, afin que vous sachiez la destinée qui lui viendra d'en haut. "

19. Et elle se leva. Elle se rendit dans le lieu où il était couché, et elle le trouva, comme les

signes de la mort venaient de se manifester en lui. Moi-même, ô mes amis je m'assis à son chevet et Marie ma mère s'assit près de ses pieds. Lui, leva les yeux sur mon visage. Il ne put parler parce que le moment de la mort le dominait. Alors, il leva les yeux en haut et poussa un grand gémissement. Moi, je tins ses mains et ses pieds durant un temps considérable, tandis qu'il me regardait et m'implorait disant : " Ne permettez pas qu'ils m'emportent ! " Et j'enfonçai ma main sous son cur et je connus que son âme avait déjà passé dans son gosier, pour être emportée de son corps. Mais le dernier moment n'était pas encore achevé, où la mort devait venir, sinon elle n'aurait plus attendu, car en vérité le trouble la suivait ainsi que les larmes et le désarroi qui la précèdent.

20. Lorsque ma mère chérie me vit palper son corps, elle aussi lui palpa les pieds. Elle trouva

que la respiration et la chaleur s'étaient envolées et les avaient quittés. Elle me dit ingénument : " Merci à vous, mon cher Fils! Depuis le moment où vous avez posé votre main sur son corps, la chaleur l'a quitté. Voilà ses pieds et ses mollets devenus froids comme la glace. " Moi, j'allai vers ses fils et ses filles et je leur dis : " Venez pour parler à votre père, car c'est (maintenant) le moment de lui parler, avant que la bouche ne cesse de parler et que la pauvre chair ne soit froide. " Alors les fils et les filles de Joseph s'entretinrent avec lui. Il était en danger à cause des douleurs de la mort et tout prêt à sortir de ce monde.

Lysia la fille de Joseph répondit et dit à ses frères : " Malheur à moi, mes frères, si ce n'est pas le mal de notre chère mère, que nous n'avons plus revue jusqu'à maintenant. Il en sera de même pour notre père Joseph que nous ne reverrons plus jamais. " Alors les fils de Joseph élevant la voix pleurèrent. Moi-même, et Marie la vierge ma mère, nous pleurâmes avec eux, car le moment de la mort était arrivé.

21.

Alors je regardai dans la direction du sud, et j'aperçus la mort. Elle entra dans la maison

suivie de l'Amenti, qui est son instrument21, avec le diable suivi d'une foule de satellites habilles de feu, innombrables, et dont la bouche lançait de la fumée et du soufre. Mon père Joseph regarda et les vit qui le cherchaient, pleins de colère contre lui, (de cette colère) dont ils

ont coutume d'allumer leur visage, contre toute âme qui quitte son corps, spécialement (contre) les pécheurs en qui ils aperçoivent le moindre signe (de possession). Lorsque le bon vieillard les aperçut en compagnie de la mort, ses yeux versèrent des larmes. En ce moment-là, l'âme de mon père Joseph se détacha en poussant un grand soupir, tandis qu'elle cherchait un moyen de se cacher, afin d'être sauvée. Lorsque je vis, au gémissement de mon père Joseph, qu'il avait aperçu des puissances qu'il n'avait encore jamais aperçues, je me levai aussitôt et je menaçai le diable et tous ceux qui étaient avec lui. Ceux-ci s'en allèrent avec honte et en grand désordre. Et de tous ceux qui étaient assis autour de mon père Joseph, personne, pas même Marie ma mère, ne connut rien de toutes les armées terribles qui poursuivent les âmes des hommes. Quant à la mort, lorsqu'elle vit que j'avais menacé les puissances des ténèbres (et) que je les avais jetées dehors, parce qu'elles n'avaient pas de pouvoir sur lui, elle prit peur. Et moi, je me levai à l'instant, je fis monter une prière vers mon Père très miséricordieux, lui disant :

22. " O mon Père et le père de toute miséricorde, le père de la vérité ! il qui voyez ! Oreille qui

entendez ! Écoutez-moi qui suis votre fils chéri, tandis que je vous implore pour l'uvre de vos mains, pour mon père Joseph, (vous priant) de m'envoyer un nombreux chur d'anges, avec Michel le dispensateur de la bonté, avec Gabriel le messager de la lumière. Qu'ils accompagnent l'âme de mon père Joseph, jusqu'à ce qu'elle ait dépassé les sept éons des ténèbres. Qu'elle ne passe point par les voies étroites, celles où il est terrible de marcher, où l'on a le grand e!roi de voir les puissances qui les occupent, où le fleuve de feu qui coule là-bas, roule ses flots comme les vagues de la mer. Et soyez miséricordieux pour l'âme de mon père Joseph, qui va vers vos mains saintes, car c'est le moment où il a besoin de cette miséricorde. " Je vous le dis, ô mes frères vénérables et mes apôtres bénis ; tout homme né en ce monde (et) connaissant le bien et le mal, après qu'il a passé tout son temps suspendu à la concupiscence de ses yeux, a besoin de la pitié de mon bon Père, lorsqu'il arrive au moment de mourir, de franchir le passage, (de paraître devant) le tribunal terrible et de présenter sa défense. Mais je retourne au (récit du) trépas de mon père Joseph, le juste vieillard.

23. Lorsqu'il eut rendu l'esprit, je l'embrassai. Les anges prirent son âme et la mirent dans un

fin tissu de soie. Et m'étant approché, je m'assis près de lui, (tandis que) personne de ceux qui étaient assis autour de lui ne savait qu'il était mort. Je fis garder son âme par Michel et Gabriel, à cause des puissances qui étaient sur la route, et les anges chantaient devant elle jusqu'à ce qu'ils l'eurent remise à mon bon Père.

24. Je retournai donc vers le corps de mon père Joseph, qui gisait comme une corbeille. Je

m'assis et je lui abaissai les yeux, je les fermai ainsi que la bouche, et je restai à le contempler.

Je dis à la Vierge : " Ô Marie, où sont maintenant tous les travaux de métier qu'il a faits depuis son enfance jusqu'à maintenant ? Ils ont tous passé en un seul moment. C'est comme s'il n'était jamais né en ce monde. " Lorsque ses fils et ses filles m'eurent entendu dire cela à Marie ma mère, ils me dirent avec beaucoup de larmes : " Malheur à nous, ô notre Seigneur ! Notre père est-il mort ? Et nous ne le savions pas ! " Je leur dis : " En vérité, il est mort. Cependant la mort de Joseph mon père n'est pas une mort, mais une vie pour l'éternité. Grands sont les (biens) que va recevoir mon bien-aimé Joseph. Car depuis le moment où son âme a quitté son corps, toute douleur a cessé pour lui. Il s'en est allé dans le royaume (des cieux) pour l'éternité. Il a laissé derrière lui le poids du corps ; il a laissé derrière lui ce monde plein de toute sorte de douleurs et de toute sorte de vains soucis. Il s'en est allé vers la demeure du repos de mon Père qui est aux cieux, cette (demeure) qui ne sera jamais détruite. " Lorsque j'eus dit ainsi à mes frères : " Il est mort votre père Joseph, le vieillard béni ", ils se levèrent, déchirèrent leurs habits et pleurèrent pendant longtemps.

25. Alors ceux de la ville de Nazareth tout entière et de la Galilée, lorsqu'ils eurent appris le

deuil, se rassemblèrent tous dans le lieu où nous nous tenions, selon la coutume des Juifs. Ils passèrent la journée entière à le pleurer, jusqu'à la neuvième heure. A la neuvième heure du jour, je les fis sortir tous. Je répandis de l'eau sur le corps de mon bien-aimé père Joseph ; je l'oignis avec de l'huile parfumée ; je priai mon bon Père qui est dans les cieux, en des prières célestes que j'ai écrites de mes propres doigts, sur les tablettes des cieux, quand je n'avais pas encore pris chair de la vierge Marie. Et au moment où je dis l'amen de la prière, une multitude d'anges arrivèrent. Je donnai l'ordre à deux d'entre eux de déployer un vêtement. Je leur fis enlever le corps béni de mon père Joseph, pour le déposer dans ces habits et l'ensevelir.

26.

Et je plaçai ma main sur son cur en disant : " Que jamais l'odeur fétide de la mort ne

s'attache à toi. Que tes oreilles ne sentent pas mauvais. Que la corruption ne découle jamais de ton corps. Que le linceul de ta chair, (celui) dont je t'ai revêtu, ne soit jamais attaqué par la terre, mais qu'il demeure sur ton corps, jusqu'au moment du banquet des mille années. Que

les cheveux de ta tête ne se flétrissent pas ces (cheveux) que j'ai souvent pris dans mes mains, ô mon cher père Joseph ! Et le bonheur t'adviendra. Ceux qui réserveront une o !rande, pour la donner à ton sanctuaire le jour de ta commémoration qui est le 26 du mois d'épiphi, je les bénirai moi-même par un don céleste, qui (leur sera fait) dans les cieux. Celui qui, en ton nom, mettra un pain dans la main d'un pauvre, je ne le laisserai manquer d'aucun bien de ce monde, pendant tous les jours de sa vie. Ceux qui mettront une coupe de vin dans la main d'un étranger ou d'une veuve ou d'un orphelin le jour de ta commémoration, je t'en ferai présent pour que tu les amènes au banquet des mille années. Ceux qui écriront le livre de ton décès, avec toutes les paroles qui sont sorties aujourd'hui de ma bouche, (je te jure) par ton salut, ô mon bien-aimé père Joseph, que je t'en ferai présent en ce monde ; et de plus, quand ils quitteront leur corps, je déchirerai la cédule22 de leurs péchés, pour qu'ils ne subissent aucun tourment, sauf l'angoisse de la mort et le fleuve de feu, qui se trouve devant mon Père et qui purifie toute âme.

Et quant à un pauvre homme n'ayant pas (le moyen de) faire ce que j'ai dit, si, lorsqu'il aura engendré un fils, il l'appelle du nom de Joseph pour glorifier ton nom, ni famine ni contagion n'atteindront sa maison, parce que ton nom s'y trouvera. "

27. Ensuite les grands de la ville se rendirent (à l'endroit) où était déposé le corps de mon

père, accompagnés des préposés aux funérailles, à dessein d'ensevelir son corps selon les rites funéraires des Juifs. Et ils le trouvèrent déjà enseveli. Le linceul avait été fixé à son corps,

comme si on l'avait fixé avec des agrafes de fer. Et lorsqu'ils le remuèrent, ils ne trouvèrent pas l'ouverture du linceul. Ensuite, ils l'emportèrent vers le tombeau. Et après qu'ils eurent creusé à l'entrée de la caverne pour en ouvrir la porte, et le déposer parmi ses pères, je me rappelai le jour où il était parti avec moi pour l'Égypte, et les grandes tribulations qu'il avait subies pour moi, et je m'étendis sur son corps, et je pleurai sur lui pendant longtemps en disant :

28. " O mort, qui causes beaucoup de larmes et de lamentations, c'est pourtant celui qui

domine toutes choses qui t'a donné ce pouvoir surprenant! Mais le reproche n'atteint pas tant la mort qu'Adam et sa femme. La mort, elle, ne fait rien sans le commandement de mon Père. Il y a eu des hommes qui ont vécu neuf cents ans avant de mourir, et beaucoup (d'autres) ont vécu davantage encore ; personne d'entre eux n'a dit : "J'ai vu la mort", ni "Elle vient par intervalles tourmenter quelqu'un". Mais elle ne tourmente les (gens) qu'une fois, et cette fois-là, c'est mon bon Père qui l'envoie vers l'homme. Au moment où elle vient vers lui, elle entend la sentence qui vient du ciel. Si la sentence vient dans le trouble et chargée de colère, la mort aussi vient avec trouble et colère remplir l'ordre de mon bon Père, prendre l'âme de l'homme et la conduire à son Seigneur. La mort n'a pas le pouvoir de le conduire dans le feu ou de le conduire dans le royaume des cieux. La mort accomplit l'ordre de Dieu. Adam au contraire n'a pas accompli la volonté de mon Père, mais (il a commis) une transgression. Il l'a commise, au point d'irriter mon Père contre lui, en obéissant à sa femme et en désobéissant à mon bon Père, de sorte qu'il a attiré la mort sur toute âme (vivante). Si Adam n'avait pas désobéi à mon bon Père, il n'aurait pas attiré la mort sur lui. Qu'est-ce donc qui m'empêche de prier mon bon Père pour qu'il m'envoie un grand char de lumière, où je placerais mon père Joseph, sans qu'il goûte aucunement la mort, pour le faire conduire, avec la chair dans laquelle il fut engendré, vers un lieu de repos, où il serait avec les anges incorporels ? Mais à cause de la transgression d'Adam, cette grande douleur est venue sur l'humanité tout entière, avec cette grande angoisse de la mort. Et moi-même, en tant que revêtu de cette chair passible, il faut qu'en elle je goûte la mort, pour la créature que j'ai façonnée, afin de lui être miséricordieux23. "

29. Tandis que je parlais de la sorte et que j'embrassais mon père Joseph en pleurant sur lui,

ils ouvrirent la porte du tombeau et ils y déposèrent son corps auprès du corps de Jacob son père. Sa fin arriva dans (sa) cent onzième année. Pas une seule dent ne fut entamée dans sa bouche et ses yeux ne s'obscurcirent pas24 ; mais sa vue était celle d'un petit enfant. Jamais il ne perdit sa vigueur mais il s'occupa au métier de la charpenterie, jusqu'au jour qu'il s'alita de la maladie dont il devait mourir.

30. Nous, les apôtres, ayant entendu ces choses de la (bouche) de notre Sauveur, nous nous

réjouîmes. Nous nous levâmes aussitôt, nous adorâmes ses mains et ses pieds, en nous

réjouissant et en disant : " Nous vous rendons grâces, ô notre bon Sauveur, de ce que vous nous avez rendus dignes d'entendre de vous, ô notre Seigneur, ces paroles de vie. Cependant vous nous étonnez, ô notre bon Sauveur : pourquoi avez-vous accordé l'immortalité à Hénoch et à Elie, et (pourquoi) jusqu'à maintenant se trouvent-ils bien, gardant jusqu'à maintenant la chair dans laquelle ils sont nés ; (pourquoi) leur chair n'a-t-elle pas connu la corruption25, alors que ce vieillard béni, Joseph le charpentier, celui à qui vous avez fait un si grand honneur, (celui) que vous avez appelé votre père et à qui vous obéissiez en toutes choses, (celui) au sujet de qui vous nous avez donné ces ordres, disant : "Quand je vous aurai investis de force26 et quand j'aurai envoyé vers vous celui qui est promis par mon Père, c'est-à-dire le Paraclet, l'Esprit-Saint, pour vous envoyer prêcher le saint Évangile, vous prêcherez aussi mon saint père Joseph" ; et encore : "Dites ces paroles de vie dans le testament de son décès" ; et encore : "Lisez les paroles de ce testament aux jours de fêtes et aux jours sacrés" ; et encore :

"Tout homme qui n'a pas bien appris les lettres, lisez-(lui) ce testament aux jours de fête" ; et encore : "Celui qui retranchera quelque chose de ces paroles ou qui y ajoutera, de manière à me compter pour un menteur, je tirerai de lui une prompte vengeance" ; - nous sommes donc étonnés que, depuis le jour où vous êtes né à Bethléem, vous l'ayez appelé votre père selon la chair, et que néanmoins vous ne lui ayez pas promis l'immortalité pour le faire vivre éternellement.

31. Notre Sauveur répondit et nous dit : " La sentence que mon Père a édictée contre Adam ne

sera pas rendue vaine, attendu qu'il a désobéi à ses commandements. Lorsque mon Père décrète sur l'homme qu'il sera juste, celui-ci devient son élu. Lorsque l'homme lui-même aime les uvres du diable, par sa volonté de faire le mal, si (Dieu) le laisse vivre longtemps, ne sait-il pas qu'il tombera entre les mains (de Dieu), s'il ne fait pénitence ? Mais quand quelqu'un atteint un grand âge parmi de bonnes actions, ce sont ses uvres qui font de lui un vieillard. Chaque fois que Dieu voit quelqu'un pervertir ses voies27, il raccourcit sa vie. Il en est qu'il prend ainsi au milieu de leurs jours. Cependant toute prophétie prononcée par mon Père doit s'accomplir sur le genre humain et se réaliser pour lui en entier. Vous m'avez aussi parlé d'Hénoch et d'Elie, (disant) : "Ils vivent en la chair dans laquelle ils sont nés", et au sujet de Joseph, mon père selon la chair, (disant) : "Pourquoi ne l'avez-vous pas laissé dans sa chair jusqu'à maintenant ?" - (Mais) s'il avait vécu dix mille ans, il lui faudrait cependant mourir.

Je vous le dis, ô mes membres saints, chaque fois qu'Hénoch et Élie pensent à la mort, ils voudraient en avoir fini de la mort, pour être délivrés de cette grande angoisse dans laquelle ils se trouvent. Car ceux-là surtout doivent mourir en un jour de terreur, de trouble, de clameur, de menace et d'a#iction. En e!et, l'Antéchrist tuera ces deux hommes en répandant leur sang sur la terre, comme un verre d'eau, à cause des a!ronts qu'ils lui feront subir en le reprenant. "

32. Nous répondîmes, lui disant : " Ô notre Seigneur et notre Dieu, quels sont ces deux

hommes dont vous avez dit que le fils de la perdition les tuera pour un verre d'eau? " Jésus, notre Sauveur et notre vie, nous dit : " C'est Hénoch et Elie. " Or tandis que notre Sauveur nous disait ces choses, nous nous réjouîmes et nous fûmes dans l'allégresse. Nous le remerciâmes et nous lui rendîmes grâces et louanges, à lui, notre Seigneur et notre Dieu, notre Sauveur Jésus-Christ, celui par qui toute gloire et toute louange convient au Père, et à lui-même et à l'Esprit vivifiant, maintenant et dans tous les temps, et jusqu'à l'éternité de toutes les éternités.

Ainsi soit-il!

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1. " Père selon la chair " ne signifie pas que l'auteur nie l'origine divine de Jésus, mais que

Joseph est son père aux yeux du monde, et selon la loi.

2. Mois copte situé entre le 25 juin et le 24 juillet.

3. Cf. Hébreux 2, 9.

4. Actes 1, 8.

5. Lévitique 19, 36.

6. Matthieu 12, 36.

7. Psaumes 32, 16.

8. Allusion au précepte du Lévitique 15, 19 s.

9. Cf. Matthieu 1, 20.

10. Psaume 2, 9.

11. Cf. Luc 2, 1-3.

12. Joseph anticipe l'inscription de Jésus, qui n'est pas encore né.

14. Cf. Deutéronome 34, 7

15. Hébreux 4, 15.

16. Littéralement : " ce qu'ils étaient sur le point de dire " ; en d'autres termes : " je prévenais

leurs ordres ".

17. Genèse 6, 17.

18. L'autre version copte ajoute cette précision, tacite dans notre texte : " et dix-huit autres

années se passèrent depuis que ma mère m'eut mis au monde ". Jésus avait donc dix-huit ans à la mort de son père.

19. Cf. Isaïe 65, 2.

20. Jean 20, 28.

21. Amenti, nom donné par les Égyptiens au lieu où les âmes se rendaient après la mort et où

elles étaient jugées par Osiris. Il est personnifié comme Hadès, à la fois lieu et dieu, cf. p. 154.

22. Colossiens 2, 14.

23. Hébreux 2, 17.

24. Deutéronome 34, 7.

25. Actes 2, 31.

26. Luc 24, 49.

27. Genèse 6, 12.

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Genèse 6, 12. Top http://livres-mystiques.com/partieTEXTE oseph.html Golden_Eye Post subject: L'évangile de Judas

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L'évangile de Judasoseph.html Golden_Eye Post subject: Member Posted: 04 Jul 2008 21:21 NDLR: L'introduction

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Golden_Eye Post subject: L'évangile de Judas Member Posted: 04 Jul 2008 21:21 NDLR: L'introduction et

Posted: 04 Jul 2008 21:21

NDLR: L'introduction et l'analyse de conclusion sont de notre frère Jean Degert. Les passages en italique sont des commentaires de Jean sur le texte lui-même.L'évangile de Judas Member Posted: 04 Jul 2008 21:21 Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652

Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652

Depuis quelques jours une incontestable excitation s'empare de certains esprits suite à la parution de l'évangile de Judas. Il s'agit d'un livre apocryphe dont on dit qu'il remet en cause la Bible, comme si automatiquement deux millénaires de foi allaient s'e!ondrer. Comme si la découverte d'un texte singulier emportait l'invalidation des autres.

Le texte n’a pas été rédigé par Judas lui-même, mais par la secte des Caïnites qui arborait un nom déjà révélateur en lui-même. Il s'agissait d'une secte faisant parti des mouvements ophiolâtres (les Ophites stricto sensu étaient les Naasséniens) (Leur nom vient du terme sémitique nahas qui signifie «-serpent » ; en grec «ophis»= serpent) proprement dits, bien que ce nom s'emploie mieux pour désigner le groupe de toutes les sectes ophiolâtres du gnosticisme

Les Caïnites a"rmaient que Yahvé, qui avait crée le ciel et la Terre était incomplet, rempli d'ignorance et d'orgueil. Pour parfaire la nature divine, les Caïnites recherchaient des vérités prenant le contre-pied de la révélation juive et, à ce titre, érigeaient en modèles les antithèses des valeurs du monothéisme, dont Caïn. En e!et, selon eux, Caïn, en tuant frère Abel aurait prouvé qu'il était supérieur à Yahvé veillant sur Abel. Ils lui ajoutaient pour compagnons de faits d'armes héroïques à travers les générations Ésaü, les habitants de Sodome et, bien, sûr Judas l'Iscariote. Ce dernier, selon ce que relate leur évangile n'aurait pas trahi le Christ, mais aurait été son "complice" pour que le salut de l'humanité puisse se réaliser. Judas aurait agi d'autant noblement qu'il savait qu'il serait maudit par les apôtres et les Chrétiens à travers les âges. Cette haine aurait aussi été également motivée par la jalousie des disciples envers Judas à qui seul Jésus aurait révélé des vérités gnostiques.

Les écrits apocryphes existent depuis aussi longtemps que certains textes canonisés et pourtant il n'y a pas de ferveur autour d'eux dans les médias. Dante Alighieri a trouvé le matériau de 'la Divine Comédie' dans l'évangile de Nicodème et un poète, pourtant très puritain, comme John Milton a écrit "le Paradis perdu" en puisant certains éléments hors

des écrits canoniques. Le monde protestant ne leur confère d'autre valeur qu'historique et leur valeur esthétique n'approche pas celle de la Bible dont l'écrivain Michel Houellebecq dit qu'elle est très belle "parce que les juifs ont un sacré talent littéraire".

Pourtant une revue plutôt éprouvée- Science et Avenir pour ne pas la citer- n'a pas résisté à la tentation de la vulgarisation sensationnelle pour mieux concurrencer peut-être sa rivale, Science &Vie, mieux rôdée au genre. Depuis, les autres médias se sont fait l'écho de la nouvelle et des auteurs doivent passer des nuits blanches pour publier au plus tôt un roman sur le disciple renégat.

Le texte a été publié en anglais et présenté à Pâques; une traduction française o "cielle vient de paraître. Pour ma part, j'ai eu envie de traduire le texte afin de partager mes réflexions fleuries de versets. ************

EVANGILE DE JUDAS

Introduction

Jésus fait la révélation à Judas trois jours avant la Pâque.

Le ministère terrestre de Jésus

Jésus, sur Terre, a réalisé de nombreux miracles pour le salut de l'humanité. Il a été intègre alors qu'il était parmi des pécheurs. Et il a appelé à lui 12 disciples.

Il ne leur apparaissait souvent comme un enfant (comment ils ont interprété son comportement ou ses paroles. La question est de savoir si le sens d'enfant est l’Innocence, la douceur ou s’il apparaissait physiquement en tant qu’enfant parmi eux).

SCENE 1: Jésus discute avec ses disciples. Prière d'actions de grâces ou eucharistie.

Un jour où il se trouvait avec ses disciples en Judée, Jésus les découvrit recueillis dans une attitude pieuse en observance des commandements. Quand il s'approcha d'eux, alors qu'ils o !raient des actions de grâce pour le pain, Jésus rit. Les disciples lui demandèrent la raison de ses moqueries quant à leurs prières puisqu'ils avaient fait cela comme demandé. Il répondit qu'il ne se moquait pas d'eux. "Vous ne faites pas ceci de votre propre gré, car c'est ainsi que votre Dieu sera loué" répondit-il. Ils lui dirent : "Maître, tu es le fils de Dieu!" Il répondit :"Comment le savez-vous? En réalité, aucun des enfants de cette génération (plus encore : "aucune génération de ce peuple") ne me connaîtra.

Les disciples se mettent en colère

En entendant cela les disciples se mirent en colère intérieurement, blasphémant contre lui dans leurs cœurs. Jésus leur demanda pourquoi cette agitation/trouble les avait poussé à la colère, ajoutant que Dieu en eux poussait leurs âmes à l'aigreur. Il demanda aussi que si l'un d'entre eux était su"samment fort parmi les hommes pour atteindre la perfection (connaissance?) il se tînt devant lui (comme les anges au vu de la suite). Tous répondirent qu'ils avaient la force requise, mais leurs esprits n'osèrent se tenir devant lui, à l'exception de celui de Judas qui, cependant, ne put soutenir son regard. Judas lui dit : "Je sais qui tu es et d'où tu viens : du Royaume immortel de Barbélo. Je ne suis pas digne de prononcer le nom de celui qui t'a envoyé". (Barbélo, dans la tradition gnostique, est l'aspect féminin de la Divinité et serait à l'origine du malheur dans ce monde. Barbélo se serait repenti, après quoi Dieu aurait envoyé le Christ sur Terre pour sauver l'Humanité.)

Jésus prend Judas en aparté

Voyant que Judas était prêt à être illuminé/à accéder à des connaissances supérieures, Jésus s'isola avec Judas pour lui enseigner les mystères du Royaume et lui dit qu'il était possible pour lui de l'atteindre, mais qu'il y aurait un lourd tribut à payer pour cela. Judas serait injustement blâmé et maudit par les Chrétiens. Jésus lui dit qu'un autre le remplacerait afin que le nombre de disciples soit toujours égal à douze afin d'atteindre l'accomplissement (plénitude?) avec Dieu. Judas lui demande "Quand me révèleras-tu ces choses et quand se lèvera l'aube du grand jour pour cette génération/ce peuple?" Mais quand il posa cette question, Jésus prit congé de lui.

SCENE 2 : JESUS APPARAIT DE NOUVEAU AUX DISCIPLES (un Jésus par éclipses)

Jésus réapparaît et révèle aux disciples qu'il est allé voir une autre génération sainte et formidable. Riant à la question de ses disciples curieux d'en savoir plus sur cette génération supérieure et davantage sainte, hors du royaume actuel, Jésus leur décrit ses qualités : aucune personne née de cet éon (La traduction anglaise donne «aeon» qui signifie temps infini. Je pense qu'ici, il est possible, vu le contexte mythologique, qu'«éon» fasse plus référence au temps qu' à l'entité dans la scène 3) ne la verra, aucune personne née de la naissance mortelle ne lui sera associée, et les anges ne règneront pas sur elle. Les disciples sont troublés et restent cois. Un autre jour, Jésus vient vers eux et ils lui parlent d'une vision qu'ils ont eue à son sujet.

Les disciples parlent du temple qu'ils ont aperçu

Ils ont vu un immense autel, douze hommes qui leur ont semblé être des prêtres et un nom. Egalement, une foule attendant devant l'autel que les prêtres agréent l'o !rande. Quant à eux, ils ont attendu (apparemment à l'écart).

Quand Jésus leur demande à quoi ressemblaient les prêtres, les disciples les décrivent comme pervertis : ils sacrifiaient leurs enfants, leurs épouses, étaient sodomites et impliqués dans des meurtres. Ils commettaient une multitude de péchés et répandaient le désordre/l'anarchie. Quant aux hommes devant l'autel, ils invoquaient le nom de Jésus et leurs sacrifices déficients étaient parfaits (participe passé du verbe et non l'adjectif). Après avoir parlé, leur trouble est oublié.

(Il n’est pas évident de savoir si en premier, les disciples décrivent les prêtres ou la foule pécheresse et l'attitude des prêtres, dans une réponse progressive. Soit les abominations sont le fait des 12 prêtres, dans le cas où les disciples répondent directement à la question, soit du peuple dans l'autre cas. Même au regard de la suite, cela reste ambigu)

Jésus donne une interprétation allégorique de la vision du temple

Jésus ne semble pas comprendre la raison de leur émoi et dit que les prêtres devant l'autel invoquaient son nom éternel qui dure d'âge en âge. Ils ont planté des arbres sans fruits, d'une honteuse manière.

Il leur dit que ceux qu'ils ont vu recevoir les o !randes, ce sont eux les disciples. Quant au bétail o !ert, il représente les gens que les disciples ont égarés/menés à leur perte devant

l'autel

d'hommes pieux lui conserveront leur fidélité. Et après, un autre homme se dressera parmi les fornicateurs, un autre parmi les infanticides, un autre parmi les sodomites, et ceux qui s'abstiennent, et le reste du peuple plein de souillure, d'anarchie et d'hérésies, et ceux qui

disent qu'ils sont comme des anges. Ils sont les étoiles qui mènent toute chose à sa fin. Pour les hommes de tous temps il a été dit que Dieu recevait les o !randes par l'entremise des prêtres- c'est un faux ministère. C'est le Seigneur de l'univers qui commande : "dans les derniers jours, ils seront un sujet de honte!".

"Se tiendra debout et se servira de mon nom sur ce sentier et les générations

Jésus leur dit : "cessez les sacrifices sur l'autel

(Manques notables)

Jésus leur dit "cessez de lutter avec moi/me résister. Chacun de vous a sa propre étoile (Manquent 17 lignes).

Judas questionne Jésus à propos de cette génération et de celle des hommes

Judas demande à Jésus quelle sorte de fruits produit cette génération. Jésus répond, à propos de toutes les générations, que leurs âmes périront. Cependant quand ces gens auront parachevé le temps du royaume (auront vécu leur vie terrestre?) et quand l'Esprit les aura guidé, ils seront sauvés alors que leur enveloppe se corrompra.

Judas demande ce que fera le reste de l'humanité, ce à quoi Jésus répond qu'il est impossible de semer des graines sur des pierres et d'en moissonner les fruits. (Puis il condamne apparemment la sagesse corruptible, mais il y a des vides. Il se peut que ce soit déjà une référence au dernier des éons, la Sagesse. Celle-ci, pour certaines sectes ophites,

cherchant l'être, tombe dans le vide, où elle produit une sagesse inférieure. Elle est ramenée au monde divin par le Saint Esprit ; mais, avant d'y arriver, elle a pleuré dans le vide, et de ces pleurs est né notre monde).

Sur ces mots, Jésus s'en va.

SCENE 3 : JUDAS NARRE SA VISION A JESUS QUI LUI REPOND/ L'ECLAIRE (illuminer)

Judas dit : "Maintenant que tu as entendu les autres, écoute la description de mon rêve, car j'ai eu une grande vision". Entendant cela, Jésus rit et lui dit "toi le treizième esprit, pourquoi (me ?) éprouves-tu si durement? Mais n'aies crainte de parler, je suis à tes côtés! (ce Jésus s'adresse peut-être à un esprit qui va le tenter à l'approche de la mort en le tourmentant par le récit de Juda, puis il s'adresse à nouveau à Judas; comme quand le Christ semble réprimander Pierre; cf. Marc 8; 33)

Judas lui dit : "dans la vision, je me suis vu alors que les autres disciples me lapidaient et me persécutaient gravement (il parle de douze disciples, donc il sait déjà qu'il sera remplacé). Je rejoignis ensuite la place à ta suite. (Des manques). Je vis une maison dont mes yeux ne pouvaient saisir la mesure, entourée par beaucoup de gens et au toit en verdure. En son milieu se tenait une foule.

Jésus répondit à Judas "ton étoile (probablement au sens de destin, dans un sens quasi astrologique) t'a fourvoyé. Aucun homme de naissance mortelle n'est digne d'entrer dans la maison que tu as vue, ce lieu étant réservé aux saints. Ni le Soleil, ni la Lune n'y règneront jamais, mais les saints y demeureront toujours, dans le royaume éternel avec les saints anges. Regarde! Je t'ai expliqué le mystère du royaume et je t'ai enseigné quant aux erreurs des étoiles. Phrase incomplète signifiant peut-être "j'envoie cela aux douze éons".

(Les éons- du grec «aion», durée, éternité, parce qu'on leur attribuait une existence éternelle- sont pour certains gnostiques des puissances d'origine divine, et qui servent à expliquer la création du monde visible. Ces puissances produisent des êtres de même nature que la leur. Les éons formaient une chaîne d'êtres intermédiaires entre Dieu et l'homme. Et plus exactement entre le Dieu suprême et le Yahvé des Juifs (dont les gnostiques faisaient une divinité secondaire), entre le Père et le Fils, et enfin entre ce dernier et les hommes).

Judas interroge Jésus au sujet de son destin personnel

Judas demande s'il se peut/si cela veut dire que ce qu'il sème est dirigé par le souverain (vraisemblablement le fait qu'il est destiné à livrer le Christ dans une perspective fataliste).

Jésus répond (manque) qu'il sera très a#igé en voyant le royaume et toute sa génération.

Judas demande pour quelle raison, c'est à lui seul que Jésus a parlé. Ce dernier répond qu'il sera le treizième disciple, qu'il sera maudit à travers les générations et qu'il viendra régner sur elles. «Dans les derniers temps, ajoute-t-il, ils maudiront ton ascension vers la génération sainte».

Jésus enseigne Judas en matière de Cosmologie : l'Esprit et l'Auto-Généré (infini, qui ne procède que de lui-même, une sorte d'hyper Dieu vu qu'il y aurait un Dieu-écran)

Jésus demande à Judas de venir et dit qu'il lui révèlera des secrets inédits,car existe un royaume sans bornes dont aucune génération d'anges n'a connu toute l'étendue et où se trouve l'Esprit, immatériel, que nul oeil d'ange n'a jamais vu, que nulle pensée du coeur n'a jamais pu appréhender, et à qui aucun nom n'a jamais été donné.

(Narration de Jésus :) "Alors, un nuage lumineux apparut et dit de laisser entrer un ange pour le servir". Un superbe ange, le lumineux et divin Auto-Généré, émergea du nuage. A cause de lui (de par sa volonté) quatre autres anges sortirent d'autres nuages et se mirent à le servir. Il créa la première/originelle lumière sur laquelle il régna. Il dit de laisser les anges prendre possession de l'existence (et des cieux peut-être) pour le servir et des myriades indénombrables prirent leurs places. Il dit de laisser un éon étincelant entrer en existence (pas forcément au sens du vivant basique, mais de la connaissance ; ils trouveraient leur

essence, leur raison d'être).

Il ouvrit la seconde lumière et régna sur elle avec des milliers d'anges sans nombre à son

service. C'est ainsi qu'il créa le reste des éons illuminés. Il les fit régner sur eux et il créa des myriades d'anges pour les assister".

Adamas et les lumières (probablement les corps célestes).

(Adamas, selon les Naasséniens- ophites stricto sensu, était le Fils de l'humain ; c’est un androgyne dont sourd le courant de toute vie et d’où s’écoule de concert la matière et l’esprit de tout être. Il se peut que les Caïnites aient approché ces idées).

"Adamas était dans le premier nuage lumineux qu'aucun des anges n'avait vu parmi ceux qui l'appelaient Dieu. Il est à l'origine de la génération incorruptible dont procède Seth" (Seth, en plus d'être le nom du fils d'Adam et Eve est aussi celui du frère du dieu égyptien Osiris ; un lien existe peut-être dans leur gnose, du moins une récupération syncrétique. Mais les Séthiens, autre secte ophite, comme les Caïnites honoraient en Seth le fils de la divine Sagesse, représentant l'esprit, en opposition à Abel qui représentait I'âme et à Caïn qui représentait la chair; des éléments ont pu être repris ; et ici, Seth est le Christ).

"Il fit procéder soixante-douze lumières de cette génération absolument pure, de connivence avec la volonté de l'Esprit. Les soixante-douze lumières, quant à elles, firent trois cent soixante pareillement, toujours en accord avec la volonté de l'Esprit, ce qui donne cinq lumières pour chacune d'entre elles.

Les douze éons (il en est fait mention auparavant, mais la phrase est émaillée de manques)

sont les sphères des douze lumières, avec six paradis/cieux pour chaque éon de sorte qu'il

y a soixante-douze cieux pour soixante-douze lumières".

"Il leur avait été donné autorité et ont été mis à leur service un nombre infini d'anges, pour leur gloire et, ajouté à ceux-là, des esprits vierges/saints qui glorifiaient et adoraient les éons, les cieux et leurs firmaments".

Le Cosmos, le Chaos et l'Enfer

"Cette multitude d'immortels est nommée le Cosmos- c'est-à-dire la perdition- par le Père et les soixante-douze lumières auprès de l'Auto-Généré ainsi que les soixante-douze éons. En lui, apparut le premier homme avec des pouvoirs incorruptibles. Et l'éon apparu avec cette génération, celui en qui la nue de la connaissance et les anges, est appelé El. Après cela, l'éon ordonna de laisser douze anges prendre le règne sur le Chaos et les Enfers. Et du nuage apparut un ange dont le visage était comme incandescent et qui se présentait comme maculé de sang. Il avait pour nom Nebro qui signifie rebelle ; les autres le nommaient Yaldabaoth. Un autre ange, Saklas, sortit aussi du nuage. Nebro créa, comme Saklas, six anges pour qu'ils l'aident et chacun de ces douze anges reçut une portion dans les cieux". (Chez les Ophites, Yaldabaoth est un éon identifié à El-Shaddaï, ou Yahvé connu sous le nom « le Tout-Puissant » ; il procède d’Adamas)

Les souverains et les anges

"Les douze régnants parlèrent aux douze anges

sujets, est largement incomplète. On peut supposer qu'ils les nomment et leur attribuent

des fonctions).

"

(La phrase, importante vu l'un des

"- Le premier est Seth, autrement appelé "Christ".

- Le deuxième est Harmathoth.

- Le troisième est Galila.

- Le quatrième est Yobel.

- Le cinquième est Adonaios.

Ce sont ces cinq qui règnent sur les Enfers et avant tout sur le Chaos".

La création de l'Humanité

"Alors Saklas dit à ses anges « créons un homme à notre image et notre ressemblance ! » Ils

modelèrent Adam et sa femme Eve dont le nom dans les nuages est Zoé. C'est sous ce nom que les autres générations identifièrent l'homme et que chacune d'entre elles nomma la femme. Le souverain dit à Adam que longue vie lui serait accordée, à lui et à sa postérité (et sûrement à Eve)".

Judas s'enquiert du sort d'Adam et de l'Humanité

Judas demande à Jésus combien de jours vivra l'homme au plus. Jésus lui demande pourquoi il s'interroge à ce propos, Adam ayant vécu, avec sa génération le temps qui lui était imparti dans le royaume qu'il avait reçu.

Judas demande si l'esprit humain est mortel. Jésus répond que Dieu avait demandé à Michael de seulement prêter les esprits afin qu'ils puissent servir, mais le Grand-Un a ordonné à Gabriel d'accorder des esprits aux grandes générations sans mesure- il s'agit de l'esprit et de l'âme.

Jésus discute de la destruction des pécheurs avec Judas et les autres disciples

(Manque) "Mais Dieu a fait en sorte que la connaissance soit donnée à Adam afin que le roi du Chaos et de l'Enfer ne puisse pas régner sur eux".

Judas demanda ce que ferait alors cette génération et Jésus lui répondit qu'en vérité, pour chacune d'elles les étoiles ont fourni des moyens d'achèvement/perfection. Quand Saklas parachève le temps qui lui a été imparti, leurs premières étoiles apparaîtront avec les générations et elles achèveront ce qu'ils avaient projeté de faire. Alors ils forniqueront en mon nom et ils tueront leurs enfants" (manquent six lignes et demie).

Après cela Jésus rit et Judas lui demanda la raison de son attitude à leur endroit Jésus répondit qu'il ne se moquait pas d'eux, mais de l'erreur des étoiles qui se trompent au sujet des cinq combattants et qui seraient toutes détruites avec leurs créatures.

Jésus parle des baptisés et de la trahison de Judas

Judas demande à Jésus ce que feront/deviendront ceux qui auront été baptisés en son nom. (Vide de 9 lignes). Jésus répond :"En vérité, ceux qui font des sacrifices à Saklas (manque) Dieu… (Manque 3 lignes) toutes ces choses qui sont mauvaises"."Mais tu les surpassera tous, car tu sacrifieras l'enveloppe qui me revêt"

"Déjà ta corne a été relevée ton courroux s'est enflammé ton étoile a brillé "

et ton coeur a

(Des manques) "Et alors l'image de la grande génération d'Adam sera exaltée, car avant le ciel, la terre et les anges, cette génération, qui est des royaumes éternels, existe déjà (au présent dans le texte anglais, comme quand Jésus dit, de façon apparemment anachronique «avant qu’Abraham fût, je suis» de Jean 8 v. 58 ; probablement un e!et de style dans une volonté imitatrice pour conférer de la vraisemblance et gnostique). "Toutes choses t'ont été enseignées. Lève tes yeux et regarde le nuage, sa lumière et les étoiles qui l'environnent et l'étoile qui ouvre le chemin est la tienne".

Judas leva le regard, vit le nuage lumineux et y entra. (Manque).

Conclusion : Judas trahit Jésus

grands prêtres murmurèrent, car il était entré dans la chambre d'invités pour prier.

Mais des scribes veillaient là attentivement avec l'intention de l'arrêter durant sa prière, car

ils avaient peur du peuple depuis qu'il était considéré par tous comme un prophète.

Leurs

Ils s'approchèrent de Jésus et lui demandèrent s'il était un disciple de Jésus et il leur répondit dans le sens qu'ils désiraient et reçut en main propre la somme.

********************

JUDAS VICTIME DE SON ETOILE ?La dernière page du document éclaire la première scène lorsque Jésus s'isole avec Judas pour lui annoncer qu'il pourra atteindre le royaume, mais qu'il lui faudra en payer le prix. Judas dans cet évangile, comme dans les écrits canoniques livre Jésus pour une poignée de deniers.

Dans son numéro de janvier 2006, Science et Avenir sous-titrait sous forme interrogative "la réhabilitation du disciple maudit". Le magazine, d'ordinaire sérieux quand il aborde les

sciences dures, donnant la parole aux experts semblait même sous-entendre que la version caïnite selon laquelle Judas n'aurait pas été maître de son oeuvre, car il n'aurait fait qu'obéir

à Jésus, est tout aussi, sinon davantage, crédible que les Evangiles retenus. Depuis la

restauration et présentation de ce manuscrit il semble qu'on s'évertue à présenter le disciple comme un pion sur l'échiquier de l'Histoire et qui, indispensable n'aurait pas eu le

choix. Les savants parlent de fatalité

Pourtant, quand Jésus discute isolément avec Judas dans la deuxième scène de ce texte, l'idée même de fatalité est écartée. Le Christ annonce à Judas qu'il pourra atteindre le royaume, mais qu'il devra en payer le prix. Sans commenter la valeur de ces écrits, seulement leur propos par rapport au scoop, on constate une dissonance logique. Ce que dit Jésus dans cet épisode s'oppose franchement au la philosophie du fatalisme et ce sur deux aspects : Jésus dit à Judas qu'il lui "est possible de parvenir à la connaissance des

mystères du royaume, mais qu'il connaîtra beaucoup de chagrin". Ce discours suppose, d'une part, que le disciple a le choix, l'idée de possibilité comprenant celle de libre-arbitre; d'autre part, il est entendu que pour qu'il accède au royaume il faut une contrepartie et cela est, en réalité, non du fatalisme, mais une vision déterministe : son destin est lié ses actes,

à sa volonté. C'est la logique de la chaîne de causalité : ici comptent les causes et les conséquences et non un diktat, une sujétion privant Judas de toute liberté.

La fatalité se définit comme un état où la volonté est contrainte en tout domaine par une force extérieure et supérieure qui lui nie toute emprise sur sa propre réalisation. La conséquence en est que le sujet voit sa destinée fixée d'avance et qu'il ne peut s'y soustraire. Judas, nous le voyons dans son évangile aussi, était loin de subir cette situation. Certains pourraient objecter que son salut dépendait de sa part à la crucifixion, qu'en quelque sorte il n'avait pas le choix et qu'il s'agirait d'un genre de fatalité relative, il n'en reste pas moins que la suite était subordonnée à sa volonté et que donc un principe de causalité est bien présent ici excluant l'idée d'un acte lié. Secondement, pour le Chrétien, même en considérant l'éventualité de cette fatalité relative, elle se mettrait directement en porte-à-faux avec l'enseignement des Ecritures laissant à l'homme le choix de gouverner sa vie (Deutéronome 30 : 15 ; ou Luc 18 : 41 où Jésus demande à un aveugle sa volonté, dans une apparente naïveté).

Luc (6 : 16) cite le nom "Judas qui devint traître" et même si le narrateur se place a posteriori, une fois l'histoire réalisée, il n'emploie pas le verbe"être" ce qui met en échec l'idée de fatalité, de prédestination. Si Judas avait été commis d'avance pour cette oeuvre funeste, cela aurait été comme inscrit dans ses gènes. S'il devient c'est qu'il ne l'était pas, c'est d'une simplicité biblique.

Par ailleurs, à plusieurs reprises Jésus annonce sa mort dans les Evangiles canoniques (Matthieu 16 : 21), mais ce n'est qu'à l'orée de sa mort qu'il révèle qu'il sera trahi (Jean 13 :

21). Ainsi bien que sachant dès le début qu'il serait livré (Jean 6 ; 64), Jésus ne le révèle pas réservant au concerné le choix. Connaissant le manque d'intégrité d'un de ses disciples, il lui laissait, néanmoins, toute latitude pour changer de voie et lui confie la bourse en ce sens. Ce n'est qu'à la fin que le Malin s'empare de Judas quand il est endurci comme Pharaon (Exode 10 : 20), Achab (2 Chroniques 18 : 19-20) ou le peuple (Esaïe 6 : 10). Ces exemples ne condamnent pas Dieu, mais révèlent qu'à un moment, le coeur humain s'étant tellement endurci dans la méchanceté, il est entraîné dans la cécité. Comme dans le cas de Judas. Si le Malin s'impose à Judas, c'est parce que celui-ci lui ouvre la porte (Ephésiens 4 :

27).

Le disciple maudit que le texte litigieux tente de réhabiliter avait déjà laissé l'ennemi des âmes s'emparer de la sienne jusqu'à l'aveugler à la Pâque. Il volait dans la bourse (Jean 12 :

6) ce qui n'était pas spécialement recommandé pour garder son âme pure. Le cheminement qui a conduit Satan a prendre possession de Judas n'a rien de fataliste, mais se situe dans un schéma déterministe où chaque situation est la conséquence de la précédente et où la volonté d'un sujet a emprise sur ses actes. Judas pouvait se repentir de ses mauvaises pensées et le lion dévorant (1 Pierre 5 : 8) ne se serait pas introduit en lui (Jacques 4 : 7),

mais il a gardé son cap et la suite en a été a!ectée. Malgré cela, il lui est resté une possibilité de repentance sur laquelle ses remords n'ont malheureusement pas débouché.

La théorie de l’obéissance

Puisque la fatalité trop vite avancée ne peut expliquer le comportement de Judas inscrit dans une logique de cause à e!et où il est seul responsable, se peut-il que la théorie de l'obéissance le disculpe?

Avant d'examiner cette question, il est attristant de noter que les médias incrédules manquent de bon sens en présentant Judas comme un esclave d'une puissance supérieure quant par ailleurs ils se gaussent des Chrétiens qu'ils jugent naïfs. Ce sont les mêmes qui, tout en n’étant pas catholiques, souhaitent être enfermés en conclave pour élire le Pape. Et en conséquence, ils ne se sont pas privés de dire que ce texte allait révolutionner une base du Christianisme (Science et Avenir, préc. p. 38 ; Le Monde 9 avril 2006). A ma connaissance, seule France 2 a remis les choses à leur place, notamment en donnant la parole à l'historien des religions Odon Vallet.

La nouvelle sensationnelle reposait sur l'idée du destin fatal de Judas, mais trouve, donc, peu d'étais aussi bien dans les écrits canoniques que dans l'évangile de Judas. Alors les médias mettent en avant que le Christ dans les écrits classiques aurait donné l'ordre, lors de la Pâque, à Judas de le livrer (Jean 13 : 27) en lui disant de faire promptement ce qu'il avait à faire. Est-il impossible aux chasseurs de nouvelles à sensations de réaliser qu'il ne s'agit pas d'un ordre mais de la constatation par le Christ de la décision du félon ? Jésus ne fait que dire ce qui est, qui est sur le point de survenir, dans une phrase purement déclarative où il ne fait que révéler à Judas qu'il sait ce qui se trame et qu'il ne s'y opposera pas. Pour Odon Vallet, si Jésus avait vraiment demandé à son "meilleur ami" de le trahir, il ne serait qu'un "malade". Il y a bien une di!érence entre accepter ce qui va arriver et demander à un ami de trois ans d'y prendre part.

Plus tard, Judas reconnaîtra son péché (Matthieu 27 : 3-5). Si vraiment il n'avait fait qu'obéir à Dieu ou n'avait pu échapper à son destin, pourquoi parler de "péché" qui est une notion relative à l'existence du libre-arbitre ? C'est la volonté qui détermine la présence d'un acte pécheur ou non (d'où l'existence de villes de refuges pour les meurtriers involontaires; Nombres 35 : 11) et même le Christ, enfant, a du attendre l'âge de discerner le Bien du Mal (Esaïe 7 : 15).

Judas n'était pas nécessaire à l'arrestation de Jésus. Chaque jour, ce dernier était assis dans le Temple et personne ne l'y avait jamais saisi. Il y était, d'ailleurs, si tranquille qu'il a même pu y faire usage d'un fouet (Jean 2 : 15). Le temps était tout simplement venu.

Ceux qui voudraient voir dans les Ecritures une connivence douteuse entre Jésus et Judas en se référant à la Cène en vue de démontrer que l'Evangile de Judas n'est pas farfelu, pour ne pas dire ordurier, risquent de sous-entendre que le Christ s'est ignoblement joué de Judas, car ce dernier, dans les Evangiles canonique ne l'a pas livré conscient du fait qu'ils mourraient, tous les deux, sous peu (Matthieu 27 : 3-5). Serait-ce là l'image d'un Christ aimant ? Cela remettrait indubitablement en question l'amour de tous ses disciples à travers les âges et le reste de la Parole (par exemple Ephésiens 3 : 17-19)

Subsidiairement, admettre les théories de cet évangile, c'est faire sienne la prédication du salut par les oeuvres. Et quelles oeuvres aurait du accomplir, selon cet apocryphe, Judas pour être sauvé !

Une vie de croisés

Peut-être Judas était-il, comme l'a"rment certains historiens, un zélote torturé par le dégoût que lui inspirait l'occupation romaine. On peut imaginer qu'il avait peut-être espéré que le Christ chasserait les envahisseurs et avait du enrager de le voir guérir le serviteur d'un centurion (Matthieu 8 : 5 s.). Si le disciple était vraiment un zélote, il devait opérer une confusion entre le message du Christ et ses visées politiques. Qu'il ait éventuellement souhaité la libération d'Israël n'est pas du tout blâmable- au contraire ! La présence romaine avec son polythéisme était une insulte qui rappelle la colère d'un autre Judas, du livre apocryphe des Macchabées, qui rejette le paganisme hellénique imposé par les Syriens. On peut imaginer que des raisons politico-religieuses aient amené Judas à suivre Jésus. Mais si sa foi en Jésus et ses choix politiques avaient peut-être semblé coïncider

pour lui, ce qui alors justifiait ses actes et sa morale aux côtés du Maître, était peut-être ses options politiques plus que sa foi. Pour faire dans l'anachronisme, on pourrait alors dire que Judas vivait une théologie de la libération. On peut dire que c'est aussi, en quelque sorte, un problème contemporain qui se révèle lorsque les choix politiques d'un Chrétien lui donnent le sentiment que sa foi est plus saine que celles des autres, alors que cette dernière n'est parfois qu'influencée par ses convictions- par exemple en matière sociale- et non l'inverse. Judas, malgré cet éventuel amour pour un Israël pur de tout paganisme romain, ne fait qu’honorer Dieu des lèvres en ne faisant pas coïncider ses actes et pensées avec la loi d’amour.

Judas est celui à qui Jésus confie la bourse tout en connaissant les coeurs (Luc 11:17). Le disciple entendant les sermons, les paraboles du maître et constatant les miracles auxquels il participe, n'aurait-il pas comme Pierre au nom de tous pu dire "Tu es le Fils de Dieu!" à son ami (Luc 9 : 20) ? Si avec les autres, il en avait parlé, il semblait ne pas avoir réalisé l'importance de la révélation. Quand le Seigneur lui laisse la garde de l'escarcelle, n'est-ce pas parce qu'il lui laissait l'opportunité de changer de vie? Judas voyant le Christ révéler les pensées ne pouvait-il à un moment ou à un autre réaliser que le Christ n'était pas dupe et cesser ses vols? Soit pris par son péché il était aveuglé, soit il s'était accoutumé à ce regard jusqu'à ne plus être y sensible.

Comme les autres, Judas avait été missionné pour chasser démons et guérir les malades (Luc 9 :1). En attendant de recevoir le Saint Esprit et la conversion (Jean 14 : 17 ; Luc 22, 32), ils recevaient tous le même enseignement.

Jésus ne le déconsidérait pas et même lors de leur dernière rencontre il l'a encore appelé "mon ami" (Matthieu 26 ; 50). Judas a laissé l'ennemi entrer en lui quand il volait, quand il s'est emporté à propos du parfum versé sur les pieds de Jésus par la femme pécheresse (Jean 12 : 4-5). Apparemment, c'est suite à cet épisode que Judas a livré Jésus (Marc 14 :

10). Si les droits contemporains -même le droit pénal romain dont les droits européens continentaux s'inspirent- ne retiennent, en général, pas la responsabilité de l'aliéné, Judas était toutefois coupable d'avoir donné accès au diable.

UN ECRIT GNOSTIQUE

Le deuxième aspect important de cet évangile est la volonté de révélation de l'occulte qui y abonde. Le problème n'est pas, si l'on feint d' y accorder crédit, le que le Christ fait des révélations, mais que Judas cherche à accéder à des connaissances mystiques. En e!et, Dieu a dévoilé des choses impressionnantes à Daniel, à Jean et a ravi Paul aux cieux (2 Corinthiens 12 : 2), mais sont-ce eux qui tentaient d'accéder à des connaissances supérieures? La réponse est négative. Qui plus est, le contenu des révélations apocryphes ne ressemble pas aux autres habituels, non seulement en raison de leur flagrante hérésie, mais aussi parce qu'il ne s'agit pas de prophétie, mais de description des origines.

La Parole de Dieu met en garde contre la tentation de ce savoir pour savoir, du culte des secrets. Le Psaume 131 dit « Je ne m'occupe pas de choses trop grandes et trop relevées

pour moi » ; Colossiens (1 : 26-27) dit que le mystère révélé est Christ. Encore, le Psaume

19 : 8 dit que "La loi de l'Éternel est parfaite, qu'elle restaure l'âme" ; il nous su"t d'être

guidé par le Christ et de vivre ses commandements éclairés.

Cet écrit est inondé de ballades d'anges qui peuvent constituer une attraction pour ceux qui s'y intéressent beaucoup. On peut trouver une telle curiosité dans le Livre de Mormon (Moroni 10 : 14) qui parle du don de voir les anges et les esprits qui servent ; de même

dans la volonté de quasi cabalistique de décoder la Bible pour prédire l'avenir. Cela jure avec l'attitude de Moïse qui plus que la présence d'un ange demande celle de Dieu (Exode

33 : 2 et 33 : 15) et avec Galates 1 : 8 renvoyant au diable tout ange apportant un évangile

nouveau.

Existe, ici, une volonté de présenter le Christ comme ayant un comportement mystique. Ce Jésus vit parmi eux par éclipses et se moque de leurs faiblesses intellectuelles. Il s'agit d'un Jésus désagréable qui m'évoque le sympathique personnage de B.D. Léonard de Vinci (auteurs : Turk & de Groot) qui aime écraser son disciple. La B.D. est, d'ailleurs, plus intéressante que cet apocryphe.

Cet évangile insiste, aussi, sur la nécessité qu'il y ait douze disciples pour atteindre la

perfection alors que la Bible dit qu'il ont été choisis en ce nombre pour juger les douze tribus (Luc 22 : 30). Dieu n'a pas eu besoin de 12 disciples pour atteindre une sorte de perfection; il se su"t à lui, ne doit rien à personne et a crée l'humanité gratuitement (Job 41 :2).

Il s'agit probablement de l'insertion de la croyance antique en perfection du 12 comme

unité de mesure du temps et de l'espace. Ce chi!re a été en tout lieux le nombre des cycles parfais, immuables, de la nature et de la vie.

A la fin de la scène 3 quand Jésus discute de la destruction des pécheurs avec Judas et les

autres disciples, il dit que Dieu donne la connaissance à Adam pour que l'Ennemi ne règne pas sur les hommes. En réalité, s'il s'agit d'une allusion à la chute, le fait de consommer le

fruit interdit ne donnait pas la connaissance proprement dite à l'homme, mais la connaissance du Bien et du Mal (Genèse 2 : 17). L'homme et la femme n'avaient pas été crées stupides, puisqu'ils dominaient sur les animaux et ne pouvaient certainement pas s'abaisser à leur niveau, contrairement à ce qui dit Pic de la Mirandole dans son "Oratio de dignitate hominis". Il ne leur manquait pas la connaissance, à laquelle Dieu ne s'oppose pas, mais ils ont voulu savoir ce qu'était le Mal.

Enfin, ce texte ne révèle pas le vrai Dieu en ne présentant Le Seigneur des Juifs et des Chrétiens que comme un hypo-théos, un sous-dieu. Cela ne ressemble pas tellement au mot d'Esaïe 45 : 21 ou de Jean 17 : 3.

ET JUDAS ENSUITE ?

Après avoir dit que Judas a reçu l'argent, l'évangile est achevé. Cela dit, il ne s'agit pas d'une contradiction avec les autres évangiles ici, car ils ne mentionnent pas tous le devenir de Judas. Seul Mathieu (Matthieu 27 : 5) et les Actes (1 : 18) disent qu'il s'est tué et l'apparente contradiction entre les deux textes n'est pas inexplicable : un pendu par suicide peut aussi tomber sur un objet blessant sur lequel il a pu monter, par exemple, avant de le basculer. Une image d’un site athée donne ce genre d’exemple.

Cependant si les trois autres évangiles ne parlent pas de son suicide, en ce qui concerne ce texte apocryphe on peut s'étonner qu'il n'en fasse pas mention, car ne s'agit-il pas d'un évangile rédigé par ses disciples? Une explication est qu'ils ont peut-être voulu faire croire qu'il n'avait pas pu le signaler puisque justement il s'était donné la mort. Cela l'aurait-il alors empêché de l'écrire avant?

L'évangile de Judas dit aussi que le disciple aurait à subir la maltraitance à travers les siècles. Voila encore une criante négation de la Parole (Hébreu 9 : 27). Les morts sont là où ils sont et les insultes à l'encontre de Judas sont en déshérence.

A trop vouloir chercher à côté de la Bible, on peut arriver à des inventions syncrétiques

comme celles des Catholiques japonais qui tendent presque à considérer que la repentance de Pierre après sa trahison (Marc 14 : 72) est inférieure à celle de Judas qui, lui, aurait eu un geste d'honneur en se suicidant (doutons qu'à ce moment, Judas l'ai fait par sens de l'honneur et, qui plus, est cela ne peut absolument pas équivaloir à un repentir).

QUID DE JESUS ?

Jésus est crucifié et l'Evangile apocryphe est conclu. En e!et, Judas a permis qu'il soit dépouillé de son enveloppe. Si un Chrétien pouvait penser que ce texte complète les Ecritures il devrait se poser non seulement des questions sur la compatibilité, mais aussi sur la conformité de cet écrit avec le/au "reste" de la Parole.

PORTEE DE CET EVANGILE

Il est légitime de s'inquiéter quant aux conséquences de la publication de cet évangile,

bonne nouvelle douteuse, qui prétend rajouter plus qu'un iota à la Parole. L'inquiétude est

d'autant plus permise quand nous voyons l'hystérie autour du Da Vinci Code.

Certains qui ne se soucient pas de la foi et de l'histoire de l'Eglise, dès qu'ils entendent parler d'un texte révolutionnaire en la matière, se précipitent chez le libraire pour s'o !rir

une culture théologique, voire littéraire en ce qui concerne ces romans, qui n'est certainement pas du meilleur cru. Et ils ne sont probablement pas peu nombreux ceux qui n'arrivent pas à distinguer la fiction de la réalité.

Avant même la publication de cet évangile quelques livres portaient à peu près le même

titre (de Nicolas Grimaldi, Maurice Chappaz, Daniel Eastermann,

porteur. C'est un filon intéressant du fait qu'on présente sous un angle singulier un nom réprimandé à travers le temps en Chrétienté.

) preuve que le sujet est

Le bruit recommence à courir que c'est uniquement au Concile de Nicée (325) qu'il a été décidé, sous l'impulsion de l'Empereur Constantin d'écarter la trentaine d'autres évangiles alors que dès le deuxième siècle les Chrétiens ne se référaient plus qu'aux quatre évangiles qui allaient être canonisés et aux épîtres que contient notre Bible. Le Saint Esprit guidait l'émergence de l'Eglise et la critique scientifique a le devoir, par souci d'honnêteté, d'admettre qu'en matière de foi elle rencontre une zone qu'elle ne peut appréhender et, donc, ne peut nier l'action de l'Esprit. La foi dépasse les discours exagérément rationalistes.

En réalité, Dieu sait défendre sa Parole qui ne passera pas (Matthieu 5 : 18) et à l'exécution de laquelle il veille (Jérémie 1 : 12). Quand on prétendit critiquer de manière scientifique sa Parole, le Seigneur permit la découverte des manuscrits de la grotte de Qmrân, au bord de la Mer morte, au moment souhaité. Charles Spurgeon n’avait-il pas ce bon mot "défendre la Bible? Autant défendre un lion!" ?

Finalement pour qui est ébranlé et ne connaît pas encore le Christ, la Bible ne dit-elle pas qu'elle ne repose "pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance" (1Corinthiens 2:4). Celui qui a des doutes peut se tourner vers Dieu pour le prier.

Jean Degert

Notes:

* Mes remerciements vont à David Leigh qui a bien voulu relire ma traduction et à Rachel Hannhardt, Jean Gasteuil et Alexander Foote qui m'ont simultanément aidé par leur suggestion quant à la formulation d'une phrase pourtant simple.

** Le texte en anglais se trouve au lien suivant : http://www9.nationalgeographic.com/lost fJudas.pdf

*** Bien que tout le texte ait été traduit, il ne s'agit pas d'une traduction littérale qui aurait été trop lourde dans un article. En e!et, les dialogues sont émaillés de tels manques, que les restituer tels quels ne présenterait d'autre intérêt qu'archéologique. Il s'agit d'un texte que je ne trouve pas très beau, même s'il se veut parfois poétique. Quand il y a eu des phrases avec trop de manques, je n'ai vu aucun intérêt à les restituer. Certaines phrases peuvent sembler di"ciles, cela est du aux manques qui privent d'éclairage; peut-être aussi à une certaine volonté d'hermétisme sans abus des caïnites dans le but de rendre l’évangile assez attrayant. Enfin, j’ai alterné, selon les scènes et les actes, présent et passé simple de façon volontaire.

Enfin, pour qui souhaite en savoir plus sur les apocryphes, deux livres intéressants en traitent sans évidemment parler de l’évangile de Judas trop récent :

- Le mystère apocryphe ; Dir. J.-D. Kaestil et D. Marguerat, éd. Labor et Fides, 1995

- La Bible apocryphe ; F. Amiot (parmi les textes choisis par Daniel Rops), Librairie Arthème Fayard, Paris, 1952.

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Paris, 1952. Top http://www.houstin.info/mods/blog/levan e_169.html Golden_Eye Post subject: Posted: 04 Jul 2008

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Évangile selon MarieMember (Apocryphe copte du second siècle) ( les 6 premières pages semblent manquer) Joined: 15

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(Apocryphe copte du second siècle) Évangile selon Marie Member ( les 6 premières pages semblent manquer) Joined: 15 Jul 2002 20:00

( les 6 premières pages semblent manquer)

Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652

[PAGE 7 ]

1 " Qu'est-ce que la matière ?

2 Durera-t-elle toujours ? "

3 Le Maître répondit :

4 " Tout ce qui est né, tout ce qui est crée,

5 tous les éléments de la nature

6 sont imbriqués et unis entre eux.

7 Tout ce qui est composé sera décomposé ;

8 tout reviendra à ses racines ;

9 la matière retournera aux origines de la matière.

10

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. "

11

Pierre lui dit : " Puisque Tu te fais l'interprète

12

des éléments et des événements du monde, dis-nous :

13

Qu'est-ce que le péché du monde ? "

14

Le Maître dit :

15

" Il n'y a pas de péché.

16

C'est vous qui faites exister le péché

17

lorsque vous agissez conformément aux habitudes

18

de votre nature adultère

19

là est le pêché.

20

Voilà pourquoi le Bien est venu parmi vous ;

21

Il a participé aux éléments de votre nature

22

afin de l'unir de nouveau à ses racines. "

23

Il continua et dit :24 " Voici pourquoi vous êtes malades

25

et pourquoi vous mourrez,

26

c'est la conséquence de vos actes ;

27

vous faites ce qui vous éloigne

28

Comprenne qui pourra ! "

[PAGE 8]

1

" L'attachement à la matière

2

engendre une passion contre nature.

3

Le trouble naît

5

"Soyez en harmonie

"

6

Si vous êtes déréglés,

7

inspirez-vous des représentations

8

de votre vraie nature.

9

Que celui qui a des oreilles

10 pour entendre entende. "

11 Après avoir dit cela, le Bienheureux

12 les salua tous en disant :

13 " Paix à vous, que ma Paix

14 naisse et s'accomplisse en vous !

15 Veillez à ce que personne ne vous égare

16 en disant :

17 "Le voici,

18 Le voila."

19 Car c'est à l'intérieur de vous

20 qu'est le Fils de l'Homme ;

21 allez à Lui :

22 ceux qui Le cherchent Le trouvent

23 En marche !

24 Annoncez l'Évangile du Royaume. "

[PAGE 9]

1 " N'imposez aucune règle,

2 hormis celle dont je fus le Témoin.

3 N'ajoutez pas de lois à celles de celui qui a do Loi,

4 afin de ne pas en devenir les esclaves. "

5 Ayant dit cela, Il partit.

6 Les disciples étaient dans la peine ;

7 ils versèrent bien des larmes, disant :

8 " Comment se rendre chez les païens et annoncer

10

Ils ne l'ont pas épargné,

11 comment nous épargneraient-ils ? "

12 Alors, Marie se leva,

13 elle les embrassa tous et dit à ses frères :

14 " Ne soyez pas dans la peine et le doute,

15 car Sa Grâce vous accompagnera et vous protégera :

16 louons plutôt Sa grandeur,

17 car Il nous a préparés.

18 Il nous appelle à devenir pleinement des êtres humains. "

19 Par ces paroles, Marie tourna leurs curs vers le Bien ;

20 ils s'éclairèrent aux paroles du Maître.

[PAGE 10]

17 Alors, je Lui dis :

18 "Seigneur, dans l'instant, celui qui contemple

19 Ton apparition,

20 est-ce par l'âme qu'il voit ?

21 Ou par l'esprit ?"

22 Le Maître répondit :

23 Ni par l'âme ni par l'esprit ;

24 mais l'intellect étant entre les deux,

25 c'est lui qui voit et c'est lui qui [

]"

Les quatre pages suivantes semblent manquer.

[PAGE 15]

1 " "Je ne t'ai pas vu descendre,

2 mais maintenant je te vois monter ",

3 dit le Désir,

4 " Pourquoi mens-tu, puisque tu fais partie de moi ? "

5 L'âme répondit :

6 " Moi, je t'ai vue,

7 toi, tu ne m'as pas vue.

8 Tu ne m'as pas reconnue ;

10

et tu ne m'as pas sentie. "

11 Ayant dit cela,

12 elle s'en alla toute joyeuse.

13 Puis se présenta à elle la troisième atmosphère,

14 appelé Ignorance ;

15 celle-ci interrogea l'âme, lui demandant :

16 " Où vas-tu ?

17 N'as-tu pas été dominée par un mauvais penchant ?

18 Oui, tu étais sans discernement, et tu as été asservie. "

19 L'âme dit alors :

20 " Pourquoi me juges-tu ? Moi je n'ai pas jugé.

21 On m'a dominée, moi je n'ai pas dominé ;

22 on ne m'a pas reconnue,

23 mais moi, j'ai reconnu

24 que tout ce qui est composé sera décomposé

25 sur la terre comme au ciel. "

[PAGE 16]

1 Libérée de cette troisième atmosphère, l'âme continua de monter.

2 Elle aperçut la quatrième atmosphère.

3 Elle avait sept manifestations.

4 La première manifestation est Ténèbres ;

5 la seconde, Désir ;

6 la troisième, Ignorance ;

7 la quatrième, Jalousie mortelle ;

8 la cinquième, Emprise charnelle ;

9 la sixième, Sagesse ivre ;

10 la septième, Sagesse rusée.

11 Telles sont les sept manifestations de la Colère

12 qui oppriment l'âme de questions :

13 " D'ou viens-tu, homicide ?

14 Ou vas-tu, vagabonde ? "

15 L'âme répondit :

17

celui qui m'étreignait n'est plus ;

18 mon désir alors s'est apaisé,

19 et je fus délivrée de mon ignorance. "

[PAGE 17]

6 Je vais au Silence ". "

7 Après avoir dit cela, Marie se tut.

8 C'est ainsi que le Maître s'entretenait avec elle.

9 André prit alors la parole et s'adressa à ses frères :

10 " Dites, que pensez-vous de ce qu'elle vient de raconter?

11 Pour ma part, je ne crois pas

12 que le Maître ait parlé ainsi ;

13 ces pensées di!èrent de celles que nous avons connues. "

14 Pierre ajouta :

15 " Est-il possible que le Maître se soit entretenu

16 ainsi, avec une femme,

17 sur des secrets que nous, nous ignorons ?

18 Devons-nous changer nos habitudes,

19 écouter tous cette femme ?

20 L'a-t-iI vraiment choisie et préférée à nous ? "

[PAGE 18]

1 Alors Marie pleura.

2 Elle dit a Pierre :

3 " Mon frère Pierre, qu'as-tu dans la tête ?

4 Crois-tu que c'est toute seule, dans mon imagination,

5 que j'ai inventé cette vision ?

6 ou qu'à propos de notre Maître je dise des mensonges ? "

7 Levi prit la parole :

8 " Pierre, tu as toujours été un emporté ;

9 je te vois maintenant t'acharner contre la femme,

10 comme le font nos adversaires.

11 Pourtant, si le Maître l'a rendue digne,

13 Assurément, le Maître la connaît très bien

14 Il l'a aimée plus que nous.

15 Ayons donc du repentir,

16 et devenons l'être humain dans son intégrité ;

17 laissons-Le prendre racine en nous

18 et croître comme Il l'a demandé.

19 Partons annoncer l'Évangile

20 sans chercher a établir d'autres règles et d'autres lois

21 en dehors de celle dont Il fut le témoin. "

[PAGE 19]

1 Dès que Levi eut prononcé ces mots,

2 ils se mirent en route pour annoncer l'Évangile.

FIN DE L'EVANGILE SELON MARIE

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SELON MARIE http://www.livres-mystiques.com/partieT marie.html Last edited by Golden_Eye on 04 Jul 2008 22:27,

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Manuscrits de Nag Hammadi - Évangile selon PhilippeTop Golden_Eye Post subject: Posted: 04 Jul 2008 21:35 Member 1. Manuscrits de Nag Hammadi -

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1. Manuscrits de Nag Hammadi - Évangile selon PhilippeManuscrits de Nag Hammadi - Évangile selon Philippe Member Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652

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1.1 Évangile selon Philippe

[1] Un Hébreux peut faire un Hébreux et on appelle ce dernier un prosélyte, mais un prosélyte ne peut pas faire un prosélyte. (Certains) sont tels qu’ils sont et font d’autres pareils à eux parce que ceux-ci le deviennent.

[2] L’esclave n’aspire qu’à être libre. Il ne recherche pas les biens (ousia) de son maître. Mais le fils, non seulement il est fils mais il peut prétendre à l’héritage de son père. Ceux qui héritent de ce qui est mort sont eux-mêmes morts et héritent de ce qui est mort. Ceux qui héritent de ce qui est vivant sont eux-mêmes vivants et héritent de ce qui est vivant et de ce qui est mort. Les morts n’héritent de rien. Car comment un mort pourrait-il hériter ? Si celui qui est mort hérite de ce qui est vivant, il ne mourra pas, mais alors, lui qui était mort, vivra.

[3a] Un païen ne meurt pas car il n’a jamais vécu pour pouvoir mourir. Celui qui croit à la vérité vit, et il court le danger de mourir car il vit.

[3b] Depuis le jour où le Christ est venu, le monde a été créé, les villes, ordonnées (kosmei), ce qui est mort, rejeté.

[3c] Quand nous étions des Hébreux, nous étions orphelins et nous n’avions qu’une mère,

mais quand nous sommes devenus chrétiens, nous avons eu un père et une mère.

[4 et 5] Ceux qui sèment en hiver récoltent en été ; l’hiver, c’est le monde, l’été, c’est l’Eon. Semons dans le monde afin de pouvoir récolter en été. C’est pourquoi il ne convient pas que nous priions pendant l’hiver ; en dehors de l’hiver, c’est l’été. Celui qui récoltera en hiver ne récoltera pas, il arrachera, car ce qui est inexistant ne porte pas de fruit, non seulement il ne produit pas, mais même le sabbat ne produit pas de fruit.

[6] Le Christ est venu en racheter quelques-uns, délivrer les uns, sauver les autres. Ceux qui étaient étrangers, il les a rachetés et il les a faits siens. Et il a séparé les siens, ceux qu’il donna comme garantie de ses intentions. Ce n’est pas seulement lorsqu’il se manifesta qu’il livra son âme (psyché) volontairement, mais depuis que le monde existe, il l’a livrée. Lorsqu’il le voulut, il vint alors pour la délivrer puisqu’elle était gardée en otage. Elle se trouvait au milieu des brigands et elle avait été emmenée prisonnière et il la sauva. Et Il racheta les bons et les méchants qui sont dans le monde.

[7] La lumière et les ténèbres, la vie et la mort, la droite et la gauche sont sœurs les unes des autres ; elles sont inséparables. C’est pourquoi ni les bons sont bons ni les méchants méchants, ni la vie est vie, ni la mort est mort. En conséquence chacun sera dissous dans sa nature originelle. Mais ceux qui sont supérieurs au monde sont indissolubles, éternels.

[8a] Les noms qui sont données aux choses du monde renferment une grande illusion, car ils détournent la pensée de ce qui est réel vers ce qui n’est pas réel, et celui qui entend le nom « Dieu » ne saisit pas ce qui est réel mais ce qui n’est pas réel. De même dans le « Père » et le « Fils » et « l’Esprit Saint » et la « Vie » et la « Lumière » et la « Résurrection » et « l’Eglise », et tous les autres on ne perçoit pas ce qui est réel, on perçoit ce qui n’est pas réel, à moins d’avoir appris ce qui est réel.

[8b] Tous les mots entendus dans le monde sont trompeurs. S’ils étaient dans l’Eon, ils ne seraient pas prononcés dans le monde à aucun moment, et ils ne seraient pas rangés parmi les choses du monde. Dans l’Eon ils ont une fin.

[9a] Un seul nom n’est pas prononcé dans le monde, le nom que le Père a donné au Fils. Il est supérieur à tout. C’est le nom du Père. Car le Fils ne deviendrait pas le Père s’il ne revêtait pas le nom du Père. Ce nom, ceux qui le possèdent le connaissent, mais ils ne le prononcent pas. Ceux qui ne le possèdent pas ne le connaissent pas.

[9b] La Vérité engendra les noms dans le monde parce qu’il est impossible de l’apprendre sans noms.

[9c] La Vérité est unique mais en même temps elle est multiple pour que nous puissions, par amour, enseigner cet Unique grâce à sa multiplicité.

[10a] Les archontes voulurent tromper l’homme quand ils virent qu’il était apparenté (suggeneia) à ce qui est vraiment bon. Ils prirent les noms de ce qui est bon et les donnèrent à ce qui n’est pas bon pour le tromper par les noms et le lier à ce qui n’est pas bon. Et après cela, s’il leur manifeste de la faveur, ils les enlèvent de ce qui n’est pas bon et les mettent à ce qui est bon. Ils connaissaient cela car ils voulaient s’emparer de l’homme libre et faire de lui leur esclave pour toujours.

[10b] Ce sont ces forces qui luttent contre l’homme ne voulant pas qu’il se délivre afin de dominer pour toujours sur lui comme sur un esclave. Car si l’homme était délivré, les sacrifices d’animaux ne se produiraient plus, ils ne seraient plus o !erts à ces forces. En vérité, celles-ci sont des animaux, mais après qu’ils étaient o !erts, ils mouraient. Quant à l’homme il fut o !ert à Dieu, mort, et il vécut.

[11] Avant la venue du Christ, il n’y avait pas de pain dans le monde. Ainsi dans le paradis où était Adam, il y avait beaucoup d’arbres pour la nourriture des animaux ; il n’y avait pas de blé comme nourriture pour l’homme. L’homme se nourrissait comme les animaux, mais lorsque le Christ, l’Homme parfait (téléios) vint, il apporta du pain du ciel afin que l’homme se nourrît d’une nourriture d’homme.

[12a] Les archontes croyaient que c’était par leur puissance et leur volonté qu’ils opéraient, mais c’est l’Esprit Saint qui opérait en secret par leur entremise comme lui-même le désirait.

[12b] La Vérité est semée partout, elle qui existe depuis l’origine. Beaucoup la voient lorsqu’elle est semée, mais peu la voient quand elle est récoltée.

[13] Plusieurs disent que Marie a conçu de l’Esprit (pneuma). Ils se trompent, ils ne savent pas ce qu’ils disent. Quand une femme a-t-elle jamais conçu d’une femme ? Marie est la vierge qu’aucune force naturelle (dynamis) n’a souillée. Elle est un grand anathème pour les Hébreux, qui sont les apôtres et les apostoliques. Cette vierge qu’aucune force n’a souillée est immaculée… et les forces naturelles se souillent. Et le Seigneur n’aurait pas dit : Mon Père qui est dans les cieux, s’il n’avait pas eu un autre père, il aurait dit simplement : Mon père.

[14] Le Seigneur dit aux disciples : Éloignez-vous de toute maison. Entrez dans la maison du Père, ne prenez ni n’emporter rien de la maison du Père.

[15] Jésus est un nom caché, Christ un nom manifesté. C’est pourquoi Jésus est semblable dans toutes les langues, on l’appelle toujours par le nom de Jésus. D’autre part, Christ est « messie » en syriaque et « christos » en grec. Il est certain que tous les autres l’ont conformément à leur propre langue. Le « nazaréen » est celui qui révèle ce qui est caché. Christ possède tout en lui-même, soit homme, soit ange, soit mystère, et le Père.

[16] Ceux qui disent que le Seigneur est mort d’abord puis ressuscité se trompent, car il est ressuscité avant de mourir. Si quelqu’un ne ressuscite pas d’abord, aussi vrai que Dieu est vivant, il ne mourra pas, il est déjà mort.

[17] On ne cache pas un objet de valeur dans un grand vase, mais souvent des sommes incalculables sont placées dans un vase d’un sou. Il en est de même de l’âme. C’est un objet précieux qui se trouve dans un corps méprisable.

[18a] Il y en a qui craignent de ressusciter nus. C’est pourquoi ils veulent ressusciter dans la chair, mais ils ne savent pas que c’est ceux qui sont revêtus de chair qui sont nus. Ceux qui se dépouilleront au point de se mettre nus, ceux-là ne seront pas nus.

[18b] La chair et le sang ne peuvent hériter le Royaume de Dieu. Qu’est-ce qui n’héritera pas ? Ce dont nous sommes revêtus. Mais de quoi sera-t-il hérité ? Du Christ et de son sang. C’est pourquoi il a dit : Celui qui ne mangera pas ma chair et ne boira pas mon sang n’aura pas la vie en lui. Qu’est-ce que sa chair ? C’est la Parole et son sang, c’est l’Esprit Saint. Celui qui a reçu cela a une nourriture, une boisson et un vêtement.

[19a] Moi je blâme aussi ceux qui disent que la chair ne ressuscitera pas. Tous sont dans l’erreur. Tu dis que la chair ne ressuscitera pas, mais dis-moi ce qui ressuscitera pour que nous puissions te vénérer ? On dit que l’Esprit est dans la chair, et il y a aussi cette Lumière dans la chair et aussi la Parole. Quoi que tu dises, tu ne dis rien en dehors de la chair. Il est nécessaire de ressusciter dans cette chair là parce que tout est en elle.

[19b] En ce monde, ceux qui portent des vêtements sont supérieurs aux vêtements. Dans le Royaume des cieux, les vêtements sont supérieurs à ceux qui les portent.

[20] C’est par l’eau et par le feu que tout le lieu est purifié, le visible par le visible, le caché par le caché. Il y a des choses cachées à travers celles qui sont visibles. Il y a une eau dans l’eau, et un feu dans l’onction.

[21] Jésus leur a tout dérobé car il ne s’est pas révélé tel qu’il était, mais comme ils étaient capables de le voir. Il leur est apparu à tous : grand aux grands, petit aux petits, ange aux anges (aggélos) et homme aux hommes. C’est pourquoi sa parole est a été cachée à tous. Quelques-uns le voyaient croyant se voir eux-mêmes. Mais quand il apparut à ses disciples dans la gloire sur la montagne, il n’était pas petit, il était devenu grand, et il grandit ses disciples (mathètès) pour qu’ils fussent capables de le voir dans sa grandeur. Et il dit ce jour-là dans sa reconnaissance (eucharistia) : Toi qui unis la lumière parfaite à l’Esprit Saint, unis aussi les anges aux images que nous sommes.

[22a] Ne méprisez pas l’agneau, car sans lui il est impossible de voir la porte.

[22b] Personne ne pourra s’avancer vers le Roi s’il est nu.

[23] Les fils de l’homme céleste sont plus nombreux que ceux de l’homme terrestre. Si les fils d’Adam sont nombreux bien qu’ils meurent, combien plus nombreux sont les fils de l’homme parfait, eux qui ne meurent pas mais sont perpétuellement régénérés.

[24] Le Père fait un fils mais le fils ne peut faire de fils car, là, celui qui a été engendré ne peut engendrer, mais le fils acquiert non des fils mais des frères.

[25a] Tous ceux qui sont engendrés dans le monde sont engendrés par la nature (physis), mais les autres par l’Esprit (pneuma). Et ceux-ci crient d’ici-bas vers l’homme, car ils se nourrissent de la promesse du lieu d’en haut.

[25b] Si la parole (logos) sortait de la bouche, elle nourrirait par la bouche et ferait devenir parfait. En e!et c’est par un baiser que les parfaits fécondent et enfantent. Pour cette raison nous nous embrassons aussi les uns les autres, et nous sommes fécondés par la grâce (charis) des uns et des autres.

[26] Il y en avait trois qui marchaient toujours avec le Seigneur : Marie sa mère et sa sœur et Madeleine appelée sa compagne. Sa sœur, sa mère et sa compagne étaient chacune Marie.

[27] Père et fils sont des noms simples, l’Esprit Saint est un nom double ; or ils sont partout : en haut, en bas, dans l’invisible, dans le révélé. L’Esprit-Saint est-il dans le révélé, il est en bas ; est-il dans l’invisible, il est en haut.

[28] Les saints sont servis par les puissances mauvaises. En e!et celles-ci sont aveuglées par l’Esprit Saint, en sorte qu’elles croient servir les leurs, alors qu’elles travaillent pour les saints. C’est pourquoi un disciple posa un jour au Seigneur une question sur quelque chose du monde. Il lui répondit : Demande à ta mère, elle te donnera une réponse qui n’est pas d’elle.

[29] Les apôtres disaient aux disciples : Puisse ce que nous apportons (prosphora) recevoir le sel. Ils appelaient Sophia le sel. Sans elle aucune o !rande n’est acceptable. Mais la Sophia est stérile, sans enfant. C’est pourquoi on l’appelle « un peu de sel ». Lorsqu’ils seront dans leur véritable voie, l’Esprit Saint… nombreux sont ses enfants.

[30] Ce que le père possède revient au fils et le fils lui-même tant qu’il est enfant ne se voit pas confier ce qui lui revient. Mais lorsqu’il devient un homme, son père lui remet tout ce qu’il possède.

[31a] Ceux qui ont été conçus par l’Esprit et qui sont égarés, c’est aussi par l’Esprit qu’ils sont égarés. En e!et, c’est par le même sou#e (pneuma) que s’allume et s’éteint le feu.

[31b] Une chose est Achamoth et autre chose Echmoth. Achamoth est la Sagesse (sophia) absolue (aplôs). Mais Echmoth est la sagesse de la mort, celle qui connaît la mort. C’est la petite sagesse

[32] Il y a des bêtes soumises à l’homme comme le bœuf, l’âne et autres. D’autres ne sont pas soumises et vivent seules au désert. L’homme laboure le champ avec les animaux soumis et grâce à cela, il se nourrit ainsi que les bêtes soumises ou non soumises. De même l’homme parfait : il laboure avec les forces (dynamis) qui lui sont soumises, préparant chacun à venir à l’être. C’est ainsi que tout est redressé, soit les bons, soit les méchants, et ceux de droite et ceux de gauche. L’Esprit les mène tous paître et gouverne toutes les forces, les soumises et les non soumises ainsi que les uniques. Il les rassemble et les enclôt afin que ceux qui le voudraient ne puissent s’enfuir.

[33] Celui qui a été modelé (plassein) était de race noble, et tu devrait trouver que ses fils sont d’un noble (eugenès) modelage (plasma). S’il n’avait pas été modelé mais engendré, on trouverait que sa semence (sperma) est noble (eugenès). Or voici qu’il a été modelé et qu’il a engendré. Quelle noblesse (eugeneia) y a-t-il eu en cela ? Il y eut adultère et ensuite meurtre. Il fut conçu dans l’adultère, car il était fils du serpent ; c’est pourquoi il devint meurtrier, comme son père, et tua son frère. Or toute union (koinônia) entre personnes dissemblables est un adultère.

[34a] Dieu est un teinturier. De même que les bonnes teintures, qualifiées de vraies, se dissolvent dans les choses teintes en elles, ainsi en est-il des choses que Dieu teinte. Et

comme ses teintures sont immortelles, ces choses deviennent immortelles grâce à ses couleurs.

[34b] Dieu baptise dans l’eau ce qu’il baptise.

[35] Il est impossible de voir les choses qui existent véritablement sans être comme elles. Il n’en est pas ainsi de l’homme dans ce monde qui ici voit le soleil bien qu’il ne soit pas le soleil, qui voit le ciel et la terre et toutes choses en n’étant rien de celles-ci. Mais si tu vois quelque chose de ce lieulà c’est que tu es devenu cela. Tu as vu l’Esprit, tu es devenu Esprit. Tu as vu le Christ, tu es devenu Christ, tu as vu le Père, tu es devenu le Père. C’est pourquoi ici tu vois toute chose sans te voir toi-même, mais en ce lieu-là tu te vois car ce que tu vois, tu l’es devenu.

[36] La foi reçoit, l’amour donne. Personne ne peut recevoir sans la foi. Personne ne peut donner sans l’amour. C’est pourquoi nous avons la foi afin de recevoir, et nous devons aimer afin de donner vraiment, car celui qui donne sans amour n’en a aucun profit. Celui qui n’a pas reçu le Seigneur est encore un Hébreu.

[37] Les Apôtres qui nous ont précédés, l’appelaient ainsi Jésus, le Nazoréen, le Messie, c’est-à-dire Jésus le Nazoréen, le Christ. Le dernier nom est Christ. Le premier est Jésus. Celui du milieu Nazaréen. Messie a deux significations : le Christ et le mesurable. Jésus en hébreu est la rédemption, Nazara est la vérité. Donc le Nazaréen est (l’homme) de la vérité. Christ a été rendu mesurable, et c’est le Nazaréen et Jésus qui l’ont mesuré.

[38] La perle, si elle est jetée dans la boue, n’a pas moins de valeur, et si on l’oint d’une substance odoriférante, elle n’en acquerra pas davantage, mais elle a toujours la même valeur pour son propriétaire. Ainsi en est-il des fils de Dieu ; où qu’ils soient, ils gardent toujours leur valeur auprès de leur Père.

[39] Si tu dis : Je suis juif, personne ne bronchera. Si tu dis : Je suis un Romain, personne ne s’en a!ectera. Si tu dis : Je suis un Grec, un barbare, un esclave, un homme libre, personne ne se troublera. Si tu dis : Je suis un chrétien, tous trembleront. Puisse-t-il m’arriver de recevoir ce nomlà, que les archontes ne supportent pas lorsqu’ils l’entendent.

[40] Dieu est un mangeur d’hommes. C’est pourquoi l’homme lui est sacrifié. Avant que l’homme ne lui soit sacrifié, on lui sacrifiait des animaux, mais ce n’étaient pas des dieux ceux à qui ils étaient sacrifiés.

[41] Les vases de verre et les vases de terre sont fabriqués au moyen du feu. Mais les vases de verre, s’ils se brisent, sont modelés à nouveau, car ils proviennent d’un sou#e. Les vases de terre, eux, s’ils se brisent, sont détruits, car ils ont été produits sans le sou#e.

[42] L’âne qui fait tourner la meule du moulin fait cent mille en marchant, mais lorsqu’on le détache, il se trouve toujours au même endroit. Il y a de ces hommes qui voyagent beaucoup mais n’avancent nulle part. Lorsque le soir arrive ils n’ont vu ni villes ni villages, ni choses créées, ni choses naturelles, ni forces, ni anges. En vain les malheureux ont-ils sou!ert.

[43a] L’eucharistie est Jésus. Jésus est appelé en syriaque pharizata, celui qui est étendu. En e!et, Jésus est venu pour crucifier le monde.

[43b] Le Seigneur entra dans la teinturerie de Lévi. Il prit soixante-douze couleurs et les jeta dans la cuve. Il les retira toutes blanches et dit : C’est ainsi que le Fils de l’Homme est venu comme teinturier.

[44a] La Sophia qui est appelée stérile est la mère des anges.

[44b, 45] Et la compagne du fils est Marie Madeleine. Le Seigneur l’aimait plus que tous les disciples et il l’embrassait souvent sur la bouche. Les disciples le voyaient et ils lui dirent :

Pourquoi l’aimes-tu plus que nous tous ? Le sauveur répondit et leur dit : Comment se fait-il que je ne vous aime pas autant qu’elle ? Un aveugle et quelqu’un qui voit, quand ils sont tous deux dans l’obscurité ne se distinguent pas l’un de l’autre. Si la lumière vient, alors celui qui voit verra la lumière alors que celui qui est aveugle demeurera dans l’obscurité.

[46] La supériorité de l’homme n’est pas apparente mais cachée. C’est pourquoi il est le maître des animaux, de ceux qui sont plus forts que lui, qui sont grands selon ce qui est apparent et ce qui est caché, mais c’est lui qui leur donne leur subsistance. Si l’homme se sépare d’eux, ils se mordent les uns les autres et s’entre-tuent. Ils s’entre-dévorent parce qu’ils ne trouvent pas d’autre nourriture. Mais maintenant ils ont de la nourriture parce que l’homme travaille la terre.

[47] Si quelqu’un descend dans l’eau, en ressort sans avoir rien reçu et dit : Je suis chrétien, il emprunte ce nom à intérêt. Mais s’il reçoit l’Esprit Saint, il possède ce nom comme un don. Or à celui qui a reçu un don, on ne le lui reprend pas, mais à celui qui l’a emprunté, on lui en demande le paiement avec les intérêts. C’est ainsi que cela se passe lorsqu’on pénètre un mystère.

[48] Grand est le mystère du mariage ! Sans lui le monde ne serait pas. En e!et, la persistance (sustasis) du monde, c’est l’homme, et la persistance de l’homme est le mariage. Mais apprenez que la relation (koinônia) immaculée possède une grande force (dynamis). Son image en est la forme extérieure (schèma) impure.

[49] Parmi les esprits impurs, il y en a de masculins et de féminins. Les masculins s’unissent aux âmes qui habitent une forme extérieure féminine, et les féminins sont ceux qui s’unissent aux âmes qui ont une forme extérieure masculine, parce qu’elles ont été séparées. Et nul être humain ne peut y échapper lorsqu’ils le tiennent, à moins qu’il ne reçoive une force à la fois masculine et féminine, c’est-à-dire la force du fiancé et de la fiancée. Or on reçoit celle-ci dans la chambre nuptiale, qui est une image.

[50a] Quand les femmes libertines voient un homme seul, elles se jettent sur lui, jouent avec lui et le souillent. De même les hommes libertins s’ils voient une jolie femme seule, ils la séduisent ou lui font violence pour la souiller. Mais s’ils voient un homme et sa femme ensemble, les femmes ne peuvent venir vers l’homme, ni les hommes vers la femme. Il en est de même si l’image et l’ange (aggelos) sont unis, personne n’osera ni ne pourra aller vers l’homme ou la femme.

[50b] Celui qui sort du monde n’est plus prisonnier comme il l’était dans le monde. Il est au-dessus du désir, de la mort et de la crainte. Il est maître de la nature, il est supérieur à l’envie. Ces forces tiennent et étou!ent chacun mais comment les fuir ? Comment se cacher d’elles ? Souvent certains disent : Nous sommes croyants. Ceci pour échapper à ces esprits impurs et à ces démons. Car s’ils possédaient l’Esprit Saint, aucun esprit impur ne s’attacherait à eux.

[51a] Ne crains pas la chair mais ne l’aime pas non plus. Si tu la crains, elle te dominera. Si tu l’aimes, elle te dévorera et t’étranglera. Ou bien on est dans ce monde, ou bien dans la résurrection, ou bien dans les lieux du milieu. Que je ne sois pas trouvé dans ce dernier.

[51b] Dans ce monde il y a du bien et du mal. Ce qui est bien n’est pas bien et ce qui est mal n’est pas mal. Mais il y a, après ce monde, un mal qui est vraiment un mal et qu’on appelle le milieu, c’est la mort. Tant que nous sommes en ce monde, il faut parvenir à la résurrection afin que, une fois dépouillé de la chair, nous trouvions le repos et n’errions pas dans le milieu. Car beaucoup s’égarent en chemin, aussi est-il bon de s’en aller du monde avant d’avoir péché.

[52] Il y en a qui ne veulent ou ne peuvent (pécher). D’autres, même s’ils le désirent ne sont pas plus avancés de ne l’avoir pas fait, car ce désir en fait des pécheurs de même que de ne pas agir. La justice s’écartera d’eux, tant de celui qui ne désire pas que de celui qui n’agit pas.

[53] Le disciple d’un apôtre aperçut dans une vision plusieurs personnes enfermées dans une maison en feu, enchaînées et gisant dans le feu. Il leur dit : Jetez de l’eau dans le feu et ils dirent qu’ils étaient incapables de se sauver… qu’ils ne le désiraient pas. Ils reçurent… le châtiment dénommé « ténèbres extérieures » parce qu’elles… d’eau et de feu.

[54] L’âme et l’esprit sont nés de l’eau et du feu. C’est de l’eau, du feu et de la lumière que le fils de la chambre nuptial est né. Le feu est l’onction (chrisma), la lumière est le feu. Je ne parle pas de ce feu qui n’a aucune forme, mais de cet autre feu dont la forme est blanche, qui est lumière et beauté, et qui confère la beauté.

[55a] La Vérité ne vient pas dans le monde nue, mais en signes (tupos) et en images (eikôn). On ne la recevra pas autrement.

[55b] Il y a une renaissance et une image de la renaissance. Il est assurément nécessaire de naître à nouveau selon cette image. Laquelle ? la résurrection. L’image doit ressusciter par l’image. La chambre nuptiale (nymphôn) et l’image doivent pénétrer dans la Vérité par l’image, telle est la régénération (apokatastasis).

[55c] On prononce le nom du Père, du Fils et de l’Esprit, et on le prononce même sur autrui, mais si on n’acquiert pas vraiment ce nom pour soi-même, le nom nous sera aussi repris. Or on le reçoit par l’onction de la plénitude du pouvoir de la croix, pouvoir que les apôtres ont appelé la droite et la gauche. Car cet homme n’est plus alors un chrétien mais un Christ. Le Seigneur a fait du tout un mystère : baptême et onction et eucharistie et rédemption et chambre nuptiale.

[56] Le Seigneur dit : Je suis venu pour faire que les choses d’en bas soient comme les choses d’en haut, et que les choses du dehors soient comme celles du dedans. Je suis venu pour les unifier là (en haut). Il s’est manifesté ici (en bas) en symboles et en images. Ceux qui disent : il y a un homme céleste et il y a quelqu’un au-dessus de lui, se trompent. Car c’est le premier de ces deux hommes célestes, celui qui s’est manifesté, qu’ils appellent celui qui est en bas ; et ils pensent que c’est celui à qui appartient ce qui est caché qui est au-dessus de lui. Mais il vaudrait mieux dire : l’intérieur et l’extérieur, et l’extérieur de l’extérieur. C’est pourquoi le Seigneur a appelé la destruction « ténèbres extérieures » car il n’y a rien d’extérieur à elles.

[57] Il a dit : mon Père qui est dans le secret. Il a dit : Entre dans ta chambre et ferme la porte sur toi et prie ton Père qui est dans le secret, c’est-à-dire à l’intérieur d’eux tous. Or ce qui est à l’intérieur d’eux tous est la plénitude. Au-delà de cela il n’y a rien d’autre à l’intérieur. C’est de cela qu’ils disent : Ce qui est au-dessus d’eux.

[58] Avant le Christ, certains vinrent d’un endroit où ils ne purent plus entrer et allèrent là d’où ils ne purent plus sortir. Alors vint le Christ. Ceux qui étaient entrés il les fit sortir, et ceux qui étaient sortis il les fit entrer.

[59] Quand Eve était en Adam, la mort n’existait pas. Après qu’elle fut séparée de lui, la mort survint. S’il la reprend en lui et retrouve son être premier, il n’y aura plus de mort.

[6O] Mon dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? C’est sur la croix qu’il dit ces paroles ; car il a abandonné là tout ce qui fut engendré par ce qui est extérieur à Dieu. Le Seigneur ressuscita des morts, et redevint ce qu’il était, mais son corps était parfait. Or il avait une chair, mais cette chair était la vraie (alèthinos) chair. Notre chair au contraire n’est pas la vraie mais seulement une image de la vraie chair.

[61a] La chambre nuptiale n’est pas pour les animaux, ni pour les esclaves ni pour les femmes impures, mais pour les hommes libres (éleuthéros) et les vierges (parthénos).

[61b] En vérité nous sommes renés dans l’Esprit Saint, mais nous sommes renés par Christ deux à deux. Nous sommes oints par l’Esprit. Quand nous sommes renés, nous avons été unis.

[61c] Personne ne peut se voir soi-même sans lumière dans une eau ou dans un miroir, pas plus que tu ne peux te voir à la lumière sans eau ni miroir. C’est pourquoi il faut baptiser à la fois dans la lumière et dans l’eau. Or la lumière est l’onction.

[62a] Il y avait à Jérusalem trois lieux d’o !rande. Le premier, vers l’ouest, était appelé le Saint. Le deuxième, vers le sud, était appelé le Saint du Saint. Le troisième, vers l’est était appelé le Saints des Saints, l’endroit où seul le grand-prêtre pénètre. Le baptême est le Saint, la rédemption est le Saint du Saint, la chambre nuptiale est le Saint des Saints. Le baptême implique la résurrection et la rédemption. La rédemption a lieu dans la chambre nuptiale. Mais la chambre nuptiale est ce qui est supérieur… à Jérusalem, le voile sépare le Saint des Saints… mais la chambre nuptiale est l’image de la chambre nuptiale qui est au-dessus de l’impureté. Son voile s’est déchiré du haut en bas car il convenait à quelques-uns d’en bas de monter en haut.

[63] Ceux qui sont revêtus de la Lumière parfaite, les forces naturelles (dynamis) ne les

voient pas et ne peuvent s’en emparer. On revêtira cette Lumière dans le mystère, dans l’union.

[64a] Si la femme n’avait pas été séparée de l’homme, elle ne serait pas morte avec l’homme. Sa séparation a été à l’origine de la mort. C’est pourquoi Christ est venu remédier à cette séparation, qui existe depuis le commencement, réunir les deux, redonner la vie à ceux qui étaient morts dans la séparation et les unir. Or la femme s’unit à l’homme dans la chambre nuptiale. En vérité ceux qui se sont unis dans la chambre nuptiale ne seront plus jamais séparés. Ainsi Eve s’est séparée d’Adam parce qu’elle ne s’était pas unie à lui dans la chambre nuptiale.

[64b] L’âme (psyché) d’Adam naquit d’un sou#e. Le compagnon de son âme est l’esprit (pneuma). Ce sou#e qui lui fut donné est sa mère. Son âme fut remplacée par un esprit. Lorsqu’il lui fut uni, il prononça des paroles qui dépassaient les forces naturelles (dynamis). Celles-ci le jalousèrent, privées qu’elles étaient de ce compagnon spirituel secret, exempt de tout mal, ce qu iles privait de la possibilité de la chambre nuptiale…

[65] Jésus manifesta sur le Jourdain le plérôme du Royaume des cieux. Celui qui était engendré avant toute chose était engendré de nouveau. Lui qui avait été oint, était oint à nouveau. Celui qui avait été racheté venait en racheter d’autres.

[66] En vérité, il faut dire un mystère. Le Père du tout s’est uni à la vierge (parthenos) qui était descendue, et un feu l’éclaira en ce jour. Il apparut dans la chambre nuptiale. C’est pourquoi son corps qui fut produit en ce jour vint de la chambre nuptiale comme produit par le fiancé et la fiancée (nymphios, nymphè). C’est ainsi que Jésus a établi toute chose par eux. Il est nécessaire que chacun des disciples entre dans son repos.

[67a] Adam est venu à l’existence grâce à deux vierges, l’Esprit et la terre vierge. C’est pourquoi le Christ naquit d’une vierge pour rectifier la chute qui s’est produite à l’origine.

[67b] Il y a deux arbres au milieu du jardin. L’un engendre des animaux (thèrion), l’autre engendre des hommes. Adam mangea de l’arbre qui engendrait des animaux. Il devint animal et engendra des animaux. C’est pourquoi les enfants d’Adam adorent (sébesthai) des animaux. L’arbre dont Adam a mangé le fruit est l’arbre des animaux c’est pourquoi les péchés furent nombreux ; s’il avait mangé… du fruit de l’arbre qui porte des hommes, alors les dieux adoreraient l’homme. Car Dieu à l’origine avait créé l’homme, mais maintenant les hommes créent des dieux. C’est ainsi qu’il en va dans le monde : les hommes créent des dieux et adorent leurs créatures. Mais ce sont ces dieux qui devraient adorer les hommes ! Telle est la vérité.

[68] Les oeuvres de l’homme viennent de sa force naturelle (dynamis). Ce sont ses forces. Ses enfants sont ses œuvres ; ils proviennent d’un moment de repos. Sa force est dans ses œuvres tandis que ce moment de repos se manifeste dans ses enfants. Vous verrez que ceci s’applique à une image. Voici l’homme d’après l’image : il fait ses œuvres grâce à sa force, mais c’est dans un moment de repos qu’il engendre ses enfants.

[69a] En ce monde, les esclaves travaillent (upèretein) pour les hommes libres ; dans le Royaume des cieux les hommes libres servent (diakonein) les esclaves ; les fils de la chambre nuptiale servent les fils du mariage (terrestre, gamos).

[69b] Les fils de la chambre nuptiale n’ont qu’un seul et même nom. Ensemble ils partagent le repos (anapausis)… Ils n’ont pas besoin d’avoir une forme, ils ont l’avantage de la contemplation intérieure, la vue intérieure…

[70] Ils sont descendus dans l’eau et le Christ les a purifiés et rendus parfaits par son nom. Car il a dit : Il nous convient d’accomplir toute justice.

[70b] Ceux qui disent qu’ils vont d’abord mourir et ensuite ressusciter se trompent. S’ils n’obtiennent pas d’abord la résurrection pendant la vie, ils n’obtiendront rien une fois morts. Ils parlent du baptême de la même façon disant : le baptême est une grande chose, ceux qui le reçoivent vivront.

[71] L’apôtre Philippe racontait que Joseph le charpentier planta un jardin parce qu’il avait besoin de bois pour son métier. C’est lui qui fit la croix avec les arbres qu’il avait plantés, et le fruit de sa semence fut pendu à ce qu’il avait planté. Le fruit de sa semence était Jésus

et la plante fut la croix. Mais l’arbre de vie est au milieu du jardin et c’est l’olivier, d’où vient l’huile et de l’huile, la résurrection.

[72] Le monde est un mangeur de cadavres, tout ce qui y est mangé meurt aussi. La vérité se nourrit de vie, aussi personne de ceux qui se nourrissent de la vérité ne mourra. De là Jésus est venu apporter de la nourriture, et à tous ceux qui le veulent il donne la vie afin qu’ils ne meurent pas.

[73] Dieu avait planté un jardin. L’homme y avait été placé. Il y avait de nombreux arbres… Dans le lieu où on me dira : mange de ceci, ou ne mange pas de cela, comme tu voudras. Dans le lieu où je mangerai de tout se trouve l’arbre de la connaissance (gnôsis). C’est lui qui tua Adam, mais c’est lui qui vivifie l’homme. La loi était un arbre. Il avait le pouvoir de donner la connaissance du bien et du mal. Il n’écarta pas du mal ni n’établit dans le bien, mais il prépara la mort de ceux qui en mangèrent. Car lorsqu’il fut dit : mange de ceci, ne mange pas de cela, ce fut l’origine de la mort.

[74] L’onction est supérieure au baptême. Car c’est par le mot « chrisma » (onction) que nous avons été appelés chrétiens et non par le baptême, et le nom de Christ vient de « chrisma ». En e!et, le Père a oint le Fils et le Fils a oint les apôtres, et les apôtres nous ont oints. Celui qui a été oint possède le Tout, il possède la résurrection, la Lumière, la Croix, l’Esprit Saint. Le Père lui a donné cela dans la chambre nuptiale et il l’a accepté. Le Père était dans le Fils et le Fils dans le Père. Tel est le Royaume des Cieux.

[75a] Le Seigneur l’a bien dit : Quelques-uns entrèrent dans le Royaume des cieux en riant, et ils sortirent…. chrétiens…. il descendit dans l’eau et remonta, seigneur du tout….

[75b] Celui qui méprise le corps comme un haillon le considère comme un jouet et le quitte en riant… il en est de même du pain, du calice et de l’huile alors qu’il y a quelque chose d’autre qui leur est supérieur.

[76] Le monde est apparu à la suite d’une faute (paraptôma). En e!et celui qui le créa voulait le faire incorruptible et immortel. Mais il échoua et ne réalisa pas son désir. Car le monde ne fut jamais impérissable ni, pour la même raison, celui qui fit le monde.

[77] Les choses ne sont pas incorruptibles mais les fils le sont. Personne ne recevra l’incorruptibilité à moins de devenir d’abord un fils.

[78] Mais celui qui n’a pas le pouvoir de recevoir, combien davantage sera-t-il incapable de donner.

[79] La coupe de la bénédiction contient du vin et de l’eau, symboles du sang, à laquelle on rend grâce (eucharistein) et elle est remplie de l’Esprit Saint. Elle est celle de l’Homme parfait tout entier. Si nous en buvons, nous recevrons en nous l’Homme parfait (téléios).

[80] L’eau vive est un corps. Il est nécessaire que nous revêtions l’homme vivant. C’est pourquoi, si quelqu’un vient et descend dans l’eau, il se dévêt afin de revêtir celui-là.

[81] « Un cheval engendre un cheval, un homme engendre un homme, un dieu engendre un dieu. De même du fiancé et de la fiancée. Ce sont les enfants de la chambre nuptiale. Aucun juif ne descend de parents grecs depuis que la Loi existe. Et de même nous avons été juifs avant d’être chrétiens. Il y a un autre peuple, et… il a été appelé « le peuple élu de l’Esprit Saint », et l’Homme véritable et le Fils de Dieu et la semence du Fils de l’Homme. Dans le monde cette race est appelée authentique. C’est là où demeurent les enfants de la chambre nuptiale. »

[83, 84, 85] En ce monde, l’union est entre l’époux et l’épouse, la force complétée par la faiblesse. Dans l’Eon, la forme de l’union est tout autre bien qu’on lui donne les mêmes noms. Cependant il y a d’autres noms, supérieurs à tous les noms donnés, et supérieurs aux plus forts. Car ici (ici-bas), il y a la force (bia) et ceux qui apparaissent excellent par leur force. Mais ceux qui sont là (dans l’Eon) ne sont pas deux choses distinctes, mais une même chose. Ce qui est ici ne pourra pas s’élever au-dessus du cœur de la chair.

[86] N’est-il pas nécessaire que ceux qui possèdent toute chose se connaissent eux-mêmes ? Quelques-uns, faute de se connaître eux-mêmes, ne jouiront pas de ce qu’ils possèdent, mais ceux qui se connaîtront eux-mêmes jouiront de ce bien.

[87, 88] Non seulement ils ne pourront pas saisirent l’Homme parfait (teleios) mais ils ne pourront même pas le voir. Car s’ils le voyaient, ils le saisiraient. Il n’y a pas d’autre moyen d’acquérir pour soi cette grâce (charis) que de revêtir la lumière parfaite et de devenir soi-même lumière parfaite. Quiconque la revêtira entrera dans le royaume. Telle est la lumière parfaite et il convient que nous devenions des hommes spirituels parfaits avant de quitter le monde. Celui qui a tout reçu mais ne s’est pas rendu maître de ces lieux-ci ne sera pas capable d’être maître de cet endroit-là, mais il ira dans le milieu, étant imparfait. Seul Jésus connaît la fin de celui-ci.

[89] L’homme saint est tout à fait saint, même dans son corps. Car s’il a reçu le pain, il le consacrera, de même la coupe ou quoi que ce soit d’autre, et comment ne consacrerait-il pas aussi le corps ?

[90] En rendant parfaite l’eau du baptême, Jésus l’a vidée de la mort. Ainsi nous descendons dans l’eau mais non dans la mort afin de n’être pas jeté dans l’esprit du monde.

[91] Quand l’esprit du monde sou#e, il fait venir l’hiver, quand l’Esprit sou#e, l’été vient.

[92a] Celui qui a la connaissance de la vérité est libre. Et l’homme libre ne pèche pas car celui qui commet le péché est l’esclave du péché.

[92b] La vérité est la mère, la connaissance est le père.

[92c] Ceux qui ne sont pas concernés par le péché, le monde les appelle libres. Pensant connaître la vérité, ils sont orgueilleux, c’est ce que veut dire ici libre.

[93] Mais l’amour édifie, et celui qui est devenu vraiment libre par la connaissance devient, par amour, l’esclave de ceux qui n’ont pas pu atteindre la liberté de la connaissance. La connaissance les rendra capables de devenir libres.

[94] L’amour ne prend rien. Comment prendrait-il quelque chose, tout lui appartient. Il ne dit jamais : ceci est à moi, ni cela est à moi, mais : tout est à vous.

[95] L’amour spirituel (agapè pneumatikos) est un vin à l’odeur suave. Tous ceux qui en sont oints en ont un grand plaisir. Lorsque ceux qui sont oints sont présents, ceux qui sont près d’eux en profitent. Mais si ceux qui sont oints de cette onction se retirent et s’en vont, alors ceux qui ne sont pas oints et se tenaient simplement près d’eux restent dans leur mauvaise odeur.

[96] Le samaritain ne donna rien d’autre à l’homme blessé que du vin et de l’huile ; ce n’était rien d’autre que l’onction et il a guéri les blessures car l’amour couvre une multitude de fautes.

[97] C’est à celui que la femme aime que ressemblera ceux qu’elle engendrera. Quand c’est son mari, ils ressemblent au mari. Quand c’est un adultère, ils ressemblent à l’amant. Souvent quand une femme couche avec son mari par nécessité mais que son cœur est auprès de l’amant, avec lequel elle s’unit habituellement, celui qu’elle engendrera ressemblera à l’amant. Mais vous, qui êtes avec le Fils de Dieu, n’aimez pas le monde mais aimez le Seigneur afin que ceux que vous engendrerez ne ressemblent pas au monde mais ressemblent au Seigneur.

[98] L’être humain s’unit à l’être humain, le cheval au cheval, l’âne à l’âne, les espèces s’unissent à leurs semblables. Ainsi l’Esprit s’unit à l’Esprit, le Logos au Logos et la Lumière à la Lumière. Si tues né humain, c’est un humain qui t’aimera. Si tu deviens un esprit, c’est l’Esprit qui s’unira à toi. Si tu deviens logos, c’est le Logos qui s’unira à toi. Si tu deviens lumière, c’est la Lumière qui s’unira à toi. Si tu deviens ce qui est d’en haut, c’est ce qui est d’en haut qui demeurera en toi. Si tu deviens cheval, ou âne, taureau, chien, mouton ou tout autre animal, qui se trouve à l’extérieur et qui est inférieur, alors tu ne pourras être aimé ni d’un humain, ni de l’Esprit, ni du Logos, ni de la Lumière, ni de ce qui est d’en haut, ni de ce qui est intérieur. Ils ne pourront demeurer en toi et tu ne fais pas partie d’eux.

[99] Celui qui est esclave contre sa volonté, pourra devenir libre. Celui qui est devenu libre

par la grâce de son Seigneur et se rend lui-même esclave ne pourra plus être libre.

[100a] Dans ce monde les plantations nécessitent quatre éléments. On moissone ce qui provient à la fois de l’eau, de la terre, du vent et de la lumière. De même les plantations de Dieu résultent de quatre éléments : la foi, l’espérance, l’amour et la gnose. Notre terre est la foi en qui nous prenons racine, l’eau est l’espérance dont nous nous nourrissons ; le vent est l’amour qui nous fait grandir et la lumière est la gnose qui nous fait mûrir.

[100b] La grâce agit comme un paysan, et les fruits de la semence de ce paysan sont les hommes qui montent vers les hauteurs du ciel.

[101] Et bienheureux le serviteur qui n’a pas désespéré une âme. Celui-ci est Jésus le Christ. Il s’est présenté partout et n’a accablé personne. Bienheureux donc celui qui est comme lui parce qu’il est un homme parfait. Il est e!ectivement la parole (Logos).

[102] Parlez-nous de lui, car c’est di"cile d’y réussir. Comment réussir une si grande chose ? Comment donner le repos à chacun ? Avant tout il convient de n’a#iger aucune personne, soit grande, soit petite, soit croyante, soit incroyante ; ensuite de donner le repos à ceux qui font le bien.

[103] Certains trouveraient bien de donner le repos à celui qui a une belle situation (kalos). Mais celui qui fait le bien ne peut pas le donner à de telles personnes car elles vont à l’encontre de ce qu’il voudrait. Mais comme il lui est impossible d’a#iger quelqu’un, il ne les a#ige pas. Il est certain que ceux qui ont une belle situation a#igent des gens, non délibérément mais par leurs défauts (kakia). Celui qui possède la nature (du bien) donne la joie à ceux qui sont bons, ce qui a#igent certains vilainement.

[104] Un maître de maison avait acquis beaucoup : fils, serviteurs, bétail, chiens, porcs, blé, orge, paille, fourrage, os, viande et glands. Comme il était avisé, il connaissait la nourriture de chacun. Il donnait aux enfants du pain, de l’huile d’olive et de la viande, aux esclaves l’huile de ricin et du blé, au bétail de l’orge, de la paille et du fourrage, aux chiens des os, aux porcs des glands et des croûtes de pain. Il en est ainsi du disciple de Dieu. Si c’est un homme sage, il comprend sa qualité de disciple. Les formes corporelles ne le tromperont pas, il considérera l’état de l’âme (psyché) de chacun et parlera à chacun en conséquence. Il y a beaucoup d’animaux à forme humaine dans le monde. Quand il les identifie à des porcs, il leur jette des glands ; à des bestiaux, il leur jette de l’orge et de la paille et de l’herbe ; à des chiens, il leur jette des os ; à des esclaves, il leur donne ce qui est élémentaire ; à des enfants, ce qui est parfait.

[105] Il y a le fils de l’Homme, et il y a le fils du fils de l’Homme. Le Seigneur est le fils de l’Homme, et le fils du Fils de l’Homme est celui qui a été fait par le fils de l’Homme. Le fils de l’Homme a reçu de Dieu le pouvoir de créer, et aussi la possibilité d’engendrer.

[106] Celui qui a reçu le pouvoir de créer crée une création ; celui qui a reçu le pouvoir d’engendrer engendre un rejeton. Celui qui crée n’engendre pas ; celui qui engendre crée. Celui qui crée engendre, dit-on, mais son produit est une création. Ses produits ne sont pas ses rejetons, mais ses images. Celui qui crée travaille au grand jour et il est lui-même visible ; celui qui engendre oeuvre dans le secret, il reste lui-même caché. L’engendré n’est pas une image. Celui qui crée crée visiblement, mais celui qui engendre engendre ses enfants dans le secret.

[107] Personne ne peut savoir quand le mari et la femme s’unissent sauf eux-mêmes. Car c’est un mystère que le mariage (gamos) du monde pour ceux qui ont pris femme. Or si le mariage du monde, qui est impur, reste caché, combien plus le mariage immaculé est-il un vrai (aléthinos) mystère ! Il n’est pas charnel, il est pur. Il appartient non au désir mais à la volonté. Il n’appartient pas aux ténèbres ou à la nuit, mais au jour et à la lumière.

[108] Un mariage accessible au public est de la prostitution (porneia) et la femme, non seulement si elle reçoit la semence d’un autre homme, mais même si, sortant de sa chambre, elle est vue, commet une impudicité. Elle ne doit se faire voir qu’à son père et à sa mère.

[109] A l’ami de l’époux et aux enfants de la chambre nuptiale il est permis de pénétrer tous les jours dans la chambre nuptiale, mais les autres ne peuvent désirer qu’entendre leur voix, jouir de leur parfum et se nourrir des miettes de pain qui tombent de la table

comme les chiens (Matth. 15, 27). Époux et épouses appartiennent à la chambre nuptiale. Personne ne peut voir l’époux et l’épouse à moins de le devenir soi-même.

[110] Quand Abraham se fut réjoui d’avoir vu ce qu’il avait à voir, il circoncit la chair de son prépuce nous montrant qu’il faut détruire la chair.

[111] Bien des choses du monde, tant que leurs racines sont cachées demeurent debout et vivent. Si les racines se voient, elles meurent, à l’exemple de l’homme visible : tant que ses entrailles restent cachées, il vit ; si ses entrailles sortent de lui, il meurt. Il en est de même de l’arbre. Tant que ses racines sont cachées, il croît et fructifie ; si sa racine apparaît, il se dessèche. Il en est ainsi de chaque chose née dans le monde, non seulement manifestée mais aussi cachée. Car tant que la racine du mal est cachée, elle est forte mais quand on la reconnaît elle est dissoute, quand elle se manifeste elle est détruite. C’est pourquoi la Parole dit : Déjà la hache est placée à la racine de l’arbre. Elle ne coupera pas car ce qui est coupé repousse, mais elle pénétrera si profondément qu’elle extirpera la racine. Jésus arrache la racine entièrement alors que d’autres ne le font qu’en partie.

[112] Quant à nous que chacun creuse jusqu’à la racine du mal qui est en lui et qu’il l’extirpe de son cœur jusqu’à la racine. Il ne sera arraché que lorsque nous le reconnaîtrons. Si nous l’ignorons, il pousse ses racines en nous et porte ses fruits en nos cœurs. Il nous domine, nous sommes ses esclaves, il nous emprisonne au point de faire ce que nous ne voulons pas et de ne pas faire ce que nous vouons. Il est puissant, parce que nous ne le connaissons pas. Tant qu’il existe, il est à l’œuvre.

[113] L’ignorance est la mère du mal, l’ignorance entraîne la mort ; ce que produit l’ignorance n’a jamais existé, n’existe pas et n’existera pas. Tandis que ceux qui sont dans la vérité seront parfaits quand toute la vérité se révèlera.

[114] Car la vérité est comme l’ignorance : quand elle est cachée, elle se repose en elle-même, mais si elle est révélée et reconnue elle est louée pour autant qu’elle est plus forte que l’ignorance et que l’erreur. Elle donne la liberté.

[115] La parole dit : Si vous connaissez la vérité, la vérité vous rendra libres.

[116] L’ignorance est esclavage, la connaissance est liberté.

[117] Si nous reconnaissons la vérité, nous récolterons ses fruits au-dedans de nous. Si nous nous unissons à elle, elle nous fera entrer dans la plénitude.

[118a] Présentement nous voyons les manifestations de la création et nous disons : les choses fortes sont hautement estimables et les choses faibles sont cachées et méprisables. Comparez avec les manifestations de la vérité : elles sont faibles et méprisées tandis que, cachées, elles sont fortes et estimables.

[118b] Les mystères de la vérité sont révélés sous forme de signes (tupos) et d’images.

[119a] Quant à la chambre nuptiale, elle demeure cachée, elle est le Saint des Saints.

[119b] En e!et un voile commence par dissimuler comment Dieu gouverne la création. Mais quand le voile se déchire et que l’intérieur se manifeste, on abandonne la maison vide, et même on la détruit.

[120] Mais la divinité inférieure ne fuira pas de ce lieu vers le Saint des Saints, car elle ne sera pas capable de s’unir à la lumière sans mélange ni à la plénitude sans faille, mais se tiendra sous les ailes de la croix et sous ses bras. Cette arche (kibotos) sera son salut lorsque le déluge des eaux la submergera.

[121] Si quelques-uns sont dans l’ordre de la prêtrise, ils pourront pénétrer derrière le voile avec le grand-prêtre.

[122] C’est pourquoi le voile ne s’est pas déchiré seulement en haut, car il ne se serait ouvert qu’à ceux d’en haut, ni ne s’est déchiré seulement en bas, car il ne se serait manifesté qu’à ceux d’en bas. Mais il s’est déchiré de « haut en bas ». Le haut s’est ouvert pour nous qui sommes en bas afin que nous entrions dans le secret de la vérité. Voilà véritablement ce qui est tenu en haute estime et qui est puissant. Or nous pénétrerons là

grâce à de vils symboles et à des choses faibles et basses en vérité comparés à la gloire parfaite.

[123] Il y a une gloire qui surpasse la gloire, il y a une puissance qui surpasse la puissance. C’est pourquoi la perfection s’est ouverte à nous avec le secret de la vérité, et le Saint des Saints s’est manifesté et nous avons été conviés dans la chambre nutpiale.

[124] Tant qu’il est caché, le mal est e"cace et il n’est pas enlevé de la semence de l’Esprit, et il y a des esclaves du mal. Mais lorsqu’il se manifeste, alors la Lumière parfaite se répand sur chacun et tous ceux qui se trouvent en elle recevront l’onction. Alors les esclaves seront libérés et les prisonniers seront délivrés.

[125] Tout plant que mon Père qui est dans les cieux n’a pas planté sera déraciné.

[126] Ceux qui étaient séparés seront unis et comblés.

[127] Tous ceux qui entreront dans la chambre nuptiale feront briller la lumière car ils ne sont pas comme les mariages qui se font dans la nuit, dont le feu s’allume seulement dans la nuit puis s’éteint. Mais les mystères de ce mariage s’accomplissent dans le jour et la lumière, ce jour et cette lumière qui ne s’éteignent pas.

[128, 129] Si quelqu’un devient un fils de la chambre nuptiale, il recevra la lumière. Si quelqu’un ne la reçoit pas tant qu’il est dans ces lieux, il ne pourra la recevoir nulle part ailleurs. Celui qui recevra cette lumière-là ne sera ni vu ni compris, et personne ne pourra l’a#iger alors même qu’il séjourne dans le monde. Et quand il quittera le monde, il aura déjà reçu la Vérité en images. Et le monde est devenu pour lui l’Eon, car l’Eon est pour lui la plénitude (plèrôma). Et il l’est de cette façon : il lui est manifesté à lui seul ; il n’est pas caché dans les ténèbres ni dans la nuit, mais il est caché dans un jour parfait et dans une lumière sainte.

Auteur :Philippe http://www.infologisme.com/art/EvangilePhilippe.html

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L'ÉVANGILE SELON SAINT THOMASTop Golden_Eye Post subject: Posted: 04 Jul 2008 21:43 Member Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts:

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04 Jul 2008 21:43 L'ÉVANGILE SELON SAINT THOMAS Member Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652

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INTRODUCTION

Extraite de l’ouvrage L’EVANGILE SELON THOMAS Traduction et commentaires de Philippe de Suarez -Editions METANOÏA - 1974 (*)

Le Texte

L'Évangile selon Thomas fut découvert vers 1945 en Haute - Égypte près de la localité de NAG HAMMADI. Des paysans exhumèrent fortuitement d'une galerie rocheuse servant de cimetière, une jarre qui contenait 12 manuscrits reliés en cuir, écrits en langue copte sur papyrus et remontant au IIIe ou IVe siècle de notre ère.

C'est parmi ces livres d'un intérêt inégal, constituant la bibliothèque d'une communauté gnostique, que se trouvait le précieux Évangile selon Thomas qui commence ainsi : "Voici les paroles cachées que Jésus – le - Vivant a dites et qu'a transcrites Didyme Judas -Thomas".

I1 contient 114 logia, ou paroles de Jésus, dans une forme littéraire qui en révèle dès l'abord son caractère archaïque. En e!et, contrairement aux évangiles traditionnels qui

veulent donner une vue globale de l'activité messianique de Jésus, l'Évangile selon Thomas nous livre les paroles de Jésus sans aucun commentaire.

L'

événement que constitue la découverte de cet Évangile a été diversement

apprécié suivant les critiques. D'aucuns y ont vu un écrit apocryphe parmi d'autres fortement teinté de gnosticisme, et trouvant son intérêt sur le plan de l'étude de la "nose, rendue, comme on le salt, di"cile par le fait que les écrits « hérétiques » ont été impitoyablement détruits par l'Église des premiers siècles. D'autres voient dans ce document une sorte d'amalgame de paroles de Jésus tirées tantôt des canoniques, tantôt d'une tradition orthodoxe ou hérétique qui les attribuait àJésus, tantôt inventées dans un but de catéchèse. D'autres encore attribuent aux logia de l'Évangile selon Thomas une authencité qu'ils reconnaissent plus ou moins explicitement selon la position o"cielle qu'ils occupent dans l'Université ou dans l'Église. D'autres enfin estiment, preuves à l'appui, que les logia en question ne constituent rien moins que la source à laquelle ont puisé les synoptiques et Jean pour rapporter les paroles) de

LE TEXTE

Voici les paroles cachées que Jésus le Vivant a dites et qu'a transcrites Didyme Jude Thomas.

Et il a dit: " Celui qui parvient à l'interprétation de ces paroles ne goûtera point la mort ! "

1. Jésus dit: " Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu'à ce qu'il trouve:

lorsqu'il trouvera, il sera ému; et lorsqu'il sera ému, il admirera, et il régnera sur l'univers ! "

2. Jésus dit: " Si ceux qui vous entraînent vous disent: " Voici, le Royaume est dans le ciel !

"- alors, les oiseaux du ciel y seront avant vous. S'ils vous disent: " Il est dans la mer ! "- alors, les poissons y seront avant vous. Mais le Royaume est au-dedans de vous et il est

au-dehors de vous ! "

3. " Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c'est vous

les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans

un dénuement, et c'est vous [qui serez] le dénuement ! "

4. Jésus dit: " Que le vieillard chargé de jours ne tarde pas à interroger le petit enfant de

sept jours sur le Lieu de la Vie, et il vivra ! Car il apparaîtra que beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un [seul] ! "

5. Jésus dit: " Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t'est caché se révélera à toi.

Car rien de caché ne manquera d'être révélé ! "

6. Ses disciples l'interrogèrent; ils lui dirent: " Tu veux que nous jeûnions ? Quelle est la

manière dont nous prierons, dont nous ferons l'aumône, et quelle façon de se nourrir respecterons-nous ? " Jésus dit: " Ne dites point de mensonge et, ce que vous avez en haine, ne le faites point: car toutes ces choses sont manifestes à la face du ciel; rien de ce qui est caché ne manquera d'être révélé et rien de ce qui est dissimulé ne tardera à être publié ! "

7. Jésus dit: " Bienheureux est ce lion que l'homme mangera en sorte que le lion devienne

homme. Mais maudit est l'homme que le lion mangera en sorte que le lion devienne

homme ! "

8. Puis il dit que: " L'homme est pareil à un sage pêcheur qui a jeté son filet dans la mer. Il

l'a remonté de la mer plein de petits poissons au milieu desquels ce sage pêcheur a trouvé un poisson grand et excellent. Il a rejeté tous les petits poissons dans la mer; sans hésiter il a choisi le grand poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! "

9. Jésus dit: " Voici; le semeur est sorti. Il a empli sa main et il a jeté. [Des grains,] les uns

sont tombés sur la route: les oiseaux sont venus et les ont recueillis. D'autres sont tombés sur le roc: ils n'ont point trouvé à s'enraciner dans la terre et n'ont point produit d'épis vers le haut. D'autres sont tombés sur les épines: [elles] ont étou!é la graine, et le ver a mangé

ces [semences]. D'autres sont tombés sur la bonne terre et cette [portion] a fait monter un fruit excellent: elle a donné jusqu'à soixante par mesure, et [ même] cent vingt par mesure !

"

0.

Jésus dit: " J'ai jeté un feu sur I univers, et voici je veille sur lui jusqu'à ce qu'il embrase ! "

. Jésus dit: " Ce ciel passera, et celui qui est au-dessus de lui passera: mais ceux qui sont morts ne vivront point, et ceux qui vivent ne mourront point . "

2. Aujourd'hui, vous mangez des choses mortes et vous en faites ce qui est vivant: [mais]

lorsque vous serez dans la Lumière, que ferez-vous en ce jour-là où étant un, vous deviendrez deux; et lorsque vous deviendrez deux, qu'est-ce alors que vous ferez ? "

3. Les disciples disent à Jésus: " Nous savons que Tu nous quitteras: qui, au-dessus de

nous, sera [alors] le [plus] grand ? " Jésus leur dit: " Là où vous irez, vous vous rendrez vers Jacques le Juste, celui à cause duquel le ciel ainsi que la terre ont été produits. "

4. Jésus dit à ses disciples: " Comparez-moi, et dites moi à qui je suis semblable. " Simon

Pierre lui dit: " Tu es semblable à un ange juste ! " Matthieu lui dit: " Tu es semblable à un homme sage et philosophe ! " Thomas lui dit: " Maître, à qui tu es semblable, pour que je le dise mon visage ne parvient absolument point à le saisir ." Jésus dit: " Je ne suis point ton maître; car tu as bu : tu t'es enivré de la source bouillonnante qui est à moi et que j'ai répandue. " Puis il le prit et s'écarta: il lui dit trois mots. Et, lorsque Thomas revint vers ses compagnons, ils le questionnèrent: " Qu'est-ce que Jésus t'a dit ? "-et Thomas leur répondit: " Si je vous dis une seule des paroles qu'il m'a dites, vous prendrez des pierres et me les jetterez, et un feu sortira des pierres et vous consumera ! "

5. Jésus leur dit: " Lorsque vous jeûnerez, vous engendrerez pour vous-mêmes un péché;

lorsque vous prierez, on vous condamnera; lorsque vous ferez l'aumône, vous accomplirez un mal pour vos esprits ! Quand vous pénétrerez en n'importe quelle terre et que vous parcourrez les campagnes, lorsque l'on vous accueillera, mangez ce que l'on mettra devant vous; ceux qui sont malades dans ces endroits, guérissez-les. Car ce qui entrera dans votre bouche ne vous souillera point, mais ce qui sort de votre bouche, c'est cela qui vous souillera ! "

6. Jésus dit: " Quand vous voyez celui qui n'a pas été engendré de la femme,

prosternez-vous, visage contre terre, et adorez-le; Celui-ci est votre père ! "

7. Jésus dit: " Certainement les hommes pensent que je suis venu pour jeter une paix sur

l'univers. Mais ils ne savent pas que je suis venu pour jeter sur terre des discordes, le feu, l'épée, la guerre. Si en e!et il y a cinq dans une maison, ils se trouveront trois contre deux

et deux contre trois-père contre fils et fils contre père- et ils se lèveront en étant des solitaires. "

8. Jésus dit: " Je vous donnerai ce que jamais œil n'a vu, et ce que jamais oreille n'a

entendu, et ce que jamais main n'a atteint, et cela qui n'est jamais monté au cœur de

l'homme. "

9. Les disciples disent à Jésus: " Dis-nous comment votre fin sera. " Jésus dit: " Avez-vous

donc dévoilé le commencement, pour que vous questionniez sur la fin. Car là où est le commencement, là sera la fin. Bienheureux est celui qui atteindra le commencement: il connaîtra la fin, et il ne goûtera point la mort ! "

20. Jésus dit: " Bienheureux celui qui a existé avant qu'il ait été produit ! "

2. " Si vous devenez pour moi des disciples et que vous écoutiez mes paroles, ces pierres

vous serviront. "

22 " Car vous avez là, dans le Paradis, cinq arbres qui ne changent été ni hiver, et dont les feuilles ne tombent point : celui qui les connaîtra ne goûtera point la mort ! "

23. Les disciples disent à Jésus: " Dis-nous à qui est semblable le Royaume des cieux ! " Il

leur a dit: " Il est pareil à une graine de sénevé: elle est plus petite que toutes les [autres]

semences, mais, lorsqu'elle tombe sur la terre labourée, elle produit une grande tige et devient un abri pour les oiseaux du ciel . "

semblables à de petits enfants qui ont pénétré dans un champ qui ne leur appartient pas. Lorsque les propriétaires du champ viendront, ils diront: " Quittez-nous notre champ ! " Eux [donc], ils se dépouillent en présence de ces [ gens] pour leur laisser leur champ et le leur rendre. "

25. " C'est pourquoi je vous dis ceci . Si le maître de maison sait que le voleur vient, il

veillera avant que celui-là arrive et il ne laissera pas se percer une entrée dans la demeure de sa royauté pour en emporter ses meubles. Vous donc, soyez vigilants face à l'univers. Ceignez vos reins avec une grande énergie, afin que les brigands ne trouvent pas de moyen de vous atteindre; car le besoin que vous guettez, ils le trouveront ! "

26. Qu'il y ait au milieu de vous un [tel] homme avisé: lorsque le fruit est venu, en hâte, sa

faucille à la main, il est allé et il l'a moissonné. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! "

27. Jésus vit des petits qui tétaient; il dit a ses disciples: " Ces petits qui tètent sont

semblables à ceux qui entrent dans le Royaume. " Eux lui dirent: " Si nous sommes petits, entrerons-nous dans le Royaume ? " Jésus leur dit: " Lorsque vous ferez les deux [être] un, et que vous ferez le dedans comme le dehors et le dehors comme le dedans, et le haut comme le bas ! Et si vous faîtes le mâle et la femelle en un seul, afin que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle , et lorsqu'à la place d'un œil vous referez des yeux, et une main à la place d'une main, et un pied à la place d'un pied, et une image à la place d'une image, alors vous entrerez dans le [Royaume] ! "

28. Jésus dit: " Je vous choisirai, un entre mille et deux entre dix mille, et [ceux-ci] se

lèveront étant un ! "

29. Ses disciples lui disent: " Instruis-nous sur le lieu où tu es, car il nous est nécessaire de

questionner à son sujet ! " Il leur dit: " Que celui qui a des oreilles entende ! Si une lumière existe au-dedans d'une créature lumineuse, alors elle illumine l'univers tout entier; mais si

elle n'illumine point, [c'est qu'elle] est une ténèbre . "

30. Jésus dit: " Aime ton frère comme ton âme; veille sur lui comme [sur] la prunelle de ton

œil. "

3. Jésus dit: " La paille qui est dans l'œil de ton frère, tu la vois; mais la poutre qui est dans ton œil, tu ne la vois point ! Lorsque tu auras rejeté la poutre qui est dans ton œil, alors tu

y verras pour rejeter la paille hors de l'œil de ton frère . "

32. Si vous ne jeûnez pas au monde, vous ne trouverez point le Royaume . Si vous ne faites

point du Sabbat le [vrai] Sabbat, vous ne verrez point le Père. "

33. Jésus dit: " Je me suis tenu au milieu de l'univers et, dans la chair, je me suis manifesté

à ceux-ci. Je les ai tous trouvés qui étaient ivres; je n'en ai trouvé aucun assoi!é parmi eux.

Et mon âme s'est a#igée pour les enfants des hommes. Parce qu'ils sont des aveugles dans leur cœur et qu'ils ne voient pas, parce qu'ils sont venus au monde étant vides ! Qu'il vienne cependant quelqu'un qui les redresse ! Alors, quand ils auront cuvé leur vin, ils se repentiront. "

34 Jésus dit: " Si la chair s'est produite à cause de l'esprit, c'est un miracle. Mais si l'esprit [s'est produit] à cause du corps, c'est un miracle de miracle. Mais moi ?, je m'émerveille de cela parce que le [… … …de] cette ? grande richesse a demeuré dans cette pauvreté. "

35. Jésus dit: " Là où il y a trois dieux, ce sont des dieux. Là où sont deux, ou [bien] un, je

suis avec lui ! "

36. Jésus dit: " Un prophète n'est pas reçu dans sa ville, et un médecin n'opère point de

guérison sur ceux qui le connaissent . "

37. Jésus dit: " Une ville qui est édifiée sur une montagne élevée, et qui est forte, il n'est

pas possible qu'elle tombe, et l'on ne peut la cacher ! "

38. Jésus dit: " Ce que tu entendras de ton oreille, et de l'autre oreille, proclame-le sur vos

toits ! Car personne n'allume une lampe et ne la met sous le boisseau ou ne la met dans un

endroit caché: mais il la place sur le candélabre afin que tous ceux qui entrent et sortent

voient sa lumière . "

39. Jésus dit: " Si un aveugle conduit un autre aveugle, tous les deux tombent dans une

fosse . "

40. Jésus dit: " Il n'est pas possible que quelqu'un entre dans la maison du puissant et qu'il

lui fasse violence s'il ne lui a point lié les mains: alors [seulement] il dévalisera sa maison . "

4. Jésus dit: " N'ayez point souci, du matin au soir et du soir au matin, de ce que vous

revêtirez ! "

42. Ses disciples lui disent : " Quel jour nous apparaîtras-tu, et quel jour te verrons-nous ?

" Jésus dit: " Lorsque vous vous dépouillerez sans que vous ayez honte, que vous ôterez vos vêtements et les déposerez à vos pieds à la manière des petits enfants, et que vous les piétinerez ! Alors [vous deviendrez] les fils de Celui qui est vivant, et vous n'aurez plus de crainte. "

43. Jésus dit: " Vous avez désiré bien des fois entendre ces paroles-ci que je vous dis, mais

vous n'avez pas eu un autre de qui les entendre. Il viendra des jours où vous me chercherez, et où vous ne me trouverez pas . "

44. Jésus dit: " Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la science et les ont cachées:

ils ne sont point entrés et ils n'ont pas, non plus, laissé [entrer] ceux qui voulaient entrer. Mais vous, soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes ! "

45. Jésus dit: " Un cep de vigne a été planté au dehors du Père. Il ne s'est point fortifié: on

l'arrachera jusqu'à sa racine et il périra . "

46. Jésus dit: " Celui qui a dans sa main, on lui donnera. Mais celui qui n'a pas, [même] le

peu qu'il a lui sera enlevé ! "

47. Jésus dit: " Soyez, vous, [comme] des passants ! "

48. Ses disciples lui dirent: " Qui es-tu, toi qui nous dis ces choses?-Par les choses que je

vous dis, ne reconnaissez-vous pas qui je suis ? Mais vous êtes, vous-mêmes, devenus pareils aux Juifs: ils aiment l'arbre et ils détestent son fruit, ils aiment le fruit et ils détestent l'arbre ! "

49. Jésus dit: " Qui a blasphémé contre le Père, on lui pardonnera, et qui a blasphémé

contre le Fils, on lui pardonnera: mais celui qui a blasphémé contre l'Esprit saint, on ne lui pardonnera point, ni sur terre ni dans le ciel . "

50. Jésus dit : "On ne récolte point de raisin sur les ronces, et l'on ne cueille point de figues

sur l'épine-blanche : elles ne donnent pas de fruit ! [… un] homme bon tire de son grenier

ce qui est bon, mais un homme pervers tire de son grenier pervers-qui est dans son cœur - des [choses] mauvaises, et il en sème de mauvaises parce que [ce sont] des [choses] mauvaises [qu'] il tire de l'outrance de son cœur . "

5. Jésus dit: " Depuis Adam jusqu'à Jean Baptiste parmi ceux qui ont été engendrés de

femmes il n'en est point de plus grand que Jean-Baptiste ! Mais, de crainte que les yeux [d'un tel] ne se perdent j'ai dit: Celui qui parmi vous sera [le plus] petit connaîtra le Royaume et sera plus élevé que Jean ! "

52. Jésus dit: " Il n'est pas possible qu'un homme monte deux chevaux, ni qu'il tende deux

arcs. Et il n'est pas possible qu'un domestique serve deux maîtres: sinon, il honorera l'un et

l'autre le rudoiera ! Jamais homme ne boit du vin vieux et ne désire au même instant boire du vin nouveau; on ne verse pas du vin nouveau dans de vieilles outres, pour qu'elles ne se fendent point, et l'on ne verse pas du vin vieux dans des outres neuves, afin qu'il ne se gâte. On ne coud pas un vieux morceau à un vêtement neuf, car une déchirure se produirait "

.

53.

Jésus dit: " Si deux sont l'un avec l'autre en paix dans la même maison, ils diront à la

montagne: " Déplace-toi ! "-et elle se déplacera. "

que vous êtes issus de lui, de nouveau vous y retournerez. "

55. Jésus dit: " Si les gens vous demandent: " D'où êtes-vous venus ? "-dites-leur: " Nous

sommes venus de la Lumière, du lieu où la Lumière s'est produite [

[ou: d'elle-même ?]. Il [

l'on vous dit : " Qu'êtes-vous ? " _ dites: Nous sommes ses fils et nous sommes les élus du Père qui est vivant. " Si [les gens] vous demandent: " Quel signe de votre Père est en vous? " - dites-leur : " C'est un mouvement et un repos . "

] hors de lui-même

.… … …] …jusqu'à ce qu'ils manifestent ? …[… …] leur image. " Si

56. Ses disciples lui dirent: " Quel jour le repos de ceux qui sont morts se produira-t-il, et

quel jour sera-ce que le monde nouveau viendra? " Il leur a dit: " Ce [repos] que vous attendez est [déjà] venu, et vous ne l'avez point reconnu. "

57. Ses disciples lui dirent: " Vingt-quatre prophètes ont parlé en Israèl et tous, ils se sont

exprimés en toi ! " Il leur a dit: " Vous avez délaissé Celui qui est vivant en face de vous, et vous avez parlé des morts ! "

58. Ses disciples lui dirent: " La circoncision est-elle utile ou non ? " Il leur a dit: " Si elle

était utile, leur père les engendrerait de leur mère [tout] circoncis. Mais [seule] la véritable circoncision dans l'esprit donne tout le profit ! "

59. Jésus dit: " Bienheureux les pauvres, car le Royaume des cieux est à vous ! "

60. Jésus dit: " Celui qui ne haïra pas son père et sa mère ne pourra être mon disciple; et

s'il ne hait point son frère et sa sœur et ne prend pas sa croix comme moi, il ne deviendra

pas digne de moi ! "

6. Jésus dit: " Celui qui a connu le monde est tombé dans un cadavre; et, celui qui est tombé dans un cadavre, le monde n'est plus digne de lui ! "

62. Jésus dit: " Le Royaume du Père est pareil à un homme qui a une [bonne] semence [dans

son champ]. La nuit, son ennemi est venu et a semé de l'ivraie par-dessus la semence qui est bonne. [Mais] cet homme ne les [ = ses serviteurs ] a pas lalssés arracher l'ivraie, " de crainte- leur a-t-il dit-qu'en allant ôter l'ivraie vous n'enleviez avec elle le froment. En

e!et, au jour de la moisson, les ivraies seront devenues reconnaissables: on les ôtera et on les brûlera . "

63. Jésus dit: " Bienheureux l'homme qui a peiné: Il a trouvé la Vie ! "

64. Jésus dit: " Tournez vos regards vers Celui qui est vivant, tant que vous êtes vivants,

afin que vous ne mouriez point-et cherchez à le voir ! Vous ne pourrez voir un Samaritain qui porte un agneau et qui entre dans la Judée. " Ceci, c'est au sujet de l'agneau qu'il l'a dit à ses disciples, et ils lui ont répondu: " Il le tuera et le mangera ! " Mais il leur a dit: " Il ne le mangera point tant que [celui-ci] est vivant, mais seulement s'il le tue et que celui-ci

devienne cadavre. " Ils lui dirent: " En nulle autre façon il ne le blessera ! " Il leur a dit [alors]: " Vous-mêmes, cherchez-vous donc un lieu de repos, afin que vous ne deveniez point des cadavres et que l'on ne vous mange point ! "

65. Jésus dit: " Deux se reposeront là sur un lit: l'un mourra, l'autre vivra. " Salomé dit: " Qui

es-tu, homme; de qui es-tu [issu], pour être monté sur mon lit et avoir mangé à ma table ? " Jésus lui dit: " Je suis celui qui s'est produit de Celui qui [m'] est égal: on m'a donné de ce qui est à mon Père ! -Je suis ta disciple !-A cause de cela, je dis ceci: Lorsqu'[un] se trouvera désert ?, il sera plein de lumière; mais lorsqu'il se trouvera divisé, il sera plein de ténèbres. "

66. Jésus dit: " Quand je dis mes mystères à [… … … ]

fera, que ta main gauche ignore [qu']elle le fait . "

mystère: [ce que] ta main droite

67. Jésus dit: " Il y avait un homme riche qui avait beaucoup de biens. Il [se] dit: " J'userai de

mes biens afin d'ensemencer mon champ, de planter, de remplir mes greniers de récoltes, de sorte que le besoin ne me touche pas. " Telles étaient les choses qu'il pensait en son cœur. Mais, pendant cette nuit-là, il mourut. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! "

serviteur pour appeler ces hôtes. Celui-ci alla chez le premier et lui dit: " Mon maître t'invite ! " [L'autre] répondit: " J'ai de l'argent à recevoir de marchands; ils viennent vers moi ce soir et j'irai pour leur donner des ordres. Je m'excuse pour le festin. " [Le domestique] alla chez un autre et lui dit: " Mon maître t'a invité. " [Celui-ci] lui dit: " J'ai acheté une maison et l'on me demande une journée: je ne suis pas libre. " Il alla vers un autre et lui dit: " Mon maître t'invite ! " [Celui-ci] lui répondit: " Mon ami va se marier, et c'est moi qui ferai [son] festin. Je n'irai pas: je m'excuse pour le festin ! " Il alla vers un autre et il lui dit: " Mon maître t'invite ! " [Celui-ci] lui dit: " J'ai acheté un champ et je ne suis pas encore allé [en] recevoir le revenu. Je ne viendrai pas: je m'excuse pour le festin ! " Le serviteur revint et dit à son maître: " Ceux que tu as invités au festin se sont excusés. " Le maître dit à son serviteur: " Va dehors, dans les rues, et ceux que tu trouveras, amène-les pour qu'ils dînent. " Les acheteurs et les mar[chands n'entreront] pas dans les lieux de mon Père ! "

69. Il a dit: " Un homme [important] avait un vignoble qu'il avait donné à des cultivateurs

pour qu'ils le travaillent et qu'il en reçoive d'eux le fruit. Il envoya son serviteur pour que les cultivateurs lui donnent le fruit du vignoble: [mais] ceux-ci s'emparèrent de son serviteur, ils le frappèrent et il s'en fallut de peu qu'ils ne le tuent. Le serviteur revint et le dit à son maître. Son maître [se] dit: " Peut-être ne les a-t-il pas reconnus ? " Il envoya un autre serviteur : cet autre aussi, les cultivateurs le frappèrent. Alors, le maître envoya son fils : ils se dit : " Sans doute respecteront-ils mon enfant? " Mais, quand ils surent que celui-ci était l'héritier du vignoble, ces cultivateurs le saisirent et le tuèrent. Que celui qui a des oreilles entende ! "

70. Jésus dit: " Puisses-tu m'enseigner cette pierre que ceux qui construisent ont rejetée !

C'est elle, la pierre de l'angle . "

7. Jésus dit: " Celui qui connaît le Tout, qui n'a besoin que de lui-même, il a besoin de tout

le Lieu ! "

72. Jésus dit: " Bienheureux serez-vous lorsque l'on vous haïra et que l'on vous

persécutera; mais ils ne trouveront pas de place dans ce lieu [jusqu']auquel ils vous auront poursuivis ! "

73. Jésus dit: " Bienheureux sont-ils, ceux que l'on a persécutés dans leur cœur. Ce sont

ceux-là qui ont connu ? le Père ! Bienheureux ceux qui sont a!amés, parce qu'ils se

rassasieront le ventre à [leur] désir ! "

74. Jésus dit: " Lorsqu'il vous reste de quoi partager, à vous, cela que vous possédez vous

sauvera. Mais si vous ne pouvez partager [pour vous], cela, que vous n'avez point en vous,

cela [. ?.] vous [

ra]. "

75. Jésus dit: " Je [… …]rai [… …] et personne ne pourra … … [… … …] […]. "

76. [Quelqu'un ?

de mon père ! " Il lui a répondu: " Homme, qui m'a fait partageur ? " Il se retourna vers ses disciples et leur dit: " Que je ne sois point un partageur ! "

lui [a dit]: " Parle à mes frères, pour qu'ils partagent avec moi les biens

]

77. Jésus dit: " La moisson est grande mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le

Seigneur pour qu'il envoie des ouvriers à la moisson . "

78. Il a dit : " Seigneur, beaucoup sont autour de l'ouverture mais personne dans le puits ! "

79. Jésus dit: " Beaucoup se tiennent dehors à la porte, mais ce sont les solitaires seuls qui

entreront dans la chambre nuptiale "

80. Jésus dit: " Le Royaume du Père est pareil à un homme, un négociant, qui a un fardeau

et qui a trouvé une perle. Ce négociant est un sage: il a vendu le fardeau et s'est acheté la

perle seule. Vous aussi, cherchez son trésor qui ne périt point, qui demeure, dans lequel la teigne ne pénètre pas pour ronger et [où] le ver ne détruit point . "

8. Jésus dit: " Je suis la lumière, celle qui est sur eux tous. Je suis le Tout, et le Tout est

sorti de moi et Tout est revenu à moi. Fends le bois: je suis là; soulève la pierre et tu m'y trouveras ! "

agité [par] le vent, et pour voir un h[omme avec des] vêtements [délicats] qui l'enveloppent ? [Mais ils sont dans les demeures des] rois et de vos grands, ceux que de [délicats vêtements] enveloppent, et ils ne connaissent pas la vérité ! "

83. Dans la foule, une femme lui dit: " Bienheureux le ventre qui t'a porté et le sein qui t'a

nourri ! " Il lui a dit: " Bienheureux ceux qui ont entendu la parole du Père et qui la gardent ! En vérité, des jours viendront où vous direz: Heureux le ventre qui n'a point engendré et ces mamelles qui n'ont point allaité ! "

84. Jésus dit: " Celui qui a connu le monde est tombé dans le corps; et celui qui est tombé

dans le corps, le monde n'est pas digne de lui. "

85. Jésus dit : " Que celui qui s'est fait riche règne, et que celui qui a une force soit

miséricordieux ! "

86. Jésus dit: " Celui qui est près de moi est près du feu, et celui qui est loin de moi est loin

du Royaume .

87. Jésus dit: " Les images apparaissent à l'homme mais la lumière qui est en elles est

cachée. Dans l'image de la lumière du Père, elle [ = cette lumière] se révélera, et son image

sera voilée par sa lumière. "

88. Jésus dit: " Maintenant, quand vous voyez votre apparence, vous vous réjouissez. Mais,

lorsque vous verrez vos images qui se sont produites avant vous, qui ne meurent point et qui ne se manifestent point, quelle grandeur supporterez-vous ? "

89. Jésus dit: " Adam a été produit par une grande puissance et une grande richesse; mais il

n'a pas reçu ? [… … …] digne ? de vous, car il n'était pas digne [de ?] ne pas [être soumis ?] à la mort. "

90. Jésus dit: " [Les renards] [ont] des [tanières] et les oiseaux ont [leurs] nids; mais le Fils

de l'Homme n'a pas de lieu où incliner sa tête et se reposer . "

9. Il a dit, lui, Jésus: " Le corps qui dépend d'un corps est un malheureux, et l'âme qui dépend de ces deux est une malheureuse ! "

92. Jésus dit: " Les anges et les prophètes viennent vers vous: ils vous donneront les choses

qui vous appartiennent. Vous-mêmes, donnez-leur ce que vous possédez et dites-vous: " Quel jour vont-ils venir, et prendre ce qui est à eux ? "

93. Jésus dit: " Pourquoi lavez-vous le dehors de la coupe et ne pensez-vous pas que celui

qui a fait le dedans, c'est lui aussi qui a fait le dehors ? "

94. Jésus dit: " Venez à moi, car mon joug est excellent et mon autorité est douce, et vous

trouverez pour vous le repos ! "

95. Ils lui dirent: " Dis-nous qui tu es, afin que nous croyions en toi. " Il leur a dit: " Vous

scrutez l'aspect du ciel et de la terre mais Celui qui est par-devant vous, vous ne le

connaissez pas et, cette conjoncture-ci, vous ne savez pas comment la scruter ! "

96. Jésus dit: " Cherchez et vous trouverez ! Mais les choses sur lesquelles vous m'avez

interrogé en ces jours et que je ne vous ai point dites à ce moment, je veux maintenant les

dire, et que vous ne les cherchiez plus . "

97. " Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens pour qu'ils ne le jettent point sur le fumier,

et ne jetez pas les perles aux pourceaux de peur qu'ils ne le fassent [… … … ] "

98. Jésus [dit: " ] Celui qui cherche trouvera [et, à celui qui voudra entrer ? ], on ouvrira. "

99. [Jésus dit: " Si ] vous avez de l'argent, ne le donnez pas à intérêt, mais [ … … … … … ]

qui ne les prendra point de lui. "

100. Jésus dit: " Le Royaume du Père est pareil à une femme qui a mis un peu de levain [dans trois] mesures de farine et qui en a fait de grands pains. Que celui qui a des oreilles entende ! "

101.

Jésus dit: " Le Royaume du Père est pareil a une femme qui porte un vase plein de

farine et qui s'en va par un long chemin. L'anse du vase s'est brisée: la farine s'est répandue

derrière elle sur le chemin sans qu'elle le sache et sans qu'elle sache y remédier. Lorsqu'elle est arrivée à sa maison, elle a posé le vase et elle a trouvé qu'il était vide. "

102. Le Royaume du Père est pareil à un homme qui veut tuer un grand personnage. Dans

sa maison, il a dégainé l'épée et il l'a plantée dans le mur pour s'assurer que sa main serait ferme. Ensuite il a tué le personnage."

103. Les disciples lui dirent: " Tes frères et ta mère sont là dehors . " Il leur a dit: " Vous et ?

ceux ? qui font la volonté de mon Père, ce sont là mes frères et ma mère; ce sont eux qui

entreront dans le Royaume de mon Père. "

104. On montra à Jésus une pièce d'or et on lui dit : " Les gens qui appartiennent à César

nous demandent les taxes. " Il leur a dit: " Donnez à César ce qui est à César, donnez à Dieu ce qui est à Dieu et, ce qui est à moi, donnez-le-moi ! "

105. " Celui qui n'a pas comme moi détesté son père et sa mère ne pourra être mon

disciple, et celui qui a aimé s[on père e]t sa mère comme moi ne pourra être mon disciple.

Ma mère, en e!et, a [… …] [… …] parce qu'en vérité elle m'a donné la vie. "

106. Jésus dit: " Malheur a eux, aux Pharisiens, parce qu'ils sont pareils à un chien qui est

couché sur une part et qui [commet?] ce mal de ne point [la]manger et de ne point [en laisser] les déchets à manger. "

107. Jésus dit: " Bienheureux est cet homme qui connaît [à quel] point les voleurs vont

entrer, afin qu'il veille, qu'il rassemble sa [… …], et qu'il se soit ceint les reins avant que ceux-ci soient entrés. "

108. Ils [lui] dirent: " Allons; prions et jeûnons aujourd'hui ! " Jésus dit: " Quel est donc le

péché que j'ai commis, ou en quoi ai-je été défait? Mais, quand l'époux sort de la chambre nuptiale, jamais alors on ne jeûne, et jamais on ne prie ! "

109. Jésus dit: " Celui qui connaîtra père et mère, l'appellera-t-on: " Fils de prostituée ! " ? "

110. Jésus dit: " Lorsque vous ferez que les deux soient un vous deviendrez fils de l'Homme

et si vous dites: " Montagne, déplace-toi ! "-elle se déplacera. "

111. Jésus dit: " Le Royaume est pareil à un pasteur qui a cent brebis . Une d'elles, qui est la

plus grande, s'est égarée. Il a laissé les quatre-vingt-dix-neuf autres et il a cherché cette seule [brebis] jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée. Après avoir pris cette peine, il a dit à la brebis : " Je t'aime plus que les quatre-vingt-dix-neuf [autres] ! "

112. Jésus dit: " Celui qui boira de ma bouche deviendra comme moi. Quant à moi, je

deviendrai ce qu'il est, et ce qui est caché lui sera révélé . "

113. Jésus dit: " Le Royaume est pareil à un homme qui [a] dans son champ un trésor qui

est [caché] et qui ne le sait pas. Il ne [l'a pas trouvé avant de] mourir, et il a laissé son [bien à son] fils qui ne savait pas cela. Celui-ci a pris ce champ-là, il l'a vendu, et celui qui l'a

acheté est allé le labourer: [il a trouvé] le trésor, et il a commencé de prêter à intérêt à ceux [qu'il] veut ? "

114.

Jésus dit: " Celui qui a trouvé le monde et qui s'est fait riche, qu'il renonce au monde !

"

115.

Jésus dit: " Les cieux et la terre dureront devant vous, et celui qui vit de Celui qui est

vivant ne verra pas mourir "-parce que ? Jésus dit ceci: " Celui qui se tient à soi seul, le monde n'est pas digne de lui. "

116. Jésus dit: " Malheur à cette chair qui dépend de l'âme et malheur à cette âme qui

dépend de la chair ! "

117. Ses disciples lui dirent: " Quel jour le Royaume viendra-t-il ?-Il ne viendra pas quand

on l'attendra. On ne dira pas: " Voici il est ici ! " ou: " Voyez, il est là ! " mais le Royaume du

Père est répandu sur la terre et les hommes ne le voient point . "

118. Simon Pierre leur dit: " Que Marie sorte de parmi nous, car les femmes ne sont pas dignes de la vie ! " - Jésus dit: " Voici; moi, je l'attirerai pour que je la rende mâle afin qu'elle aussi devienne un esprit vivant pareil à vous, les mâles ! Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des cieux . "

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Fin de l'Évangile selon Thomas

des cieux . " Top Fin de l'Évangile selon Thomas Golden_Eye Post subject: 1.4 Évangile de

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1.4 Évangile de Marie -Fin de l'Évangile selon Thomas Golden_Eye Post subject: Member Traduction par Jean-Yves Leloup Posted: 04 Jul

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Traduction par Jean-Yves Leloup

Évangile de Marie - Member Traduction par Jean-Yves Leloup Posted: 04 Jul 2008 22:33 Les six

Posted: 04 Jul 2008 22:33

Les six premières pages manquent entièrement.Traduction par Jean-Yves Leloup Posted: 04 Jul 2008 22:33 Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652

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[Page 7]

« Qu’est-ce que la matière ? Durera-t-elle toujours ? » L’Enseigneur répondit : « Tout ce qui

est né, tout ce qui est créé, tous les éléments de la nature sont imbriqués et unis entre eux.

Tout ce qui est composé sera décomposé ; Tout reviendra à ses racines ; La matière retournera aux origines de la matière. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. » Pierre lui dit : « Puisque Tu te fais l’interprète des éléments et des évènements du monde, dis-nous : Qu’est-ce que le péché du monde ? » L’Enseigneur dit : « Il n’y a pas de péché. C’est vous qui faites exister le péché Lorsque vous agissez conformément aux habitudes de votre nature adultère ; là est le péché. Voilà pourquoi le Bien est venu parmi vous ; Il a

participé aux éléments de votre nature Afin de la ré-unir à ses racines. » Il continua et dit :

« Voici pourquoi vous êtes malades et pourquoi vous mourrez : c’est la conséquence de vos actes ; vous faites ce qui vous éloigne… Comprenne qui pourra. »

[Page 8]

« L’attachement à la matière engendre une passion contre nature. Le trouble naît alors dans

tout le corps ; C’est pourquoi je vous dis : « Soyez en harmonie… » Si vous êtes déréglés, Inspirez-vous des représentations De votre vraie nature. Que celui qui a des oreilles Pour entendre entende. » Après avoir dit cela, le Bienheureux Les salua tous en disant : « Paix à vous – que ma Paix soit engendrée et s’accomplisse en vous § » Veillez à ce que personne ne vous égare En disant : « Le voici, Le voilà. » Car c’est à l’intérieur de vous Qu’est le Fils de l’Homme ; Allez à Lui : Ceux qui Le cherchent Le trouvent En marche ! Annoncez l’Evangile du Royaume. »

[Page 9]

« N’imposez aucune règle, hormis celle dont je fus le Témoin. N’ajoutez pas de lois à celles

de celui qui a donné la Thora, Afin de ne pas en devenir les esclaves. » Ayant dit cela, Il partit. Les disciples étaient dans la peine ; Ils versèrent bien des larmes, disant : « Comment se rendre chez les païens et annoncer l’Evangile du Royaume du Fils de l’Homme ? Ils ne l’ont pas épargné, Comment nous épargneraient-ils ? » Alors, Marie se leva, Elle les embrassa tous et dit à ses frères : « Ne soyez pas dans la peine et le doute, car Sa grâce vous accompagnera et vous protégera : louons plutôt Sa grandeur, car Il nous a préparés. Il nous appelle à devenir pleinement Humains » Par ces paroles, Marie tourna leurs cœurs vers le Bien ; Ils s’éclairèrent aux paroles de l’Enseigneur.

[Page 10]

Pierre dit à Marie : « Sœur, nous savons que l’Enseigneur t’a aimée di!éremment des autres femmes. Dis-nous les paroles qu’Il t’a dites, Dont tu te souviens Et dont nous n’avons pas

la connaissance… » Marie leur dit : « Ce qui ne vous a pas été donné d’entendre, je vais vous l’annoncer : j’ai eu une vision de l’Enseigneur, et je lui ai dit : « Seigneur, je Te vois aujourd’hui dans cette apparition. » Il répondit : « Bienheureuse, toi qui ne te troubles pas à ma vue Là où est le noùs, là est le trésor » Alors, je lui dis : « Seigneur, dans l’Instant, celui qui contemple Ton apparition, Est-ce la psyché (l’âme) qu’il voit ? Ou par le Pneuma (l’Esprit, Sou#e) ? » L’Enseigneur répondit : Ni par la psyché ni par le Pneuma ; Mais le noùs étant entre les deux, C’est lui qui voit et c’est lui qui (…) »

Les quatre pages suivantes manquent entièrement.

[Page 15]

« Je ne t’ai pas vu descendre, mais maintenant je te vois monter », dit la Convoitise. «

Pourquoi mens-tu, puisque tu fais partie de moi ? » L’Âme répondit : « Moi, je t’ai vue, toi, tu ne m’as pas vue. Tu ne m’as pas reconnue ; J’étais avec toi comme avec un vêtement, Et tu ne m’as pas sentie. » Ayant dit cela, Elle s’en alla toute joyeuse. Puis se présenta à elle le troisième climat, Appelé Ignorance ; Celui-ci interrogea l’âme, lui demandant : « Ou vas-tu

? N’as-tu pas été dominée par un mauvais penchant ? Oui, tu étais sans discernement, et tu as été asservie. » L’âme dit alors : « Pourquoi me juges-tu ? Moi je n’ai pas jugé. On m’a dominée, moi je n’ai pas dominé ; On ne m’a pas reconnue, Mais moi, j’ai reconnu Que tout ce qui est composé sera décomposé Sur la terre comme au ciel. »

[Page 16]

Libérée de ce troisième climat, l’âme continua de monter. Elle aperçut le quatrième climat. Il avait sept manifestations. La première manifestation est Ténèbres ; La seconde, Convoitise ; La troisième Ignorance ; La quatrième, Jalousie mortelle ; La cinquième, Emprise charnelle ; La sixième, Sagesse ivre ; La septième, Sagesse rusée. Telles sont les sept manifestations de la Colère qui oppriment l’âme de questions : « D’où viens-tu, homicide ? Où vas-tu, vagabonde ? » L’âme répondit : « Celui qui m’opprimait a été mis à mort ; celui qui m’encerclait n’est plus ; ma convoitise alors s’est apaisée, et je fus délivrée de mon ignorance. »

[Page 17]

« Je suis sortie du monde grâce à un autre monde ; une représentation s’est e!acée grâce à

une représentation plus haute. Désormais je vais vers le Repos Où le temps se repose dans l’Eternité du temps. Je vais au Silence. » Après avoir dit cela, Marie se tut. C’est ainsi que l’Enseigneur s’entretenait avec elle. André prit alors la parole et s’adressa à ses frères : «

Dites, que pensez-vous de ce qu’elle vient de raconter ? Pour ma part, je ne crois pas Que l’Enseigneur ait parlé ainsi ; Ces pensées di!èrent de celles que nous avons connues. » Pierre ajouta : « Est-il possible que l’Enseigneur se soit entretenu ainsi avec une femme, sur des secrets que nous, nous ignorons ? Devons-nous changer nos habitudes ; Ecouter tous cette femme ? L’a-t-Il vraiment choisie et préférée à nous ? »

[Page 18]

Alors Marie pleura. Elle dit à Pierre : « Mon frère Pierre, qu’as- tu dans la tête ? Crois-tu que c’est toute seule, dans mon imagination, Que j’ai inventé cette vision, Ou qu’à propos de notre Enseigneur je dise des mensonges ? » Lévi prit la parole : « Pierre, tu as toujours été un emporté ; je te vois maintenant t’acharner contre la femme, comme le font nos adversaires. Pourtant, si l’Enseigneur l’a rendue digne, Qui es-tu pour la rejeter ? Assurément, l’Enseigneur la connaît très bien… Il l’a aimée plus que nous. Ayons donc du repentir, Et devenons l’Être humain dans son entièreté ; Laissons-Le prendre racine en nous Et croître comme Il l’a demandé. Partons annoncer l’Evangile Sans chercher à établir d’autres règles et d’autres lois En dehors de celle dont il fut le témoin.

[Page 19]

Dès que Lévi eut prononcé ces mots, Ils se mirent en route pour annoncer l’Evangile.

il fut le témoin. [Page 19] Dès que Lévi eut prononcé ces mots, Ils se mirent

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Top Golden_Eye Post subject: Posted: 04 Jul 2008 23:46 L'ÉVANGILE DE MARIE MADELEINE Member Joined: 15

Posted: 04 Jul 2008 23:46

L'ÉVANGILE DE MARIE MADELEINETop Golden_Eye Post subject: Posted: 04 Jul 2008 23:46 Member Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts:

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04 Jul 2008 23:46 L'ÉVANGILE DE MARIE MADELEINE Member Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652

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Introduit par Karen L. King

Traduit par George W. MACRAE et R. McL. WILSON Sous la direction de Douglas M. Parrott

Traduction automatique GOOGLE

Le texte existant de l'Évangile de Marie peut être facilement divisé en deux parties. La première section (7,1-9,24) décrit le dialogue entre les (augmenté) Sauveur et ses disciples. Il répond à leurs questions concernant la question et le péché. S'appuyant sur une exégèse de Romains 7, Anne Pasquier a montré, le Sauveur fait valoir, en e!et, que le péché n'est pas une catégorie morale, mais une cosmologique une, elle est due à la mauvaise mélange de matériel et le spirituel. Dans le mettre fin à toutes les choses seront réglées dans leur racine. Après avoir terminé son discours, le Sauveur leur donne un dernier salut, exhorte à se méfier de toute mai qui tentent de les détourne du droit chemin et les commissions d'aller prêcher l'évangile du royaume. Après son départ, cependant, les disciples sont a#igés et considérable dans le doute et la consternation. Marie-Madeleine confort et leur cœur se tourne vers le Bien et un examen des paroles du Sauveur. La deuxième partie du texte (10,1-23; 15,1-19,2) contient une description par Marie de révélation spéciale accordée à la requérante par le Sauveur. À la demande de Peter, elle raconte les disciples de choses qui étaient cachés. La base de ses connaissances est une vision du Seigneur et un dialogue privé avec lui. Malheureusement, quatre pages du texte sont absents ici, afin que seul le début et la fin de la révélation de Marie sont existantes. La révélation se présente sous la forme d'un dialogue. La première question Marie prie le Sauveur est de savoir comment on voit une vision. Le Sauveur répond que l'âme voit par l'esprit qui est entre l'âme et l'esprit. À ce point, le texte rompt. Lorsque le texte reprend à 15,1, Marie est au milieu de décrire la révélation du Sauveur concernant la montée de l'âme passé les quatre pouvoirs. Les quatre pouvoirs sont le plus probablement à être identifiés comme des expressions essentielles des quatre éléments matériels. L'âme éclairée, désormais libres de leurs obligations, s'élève passé les quatre pouvoirs, qui écrase avec sa gnose, et atteint éternel, reste silencieux. Après Mary termine raconter sa vision à ses disciples, André et Pierre, puis son défi pour deux raisons. Tout d'abord, Andrew dit, ces enseignements sont étranges. Deuxièmement, Peter questions, vraiment le Sauveur ont dit de telles choses à une femme et les ont tenus et les hommes disciples. Levi avertit Peter pour composer avec la femme contre les adversaires et reconnaît que le Sauveur l'aimait plus que les autres disciples. Il entreats à avoir honte, de mettre sur l'homme parfait, et à aller prêcher et que le Sauveur avait chargé d'eux. Ils ont immédiatement aller à prêcher et le texte se termine. L'a!rontement de Marie avec Peter, un scénario aussi trouvé dans l'Evangile de Thomas, Pistis Sophia, et L'Évangile des Egyptiens, reflète certaines des tensions au deuxième siècle le christianisme. Pierre et André orthodoxe représentent les positions qui nient la validité de la révélation ésotérique et de rejeter l'autorité des femmes à enseigner. L'Evangile de Marie attaques de ces deux positions de tête-à travers son portrait de Marie de Magdala. Elle est le Sauveur du bien-aimé, possède des connaissances et de l'enseignement supérieure à celle du public tradition apostolique. Sa supériorité est basée sur la vision et de révélation et privé est démontré dans sa capacité à renforcer les tergiversations de disciples et de les transformer vers le Bon. Le texte appartient au genre du dialogue gnostique. Il a cependant également été classé comme une apocalypse en raison de plusieurs caractéristiques qu'il partage avec d'autres textes de ce genre: la révélation de dialogue, de la vision, un abrégé cosmogonie, une description de otherworldly régions et la montée de l'âme (s'il n'ya pas de céleste voyage en tant que tel), des instructions définitives, et un court texte explicatif conclusion. La di"culté à déterminer le genre est due en partie au fait que le texte a fait l'objet de rédaction secondaire. La plupart des chercheurs conviennent que les deux parties du texte ci-dessus décrites étaient à l'origine des pièces distinctes (oral ou écrit) qui ont été artificiellement combinés pour former le présent ensemble. Le rôle de Marie à la fin de la première section et l'altercation entre les disciples à la fin le texte explicatif fournir le

cadre. L'Évangile de Marie était à l'origine écrit en grec un certain temps au deuxième siècle. Malheureusement, les deux copies existantes de l'Évangile de Marie sont extrêmement fragmentaires. Le premier texte comprend un seul, fragmentaire feuille écrite en grec, en date du début du troisième siècle (P. Rylands 111463 [22:16,1-19,4]). Une plus longue partie du texte est existantes dans un début Ve siècle codex copte (P. Berolinensis 8502,1), bien que considérable des portions du texte sont là aussi disparues. De dix-huit pages, seuls huit sont existantes (7-10 et 15-19,5). Bien que le texte du fragment grec varie considérablement de la version copte, il est parallèle à l'copte pages 17,5-21 et 18,5-19,5 et, par conséquent, ne prévoit pas de nouveau matériel.

L'ÉVANGILE DE MARIE MADELEINE

BG 7, 1-19, 5

] (Pp. 1-6 manquante) sera question ensuite [détruite] ou pas? "Le Sauveur a dit:« Tous

les natures, toutes les formations, toutes les créatures existent dans et avec un autre, et ils

seront résolus dans cette même propres racines. Pour la nature de la matière est réglée dans le (racines) de sa seule nature. Il qui a des oreilles pour entendre, permettez-lui entendre. "

Pierre lui dit: "Puisque vous avez expliqué tout à nous, dites-nous ce aussi: Qu'est-ce que le péché du monde?" , Le Sauveur a dit: «Il n'ya pas de péché, mais c'est vous qui le péché faire quand vous faites les choses qui sont comme la nature de l'adultère, qui est appelé" le péché ". C'est pourquoi le Bon est venu dans votre milieu, au (essence) de toute nature, afin de la ramener à sa racine. " Puis il a continué et a dit: «C'est la raison pour laquelle vous»

[malades] et meurent,

donné naissance à] un passion qui n'a pas d'égal, qui procède de (quelque chose) contraire à la nature. Puis il se pose une perturbation dans tout le corps. C'est pourquoi je vous l'ai dit, "Soyez de bon courage, et si vous êtes découragé (être) a encouragé en présence des

di!érentes formes de la nature. Il qui a des oreilles pour entendre, qu'il entendre ".

] De l'une qui

Il a qui], comprend, lui comprendre. [A!aire a

Lorsque l'une béni l'a dit, il a accueilli tous, en disant: «La paix soit avec vous. Recevez ma paix à vous. Prenez garde que personne ne vous détourne du droit chemin en disant:" Lo ici! " ou "Lo"! " Car le Fils de l'homme est en vous. Suivez après lui! Ceux qui cherchent trouverez lui. Allez ensuite et prêcher l'évangile du royaume. Ne pas fixer les règles au-delà de ce que j'ai nommé pour vous, et ne donnent pas un droit comme le législateur de peur de vous être limitée par celle-ci. "Quand il a dit cela, il a décollé.

Mais ils ont déposé un grief. Ils ont beaucoup pleuré, en disant: «Comment allons-nous aller aux gentils et de prêcher l'évangile du royaume du Fils de l'Homme? S'ils n'ont pas épargné lui, comment vont-ils nous épargner?" Ensuite, Marie se leva, salua tous, et dit à ses frères, "Ne pleurez pas et ne pas être ni deuil irresolute, pour sa grâce sera entièrement avec vous et vous protéger. Mais, au lieu de nous louer sa grandeur, car il nous a préparé et fait de nous des hommes. " Quand Marie a dit, elle a tourné le cœur de la Bonne, et ils ont commencé à discuter les termes de la [Sauveur].

Peter dit à Marie, "Soeur, je nous savons que le Sauveur vous aimé plus que le reste des femmes. Dites-nous les paroles du Sauveur qui vous vous en souvenez - vous le savez (mais) nous ne le faisons pas, et nous n'avons pas entendu. "Marie répondit," ce qui est caché de vous, vous l'annoncer. "Et elle a commencé à parler leur ces mots: «Je», at-elle dit, "J'ai vu le Seigneur dans une vision et je lui ai dit:" Seigneur, je vous ai vu aujourd'hui à une vision ". Il a répondu et m'a dit: «Heureux êtes-vous, que vous n'avez pas hésiter à la vue

de moi. Car là où est l'esprit, il est le trésor. "Je lui ai dit:" Seigneur, maintenant t-il qui voit la vision voir (par) l'âme (ou) par l'esprit? " Le Sauveur répondit. »Il ne voit pas à travers l'âme ni par l'esprit, mais l'esprit qui [est] entre les deux - est que [ce qui] voit la vision et il

est de

].'

(pp. 11-14 manquante)

].

Et le désir que« je n'ai pas vous voir descendre, mais maintenant je vous vois l'ordre

croissant. Pourquoi est-ce que vous mentir, depuis You Belong to Me? " L'âme répondit: "Je t'ai vu. N'avez-vous pas me voir ni reconnaître moi. Je vous servi comme un vêtement, et vous ne me connaissez pas." Quand il a dit cela, il s'en alla se réjouir grandement. "Encore une fois, il est arrivé à la troisième puissance, qui est appelé l'ignorance. [Il (le pouvoir)] en doute l'âme en disant:" Où vas-tu? Méchanceté En êtes-vous lié. Mais vous êtes lié, ne juge pas! " Et l'âme dit, "pourquoi pensez-vous de moi mais je n'ai pas l'apprécier? J'étais lié bien que je n'ai pas tenu. Je n'étais pas reconnue. Mais j'ai reconnu

que le tout est d'être dissous, à la fois terrestre (les choses) et le céleste ". Quand l'âme a surmonté la troisième puissance, il est allé vers le haut et a vu le quatrième pouvoir, (qui) a pris sept formes. La première forme est l'obscurité, la deuxième désir, l'ignorance la troisième, le quatrième est l'excitation de la mort, le cinquième est le royaume de la chair, le sixième est l'insensé sagesse de la chair, la septième est la sagesse wrathful. Ce sont les sept [pouvoirs] de la colère. Ils demandent l'âme, «D'où venez-vous, tueur d'hommes, où sont-ou allez-vous, conquérant de l'espace?" L'âme répondit: «Que me lie a été tué, ce qui l'entoure et moi a été surmontés, et mon désir a été terminé, et l'ignorance est décédé. Dans une [monde] J'ai été libéré d'un monde, [et] dans un type d'un type céleste, et (du) d'entraver l'oubli qui est transitoire. Depuis ce temps vais-je atteindre pour le reste du temps, de la saison, de l'éon, dans le silence ".

Quand Marie a dit, elle est tombée silencieux, car il était à ce moment-là que le Sauveur a parlé avec elle. Mais Andrew a répondu et a dit à ses frères, «Dites ce que vous (souhaiter) dire que j'ai au sujet de ce qu'elle a dit. I, au moins ne crois pas que le Sauveur dit. Certainement Pour ces enseignements sont d'étranges idées." Pierre répondit et parle au sujet de ces mêmes choses. Il les a sur le Sauveur: "At-il vraiment parler d'une femme à notre insu (et) pas ouvertement? Sommes-nous à son tour et sur tous les écouter? At-il préférer son à nous?"

Puis Marie a pleuré et dit à Pierre: «Mon frère Pierre, que pensez-vous? Pensez-vous que je pensais moi-même jusqu'à ce dans mon coeur, ou que je suis allongé sur le Sauveur?" Levi répondu et a dit à Pierre: "Pierre, vous avez toujours été tempéré chaud. Maintenant je vous vois les soutiennent contre la femme comme les adversaires. Mais si le Sauveur a fait ses dignes, qui êtes-vous en e!et de rejeter sa? Certainement le Sauveur elle sait très bien. C'est pourquoi il l'aimait plus que nous. Au lieu de nous avoir honte et mis sur le parfait homme et lui acquérir pour nous-mêmes comme nous il a commandé, et de prêcher

l'Evangile, ne fixant aucune autre règle ou d'une autre loi au-delà de ce que dit le Sauveur.

Lorsque [

]

et ils ont commencé à sortir [de] proclamer et de prêcher.

http://translate.google.fr/translate?hl

%26tl%3Den

texte original en anglais

THE GOSPEL OF MARY MAGDALENE

BG 7, 1-19, 5

] (pp. 1-6 missing) will matter then be [destroyed] or not?" The Savior said, "All natures,

all formations, all creatures exist in and with one another, and they will be resolved again into their own roots. For the nature of matter is resolved into the (roots) of its nature alone. He who has ears to hear, let him hear."

Peter said to him, "Since you have explained everything to us, tell us this also: What is the

sin of the world?" , The Savior said, " There is no sin, but it is you who make sin when you do the things that are like the nature of adultery, which is called 'sin.' That is why the Good came into your midst, to the (essence) of every nature, in order to restore it to its root."

Then he continued and said, "That is why you' [become sick] and die, for

who

no equal, which proceeded from (something) contrary to nature. Then there arise a disturbance in the whole body. That is why I said to you, 'Be of good courage,' and if you are discouraged (be) encouraged in the presence of the di!erent forms of nature. He who has ears to hear, let him hear.'

] of the one

He

who] , understands, let him understand. [Matter gave birth to] a passion that has

When the blessed one had said this, he greeted them all, saying, "Peace be with you. Receive my peace to yourselves. Beware that no one lead you astray, saying, 'Lo here!' or 'Lo' there!' For the Son of Man is within you. Follow after him! Those who seek him will find him. Go then and preach the gospel of the kingdom. Do not lay down any rules beyond what I appointed for you, and do not give a law like the lawgiver lest you be constrained by it." When he had said this, he departed. But they were grieved. They wept greatly, saying, "How shall we go to the gentiles and preach the gospel of the kingdom of the Son of Man? If they did not spare him, how will they spare us?" Then Mary stood up, greeted them all, and said to her brethren, "Do not weep and do not grieve nor be irresolute, for his grace will be entirely with you and will protect you. But rather let us praise his greatness, for he has prepared us and made us into

men." When Mary said this, she turned their hearts to the Good, and they began to discuss the words of the [Savior].

Peter said to Mary, 'Sister, I we know that the Savior loved you more than the rest of women. Tell us the words of the Savior which you remember - which you know (but) we do

not, nor have we heard them." Mary answered and said, "What is hidden from you will proclaim to you." And she began to speak to them these words: "I," she said, " I saw the Lord in a vision and I said to him, 'Lord, I saw you today in a vision.' He answered and said to me, 'Blessed are you, that you did not waver at the sight of me. For where the mind is, there is the treasure. 'I said to him, 'Lord, now does he who sees the vision see it (through) the soul (or) through the spirit?' The Savior answered and said. 'He does not see through the soul nor through the spirit, but the mind which [is] between the two - that is [what]

sees the vision and it is

].' (pp. 11-14 missing)

] it. And desire that, 'I did not see you descending, but now I see you ascending. Why

do you lie, since you belong to me?' The soul answered and said, 'I saw you. You did not see me nor recognize me. I served you as a garment, and you did not know me.' When it had said this, it went away rejoicing greatly.

"Again it came to the third power, which is called ignorance. [It (the power)] questioned the soul saying, 'Where are you going? In wickedness are you bound. But you are bound; do not judge!' And the soul said, 'why do you judge me although I have not judged? I was bound though I have not bound. I was not recognized. But I have recognized that the All is being dissolved, both the earthly (things) and the heavenly.' When the soul had overcome the third power, it went upwards and saw the fourth power, (which) took seven forms. The first form is darkness, the second desire, the third ignorance, the fourth is the excitement of death, the fifth is the kingdom of the flesh, the sixth is the foolish wisdom of flesh, the seventh is the wrathful wisdom. These are the seven [powers] of wrath. They ask the soul, 'Whence do you come, slayer of men, or where are you going, conqueror of space?' The soul answered and said, 'What binds me has been slain, and what surrounds me has been overcome, and my desire has been ended, and ignorance has died. In a [world] I was released from a world, [and] in a type from a heavenly type, and (from) the fetter of oblivion which is transient. From this time on will I attain to the rest of the time, of the season, of the aeon, in silence.'

When Mary had said this, she fell silent, since it was to this point that the Savior had spoken with her. But Andrew answered and said to the brethren, "Say what you (wish to) say I about what she has said. I at least do not believe that the Savior said this. For certainly these teachings are strange ideas." Peter answered and spoke concerning these same things. He questioned them about the Savior: "Did he really speak with a woman without our knowledge (and) not openly? Are we to turn about and all listen to her? Did he prefer her to us?"

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Then Mary wept and said to Peter, "My brother Peter, what do you think? Do you think that I thought this up myself in my heart, or that I am lying about the Savior?" Levi answered and said to Peter, "Peter, you have always been hot-tempered. Now I see you contending against the woman like the adversaries. But if the Savior made her worthy, who are you indeed to reject her? Surely the Savior knows her very well. That is why he loved her more than us. Rather let us be ashamed and put on the perfect man and acquire him for ourselves as he commanded us, and preach the gospel, not laying down any other rule or

other law beyond what the Savior said. When [ and to preach.

] and they began to go forth [to] proclaim

[ and to preach. ] and they began to go forth [to] proclaim Golden_Eye Member Post

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] and they began to go forth [to] proclaim Golden_Eye Member Post subject: Histoire et chronologie

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Histoire et chronologie de la chrétienté

De JC à l'an 1000

Member Post subject: Histoire et chronologie de la chrétienté De JC à l'an 1000 Posted: 05

Posted: 05 Jul 2008 0:02

Joined: 15 Jul 2002 20:00 Posts: 652 --------------------------------------------------------------------------------

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An1: C'est la référence o "cielle (choisie au VIe siècle) du calendrier chrétien Dans la province romaine de Galilée, les Esséniens annoncent la venue prochaine d'un sauveur puis la fin prochaine du monde. C'est aussi la date o "cielle de la naissance du mythe Jésus de

Nazareth, date choisie par le moine Deny le Petit d'après Luc qui a"rme que JC a eu 30 ans "en l'an 15 du principat de Tibère" ce qui contredit Matthieu (Hérode) et Luc (Quirinius). A cette

époque, les imposteurs, prestidigitateurs www.bible.chez-alice.fr: révérend Taylor.

prenaient le titre de Christ. Source

6 après JC Quirinius, gouverneur de Syrie, entre en fonction (censé gouverner à la naissance de JC selon Luc 2-2). Cette erreur de date reflète aussi la méconnaissance des rédacteurs des évangiles. L'empereur romain Octavien, occupe définitivement la Palestine, enlève Archéaleos, fils d'Hérode, du trône de Jérusalem pour y mettre Copponius qui n'est pas juif. Pour les Hébreux, cette substitution représente la réalisation de la prophétie de Jacob "La venue du Messie sera vérifiée lorsque le sceptre de David aura été enlevé des mains d'un juif pour passer dans celles d'un étranger". La conséquence de l'exaltation de la prophétie de Jacob dans le peuple hébraïque fut que des messies commencèrent à surgir un peu partout. Ces messies étaient considérés par les romains comme des perturbateurs et étaient capturés comme Theudas, Dosidée de Samarie, Meadre, Jean de Gamala, Simon. La lecture de cette prophétie par les

auteurs des évangiles à conduit Matthieu à situer la naissance de Jésus-Christ sous Hérode en -4 et Luc sous Quirinius en +6. Cette contradiction, gênante pour l'Église n'a toujours pas été

résolue

N°279-Dec 02 - Jan 03.

Sources www.bible.chez-alice.fr: "Le Nouveau testament", "Dossiers d'Archéologie"

Ier siècle Les sectes monothéistes qui attendent le Messie ou qui a"rment qu'il est déjà venu pullulent

et vont proliférer autour du Ier IIe et IIIe siècle: Audiens, Apolinnariens, Ariens, Baptistes, Batrachites, Borborites, Corpocratites, Donatistes, Ebionites, Encratites, Enthousiastes, Esséniens, Euchites, Eunomiens, Hermogéniens, Hydroparastates, Macédoniens, Mandéens, Manichéens, Marcéliens, Marcionistes, Masbothéens, Messaliens, Montanistes, Nabatéens, Nazaréen, Naziréen, Novatiens, Ophites, Orphites, Papianistes, Pauliens, Pauliniens, Pépuzites, Photiniens, Phryges, Pneumotaches, Priscillanistes, Sabatiens, Sabéens, Saccophores,

Tascodrogites, Tessarécédécatites, Tétradites, Valentiniens

Torah. Arrive Paul qui simplifie tout ça en ne demandant à ses disciples que la conversion intérieure et le baptême. Paul annonce la venue d'un messie intemporel: Christ (du grec "khresto": oint et consacré). C'est un succès et le mouvement "chrétienté" s'étend rapidement autour de la Méditerranée, souvent aux dépens des autres sectes déclarées hérétiques.

qui pratiquaient plus ou moins la

29 à 33 Cette période correspond aux écrits les plus falsifiés et surtout amputés par les clercs

chrétiens: la censure est en marche: Flavius Josèphe, Tacite Suétone, Philon, Dion Cassius,

Paterculus

portant sur les années 29-31 est constatée. Les clercs chrétiens ont fait le vide pour suggérer que les passages disparus auraient témoigné de l'existence de JC alors qu'ils étaient muets à son sujet? Source www.bible.chez-alice.fr: "Jésus anatomie d'un mythe P. Boistier

ont été amputés ou bricolés. A chaque fois, chez tous ces auteurs, une lacune

33

Date o "cielle de la "mort" de Jésus de Nazareth, o "ciellement crucifié par les romains puis

ressuscité (pour ceux qui croient au mythe). On commencera à écrire les premiers

témoignages sur sa vie et sa mort plus de cent ans plus tard. "La résurrection de Jésus, à la base de la foi chrétienne n'est pas un événement historique" (Joseph Moingt). Les seuls

témoignages de la résurrection de Jésus sont ceux de gens ayant la foi, et pour cause

ici que dans la crucifixion romaine, le condamné est debout, les bras attachés à une poutre horizontale soutenue par 2 pieux fourchus (crux) et qui, épuisé, meurt par étou!ement. Ce n'est que sous Constantin, au IVe siècle que l'Église a adopté la croix: symbole égyptien, symbole de Mithra et de Tammouz pour augmenter l'impact de l'image du Christ. Notons aussi que quand on meurt par crucifixion, on meurt étou!é et le supplice dure plusieurs jours et non pas trois heures comme Jésus christ. Mais les auteurs des évangiles ont essayé de faire coïncider l'histoire avec les prophéties ce qui a engendré pas mal d'absurdités. Enfin, des expériences ont montré que si on cloue quelqu'un sur une croix par les mains, celles-ci se déchirent et ne peuvent pas supporter le poids du supplicié. Sources www.bible.chez-alice.fr:

Notons

Joseph Moingt.

"Les grand contemporains de Jésus ont-ils parlé de lui? Non. Les pièces o "cielles de

l'administration romaine gardent-elles trace de son existence? (

délibération concernant le christianisme au Sénat. Y eu-t-il un rapport adressé à Tibère par Ponce Pilate sur "l'a!aire Jésus"? C'est probable, mais nous ne l'avons pas. A considérer les compatriotes de Jésus parmi lesquels se déroula sa vie humaine et à recueillir leurs témoignages, on n'est pas plus avancé. Les manuscrits de la mer Morte sont muets aussi. Pas un seul document n'a été trouvé dans les manuscrits de la mer Morte où il soit question du fils de Marie": "Jésus en son temps" Daniel Rops de l'académie française.

) Nul résumé d'une

55 ?

Paul ou des évangélistes Esséniens (l'existence de Paul n'est pas certaine, ce qui est certain,

c'est que tous les écrits dits "de Paul" ne sont pas du même auteur. Par exemple, les épîtres à

Timothée, à Tite, aux hébreux

rallongées ultérieurement, probablement vers 150. Ce sont dans ces ajouts que les indices d'un Jésus réel sont les plus nets). Paul a probablement été converti à Damas par les Esséniens, il en récupère des formules comme "Nouvelle alliance". Paul récupère le nom de Krishna pour

construire l'histoire d'un Christ Messie mythique. Paul ne parle jamais de la naissance de Jésus de Nazareth (qu'il n'a jamais rencontré: Ephes 3-3: "C'est par révélation que j'ai connaissance des mystères que je viens de vous exposer"). Paul parle d'un Jésus Christ intemporel, éthéré, mythique, pas du Jésus naît à Nazareth, auteur de miracles devant des milliers de gens et crucifié par Pilate. D'ailleurs A. Renan a écrit "Pour Paul, Jésus n'est pas un homme qui a vécu

ou enseigné (