La cueillette et les ligneux

Menuisiers avant 2 km maintenant10 km. maintenant 1 à 2 km bois mort. bois mort. Entre 2 et 6 km bois mort. Biliko Diou 14 5 5 Yorontiena 13 8 12 Avant 10 ans sortir du village était suffisant.Villages Nombre d’espèces d’arbres fruitiers récoltés. 3 à 4 kilomètres pour le bois vif. Distance augmente chaque année. 10 km pour les menuisiers et 4 km pour les femmes ramassage du bois vif et mort (surtout bois vif) Avant 80’. Bohi 10 10 15 Karagouroula 6 13 6 Baoufoulala 6 11 4 Kanouala 5 6 Pas de métiers du bois Zanférébougou Tableau 1 La cueillette NB : Zanférébougou et Dentiola n’ont pas été enquêtés sur cette question. 21 Nombre d’espèces d’arbres utilisés pour les usages domestiques 8 Nombre d’espèces d’arbres utilisés par les métiers du bois 5 Évolution de la distance de ramassage et coupe du bois Ramassé dans les limites villageoises. 2 km pour le bois mort puis 8 km pour le bois mort. 4 à 5 km aujourd’hui que du bois vif. Le bois était il y a10 ans collecté dans des villages au-delà des villages limitrophes. Achat de bois depuis 3 ans pour les hommes. . Aujourd’hui achat de bois à Teriabougou et dans les anciennes plantations du père Vespérenne. Il y a 10 ans qu’il ramasse du bois vivant. maintenant 4 à 5 km Il y a 20 ans 2 km du village. La plantation du village est en accès libre aux villageois mais est de faible surface. Pas d’évolution. 7 kilomètres bois mort. Dafara 9 15 8 1 à 2 km il y a 20 ans. Aujourd’hui plus de bois mort donc coupe de bois vif. 20 à 30 ans que les femmes ne sélectionnent plus elles ramassent tout. 1 km.

En effet.  Enquêtes auprès des forgerons pour les arbres utilisés dans les métiers du bois  Enquêtes auprès des menuisiers pour le bois d’œuvre. Une première analyse du tableau ne montre pas de liens entre la capacité de la brousse et les usages des villageois. Ces données proviennent de trois sources :  Enquêtes auprès des femmes. La demande en bois de construction ne cesse d’augmenter et l’augmentation est plus grande que celle de la croissance démographique car les écoles et autres bâtiments collectifs sont grands consommateurs de grands arbres. explique pourquoi dans les territoires les plus riches. Le tableau indique dans ces villages une utilisation exclusive de bois sec. les qualités recherchées. d’espèces faciles à couper et qui ont de bonnes capacités de combustion (durée du feu et qui ne s’éteignent pas facilement etc. avec un minimum de travail. hommes et femmes confondus. 2 Phase 1 : ressources abondantes Pour les villages de la périphérie de la zone cotonnière. fabriquent aussi les manches des outils et parfois des portes rustiques ainsi que des tabourets d’une seule pièce. Les femmes utilisent les ligneux pour s’approvisionner en fruits de brousse et pour leurs besoins domestiques en bois. ce qui est un autre indicateur de richesse du milieu [M. les hommes de Yorontiéna utilisent de nombreuses espèces pour les métiers du bois. qui s’utilisent à deux.Figuie’00]. les espèces fruitières récoltées sont nombreuses et probablement toutes. des portes et des charpentes pour accueillir les tôles. Une analyse plus approfondie indique un lien plus complexe. autre que leur rôle sacré pour certains de ces arbres. Je distingue quatre phases successives dans l’utilisation des ressources ligneuses. Les forgerons. La venue de bûcherons habitant les villes dans les villages pour s’approvisionner en bois est fréquente et fera avec l’arrivée des tronçonneuses dans les villages l’objet d’un paragraphe spécifique. il n’y a pas de corrélation proportionnelle entre la diversité des espèces utilisées et le niveau de pression sur la ressource ligneuse dans les villages. et pas de bois vert du tout. La notion « d’espèces préférées » par les villageois. …). Ils ne ramassent ou ne coupent donc que ces espèces qui leur fournissent. Biliko et Yorontiena. L’explication tient au fait que les espèces préférées comportent de nombreux individus. Il s’agit pour les besoins domestiques. En effet des bûcherons venus de Bamako ont coupé une bonne partie des gros arbres en 2003. outre le travail de la forge. une nouvelle demande en bois s’intensifie. exploitées (respectivement 14-1321). Diou. Avec la multiplication des bâtiments collectifs ou officiels. on n’utilise pour ces fins qu’un petit nombre d’espèces ligneuses.3 La cueillette 1 Description des figures Le tableau ci-dessus présente les nombres d’espèces utilisées pour les arbres fruitiers. Ces bûcherons ont pu transmettre certains savoirs ou techniques. Ces arbres n’étaient pas utilisés avant l’arrivée des tronçonneuses qui ont alors permis de pouvoir les couper (les scies ne sont pas considérées comme capable de pouvoir couper de si gros arbres et les scies type « scieurs de long ». . Les toits des cases (appelé bougouso) n’utilisent pour leur charpente que des branches (perches) : les gros arbres n’avaient donc que peu d’utilité pour les villageois. les besoins domestiques (bois pour la cuisson de la nourriture et des graines de Karité). sont inconnues dans les villages que j’ai parcourus). pour les ligneux utilisés en cueillette et le bois domestique. Les espèces utilisées par les femmes (besoins domestiques et séchage des noix de Karité) et celles utilisées par les hommes (menuiserie et forge) sont relativement peu nombreuses (respectivement 5-8-8). Les menuisiers utilisent ces espèces pour confectionner des meubles. Le graphique de la Figure 1 montre clairement que différentes phases d’utilisation de la ressource se distinguent. et que les villageois satisfont facilement et de bonne façon leurs besoins. Paradoxalement.

Nombre d'espèces ligneuses utilisées 25 Nombre d'espèces d'arbres frutiers récoltés 20 Nombre d'espèces d'arbres utilisés pour les usages domestiques Nombre d'espèces d'arbres utilisés par les métiers du bois Courbe moyenne des espèces de fruits récoltés 15 10 5 Courbe moyenne des espèces utilisées à des fins domestiques Courbe moyenne des espèces utilisées par les métiers du bois 0 Figure 1 Espèces ligneuses utilisées .

La forte pression de la première phase. ce qui explique leur relative abondance sur le territoire. même à Baoufoulala où les femmes ramassent déjà des bois de diamètre inférieur à 3 cm. à l’exception de Kanouala. pour les usages domestiques. La majorité du bois utilisé par les hommes est acheté dans des plantations ou en ville.3 Phase 2 : les espèces préférées disparaissent. Elle correspond à un processus d’embroussaillement par des peuplements monospécifiques. 4 Phase 3 : diminutions quantitatives ET qualitatives de la ressource ligneuse Le cas de tous les autres villages. Dans ces villages la ressource ligneuse est donc fortement dégradée. la perspective probable est que les femmes doivent acheter leur bois ou demander à leur mari de leur acheter du bois.Cesar’04]. elle aussi un premier niveau de dégradation de la ressource. et on les remplace donc par d’autres espèces. Je n’ai pas observé directement cette situation. ce qui exprime bien ce processus de raréfaction quantitative des espèces appréciées. sur l’ensemble du territoire. Ce sont soit des espèces pionnières soit des espèces peu appréciées par l’homme. La société villageoise donne des devoirs à l’homme qui sont entre autre de donner à sa ou ses femmes de quoi nourrir la famille. Le nombre d’espèces utilisées par les femmes augmente à 15 pour Dafara et 10 pour Bohi. Cette situation est observée actuellement à Kanouala. Cette phase est celle d’un appauvrissement drastique de cette ressource. et de leur remplacement dans les usages. mais elle a été abordée lors d’entretiens. cette charge revenant à l’homme. aboutit à leur raréfaction (laquelle s’ajoute aux défrichements agricoles). sur quelques espèces pour les usages domestiques et des métiers du bois. 5 Phase 4 : dépendance vis-à-vis de l’extérieur Une dernière phase existe qui n’est représentée dans ses prémices qu’à Kanouala. Les ressources sont mises à mal non seulement en termes d’abondance des espèces préférées. Le cas d’une femme devant acheter elle-même du bois pour préparer les repas est donc peu probable. et résistant bien aux changements occasionnés par l’occupation humaine (qui tend vers l’aridification). Dans un futur proche. décrit par [J. sont révélateurs d’une troisième phase. abondantes car non encore exploitées. mais aussi par l’épuisement des stocks et la disparition des autres espèces exploitables. Le nombre d’espèces utilisées par les hommes augmentent de la même façon. plus ou moins avancée. La ressource a quasiment disparu.  La prévalence de bois issus de plantations Cette phase peut durer assez longtemps. leur diminution en phase 2 indique. Concernant les espèces fruitières. Plusieurs indicateurs témoignent de cette phase et de son niveau d’avancement :  Les grandes distances parcourues  La collecte de TOUTES les tailles et espèces  La collecte de bois vert plutôt que de bois mort  Le faible nombre d’arbres fruitiers récoltés  Le faible nombre d’espèces utilisées pour les besoins domestiques et le travail du bois  Le faible diamètre des bois ramassés  L’impossibilité pour les étrangers de venir ramasser ou couper du bois sur le village. qui sont toutes exploitées dès la phase 1. Les individus de ces espèces sont moins nombreux. . puisque certaines espèces très résistantes à la pression peuvent être des « ersatz » acceptables.

de choix de taille. Il est entendu que cette comparaison est faite entre des villages étudiés la même année. Nous décrivons une notion d’évolution à partir d’exemples contemporains. faute de ressources ligneuses disponibles dans le territoire et alentour. La comparaison des évolutions sur la base du nombre d’arbres fruitiers et du nombre d’arbres utilisés peut paraître hasardeuse. d’essences etc. et où l’on se tourne vers le marché du bois. Et enfin une quatrième où les ressources sont désormais insuffisantes. Une deuxième où celles-ci diminuent au point que les villageois augmentent le nombre des espèces coupées et ramassées. quatre phases se distinguent. mais les dires des villageois à partir des indices de proximité.6 Résumé Pour résumer le comportement des indicateurs du tableau : j’observe une décroissance du nombre d’espèces exploitées pour leurs fruits. Puis une troisième où les espèces ligneuses se font rares entraînant une baisse du nombre d’espèces utilisées. Cet indicateur diminue donc régulièrement au cours des 4 phases. Biliko et Yorontiena). proportionnellement à la raréfaction de la ressource ligneuse. Concernant les espèces utilisées pour les besoins domestiques et le travail du bois. pris dans des situations différentes. de la ressource nous indiquent qu’elle a diminué et nous donnent des indices permettant la comparaison. Une première où les ressources sont abondantes et où seules les espèces préférées sont utilisées (cas de Diou. et qu’il ne s’agit pas d’une étude réalisée sur un long pas de temps. .

3 ha eucalyptus (2 ha du temps de Moussa 68 à 91 et 1 ha en 2003) Service de conservation de la nature (agents forestiers) Bois sacré. Nouvelle plantation Prix à négocier après la construction 15000 à 25000 F de l’école par pied.Villages Raréfaction 1 Plantations villageoises Origine de la plantation Protection d’espèces 2 et/ou d’espace Evolution future de la ressource et/ou de la gestion Permis de coupe 3 Présence de foyers 4 améliorés Diou Gros arbres. Oui ONG (presque obligatoire) Biliko La ressource est abondante. L’amende est négociable entre les autorités villageoises et l’agent. Mais en constante diminution. berger. 3 Le permis de coupe ne sont nécessaire qu’aux professionnels des métiers du bois. et le guenou du fait d’une demande par 4 différents usagers (femmes. le Karité (Butyrospermum parkii). La colline. 840 ha pour Diou. les femmes n’ont pas l’obligation de l’acquérir.75 ha 15 ans Service de conservation de la nature (agents forestiers) Bois sacré 0. futur marché de bois.5 ha. non Tableau 2 1 Les ligneux 1 2 La raréfaction a toujours pour origine la coupe du bois (domestique et œuvre) et les défriches champêtres. Pression démographique entraîne une coupe et un défrichement plus intense. Nombre d’utilisateurs du bois en augmentation Agrandissement du bois sacré (2 hectares 1990 ) l’ensemble fait 36. Interdit d’émonder les arbres. 20000 pour un Dialla. Service de conservation de la nature (agents forestiers) Bois sacré des forgerons 150 m2 Depuis les communes en 1995. par nombre d’arbre ou par espèces. Lenkè 10000F Oui Yorontiena 0. 4 Le foyer amélioré a toujours pour origine dans les villages une ONG. 5000F pour un Shô (Isoberlinia doka). Plus de 50 ans qu’il existe. . forgerons) Il y a 10 ans que la ressource en ligneux à baissée. le Baobab (Adansonia digitata)et le Balanzan (Faidherbia albida) sont toujours protégés.5 ha il y a 12 à 15 ans par le ton des jeunes.5 hectares. Shô 5000F. menuisiers. Le Néré (Parkia biglobosa. 0. Amende négociable. Une réserve de 1087 ha en commun avec 3 villages (pas contiguës). Depuis 4 ans permis par espèce Guenou 7500F. tronçonneuses (5) arrivées en 1996. 7500 F Genoux.

Permis (depuis 12 ans) de coupe 1500 F Guenou et Shô. eucalyptus. 1 ha en 1985 Melina arborea. (agents forestiers) Bois sacré 1 hectare Situation de plus en plus difficile augmentation démographique. L’amende est de 50000 à 300000F. les femmes n’ont pas l’obligation de l’acquérir. 5000F d’amende. le Baobab (Adansonia digitata)et le Balanzan (Faidherbia albida) sont toujours protégés. Le Néré (Parkia biglobosa. 0. Non. Vente de ce bois au villageois pour 1000 à 2500 F par pied. Service de conservation de la nature. Protection par un groupement du village. Les espèces préférées sont remplacées par d’autres. . Pas de permis que des petits travaux non Bohi Raréfaction importante depuis les années 80’. Les colons avaient planté des Dialla. Tableau 10 2 Les ligneux 1 2 La raréfaction a toujours pour origine la coupe du bois (domestique et œuvre) et les défriches champêtres. Les espèces se font rares on trouve peu de Dialla et de Lenkè.5 ha OHVN Protection totale de 1999 à 2003. 3 Le permis de coupe ne sont nécessaire qu’aux professionnels des métiers du bois. 10000 F maintenant.Villages Raréfaction 1 Plantations villageoises Origine de la plantation Protection d’espèces 2 et/ou d’espace Evolution future de la ressource et/ou de la gestion Permis de coupe 3 Présence de foyers 4 améliorés Dafara La ressource se fait rare depuis 25 ans prise de conscience il y a 10 ans(chauffe et bois d’ouvre) vente de bois intensive pour gagner de l’argent et alimenter Bamako. Permis pour exercer le métier de forgeron 20000F par an avant la démocratie. mais volonté des femmes pour en acquérir. Zone de préservation du N’Tabacouma de 15 ha projet ONG PAE. 3000F pour Dialla et Lenkè. le Karité (Butyrospermum parkii). 4 Le foyer amélioré a toujours pour origine dans les villages une ONG. Les femmes vont tout couper jusqu'à épuisement de la ressource c’est la seule voie envisageable par les villageois.

Subsistent des arbustes (Guiera senegalensis : Kundjè) 0. Plantations Deux lieux sacrés très villageoises. Diminution importante en Plantation villageoise il y taille et en nombre.5 ont réussi. Le père Vespérenne ne donnait des céréales au moment de la soudure qu’aux villages qui plantait au moins 1 ha. le Karité (Butyrospermum parkii). Seuls subsistent les tentative échouée sol trop arbustes et les jeunes pieds. les femmes n’ont pas l’obligation de l’acquérir. des arbres à la Payement carte pour tout tronçonneuse. Shô 1000F. Bois sacrés 3 de 0.Amende 20000F maximum et négociable. En Pas de perspectives.5 ha d’eucalyptus.25 ha chacun. Amende très variable Non. 3 Le permis de coupe ne sont nécessaire qu’aux professionnels des métiers du bois. Non.Villages Raréfaction 1 Plantations villageoises Origine de la plantation Protection d’espèces 2 et/ou d’espace Evolution future de la ressource et/ou de la gestion Permis de coupe 3 Présence de foyers 4 améliorés Kanouala La ressource en bois à complètement disparue. métier du voisin sont venus couper bois taxe supplémentaire. il faudra en acheter en ville. Par pied et par espèce. Dialla 15000 F. plus nécessaire. Boumou 4000 F. quelque temps. Permis de coupe depuis 30 ans. . plus d’arbres.25 ha. - Quand le bois aura disparu. Service de conservation de la nature (agents forestiers). Les étrangers du village n’ont pas le droit d’aller chercher du bois dans leurs brousses. Mélina arboréa dans le Des gens de Beleko en 1986 venaient couper dans village et quelques petits le village car il n’y avait pas pieds de manguier qui de menuisiers à cette meurent au bout de époque dans le village. les arbres des La plantation du champs pour qu’elle village est en accès puisse être pire. exploité par hommes Zanférébougou Menuisiers d’un village construction. libre aux villageois. le Baobab (Adansonia digitata)et le Balanzan (Faidherbia albida) sont toujours protégés. Bois sacré 0. plantations privées et N’Tabanoko. phase d’être La raréfaction est telle abandonné par qu’il faudrait couper manque de pratiques. 4 Le foyer amélioré a toujours pour origine dans les villages une ONG. non Baoufoulala Toutes les espèces se font Pas de plantation rares. formations. mais les amélioration des villageois le coupe à la techniques pour tronçonneuse « sinon utiliser moins de bois tu as des elles ont suivent des problèmes ». mince. permis existe oui Tableau 10 3 Les ligneux 1 2 La raréfaction a toujours pour origine la coupe du bois (domestique et œuvre) et les défriches champêtres. Le Néré (Parkia biglobosa. Subsiste 5 ans de 6 ha. petits( moins d’un ha). Dougoura 7500 F. Qui est sur de petits territoires. le monde. ils ont disparus il y 20 ans. 1 ha au départ seul 0.

Hangar et etc. Agents coupé bien avant la fin forestiers. Règles inter villageoise de mise en défens est la seule solution. Quelques-uns. Karagouroula Il y a 20 ans que les villageois l’ont remarqué. « termites et vent violent » Plantation villageoise de 1 ha eucalyptus Neem. il ne reste plus que des arbustes. Femmes du conservation de la village voisin ont tout nature. 4 Le foyer amélioré a toujours pour origine dans les villages une ONG. coupe d’arbre. il y a Service de 3 à 4 ans. » En 1987 un ha eucalyptus et de Neem. « Manque de pluies. . Pour le bois de construction. Interdiction totale de la coupe prévue pour un an. Nombreuses plantations privées. Elles ont donc repris la coupe libre Service de Bois sacré. 4 Les ligneux 1 2 La raréfaction a toujours pour origine la coupe du bois (domestique et œuvre) et les défriches champêtres. le Karité (Butyrospermum parkii).Villages Raréfaction 1 Plantations villageoises Origine de la plantation Protection d’espèces 2 et/ou d’espace Evolution future de la ressource et/ou de la gestion Permis de coupe 3 Présence de foyers 4 améliorés Dentiola La ressource est très dégradée. Agrandissement du bois sacré en 2003 d’une surface de 0. Important émondage. Seuls quelques individus sont conscients de la nécessité des arbres ils veulent planter dans l’avenir Existe mais n’ai pas acheté. bûcheron de Kouri. Mais compliquée Non. les femmes n’ont pas l’obligation de l’acquérir. problème conservation de la avec le chef qui a vendu nature. Le Néré (Parkia biglobosa. Agents des arbres sacrés à un forestiers. 3 Le permis de coupe ne sont nécessaire qu’aux professionnels des métiers du bois. de la durée prévue. Bois sacré. Tableau 9. le Baobab (Adansonia digitata)et le Balanzan (Faidherbia albida) sont toujours protégés.5 à 3 ha environs. plus de bois.

. Villages Nombre d’espèces citées tout usage confondu.Figure 2 Plantation villageoise d'Azadiracta indica à Biliko. photo de gauche. à droite plantation villageoise de Teck à Diou pour l'agrandissement du bois sacré. 24 27 29 25 17 14 15 8 Activité 1 Bois 14 2 89 3 11 4 7 Diou Yorontiena Biliko Dafara Bohi Kanouala baoufoulala karagouroula Tableau 3 Nombre d'espèces utilisées et occurrence de vente de bois par exploitation. 1 % des exploitations du village tirant un revenu du bûcheronnage.

Les tas de bois attendant sur les bords de la route sont nombreux. bois d’œuvre. L’accord. 2 La raréfaction La diminution de la ressource ligneuse est généralisée avec des situations contrastées dans les villages. L’explication tient à l’importance de la vente de bois dans ce village (voir colonne de droite). Globalement plus l’on progresse vers l’ancien bassin cotonnier plus la ressource est maigre. fut un temps. Aujourd’hui. car nous n’avons guère d’autres sources de revenus. avait donc été rompu par les villageois pour mettre fin à ces conflits. Il possède beaucoup de collines qui ne sont pas cultivables aujourd’hui (Voir chapitre sur le foncier). Le tableau 11 présente le nombre d’espèces citées par les villageois. L’augmentation du nombre de femmes (du à l’augmentation démographique) est. Cette meilleure préservation de la ressource permet quant à elle de faciliter l’approvisionnement en bois des villageois par rapport aux villages situés dans la même zone agro-écologique (Kanouala. comparativement aux ressources observées sur le terrain. Les informations étaient différentes suivant les personnes interrogées. C’est une mesure qui est une exception parmi les villages étudiés. D’abord nous avons appris que le village ne faisait pas de vente de bois ou alors de façon marginale. fruits). Après quelques jours nous avons rencontré les femmes pour l’enquête sur les bois d’usage domestique et les arbres fruitiers de brousse. Une mauvaise qualité des sols pour l’agriculture permet une meilleure préservation de la ressource ligneuse. de combler les besoins sans mettre en péril la ressource. Puis après quelques enquêtes supplémentaires auprès des chasseurs. » . Mais que les conflits familiaux s’étaient alors multipliés. contre la coupe de bois à des fins commerciales. et que l’autre moitié servirait de réserve. du fait de l’appauvrissement des familles privées d’une source de revenu. tout usages confondus (usages domestiques. nous apprenons que la moitié seulement serait mise en défens. Un cas fait une exception relative dans nos villages d’étude. Dentiola). nos observations furent sans ambiguïtés : l’ensemble des brousses du territoire est exploité. Une mise en défens totale serait pratiquée sur l’ensemble du territoire. Après avoir parcouru les brousses du village. Les causes invoquées par les villageois pour la raréfaction des ligneux sont pour une grande part des causes météoritiques tel que le manque de pluies. et nous ont alors expliqué que la règle de mise en défens avait duré 4 ans. fo a ka ban » qui signifie : « nous allons tout couper jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus» puis de rajouter : « puisque c’est la seule perspective possible. Elles déclarent : «an ba a be tiguè. de 1999 à 2003. passé à l’époque avec une ONG de protection de la ressource ligneuse. De nombreux projets de conservation des forêts sont en effet menés dans les environs de Sikasso. C’est ainsi qu’à Dafara les villageois nous ont cité plus d’espèces que dans les autres villages. Baoufoulala.4 Les ligneux 1 Introduction Je vais profiter de cette ressource pour décrire les capacités villageoises à prendre des mesures de protection et de gestion des ressources naturelles. elle aussi invoquée. A Zenférébougou les agents de la conservation de la nature ont fait suivre une formation aux femmes portant sur les techniques de coupe du bois (hauteur et orientation de la section) ainsi que de la gestion des prélèvements dans la plantation collective. Au début de nos enquêtes nous avons eu des difficultés dans ce village pour connaître les règles de gestion de la ressource ligneuse. Il est représentatif d’une part de la richesse en ligneux des territoires villageois. Ce n’est que rarement la manière dont les ressources sont prélevées ou les techniques d’utilisations des ressources prélevées qui sont remises en cause puisqu’elles ont permis. Les femmes connaissent donc très bien les essences présentes dans leur territoire. Karagouroula possède une brousse moins dégradée que ne le laissait présager sa situation géographique. les femmes sont très pessimistes quant à l’avenir de leur ressource en bois. Elles ont été beaucoup plus franches que nos premiers interlocuteurs. d’autre part des usages faits par les villageois. La proximité de Zanférébougou de la ville de Sikasso est sans doute la raison d’une telle différence.

Les essences plantées sont des bois tropicaux (Saï yrini (Bambara). Les plantations privées sont en dehors du thème de l’étude puisqu’il s’agit de gestion individuelle. Teck. L’état malien a mené une campagne de plantation villageoise avec obligation de planter. . Neem. Verbenacée . Mais elles ont aujourd’hui dépassé le temps des remords : elles ne se sentent pas responsables de cette tragédie puisqu’ aucune autre solution n’existe à leur connaissance (et à la mienne non plus par ailleurs). Les plantations dans les zones de brousses sont impensables par les villageois qui considèrent les brousses comme des milieux ne pouvant pas être aménagées. 1 Pour les autres espèces citées et vues sur le terrain se référer à l’annexe 3. Tacki (Bambara). nous n’avons donc pas étudié cette pratique. Les enquêteurs permanents ont enquêté sur le nombre de plantations individuelles par village. Tectona grandis. Cette information nous permet de montrer que les plantations individuelles bien qu’elles se multiplient restent marginales (voir tableau ci-dessous). Elle peut cependant avoir un effet certain sur la ressource en ligneux du village.Gmelina arborea. Les plantations ont toute la même origine à l’exception du village de Kanouala. Verbenacée .Malgré toute leur bonne volonté au départ. C’est une des voies de diversification des UP. Allumetti yri (Bambara). Méliacée. Azadirachta indica. Mantelatoni yri (Bambara).3 hectares par village à l’exception de Diou qui a agrandi son bois sacré et sa forêt villageoise pour une surface totale de 36 hectares. l’eucalyptus Eucalyptus camaldulensis . elles n’ont pu faire honneur à leur accord. 3 Les plantations villageoises Les plantations villageoises sont présentes dans tous les villages à l’exception de Baoufoulala qui ne possède pas de terrains propices au bon développement des ligneux. De plus les villageois pensent que les espèces locales ne peuvent pas être plantées. Les surfaces de ces plantations sont très réduites avec en moyenne 1. Myrtacée1) qui ont une vitesse de développement plus rapide que les espèces locales. Voir les travaux sur les stratégies de gestion des UP.

Villages Yorontiena Baoufoulala Bohi Kanouala Dafara Biliko Diou Zanférébougou Karagouroula Nombre de Nombre de Nombre de plantations plantations de plantation d’eucalyptus teck forestière autres 0 0 0 1 0 0 0 0 0 1 0 1 18 4 1 2 0 0 6 0 2 0 0 0 9 0 1 Plantations totales 0 1 0 2 23 2 8 0 10 Tableau 4 Plantations forestières privées dans les villages .

Le village de Dafara possède une zone de protection totale pour des raisons de préservation biologique. Deux cas sont tout de même à signaler.7 ha en moyenne mis à part le cas exceptionnel de Diou. 4 Espaces protégés et zones de coupes réglementées Tous les villages possèdent un bois sacré dans lequel des sacrifices sont pratiqués. toujours utilisées par les villageois qui sont par ailleurs. (jaune et poudreuse) entoure les graines (noires brillantes et dures) à l’intérieur de la gousse. un des critères d’adhésion était que le village plante une parcelle de minimum un hectare. La date de récolte. Le fruit est une drupe et la chaire autour de la .Pour le village de Kanouala c’est un père blanc le père Bernard Vespérenne qui a amené la plantation villageoise. Dans certains villages les gousses ont été récoltées avant leur maturité. Les graines sont quant à elles réduites en poudre et transformées en petits cubes ou boulettes d’un cm environ. dicté par la maturité des fruits sur l’arbre est donc le départ d’une course entre les femmes à celle qui en ramassera le plus. des graines. même si leur usage tend à diminuer. Tout usage. qui est une des seules sapotacées de la région. en grande majorité. est différent. Le traitement du Karité. il distribue donc équitablement les graines à ses femmes pour qu’elles le transforment en soumbala. Un groupement villageois est chargé de l’application de cette règle et de faire payer les amendes aux contrevenants. Des règles existent sur la récolte de ces fruits dans quelques villages suite à des cueillettes trop précoce de la part de femmes voulant s’approprier la récolte du Néré. Les femmes récoltent le Néré puis en séparent la pulpe. Cette protection est du à la commercialisation et à la consommation importante des sous produits des fruits. Dans quelle mesure ce dernier accomplira sa mission et quels seront les moyens mis à sa disposition pour gérer la ressource ? Les villageois ne prenaient en tous les cas pas très au sérieux cette future gestion. Il avait une méthode assez efficace pour obtenir des villageois qu’ils plantent. je le rappelle. Les brousses sont. Il donnait une aide alimentaire pendant la soudure à ceux qui avaient adhéré à son association. par une autorité désignée la date de début de récolte du Néré. Les chasseurs sont souvent indiqués pour cette responsabilité. La pulpe. On ne peut les utiliser qu’une fois morts. Les hommes possèdent le Néré et les femmes le Karité. La tentation est grande de commencer la cueillette en avance afin de pouvoir en récolter plus. le Néré (Parkia biglobosa) et le Karité (Shî. À Diou une vaste zone de 840 ha de réglementation de la coupe de bois a été mise en place pour l’ouverture future d’un marché de bois. et donne-le tout à leur mari qui garde la pulpe pour ses animaux ou la consomme avec la famille. Ils sont de très petite taille puisqu’ils ne font que 0. À l’exception de ces bois sacrés les mesures de protection de surface sont inexistantes dans les villages de notre étude. en accès libre à tous avec parfois une restriction aux seuls habitants du village quand les ressources sont faibles. Des règles de techniques de coupe ont été expliquées aux villageois et un individu a été désigné pour la surveillance avec pour seul équipement un vélo et une lampe-torche pour faire son travail non rémunéré. musulmans et parfois chrétiens. Butyrospermum parkii) sont protégés. Elle a été instaurée par une ONG appelé PAE pour protéger les N’tabacouma (Detarium microcarpum. de tous produits venus de cet espace est rigoureusement proscrit sous peine d’amende. La tâche de fournir les condiments revenant à l’homme. elle possède donc des fruits en forme de gousse. Ce sont des zones de cultes animistes qui sont. Les vieux du village sur la demande d’une partie des femmes instaurent donc une règle qui précise. 5 Espèces protégées Dans tous les villages. La pulpe est alors consommée telle quelle par les villageois ou donnée aux animaux. Les règles de coupe ne seront par contre pas indexées sur l’état de la ressource. Fabacée) et fait 15 ha de superficie. Le Néré est une mimosacée.

graine (ou noix) est de faible épaisseur 0. . Les noix sont ovales.5 mm environ. Elles sécrètent un latex de couleur blanche quand la coque est percée. Cette chaire est consommée crue ou jetée après un premier séchage ou pourrissement. le beurre de Karité. Le séchage des noix de Karité utilise beaucoup de bois. Elles sont ensuite écrasées pour en extraire une huile pâteuse. de couleurs marron avec une tache claire à l’emplacement de l’ancien funicule. légèrement sucré et grasse. Ces noix sont séchées soit au soleil d’abord puis ensuite au feu de bois ou directement au feu de bois.

Les femmes des familles plus aisées peuvent au contraire se permettrent de stocker les noix durant tout l’hivernage après les avoir bouillies ou fumées pour les empêcher de germer et faire leur transformation puis leur vente durant la saison sèche quand les prix sont au plus haut. Les prix des permis de couper en fonction des types d’essences recherchées sont indexés la fois sur la relative rareté de chacune des essences et sur leur taille moyenne respective. sa transformation immédiate puis sa vente permet donc de pouvoir passer la période de soudure (période de fin d’hivernage souvent difficile avant les récoltes). bien que l’extension des champs freinent toujours d’avantage leur propagation. soit un certain nombre d’arbres. D’autres espèces sont aussi protégées tel le Baobab (Sira. les villageois n’ont pas d’autre choix que de couper jusqu’à épuisement. Bombacacée) pour des raisons de culte. Il est nécessaire pour tous les villageois qui pratiquent un métier lié au bois. Mais malheureusement celle–ci est négligeable fasse à la pression humaine. Adansonia digitata. Le fromager était utilisé pour la fibre de ses fruits (kapok) qui servait à rembourrer les coussins. en manque de ressources ligneuses. qui ne rentreraient pas en conflits avec les besoins des villageois sont tout de même envisageables. 6 Le permis de coupe. Ces espèces sont relativement abondantes. Les dates de début de cette réglementation sont très différentes suivant les villages. Les champs sont toujours sous le couvert de ces arbres mais le passage de la charrue arrache les jeunes pieds et le ramassage ou cueillette 19 intensif de leurs fruits supprime la presque totalité de leurs semences. de plus quand les ressources décroissent la protection cède rapidement. Les femmes n’ont pas besoin de permis pour couper ou ramasser leur bois. Si une espèce se fait rare elle sera plus chère. De plus les prix sont relatifs les uns par rapport aux autres et non selon une raréfaction indexée à l’ensemble d’une zone. C’est une technique qui requiert moins de bois et permet de faire une meilleure qualité de 19 On ramasse les noix du Karité sur le sol ou dans l’arbre tandis que les gousses du Néré sont cueillies à l’aide d’une longue perche. Les prix de vente sont alors au plus bas. pour faire des sauces avec ses feuilles et des jus avec ses fruits. à usage professionnel uniquement Un permis de coupe existe dans la majorité des villages. Des mesures de protection bien ciblées. soumbala et pulpe du Néré. soit d’essences. La formation que suivent les femmes de Zanférébougou sur le séchage des noix de karité en est un exemple. Par exemple les permis ne vont pas sensiblement augmenter de tarif dans un territoire villageois ou les ressources sont très minces par rapport à un autre ou les ressources sont encore abondantes. soit encore une sorte de forfait que l’on peut utiliser pendant toute l’année. suivant leur budget. Les femmes. Bombacacée) et parfois le Fromager ou Kapokier (Ceiba pentendra. . Les autres arbres fruitiers sont plus rarement protégés.Tous ces produits. transforment le Karité en hivernage ou en saison sèche. La ressource ligneuse n’est pas véritablement gérée par ce permis de coupe car il correspond suivant les localités à un droit de couper. peu sucrée et présente en faible quantité. Ce qui limite la coupe de façon proportionnée à sa raréfaction et est donc une bonne mesure de gestion. La protection de ces maigres récoltes annuelles n’est donc pas une priorité pour les villageois. Elles ne feraient certes que retarder la diminution des ressources mais elles permettraient peut-être d’attendre des alternatives à l’utilisation de la ressource ligneuse. Le Karité se récolte au début de l’hivernage. Le Baobab est utilisé. Il est délivré par le service de protection de la nature (anciennement service des eaux et forêts). beurre de Karité. Les arbres fruitiers des brousses n’ont pas fait l’objet d’une domestication quelconque en vue d’en obtenir de meilleurs fruits leur chair est donc acide. peuvent être vendus sur les marchés. Le permis existe depuis 50 ans pour Diou et depuis 4 ans pour Yorontiena sans oublier Dafara où le permis de coupe n’a jamais été instauré. Il est à noter qu’en absence d’alternative au bois domestique comme le gaz.

La solution utilisée pour protéger les brousses au Burkina Faso est de subventionner le gaz naturel ce qui permet aux habitants d’avoir une alternative à l’utilisation massive de bois et aux autorités d’avoir des règles très restrictives de protection d’espaces et de transport de matières ligneuses ou issues de matières ligneuses comme le charbon. D’autres encore comme la mise en défens de parties de territoire et de certains arbres avec des rotations pourraient sans doute améliorer le potentiel productif de la végétation et donc retarder la vitesse de diminution des ressources.beurre. .

Des ONG apportent régulièrement des « foyers améliorés ». Ces ONG forment aussi les femmes à réaliser des foyers en argile. Le mode de préparation du plat de base de l’alimentation villageoise le tô demandant à être remué vigoureusement. période pendant laquelle ils ont connu un franc succès. également bien isolés. Ces foyers dissipent beaucoup de chaleur en dehors de la zone efficace pour chauffer la marmite posée dessus. Ils ont une chambre de combustion isolée avec de l’argile cuite et une porte pour que la chaleur ne se dissipe préférentiellement sur le dessus. Les dates de venues de ces ONG dans les villages semble être un peu anciennes vers le milieu des années 80. du temps écoulé depuis leur dernière venue. Ils sont donc grands consommateurs de bois. des foyers classiques en fer. La mauvaise qualité des argiles présentes dans les villages a constitué un problème de durabilité des foyers fabriqués par les femmes qui devaient les refaire après seulement un mois d’usage. pour cuire les aliments. Leur présence ne dépend pas de l’état de la ressource ligneuse mais seulement de l’efficacité de l’ONG qui est passée dans ce village (obligeant ou conseillant les villageois à l’adopter ) ainsi que.7 Les foyers améliorés La majorité des femmes dans les villages utilisent. . à même le sol.