Serge Cleuziou Lorenzo Costantini

Premiers éléments sur l'agriculture protohistorique de l'Arabie orientale
In: Paléorient. 1980, Vol. 6. pp. 245-251.

Abstract lmprints of grains of cultivated two row barley and sorghutn were found in a layer dated back to 2500 BC at the site of Hili (Oman Peninsula). These finds are important for the Archaeology of Eastern Arabia and may indicate the role of that area in the relations between Eastern Africa and the Indian subcontinent. Résumé Des empreintes de graines d'orge à deux rangs et de sorgho cultivés ont été découvertes dans un niveau daté de 2500 av. J.C. sur le site de Hili (Péninsule d'Oman). Ces trouvailles sont importantes pour l'archéologie de l'Arabie orientale et peuvent indiquer le rôle joué par cette région dans les relations entre l'Afrique orientale et le sous-continent indien.

Citer ce document / Cite this document : Cleuziou Serge, Costantini Lorenzo. Premiers éléments sur l'agriculture protohistorique de l'Arabie orientale. In: Paléorient. 1980, Vol. 6. pp. 245-251. doi : 10.3406/paleo.1980.4278 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/paleo_0153-9345_1980_num_6_1_4278

C sur SUM régionDes empreintes de grainesAfrique deux rangs et de sorgho cultivés ont été découvertes dans un niveau daté de 2500 rôle joué cette Péninsule Oman Ces trouvailles sont et le sous-continent indien ABSTRACT Imprints of grains of cultivated two row barley and sorghum were found in layer dated back to 2500 at the site of Hili Oman Peninsula These finds are important for the Archaeology of Eastern Arabia and may indicate the role of that area in the relations between Eastern Africa and the Indian subcontinent Au cours de hiver 1978/79 des restes de sorgho cultivé et orge deux rangs datés du milieu du IIIe millénaire par le C été découverts sur le site de Hili 24 30 et 54 47 dans oasis ai Arn Emirat Abou Dhabi Emirats Arabes Unis) Le site est localisé dans la partie Nord de oasis alAïn Bouraïmi) sur une zone plate couverte une végé tation arbustive limitée Est par le Jebel Haqiah un chaînon occidental des montagnes Oman et Ouest par les dunes du désert al-Khattam une extension septentrionale du Rub al-Khali qui sépare oasis de la côte du Golfe 140 km vers Ouest La Mission archéologique fran aise en Abou Dhabi effectué depuis février 1977 quatre campagnes sur le site de Hili 300 au Sud-Ouest des fouilles entreprises par la Mission archéologique danoise la fin des années soixante Ces quatre campagnes ont permis exposer une séquence archéologique couvrant tout le troisième millénaire av J.-C par le table no et Cette tour est entourée un fossé au profil en mis au jour Est de la fouille Un petit bâtiment quadrangulaire en briques crues fig Bâtiment II sur soubassement de pierres élève dans espace délimité par le fossé FRIFELT 1975 367-370 par ex CLEUZIOU 1980 245 TABLE Déterminations de Hili PHASE ANALYSE DATE BP MC-2266 MC-2267 MC-2264 MC-2265 MC-2261 MC-2262 MC-2259 4400 4400 3840 3900 3710 3690 3520 100 100 100 100 90 90 90 DATE BC COR RIGEE 190 3110 190 2400 150 2470 150 2225 135 2200 110 1990 110 La phase correspond des extensions mineures des bâtiments III et II fig 1:1) Phase Le bâtiment III est reconstruit sur un plan circulaire fig bâtiment IV Le bâtiment II est agrandi vers le Sud par une terrasse fig dont le mur de soubassement en pierre repose en avant de la paroi interne du fossé alors partiellement comblé Le mur Est du bâtiment II est renforcé par un massif de briques crues fig et une petite construction en briques crues fig occupe en partie le fossé La phase dont la durée paraît assez longue est marquée que par des remaniements architecturaux mineurs fig 1:3) La phase correspond une reconstruction du bâtiment II Contre son mur oriental une terrasse soute nue par des murs en briques crues est établie au dessus des ruines des éléments et et du fossé alors totale ment comblé Cette plate-forme était utilisée pour des activités artisanales en particulier pour le travail du cuivre Deux déterminations table nos et suggèrent une date vers 2500-2400 av J.6 1980 PREMIERS MENTS SUR AGRICULTURE PROTOHISTORIQUE DE ARABIE ORIENTALE COSTANTINI CLEUZIOU et par le site de Hilidans les relations entre orge orientaleimportantes pour archéologie de Arabie orientale et peuvent indiquer le av J.-C. laquelle on peut relier les premiè res données paléobotaniques cohérentes sur agriculture protohistorique de la Péninsule Oman Cette séquence été présentée par ailleurs On peut la résumer comme suit Phase Le bâtiment principal est une tour carrée aux angles arrondis en briques crues pianoconvexes dont intérieur compartimenté et rempli de sables et graviers forme le soubassement plein un habitat situé en hauteur fig Bâtiment III Elle est datée des environs de 3000 av J.PALEORIENT vol.-C .

PREMIERS MENTS SUR AGRICULTURE PROTOHISTORIQUE DE ARABIE ORIENTALE eu 05 IHI III .

PREMIERS MENTS SUR AGRICULTURE PROTOHISTORIQUE DE ARABIE ORIENTALE Phase De nouvelles installations artisanales sont édifiées sur les ruines de la phase précédente tandis une nouvelle tour circulaire en briques crues est construite sur emplacement du bâtiment IV ng bâtiment Deux déterminations sur un four de fondeur de cuivre table nos et suggèrent une date vers 2200 av J. deux graines brûlées et une empreinte de sorgho Sorghum cf bicolor fig 3) et quatre empreintes de noyaux de Zizyphus sp fig 7) .-C Phase Succédant une phase dont les restes sont très erodes phase G) une enceinte circulaire en pierres est accolée aux ruines du bâtiment Cette phase qui diffère des précédentes par la céramique est datée des environs de 2000 av J.-C table no 7) On parfois considéré la Péninsule Oman comme une île entourée par les eaux du Golfe et de la Mer Oman et les sables du Rub al-Khali Il est certain que les cultures protohistoriques présentent de forts parti cularismes insulaires comme par exemple les tombes collectives rondes plusieurs chambres auxquelles on ne connaît actuellement aucun parallèle Cette unité des coutumes funéraires recouvre cependant de profondes différences dans économie les structures habitat et même la céramique domestique économie de subsis tance de sites côtiers comme Umm an-Nâr est fondée sur les ressources de la mer alors que les sites de piémont voient se développer une économie agricole Cette spécialisation économique très poussée et isole ment des diverses communautés peuvent expliquer que la région ait pas atteint un stade urbain au cours du ll millénaire Par la suite et probablement dès le millénaire est dans le cadre un nomadisme plein temps basé sur le chameau apparaît une organisa tion sociale complexe On ne doit pourtant pas exagérer cet isolement Des relations extérieures de nature variée sont bien attestées la plus connue étant certainement exportation du cui vre des montagnes Oman qui apparaît dans les textes mésopotamiens de la deuxième moitié du IIIe millénaire et du début du IIe sous le nom de cuivre de Makkan Des parallèles céramiques relient la péninsule Iran méridional Tepe Yahya Bampur Shahdad et plus loin au Seistan et au Balouchistan Quelques tes sons de poterie harappéenne découverts dans la HOCH 1979 TOSI 1975 205 La correspondance chimique entre le cuivre des objets de Méso potamie méridionale et du Khuzistan aux périodes où le cuivre de Makkan est cité dans les textes et les minerais des montagnes Oman été démontrée par BERTHOLD 1979 247 phase de Hili attestent des liens avec la civilisa tion de Indus Plus généralement les cultures de Oman proto historique semblent atteindre leur apogée en même temps que les centres urbains de Iran occi dental et paraissent décliner en même temps eux Nous ne connaissons encore rien des relations méri dionales de la péninsule avec le Dhofar et le Hadramaut Aucune des rares prospections effectuées dans ces régions encore révélé de sites attribués au IIIe millé naire Il est cependant pas douteux que de telles rela tions étaient possibles même si elles ont été ici ignorées par les chercheurs travaillant en Asie et en Afrique Les restes botaniques que nous présentons ici ne sont une partie un matériel en cours étude Ils proviennent de unité de fouille 414 contexte sûr asso cié édification de la plate-forme artisanale de la phase datée de 2500/2400 On discutera ici des empreintes un épillet orge deux rangs et de trois épillets de sorgho toutes deux imprimées dans des blocs argile provenant de briques Ce matériau en réemploi été utilisé pour remplir espace situé entre les éléments et de la phase afin établir la plate-forme de la phase Ces blocs étaient situés 110 sous la surface et étaient clairement scellés par deux niveaux occupation échantillonnage été effectué en prélevant de gros blocs qui au laboratoire étaient cassés en suivant les plans de clivage dus la sédimentation empreinte orge est celle un épillet fig où on peut aisément distinguer deux fleurs stériles écartant légèrement une fleur fertile longue de 770 mm et large de 372 mm la base de épillet on peut voir un segment de rachis Les trois fleurs sont munies de bar bes La fragmentation ne nous permet pas de connaître la longueur du rachis et des barbes Les vues ventrales et dorsales nous permettent identifier ce spécimen comme Hordeum distichum fig 5) empreinte de sorgho se prête moins aisément une identification directe car la sédimentation argileuse est assez grossière et perturbée par diverses concrétions calcaires et infiltrations eau Par ailleurs le rachis est tordu en plusieurs endroits et les épillets sont légèrement orientés vers intérieur du bloc CLEUZIOU paraître On été en mesure étudier provenant de la même unité de fouille 414 des empreintes épillets de Triticum dicoccum-turgidum amidonnier et ïf/ordeum sp.

FIG Sorghum bicolor empreinte de trois épillets FIG Sorghum bicolor empreintes épillets et de deux graines brûlées <?FIG Hordeum distichum empreinte de unité de fouille 414 IG Hordeum distichum épillet moderne Triticum dicoccum-turgidum empreinte de rachis avec quatre internodes 248 FIG Zizyphys sp empreinte de noyau .

PREMIERS MENTS SUR AGRICULTURE PROTOHISTORIQUE DE ARABIE ORIENTALE 50 60 70 80 FIG Présences de sorgho sur des sites archéologiques Afrique Arabie et de Inde Présences de sorgho Autres sites mentionnés Jebel et-Tomat Mohenjo Dar Bat Khuli Umm an-Nar Shahdad Hili Ahar aunar Tepe Yahya Bampur Pirak Inamgaon Daïmabad Les restes observables fig consistent en trois ëpillets sessiles de forme aplatie dont la longueur varie de 34 37 mm et la largeur de 31 34 mm absence de nervures la surface des épillets leur forme subtrian gulaire et la présence un bourrelet la liaison du rachis et de épillet suggèrent que les graines étaient pas totalement enfermées par les glumes Ces deux der nières caractéristiques amènent classer le spécimen de sorgho de Hili comme Sorghum bicolor Linn Moench ssp bicolor race durra ou race durra bicolor aspect globulaire des graines indiquant plutôt la race durra On peut donc avancer que vers 2500 av J.-C Hili dans la plus vaste oasis intérieure actuelle de la Pénin 249 sule Oman la production agricole incluait la culture de orge et du sorgho est là un résulat assez remarquable dans la mesure où même ce stade très préliminaire des études paléobotaniques dans la région on peut affirmer encontre des hypothèses généralement admises que le sorgho était cultivé dès le Ule millénaire en dehors de ses centres origine supposés Des travaux botaniques récents ont fortement critiqué idée déjà ancienne de Vavilov selon laquelle Ethiopie devait être considérée comme le cen tre de domestication du Sorghum bicolor Stemler VAVILOV 1951 37-39 40 .

A no 30 C.-C.PREMIERS MENTS SUR AGRICULTURE PROTOHISTORIQUE DE ARABIE ORIENTALE Har an et de Wet ont inverse suggéré que la race durra évolué en Inde appuyant cette hypothèse sur de nombreuses données botaniques mais sur très peu de données archéologiques ou historiques ici les plus anciennes attestations de Sorghum bicolor proviennent de contextes récents en Inde 10 et au Soudan 11 En Inde Vishnu Mittre mentionne des empreintes de sorgho au plus tôt dans le cours du IIe millénaire av J. ce qui en fait la plus ancienne attestation directe dans le sous-continent indien 13 Quant au centre sup posé de domestication en Ethiopie les recherches sur ces périodes sont encore trop peu avancées pour on puisse tirer une quelconque conclusion du fait que la plus ancienne trouvaille dans cette région est la collec tion de grains brûlés de Sorghum bicolor du Jebel etTomat au Soudan central datée de 245 60 J. Paris et Lorenzo COSTANTINI Museo Nazionale Arte Orientale Roma VAVILOV 1951 37-39 DE WET et HUCKBAY 1967 HARLAN et DE WET 1972 STEMLER HARLAN et DE WET 1975 1977 DE WET et HUCK BAY 1967 fig 20 signalent la culture actuelle de sorgho en Arabie du sud La mission archéologique fran aise de Shabwa au sud Yemen nous également signalé la culture de sorgho au piémont septentrional du Hadramaut 10 VISHNU MITTRE 1974 20-22 KAJALE 1977 11 DESMOND-CLARK et STEMLER 1975 12 MARSHALL 1931 pl LXXXVII 13 COSTANTINI 1980 250 14 Quelques échantillons de bois de palmier ont été retrouvés Hili Tout récemment WEISGERBER 1980 105 mentionne aysar dans le Wadi Samad des noyaux de datte attribuables la fin du me millénaire .R.S.-C Il est très vraisemblable on se trouvera face une mosaïque de situations différentes qui peuvent avoir été discontinues dans le temps comme dans espace tout au long des terres qui séparent le Nil de Indus histoire économique de ces régions connu des changements drastiques tels ceux entraînés par la domestication du chameau la diffusion du palmier dattier et introduction des réseaux irriga tion souterrains intérêt des données de Hili est de montrer que bien avant interaction de ces trois fac teurs exception faite peut-être du palmier dattier 14) les régions périphériques du grand désert Arabie connaissaient déjà une agriculture avancée Le mode utilisation du sol était peut être déjà celui des oasis la lumière de ces données il nous semble raisonna ble de reconsidérer le rôle pu jouer Arabie orien tale dans les relations entre Afrique et le sous-continent indien Les déterminations ont été effectuées par et THOMMERET Centre Scientifique de Monaco Nous remercions Alessandro BOZZINI F.O.A.N.R. Rome et Maurizio TOSI pour avoir discuté avec nous divers aspects de cette note Les photographies sont de Gino BIAGIOTTI les plans et cartes de Jean GIRE et Philippe GOUIN Les travaux de Hili sont financés par la Direction Générale des Relations Culturelles Ministère des Affaires Etrangères Paris et le Department of Anti quities and Tourism Emirat Abou Dhabi al Aïn Serge CLEUZIOU Centre de Recherches Archéologiques U.-C par le Indiscutablement les trouvailles de Hili constituent heure actuelle la plus ancienne attestation de sorgho cultivé et il est assez surprenant elles apparaissent hors du contexte où se situe la discussion sur les centres de domestication On avancera pas ici que oasis ai Ain été un centre de domestication du sorgho mais cette découverte inattendue montre occasion des recherches sur la diffusion des plantes cultivées on peut-être pas considéré avec toute attention nécessaire le rôle pu jouer la péninsule arabique comme pont entre Afrique et Asie On ne plaidera pas ici pour un modèle de diffusion simpliste Il nous semble au contraire nécessaire de procéder un maximum étu des régionales sur histoire de agriculture dans les régions limitrophes du Rub al-Khali Loin être des déserts absolus celles-ci ont pu connaître une économie agricole dès 3000 av J.-C Ahar Inamgaon) la seule attesta tion du me millénaire Mohenjo Dar étant une interprétation un décor de poterie 12) est dire une donnée indirecte et ailleurs douteuse Les recherches récentes de Pirak au Balouchistan septentrional ont quant elles permis de recueillir trois grains de Sorg hum sp dans un contexte sûr daté du xvn siècle av J.

N 1977 On the Botanical Findings from the Excava tions at Daimabad Chalcolithic Site in Western Mahrashastra India Current Science 46/23 818-819 MARSHALL 1931 Mohenjo Dar and the Indus Valley Cililization Londres STEMLER A.M.R and DE WET J.R and DE WET J.J and HUCKBAY J.D and STEMLER A.L 1975 Early domesticated Sorghum from Central Sudan Nature 254 588-591 CLEUZIOU 1980 Les deuxième et troisième campagnes de fouille Hili Archéologie aux Emirats Arabes Unis 2/3 al Am Department of Tourism and Antiquities paraître Oman Peninsula in the Early Second Millen nium RTEL ed South Asian Archaeology Berlin COSTANTINI 1980 Plant Remains at Pirak JARRIGE J.M.I VAVILOV translated by STARR CHESTER K.J 1975 Evolutionary History of Cultivated Sorg hums Sorghum bicolor Linn Moench of Ethiopia Bull Torrey Bot Club 102/6 325-333 977 The sorghums of Ethiopia Economic Botany 31 446-460 TOSI 1975 Notes on the Distribution and Exploittion of Natural Resources in Ancient Oman Jour nal of Oman Studies 187-205 VAVILOVN.J 1972 Simplified Classification of Domesticated Sorghum Crop Science 12 172-176 HOCH 1979 Reflexions on Prehistoric Life at LJmm anNar Based on Faunal Remains from Third Millennium in TADDEI ed South Asian Archaeology IV Naples 1977 Naples Istituto Universitario Orientale 589-638 KAJALE I.I 1951 The Origin of Variation Immunity and Breeding of Cultivated Plants Selected Wri tings of N..B.P 1967 The Origin Sorghum bicolor II Distribu tion and Domestication Evolution XXI 787-802 FRIFELT 1975 On Prehistoric Settlements and Chronology in the Oman Peninsula East ana West 25 329-423 HARLAN J.B. Chronica Botanica 13 VISHNU-MITTRE 1974 Palaeobotanical Evidence in India in HUTCHINSON ed Evolutionary Studies in World Crops Cambridge WEISGERBER 1980 .-F et SANTONI Les fouilles de Pirak Paris De Boccard 326-333 DE WET J.L. HARLAN J.und Kupfer in Oman Der Anschnitt 213 62-110 251 .M.PREMIERS MENTS SUR AGRICULTURE PROTOHISTORIQUE DE ARABIE ORIENTALE BIBLIOGRAPHIE BERTHOUD 1979 Etude par analyse de traces et la modélisa tion de la filiation entre minerais de cuivre et objets archéologiques au Moyen-Orient Thèse de Doctorat Etat Paris Université Paris VI miméo) CLARK J.

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