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Cela fait plus de deux mois qu'une odeur nauséabonde plane sur l'ENS de

Tunis. En effet, par mesures d'austérité mal-placée, les étudiantes logées au


foyer de la soi-disant « perle de l'enseignement supérieur » n'ont plus droit
à la douche. Cela fait deux mois entiers que les douches sont fermés sous
prétexte de réparation et que l'administration nous donne la même réponse:
« allez au Hammam !». Aurions nous eu une bourse de plus de 45 TND
(25€) (115 TND (60€) pour l'Agrégation) ou nous l'auraient ils versée dans
les délais –c'est a dire sans les deux mois de retard, celles d'entre nous qui
ne sont ni asthmatiques ni pudiques iraient volontiers.

Les mesures d'austérité, cependant, ne s'arrêtent pas là ! Nous sommes le


30 Novembre 2010 et l'administration de l'établissement a jugé bon, et à
juste titre, d'ouvrir le chauffage dans ses bureaux, mais pas assez,
apparemment, pour en faire bénéficier les étudiantes qui se trouvent
obligées de passer la nuit dans des chambres glaciales.

Pour couronner le tout, et toujours par mesure d'austérité, prétendent-ils,


on se retrouve sans courant électrique dans nos chambres durant la
majeure partie de la journée. Il faut noter que la plupart d'entre nous
sommes entrain de rédiger nos mémoires qu'il nous faut instamment
déposer afin de continuer de bénéficier de la bourse que le directeur
menace de suspendre.

Ces conditions, certains d'entre nous auront vite remarqué, ne sont pas très
différentes de celles de la prison. Contrairement à la prison, cependant,
nous n'avons malheureusement plus la possibilité de nous laver ! Que
faire? Accepter les conditions et se taire? Continuer à harceler une
administration qui nous est insensible? Sortir en grève et risquer nos
études? Ou fermer les yeux et devenir nous mêmes insensibles?