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CONSEIL MUNICIPAL DU 26 MARS 2009

INTERVENTIONS DE PHILIPPE ROSAIRE

Intervention de début de conseil

Merci Monsieur le maire de me donner la parole, je souhaitais vous interroger sur


le contrat de mixité sociale sur lequel le conseil a délibéré le 18 décembre
dernier. Ce contrat comportait un engagement de réalisation de 737 logements
sociaux pour la période 2008-2010. Le 13 mars, il y a deux semaines de cela, un
rassemblement était organisé devant la préfecture du val de marne. Ce
rassemblement était destiné à attirer l'attention du Préfet sur le mal logement.
Une délégation a été reçue par le Préfet, l'entretien a duré une heure environ et
la situation de Saint-Maur a été évoquée. Si j'en crois les propos retransmis, le
Préfet aurait indiqué que le contrat de mixité sociale n'était pas signé. Or, vous
nous indiquez dans le document budgétaire avoir obtenu un aménagement des
objectifs de réalisation et la diminution de l'amende qui résultait. Celle-ci
passerait ainsi de 2,9 M€ à 1,4.

Que l'amende diminue, c'est une bonne nouvelle. Que le nombre de logements à
réaliser diminue par contre c'est une mauvaise nouvelle. Cela veut dire que la
situation de mal logement va continuer alors que des réserves foncières existent.

Il y a la des informations contradictoires sur lesquelles, il faut je pense faire un


peu de lumière. Quel est monsieur le maire le contenu de l'accord que vous avez
négocié avec le ministère du logement et quel en est l'impact sur le contrat de
mixité sociale.

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Affaire n°6 : budget primitif

Je vais indiquer la position de notre groupe sur ce point en donnant les principaux
éléments qui nous ont conduit à prendre cette position. Nous allons voter contre
ce budget pour deux raisons. La 1ère est une raison politique. Le budget est un
acte politique qui traduit un projet, une vision, des valeurs. Le projet politique
que vous défendez va, sur un grand nombre de points, à l'encontre de ce que
nous pensons qu'il faudrait faire. Nous ne le voterons donc pas.

C'est en vertu d'une analyse de ce type que dans pratiquement toutes les
assemblées délibérantes de France, les groupes d'opposition rejettent les
budgets que leur propose leur majorité… C'est ce que vous avez fait au conseil
général, monsieur le maire, le 16 mars dernier.

Avant d'aller plus loin, je dois dire que nous n'avons pas d'autre choix que de
refuser en bloc le budget puisqu'il nous est présenté globalement. Dans
beaucoup de villes, le budget est voté par grand chapitre, ce qui permet à
l'opposition d'être plus sélectif et d'appuyer les actions qui lui semblent aller
dans le bon sens. Il ne tenait qu'à vous de le faire, c'est dommage que vous ne
vous soyez pas engagé dans cette voie car si vous l'aviez fait, il y a un certain
nombre de postes que nous aurions votés.

Notre ville souffre de plusieurs déséquilibres majeurs qui sont par ordre
d'importance :
- une insuffisance grave de logements locatifs accessibles à tous (en clair
des logements sociaux),
- une insuffisance grave d'entreprises de taille moyenne, génératrices de
ressources de taxe professionnelles,
- une insuffisance de services publics ou d'équipements publics.

Les réponses que vous apportez à ces points ne sont pas à mon sens à la hauteur
des problématiques posées. Les réponses que vous apportez à ces défis sont des
réponses tactiques très souvent, qui privilégient l'affichage mais qui sont assez
peu efficaces quand on se donne la peine de faire le bilan.

Qu'a apporté, par exemple, au quartier de Saint-Maur Créteil, l'installation d'une


antenne de police, qu'apporte la video surveillance. Que va apporter à la ville le
financement d'une étude sur le tracé alternatif du TVM. Pas grand-chose.
Comment l'Asmade va-t-elle faire pour attirer plus d'entreprises sur notre
territoire avec un budget qui ne varie pas. Comment répondra-t-on aux besoins
de logement des jeunes mais aussi des personnes âgées avec un investissement
en matière de logement qui est calcule de manière très cynique afin d'épouser
très exactement le montant de l'amende mais surtout pas plus. Les exemples de
ce type, il y en a plusieurs. Ils montrent que vous n'avez pas pris la mesure
véritable des défis que Saint-Maur doit relever et que vous restez enfermé dans
un schéma de pensée très conservateur

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La seconde raison qui nous conduit à repousser ce budget est une raison
technique qui résulte de l'analyse que nous faisons de la situation financière de la
ville et des leviers que vous utilisez.

En ce qui concerne les enveloppes du budget, vous héritez, il est vrai, d'une
situation financière assez moyenne avec une dette importante et donc des
marges de manœuvre réduites en matière de dette uniquement. A partir de la, il
y avait deux attitudes possibles :
- la première consistait à redresser la situation prudemment, patiemment en
faisant les arbitrages nécessaires et en faisant beaucoup de pédagogie.
C'est la voie que nous nous avons préconisée lors de la dernière campagne
municipale où nous avions dit, et vous aussi, que nous n'augmenterions
pas les impôts. Cette voie nous semble toujours pertinente et la
démonstration qu'elle n'est plus d'actualité n'est pas faite ;

- la deuxième attitude consistait à laisser de côté ses promesses et d'ajouter


à la dette, la hausse des impôts et celle des services publics. Je ne sais pas
monsieur le maire, si vous vous rendez bien compte de l'image que vous
êtes en train de vous forger auprès de la population. J.L. Beaumont a été le
maire qui a fait exploser la dette de la ville. Il l'a doublée. Et vous vous
allez faire mieux encore puisque nous allons cumuler pendant longtemps
encore dette importante et hausse d'impôts. La dette consolidée de la ville
augmente et si elle augmente, monsieur le maire, c'est parce que l'impôt
que vous prélevez n'est pas affecté au désendettement, il sert à financer
des dépenses de fonctionnement nouvelles et des investissements. Pour
nous cette voie n'est pas la bonne.

Lorsque l'on élabore un budget, on doit voir loin, au-delà de son propre mandat.
Surtout quand on augmente la fiscalité locale qui n'est pas un instrument de
financement comme les autres car elle présente la particularité d'être la plus
injuste des fiscalités.

Et puis il y a les engagements non financés que l'on ne sait pas bien chiffrer pour
l'instant encore : il y en a au moins 2 : la réhabilitation des résidences du Pont de
Créteil et la participation de la ville à l'aménagement de la ZAC des Facs.

1/ La hausse des impôts n'est pas une bonne solution car elle pénalise les plus
petits revenus et notamment ceux qui ne bénéficient pas du bouclier fiscal
(puisque les taxes locales sont prises en compte pour le calcul du bouclier fiscal).
Plus on augmente les impôts, plus on pressure les classes populaires et
moyennes, il faut bien le dire.

2/ Procéder à une hausse des taux uniforme de 4,9%, c'est ne pas tenir compte
des différences de situation et vouloir faire entre tout le monde dans le même
moule. Il aurait été plus logique d'augmenter un peu plus la taxe foncière et la
taxe professionnelle. On remarque qu'en matière de hausse d'impôt vous
pratiquez l'égalitarisme que vous dénoncez par ailleurs. Où est la cohérence ?

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3/ A la hausse de taux s'ajoute la revalorisation des bases, très importante : 2,5


% alors que l'inflation prévisionnelle est de moins de 1% pour l'année 2009. Le
pouvoir d'achat des Saint-Mauriens va augmenter de –de 1% en 2009 et les
impôts eux vont augmenter de 2,5% plus 4,9% soit une hausse de la part
communale de 7,5%. En matière de taxe d'habitation, l'impôt est calculé par
rapport à une base qui est la valeur locative moyenne. Or il y a à Saint-Maur
beaucoup d'habitants qui ont une habitation dont la valeur locative est inférieure
à la moyenne. Ce sont en général des personnes qui ont un petit revenu. Et bien
eux se voient appliquer les augmentations sur une valeur locative moyenne qui
est supérieure à celle de leur habitation. Je ne sais pas si vous voyez l'effet de
levier que cela peut représenter. Ce n'est plus la double peine, c'est la triple
peine !

4/ Redresser la situation financière de la ville en augmentant les impôts locaux,


en augmentant le tarif de tous les services locaux, c'est facile tout le monde peut
le faire. Je ne vois pas en quoi on est un bon gestionnaire quand on fait cela. Être
un bon gestionnaire par contre, c'est trouver des financements nouveaux
auxquels nous n'avions pas accès jusqu'à présent, des subventions, c'est nouer
des partenariats intelligents qui ne lèsent pas la ville, c'est réfléchir à un
regroupement intercommunal qui ait du sens puisque l'on parle beaucoup de
réforme territoriale et qui permette de mutualiser des équipements lourds
comme la construction d'une piscine ou la réalisation de crèches.

Si l'on veut faire un d'analyse financière, les points suivants sont à noter :

a) le bilan

La dette du budget de la ville est stabilisée mais la dette consolidée, c'est-à-dire


avec les budgets annexes augmente elle de 7 M€ (+2,7%). C'est moins que les
années précédentes certes mais on a néanmoins toujours une augmentation. La
courbe n'est pas interrompue.

Le fonds de roulement à fin 2008 est en très nette diminution par rapport à fin
2007 (1,2 M€ contre 5,2 M€), on le verra de manière plus fine au moment du
compte administratif. Cela n'est jamais une bonne chose que de diminuer le
fonds de roulement.

b) le compte de résultat

Les recettes augmentent plus vite que les charges. L'écart entre les deux est de
9 M€ alors qu'il était de 5 M€ en 2008 et de 4 en 2007. Mais heureusement qu'il
augmente cet écart avec près de 4, 5M€ de fiscalité en plus. Mais si on enlève
ces recettes supplémentaires, l'écart est le même qu'en 2007.

Deux interprétations sont possibles :

1. il y a des dépenses supplémentaires depuis que vous êtes la,

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2. ou alors si ce n'est pas le cas, il n'y a pas eu réellement d'économies de faites et


au-delà des grands discours, on est toujours dans un schéma équivalent à ce qui
se passait avant.

Il y a aussi des dépenses qui n'ont pas de contreparties. 708 000 € qui sont
prélevés dans la poche du contribuable alors qu'il n'y a pas de dépenses en face.
708 000 €, c'est presque 2 points d'augmentation de la taxe d'habitation. S'il n'y
a pas de dépenses en face et bien laissez les dans les poches du contribuable.

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Affaire n°xx : TVM

Le TVM c'est un serpent de mer qui ressurgit de temps en temps sans que l'on
sache bien pourquoi.

Ce combat est un combat d'arrière garde.

Le TVM est devenu pour vous un objectif politique au sens le plus étroit du terme.
En caricaturant les faits, en les déformant, en diabolisant le projet, vous cherchez
à apparaître comme l'ultime défenseur de l'urbanisme saint-maurien.

La planète est en surchauffe, les voies de circulation n'ont jamais été aussi
embouteillées qu'aujourd'hui, des milliers de val de marnais attendent que le
TVM soit prolongé vers l'Est, opération qui permettra de réduire significativement
les temps de transport de tous ceux qui aujourd'hui souffrent de l'absence de
rocade reliant les banlieues entre elles.

Bref, c'est la vie quotidienne de milliers de personnes qui va être simplifiée par
ce prolongement. Et parmi ces personnes, il y des saint-mauriens, bien sûr !
Malgré cela, il y a encore aujourd'hui qui trouvent que le projet, sous sa forme
actuelle, n'est toujours pas recevable. Lorsque l'on regarde les éléments qui sont
avancés et la rhétorique qui est utilisée, on ne peut qu'être interloqué par la
minceur des arguments. Avant-hier, c'était la longueur du bus, hier la
fréquence ? Aujourd'hui vous nous ressortez le tracé alternatif par Saint-Maurice,
qui est une vraie tarte à la crème, et qui serait redevenu légitime, dîtes-vous, par
la création d'une zone d'activité à Saint-Maurice.
Qu'il y ait des besoins de transport nouveaux à Saint-Maurice, bien sur. Que cela
nécessite le renforcement des liaisons existantes ou la création de nouvelles
liaisons, c'est fort probable mais que cela nécessite la déviation du TVM, à qui
voulez vous faire croire cela. C'est un peu comme si on demandait à détourner le
TGV Paris Marseille après Lyon pour desservir un village de campagne. Cela n'a
pas de sens.

Pour satisfaire un objectif politique court terme vous allez gaspiller des deniers
publics. Comme si l'on en avait de trop…

Contrairement à ce que vous dîtes l'urbanisme saint-maurien ne sera en rien


modifié par le prolongement du TVM, l'enquête publique l'a démontré. A partir de
Saint-Maur Créteil, c'est un autobus Standard qui prendra le relais et circulera au
travers du Vieux Saint-Maur comme circule aujourd'hui le 317. Il n'y aura ni
expropriation, ni site propre.

C'est une concession importante qui a été faite pour préserver les riverains. Une
concession qui dégrade la vitesse commerciale mais qui ne rend pas le projet
caduc pour autant.

Moi je crois au dialogue. On ne peut pas avoir raison contre tout le monde. Vous
faîtes une erreur d'analyse. Sur le TVM comme sur le logement social, ce n'est
pas le tracé ou les réserves foncières qui font défaut. Ce qui manque c'est la

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lucidité. Le compromis qui nous proposé est un compromis progressiste ; il faut


l'accepter pour garder la faculté d'influer. Si nous ne l'acceptons pas les choses
se feront malgré nous et sans nous.

Vous pouvez multiplier les procès faire assaut de juridisme, vous n'empêcherez
pas l'histoire de se faire. Et l'histoire, messieurs ne retiendra pas votre nom, c'est
certain….

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