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Jeudi 21 février 1952

12 h 24 Claude Dellys décolle de la base de Melin- Villaroche aux commandes de l’Arsenal VG 90 à destination d’Istres pour la pour- suite des essais en vol du prototype à ré- action destiné à l’Aéronavale.

du prototype à ré- action destiné à l’Aéronavale. Le VG 90-02 en vol. Archives AAEV ©

Le VG 90-02 en vol. Archives AAEV ©

à l’Aéronavale. Le VG 90-02 en vol. Archives AAEV © Claude Dellys. Coll. G. Augendre ©

Claude Dellys.

Coll. G. Augendre ©

Le temps est calme et ensoleillé. Adrien Valette, aux commandes d’un Junkers JU 88 ouvre la voie.

Les deux pilotes doivent rester en contact radio.

Tout se déroule normalement. Bien que ce soit un vol de routine, Claude Dellys envoie régulièrement des messages pour fournir des données aux techniciens.

Peu de temps après avoir franchi la Loire à 6000 m d’altitude, il décide d’augmenter lé- gèrement le régime du réacteur tout en baissant un peu d’altitude. Il ressent presque aussitôt des vibrations et les attribue à des turbulences qu’Adrien Valette, passé au même endroit peu de temps auparavant, n’a pas constatées.

Rapidement, le phénomène se répète et des pièces de l’appareil se détachent… Claude Dellys lance un bref message, puis plus rien Les tours de contrôle de Brétigny, Avord, Dijon et Lyon lancent des appels répétés restés sans réponses.

Enfin un message laconique tombe « un avion s’est écrasé à Mérolle, à 25 km de Mou- lins ».

s’est écrasé à Mérolle, à 25 km de Mou- lins ». Le VG 90- 02 s’est

Le VG 90-02 s’est crashé près de la ferme de Mérolle. Archives AAEV ©

Les premières informations font état d’une explosion en vol et de la dispersion des débris dans un rayon de 3 km.

vol et de la dispersion des débris dans un rayon de 3 km. Epave du VG

Epave du VG 90. A gauche la dérive et la partie arrière du fuselage. Archives AAEV. ©

L’ingénieur général Louis Bonte, directeur du Centre d’essais en vol de Brétigny se rend immédiatement sur les lieux de l’accident. Son avion les survole avant de se poser sur la base d’Avord. Louis Bonte revient par la route à Gipcy.

Photos A. Ressot. Coll. R. Duval, P. Debriette, E. Lamy. Le VG 90 s’est écrasé
Photos A. Ressot.
Coll. R. Duval, P.
Debriette, E. Lamy.
Le VG 90 s’est écrasé
dans un pré à proxi-
mité immédiate d’ha-
bitations, au lieu-dit
Mérolle, commune de
Gipcy.
L’appareil n’a pas brû-
lé. Il s’est enfoncé
d’un bon mètre dans
le sol et cassé en
deux
On retrouve l’em-
pennage droit au
lieu-dit Bout, à 3 km
au Nord, la verrière
du cockpit à la Jar-
rie, à 1500 m au
Nord-Ouest du
point d’impact

Vendredi 22 et samedi 23 février 1952

Dès le matin, des spécialistes œuvrent pour désincarcérer le corps de Claude Dellys. Avec d’infinies précautions, en raison du kérosène et de la cartouche non explosée du propulseur du siège éjectable, ils s’activent.

du propulseur du siège éjectable, ils s’activent. La commission d’enquête sur les lieux de l’accident.

La commission d’enquête sur les lieux de l’accident.

Journal La dépêche – l’Eclair du 25 février 1952. Archives départementales de l’Allier. JAL 39-23.

Après le passage d’avions de l’Armée de l’Air venus survoler les lieux pour rendre un der- nier hommage, le corps du pilote est enfin extrait des débris de l’appareil le samedi 23 vers 22 heures. Il est alors transporté à la mairie de Gipcy où s’effectue la mise en bière. L’unique salle est alors transformée en chapelle ardente où les compagnons du pilote se relayent jusqu’au lundi matin.

Lundi 25 février 1952

A 9 heure, le cercueil recouvert du drapeau tricolore est amené en cortège, porté à l’épau- le par six camarades du disparu jusqu’au pied du Monument aux Morts pour un dernier hommage.

pied du Monument aux Morts pour un dernier hommage. Le cortège fu- nèbre. En tête les

Le cortège fu- nèbre. En tête les drapeaux des sections des Anciens Combattants de Gipcy.

Journal la Tribune. Coll. G. Lauver- gne.

de Gipcy. Journal la Tribune. Coll. G. Lauver- gne. Le cercueil porté par des pilotes d’essai

Le cercueil porté par des pilotes d’essai est escorté par des gendarmes.

Journal la Tribune. Coll. G. Lauvergne.

Les honneurs militaires sont rendus par un détachement de gardes républicains (gendarmerie mobile) et un peloton de gendarmerie devant les drapeaux des associations patriotiques.

devant les drapeaux des associations patriotiques. Journal La Liberté du Massif central du 26 février 1952.

Journal La Liberté du Massif central du 26 février 1952. Archives départementales de l’Allier. JAL 76-77.

central du 26 février 1952. Archives départementales de l’Allier. JAL 76 -77. Journal La Tribune. Coll.

Journal La Tribune. Coll. G. Lauvergne.

Une minute de silence observée, l’Abbé Bathelet, curé de Gipcy et Meillers prononce une allocution dont on retient deux phrases:

« il est des hommes qui font honneur à l’Homme; il est des hommes que l’on aimerait avoir rencontrés. Claude Dellys était de ceux-là ».

avoir rencontrés. Claude Dellys était de ceux-là ». L’assistance. Journal La Tribune. Coll. G. Lauvergne L

L’assistance. Journal La Tribune. Coll. G. Lauvergne

Les camarades de Claude Dellys portent le cercueil jusqu’au camion du Ministère de l’Air et l’entourent avec les gerbes officielles et les nombreux bouquets et fleurs en pot apportés par des mains anonymes.

Le camion part en direction de Paris.