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Science et psychologie : nouvelles oeuvres inédites de Maine de Biran / publiées Alexis Bertrand,
Science et psychologie : nouvelles oeuvres inédites de Maine de Biran / publiées Alexis Bertrand,

Science et psychologie :

nouvelles oeuvres inédites de Maine de

Biran / publiées Alexis Bertrand,

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

par

Maine de Biran (1766-1824). Science et psychologie : nouvelles oeuvres inédites de Maine de Biran

Maine de Biran (1766-1824). Science et psychologie : nouvelles oeuvres inédites de Maine de Biran / publiées

: nouvelles oeuvres inédites de Maine de Biran / publiées par Alexis Bertrand, 1887. 1/ Les

par Alexis Bertrand,

1887.

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CenMM tmutttMM

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)tMsib)tMpatUe))e

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tout ou partie

du document reproduit

RELIURE SERREE

Absence de marges

intérieures

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DE

ANNUAIRE

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M FACULTÉ DES LETTRES DE LYON

TABt.E DES TROtS PMEMN!MSS ANN&ES

t883-iMS

KtWtMto t.

!A:MË&tMa

B~MtM, pM~Mexr de ~eempMe: to ~Mat)<M, MatotM de

t'AMMtb et

r~Mpe.)

de t'AM~ pttmMf. (httMdtMMon à t'M<t<t~ de

C)t.B~wr,pMt!i!SMMr(t'hMxiMetaBM~MBd)tmeyen~:ieje

WeoMe<fMN<)M««M<mMN.

)L. Cn~M, tt~MMw de tanetta et de MMmtaMtft-m~he do

meye)tage:J~oCAMa(9Me<fe~a~m6eM.

FnMk)tten.pAn.RM!<A)))).Sf<M)M<!taH~W~<a<HHM.

E.Bt!MT.c<)irrMp<mdMtde)'tMUtut:P<M)fM<'WCeM~.

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A.BBnTes,êt&~dMMBMt~M~d~totM:fa&ataM&<feet!tmM.

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P.RBBMn<:S<9)tCMta)!~)<<a!<M&fHM.

P.RBNfACB!j6<«<tMpAenN~et<<tHetyteA~ttM.

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<<~tM~<weMt~

Fin d'une série de documents en couteut

BIBLIOTHÈQUE

)<)i).A

FACULTÉ DES LETTRES DE LÏON

TOME DEUX!ÈME

La Faculté des Lettres de Lyon a dedde, l'année dernière, de modifierles conditionset la formede la publication seientiNque qu'elle avait entreprise depuis <M3. Son ~iaatMtM, qui tio com-

posait de &sctca!es d'Mato!ro, de Mt~mt~M. do philosophie,

devtont une ~MtoM~tM analogue & celle

Haates études, formée de volumes eoUeFement iadëpondants les uns des autres. Le présent volume est le deuxième de cette publication. Le premier, ~eM~ad~ et la jPoMfaKej~ntM~aHe

publie rËeotedes

que

en FfaaeAe-C<MM~,

par AI. E. BomMBMs, docteur ès-tettrea,

chargé des cours & la Faculté des Lettres de Lyon, vient de paraître. Le troisième,La CAatMoade Roland, traduite en prose archaïque et rythmée par M. L. Ct&tAT,professeur à la Faculté des Lettres de Lyon, paraîtra très prochainement.

MBUOTH~E DE LA FACUMË DES MmES DE MON

TOMBtt

SCJ~CE ET PSYCHOLOGIE

~WEUtS SUMM t~tHS

t~

/<

~J

~~ÎNE DE BIRAN

PPm.)~ A\KK UKE

tNtMM!CH(M<

hana

ALEXIS BERTRAND

ftefMMur do PMttMj~k t le Faculté de. LtttM!) de t.;m.

Fae-ShnMe.

tntMdncUen.

Rapporta de t'Meetegie

et des Nathëmatiqaes.

Observattem aBr le paterne de Gall.

CemmenMM am' les NëditatieMde BeMarteB.

Rapports des Menées naturelles

avec la Psyeheteate.

Notes mr t'abM de U9Me.

Notes sor ndeeteeie de N. de 'Tmey.

PARIS

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR

28,

ME BONAPARTE, 28

1887

FM.strn~ d'w.aap~ed<t~snuaeptt

?*

m~nuseril

INTRODUCTION

En

<8N6.

le

de l'Agrégation de philosophie

programme

comprenait tes JM<~<~<MM M~e~A~~M~ de Deaoartpa. Je

Biran avait laissé un CemtWH~~

inédit sur les J!M~f<t~<ttM, et je désirais vivement en fairp profiter nos étudiants et en profiter moi-même. Je me rendis donc à Gonbvo: M. E. Naville m'aeeuoittit avec «a henné graee accoutumée et mit a ma disposition tous les manuscrits de Maine de Biran. On est vite l'ami de t'émineutphilosophe génovoia quand on est l'ami de la philosophie et l'admirateur

savais

Maine

de

quo

il voulut bien me diriger et m'aider à

explorer ces volumineuxmanuscrits, qu'il connaît page par

de Maine de Bifan

page, ligne par

mier

ligne, je devrais dire

mot par mot. De ce pré.

que

le CMMHCH~aw

je

ne rapportai cependant

il

voyage

~Mf les

Jtf~tNita~MM, et

me parut si important que je

résolus des lors de le publier dans notre ~MMtMM~, ou du

moins d'en extraire les parties les plus nouvelles, et qui n'a-

vaient

philosophe. Quand t'~wMMH'e fut transformé, l'an dernier,

s'agran-

leur équivalentdans les œuvres connues de notre

j'étais vivement frappé

pas

en Bibliothèquede la Faculté des Lettres, mes projets

dirent et mon ambition augmenta

dp cette idée qu'il ne s'agit pas ici d'ouvrages de peu d'im-

portance, négligés à dessein

qu'an contraire, an témoignage

par les premiers éditeurs, mais

de l'homme qui connatt le

mieux la question, cinq ou six des

désignés

pour et la philosophie attendront

tandis

évidemment éliminées de cette édition. C'est une anomalie,

manuscrits inédits sont

la France

faire partie de l'édition dé6nitive

que peut-être longtemps eneore,

par

V. Cousin seront

plusieursdes pièces pnbtiéea

que

un fait étrange, et qui ne ae présente peut-être

pour aucun antre auteur ancien ou moderne, mais c'est on fait qui s'ex-

plique le plus aisément du monde a! l'on se rappelle l'histoire bitiarre,devenue légendaire comme celle des écrits d'Aristete,

de la publication des manuscrits de Maine de Biran

la Psycho-

Le

traité des ~<~w<s <!fM'Hf<?<: FM<Mw~

indiscutable

à cette époque surtout on

a<~c

~M me parut surtout d'un intérêt si actuel et, soit

sujet, soit par la matM~ra dont il est traité d'une utilité

par tt*

!:i

nous voyons la phy-

trop mol-

siologie envahir te domaine de la psychologie,

lement défendue,

jo n'hésitai

pas à en proposeret & en

en etbt,

adm!rabh'

dou-

une voient avec

que

entreprendre la publication. C'est,

défense de !a psychologie, et

ceux qui

leur l'espèced'abandon et de délaissementtu semble s'étioïer

aHJoard'huieetto science

toutefrançaise et prononcent au fond

suis sur, auront

du cœur t'~enafe a~MM/ 1 ceux-là, j'en

lieu d'être contents. Pas un des

arguments de

Maine d<'

Biran n'a vieilli. Cet éioquent plaidoyer, bien qu'il date

de soixante-dix

adversairesqui vivent et conspirent au milieu

semble écrit d'hier et s'adresser & des

ans,

de nous. Puisse-

t-it convertir quelques néophytesintempérantsde la physioto-

gie et les ramener au véritaMe objet de la psychologie;

puisse-t-il aussi détourner quelques-uns de nos jeunes philo-

sophes de ce coup rement entre les

étrange manière,

de désespoir, qui consiste à abdiquerentiè-

mains de Kant et a s'incliner sans nécessité

d'en exclure la Maine de

ne

que

1 non

mathématiques,je

devantl'Allemagne. J'entends l'accusation va-t-on dire, de défendre la philosophie,

science et d'y introduire lè chauvinisme Eh

Biran était un savant; il connaissaitles

dis pas

autant qu'homme de France, mais autant qu'il fallait

discuter avec Ampère sur maint sujet qui embarrasserait

avec

conviction et

sans une

pour

non complaisance légèrementemphatique, de la loi ~a~A~M~

il était 61s de médecin, très versé dans les études

fort tel d'entre nous qui parle

de Fechner

it. NM&e A&<o~M et <tMM~<tpM}«e Mr

<raeatt.E de NanM de Bt~m,

eontEmmt i* rHbhtife des mamMtMainédite de ce philosophe; a' lé Cata-

que écrits relatifs à sa vie et a sa doctrine, pM M.

pnMieM; 3' le Catategae dee

logue «abonné de Mttmwea tant inédites

E. Naville. Qenève, i8St.

physiologiques, fondateur etprésidentd'une~<tf)Mf<fM~fM&

l'ami intime de Cabanis,

comme en témoigna Mac corres-

yeux. Quant à t'AMomagne.

la

aura bientôt

ses

forçait de couronnerses

que Biehat et Cabanis valent

Schopenhauor écrivait en

ana, il est mort il y

honore aon nom et lit

pondance inédite

il ne jurait point

tnémoires. M pensait d'aitteura

bien les Allemands qui les

que j'ai sous les elle, mais il

par

pittent.

<M2 « Biehat a vécu trente

soixante ans, et toute l'Europe

ouvrages. Sur cinquantemillions de bipèdes, on aurait peine &

rencontrer une tête pensante telle

depuis ses travaux, sans les secours

Magendie, Flourens, Ch.

la physiologie

des

progrès n'ont

pas

vieillis, et tous

quand on

pas

société

mands,

tives

prononce le nom de

avec Schopenhauer

pour

Bichat. Assarétnent,

que

a fait dea progrès, mais

Allemands, et grâce uniquement à Bett et Marshat Hall pourtant ces

616 tels que Bichat et Cabanis en paraissent

les noms que

je viens de citer s'inclinent Bichat. » Je n'ajouterai certes

Quittons maintenant cette noble l'auberge des saltimbanques atte-

«

quart des invec-

pénétrer dans

» car un Français qui répéterait le

Schopenhauer adresse à ses compatriotes, ferait

que sur

que

crier au

coup

de

beau-

de points, notamment sur les lois de l'habitude, Maine

blasphème. Je me contenterai de dire

Biran au fond de sa province, sans ressources scienti-

Nques, parle seul enbrt de la méditation personnelle avait ren-

admi-

contré et même devancé Bichat'. J'ajouterai

à la fois et

Schopenhauer et

que pour

ceux qu'il invective si cruet-

lement, it faut vraiment se mettre trop au-dessusdu vieux

rer

principe de contradiction et avoir un grand !bnds d'admiration

en réserve.C'eat pourtant notrehistoire.Admirons et

tons, soit, mais d'abordconnaissons nos sachons si la psychologie française n'est

propres

pas

emprun-

richesses et

précisément

longue?? (inédite)

i.

Ce fait Mt attestA par une

a<fMM& au e~te~n B.

<M<Mf da <<ette ttroa~o~ M-<M<<< am

<m~ <taM ? premier volume de

h

la eMM~M de Nif. Bteta< << BMtMea.

MMMM~te nt&tteate en puan~tt an M.

par f<n«<m- du JMno&< <a«<HM f ~a/?«ente de ftaMf«<<e tm- &t /<«?< de

fHMar, t<MMt)M< par <YtMH<t<<national dam ta <aMee du ~t messidor au X.

cette que

portée

nous estimons «! haut quand elle noua est réim-

d'Attemagne,

Elle eat ntte des mathématiques et de la médecine, puis-

qu'elle a été fondée rais pouvoir insérer

Maine de Biran, et notammentles réponses aux lettres d'Am-

père, mais

remettre à plus tard cette publication cette correspondance et la longue introduction qui eut été nécessaire

pour en éclaircir tes points ebaenra, en combler los nombreuses la- CMneit et la rendreintelligible, eussentgrossi deprea d'nn fiera te présent votante. D'aillenrs te lecteur,je l'espère, ne perdra

rien pour attendre; te nombre dea lettres retrouvéespout s'ac-

Ampère et Maine de Biran, J'espé-

par

dans ce volume la C<MTp~peM<<9Mce de

des raisons budgétaires me forcentactuellement à

croMra

de jour en jour et déjà de nouveaux documents me

sont

depuis

l'éminent directeur de la T~NMf

janvier

parvenus

que

~t/MOj~MN

a bien voulu insérer dans le numéro de

dernier la lettre suivante

ici

parattra sous ce titre

je me permets de reproduire

sous presse un volume qui

JM~MOtres inédits

que « An moment de mettre

CoM'f~MM&mcM

de Maine de Biran, permettez-moi, monsieur le directeur, de recourir a votre obligeance et à la publicité de la Revue~Ve'

sophique,

sophie qui

avec Cabanis, Ampère, Stapp&tr, Destutt de Tracy, a duré fort

longtemps et a toujours été très active. J'ai entre les mains

des lettres nombreuses et

prier tous les amis des sciences et de la philo-

pour

posséderaientdes lettres de Maine de Biran, de

intéressantes, mais je suis loin sans

a encore bien des lacunes, et

par exemple, les part"

pas leur corres-

Barthélémy Saint-Hilaire, nous avons

le

public aura bientôt les réponses

que

les pièces

de ce grand

beau-

or,

vouloir bien me tes communiquer. Sa correspondance

doute de les avoir toutes, et il de très regrettables.Comment

y

fixer,

pondance ? Grâce a M.

respectives d'Ampère et de Maine de Biran dans l'élaboration

de leur système commun, si l'on ne possède

d~Mes lettres d'Ampère

de Maine de Biran. Il importe

procès figurenttoutesdans la nouvelle publication

coup sont sans doute disséminées on perdues. Puissent ceux

qui en ont entre les maina imiter la libérale et g~néreuxa conduite de M. E. Naville, qui fait un M aimable accueil aux amis de la philosophie et do Maine do Biran, et ton ta!sse puisera pleines mains dans sa pracieuaa eottection de manua.

crits. Agréez, etc. n On voit, par cette lettre,

aveo Maine de Iliran, c*<'at-&-dir<' la seule partie vraiment

t'étude des rapports d'Ampère

que

neuve de l'histoire des idées de Maine de Biran nousest inter- dite jusqu'à nouvel ordre. 11 faut donc borner cette introduc-

tion at'anatyse critique et historique des ouvres inédites

contient ce volume. A ce mot d'tenvres inédites s'attache à la

on les

accueille sans doute comme documents intéressants, mais on

les dédaigne volontiers comme n'étant

de simples gla-

que

qMe

fois une certaine faveur et une certaine pr&veation

que

nures après la moisson. On aurait grand tort de croire

tout est dit et

que

l'on vient trop tard. On lit dans les ~.p~t~

a Les ~HOpaM~

des ~aa<& pAt/osopAM de M. A. FouiMéc

(de Maine de Biran) ont été recueittis

V. Cousin

ouvrages

par

en l84t. » Il en résulterait qu'après i84i M. E. Naville, lui

aussi, n'avait plus qu'à glaner. Aussi M. FouiMée ajoute-t-il

« D'autres cauvres inédites ont été publiées

négligemment

par

M. Naville on i8S9. » Mais tournez les feuillets et vous

preuve

matériettc, pour ainsi aire,

que ces eM<M'<

orivrages

<«)

bien les principaux

aurez vite la

<M<M'M mA~es sont bel et

l'auteur. Personne en effet ne récusera la science profonde.

la haute compétenceet le goût parfait de M. A. Fouittée or, sur les onze morceaux qu'il emprunte à notre philosophe

et qui sont en effet parfaitement choisis, combien

pensez-

vous, sont extraits des quatre volumes de V. Cousin ? Pas

un. Et des trois volumes de M. E. Naville? Onze tout juste

Cela soit dit sans vouloir rabaisser le mérite de V. Cousin

c'est

ment pénétrant

l'augmenter au contraire, car il fallait être singulière-

juger si bien Maine de Biran sur des

ajoutons-le, publiés avec

pour

incomplets, et,

Maine de Biran

que

honoré la France

échantillons fort

beaucoup de négligence. Avoir proclamé

est « le plus grand métaphysicien qui ait

depuis Malebranche, N qu'il est « un homme sans égal en

France

le talent de l'observationintérieure, la finesse ft

pour

V. Cousin et un des plus grands

L'examen

son pays.

faire parcourir

pour

la profondeur du sons psychologique, a «'est ineenteatabte-

ment nn titra de gloire

services qu'il ait rendusà la philosophie de

rapide des nouvelles eBMvrea inédites va nous

toute la carrière philosophique de l'auteur et assister à la

genèse et à l'évolution de son système; idéologue renforcé

dans los Rapports de tlddologie et des JM<ï<A~Ha<t~t<M, nous

le trouvons à la Bn du volume en possession de tous ses

principes et parfaitementmattredu système nouvMMt, de cette psychologie qn'M n'est que juste d'appeler &tr<MMeHMt. Je

a eu quelque mérite à

m'empresse de déctaror

fouilles dispersées, à décMHrer

ces manuscritsmal écrits et en désordre (le fac-simiié

que con- tient ce volume représente une demi-page choisie parmi les pins nettes et les moins illisibles dn manùscritdes Rapports),

le principalhonneur en revient à M. E. Naville qui m'a cons- tamment guidé et dont j'ai scrupuleusementsuivi les indica-

que rassembler péniblement ces

s'il

y

tions

la main qui exécute ne fait qu'accomplir un devoir dp

reconnaissance en rendant hommage à la tête qui dirige.

On ignore généralementdeux particularités fort inté- ressantes de ta vie de Maine de Biran l'une nous est révélée les lettres inédites de Cabanis, c'est qu'il

songea assez

l'autre

par

en

recteur. H est à croire

1808, lors de la fondation de l'Université, un poste de

la partie inédite des lettres d'Ampère, c'est qu'il sollicita

par

longtemps à se faire professeur de mathématiques

que

la carrière de l'enseignement ou

l'administration universitaire lui convenaient mieux

Vanhnttenauraitvoulu

que

la

que politique,mais le hasard des événeme*'ts en décida contre ses

« Votra ami

veaux. Cabanis lui écrit le i9 theEmido* an XI

vous demandassiezla chaire de ma-

thématiquesqui vaquaità Versailles et il vous avaitécrit

pour

cela. B n'y a point de doute

que publique ne soienttrès disposés à vous proposerpour quelque

lesinspecteursde l'iBatruetiott

<

ptacf, mais nous voudrions bien

de Paris

voir

que cela ne fût pas trop loin

nousavons besoin de conserver t'espéraacc de voua

dans une lettre datée

» Ampère lui rend compte

par

y

de f808', des démaFchea qu'il a faites en aa faveur

chancelier et du grand mattre de l'université

aont venus ëohoaer, malgré de beMes

décision prise

d'anciens professeurs ou des proviseurs. C'est donc

auprès du

tous s<*s t'tforts

promesses, contre la

recteurs qM<*

parce

qu'H

t'emperear de ne nommer

ne fut pas nommé professeur en i803, que Maine de Biran ne

put être recteur en i808. Les lettres inédites de Cabanis

nous font voir qu'il faisait grand cas de Mainede Biran commema- thématicien et qu'il le croyait destiné & réformer la langue géométrique et à la faire profiter des progrès de t'idéotogie

que votre santé vous permette de reprendre vos anciens travaux

il en est un surtout auquel je mets un intérêt particulier;c'est votre réforme de quelques parties de la langue géométrique

Mon ccaar vous suit à Bergerac, je désire beaucoup

«

et

conséquent des idées elles-mêmes qui s'y

vous.

par

rapportent

il me semble que ce transport de l'idéologie dans la géométrie

est devenu indispensable et

t'exécute!' comme

f~eo~M et des Mathématiques a donc, sans doute, été

composé à la prière de Cabanis. Nous en trouvons

que personne n'est en état de

» Le mémoire sur les Rapports de

pour

la preuve

1803) où

le

dans

patauge

l'Institut

sur un de

ses con-

sujet

dans une lettre du 19 thermidor an XI (7 août

Cabanis avoue ingénument qu'il «

compte rendu qu'il prépare

cours

« Si vous aviez fait quelque autre chose sur le

que vous avez traité d'une manière si supérieuredans la note

~<Mt</e vous SMM redevable, vous m'obligeriez sensiblement de

me l'envoyer. Je patauge dans le

me

compte

rendu qu'on

demande, et j'auraibien de la peine à m'en tirer; je prendrai

'40

i. Recuea de lettres ineditea

communiqué par M. K. Naville.

ne

2. Cette lettre a été mnHtée, on

Mtt pourquoi, dans l'édNon de M. Bar-

Mnt-Baatfe. Benx ~ges qui roulent sor ces négociations ont été

thélemy

Mpptttneea. 3. Reenea tnMtt. Cette tettre est datée dn M août MM.

le parti d'y fondre, cm plutôt d'y copiervotre note. Si

avex fait quelque changement,

part. )' L'excellent Cabanis avait, on te voit, une méthode

pour alléger le Jaheur de ses comptes rendus On

vousy

faire

la bonté de m'en

ayp)5

commode

peut donc être assuré âne le manuscrit sans ratures, extrêmement soigné, a été

en i803, et nous en avons presque

nous possédons,

que envoyé à Cabanis matérieUe dans

la

preuve

une note écrite de la main même

encore, comme le pré-

cédent, la copie d'an mémoire sur les rapportsde l'idéologie

et des mathématiques, qui

giate qui est en même temps un géomètre distingué, mais

qui

de Cabanis sur la première

a été envoyé

par

un idéolo-

« Tout ce paragrapheXXIX est

n*)us

page

n'appartient à l'Institut que par les prix qu'il y a rem-

que

nous publions ne serait-il donc

est fM~-paMe a

que

portés. » Le fragment

le

paragraphe XXIX d'un mémoire fort étendu, communiqué à

Cabanis? Rien ne nous autorise positivement à le

supposer,

Maine de

Biran, et cette expression s'appliquerait mal à un travail de

car Cabanis parle d'une note <&w~

l'importance qu'il faudrait

ou que

que

Il faut donc admettre,

supposer.

ce numéro se rapporte au

compte rendu lui-même ou

que

le plan et l'ordre des

Maine de Biran n'avait écrit

paragraphesdu mémoire, dont il communiquait l'ordonnance générale et quelques fragmentsentierementrédigés.Quoiqu'il

en soit, on ne trouvé

titut le compte rendu de Cabanis, où il avait fondu le travail de son correspondant, ni dans les manuscrits de Maine de

Biran, la première partie de son mémoire. La note margi-

nale de Cabanis parlant au pluriel de prix

dans les recueils imprimés de l'Ins-

pas

remportés par

l'auteur, semblerait indiquer

de fJM~o~M et des Mathématiques est postérieur en date an

le Mémoire sur les

que

rapports

JM&MMre sur la décomposition de la pensée, mais M. E. Naville

croit que le contraire est établi par la lettre du i9 messidor

indiquée ci-dessus, et conjecture.

comme d'un prix miermémoiredé

Cabanis aura parlé

par

le

pre-

que de la mention honorable obtenue

Maine de Biran sur FTa/ZMeMeede /<<M<

L'idée maitresse de l'ouvrage est de sacrifier la métaphy-

de subor-

donnerla géométrie elte-même, «/MMM~ eoMpfMa&A* a<M ~i<

sique,

science/«~< <eM<?~M!«', & ta

organisées,

par

géométrieet

à l'idéologie considérée comme la

On peut y voir le développement de la

/<M~HCM<

science des sciences.

Pascal, de la distinctionde

thèse magistralementposée

l'esprit

devient ici l'esprit idéologique et si la partie historique, abou-

tissant à la proscription de la métaphysique, parait fort discu-

de finesseet de l'esprit

géométrique

l'esprit de finesse

table, il faut convenir

rieurementle

ehologiques, mais

et

pour réformer après avoir et s'être rendu compte

santé nelui permet

pas

Maine de Biran caractérise supé-

psy-

que

genre d'esprit qui convient aux recherches

il

parle encore d'une psychologie abstraite

qu'il n'a pas une <~e

calclfl et que sa

l'extrêmecontention<fe~M'«qu'exigent

peut réduire à deux les ser-

aux mathématiques en

et non plus nomi-

la langue mathéma-

ainsi dire exsangue et émaciée qu'il est destiné &

abandonné l'idéologie proprement dite

les recherches géométriques. On

l'idéologierend, selon lai,

vices

que premier lieu, elle force l'esprit à remonter jusqu'aux formes

génératrices, jusqu'auxdéfinitionsréelles

nales et provoque

tique que les

le joug

pas

mêmes

ainsi une réforme de

algébriers de profession, incapablesde secouer

des habitudes invétérées, ne tenteraient jamais eux-

qu'ils n'en sentiraient

le besoin et n'en

parce

même jamais la pensée

en second lieu, elle seule

ainsi dire, les nuances de la certitude ou

pour

de la probabilité, car la vraisemblance cor-

auraient

sait discerner,

plutôt les degrés

respond à un état d'esprit qu'un analyste exercé et pénétrant

peut seul définir, de sorte que

logiste fournit les données et

dans beaucoup de cas « l'idéo-

met le problème en équation le

On voit que Maine de

calculateur le résout mécaniquement M.

Biran ne ménage pas

adresse son mémoire

les éloges à l'idéologie,

à

qu'il

Cabanis, mais parce qu'en 1803, il est

non parce

encore tout imbu des doctrines de ses

premiersmaîtres, Con-

dillac et ses continuateurs.

Il.- Avec lediscoarsaurteayatomedeGatt, nous pénétrons,

dans un monde intellectuel nouveau

l'horizon s'élargit et

s'éclaira, la langue m&me est plus préciao et, on dépit du ton

dans l'intervalle cinq

années

par les méditations et les découvertes psychotiques.J'ai vive-

ment regretté

oratoire, plus soientiNque. Cest

se

que

sont écoutées. cinq années fécondes remplies

de laisser inédit un ~u~MMfp sMf les perceptions

y

traite Mr pro fesso des états

pure-

o6scMfM,composé, comme le discours sur Gall, pour la -SoeMM

médicale de Bergerac. Il

ment affectifs ou plutôt de cet inconscient qui a fait depuis

une si

crit,

écrits

mais it

brillante fortune. Apres avoir étudié ce curieux manus-

avaient paasé dans d'autres

pour offre un ensemble remarquabledont nous n'avonsjus-

des fragments? J'ai dû écarter aussi la 2MscMM<oM

il m'a paru que trop de pages

qu'on

put en toute

vérité le publier comme inédit,

qu'ici que

avec Af.

~oye~-Co/& sMf la réalité <fMM état j9Mfea:e~

affectif, publiée en entier

ces deux mémoires, on prouverait aisément

cient, dont les Allemands disent tant de merveilles, a été

M. J. Gérard

en réunissant

cet incons-

par

que

parfaitementdécrit

discours de Gall y

Paris depuis huit

que

on

Il ne faudrait

Maine de Biran qui, le premier, a