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RAPPEL DU SUJET

Outre les questions d’écologie, les menaces récentes de


guerre biologique ou chimique ont souligné les incertitudes
qui planent sur la sécurité en rapport avec l’environnement de
vie quotidien.

Analysez ces menaces non-conventionnelles et proposez


une hiérarchisation des risques.

1
La guerre chimique ou biologique, consiste en l’emploi délibéré, à des fins militaires,
de produits chimiques ou d’origine biologique contre des organismes vivants et en
l’utilisation de moyens de défense appropriés contre de telles attaques.

Son objectif principal tend à réduire plus ou moins profondément, parfois


définitivement, les capacités humaines en portant atteinte à certains tissus, organes ou
fonctions, et accessoirement en tarissant les sources de ravitaillement animal ou végétal.
D’un autre côté le dictionnaire Robert définit la menace comme étant l’acte par lequel on
exprime la volonté de faire du mal à quelqu’un, c’est un indice qui laisse prévoir un danger.
Il définit aussi le risque comme étant un danger plus ou moins probable auquel on est exposé.

Il est possible de qualifier les menaces non conventionnelles comme étant des dangers
directs provenant des agents non classiques et les risques sont leurs dangers indirects.
C’est pourquoi de nos jours une inquiétude croissante s’exprime quant aux risques de
nouvelles guerres. Cette inquiétude trouve son fondement dans le souci d’améliorer, en
permanence l’armement de chaque pays.

Nous nous rappelons tous Hiroshima et Nagasaki où l’arme nucléaire a détruit des
milliers de vies et de consciences. Si cette arme nécessite un savoir très poussé et des
composantes onéreuses et très difficiles à se procurer, il n’en demeure pas moins que son
domaine d’action ne connaît pas de limites. Ses effets impliquent une zone de dommage
incompressible1. Sa menace d’emploi constitue un instrument politique essentiel de la paix ou
de la guerre.

Elle est donc un moyen de dissuasion entre les mains des grandes puissances, rendant
son accessibilité difficile voire impossible pour la majorité des Etats.

C’est pourquoi on qualifie l’arme chimique et surtout l’arme biologique, d’arme


nucléaire du pauvre, car ces armes sont simples à fabriquer, à transporter, et nécessitent moins
d’installation et donc moins d’investissement.

1
Irréductible.

2
Dans ce contexte, l’attaque à l’anthrax aux Etats-Unis après les événements du 11
septembre 2001 et l’explosion de l’usine AZF2 à Toulouse en France le 21 septembre de la
même année, mettent en évidence les risques réels qui existent et laissent planer une menace
que les responsables nationaux ou internationaux se doivent de prendre en compte.

Ces menaces existaient déjà auparavant. En effet ces moyens chimiques et biologiques
furent employés dans les campagnes militaires dès l’Antiquité3, quoique d’une manière
limitée.

Concernant l’arme chimique, l’emploi des poisons dans l’art de la guerre, notamment
au cours des sièges, remonte au premier âge de l’humanité. Il est même beaucoup plus ancien
que celui des poudres et des explosifs. Tout au long de l’histoire des conflits, les généraux se
faisaient assister de savants, qu’ils chargeaient de mettre au point des fumées irrespirables
pour débusquer les combattants retranchés dans les abris, ou simplement pour contaminer la
nourriture de l’adversaire afin de la rendre impropre par contamination. Néanmoins, le poison
était considéré comme arme odieuse, déloyale et perfide car c’est une arme sournoise qu’on
ne voit pas, et qu’on n’entend pas et qu’on ne sent pas.

Déjà chez les Romains, puis plus tard, tout au long de l’histoire où pourtant le concept
même d’opinion publique était inexistante, les poisons étaient moralement discrédités.
Le premier traité de maîtrise des armements de l’histoire concerne des armes empoisonnées et
date du 27 août 1675. C’est une convention signée à Strasbourg dans les suites lointaines de la
guerre de trente ans entre Français et Allemands qui précisait, dans son article 57, qu’aucune
des deux parties n’utiliserait contre l’autre des projectiles empoisonnés.

Il faut attendre 1915, lors de la 1ère guerre mondiale, pour assister au déclenchement
réel d’une guerre chimique. En effet, l’attaque chimique allemande dans la région d’Ypres en
France le 22 avril 1915, a causé la mort de plusieurs milliers de victimes. Si l’arme chimique
n’a pas été utilisée pendant le seconde guerre mondiale, il n’en demeure pas moins que le
programme chimique militaire a connu une course effrayante entre les grandes puissances.

Plusieurs événements, dont la guerre de Vietnam (1961-1973), la guerre Iran-Irak


(1980-1988) et la guerre du Golfe (1990-1991), ont relancé les efforts de désarmement
2
AZF : usine construite en 1924 à Toulouse et qui avait été englobée par l’urbanisation.
3
VI ème Siècle av. J.C : empoisonnement des eaux du Pléistos par Solon.

3
chimique, qui ont abouti à la signature à Paris d’une convention d’interdiction des armes
chimiques4 le 15 janvier 1993 et mise en œuvre le 29 avril 1997. Son contexte interdit toutes
les activités relatives aux armes chimiques à savoir la mise au point, la fabrication, le
stockage, le transfert, l’emploi et la destruction de toutes les armes chimiques existantes.

Quoique 22 Etats, sur les 192 reconnus par la communauté internationale, ne l’aient
pas encore signée, cette convention présente un tournant dans l’histoire mondiale du
désarmement. Mais, il faut rester lucide, l’arme chimique n’a pas perdu son efficacité
militaire, le monde n’a jamais été imprévisible et les techniques de production et de synthèse
sont connues de tous.

De même pour l’arme biologique, on relève aussi que dès l’Antiquité de nombreux
exemples de procédés pouvant s’apparenter à la guerre biologique. Il était aussi pratique
courante en période de guerre, tant chez les Grecs, les Romains que les Perses, de souiller les
points d’approvisionnement en eau de l’ennemi au moyen de cadavres d’animaux afin de
l’empêcher de se ravitailler.

De même, au moyen âge, les récits d’histoire nous révélaient que lors des sièges on
procédait au catapultage des cadavres contaminés par-dessus les remparts des cités assiégées,
afin d’y répandre une épidémie susceptible d’affaiblir la résistance et d’abréger le siège.

L’une des plus célèbres fut l’attaque effectuée par les Tatars 5 en 1346, lors du siège du
Koffa (aujourd’hui Feodassia en Ukraine). Les forces assiégeantes victimes d’une épidémie
de peste, catapultèrent des cadavres à l’intérieur de la cité qui fut prise dans les jours qui
suivirent.

Cependant, le premier cas avéré d’utilisation d’armes biologiques à des fins militaires
date de 1763. C’est en effet à cette date que les forces armées britanniques utilisèrent des
couvertures contaminées par la variole afin de provoquer une épidémie, causant un véritable
génocide au sein des populations indiennes d’Amérique du Nord.

4
La convention chimique de 1993, entrée en vigueur le 29 avril 1997 visant à éliminer les armes chimiques, en
interdisant tout forme de développement, de production, de stockage et d’emploi de ces armes.
5
Nom donné par les Russes à partir du XIIIèmesiècle aux populations d’origine mongole ou turque. Récit par
Claude Meyer, Col. Perspectives Stratégiques, Edition Oct.2001.

4
Il faudra attendre les conséquences de l’utilisation massive des produits toxiques lors
de la première guerre mondiale pour voir la communauté internationale agir. C’est dans ce
cadre qu’elle adopte le protocole de Genève de 19256 pour l’interdiction de l’emploi en temps
de guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou autres agents bactériologiques (biologiques).
Toutefois, son texte contient des lacunes notamment dans la recherche, la production et le
transfert de ces armes, permettant ainsi de contourner cette interdiction.

C’est seulement en 19727 qu’a été signée la convention sur l’interdiction de la mise au
point de la fabrication, du stockage des armes bactériologiques (biologiques) et enfin sur leur
destruction, se basant sur un projet conjoint Américano-Soviétique. Cette convention est
entrée en vigueur le 26 mars 1975. Cependant, son texte comporte aussi des dispositions
insuffisantes au titre de la vérification.

D’ailleurs en 1989, un transfuge de l’Union Soviétique révélait aux services de


renseignements américains et britanniques l’existence du programme soviétique biologique à
caractère offensif de grande envergure qui violait les engagements pris par Moscou en tant
qu’« Etat parti » de la convention de 1972 sur les armes biologiques. La poursuite d’un tel
programme a été reconnue par le président russe Eltsine en 1992.

Enfin, il y a lieu de signaler les désaccords qui subsistent entre les Etats membres, en
particulier , sur la question du juste équilibre entre le besoin d’un certain degré d’indiscrétion
et la nécessité de protéger la confidentialité du secteur privé et des informations en matière de
sécurité nationale. Ce qui laisse planer le doute sur une réelle maîtrise de l’armement
biologique.

De ce fait, on est en droit de s’interroger sur l’analyse profonde des menaces que
peuvent occasionner l’emploi de ces agents et sur la hiérarchisation de leur risque.

6
Protocole international visant l’interdiction d’emploi de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires ainsi que de
moyens bactériologiques pendant la guerre.
7
Protocole visant l’interdiction de développement, de production, de stockage ou d’acquisition d’agents toxiques
ou microbiens à usage non pacifique. Les résultats obtenus jusqu’à nos jours restent mitigés.

5
Pouvant se présenter sous la forme chimique ou biologique, les récentes
menaces non conventionnelles peuvent altérer l’environnement planétaire et
provoquer des catastrophes dues à leur prolifération anarchique. Ces menaces
correspondent à une multitude de risques pour l’humanité en général, et pour
la stabilité internationale en particulier.

Pour démontrer cette thèse nous allons d’abord présenter les armes
biologiques et chimiques, nous analyserons ensuite la menace avant de
hiérarchiser les risques que présentent ces armes.

6
PLAN

I – Présentation des armes biologiques et chimiques.

11 – Historique.
12 – L’arme chimique.
13 – L’arme biologique.

II – L’analyse des menaces chimiques et biologiques.

21 – Menace liée au stock.


22 – Menace pour l’environnement.
23 – Menace de la dissémination.

III – La hiérarchisation des risques des armes chimiques et


biologiques.

31 – Risque en fonction de leur emploi.


32 – Risque en fonction de leur effet.
33 – Risque de remise en cause de la stabilité
internationale.

7
ID1 : Si, les armes chimiques et biologiques ont été utilisées dès
l’Antiquité, les progrès réalisés les ont rendues plus dangereuses pour la
société.

IS1 : Dés l’Antiquité les armes biologiques et chimiques ont été utilisées lors de
certaines batailles, conditionnant ainsi leurs issues.

Depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’aube du XX èmesiècle, l’homme n’a eu de
cesse que d’utiliser tous les moyens mis à sa portée par la nature et son esprit inventif.

En effet, si c’est lors de la première guerre mondiale que l’utilisation des armes
chimiques et biologiques devint significative, son emploi à des fins militaires, même s’il ne
fut que ponctuel, est bien antérieur à la grande guerre.

Dès l’Antiquité, on relève de nombreux procédés pouvant s’apparenter à des armes


chimiques ou biologiques. En effet, une étude historique réalisée par deux médecins militaires
américains Edward Eitzen et Ernest Takafuji, analysant les évènements de l’Antiquité ,
rapporte comment , en 184 avant JC, Hannibal8 élabora une arme inédite en vue d’une bataille
navale contre la flotte du roi de Pergame Eumène II. Le stratège carthaginois ordonna que
l’on remplisse des pots de terre cuite avec des serpents. Au plus fort du combat, Hannibal
lança ses paleobombes sur le pont des bateaux ennemis. En se brisant, les pots libérèrent les
reptiles qui aidèrent les Carthaginois à vaincre.

De même, au cours de la ligue Amphiethyorique contre la cité de Crissa près de


Delphes, Pausanias relatait, au VIIèmesiècle avant J.C, l’empoisonnement des eaux du Plirstos
avec des racines d’hellébore. Ses effets purgatifs obligèrent les défenseurs à abandonner leurs
postes, ce qui permit la prise de la ville.

Le moyen âge vit également fleurir un certain nombre de tentatives similaires.


L’historien écossais du XVIIIèmesiècle Buchanan attribuait ainsi l’échec d’une tentative
danoise d’invasion de l’écosse au XIèmesiècle à l’emploi de gaz hypotiques par les défenseurs.
De nombreux traités militaires du moyen âge et de la renaissance évoquèrent ainsi l’utilisation
des armes chimiques et biologiques.

8
( 247-187av. J.C) Général Carthaginois, fils d’Hamilcar Barca, dans la marche sur Rome 218/217 av. J.C., reste
l’un des faits les plus importants de l’histoire militaire (Encyclopédie Encarta 2002 ).

8
Au fil des siècles, plusieurs exemples décrivent des procédés qui s’apparentaient à des
armes chimiques et biologiques. En effet, les progrès rapides de la chimie et l’essor de la
médecine, particulièrement celle de la microbiologie, ont permis à ces armes de devenir une
alternative crédible aux yeux des instances militaires.

Ainsi, en juillet 1811, après que des officiers de marine britanniques eurent noté sur
les pentes de l’Etna9 en Sicile, le pouvoir délétère des vapeurs de soufre, l’amirauté soumit au
prince régent, le 12 avril 1812, une étude proposant d’envisager l’utilisation du soufre à des
fins militaires. Un mémoire consacré à cette question relevait que toute les fortifications
maritimes, peuvent être imparablement soumises à l’aide de vapeurs sulfureuses émises
devant les remparts et entraînées par le vent.

De même, leur essor s’est accru au cours de la fin du XIX èmesiècle. Elles acquièrent le
rang d’une véritable industrie en développant les procédés de leur production à grande
échelle. Les autorités militaires ou du moins une fraction d’entre elles, portaient un intérêt
croissant aux armes chimiques et biologiques. C’est pourquoi, ces autorités entreprenaient des
efforts pour développer les techniques d’emploi de ces armes. L’utilisation avérée par l’armée
allemande, et sans doute l’armée française, lors des opérations de sabotage de l’un contre
l’autre, témoigne de cette sollicitude, ouvrant le chemin à une course effrénée pour
l’acquisition de telles armes. Le spectre des offres de telles armes dans les guerres futures a
ouvert le débat sur les besoins d’instaurer une réglementation juridique. L’usage de procédés
jugés contraires aux lois de la guerre.

Ainsi, dès l’Antiquité ces armes ont été utilisées pour gagner plusieurs batailles.
Ce qui rend nécessaire l’analyse approfondie de l’usage de ces armes.

IS2 : Formé de composants nuisibles, l’arme chimique présente un danger certain


pour l’environnement quotidien de l’homme.

Le 22 avril 1915 à 17 heures, près du village de Langer mark en Belgique, la première


guerre mondiale changeait soudainement de nature. Les lignes alliées occupées par les troupes
françaises étaient abandonnées sans résistance par des combattants hagards, les poumons en

9
Etna : volcan actif du Nord-Est de la Sicile.

9
feu et que rien, sauf l’asphyxie, ne pouvait arrêter dans leur quête éperdue d’un air respirable.
Cent cinquante tonnes de chlore venaient d’être libérées par les Allemands, sur un front de
6 kilomètres. Poussé par le vent vers les positions françaises, le nuage toxique entraînait des
effets immédiats effroyables et ne laissait derrière lui que morts et agonisants. Très différente
par son ampleur de l’emploi à la guerre des substances empoisonnées auxquelles, depuis
l’Antiquité, les hommes s’étaient essayés, l’arme chimique était née.

A partir de cette date, l’arme chimique a en effet connu une évolution originale, que
l’on peut globalement diviser en trois phases :

• D’abord, la transition entre deux générations de toxiques de guerre, qui accompagna le


passage de l’avant guerre à l’après guerre.
• Ensuite, la période de la guerre froide au cours de laquelle les armes chimiques sont
devenues, sous certains aspects, comme les autres.
• Enfin, l’entrée résolue, mais encore inachevée, dans l’ère du désarmement.

Il convient donc de définir l’arme chimique10.

Schématiquement, les armes chimiques se divisent en deux grandes catégories :

- Les agents létaux : ces composés peuvent provoquer la mort de ceux qu’ils touchent
ou ceux qui les respirent. Ils se répartissent en quatre grandes familles :

- Les vésicants, comme l’ypérite ou le gaz moutarde.

- Les suffocants, tel le chlore et le phosphogène, agissent sur le poumon en créant un


œdème. Secondairement ils peuvent engendrer des troubles circulatoires et rénaux. Les
poisons sanguins comme le chlorure de cyanogène, privent rapidement l’organisme de
l’oxygène nécessaire à sa vie.

- Les neurotoxiques, comme le sarin, le tabun, le soman et les produits V, qui


bloquent le système nerveux végétatif par inhibition de l’acétycholinérase.

10
Définition de l’arme chimique par Encyclopédie Universalis.

10
- Autres agents : La lewisite et l’adamsite, produisent des brûlures sur la peau et les
muqueuses.

- Les agents non létaux : ils servent essentiellement au maintien de l’ordre ou à la


mise hors de combat de ceux qu’ils visent. Pour l’essentiel, ce sont des irritants. Ces agents
constituent des armes aux atouts multiples : la facilité de production, les coûts raisonnables et
les effets rapides, spectaculaires et meurtriers.

La preuve en est l’intoxication par les gaz de combat de 1 360 000 soldats pendant la
première guerre mondiale, et dont 94 000, pour la plupart des Russes, trouvèrent la mort.

Par la suite, de nouvelles formules, plus efficaces, ont été développées, comme les
neurotoxiques organophosphorés, découvèrent en 1937 par l’Allemand Gerhard Schröder11, et
les agents V, découvèrent en 1950 par les Britanniques et les Allemands.
La recherche sur de nouvelles molécules ne s’est pas arrêtée depuis cette époque et nous
verrons par la suite comment ces armes ont évolué.

Plusieurs pays ont un arsenal d’agents chimiques, mais il y a peu de conflits où ils
furent utilisés. Le seul pays à en avoir utilisé en quantité assez grande et flagrante pour le
mesurer fut l’Irak pendant la guerre contre l’Iran de 1980 à 1988, sans omettre de citer le
calvaire des Kurdes gazés12 par Bagdad d’avril 1987 à juin 1988. Ces armes ont causé chez les
Iraniens et chez les Kurdes irakiens les séquelles suivantes : l’obscurcissement de la vue, des
difficultés respiratoires, des vomissements, la confusion mentale et enfin la mort de plusieurs
milliers de victimes.

Au total, cette approche de l’arme chimique nous a montré le réel danger que
Présente cette arme en affectant sévèrement la santé de l’être humain, et son
environnement. Il en est de même pour l’arme biologique.

11
Chimiste Allemand qui fit la synthèse du tabun en 1936 et du sarin en 1937.
12
Par Jean Jacques Bozonnet, le Monde du 28-29 oct. 2001.

11
IS3 : Les armes biologiques sont encore plus terrifiantes menaçant l’existence de
l’humanité tout entière.

Il est difficile d’imaginer une arme plus dangereuse que l’arme bactériologique. Elle
est aussi létale, pour ce qui est du nombre de victimes qu’elle peut causer, que les dispositifs
nucléaires, sinon plus. Elle a un caractère particulièrement insidieux.

L’arme biologique ou bactériologique peut être définie13comme l’arme chimique.


Néanmoins, les agents d’armes biologiques peuvent dans un environnement adéquat, se
multiplier, se perpétuer et même provoquer des mutations pour cantonner les mesures de
protection. On estime, par exemple, que l’agent biologique du botulisme est trois millions de
fois plus toxique que le sarin.

L’approche militaire du concept d’arme biologique prend en compte différents


paramètres permettant de connaître les moyens de mise en œuvre d’une arme en fonction de la
cible visée et des effets recherchés.

Plusieurs grands pays ont travaillé, à des degrés divers, au développement d’agents
biologiques à des fins de guerre. Sélectionnés ou adaptés à partir des germes pathogènes
provocants différentes maladies nocives pour l’homme, les animaux domestiques ou les
récoltes alimentaires, ces agents comprennent des bactéries, des champignons, des virus ou
des toxines. Les germes pathogènes causant le butulisme, la peste, la fièvre aphteuse et le
pourrissement des épis de blé sont parmi ceux qui peuvent être dirigés directement contre les
armées ennemies ou les économies civiles qui les approvisionnent. Le génie génétique permet
également de développer de nouvelles souches virales très toxiques contre lesquelles une
force ennemie ne serait pas préparée.

L’histoire nous a révélé que dans les années 30 et au début des années 40, le Japon
avait utilisé des agents biologiques en Chine. De même au début des années 80, une
controverse éclata sur le fait que l’Union Soviétique utilisait en Afghanistan, au Vietnam, au
Laos et au Cambodge des toxines fongiques sous une forme appelée Pluie jaune14, comme
armes biologiques.

13
Définition donnée par Encyclopédie Universalis 2001.
14
Terme désignant des substances retrouvées sur le terrain au Laos et au Cambodge.

12
L’agent biologique peut donc être défini comme étant un micro–organisme qui
provoque une maladie chez l’homme, les plantes ou les animaux ou tout ce qui produit une
détérioration des matériaux.

Les experts retiennent en priorité cinq agents pouvant provoquer des dégâts
considérables.

1 – le virus responsable de la variole :

Sa très grande virulence, son caractère hautement contagieux et l’absence de


médicament en font l’agent le plus dangereux. D’autant plus que la majorité de la population
n’est plus protégée contre cette maladie, tenue pour éradiqué depuis près d’un quart de siècle.
Cette infection se caractérise par une éruption cutanée, dite Vésicculo-pustuleuse,
prédominante au niveau du visage et des extrémités des membres. Les porteurs de la maladie
sont contagieux pendant la période d’incubation : 12 à 14 jours de la maladie. En cas
d’épidémie, la mortalité peut dépasser les 30% et beaucoup de survivants souffriront de
séquelles graves. Cette maladie se transmet d’homme à homme.

2 – Le germe de la peste

Depuis l’aube de l’ère chrétienne, cette bactérie a fait environ deux cents millions de
victimes. Profondément ancrées dans l’inconscient collectif, les frayeurs associées à cette
maladie déclencheraient en cas de réapparition, même limitée, dans un Etat industrialisé, une
panique difficilement contrôlable. L’infection de l’organisme conduit le plus souvent à
l’apparition d’une adénite, ou bubon (d’où la tristement célèbre peste butonique). Dispersée
par aréosole, cette bactérie provoquerait la forme pulmonaire de la maladie. Les symptômes
apparaîtraient un ou deux jours après l’exposition. En l’absence de traitement, la mortalité est
très élevée.

3 – L’agent de la tularémie :

Cette maladie bactérienne, également connue sous le nom du fièvre du lapin, concerne
de nombreuses espèces animales ainsi que des invertébrés. Chez l’homme, elle est observée
de manière sporadique, même si des épidémies ont été notées aux Etats-Unis et en Union
Soviétique. Il n’y a pas de transmission inter humaine. L’exposition à un aérosol exposerait à
la forme thypohidique ou pulmonaire de la maladie. Celle-ci se caractérise, après une

13
incubation de deux à dix jours, par une fièvre associée à un état de prostration et conduit, en
l’absence de traitement, à la mort dans plus de 35% des cas.

4 – les toxiques bolutiques :

Il s’agit de protéines secrétées par des bactéries anaérobies du genre clostridium. Ce


sont les plus puissants des poisons actuellement connus. La maladie provient de plus souvent
de la consommation d’aliments contaminés. Utilisées à des fins criminels, ces toxines
pourraient être dispersées dans l’atmosphère ou introduites dans les circuits d’eau potable,
voire des fabrications agroalimentaires. Quelques heures après l’absorption de la toxine,
apparaissent des signes oculaires suivis d’une paralysie descendante, bilatérale et
asymétrique, non accompagnés de fièvre. Il n’y a aucun traitement disponible. L’absorption
d’une micro gramme de toxine suffit à entraîner la mort.

5 – Le bacille de la maladie du charbon ( Anthrax)

Rendue célèbre depuis les attaques qu’ont connues les Etats- Unis au lendemain des
attaques du 11 septembre, cette maladie présente, outre les formes entamées et digestives, des
spores, hautement résistantes, de Bacillus antharcis qui peuvent être inhalées par voie
respiratoire avant de provoquer une septicémie pouvant être mortelle. Les premiers signes
chimiques, nullement spécifiques, peuvent être confondus avec ceux d’une grippe ou de
certaines viroses respiratoires. En l’absence de traitement, une fois les symptômes installés, le
décès survient en quelques jours.

En définitive, l’étude de l’arme biologique (ou bactériologique) nous révèle les


dangers potentiels que peut engendrer l’usage d’une telle arme.

Ainsi, les armes chimiques et biologiques, au vue de leur composition et au fil du


temps, ont constitué un réel danger pour l’humanité. Ces armes présentent plusieurs
menaces qu’il faudrait identifier.

14
ID2 : Les aléas liés aux stocks, la dégradation de l’environnement
ainsi que les dangers de la prolifération sont les principales menaces des
armes chimiques et biologiques.

IS1 : L’inefficacité des mesures de contrôle des stocks fait de l’existence même de
ceux-ci une véritable menace.

La fin de la guerre froide a mis en exergue les quantités importantes d’armes


chimiques et biologiques stockées dans certains pays, notamment la Russie et les Etats-Unis.
Si quelques pays ont déclaré officiellement de posséder un tel arsenal, il n’en demeure pas
moins que les quantités et les qualités de ces armes stockées demeurent jusqu’à nos jours
insuffisamment cernées.

Les arsenaux chimiques et biologiques, qu’ils soient offensifs, défensifs ou dissuasifs


constituent un réel danger pour l’humanité. Rien que le fait d’en posséder est une menace.
Que dire donc de leurs stockages ?

En effet, la Russie qui a hérité de l’Union Soviétique, des grandes quantités d’agents15
chimiques et biologiques, trouve des problèmes pour s’en débarrasser. Son arsenal est sans
aucun équivalent dans l’histoire, puisqu’il comporte environ ¾ de neurotoxiques pour les
agents chimiques et plus de ¾ pour les pathogènes les plus dangereux qui peuvent exister sur
la planète. Elle s’est engagée à détruire 20 % de son arsenal chimique (plus de 8 000 tonnes )
pour le 29 avril 2002.

Cependant, elle n’a pas les crédits nécessaires pour une telle opération. Le Ministère
de Communication russe affirme qu’il faudrait un siècle pour détruire l’arsenal chimique, si
l’on se tenait au rythme de financement actuellement consenti par le gouvernement de la
Fédération. Selon toujours la même source, les crédits en cause devraient être au minimum
multiplier par 10 pour respecter les obligations issues de la convention d’interdiction des
armes chimiques de 1997.

Devant cette situation, plusieurs pays, au tout premier rang figure les Etats-Unis, mais
c’est aussi le cas de l’Allemagne, de la Suède, des Pays Bas etc., ont décidé d’apporter leur

15
Quantités dépassant les 80.000 tonnes selon les experts occidentaux.

15
aide à la Russie pour atténuer au plus vite ce qui constitue à ce jour une menace sérieuse pour
sa sécurité nationale et la sécurité internationale.

Aussi, il est nécessaire de signaler, que les mesures de sécurité prises pour protéger ces
stocks demeurent insuffisantes. En effet, il n’y a pas de jour qui passe, sans qu’on apprenne
que les différents services de renseignements occidentaux ou russes n’interpellent des
suspects qui veulent écouler sur le marché des agents chimiques ou biologiques. Si les faibles
salaires conjugués à la corruption sont les véritables causes de ce marché noir sur le marché
russe, les véritables causes de ce négoce sur le territoire américain, demeurent inconnues.

En effet, l’enquête par le FBI sur l’origine de l’anthrax (maladie du charbon), ayant
contaminé plusieurs personnes aux Etats-Unis révèle que cinq laboratoires américains
considérés aujourd’hui comme pouvant être la source des bactéries. Ils auraient obtenu leur
échantillon d’un centre de recherche de l’armée américaine sur les maladies infectieuses (US
Army Medical Rechearch Institue of Infection Disease) situé à Fort Detrik dans le Maryland.
Les spores trouvées dans les enveloppes envoyées à Washington aux différents sénateurs et à
plusieurs groupes de médias à New York et en Floride sont génétiquement semblables à celles
de Fort Detrick. Donc, si les Etat-Unis avec leurs mesures draconiennes habituelles n’ont pas
pu empêcher de telles fuites, que dire de la Russie avec ses moyens très réduits ?

Ainsi, les aléas liés au stockage constituent des menaces réelles et ces armes
génèrent aussi des conséquences directes ou indirectes fâcheuses sur l’environnement.

IS2 : les armes chimiques et biologiques sont aussi une menace pour
l’environnement.

Le développement de la technologie a favorisé les recherches pour développer les


armes chimiques et biologiques.

En effet, lors des expérimentations des divers agents, les réactions en chaîne qui se
sont produites, sont responsables de la dégradation et de la perturbation de l’écosystème.
Ainsi, l’industrie chimique et biologique rejette des déchets qui polluent l’eau, source vitale
pour l’homme, la faune et la flore. Les eaux sont donc contaminées par ces déchets chimiques

16
ou biologiques provocants des effets dévastateurs. Ces contaminations pourrant même toucher
les nappes phréatiques qui occasionneront, à long terme, une pénurie d’eau générale.

Il y a bien longtemps, divers composés chimiques, comme l’agent orange, qui a altéré
le métabolisme des plantes et qui a entraîné la défoliation, ont été utilisés dans certaines
guerres pour réduire la couverture de l’ennemi ou priver les populations civiles des récoltes
nécessaires. Ces agents chimiques ont des effets à long terme sur l’écosystème, c’est le cas
notamment au Vietnam.

De même, plusieurs grands pays ont travaillé, à des degrés divers, au développement
d’agents biologiques à des fins de guerre. Sélectionnés ou adaptés, ces agents pathogènes
comprenant des bactéries ou autres, peuvent être nuisibles pour l’homme, les animaux ou les
récoltes alimentaires, provoquant ainsi des effets négatifs sur la planète.

L’affaire de l’emploi massif d’herbicides et de défoliants par les forces américaines


lors de la guerre de Vietnam, entre 1963 et 1969 /1970 a connu un tout autre développement.
En effet, des centaines de milliers d’hectares de végétaux furent attaqués et détruits. Les
Vietnamiens et leurs alliés, ainsi que certaines organisations américaines comme la
Fédération of Américain Scientistes, cherchent à accréditer l’idée selon laquelle les
Américains détruisaient les récoltes pour affamer les populations.

De surcroît, les sites industriels génératrices des fumées toxiques qui polluent
l’atmosphère, présentent une autre forme de menace pour l’environnement. C’est le cas
notamment lors de l’avènement des accidents dans ces sites. Ce qui peut engendrer des
catastrophes non négligeables.

L’explosion d’une usine pétrochimique à Toulouse en France (AZF) le 21 septembre


2001 a fait plus de 30 morts, 658 blessés dont 30 dans un état grave, notamment de grands
brûlés et 3 000 personnes légèrement touchées, 11 000 logements détruits ou gravement
endommagés et un peu près 15 milliards de francs de dégâts.

En effet, les soixante-dix hectares du site ont subi l’empreinte profonde de près d’un
siècle d’exploitation industrielle. Sa dépollution pourrait coûter 250 millions d’euros, selon le

17
Ministère français de l’Environnement. Par conséquent, cette catastrophe a ranimé la question
des sites industriels en zone urbaine, et même en campagne.

Enfin, même la destruction de ces produits nuit à l’environnement. En effet, plusieurs


quantités d’agents chimiques ou biologiques ont été détruites à l’occasion des conventions
dans la nature provoquant un déséquilibre de l’écosystème dont les effets ne peuvent être
connus à court terme. En effet, on jette ces agents dans la mer pour s’en débarrasser. La
destruction des produits chimiques en l’an 2000 dans la mer au Sud du Pacifique, par les
Etats-Unis, en est le meilleur exemple.

De même des destructions clandestines s’organisent pour se débarrasser de ces agents,


à moindre coût sans se soucier des normes internationales, pourtant reconnues et paraphées
par ces Etats producteurs de tels agents. Leur destruction en mer peut générer aussi des
problèmes sur le plan psychologique en raison de la peur qu’elles soulèvent chez les riverains.

Aussi, il faut noter que le progrès technologique induit, par le souci de disposer d’armes
de plus en plus sophistiquées, à la dégradation de l’environnement. Les expériences répétées
en pleine nature ou dans des laboratoires génèrent des gaz toxiques qui sont versés dans la
nature et dans les Océans, polluant ainsi les eaux souterraines et l’air qu’on respire. Cet état
de fait aggrave les émissions des gaz à effet de serre. Ces derniers, peuvent provoquer un
réchauffement climatique de la terre (générateur de sécheresses), des inondations, la montée
des eaux et même de nouvelles épidémies.

Ainsi, ces armes sont directement ou indirectement d’une part responsables de la


dégradation de l’environnement, leur prolifération constitue d’autre part une menace
manifeste pour l’humanité.

IS3 : La prolifération est un autre aspect des menaces des armes chimiques et
biologiques.

La prolifération chimique ou biologique désigne la révélation de la possession de ces


armes par de nouveaux pays, qu’il s’agisse d’une situation réellement nouvelle, ou d’un fait
préexistant mais non divulgué jusque là. On parle alors de prolifération horizontale16.
16
Extension du nombre de pays possédant des armes N.B.C.

18
Le terme de prolifération verticale17 ne met pas en cause de nouvelles parties
prenantes, mais désigne, dans un pays donné, l’amplification quantitative et qualitative d’un
potentiel comme la mise au point de nouveaux toxiques ou de nouveaux vecteurs.

La fin de l’ère communiste a relevé l’importance des recherches et des progrès réalisés
par l’ex-Union Soviétique et ses alliées. En effet, malgré les discussions engagées avec les
Occidentaux, ces sociétés ont développé en parallèle de nouvelles armes à base d’agents plus
performants. Cette menace a conduit les Etats-Unis et ses Alliés à moderniser leur arsenal
chimique et biologique. Les problèmes complexes de la vérification dans ces domaines,
aujourd’hui non entièrement résolus, accentuent encore plus ce problème. En effet, liées à la
sécurité nationale et à la sécurité internationale, les gouvernements rendent difficiles toute
inspection dans leur site industriel respectif.

Il est aussi nécessaire de signaler les pressions de l’industrie pharmaceutique et des


biotechnologies qui sont insistantes en raison de l’énormité des capitaux mis en jeu dans le
secteur. Ces acteurs craignent que les procédures d’inspection prévues par les futurs
protocoles ne soient l’occasion d’un véritable espionnage industriel.

Mais l’importance de juguler la redoutable prolifération biologique et chimique, est


sans rapport avec les inconvénients de ces inspections sur les sites suspectés ou douteux.

Aussi les transferts délibérés ou involontaires de technologie sensibles sont souvent à


l’origine des programmes liés aux armes de destructions massives, comme l’a nettement
démontré la variété des technologies que l’Irak a pu acquérir ou détourné avant que le système
d’inspection mis en place, à la suite de la guerre du Golfe, ne mette à jour les programmes
nucléaires, biologiques, chimiques et balistiques irakiens.

Le phénomène de prolifération qui fait de plus en plus peur aux Occidentaux, concerne
en premier lieu un nombre limité de pays à savoir : la Corée du Nord, l’Iran, l’Irak, la Syrie,
l’Inde, et le Pakistan. Il se caractérise aussi, en second lieu, par la concomitance fréquente
des programmes balistiques licites et d’activités le plus souvent clandestines dans les
domaines chimiques et biologiques. Ce phénomène rassemble en troisième lieu des acteurs

17
Accession d’un pays possédant des armes N.B.C. à de nouvelles technologies.

19
étatiques régionaux qui se trouvent le plus souvent en situation d’opposition plus au moins
marqués avec les Etats-Unis et qui ont très délibérément choisi la voie des armes de
destruction massive et des missiles comme réponse à un environnement de sécurité perçu
comme hostile.

Cette menace des armes biologiques et chimiques, s’est aggravée avec la prolifération
des missiles balistiques à courte et à moyenne portée, aptes à être dotées de composantes
biologiques ou chimiques. Puisque, pendant la guerre froide selon des déclarations officielles
russes, l’ex-Union Soviétique avait affecté pendant cette période plus de 60 000 chercheurs et
techniciens à son programme d’armement biologique et chimique. Elle a ainsi doté, les pays
satellites et des pays de partout dans le monde, de ses missiles SCUD à capacité chimique ou
biologique. Cette prolifération notoire a de son côté provoqué le développement d’armes
capables de contrecarrer les méfaits de ces armes, c’est à dire des armes à caractère défensif.

De même, il faut noter que les filières de prolifération actuelles, s’affranchissent de


plus en plus souvent du recours à des technologies venu des pays occidentaux ou de l’ex-
URSS. Ainsi, plusieurs pays ont développé des capacités autonomes de production d’armes de
destruction massive et de missiles comblant d’éventuelles lacunes technologiques par des
transferts horizontaux entre Etat proliférant. Dans ce contexte on trouve des missiles Nord-
Coréens dans une multitude de pays.

Mais, le caractère le plus marquant de la prolifération, est celui de la politique


américaine : La stratégie asymétrique. En effet, l’Administration américaine préconise la
politique de deux poids, deux mesures. D’un côté il adopte des sanctions économiques à
l’égard des pays soupçonnés de détenir des armes chimiques et biologiques. D’un autre côté,
elle observe un silence quasi-total sur le développement de l’arsenal chimique et biologique
d’Israël18, leur fournissant les équipements et le savoir-faire pour développer encore plus leur
arsenal militaire.

Enfin, il faut signaler aussi l’entêtement de Washington qui rejette toute forme
d’inspection concernant ces programmes de recherches chimiques et biologiques. Selon le
New York Times du 4 septembre 2001, ce refus s’explique par le fait qu’elle veut empêcher la
divulgation de ses expériences, notamment l’utilisation d’agents pathogènes et l’expérience de

18
Les mystères de Nes Ziona en Israël par Patrice Claude, le Monde 28-29 oct. 2001.

20
bombe bactériologique. La mise en œuvre de la nouvelle bombe thermoïnique19 dans l’actuel
conflit en Afghanistan, témoigne de l’accroissement des recherches américaines dans ce
cadre.

Ainsi, les aléas liés aux stocks, la dégradation de l’environnement et les dangers
de la prolifération constituent de véritables menaces liées aux armes chimiques et
biologiques. A ces menaces, souvent difficilement palpables et que nous mettons ici en
évidence, correspondent des risques que nous nous devons de hiérarchiser pour y faire
face de manière responsable.

ID3 : Les armes chimiques et biologiques présentent des risques


hiérarchisés en fonction de la probabilité de leur emploi, de leur effet, et
surtout de leur conséquence sur la stabilité internationale.

IS1 : Les armes chimiques et biologiques présentent des risques en fonction de


leur emploi.

L’emploi des armes chimiques et biologiques cause de nombreux dégâts. A la


différence des armes classiques, les armes non conventionnelles sont des armes de destruction
massive qui font des milliers de victimes avec des quantités très faibles. Les dangers de ces
armes peuvent s’accroître si elles sont combinées avec des armes classiques. En effet, les
munitions d’artillerie, des avions, des bateaux et les missiles si elles sont équipées d’agents
chimiques ou biologiques auront des retombées plus graves que celles traditionnelles.

L’emploi de ces armes à des fins non militaires peut avoir aussi des retombées graves.
En effet, le risque de terrorisme biologique et chimique a pris une nouvelle dimension avec
l’attentat au gaz sarin dans le métro de TOKYO le 20 mars 1995 perpétré par la secte Aum20.

19
Arme guidée par laser qui peut pénétrer dans les grottes, le journal l’opinion du 8 Dec.2001.
20
Secte japonaise qui avait organisé et exécuté l’attentat au sarin du métro de Tokyo en mars 1995, ainsi que
plusieurs autres attentats chimiques dans d’autres villes au Japon.

21
Depuis, il apparaît que de nombreux experts considèrent ce risque comme étant très
probable. Il fait partie des vulnérabilités nouvelles auxquelles la communauté internationale
doit faire face, surtout après l’attaque à l’Anthrax aux Etats-Unis.

Il convient donc de définir le terrorisme chimique et biologique. En effet, des


confusions peuvent surgir quant à la définition du fait terroriste chimique ou biologique. Ici, il
sera pris au sens large et désignera toute action armée, quelle que soit sa motivation exécutée
par un groupe clandestin, visant à déstabiliser l’action d’un Etat et ce par l’utilisation de tout
agent chimique ou biologique, considéré comme une arme de destruction massive, en vertu de
son potentiel théorique de nuisance.

Ainsi, le terrorisme biologique et chimique constitue un risque grandissant. Un groupe


non négligeable de groupes terroristes, ou sur le point de devenir, est susceptible d’adopter
une stratégie de destruction de masse (ou de le faire croire), pour des raisons idéologiques,
militaires, religieuses ou sectaires qui peuvent parfois échapper à la logique commune.

Il semble bien, à l’évidence, que la barrière technologique d’accès à de telles armes


puisse être surmontée du fait de la prolifération des informations concernant la chimie ou la
biologie, des compétences humaines, et surtout des armements de ce type. Cette acquisition
peut apparaître à beaucoup comme plus simple, moins coûteuse à tout point de vue, plus
discrète et presque aussi efficace qu’une arme nucléaire.

Le plus ancien cas de terrorisme biologique moderne est rapporté par HARVEY
GEORGE dans son livre « Chemical and Biological terrorism ». En effet, en 1915, un certain
docteur ANTON DILGER, médecin d’origine allemande, aurait aménagé une petite
installation de production d’agents du charbon symptomatique et de bacilles de la morve dont
les souches lui auraient été fournies par le gouvernement allemand. Il aurait ainsi produit sous
forme liquide environ un litre d’agent et réussi à contaminer environ 3000 mules et chevaux
destinés aux forces alliées en Europe. Il semblerait aussi que plusieurs centaines de militaires
aient été atteints par cette opération.

Le terrorisme biologique ou chimique peut facilement être réalisable. En effet, il


n’existe aucune surveillance sérieuse de l’accessibilité à ces substances et le peu de contrôle
exercé sur les cultures pathogènes peut être contourné de bien des façons. Ces matières

22
biologiques et chimiques peuvent être fabriquées sous le couvert d’une entreprise
commerciale apparemment licite, comme une petite société de recherche ou laboratoire
médical. Ainsi, un journaliste de science et vie affirme avoir pénétré en janvier 1998, sans
aucun contrôle, dans l’Institut Pasteur. Il a accédé à un réfrigérateur non fermé à clé contenant
des fioles de toxines botuliniques.

D’ailleurs, comme l’indique Joseph Mc Cormick, responsable de l’institut de virologie


à Pasteur : N’importe qui ayant quelques connaissances en bactériologie peut récupérer des
souches pathogènes dans la nature et les cultiver.

Il semble donc que la plupart des spécialistes s’accordent sur le fait que la préparation
ou l’acquisition et l’utilisation des agents chimiques et biologiques de destruction massive
sont parfaitement à la portée des groupes terroristes actuels. Une seule personne peut venir à
bout des diverses tâches requises pour la production et la dissémination efficace d’un agent.

Le recrutement des personnes compétentes ou l’acquisition d’agents prêts à l’emploi,


peut favoriser l’action des terroristes. Si, la fabrication et l’usage d’une arme à destruction
massive peuvent nécessiter des connaissances techniques moyennes, les compétences et
l’expérience sont aussi des éléments non négligeables que les organisations terroristes ne
semblent pas encore détenir. Le demi-échec de l’attentat de Tokyo démontre largement cette
idée.

Ainsi, les armes chimiques et biologiques présentent des risques importants en


fonction de leur emploi. Leur effet provoque des conséquences fâcheuses sur la
population.

23
IS2 : Les armes chimiques et biologiques ont des effets dévastateurs.

L’emploi des armes chimiques et biologiques par les Etats lors des guerres anciennes a
provoqué de véritables génocides. En effet, les contaminations occasionnées par ces armes,
ont touché aussi bien les militaires que les populations civiles.

En effet, l’utilisation des armes chimiques en 1983 par l’Irak lors de sa guerre avec
l’Iran a fait des milliers de morts au sein de l’armée iranienne et de la population. L’utilisation
irakienne de l’arme chimique s’est encore accrue dans son escalade avec les Kurdes.

De nos jours l’effet recherché par l’emploi de telles armes devient très dangereux.
En effet, il suffit théoriquement des quantités relativement petites d’agents chimiques ou
biologiques pour causer une destruction massive. Elles pourront être également utilisées
contre des postes de défense fixes dans les guerres des tranchées qui n’en finissent plus ou
encore contre, des unités de force de réserve, des formations qui se rassemblent en prévision
d’une offensive, des escadrons de la force aérienne ou des unités de soutien dans la zone
arrière où des résultats immédiats ne sont pas nécessaires.

Dans les meilleures conditions possibles, le scénario des dernières guerres au Kosovo21
et en Afghanistan, montre qu’un seul aéronef est en mesure de disperser des quantités élevées
d’agents chimiques et biologiques (bactériologiques) sur des centaines, voire des millions de
mètre carré par pulvérisation, en ligne droite contre le vent depuis la région ciblée. Par
conséquent, on peut toucher même des personnes qui ne sont pas des acteurs de cette guerre.

Aussi, il faut noter le cas d’emploi de ces armes pour raison raciale. Si le régime nazi
l’a utilisé contre les juifs lors de la deuxième guerre mondiale (Holocauste) 22 causant un
véritable génocide, il n’en demeure pas moins que leur utilisation pour le même objectif, a été
activé en Afrique du Sud. En effet, ce pays a développé un programme chimique et biologique
visant à détruire les noirs du pays. Des lessives en poudre explosive, des cannettes de bière au
thallium jusqu’au vaccin pour rendre les femmes noires stériles, les opposants de l’apartheid
ont utilisé tous les moyens pour favoriser la supériorité de la race blanche.

21
Tire son nom d’une plaine en ex-Yougoslavie, elle est peuplée majoritairement d’Albanais. Elle réclame son
indépendance sous protectorat de l’ONU après la guerre de 1997.
22
La Shoah pour les Juifs : l’extermination des Juifs par les Nazis entre 1939 et 1945 dans les pays occupés par
les troupes du Reich hitlérien.

24
De même, ces armes peuvent avoir des conséquences fâcheuses sur les animaux.
Ainsi, les progrès spectaculaires effectués par l’ex-Union Soviétique dans les domaines de la
guerre biologique ou chimique, sont les fruits des expériences effectuées sur les animaux.
C’est le cas notamment de l’expérience réalisée sur une île au milieu de la mer d’Amanal, où
les scientifiques ont attaché une centaine de singes à des poteaux, afin d’expérimenter de
nouvelles armes bactériologiques.

Enfin, si les effets de ces armes à court terme peuvent être relativement connus, leurs
effets à long terme demeurent une équation difficile à résoudre. Leur évolution est tellement
aléatoire que leur déclenchement peut s’avérer suicidaire même pour l’agresseur. Leurs
conséquences dépendent largement de l’objectif recherché de leur emploi et du degré de
réceptivité de leurs victimes. L’attaque par une telle arme engendrera un afflux massif de
personnes contaminées civiles et militaires, ce qui aurait des conséquences sanitaires et
militaires majeures.

Les soins à donner à ces victimes seront fonction des différents diagnostics et des
logistiques importantes. Si l’agent utilisé n’est pas identifié rapidement, le problème des soins
deviendra alors très complexe, car toutes les infections ou intoxications ne se traitent pas de la
même manière.

Ainsi, les risques des armes chimiques et biologiques peuvent être classés en
fonction des effets provoqués sur la population. Ces armes peuvent aussi mettre en cause
la stabilité internationale.

IS3 : L’emploi des armes chimiques et biologiques peut remettre en cause la


stabilité internationale.

25
La polémique concernant l’emploi d’armes chimiques ou biologiques a remis en cause
des acquis internationaux. Cette idée va apparaître au début sans fondement, mais elle sera
démontrer par la suite.

En effet, dès 12 septembre 2001, le Conseil de sécurité a donné le feu vert aux Etats-
Unis de riposter militairement au nom de la légitime défense. La légalité internationale leur a
été acquise, avant même que l’ennemi n’ait été désigné. Au nom de la sécurité, le caractère
sacro-saint de la souveraineté est bafoué. Il n’y a plus de frontières infranchissables.

Tout Etat peut être considéré comme un Etat voyou23 s’il possède de telles armes
même si pour un usage pacifique. Ainsi les organisations de défense des droits de l’homme
ont tiré la sonnette d’alarme sur le sujet de droit international, la fièvre sécuritaire et les
dérives qui peuvent en résulter. Les ligues des droits de l’homme et les ONG l’ont fait pour
les mesures adoptées dans l’Occident. Pour certains Etats, cela constitue une aubaine. C’est le
cas notamment pour la Russie et Israël afin de mater respectivement les Tchétchènes et les
Palestiniens24.

Aussi, la nouvelle doctrine américaine prônant des frappes préventives, est la nouvelle
politique annoncée le 30 janvier 2002 par le président américain Monsieur Bush.
En effet, il décrit l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord comme « un axe du mal ». Il a affirmé
qu’il ne laisserait aucun pays menacer les Etats-Unis avec de l’armement chimique ou
biologique. Cette nouvelle doctrine militaire prévoit de menacer d’interventions armées tous
les pays qui cherchent à se doter d’armes susceptibles de menacer directement ou
indirectement les intérêts américains. Cela présente un tournant majeur par rapport à ce qui se
pratiquait auparavant. En effet, on n’utilisait les forces militaires qu’en riposte pour une
attaque.
Dans ce contexte, la communauté internationale s’est opposée aux éventuelles attaques
contre ses pays. Néanmoins, les pressions de Washington ne pourront-elles pas permettre au
président américain d’atteindre ces objectifs. Par conséquent, les outils de régulations
internationaux n’auront plus la légitimité d’autrefois, car ils seront entre les mains des grandes
puissances et les utiliseront à leurs avantages.

23
Terme américain désignant les pays qui soutiennent toute forme de terrorisme.
24
Les ONG critiquent ces deux pays qui violent constamment les droits de l’homme.

26
Aussi, après leur utilisation ces armes laissent des séquelles chez l’homme. Outre leur
nuisance, elles sont génératrices de peur, de stress et d’anxiété. Donc en plus de l’équipement,
il faut s’armer de calme et même il faut prendre des tranquillisants comme le diazépam
autrement dit du valium. Imaginons les effets de ce produit sur l’homme.

Dans ce contexte, il ne faut pas omettre les séquelles psychologiques qui peuvent
occasionner les armes chimiques et biologiques, aussi bien chez les militaires que chez les
populations civiles.

En effet, l’exposition direct ou indirect des militaires a des telles armes peuvent
entraîner, d’une part la baisse de leur rendement sur-le-champ de bataille, et d’autre part des
réactions incontrôlables des militaires après avoir regagné leurs foyers. Citant à titre
d’exemple le syndrome de la Guerre du Golfe dont les causes et les conséquences restent
encore indéterminées.

De même, le risque d’emploi de ces armes peut provoquer une panique générale chez
la population civile. Ainsi, les récentes alertes à la maladie du charbon aux Etats-Unis, en
Grand Bretagne, en Corée du Sud, en Argentine ou dans autre pays, entraîner une psychose
non égalée. La population est traumatisée et les psychiatres sont submergés. Tout le monde
court pour acheter des médicaments ou des vaccins.

Aussi, de leur côté, les responsables prennent des mesures de sécurité draconiennes.
Ils imposent des lois et des contrôles sécuritaires qui mettent en danger les libertés
individuelles considérées comme des droits inviolables, avant les attentats de 11 septembre.

Dans ce cadre, le Gouvernement de monsieur Bush a fait entériner par le Congrès


américain quelques semaines après ces attentats, une loi patriotique, réduisant par conséquent
la liberté des citoyens.
Un peu par tout dans le monde, d’autres Etats ont fait de même, mettant ainsi en sursis l’Etat
de droit et ses valeurs que l’Occident ne cesse d’ériger en modèle.

Enfin, une attaque chimique ou biologique aura des percussions sur le plan
économique. En effet, l’attaque d’infrastructure, d’usine ou de tout secteur économique dans

27
un pays, aboutira à la récession de son économie. Plusieurs secteurs sociaux seront alors
touchés, la production tombera et le commerce s’effondrera. Sans omettre le fait, que de tels
attentats ont des effets négatifs sur la production économique.

Les attentats du 11 septembre en sont les meilleures illustrations. En effet, l’économie


américaine, la plus performante, connaît une récession qu’elle n’arrive pas à juguler.
L’ouverture de Wall Street, six jours après les attentats tragiques de New York et de
Washington, s’est soldée par une baisse hebdomadaire de 14% pour le Dow Jones, sa plus
forte chute depuis octobre 1932, entraînant, en conséquence une crise qui aura des percussions
sur l’économie américaine pour un bout de temps.

De même, selon la doctrine des dominos, les bourses européennes ont été entraînées
dans le sillage de cette crise, et ont poursuivi leur déclin. Aussi, le secteur de transport aérien,
le secteur de télécommunications et le secteur de tourisme, ont eux aussi souffert à la suite de
ces événements. Des milliers d’emploi sont supprimés, plusieurs usines ont fermé leur porte.

Dans ce cadre, le constructeur européen Airbus ne pourra pas savourer sa victoire sur
son rival Boeing. En même temps qu’il annonce, jeudi 17 janvier 2002, un carnet de
commandes pour 2001 supérieur à celui de l’Américain, le PDG d’Airbus, estimait nécessaire
de supprimer 6000 emplois dans des usines de Toulouse, Nantes, Hambourg et Chester.
Même les promotions des compagnies aériennes et touristiques ne suffisent pas à relancer
l’économie. La fermeture de ces usines provoquera la suppression de milliers d’emplois et
aura certainement des conséquences sociales non négligeables.

Ainsi, l’emploi de ces armes peut, remettre en cause la légitimité de certaines


instituons internationales, provoquer des séquelles psychologiques graves chez l’homme
et générer une récession de l’économie mondiale.

28
Conclusion

En somme, les armes non conventionnelles qu’elles


soient chimiques ou biologiques, représentent des menaces
certaines découlant de leur stockage et de leur prolifération
incontrôlée dont les conséquences pourraient être irréversibles
et nuisibles pour l’environnement. C’est pourquoi, les effets
recherchés à travers leur emploi, touchent l’environnement
quotidien de la population civile qui peuvent, d’une part
générer des effets psychologiques importants, et d’autre part
remettre en cause la stabilité de l’ordre international.

Néanmoins, la transparence conjuguée à une implication


effective des institutions internationales sont les ingrédients
indispensables pour une éradication, ou du moins une
limitation des dégâts que risquent de générer ces armes.

29
BIBLIOGRAPHIE

• Les armes chimiques -Ed :Que sais-je ? 1° édition 1999, Olivier Lepick, p.3 à126

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Patrice Binder, p. 3 à 123.

• L’arme chimique. Edition oct. 2001 par Claude Meyer, p. 8 à 427.

• Défense Nationale août-sept.2001. La prolifération des armes de destruction massive


par Marcel Duval, p. 14 à 25.

• Le Monde Dossiers et Documents fev.2002 :


-La menace du bio terrorisme par Catherine Vincent, p.5.
-Les dangers de l’arme chimique par Jean François Augereau , p.5.

• Le Monde du 28-29 oct.2001. Dossier Spécial : L’autre menace= bactériologique-


chimique –nucléaire, par François Bonnet.

• Encyclopédie Universalis 2001. Armes chimiques et biologiques.

• Manière de Voir N° 60, Nov.-Dec.2001. Menace bactériologique, par Susan Wright,


p.35 à 37

• Le Monde Diplomatique nov.2001. Double langage et guerre bactériologique, par


Susan Wright, p.3.

30