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QUELQUES CONSIDÉRATIONS PSYCHOLOGIQUES SUR LE COMMENTAIRE D'ÉCOUTE

Author(s): Emmanuel BIGAND, François MADURELL and Stephen McADAMS


Source: Musurgia, Vol. 5, No. 1, Dossiers d'analyse (1998), pp. 71-81
Published by: Editions ESKA
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/40591361
Accessed: 12-12-2017 07:58 UTC

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QUELQUES CONSIDÉRATIONS
PSYCHOLOGIQUES
SUR LE COMMENTAIRE D'ÉCOUTE

Emmanuel BIGAND*

François MADURELL**
Stephen McADAMS***

La réflexion engagée dans un l'urgencearticle et sa conduite dans de telles cir-


précédent à propos du commentaire constances est sans doute d'un grand inté-
d'écoute(1) avait esquissé une confronta- rêt. Ces conditions sont spécifiques du
tion entre la tradition pédagogique du commentaire et le rendent irréductible à la
commentaire et quelques aspects de la situation plus confortable d'un auditeur de
cognition musicale. Si certaines des ques- concert. Mais la diversité des répertoires,
tions posées s'insèrent dans le cadre plus l'implication de plusieurs niveaux de trai-
général d'une problématique de l'écoute tement cognitif, leurs interactions voire
et peuvent trouver dans la psychologie leurs antagonismes, la vitesse différente
cognitive des réponses partielles, d'autres des processus, font du commentaire
soulèvent de sérieuses difficultés épisté- d'écoute un objet rebelle à l'observation
mologiques. Le commentaire d'écoute est scientifique. On ne peut l'aborder ferme-
une situation complexe dont la psycholo- ment que par ses composants, en tentant
gie cognitive ne peut approcher que les de démêler les fils de l'écheveau : c'est la
éléments - ceux qu'elle peut soumettre à démarche que nous proposons ici. Une
l'expérimentation - et il serait vain d'at- approche holistique demeure, en l'état
tendre des réponses péremptoires aux actuel des connaissances, plus spéculative
questions de fond que pose cette épreuve
que scientifique et l'on ne pourra formuler
lorsque l'on tente de la saisir dans sa glo-
à partir de cette réflexion que des hypo-
balité. La plus grande complexité est thèses.
atteinte quand l'épreuve est orale : le jury
ne peut être assimilé à un observateur Le commentaire d'écoute se présente
neutre et la contrainte temporelle est comme un exercice de virtuosité cognitive
maximale. D'un point de vue docimolo- tout à fait remarquable, qui permet d'éva-
gique, cette contrainte place le sujet dans luer rapidement et de façon globale les

• Docteur en psychologie cognitive, Maître de conférences (HDR) à l'université de Bourgogne., LEAD-CNRS, ESA 502
•• Professeur agrégé, UFR de Musicologie, Université de Paris-Sorbonne, Paris IV.
••• Docteur en psychologie cognitive, Directeur de recherches au laboratoire de psychologie expérimentale (CNRS), u
versité René Descartes, et à l'IRCAM.
c" Madurell, Musurgia, 1996, vol.III, n°4 (cf. bibliographie, pour les références complètes des articles et ouvrages cit

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compétences d'un candidat dans un taires,


domaine d'expertise donné. La psycholo- unes de
gie cognitive peut préciser la nature des tionnen
opérations perceptives et intellectuellesleur recherche sur le fonctionnement
requises lors de cette épreuve. Bien qued'opérations spécif iques(5). L'approche
son développement soit récent à l'échelle cognitive tente de définir le déroulement
de l'histoire des sciences(2), les psycho-temporel des opérations mentales qui
logues ont accumulé un ensemble de interviennent entre le stimulus présenté au
connaissances sur le fonctionnement et le sujet (la pièce musicale dans le cas pré-
développement de nombreuses activités sent) et la réponse fournie (le commen-
mentales - telles que la perception, l'at-taire verbal ou écrit). Bien que les
tention, la mémorisation, la représenta-
expériences ne portent généralement que
tion catégorielle, le raisonnement, lasur l'une ou l'autre de ces opérations, l'ob-
résolution de problèmes, le langage et jectif théorique reste de comprendre com-
l'apprentissage - qui, de toute évidence,
ment chacune s'articule dans l'ensemble
interviennent plus ou moins directementdes traitements qui vont déterminer le
dans une situation de commentaire comportement du sujet ; cette perspective
d'écoute. « integrative » définit la spécificité du cou-
rant cognitif en psychologie(6). La disci-
La démarche du psychologue expéri-
pline peut donc - a priori - apporter des
mental diffère de celle du pédagogue(3).
Toutefois il existe des points communs éléments de réponses à deux catégories
entre ces deux disciplines : le pédagogue de questions : la première concerne les
cherche à développer chez le fiatar candi- contraintes qui pèsent sur la gestion de
dat des compétences complexes interve- l'ensemble des opérations cognitives
nant dans l'écoute et l'exécution musicales. impliquées dans une tâche complexe, la
Le psychologue étudie le fonctionnement seconde porte sur les limites propres à la
réalisation de certaines de ces opérations.
des opérations cognitives qui sous-tendent
ces compétences. Les stratégies adoptéesNous en donnerons un aperçu dans la
suite de cet article.
pour atteindre ces objectifs présentent
également des similitudes. Il s'agit dans les
deux disciplines d'une stratégie de réduc- 1. Le commentaire d'écoute :
tion-reconstruction. Le plus souvent, l'ap-
une situation de tâches multiples
prentissage de la musique est organisé
autour de l'acquisition de compétences et Le premier souci du psychologue est
d'établir un schéma approximatif des dif-
de connaissances parcellaires, avec l'es-
férentes opérations mentales requises
poir qu'une synthèse de l'ensemble de ces
apprentissages élémentaires soit ensuitepour la réalisation d'une tâche complexe.
effectuée. L'enjeu du commentaire Ce schéma s'appuie sur les connaissances
d'écoute est d'évaluer le degré atteint paractuelles dans la discipline et sur une dose
le candidat dans l'accomplissement de - parfois non négligeable - d'intuition. La
cette synthèse. En psychologie, les com-figure 1 représente les différentes catégo-
portements humains complexes sont ries d'opérations mises en œuvre dans le
considérés comme le résultat d'un commentaire d'écoute. Il ne saurait s'agir,
ensemble d'opérations cognitives à ce stade, d'un modèle scientifique du
élémen-

(2) L'ouvrage de Neisser, Cognitive Psychology, 1967, marque l'établissement définitif des principaux concepts du domaine.
(3) Voir Madurell, L'élaboration des stimuli dans la recherche sur la perception musicale, Observatoire Musical Français,
1, 1995.
(4) Voir Fodor, La modulante de l'esprit, 1983.
(5) Les recherches actuelles en neurosciences confirment amplement le fondement scientifique d'une telle démarche. Le
cerveau humain n'appréhende pas la réalité d'un seul tenant: il la décompose et l'analyse grâce à un ensemble d'opérations
de traitement localisées dans des croupes bien distincts de neurones.
{6) Voir Tiberghien, Intelligence des mécanismes, mécanismes de l'intelligence, 1986.

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métacognitives
comportement, mais plutôt d'un qui aboutissent
premier à la pro-
duction verbaleun
outil de travail qui constitue ou écrite du commentaire.
préalable
indispensable à toute investigation
Chacune des ces étapesexpéri-
met en œuvre des
mentale. opérations de traitement très spécifiques :
le fonctionnement défaillant d'une seule
Trois groupes d'opérations mentales
peuvent être distingués dans le cas dude ces opérations peut compromettre le
résultat dans son ensemble.
commentaire d'écoute (figure î). Le pre-
mier renferme des opérations de prise
/./. Les opérations de prise
d'information(7) qui vont conduire le can-
didat à repérer un ensemble de traits musi-
d'information
caux propres à la pièce (harmonie,
rythme, éléments thématiques, procédés Les opérations de prise d'information
sont déterminées par des processus de
d'écriture, orchestration, timbre, etc.). Le
second renferme des opérations de straté- traitement dirigés par les données senso-
gies attentionnelles : la situation du com-rielles et par des processus de traitement
mentaire d'écoute correspond à une dirigés par les connaissances du candidat.
situation de résolution de problèmes, qui Les premiers processus détectent des
nécessite la mise en œuvre de stratégies caractéristiques acoustiques. Celles-ci vont
cognitives différentes selon la définition activer un ensemble très large de connais-
du problème donnée au candidat. Le troi- sances, relatives non seulement au lan-
sième groupe comporte des opérations gage musical (musique occidentale

( Stratégies cognitives ]

//Prise
/
dinformatioX
Traitement
connaissances
' /MétacognitioT'
dirigé par les ' /
' /
'
'
l m I I Transcription linguistique I
VA/ ' cles réactions suscitées /
' f / ' par la pièce /
' Traitement dirigé par les / ' /
'données sensorielles^/ '. /

ji ^= 1
' $ Commentaire écrit ou oral

'
L|^^~^^^ Evaluation par le jury
Figure 1 : Le commentaire d'écoute : une situation de tâches cognitives multiples.

(7) Ces processus de traitement des informations musicales sont l'objet de très nombreuses études en psy
tive de la musique et nous renvoyons le lecteur intéressé à l'abondante littérature consacrée à ce suje
McAdams et Deliège, 1989 ; McAdams et Bigand, 1994 ; Deliège et Sloboda, 1995).

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mod
1.2. Le
européenne, etc.) mais également au de problèmes
contexte socio-historique et géographique
de la production de l'œuvre. Une fois acti- Toute situation de résolution de pro-
vées, ces connaissances vont, en retour, blèmes se caractérise par un état initial, un
état final souhaité et des contraintes sur les
influencer les processus de prise d'infor-
actions permettant de passer de l'un à
mation sur l'œuvre. La prise d'information
l'autre. Les stratégies de résolution de pro-
s'apparente ainsi à un va-et-vient extrême- blèmes désignent les opérations permet-
ment rapide entre les données sensorielles tant de transformer l'état initial en état
et les connaissances stockées en mémoire
final tout en respectant les contraintes
à long terme. L'ensemble des informations
pesant sur les actions. La nature des ces
ainsi activées est ensuite représentéstratégies
de varie selon que les problèmes à
façon transitoire dans une mémoire à résoudre sont bien définis (l'état final est
court terme qui fonctionne comme uneclairement délimité) ou mal définis (l'es-
mémoire de travail(8). Lors de l'écoute, les pace des solutions est non délimité). Dans
informations s'accumulent dans cette le cas présent, le stade initial désigne la
mémoire de travail. Leur rétention est phase de découverte de l'œuvre, l'état
essentielle, non seulement pour lafinal
com- le commentaire verbal ou écrit requis.
Les actions permettant de passer de l'un à
préhension de la structure du discours
l'autre consistent à effectuer une sélection
musical mais également pour l'élaboration
des informations enregistrées en mémoire
du commentaire.
de travail. Cette sélection dépend des
Les capacités de cette mémoire sont contraintes que le jury^ exerce sur le
commentaire final. En l'absence de recom-
limitées, tant du point de vue de la quan-
tité que de la durée du stockage. L'afflux mandations précises, elle dépendra de ce
que le candidat imagine que l'on attend de
d'informations peut donc aboutir très vite
lui.
à la saturation et à l'oubli de ce qui a été
préalablement enregistré. En musique
comme dans beaucoup d'autres domaines, 1.3. Production du commentaire
le maintien temporaire des informations Enfin, le commentaire suppose l'inter-
peut alors dépendre de l'existence de vention de processus métacognitifs com-
schémas d'organisation préétablis. Par plexes qui ont pour principale fonction de
exemple, le maintien en mémoire de tra- transcrire dans un code linguistique l'en-
vail des informations nécessaires au mon- semble des réactions que la pièce suscite
tage d'un meuble livré en pièces chez le candidat. La production de texte
détachées sera d'autant plus facile que le intervenir plusieurs composantes au
fait
sujet possédera un schéma général préa- niveau conceptuel et rhétorique (choix
des entités sémantiques à communiquer),
lable de cette activité. Ce schéma permet
grammatical (sélection lexicale et détermi-
alors d'organiser l'ensemble de ces infor-
nation des structures fonctionnelles des
mations, ce qui facilite le montage.
mots) et phonologique (production orale)
L'accumulation des informations et leur
ou graphémique (production écrite). Dans
maintien en mémoire de travail dépend le cas du commentaire d'écoute, la phase
également des stratégies mises en œuvre de sélection lexicale est une source de dif-
par le sujet pour répondre au problème
ficultés particulières : d'une part il s'agit de
que lui pose la situation dans laquelle décrire
il se à l'aide d'un vocabulaire approprié
trouve. les organisations sonores pertinentes de

(8) Voir Baddeley, La mémoire humaine, PUG, 1993.


(9) Ou le texte officiel auquel le jury se réfère.

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l'œuvre. D'autre part, il d'un


faut traduire
« bon » commentairede d'écoute repose
façon métaphorique une expressivité
fortement sur une gestion équilibrée des
musicale qui, par définition, n'est
ressources pas de Cette gestion
attentionnelles.
nature linguistique. Le commentaire doit
sera d'autant plus aisée que le candidat
finalement être planifié de façon
aura à intégrer
développé des automatismes lors de
l'ensemble de ces transcriptions
sa préparation.linguis-
On sait en effet que les
tiques en un tout cohérent. L'évaluation
opérations de traitement automatisées
du jury ne porte que sur consomment
ce comportement
peu d'énergie attentionnelle
linguistique. et résistent beaucoup mieux aux situations
à lourde charge cognitive et aux situations
de stress(11).
1.4. Le partage des ressources
attentionnelles La psychologie cognitive souligne l'im-
Le commentaire d'écoute fait donc portance de toutes ces opérations pour
intervenir de nombreuses opérations comprendre la nature de la réponse four-
nie par le candidat. Un commentaire
cognitives. Pour le candidat, la difficulté
réside dans la gestion de l'ensembled'écoute
de pauvre peut résulter de traite-
ments
ces opérations. Il se trouve donc dans unecognitifs défaillants intervenant à
différentes
situation de tâches cognitives multiples. étapes. Il peut traduire une fai-
blesse
Contrairement à certaines hypothèses par- importante lors des opérations de
prise d'information (activités d'analyse
fois avancées, les ressources attention-
nelles ne sont pas distribuées de perceptive),
façon ou une insuffisance des
connaissances du sujet (analyse perceptive
indépendante sur chacune de ces tâches.
Chacune d'elles puise dans un même correcte mais faible activation des connais-
réservoir d'énergie attentionnelle. Toute sances). Un commentaire médiocre peut
surconsommation pour une tâche donnée également résulter de très mauvaises stra-
s'effectue au détriment de la réalisation tégies de réponses (inadaptation à la situa-
des autres. On sait, par exemple, que tion
de d'examen, incompréhension des
mauvais lecteurs présentent de graves objectifs
dif- de l'épreuve ou des réactions du
ficultés de compréhension de textes écrits jury), ou encore de faibles capacités lin-
car toutes leurs ressources attentionnelles guistiques (problème majeur ¿'elocution,
sont allouées à la reconnaissance des uni- difficulté d'organisation du discours, etc.).
tés lexicales^. Réciproquement, un « bon » commentaire
Dans le cas envisagé ici, des connais- pourrait en partie provenir d'une très
sances techniques insuffisantes vont blo- bonne exploitation des quelques éléments
quer toutes les opérations mentales musicaux perçus dans Pœuvre(12).
intervenant dans l'élaboration du com-
mentaire, les ressources attentionnelles duprise et la rétention
2. La
candidat étant alors entièrement consa-
d'informations : quelques questions
crées à la recherche du langage approprié.
De même, les efforts fournis pour une elo- Les recherches réalisées dans le
cution fluide vont diminuer les ressources
domaine de la psychologie de la perc
disponibles intervenant dans toutes les
tion musicale permettent par ailleurs
autres opérations mentales, compromet-souligner quelques difficultés inhérent
tant notamment le maintien des informa- certaines opérations spécifiques imp
tions en mémoire de travail. La réalisation quées dans le commentaire d'écoute. Ce

(io) voir Gombert, Le développement métalinguistique, PUF, 1990.


(11) Voir Camus, La psychologie cognitive de l'attention, Armand Colin, (1996).
(12) Dans l'un et l'autre cas, et lorsque cela est possible, la reproduction vocale d'un élément préc
éclairage nouveau sur l'efficacité des opérations de prises d'informations et de verbalisation.

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comme de véritables unités de traitement


opér
qui vont déterminer la perception des
phas
organisations musicales plus com-
plexes^. Une étape ultérieure consiste à
2.1.
déceler les éléments musicaux saillants qui
Lors d'un commentaire d'écoute, la dominent chacune de ces zones de fixa-
prise d'information s'effectue sous la tion perceptive. Ces éléments ne sont pas
double contrainte du caractère ininter- uniquement définis par leur saillance per-
rompu de l'écoute et du nombre limité ceptive (accent phénoménologique) : leur
d'auditions (deux ou trois). Le candidat se importance provient de l'ensemble du
trouve dans une situation différente de contexte musical dans lequel ils apparais-
celle de l'analyste qui bénéficie « desent
la (accents structurels). Un élément peu
simultanéité et de la réversibilité d'appré-
saillant perceptivement peut dominer une
hension propres à la lecture »(13), et dede focalisation attentionnelle dans la
zone
mesure où il entre en relation avec les élé-
celle de l'écoute privée où l'auditeur peut
ments dominants d'autres moments de la
réentendre l'œuvre ou le fragment qui l'in-
téressent ad libitum. L'expérience de l'au-
pièce. La difficulté de cette phase de l'ana-
diteur-candidat étant « rigoureusement lyse perceptive revient donc à différencier
irréversible et successive», on ne saurait
les éléments saillants structurellement des
attendre de son commentaire l'équivalent
éléments saillants perceptivement(15). La
d'une analyse de partition. Frances sou-
perception-compréhension de la conti-
nuité du discours musical dépend forte-
ligne à juste titre la difficulté d'un travail
ment de la bonne réalisation de cette
perceptif consistant à découvrir une struc-
ture dans le déroulement du devenir différenciation.
sonore : « II faut que l'adhérence au pré-
De nombreuses études expérimentales
sent propre à la conscience perceptive soit
ont souligné la difficulté pour l'auditeur à
sans cesse brisée (par un jeu de rétentions
effectuer correctement ces traitements lors
et de propensions, de synthèses dupasse et
d'une seule écoute de la pièce, y compris
d'attentes du futur) pour que l'activité per-
lorsque celle-ci provient du répertoire
ceptive se résume et s'exprime en concepts.
tonal. Cook (1987)(l6) observe que des
Le propre de l'eocpérience de l'analyste et
auditeurs ne détectent pas l'absence d'un
du compositeur est d'aller d'un schéma
retour au ton principal lorsque la durée
conceptualisé, qui n'est pas l'œuvre elle-
des pièces musicales présentées dépasse
même, à son incarnation dans le temps ; le
une minute. Karno et Konecni (1992)(17)
propre de l'expérience de l'auditeur est
montrent que changer l'ordre des diffé-
d'effectuer la marche inverse. »
rentes sections du premier mouvement de
Les études actuelles en psychologie
la Symphonie
de en sol mineur de Mozart (K
la musique suggèrent que les premières
550) ne modifie pas les réactions des audi-
teurs, yà compris lorsqu'ils ont suivi un
étapes de l'analyse perceptive consistent
segmenter le continuum sonore en long apprentissage de la musique. Plus
groupes de notes délimitant des zones surprenant encore, Tillmann et Bigand
plus ou moins larges de focalisation atten-(1996)(18) présentent à des auditeurs mélo-
tionnelle. Ces groupes fonctionnent manes (mais sans formation musicale) des

(13) Frances, La perception de la musique, Vrin, 1958, p. 202. (idem pour les deux citations suivantes).
(14) Voir Bigand, Penser les sons, PUF, 1994.
(15) Le lecteur intéressé trouvera un compte rendu détaillé des opérations perceptives pouvant intervenir à ce niveau dans
l'ouvrage de Lerdahl et Jackendoff, 1983.
ut>; Cook, « The perception of large scale-tonal closure », Music Perception, 1987.
(17) Karno et Konecni, « The effects of structural interventions in the first movement of Mozart's symphony in G minor,
K55O, on aesthetic preference », Music Perception, 1992.
(18) Tillmann et Bigand, « Does formal musical structure affect perception of musical expressiveness ? » Psychology of Music,
1996.

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œuvres de Mozart, Bach


cours et Schoenberg
politique dont ils viendraient juste
dans deux versions différentes : dans l'une de prendre connaissance ?
d'elles, les pièces sont segmentées en
Il va de soi que les recherches expéri-
petits groupes de notes, localement cohé-
mentales devront préciser comment cette
rents, mais enchaînés dans un sens
sensibilité aux structures musicales glo-
opposé à la version originale (version
bales évolue avec la répétition des
rétrograde). Les auditeurs ne trouvent pas
écoutes. Les travaux actuels permettent
les versions rétrogrades plus incohérentes
simplement de supposer qu'un nombre
que les versions normales. Surpris par ces
limité d'écoutes (comparable à celui du
résultats, deux musicologues ont repris
récemment ces études avec de nouvellescommentaire d'écoute) ne modifiera guère
cette conclusion. Nous avons par exemple
séquences musicales dont la structure glo-
observé que certains retours rapides au
bale a été manipulée systématique-
ton principal, mal compris lors de la pre-
ment(19). Leurs résultats sont encore plus
mière écoute, le restent après trois
déroutants puisqu'il constatent que des
écoutes(25). En outre, la perception des
compositeurs éprouvent de grandes diffi-
structures musicales globales reste difficile
cultés à détecter l'absence d'un retour au
même lorsqu'elle est appréhendée dans
ton principal dans des œuvres tonales(20).
des tâches de résolution de puzzles musi-
Les recherches actuelles conduisent caux qui autorisent une écoute répétée(26).
donc au constat suivant : les auditeurs Le nombre d'écoutes devrait donc être
peuvent détecter des variations structu-
bien supérieur pour permettre une com-
relles extrêmement fines lorsque les préhension
pièces fine de la structure musicale
sont courtes(21). Ils éprouvent en revanche
globale des œuvres(27).
d'énormes difficultés à percevoir les struc-
tures musicales globales, même lorsque
2.2. Musiques contemporaines
celles-ci sont assez simples(22). Quand les
œuvres présentées sont longues, ils sem- La musique contemporaine provoque
blent ne pouvoir retenir que les traitsdans de
de nombreux cas des difficultés de
perception
surface les plus saillants(23). Dans une cer- tout à fait spécifiques.
Contrairement
taine mesure, ces résultats ne sont pas à la musique tonale et
limités au domaine musical. Les études métrique, les régularités grammaticales et
stylistiques fluctuent fortement d'une
menées sur la compréhension de textes
œuvre à l'autre. Par conséquent, les règles
écrits ou parlés aboutissent à des conclu-
de traitement
sions similaires : les sujets éprouvent de des structures musicales sont
grandes difficultés à comprendre et en général moins automatisées et l'audi-
mémoriser la structure globale de nou- teur se trouve contraint la plupart du
veaux textes narratifs : seuls les aspects temps à focaliser son attention sur les pro-
frappants, anecdotiques du point de vue priétés « de surface » ou sur les propriétés
de la structure du récit, sont les mieux statistiques qui pourraient distinguer les
mémorisés(24). Combien de journalistes se plus grands éléments de la forme (les
risqueraient à commenter en direct un dis- voix, les sections, le matériau thématique

(19) West Marvin & Brinkman, «The effect of modulation and formal disruption on perceived tonal closure», Society for
Music Perception & Cognition, Congrès annuel, 1997.
(20) Le nombre de bonnes réponses obtenues n'est que très faiblement supérieur au hasard.
(21) Voir Bigand et Pineau, 1997, Bigand, Madurell, Tillmann et Pineau, sous presse.
(22) yo|r tillmann, Bigand et Madurell, sous presse.
(23) Deliège, Mélen, Stammers, et Cross, « Musical schemata in real-time listening to a piece of music», Music Perception,
1996.
(24) fayol, « Comprendre ce qu'on lit : de l'automatisme au contrôle », Psychologie cognitive de la lecture, PUF, (1992).
C25J Bigand et Parncutt, « Perception of musical tension in long chord sequences », Psychological Research, (sous presse).
(26) voir Deliège et al, 1996 ; Tillmann et al, 1996.
(27) Comme le proposent Lerdahl & Jackendoff dans A Generative Theory of Tonal Music, 1983.

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cevoir
s'il
par
sur des
troacou
dér
chent
niv d
process
riel
événem
nis
évé
auditif. C'est le cas notamment des
mélanges de timbres qui, lorsqu'ils son
Pou
réussis du point de vue de l'exécution
pro
empêchent l'identification des sources qu
qu'
composent l'événement composite, et
com
conduisent à la perception d'un timbr
not
inouï.
tiel
membrane basilaire située dans l'oreilleLes processus de ségrégation effectuent
la connexion perceptive entre des événe-
interne : les fréquences aiguës stimulent
les zones de la membrane proches de ments
la successifs, permettant la perception
fenêtre ovale, les fréquences graves, les voix » qui portent une mélodie et un
de «
rythme, par exemple. Prenons un cas
zones éloignées. La note musicale ne cor-
extrême
respond donc pas initialement à une entité : dans le sérialisme intégral, tous
les paramètres musicaux sont organisés en
perceptive constituée : elle est décompo-
sée au niveau de la membrane basilaire et séries. Les séries deviennent alors les struc-
tures de base à partir desquelles l'œuvre
les informations correspondant à chacune
est bâtie. Souvent le nombre d'éléments
de ces composantes fréquentielles sont
dans les séries n'est pas le même pour
envoyées au cerveau par différentes fibres
chaque paramètre (12 hauteurs, 8 durées, 6
du nerf auditif. Pour reconstruire une note
nuances, 9 types d'articulation, et ainsi de
musicale, le système perceptif doit d'une
part comprendre que des informations suite). Une application stricte des principes
du sérialisme ferait donc éclater les événe-
parvenant au cerveau par des fibres audi-
ments sur un ensemble de dimensions non
tives distinctes concernent un même objet
corrélées. Puisque les processus d'organi-
ou événement sonore, et d'autre part com-
sation séquentielle se fondent sur des prin-
prendre que des informations transmises
par une même fibre nerveuse peuventcipes de similitude des propriétés des
événements, cette organisation musicale a
provenir de deux événements sonores dis-
pour conséquence leur éclatement percep-
tincts (lorsque par exemple une note est
tif en plusieurs flux. De nombreuses
jouée par un violon et une autre note par
une clarinette). recherches témoignent du fait qu'il est
extrêmement difficile de repérer des rela-
Deux types de processus d'organisationtions rythmiques et mélodiques entre évé-
nements qui ont été affectés à des flux
de l'information acoustique sont distingués
en psychologie. Les processus de fusion auditifs séparés(29). Il serait donc impos-
regroupent les composantes fréquentiellessible de mettre en évidence, à la simple
provenant d'une même source sonore ; les écoute, la structure sous-jacente de
processus de ségrégation des courants
l'œuvre(30). Si les membres du jury ont ana-
auditifs organisent les séquences d'événe-
lysé la partition, il se peut qu'il existe un
ments en flux sonores distincts. Ces pro-écart considérable entre les informations
cessus de fusion et de ségrégation dont ils disposent et celles recueillies par le
candidat qui n'a que la version auditive.
perceptive permettent à l'auditeur de per-

(28) voir Bregman, Penser les sons, 1994 et McAdams, Traité de Psychologie Expérimentale, (1994).
(29) Bregman, Auditory scene analysis, MIT press, 1990.
wu; Tout analyste de cette musique sait que cette structure n'est pas tacile a découvrir, même avec la partition sous le
yeux.

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QUELQUES CONSIDÉRATIONS PSYCHOLOGIQUES SUR LE COMMENTAIRE D'ÉCOUTE

Enfin ces processus d'organisation


l'énergie attentionnellede
qui peut alors être
l'information acoustiqueallouée
sont à d'autres
utiliséstâches,
desouvent plus
façon intuitive ou sont intéressantes
parfois pour complète-
le sujet. Ainsi en est-il
ment ignorés ou violésdes par les decomposi-
processus traitement de l'informa-
teurs. Leur existence et leur rôle dans la tion linguistique (visuelle ou orale) qui,
perception de la musique ne sont généra-
parce qu'ils sont automatisés, permettent
lement pas admis par la communautéde des
focaliser l'attention sur les aspects les
plus abstraits du discours. La maîtrise
musicologues. Bien qu'il s'agisse d'élé-
d'une langue étrangère ne devient
ments de base qui servent à la « recompo-
d'ailleurs complète que lorsque les pro-
sition » perceptive de l'œuvre, la théorie
musicale n'a pas beaucoup avancé danscessus
ce de traitement sémantique et syn-
domaine, renforçant ainsi l'écart entre le
taxique s'exercent correctement sans
discours attendu par le jury(31) et l'expé-
aucun effort de la part du sujet. L'avantage
rience auditive sur laquelle le commen-qu'offre l'automatisation des processus de
taire du candidat s'appuie. traitement s'accompagne cependant d'un
inconvénient majeur : une fois automatisé,
2.3. Musiques extra-européennes un processus s'exerce de façon irrépres-
sible, en dehors de tout contrôle volon-
Le commentaire de musiques extra- taire de la part du sujet. Ainsi est-il
européennes soulève des problèmesquasiment
qui impossible d'écouter quelqu'un
dépassent largement le cadre de la parler
psy- sa propre langue sans automatique-
chologie cognitive : dans de nombreuses ment comprendre le sens des mots. Il
cultures, les productions musicalesarriveont même que l'on identifie dans une
une fonction symbolique si différente de étrangère peu connue des unités
langue
la nôtre qu'il devient presque artificiel de
signifiantes de sa propre langue mater-
les commenter sans restituer leur contexte nelle. On sait pourtant que ces unités n'y
sociologique. L'ethnomusicologie pourraitfigurent pas.
probablement préciser les diverses formes
« d'ethnocentrisme » que peut alors revêtir
De façon similaire, les processus de
traitement fortement exercés dans une cul-
le commentaire d'écoute. La psychologie
ture musicale donnée vont avoir tendance
soulignera le caractère irrépressible de cer-
à se manifester automatiquement lors de
tains processus de traitement de l'informa-
tion qui, une fois automatisés, vont l'écoute de musiques dont on sait perti-
nemment qu'elles ne relèvent pas de la
déformer la perception de ces productions
même culture. Un auditeur occidental
musicales à l'insu du sujet. Un processus
de traitement est considéré comme « auto- entendra certaines musiques non euro-
péennes en référence aux intervalles musi-
matisé » lorsqu'il peut s'exercer sans le
caux du système tonal. L'oreille
recours de l'attention du sujet. La conduite
occidentale peut alors éprouver de
automobile repose sur de nombreux pro-
grandes difficultés à s'accommoder de ces
cessus de traitement qui requièrent beau-
nouveaux intervalles qui sonnent « faux »
coup d'attention de la part du sujet au
malgré les efforts conscients entrepris
début de l'apprentissage, mais qui s'exer-
pour corriger cette impression^32-*. Dans
cent « automatiquement », sans effort
d'autres cas, l'oreille occidentale se focali-
conscient, après de nombreuses heures de
conduite. sera sur des traits de structure, pertinents
dans le système occidental, mais non dans
L'automatisation des processus pré- le système musical considéré. Certaines
sente un avantage considérable pour unpolyphonies sardes pourront paraître sur-
organisme vivant, puisqu'elle libère de prenantes tant que l'oreille occidentale,

(31) Que cette attente repose sur les déclarations du compositeur ou sur les écrits musicologiques qui en découlent.
(32) Voir francés^ La perception de la musique, Vrin, (1958).

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habituée à se focaliser sur les harmo- abondant peut masquer un manque de


niques fondamentales, ne percevrarelation
pas le avec l'œuvre. Inversement, la fai-
jeu musical développé dans les harmo-
blesse du commentaire ne résulte pas
niques aiguës de la polyphonie(33). De
nécessairement d'une absence de percep-
façon similaire l'oreille tonale perçoit
tion,les
notamment lorsque l'extrait entendu
musiques modales du Moyen Age enappartient
réfé- au répertoire de la musique
rence à une tonique, longtemps encore
contemporaine. L'identification d'éven-
après avoir appris les différences detuelles
struc-
défaillances requiert des investiga-
ture existant entre modes et tonalité.
tions plus poussées, afin de déterminer à
Castellano, Bharucha et Krumhansl quel niveau de traitement se produit le
(1984)(34) observent également qu'un audi-
dysfonctionnement^. L'élargissement du
teur occidental projette les hiérarchies commentaire
du aux traditions musicales
système tonal sur les rags indiens : extra-européennes soulève la question des
l'écoute d'un rag active automatiquement limites de ce type d'évaluation, tant dans
une tonalité spécifique. Cette activation le domaine de la perception que de celui
conduit à percevoir certaines notes du rag
des connaissances. Plus généralement,
comme des toniques et des dominantes
c'est bien le problème de la définition de
auxquelles les autres notes sont subordon-
la compétence musicale - ou plutôt des
nées. Ce filtrage culturel n'est pas spéci-
compétences musicales - qui est posé
fique aux auditeurs occidentaux, puisque
les auteurs montrent une déformation par cette épreuve.
comparable lorsque des auditeurs indiens
Bibliographie
écoutent de la musique tonale. Confronté
à des musiques non européennes, le can-
Baddeley, Alan, La mémoire humaine :
didat ne peut donc que lutter contre ces
Théories et pratiques, Grenoble, PUG, 1993.
processus de traitement automatisés.
L'intérêt du commentaire pourrait alorsBigand, Emmanuel et Parncutt, Richard,
consister à décrire les déformations«per-
Perceiving musical tension in long chord
ceptives qu'impose l'appartenance sequences
à la », Psychological Research, sous
culture occidentale. presse.

Bigand, Emmanuel et Pineau, Marion,


Conclusion « Global context effects on musical expectancy »,
Perception and Psychophysics, 59, p. 1098-1107,
Le commentaire est une épreuve exi- 1997.
geante, tant pour celui qui subit l'épreuve
que pour ceux qui doivent le juger. Une Bigand, Emmanuel, « Contribution de la
bonne connaissance des processus impli- musique aux recherches sur la cognition audi-
qués dans la réalisation du commentairetive humaine ». In S. McAdams & E. Bigand
d'écoute est indispensable pour apprécier (Eds.), Penser les sons : la psychologie cognitive
finement les qualités d'un candidat. de Vaudition, p. 249-298, Paris, PUF, 1994.

La surestimation de la perception des Bigand, Emmanuel, Madurell, François,


structures globales, mise en évidence parTillmann, Barbara et Pineau, Marion, « Effect of
l'expérimentation, compromet la possibi-global structure and temporal organization on
lité d'une description systématique de ces chord processing », Journal of Experimental
structures, et invite à relativiser le discours Psychology : Human, Perception and
sur la forme. La production d'un discours Performance, sous presse.

(33) Lortat-Jacob, Cante di passione, 1996.


(34) Castellano, Bharucha et Krumhansl, « Tonal hierarchies in the music of North India », Journal of Experimental
Psychology : General, (1984).
(35) Dans le cadre des concours, c'est souvent les performances observées lors d'autres épreuves utilisant ces processus
de traitement qui permettront de repérer la source des difficultés.

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