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Comment apprendre à apprendre ?

07 février 2014
http://internetactu.blog.lemonde.fr/2014/02/07/comment-apprendre-a-apprendre/

François Taddéi (Wikipédia, @francoistaddei) est biologiste de formation. Il est le cofondateur du Centre de
recherche interdisciplinaire (CRI). Sur la scène des Entretiens du Nouveau Monde industriel, ce promoteur de
l'interdisciplinarité est venu évoquer son obsession : comment innover dans l'éducation, comment apprendre à
apprendre...

Quand Garry Kasparov a perdu contre Deep Blue, The Economist titrait "si votre métier ressemble aux
échecs, il faut vous préparer à changer de métier". L’évolution du jeu d’échec est devenue une
métaphore du futur, estime François Taddéi. Après avoir perdu contre Deep Blue, Kasparov s’est lancé
dans le jeu d’échec avancé, c’est à dire une modalité où homme et machine jouent ensemble et pour
Kasparov, les sessions de jeu sont devenues beaucoup plus intéressantes. Son plus célèbre adversaire,
Karpov a également tenté une partie seul contre le reste du monde, qu’il a largement dominé. Mais
dans une version améliorée de cette partie, où des éditeurs humains sélectionnaient parmi tous les
coups que proposaient des centaines de joueurs d’échecs le meilleur coup, Kasparov a gagné mais a
été impressionné. Pour lui, c’était là la plus intéressante partie qu’il ait jamais jouée, preuve qu’un
collectif d’humain, organisé par une machine pouvait largement mettre en défaut l’expert…

"Aujourd’hui, notre système éducatif sélectionne ses éléments sur leur capacité à mémoriser des
leçons. Pas sûr que ce soit une bonne méthode, puisque n’importe quel ordinateur est plus doué que
nous…", rappelle François Taddéi sur la scène des Entretiens du Nouveau Monde industriel. La
technologie transforme chaque jour un peu plus le monde en laboratoire. La Nasa est allée sur la lune
avec un ordinateur qui était moins puissant que n’importe lequel de nos smartphones. Désormais,
l’intelligence est dans chacune de nos mains, une simple lentille qui coûte seulement quelques euros
peut transformer n’importe quelle caméra de ces appareils en un microscope plus puissant que ceux
dont on se sert en cours. Du fait de la collaboration mondiale permise par les outils numériques, le coût
de séquençage du génome a décru plus vite que la loi de Moore, tant et si bien qu’on peut déjà dire
qu’il ne coûtera plus rien du tout demain… Et François Taddéi de donner ainsi nombre d’exemples
pour montrer que la technologie change tout, mais qu’on ne s’y prépare pas. Comme l’explique
Michael Nielsen (@michael_nielsen) dans Reinventing Discovery, la science n’a cessé de progresser.
Le nombre de publications scientifiques double désormais tous les 15 ans, tant et si bien qu’il devient
impossible d’être microspécialiste… "Cela signifie que nous allons avoir besoin, plus que jamais,
d’interdisciplinarité. Nous allons avoir besoin partout de collectifs toujours plus importants pour
apprendre, travailler, découvrir, innover…"

Or, force est de constater que la pédagogie, elle n’a pas progressé aussi vite que la science. "Rien ne
ressemble plus à une salle de classe d’aujourd’hui qu’une salle de classe du Moyen-Âge. Même si
désormais 150 000 personnes peuvent suivre le même cours sur un Mooc, la pédagogie, elle n’a pas
vraiment changé. Si les possibilités d’accès au savoir se sont élargies, l’échange, lui, est resté
largement unilatéral. Comment changer cela ? Comment réinventer la connaissance ? Comment
innover ? Combien de nos barrières mentales sont tombées ? Combien en avons-nous encore devant
nous ?"
Humboldt proposait déjà de passer à la liberté d’apprendre, d’enseigner et de recherche… Mais ce
n’est pas vraiment ce que l’on retrouve aujourd’hui dans les universités, estime le spécialiste de
l'éducation. "Le professeur, ne devrait pas tant délivrer le savoir, que servir de mentor,
accompagner les étudiants dans leurs projets personnels…"

Les 3 niveaux d'intelligence

Pour François Taddéi, nous avons besoin de créer les conditions de développement de
toutes les formes d’intelligence. Geoff Mulgan (Wikipédia), le fondateur du think tank Demos, ancien
conseiller de Tony Blair, devenu directeur du Nesta estimait qu’il y avait 3 niveaux d’intelligence : un
niveau individuel, collectif et global. Il résumait cela par trois formes de défis : apprendre à résoudre
des problèmes existants, apprendre à résoudre de nouveaux problèmes et enfin apprendre à définir et
résoudre de nouveaux problèmes.

L’université sait résoudre les problèmes existants (niveau 1). Pour résoudre de nouveaux problèmes
(niveau 2), il faut être capable de créer de nouveaux départements interdisciplinaires… estime le
chercheur. Mais l’université ne sait pas résoudre les problèmes de niveau 3. Dans le monde des
entreprises, le Mechanical Turk d’Amazon est également un outil qui permet de résoudre des
problèmes existants. Innocentive ou Kaggle permettent de résoudre des problèmes de niveau 2 (voir :
" la démocratisation de l'analyse de données "). Mais là encore, nul ne sait résoudre des problèmes
de niveau 3. Comment créer des outils pour nous aider à définir et résoudre de nouveaux problèmes ?
La question reste entièrement ouverte, estime le chercheur.

Pourtant, nous sommes tous nés chercheurs comme le dit Alison Gopnik dans Comment pensent les
bébés ?

L’enfant observe, forme des hypothèses, fait des expériences, analyse des données, les rapporte et
invite les autres à reproduire ses propres résultats… Nous pouvons tous contribuer à la science,
explique avec enthousiasme François Taddéi, en donnant là encore une longue liste d’exemple. Tim
Gowers, médaille Fields de mathématique a un jour posté sur son blog un problème qu’il ne parvenait
pas à résoudre et les contributions des gens qui lui ont apporté des idées, d’autres manières de voir le
problème, lui ont permis de le résoudre (ce qui a donné naissance au projet Polymath, Wikipédia).
Quand on donne de la liberté aux étudiants, ils savent inventer des choses, comme l’a montré iGEM, la
compétition internationale de biologie synthétique. Sebastian Alegria, un adolescent chilien de 14 ans,
pris dans un tremblement de terre, a fabriqué un détecteur de secousses sismiques qui envoie des
messages 5 à 30 secondes avant que le tremblement de terre ne soit perceptible (cf. The Next Web)…
Les patients et leurs parents tendent aussi à devenir chercheurs, comme le montre les contributions des
patients du site PatientsLikeMe. Le médecin et chercheur Stephen Friend expliquait dans, dans un
portrait de lui publié par Science qu’il faudrait des centaines d'années pour trouver les traitements
adaptés à certaines pathologies comme le diabète ou le cancer simplement en cherchant les protéines et
les gènes mis en cause. C'est pour cela qu'il a lancé Sage Bionetworks, un réseau pour partager de
l'information biomédicale génomique de manière ouverte.

Même les joueurs deviennent des scientifiques comme le montre Foldit, le jeu où l’on plie
des protéines (cf. "Le succès de Fold-it), créé par le Centre des jeux scientifiques de
l'université de Washington, ou la compétition étudiante pour la création de jeux dédiés à
l'éducation et la recherche iGam4er, qui se tenait récemment à Paris.
Autre exemple avec un des projets sur lesquels travaillent le CRI, comme le dog project, un capteur
arduino intégré aux colliers de nos animaux domestiques pour recueillir des données sur eux et les
partager avec des chercheurs vétérinaires, ou permettre à des enfants d'observer le comportement de
leurs animaux familiers d'une manière scientifique.

Apprendre à apprendre : c'est offrir des défis et de la liberté

Ce que ces projets montrent, c'est qu'il est important de fournir des cadres qui à la fois offrent des défis
et de la liberté.

"Dans le jeu, les niveaux sont progressifs et vous permettent d’apprendre de vos erreurs. Dans le
système éducatif, si l’apprentissage est trop difficile, vous vous démotivez, s’il est trop facile, vous
vous ennuyez. Le système scolaire français est l’un des plus inégalitaires qui soit, mais on se rend
compte qu’il peut être corrigé quand les enseignants eux-mêmes se transforment en chercheurs,
quand, plutôt que de rejeter un élève en difficulté, ils cherchent à l’aider, à se mettre en position
d’interroger leurs propres manières de faire pour les améliorer."

Nous devons également développer des visions alternatives au savoir, favoriser le pluralisme des idées,
estime François Taddéi. "Une encyclopédie aussi réussie que Wikipédia, force au consensus plutôt
qu’à la richesse du dissensus. Or, si on regarde la page consacrée à Napoléon en Anglais, en
Allemand ou en Français, ce n’est pas la même page. Nous avons besoin de points de vue différents
sur une même réalité pour mieux la comprendre dans sa diversité, suggère le chercheur. Wikipédia
devrait autoriser le fork à la manière de ce que propose GitHub, cette plateforme d'innovation
logicielle collaborative qui autorise la coopération sans coordination en permettant de démultiplier les
versions d'un même programme. Wikipédia devrait favoriser la variété, la diversité des pages sur un
même sujet, ce qui permettrait d’ailleurs de créer aussi différents niveaux d’accès, de lecture, comme
une version pour les plus jeunes. Pour François Taddéi, nous avons besoin d’écosystèmes de
connaissance toujours plus riches pour en tirer du sens. Nous avons besoin de cartes de connaissances,
à l’image des cartes de localisation, permettant de savoir où je suis, qui est autour de moi, comment
aborder ce qui n'est pas cartographié… On a besoin d’avoir accès aux connaissances, mais également
aux gens qui sont derrière les connaissances, comme si Amazon ou Wikipédia pouvaient nous donner
accès aux auteurs et pas seulement à leurs livres, comme s'ils pouvaient permettre de créer un réseau
social de gens ayant les mêmes envies d'explorer les connaissances.

Pour mieux apprendre, nous avons aussi besoin de questions. Expliquer pourquoi l’eau mouille n’est
pas si simple. Expliquer pourquoi l’on fait cette réponse est encore moins simple…

"Il suffit de quelques pourquoi pour accéder aux frontières de la connaissance".

Pour l’instant, les publications scientifiques d’enfants sont rares. Quand elles existent, elles sont
d’abord le cas d’enfants de chercheurs, comme le montrait récemment la publication d’un jeune
français de 15 ans dans Nature. Mais ce n’est pas toujours le cas, comme le souligne le projet des
Savanturiers du CRI.
"On a confié récemment à une classe de ZEP en banlieue parisienne une colonie de fourmis pour
observation… Et bien les enfants ont observé quelque chose que les myrmécologues (les spécialistes
des fourmis) de Jussieu n’avaient jusqu’à présent jamais observé…" comme le raconte très bien le
blog éducation l'école de demain.

"Aucun d’entre nous n’est plus intelligent que l’ensemble d’entre nous", rappelle avec modestie le
chercheur. L'essentiel est dans l'ouverture.

Hubert Guillaud

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112 commentaires à Comment apprendre à apprendre ?

1. Il est difficile de comprendre le lien qu’établit François Taddéi entre l’intelligence supérieure de la machine
et l’intelligence supérieure des foules, d’autant qu’il ne démontre ni l’une ni l’autre. De même le lien entre ce qui
serait (supposément) valable pour des étudiants du supérieur et pour des élèves du secondaire ou du primaire,
auxquels François Taddéi n’a visiblement jamais enseigné lui-même.

La supériorité de la machine réside dans la vitesse de traitement et la capacité de stockage : un logiciel de traduction
n’est par exemple « intelligent » que par mimétisme, tout comme Deep Blue ayant mémorisé des parties d’échec.

Les exemples donnés d’intelligence collective n’en sont pas : il s’agit en vérité ou bien d’une simple répartition des
tâches, facilité par la technique, ou bien d’une collaboration fictive entre des contributeurs qui ne réfléchissent pas les
uns avec les autres mais les uns après les autres, et souvent les uns contre les autres, d’où l’absence de permanence,
d’unité de style ou de pensée dans un article de Wikipédia.

En somme un bel exemple de numérisme contemporain où les nouvelles technologies viennent au secours des
nouvelles pédagogies (dont un des slogans constructiviste est « apprendre à apprendre »), pédagogies qui ont déjà fait
de beaux ravages dans l’école.

Rédigé par : Loys Bonod | le 09 février 2014 à 10:55 | RépondreSignaler un abus |

 Peut-être que l ‘auteur de l ‘article fait référence à la capacité combinatoire des machines et des
foules dont la solution des problèmes sont de nature combinatoire comme d’essayer tous les chemins possibles dans le
problème du voyageur de commerce. Il y a même des théorèmes mathématiques qui ont été résolus de cette manière.
Cette branche de l ‘intelligence artificielle à une importance croissante dans le monde d’aujourd’hui.Il ( l ‘auteur )
aborde aussi une autre forme d’intelligence liée au « don d’observation » où là l’individu est au contraire
prépondérant peut-on apprendre cette capacité ? Peut-être la développer plus sûrement.

Rédigé par : boris | le 09 février 2014 à 11:19 | RépondreSignaler un abus |

 Il faut convenir que ce qu’on appelle intelligence collective ne consiste encore qu’en se
donner le maximum de chance de rencontrer une solution … par hasard. Or, la rationalité démonstrative repose sur
l’idée qu’une solution doit se produire nécessairement en raison des conditions qui la rendent possible. Et non pas
qu’elle doit se rencontrer par hasard. Comme le dit je ne sais plus quel philosophe (Alain, peut-être), le fou qui dit par
hasard que la maison est en feu quand la maison est en feu ne détient aucune science ni de la maison ni du feu ni de la
maison en feu. Rencontrer une vérité ou une solution par hasard, c’est ne rien rencontrer du tout qui soit de l’ordre de
la science. La science est discours produisant les causes qui rendent nécessaires des effets. Rencontrer des effets par
hasard ne dit rien de ce que sont leurs causes nécessaires.
Rédigé par : Plonck | le 09 février 2014 à 11:37 | RépondreSignaler un abus |

 @Plonck
« Rencontrer une vérité ou une solution par hasard, c’est ne rien rencontrer du tout qui soit de l’ordre de la science. »
Faire une découverte par hasard n’est peut être pas de la science, mais la science a très souvent progressé par hasard.
Si Röntgen n’avait pas développé une pellicule photographique vierge sur lequel il avait posé par hasard un élément
radioactif, il n’aurait pas découvert les rayons X. Si Fleming n’était pas parti en vacances sans nettoyer ses boites de
pétrie, il n’aurait pas découvert par hasard la pénicilline. Alors, bien sûr, le hasard n’explique pas tout car Fleming
aurait pu nettoyer sa boite de pétrie sans se poser de question et Röntgen aurait pu jeter sa pellicule photo sans se
poser de question non plus. Tout cela renforce les arguments de l’auteur, comme quoi les questions sont bien souvent
plus importantes que les réponses pour faire avancer la science. Il est bien plus facile de trouver la réponse à une
bonne question, surtout si on utilise l’ensemble des cerveaux qui peuplent la planète et l’ensemble des ordinateurs
dont on peut disposer, que de trouver la bonne question.

Rédigé par : Achefde | le 09 février 2014 à 12:36 | RépondreSignaler un abus |

 « Si Röntgen n’avait pas développé une pellicule photographique vierge


sur lequel il avait posé par hasard un élément radioactif, il n’aurait pas découvert les rayons X. » J’ai l’impression que
vous faites une confusion avec la découverte de la radioactivité par Becquerel.

Rédigé par : Yannick L | le 09 février 2014 à 13:56 | |

 @Achefde
Moi je lis que vous pensez que certains savants ont les bonnes questions et demandent à des ignorants d’y y trouver
réponse et que les ignorants ne sont selon vous pas capables des bonnes questions.

Cette division du travail est fâcheuse : elle n’est en rien émancipatrice pour les ignorants qui ne savent pas poser les
« bonnes » questions et qu’on gave d’illusions de participer au progrès des sciences en se répandant en observations
alors qu’ils ne savent rien et ne sont pas destinés à devenir savants, mais juste des producteurs ignorants de
possibilités aléatoires de solutions.

Rédigé par : Pat | le 09 février 2014 à 15:05 | |

 @yannick
Vous avez parfaitement raison. C’est Becquerel et non Röntgen qui a découvert la radioactivité en développant par
hasard des plaques photographiques enfermées dans le même tiroir qu’un bloc d’uranium, et qui a constaté que le bloc
avait imprimé les plaques. Comme quoi, j’aurais mieux fait de faire confiance à l’ordinateur qu’à ma propre mémoire
pour ressortir une information que j’ai apprise il y a un peu plus de trente ans sans l’avoir révisée depuis. A l’époque,
le point qui m’avait intéressé était plus comment avait été faite la découverte que le nom du découvreur.
@Pat
Je ne vois pas ce qui vous fait écrire ça après avoir lu mon message. Ni Becquerel, ni Fleming n’étaient des ignorants.
Je faisais juste remarquer que leurs découvertes, comme beaucoup d’autres, ont été le fruit du hasard, mais que le
hasard ne suffit pas et que s’ils ne s’étaient pas posé les bonnes questions, ils seraient passés à coté de leurs
découvertes.
Pour le reste, ne parlant pas d’ignorants, je ne vois pas trop ce que vous avez pu trouver dans mon texte à leurs
sujets…

Rédigé par : Achefde | le 09 février 2014 à 17:25 | |

 des ravages?
Comme en Finlande, par exemple, qui se situe dans les premières places des évaluations des apprentissages.
Oui, notre système est profondément inégalitaire.
Dire que les constructivistes, ou ceux qui prétendaient être, n’ont pas toujours su mettre en œuvre (à la place de
« ravages ») ne doit pas nous interdire de critiquer un modèle largement formaté selon le principe suivant : les profs,
ayant passé des concours dans un format encyclopédique (ni sans inconvénients , ni sans avantages) sont là pour
former leur futurs semblables!! (même à leur corps défendant).

Rédigé par : austrumuniversitas | le 09 février 2014 à 16:17 | RépondreSignaler un abus |

 Car, bien sûr, PISA – par exemple – évalue la capacité de recherche scientifique des
élèves… et la Finlande, dont 7% des enfants ne sont pas inscrits dans le secondaire, dont l’entrée dans les lycées se
fait parfois sur examen et qui pratique une sélection drastique à l’entrée à l’université a un système scolaire bien plus
égalitaire !

Pour l’absence de ravages, consultez donc les copies d’élèves en fin de scolarité obligatoire…

Rédigé par : Loys Bonod | le 09 février 2014 à 19:11 | RépondreSignaler un abus |

 votre définition de l’intelligence est « partiale » parceque partielle… d’ou un léger préjugé, comme
un angle mort dans votre annalyse

Rédigé par : blah | le 10 février 2014 à 04:34 | RépondreSignaler un abus |

2. Un article très intéressant ! …


Je ne sais pas si les enfants écrivent aujourd’hui encore des poèmes sur leurs lapin ou leur chat, encouragés par leurs
parents ou leur maître… pardon leur « professeur des écoles ». Si ce n’est plus le cas, ils pourront du moins analyser
des données techniques via un capteur placé sur le félin, ce qui permet sans doute de développer ses facultés et créer
du sens (?).

Par ailleurs, tous les exemples données ici sont utilitaires, voire commerciaux : ne restera-t-il bientôt plus que des
sciences appliquées ? Avec des arts numériques, pour compléter le tableau

Rédigé par : Guillaume | le 09 février 2014 à 11:40 | RépondreSignaler un abus |

3. On peut tortiller du … dans tous les sens pour rendre l’apprentissage ludique ou susciter le goût de
l’expérimentation avec les nouvelles technologies. Ca a toujours existé, les pages DIY des magazines de vulgarisation
scientifique où l’on propose des montages à base de composants électroniques, de matériaux récupérés pour apprendre
en s’amusant.

« Aujourd’hui, notre système éducatif sélectionne ses éléments sur leur capacité à mémoriser des leçons. Pas sûr que
ce soit une bonne méthode, puisque n’importe quel ordinateur est plus doué que nous… »

Fantastique illusion d’imaginer qu’on peut se passer d’un apprentissage long et pas toujours « hédonique » pour
devenir bon dans un domaine. Le fait est que le plaisir et le loisir étant à portée de main en permanence, ça risque
d’intéresser de moins en moins d’enfants de différer le plaisir immédiat pour développer une compétence complexe.
On a le sentiment que devant les faits montrant qu’apprendre une leçon est devenu absolument rébarbatif, on imagine
tous les contournements possibles pour faire en sorte de pouvoir quand même faire faire quelque chose à ces ptits
gars-là à grand renforts d’ »alternatives au savoir ».

Mais du papier et un crayon ont quand même permis de produire toute la science, la littérature, l’architecture et
l’ingénierie jusqu’aux années 1960.

Du papier, un crayon… et du temps passé le c… sur sa chaise.


Euler et Tolstoï n’ont pas eu besoin d’un iPad… d’accord, tout le monde n’est pas Euler ou Tolstoï. Mais à mon avis
on se plante en imaginant que les nouvelles technologiques peuvent se permettre de contourner le caractère primordial
du travail et de la concentration.
Pour former un médecin, il faudra toujours faire passer une dizaine d’années à un jeune adulte à rabâcher biochimie,
chimie organique, biophysique, biologie cellulaire et moléculaire, sciences humaines et sociales, parasitologie,
bactériologie, virologie, biologie du développement, histologie, anatomie, physiologie, pharmacologie… et quelques
dizaines d’autres matières.
Oui, des bidouilleurs, on pourra sûrement en générer des quantités… mais des bidouilleurs qui ne connaissent pas la
géographie de base, l’histoire de leur pays, ni les grandes notions de philo… Le paradigme de « l’honnête homme »,
l’homme ayant une culture générale de base et capable de parler de tout avec tout le monde, on veut l’oublier non pas
parce qu’il déçoit, mais parce qu’on désespère de pouvoir faire faire à tout le monde l’effort de travail personnel qu’il
suppose. C’était le rôle de l’école.

Rédigé par : Tonton Zacky | le 09 février 2014 à 11:41 | RépondreSignaler un abus |

 Merci, entièrement d’accord avec vous. On ne cesse de se focaliser sur les méthodes, les techniques
d’enseignement, la rentabilité du temps d’apprentissage, alors que l’essentiel réside dans le goût de l’effort et des
résultats acquis lentement mais sûrement.

Rédigé par : Verner | le 09 février 2014 à 12:23 | RépondreSignaler un abus |

 @Verner
Le goût à l’effort est effectivement extrêmement important, mais en quoi l’enseignement actuel donne-t-il le goût à
l’effort.
Si vous souhaitez être meilleur que les autres, alors vous pourrez trouver une motivation au bachotage. Mais si vous
souhaitez simplement être meilleur que vous ne l’êtes, alors apprendre des choses que vous vous empresserez
d’oublier et dont le temps d’apprentissage vous aura empêché de faire des choses qui auraient pu vous faire progresser
sera très peu motivant. Vous allez avoir beaucoup de mal à faire les efforts nécessaires qui vont avec.
Vu les problèmes actuels du chômage, une bonne formation devrait consister dans un premier temps à aider chaque
élève à déterminer quels sont ses goûts et quels sont ses points forts. Ensuite, l’aider à développer ses compétences,
pour qu’il soit vraiment bon dans ce qu’il aime, et ensuite, lui apprendre à pouvoir en vivre de manière autonome s’il
peut réaliser seul ses projets, et à se fédérer s’il faut être plusieurs pour réaliser ce qu’il a envie de faire.
Dans ce cas là, le professeur n’aura aucun mal à motiver ses élèves à apprendre à lire pour se perfectionner dans ce
qu’ils aiment, à écrire pour pouvoir échanger sur ce qu’ils aiment, à compter pour se rendre compte de la rentabilité de
ce qu’ils aiment, à …
Mais tant que la seule motivation qu’on leur donnera sera d’être meilleurs que les autres dans l’apprentissage de chose
qui ne leur apportera rien, ou pour lesquelles ils n’ont aucune conscience de ce que cela peut leur apporter, il y a peu
de chance qu’ils auront envie de faire du mieux qu’ils peuvent. Pour beaucoup, la seule chose qui semble intéressante
dans la vie est de regarder du foot à la télé en buvant des bières. Comment pourriez-vous les motiver à apprendre à
lire, à écrire et à compter ? En les punissant parce qu’ils n’apprennent pas leur leçon ? Dans ce cas là, ils sécheront les
cours, iront piquer des bières pour s’abrutir devant un match de foot si leurs parents ne sont pas chez eux, ou
traîneront dans la rue dans le cas contraire.

Rédigé par : Achefde | le 09 février 2014 à 16:43 | RépondreSignaler un abus |

 « apprendre à lire pour se perfectionner dans ce qu’ils aiment, à écrire pour


pouvoir échanger sur ce qu’ils aiment, à compter pour se rendre compte de la rentabilité de ce qu’ils aiment, à … »

Donc si je comprends bien : on passe 3-4 ans à ce que l’élève comprenne ce qu’il aime, puis ensuite on luit apprend à
lire – écrire – compter … et comment va-t-il comprendre ce qu’il aime en ne sachant pas tout ça ?

Rédigé par : wismer | le 09 février 2014 à 18:50 | RépondreSignaler un abus |

 @wismer
Vous comprenez mal.
On ne passe pas 3-4 ans à comprendre ce que l’élève aime. On passe une heure à connaître ses goûts, et ensuite, en
fonction de ses goûts, on lui montre qu’il va trouver des informations dans tel ou tel livre sur ce qui lui plait. Si
ensuite, il se rend compte que finalement ce qu’il croyait aimer n’est finalement pas si bien, ou tout simplement s’il a
trouvé quelque chose qu’il lui plait plus, rien ne l’empêchera de changer d’idée.
Pour prendre un exemple, dans un autre ordre d’idée, mon fils aîné déchiffrait plus qu’il ne savait lire en fin de CE1.
J’aurais pu le harceler pour lui faire lire les phrases de son livre de lecture du style de « Cola aime le chocolat » ou
encore « Lili va au marché », mais je pense non seulement que ça ne l’aurait pas vraiment motivé, mais qu’en plus
j’aurais risqué de lui faire prendre la lecture en horreur. Il a vu au cinéma Harry Potter, et il a eu envie de lire la suite.
Dans le mois qui a suivi, il a lu les 4 tomes. Après cela, il savait lire et comprenait parfaitement ce qu’il lisait. Il n’a
pas appris à lire dans la douleur, mais pour satisfaire un plaisir et cela s’est fait tout seul. Si l’enfant aime cuisiner, il
va avoir envie de lire des recettes, s’il aime les animaux ou l’Egypte antique ou n’importe quoi d’autre, il va avoir
envie d’en savoir plus et lire ne sera plus considéré comme une punition mais comme un moyen de satisfaire ses
désirs de connaissance.

Rédigé par : Achefde | le 09 février 2014 à 19:36 | |

 @Achefde : merci pour les précisions

Rédigé par : wismer | le 10 février 2014 à 13:47 | |

 @Acheftde
Vous écrivez : « Si vous souhaitez être meilleur que les autres, alors vous pourrez trouver une motivation au
bachotage. Mais si vous souhaitez simplement être meilleur que vous ne l’êtes, alors apprendre des choses que vous
vous empresserez d’oublier et dont le temps d’apprentissage vous aura empêché de faire des choses qui auraient pu
vous faire progresser sera très peu motivant »
J’ai récemment passé le concours de professeur des écoles; pour réviser le programme des oraux, j’ai travaillé environ
10h; aux épreuves blanches je me suis retrouvé avec une moyenne de 12-13 sans avoir commencé à travailler. Lorsque
vous dites qu’on aura tout oublié ensuite, ça n’est pas forcément le cas, voyez-vous : j’ai passé ce concours
essentiellement sur mes acquis du primaire et du collège.
Par ailleurs, je vois un problème dans ce que vous dites en général. Le cerveau est un muscle. Comme tout muscle, il a
besoin, pour développer ses capacités, d’exercice. Mémorisation, concentration, compréhension ne sont pas le fruit
d’un mystère ou de la volonté, mais résultats d’exercice. Je sais bien qu’on étudie aujourd’hui l’activité du cerveau
dans des activités ludiques; et je ne dis pas qu’elles ne puissent rien apporter. « Découvrir » que le cerveau a alors une
activité particulière, c’est un peu comme découvrir que lorsque je suis debout dans ma douche tout un ensemble de
muscles sont en activité. Il y a par contre ce que l’on vise : si je veux participer à un marathon, je peux toujours
avancer que le fait d’aller faire mes courses exerce mes mollets, cela fera rire beaucoup de monde. Être capable de
fixer son attention un long moment est une capacité utile qui ne se développera pas avec des « activités ludiques ».

Rédigé par : Jay' | le 09 février 2014 à 21:21 | RépondreSignaler un abus |

 « Lorsque vous dites qu’on aura tout oublié ensuite, ça n’est pas
forcément le cas, voyez-vous : j’ai passé ce concours essentiellement sur mes acquis du primaire et du collège. »

J’ose espérer que vous n’avez pas commencé à bachoter dès l’école primaire, et que vous avez réutilisé par la suite
beaucoup de ce que vous y aviez appris. Il est parfaitement normal que vous vous en souveniez de ce que vous utilisez
régulièrement.

« Le cerveau est un muscle. »

J’espère que ce n’est pas à l’école qu’on vous a appris ça.

« Être capable de fixer son attention un long moment est une capacité utile qui ne se développera pas avec des «
activités ludiques ». »
C’est totalement faux. Si vous jouez au tarot et que vous ne vous souvenez pas des cartes qui sont tombées, vous serez
un bien piètre joueur. De même si vous jouez à un jeu vidéo et que vous relâchez votre attention, vous aurez toutes les
chances de vous faire éliminer. On peut s’amuser à composer des poèmes pour leurs musiques, on peut s’amuser à
construire des équations pour décrire des phénomènes. Le fait de prendre plaisir à ce que l’on fait ne signifie pas que
l’on ne va pas se donner du mal pour obtenir le meilleur résultat possible, mais simplement qu’on va le faire parce
qu’on en a envie et non parce que l’on nous l’impose. Cela permet d’acquérir de l’autonomie et de pouvoir ensuite
vivre de ses talents, sans être totalement dépendant du bon vouloir des autres.

Rédigé par : Achefde | le 10 février 2014 à 00:51 | |

 @Verner
Justement, on ne se focalise pas assez sur les méthodes et les techniques d’enseignement. Ou alors vous mettez à la
poubelle Montessori et autres pédagogies dites maladroitement « alternatives ». Tous les élèves ne sont pas aptes à
appréhender de nouvelles notions de la même manière.
Par contre, oui, évidemment, tout apprentissage demande de toutes façons un effort et cet effort à fournir est en
compétition avec tout un tas de sollicitations qui, pour une bonne partie d’entre elles, sont une insulte à l’intelligence.

Rédigé par : Panoramix | le 09 février 2014 à 18:12 | RépondreSignaler un abus |

 Evidemment l’ideal serait de pouvoir enseigner a chaque eleve selon un modele


qui correspond a sa propre facon d’apprendre. Mais cela signifierait des classes de 2 ou 3 eleves par prof! Ou
trouverait-on les financements? Les parents les plus aises peuvent bien sur avoir recours a des aides privees, ou a des
precepteurs. Mais ca ne peut pas etre une alternative a l’enseignement de masse.

Rédigé par : robert | le 09 février 2014 à 18:21 | RépondreSignaler un abus |

 @robert
Une base de 15 élèves par classe serait déjà un bon début (cf La Finlande, qui devrait nous servir de modèle).
Consacrer énormément de moyens à l’enseignement est ce qu’un pays a de plus intelligent à faire. Mais certainement
pas comme notre mammouth national, machine monstrueuse, inefficace et inégalitaire.

Rédigé par : Panoramix | le 09 février 2014 à 18:33 | |

 @panoramix : la Corée du Sud réussit mieux que la Finlande, et ce n’est


pas trop « 15 élèves par classe », « découvre ce que tu aimes dans la vie », « toi aussi, apprends en t’amusant ».

Rédigé par : wismer | le 09 février 2014 à 18:52 | |

 @wismer
Et ? Qui a dit que la Corée du Sud était un modèle ?

Rédigé par : Panoramix | le 09 février 2014 à 19:28 | |

 J’abonde ! La motivation profonde, c’est-à-dire d’ordre existentiel, est au cœur de tout


apprentissage.

Rédigé par : dubonsens | le 09 février 2014 à 18:28 | RépondreSignaler un abus |

 So what?
C’est tout le problème de la poule et de l’oeuf !

Rédigé par : @dubonsens | le 09 février 2014 à 18:35 | RépondreSignaler un abus |

 @Tonton Zacky
L’humanité a progressé non seulement grâce à l’élaboration d’outils toujours plus variés, mais aussi en les utilisant.
On a réussi à créer des systèmes permettant d’obtenir des mémoires bien plus fiables que la mémoire humaine, et des
programmes permettant de calculer bien plus rapidement que ne le permet le cerveau humain. Pourquoi faudrait-il
s’en passer?
Quant à la concentration, et à l’effort, on est beaucoup plus motivé lorsque cela à un sens pour celui qui le réalise. Or,
l’enseignement est aujourd’hui tellement découpé qu’il faut parfois plusieurs années pour savoir à quoi va bien
pouvoir servir ce que l’on a du mémoriser, et que l’on aura oublié d’ici là ne l’ayant jamais utilisé pour des cas
concrets. Cela n’a pas beaucoup de sens de punir les élèves parce qu’ils n’ont pas appris une leçon qu’ils se seraient
de toute façon empressé d’oublier quelques semaines plus tard simplement parce que ça ne les intéresse pas, même
s’ils les avaient apprises pour l’interrogation.
On parle beaucoup des problèmes de formation en primaire où au collège, mais si on s’intéressait un peu plus aux
prépas qui vont former nos élites, elles seraient sans doute plus à même de trouver des solutions afin d’améliorer notre
quotidien. Aujourd’hui, avec les concours, on leur demande d’admettre, mémoriser, appliquer. S’ils cherchent à
comprendre réellement ce qu’ils font, n’ayant pas le cerveau cumulé des Einstein, Newton, Maxwell, Pasteur, et des
autres, et sachant que même s’ils avaient leur intelligence, ils auraient bien du mal à comprendre en quelques
secondes, ce que les scientifique précédemment cité ont mis des années à élaborer, ils n’obtiendraient jamais leurs
concours. Ils savent bien que s’ils veulent réussir, il leur suffit de savoir que tel exercice ce résout comme l’exercice 3
de la page 12, et tel autre comme l’exercice 8 de la page 52. Le problème, c’est que le monde étant changeant, ils
devraient être capables de résoudre des problèmes inédits, et non d’utiliser des recettes apprises qui ne s’appliquent
pas pour les problèmes rencontrés. Un exemple parmi tant d’autre, la résolution de la crise économique actuelle. Ils ne
veulent pas que se renouvelle la crise de 29, sans ce rendre compte que le monde d’aujourd’hui n’a plus rien avoir
avec le monde d’alors. Les humains consomment déjà trop rapidement les ressources que peut produire la planète,
qu’à cela ne tienne, tous les discours de nos élites veulent renforcer la consommation. Nos élites devraient être
capables de comprendre, d’adapter et d’appliquer, on en est loin, ce qui ne les empêche pas d’avoir réponse à tout,
mais en étant trop souvent complètement à coté de la plaque. De votre coté, vous voudriez résoudre les problèmes de
l’école actuelle en appliquant les vieilles recettes, vous êtes comme ceux qui n’ont pas vu qu’on n’est plus en 1929.

Rédigé par : Achefde | le 09 février 2014 à 13:20 | RépondreSignaler un abus |

 @Achefde
Utiliser des outils nouveaux, la capacité de calcul informatique ? Bien sûr, mais veut-on nous faire croire que le
quidam peut en faire quelque chose sans connaissance préalable ?
Dissocier connaissances et intelligence ? L’intelligence et la création, on peut les approximer comme un travail
d’associativité dans le cerveau (Laborit). Sans connaissances à associer, peu de chance de créer du génie. Des tas des
gens ont sous les doigts des Intel Core i7 avec 1 TB de mémoire, c’est loin d’en faire des génies de la génomique
computationnelle ou que sais-je.
L’enseignement découpé, l’absence d’objectif immmédiat : c’est là l’enjeu de la pédagogie. Que fait-on quand on
apprend par coeur une poésie en primaire ? Quand on passe 3 années de licence à apprendre des sciences
fondamentales sans intérêt professionnel direct ? Précisément, on apprend à apprendre, à manipuler des concepts
fondamentaux, à raisonner, à utiliser son cortex préfrontal et sa paire d’hippocampes, on se construit un modèle global
du monde des connaissances assez fermement établies.
Pour éventuellement créer un travail original de thèse, en 3e cycle. Et oui, le système si décrié est tout compte fait
assez logique.
La crise économique et écologique, ce n’est pas une question de solutions nouvelles. Des gens comme Pierre Rabhi
ont des propositions de solutions. C’est qu’il n’est plus question d’intelligence rationnelle, mais d’affect dans la mise
en question de nos modes de vie. Renoncer à acquérir un écran led 110 cm parce que c’est inutile et libérateur de
métaux lourds, ça court-circuite l’intelligence et mobilise la psychopathologie et les mécanismes de déni et
refoulement. C’est une autre sphère que celle des solutions rationnelles qu’on peut modéliser sur un diagramme
fonctionnel.
Rédigé par : Tonton Zacky | le 09 février 2014 à 13:39 | RépondreSignaler un abus |

 Ce que vous présentez devrait relever d’une totale évidence. C’est


malheureusement incompréhensible pour la plus grande majorité qui ne vit que dans une perpétuelle agitation qui
inhibe toute réflexion et distanciation par rapport aux réactions purement instinctives et affectives (j’ai failli écrire
pavloviennes).

Rédigé par : Yannick L | le 09 février 2014 à 14:07 | RépondreSignaler un abus |

 @Tonton Zacky
Il est bien évident que sans connaissance, on ne risque pas d’aller très loin. Mais on peut avoir toutes les
connaissances que l’on veut, si on n’a pas le temps de prendre le recul nécessaire pour digérer ces connaissances, alors
on a toutes les chances de ne pas pouvoir aller très loin non plus.
Or, le bachotage ne laisse pas le temps de prendre du recul sur ce qu’on apprend, et on en vient facilement à prendre
ensuite pour évidentes des solutions qui ne sont absolument pas adaptées aux problèmes posés.
Je l’ai souvent constaté auprès de mes amis, polytechniciens et normaliens, lorsqu’ils rencontraient des problèmes
inédits dont ils n’avaient pas la solution en catalogue et j’ai l’impression qu’ils ne représentent pas une exception,
mais plutôt une marque de fabrique. Cela ne les empêche pas d’être brillants dans leurs domaines de compétences,
mais leur formation semble plus les gêner que les aider, dès qu’ils s’en éloignent, car ils ont souvent du mal à
imaginer des solutions nouvelles : prendre un recul suffisant pour associer des données qui n’ont apparemment aucun
liens entre elles pour élaborer une solution cohérente parfaitement adapté à leur problème.
Vous parler d’apprendre à apprendre: il me semble que dans le monde actuel, apprendre a comprendre serait plus utile.
Raisonner, c’est bien, mais être capable de déterminer à partir de quelles données on va devoir mener son
raisonnement, c’est mieux. Il y a très souvent plusieurs solutions pour résoudre le même problème, et le plus classique
n’est pas toujours le plus adapté.

Rédigé par : Achefde | le 09 février 2014 à 18:19 | RépondreSignaler un abus |

 Ce que vous dites des brillants cerveaux type polytechniciens ou


normaliens est parfaitement exact. Par ex, lorsqu’ils sont « parachutés » à la tête d’entreprises l’expérience montre
qu’ils se trompent souvent, notamment en faisant confiance à des personnes rusées, qui, voyant que, ne connaissant, ni
les métiers-clés de l’entreprise, ni les clients, ni les concurrents, les amènent sur des voies sans issue. Pour caricaturer
un cerveau scolaire brillant peut raisonner parfaitement … dans un champ extrêmement étroit, faute de références et
d’expérience dans le milieu dans lequel il vient d’être parachuté. Il est vrai que certains s’en sortent quand même,
ayant notamment du flair pour vite repérer et garder ceux qui portent la société à bout de bras. Deuxième risque avec
ce type de cerveau qui raisonne à toute allure, c’est celui de penser tout savoir, d’avoir tout compris, au bout d’un ou
deux mois, tant ils ont confiance en eux.

Donc deux risques que j’ai personnellement vécus, celui de faire confiance à des rusés qui réussissent à les mettre
dans leur poche, parlant la langue qui convient pour convaincre un ignare des métiers pratiqués et celui d’un excès de
confiance en soi. Et il y a peut-être d’autres risques, par exemple celui de faire fuir les plus professionnels de
l’entreprise qui auraient pu espérer en prendre la tête

Rédigé par : robert avezou | le 09 février 2014 à 23:15 | |

 Bonjour,

Le goût de l’effort, comme vous l’appelez, ne serait-il pas plus prompt à venir si les enseignants (que je respecte
grandement) acceptaient de donner quelques applications pratiques des théories présentées ?
J’ai passé mon baccalauréat scientifique en 2009. J’ai donc eu un cours d’environ un mois et demi sur les nombres
complexes (vous savez, le fameux i²=-1). A aucun moment, mon professeur (pourtant très compétent) n’a jugé utile de
nous expliquer à quoi cela pouvait bien servir. Pourtant, cela ne lui aurait pas pris plus de 2 minutes.

Toute ma classe a eu des notes correctes en Biologie (où le cours se base uniquement sur des cas pratiques et
existants) et en Physique-Chimie (où notre professeur a eu la bonne idée de ne pas faire de la théorie pure mais de
profiter des exercices pour nous montrer les applications), mais n’a (à de rares exceptions près) pas brillé en
Mathématiques. Et lorsque la question a été posée, la quasi-totalité a dit que c’était parce qu’ils n’avaient pas vu
l’intérêt de cette matière qu’ils s’étaient découragés.

A mon sens donc, bien plus que de remettre en cause le système, redonnons aux enseignants du secondaire et du
supérieur la capacité des instituteurs et institutrices à replacer en permanence les compétences enseignées dans la
réalité. Les résultats devraient (mais peut-être n’est-ce qu’un voeu pieux ?) suivre.

Rédigé par : Till Gray | le 10 février 2014 à 12:13 | RépondreSignaler un abus |

4. Je crains, hélas, que beaucoup ne considèrent aujourd’hui que l’essentiel est dans le repli. Il faut boucler,
cadenasser, rester entre soi. Je crains le retour de la scolastique, comme explication et appropriation du monde.
Certains philosophes, qui ne se plaisent qu’éructant devant la lumière des médias en trimballant un vieux bouquin
pour faire sérieux, remettent en question l’universalisme et l’humanisme de Montaigne. Alors, Humboldt…Saint
Thomas d’Aquin est so fashion depuis B XVI !
Pour ce qui concerne l’enseignement, à quand le retour, à moins qu’elles ne nous aient jamais quittés, de la lectio, de
la quaestio, de la disputatio comme critères de sélection de l’élite républicaine ? Je ne plaisante pas. Les six étapes du
schéma de « la méthode scientifique » présentée dans l’article correspondent, toutes proportions gardées, à la
démarche prônée actuellement pour l’enseignement du français.
Quels sont les commentaires de nos chroniqueurs ? Nos élèves n’apprennent plus rien, ne connaissent plus la
grammaire, ont abandonné le respect de l’orthographe, etc. « Apprendre à apprendre » est la devise des attardés de
mai 68, des collabos et des pédagos démagos. Voilà ce qu’on entend et ce qu’on lit actuellement.
Et même si c’était vrai que nos élèves en savent un peu moins que nous quand nous avions leur âge ? Les causes ne
pourraient-elles pas être exogènes ?
Allons-nous recommencer à former, dans une perspective toute entrepreneuriale, les futurs dirigeants des SARL
Diafoirus père & fils ?

Rédigé par : Jmaitret | le 09 février 2014 à 11:45 | RépondreSignaler un abus |

5. L’intelligence est-ce seulement du savoir ? Apprendre est-ce du même ordre et au même niveau que
l’accumulation de connaissances ? Ces deux mots ne sont-ils pas employés négligemment et confusément pour
désigner des réalités différentes ? Quand on parle d’intelligence artificielle, utiliser le mot « intelligence » pour
désigner un processus de réaction mémorielle quel que soit le support et aussi rapide soit-il au point de supplanter le
cerveau humain, n’est-ce pas une grave faute déontologique de la part des experts qui permet ainsi de comparer et de
réduire l’être humain à une machine enregistreuse ?

Rédigé par : Lopez Alfredo | le 09 février 2014 à 12:16 | RépondreSignaler un abus |

6. Plutot que de parler « d’intelligence » collective il vaudrait mieux en effet parler de multiplication des
observations.
Par exemple prenons le fameux theoreme de Fermat a^(n) + b^(n) = c^(n), on aurait pu connecter la terre entiere ca
n’aurait rien change au fait que celui qui a confirme le theoreme etait un mathematicien de genie, et qu’aucun non
mathematicien n’aurait su par ou commencer.
L’exemple des fourmis dit bien ce qu’il dit. Les enfants n’ont a aucun moment su ce qu’ils faisaient. Ils ont
simplement suivi les indications des myrmecologues. L’observation initiale etait purement accidentelle. Si on avait
donne une colonie de fourmis a 10000 ecoles tout autour du globe, il est tres possible que d’autre observations
inedites auraient ete faites.
Aujourd’hui le nombre de personnes possedant des camaras digitales est tel qu’il est evident que des observations sur
tel ou tel phenomene jusque la inconnu vont se multiplier, et quand les populations les plus defavorsiees du globe
auront un acces equivalent a ces cameras, il est tout ausi evident qu’on decouvrira des nouvelles especes a la pelle.
Mais je ne suis pas certain qu’on puisse parler d’intelligence collective.

Rédigé par : robert | le 09 février 2014 à 12:17 | RépondreSignaler un abus |

 Pour résoudre un problème quelqu’un a besoin d’une certain intuition, c’est a dire se faire une liste
de ce qu’il a déjà vécu auparavant et essayé de le coller à son problème. Plus on est de personne plus cette liste sera
grande, et on aura plus de probabilité de résoudre le problème.

Par conséquent c’est une forme d’intelligence. C’est d’ailleurs ce que font nos ordinateurs dit « intelligents », ils
listent les solutions.

Je crois tout à fait à cette intelligence dite « collective ».

Rédigé par : Stef | le 09 février 2014 à 17:29 | RépondreSignaler un abus |

 Dans le cas du theoreme de fermat par exemple a part une poignee de mathematiciens il
n’existait personne capable ne serait-ce que de poser le probleme. On aurait pu interviewer les 7 milliards d’etres
humains l’un apres l’autre cela n’aurait rien change. S’il existe une « intelligence » collective ce n’est certainement
pas dans des domaines aussi pointus. Je pourrais multiplier les exemples.
Il faut faire la difference entre observer les etoiles et les galaxies dans une partie du le ciel avec un telescope (comme
de nombreux amateurs le font dans des programmes d’astronomie collective ou effectivement leurs observations sont
essentielles) et imaginer la theorie de la relativite generale qui ne pouvait etre mise en ordre que par 2 ou 3 cerveaux
au debut du 20eme siecle.

Rédigé par : robert | le 09 février 2014 à 18:05 | RépondreSignaler un abus |

 Je suis d’accord avec ce que vous dites, mais le teoreme de fermat, n’importe que
eleve de terminal est capable de le poser. D’ailleurs, aucun mathematicien, seul, n’aurait pu faire la preuve sans les
travaux sur les elipses de mathematiciens japonais (je crois).
Je ne connais pas l’histoire par coeur, mais entre Pascal et ses proba, Fermat lui-meme, Gauss et ses complexes, les
japonais et leurs courbes, la preuve n’aurai jamais été trouvé. D’ailleurs, cette preuve est plus anecdotique qu’utile, a
mon avis.
Mais l’autre exemple est juste.

Rédigé par : Ethan | le 09 février 2014 à 19:49 | RépondreSignaler un abus |

 L’exemple etait pris bien sur dans le cadre de l’intelligence « collective ».


Il est bien evident que celui qui a resolu le theoreme (dont je en me souviens plus le nom) a beneficie de plusieurs
travaux anterieurs mais qui etaient eux meme dus a quelques individus qui etaient eux meme des mathematiciens. Et
c’est le meme dans toutes les sciences. Ce n’est pas ce qui est decrit comme une intelligence collective au sens que
l’article de ce blog lui donne.
Maintenant si on veut parler d’une theorie de l’intelligence collective, j’avais envendu parler il y a 10 ou 15 ans
manitenant du concept de resonnance morphique de R. Sheldrake. Vous pouvez y jeter un coup d’oeil si ca vous
interesse. Mais pour vous donner un exemple que j’avais entendu a cette epoque, si une grille de mots croises est
soumises le lundi et resolue par 100 individus en 2 heures, elle sera resolue en 1h30 le mardi par 100 autres individus
qui ne l’ont jamais vue avant et n’ont eu aucun contact avec les 100 premiers…

Rédigé par : robert | le 09 février 2014 à 20:30 | |


 Effectivement, j’ai entendu parler d’experiences de ce genre.
Et j’vais mal saisi vos propos, desolé.

Merci pour les references en tout cas, j’irai jeter un oeil.

Rédigé par : Ethan | le 09 février 2014 à 23:06 | |

7. 1) la métaphore du jeu d’échec est inopérante, ce jeu a un horizon limité et est donc modélisable par un
machine qui compte, avec le jeu de Go, plus ouvert, c’est impossible, aucune machine n’arrive à battre les
champions.La modélisation n’est donc peut-être pas la panacée pour la résolution de problème.
2) L’interdisciplinarité est un non-sens du fait des modes opératoires différents et catégories de problèmes traités,
propres à chaque famille de matières.
3) « Aucun d’entre nous n’est plus intelligent que l’ensemble d’entre nous… « et une ineptie du fait de
l’incommunicabilité des « systèmes » de pensée élaborés par les individus. « Tous » ne pense pas, l’individu est la
seule entité pensante.

Enfin, pour terminer ce commentaire, un poil définitif, la science n’invente rien, elle constate et communique
merveilleusement mais c’est tout. Il serait peut-être temps d’aller jeter un œil du côté du travail créateur en espérant
que la nouvelle chaire du collège de France attribuée à P. M. Menger fasse avancer le shmillblick.

Rédigé par : pourvuquonaitlivress | le 09 février 2014 à 13:03 | RépondreSignaler un abus |

 « avec le jeu de Go, plus ouvert, c’est impossible, aucune machine n’arrive à battre les champions »

pour le moment. Les programmes de go ont déjà largement progressé. On croyait aussi dans les années 70 qu’on ne
battrait jamais un champion d’échec.

» la science n’invente rien, elle constate et communique merveilleusement »


vous pouvez développer ?

Rédigé par : wismer | le 09 février 2014 à 18:57 | RépondreSignaler un abus |

 En fait, c’est surtout que les structures de données « classiques » sur lesquelles sont basées les IA
perdent en efficacité lorsque trop de choix sont possibles, et sont incapable de strategie globale elaboré. De plus, tant
que les langages muti-paradigmiques de bas niveau ne seront pas plus utilisé, et tant que les informaticiens seront retif
à la programmation fonctionnelle, l’IA n’avancera que grace a la puissance des machine et a l’intelligence de quelques
rares exellents développeurs.

Rédigé par : Ethan | le 09 février 2014 à 19:24 | RépondreSignaler un abus |

8. Je prie pour que les apparatchiks de l’Education Nationale vous entende… Mais sont-ils vraiment déterminés
à changer quelque chose ou surtout cherchent-ils à préserver leur position personnelle – vous comprenez, ils ont une
vie de famille à réussir !
Jeune prof, qui connaît pas mal d’autres jeunes profs, je vois tous les jours l’énergie gâchée dans un système qui
avance cahin caha, s’arcboutent sur des dogmes d’un autre âge mais tellement ancrés qu’on n’imagine pas d’autres
solutions. On est dans les faits obligés d’utiliser toutes les inventions possibles et imaginables, mais sans ce que ce
soit assumé, sans que l’on en tire la moindre expérience, alors que l’administration n’aurait comme d’habitude qu’à se
pencher pour ramasser la manne qui pousse partout où des profs aiment leur métier et leurs élèves.
Une idée de changement de méthode : http://lecercle.lesechos.fr/economie-
societe/societe/education/221189128/ecole-intelligente-scolarite-a-carte

Rédigé par : leonbellevalle | le 09 février 2014 à 13:12 | RépondreSignaler un abus |


 « apparatchiks ». Bel élément de langage. Nietzsche en ferai une excellente généalogie, mais votre
esprit en est capable aussi, faites-la vous-meme. Peut-etre que parcourir « Par delà bien et mal » vous aiderai. En tout
cas, bravo pour votre discours reducteur et bourré de certitudes.

Rédigé par : Ethan | le 09 février 2014 à 19:34 | RépondreSignaler un abus |

 Je trouve que c’est votre critique qui est simpliste ou plutôt obscure, de même qu’elle est
apparemment pleine de certitudes sur les limites de mon propos, qui est à n’en pas douter imparfait mais a le mérite de
s’exposer… Pour vous donner tout de même l’opportunité de vérifier si mon discours est vraiment simpliste, je vous
invite à aller faire un tour sur le lien suivant, seize articles qui discute de ma pratique :
http://lecercle.lesechos.fr/221170826/leon_belleville?tab=0#contributions

Rédigé par : leonbellevalle | le 09 février 2014 à 22:18 | RépondreSignaler un abus |

 Pas simpliste, reducteur. Le « bourré de certitude » était de trop, et offensant, en


plus d’etre pédant, pardon.

Pour le reste, oui je trouve que ce que vous dites est reducteur. Et « les apparatchiks de l’Education Nationale »…
Vraiment? Ce type de phrase me fait vomir, désolé. Il y a de l’hypocrisie, et des sous-entendus plus que douteux.

D’ou mon conseil de lire « Par delà bien et mal » de Nietzsche. Tres accessible d’ailleur.

Rédigé par : Ethan | le 09 février 2014 à 23:20 | RépondreSignaler un abus |

9. Il faut dépasser, je crois, les apparentes contradictions pour réfléchir un peu plus, et chercher une voie entre
les sirènes de la démagogie et le spectre de la scolastique…

Bien sûr, l’ »apprendre à apprendre », avec son côté démagogique vite repris dans les médias, ne dispense pas, comme
le signalent plusieurs intervenants, d’une solide, et parfois rébarbative formation de connaissances, sur laquelle on
peut à juste titre s’inquiéter dans le climat ambiant d’immédiatisme et de facilité.

Les MOOC n’ont jamais été, et ne seront pas de sitôt aussi interactifs que la présence d’un bon enseignant, ils ne sont
pour l’instant qu’un mauvais avatar de l’enseignement programmé des années 50 et de la télévision scolaire des
années 60, dont on connaît le tragique échec. Les recherches massives « en parallèle », aléatoires, ne s’appliquent pas
à tous les problèmes. Mais la facilité offerte par les ressources digitales et les banques de données peuvent soulager
certains apprentissages, de même que le traitement de texte peut aider l’entraînement à la rédaction (organisation des
idées, correction facile…).

Par contre, le fait de développer dès le plus jeune âge des séquences de recherche ou de création, un peu dans l’esprit
de ce que fait « la main à la pâte » pour les sciences, ou « math en jeans » pour les maths, ou la mise en place d’autres
situations dans le même esprit, peut aider à donner suffisamment de curiosité aux élèves pour supporter, ou même
anticiper l’apprentissage des indispensables techniques, au lieu de s’en détourner avec dégoût comme le traduit
l’actuelle désaffection pour les études scientifiques.

Si l’on trouve, en informatique, nombre de jeunes passionnés et réellement créatifs (je ne parle bien sûr pas ici des
millions de « petit(e)s poucet(te)s » simples utilisateurs, consommateurs stupides et obéissants endoctrinés par le
marketing), c’est que la discipline est moins « empesée », et qu’on peut y faire ses expériences dans un climat
communautaire et ouvert.

Il vaut donc la peine de chercher dans cette direction, sans pour autant sombrer dans la facilité, et d’inventer des outils
et des situations nouveaux pour stimuler ce processus. Si M. Taddei travaille en ce sens, pourquoi pas?

Rédigé par : Gosseyn | le 09 février 2014 à 13:15 | RépondreSignaler un abus |

10. Bonjour,
Vous oubliez » bizarrement » de préciser que la pédagogie en classe n’est pas libre du tout : inspecteurs et ministère
veillent au grain.
Et si vous dérogez à la pédagogie qu’il faut suivre, vous êtes sanctionné(e).
D’où le désastre de la méthode globale.

Une nouvelle fois, les enseignants sont les responsables …


guiliguili

Rédigé par : guiliguili | le 09 février 2014 à 13:36 | RépondreSignaler un abus |

 J’ai enseigné pendant 40 ans en me foutant ouvertement des inspecteurs et du ministère. Je n’en suis
pas mort et mes anciens élèves me remercient encore. Il suffit d’un peu de volonté face à une administration imbécile
et figée.

Rédigé par : Yannick L | le 09 février 2014 à 14:25 | RépondreSignaler un abus |

 Entièrement d’accord.
Mais l’article généralise … d’où ma remarque que je maintiens mordicus. L’administration ne permet pas d’avancer.
Formation continue ?
Inspection fréquente et permettant un véritable travail ?
guiliguili

Rédigé par : guiliguili | le 09 février 2014 à 14:59 | RépondreSignaler un abus |

 @guiliguili
Il ne faut pas surtout pas dédouaner les profs, il ne manquerait plus que ça ! Ils sont directement responsables, entre
autres, de l’utilisation de la pédagogie par l’humiliation.

Rédigé par : Panoramix | le 10 février 2014 à 03:28 | RépondreSignaler un abus |

 « pédagogie par l’humiliation ». En 10 ans d’études et 40 d’enseignement, je n’ai rencontré


cela que 2 fois. 2 fois de trop, mais seulement 2 fois.

Rédigé par : Yannick L | le 10 février 2014 à 15:16 | RépondreSignaler un abus |

11. « Aujourd’hui, notre système éducatif sélectionne ses éléments sur leur capacité à mémoriser des leçons. »
Il y a longtemps que les pédagogies qui rendent l’élève actif le mettent en situation de comprendre plutôt que de
simplement apprendre, par exemple en lycée professionnel. il se trouve que beaucoup des progrès pédagogiques en
proviennent et que ce sont justement ces méthodes qui ont été contestées avec virulence ces dernières années par les
ministres, Darcos (les « pédagogistes » disait-il…, Chatel, qui ont détruit les formations de professeurs qui
transmettaient les résultats de la recherche et permettaient par un aller retour théorie /pratique de faire maîtriser une
pédagogie plus novatrice et se sont ridiculisés, suivis tout de même par beaucoup de gens mal informés, en
considérant qu’enseigner était un métier qui n’avait pas besoin de formation !
Actuellement, l’usage de l’informatique, la constitution de dossiers à défendre à l’oral pour prouver que l’on a
compris, sont des basiques de la pédagogie. Il se trouve que quelques inspecteurs font avancer ces recherches et ces
pratiques avec des groupes de professeurs. Mais le discours collectif c’est que les enseignants sont arc boutés sur des
pratiques archaïques…Tellement plus simple que d’aller voir sur le terrain ce qui se fait.

Rédigé par : Theodoric | le 09 février 2014 à 13:56 | RépondreSignaler un abus |

 Vous ne faites que reprendre les discours « pédagogistes » responsables de l’effondrement de l’EN.
Apparemment, vous ne comprenez pas vos erreurs.
« Actuellement, l’usage de l’informatique, la constitution de dossiers à défendre à l’oral pour prouver que l’on a
compris, sont des basiques de la pédagogie. » Vous ne comprenez rien à l’enseignement. Si vous êtes enseignant,
démissionnez au plus vite, vous sauverez l’avenir de vos futurs élèves.

Rédigé par : Yannick L | le 09 février 2014 à 14:22 | RépondreSignaler un abus |

 Comment faites-vous cours, M. le donneur perpétuel de leçons? Je suis autant attaché que
vous à la transmission des savoirs, et je hais l’occupationnel et l’usage du net prétexte à ne rien construire en matière
de concepts et de notions. Donc, je me répète, peut-être s’agit-il d’un malentendu : comment faites vous cours?
Essayons d’échanger.

Rédigé par : Theodoric | le 09 février 2014 à 16:26 | RépondreSignaler un abus |

 J’ai enseigné l’informatique en collège, lycée, formation continue pendant plus de


30 ans. J’ai équipé mes deux derniers établissements. L’informatique en lycée, hormis son usage comme outil en tant
qu’instrument de mesure ou de contrôle de processus n’est qu’une fumisterie qui ne fait que favoriser les meilleurs qui
s’en régalent. Les autres sont encore plus pénalisés.

Rédigé par : Yannick L | le 10 février 2014 à 15:34 | RépondreSignaler un abus |

 Mais je suis d’accord ! J’expérimente seulement de temps en temps la


fabrication d’un (pseudo) hypertexte qui oblige à amasser beaucoup de connaissances, et essentiellement pour de la
collecte d’info et de la technique de rédaction, des execices et de l’échange de fichiers avec mes élèves. Le sens et le
contenu priment.

Rédigé par : Theodoric | le 10 février 2014 à 17:50 | |

 @Yannick L : pas un seul argument, ton insultant… Heureusement que votre grammaire
est correcte, sinon je vous aurai pris pour un collégien de ZEP. Vous n’êtes pas enseignant quand même ? En tout cas,
votre commentaire est tout à fait inutile. À l’avenir, abstenez-vous svp., par respect pour les autres lecteurs.

Rédigé par : Tom | le 09 février 2014 à 17:05 | RépondreSignaler un abus |

 « je vous auraiS ». Votre grammaire n’est pas correcte. J’ai 40 ans d’enseignement
derrière moi et un monceau de lettres de remerciements de mes anciens élèves. « À l’avenir, abstenez-vous svp., par
respect pour les autres lecteurs. ». Vous représentez exactement la médiocrité où est tombée l’EN.

Rédigé par : Yannick L | le 10 février 2014 à 15:23 | RépondreSignaler un abus |

 Très juste, Theodoric. Les apriori de m. Taddei relèvent des poncifs les plus crasses et insultants
pour l’école et ses maîtres. Penser qu’on en est revenu à la scolastique et la dogmatique alors qu’il n’est question que
de rendre l’élève acteur de ses apprentissages, c’est ignorer l’état et les finalités actuelles de l’institution scolaire.
On dirait que le but de m. Taddei est surtout de faire avec l’école et ses élèves ce que Facebook ou Google font avec
les clics sur leurs pages : les transformer à l’insu des cliqueurs en profit économique. On met à contribution des tas de
mioches qui font plein d’observations, sans savoir ce qu’ils font, et hop, on en retire à part soi- dans l’entre-soi des
savants véritables – les fruits cognitifs et académiques ( et économiques : la démarche fait vendre du matos
informatique aux classes et il y a un petit retour pour les publicitaires vantant les mérites de l’ »intelligence »
collective). Les mioches, en revanche, on leur cache soigneusement qu’avant de devenir savants, il va leur falloir
apprendre à penser par eux-mêmes et répondre à leurs propres questions avant de répondre à celles des vendeurs de
matos…

Rédigé par : Ouf | le 09 février 2014 à 14:45 | RépondreSignaler un abus |

 Tout à fait d’accord avec Theodoric. Et comme Ipanema je propose aussi à ce chercheur de
demander un poste en lycée professionnel : il pourra étudier la pédagogie appliquée, ni du moyen-âge, ni basée sur la
mémorisation mais faisant beaucoup de place à l’interdisciplinarité.
Rédigé par : epb | le 09 février 2014 à 16:37 | RépondreSignaler un abus |

 Théodoric
Il faut quand même être sérieux. Pourriez vous nous dire quelle est l’efficacité de la pédagogie formidable et
innovante que vous mettez en place au lycée pro ? Concrétement pour avoir suivi des stages d’élèves en lycée pro, en
général (il y a toujours des exceptions aux règles) ils font n’importe quoi, n’arrivent jamais à l’heure, donnent des
excuses bidons (au lycée pro au bout du vingtième retard, la proviseure te fait un rappel, oulalla ça fait peur…),
téléphone ou tchatche au lieu de travailler (bah ouais la nouvelle pédagogie c’est tu travailles quand t’as envie…),
vous leur donnez une consigne ils font autre chose (la nouvelle pédagogie travaille sur leur « créativité »), c’est
toujours la faute de l’autre (on lui a pas suffisament expliquer, il va donc allez se plaindre auprès du proviseur car
nous ne sommes pas assez pédagogiques, oui on croit rêver…), leur niveau est lamentable (comment peut on avoir un
bac en n’ayant jamais lu un livre dans sa vie ?)… et j’en passe et des meilleurs… Vous voulez des anecdotes ? Si vous
appelez les lycées pro des grandes réussites pédagogique excusez moi mais je pouffe… Vos nouvelles pédagogies sont
en train de créer une nouvelle génération d’inemployables (combien de chômeurs chez les jeunes ayant bénéficié des
avancées stupéfiantes de la nouvelle pédagogie, 25% ?) en passe d’avoir des emplois par décret gouvernemental car
les entreprises préférent des gens éduqués à l’ancienne, c’est à dire éduqués tout court, plutôt que les jeunes
bénéficiant des avançées dramatiques de la pédaneunologie. A sinon apprendre à apprendre, faites moi rire, moi un
travailleur qui travaille à travailler j’appelle ça un mec qui glande.

Rédigé par : fabien | le 09 février 2014 à 19:32 | RépondreSignaler un abus |

 @fabien
Ce que vous décrivez existe, et comme environ un tiers des élèves arrive en LP après la troisième, avec des problèmes
comportementaux, psycho sociaux, un manque de connaissances flagrant, et une orientation subie (sauf spécialités
porteuses), que les familles de milieux populaires qui sont 95% de l’effectif n’ont que rarement valorisé l’école et
subissent de plein fouet le désastre culturel qui s’est mis en place depuis trente ans, je vous pose la question suivante,
sachant que les CFA (formation d’apprentis) rencontrent le même problème et que les patrons, on les comprend, ne
veulent pas former à 16 ans des immatures : comment faites vous pour leur enseigner leur discipline professionnelle
(il y a 22 semaines en entreprise, évaluées et suivies par tous les enseignants), et les nécessaires Français, histoire,
geo, maths sciences, langues…) ?
Quand je suis arrivé par choix dans ce milieu, en banlieue, la destruction du savoir à la télévision et l’abêtissement qui
en a résulté n’existaient pas, nous avions donc des élèves un peu faibles mais structurés que des méthodes inductives
permettaient de remettre en route (et j’ai dans mes amis actuels d’anciens élèves de Lp devenus ingénieurs et chef
d’entreprise). les professeurs étaient formés deux années en Ecole Normale (ENNA).
Que vous ayez rencontré des cancres destructurés ne m’étonne pas et je ne fais pas semblant de croire que les
méthodes actives sont la panacée :j’ai toujours pratiqué une pédagogie verticale quand c’était possible (d’où
l’outrance du jugement de Yannick L. …).
Il y a un mouvement de fond d’ailleurs décrit dans son dernier livre sur la démocratie par Dominique Schnapper qui
va vers l’hédonisme individuel au lieu de la transmission et du savoir.
Néanmoins il faut bien inventer des moyens pédagogiques – ce que je m’emploie à faire, sans démagogie- pour
rattraper la situation qui est
faite aux élèves (et aux professeurs ! )
Quant au taux de réussite, et d’employabilité (vous avez raison de signaler ce qui devient un problème pour une partie
des élèves, mais ça ne relève plus de l’école, bien que nous soyons de plus en plus obligés d’ éduquer), étant donnée la
situation décrite, il n’est pas mauvais. (supérieur à 70% je crois). Sortons donc des caricatures.

Rédigé par : Theodoric | le 10 février 2014 à 12:27 | RépondreSignaler un abus |


 Etrange commentaire. Vous reconnaissez une situation et les problèmes qui en
découlent mais vous ne parvenez pas accepter votre propre critique : « Sortons donc des caricatures » est la négation
finale des 50 lignes qui précèdent.

Rédigé par : Yannick L | le 10 février 2014 à 16:38 | RépondreSignaler un abus |

 « Vous reconnaissez une situation et les problèmes qui en découlent » :


En quoi ma conclusion, qui est adressée à mon interlocuteur, nie la description équilibrée que j’ai faite?
Vous ne connaissez peut-être pas la réalité des LP, vous ne proposez rien en matière de pédagogie à part un retour à
l’autorité (qui n’est jamais partie) et je ne sais quel dispositif , mais j’espère que vous ne pensez quand même pas que
le retour au cours magistral va guérir soudainement des élèves dont les problèmes ne sont pas essentiellement issus de
l’école !? Les élèves sont REELS, comme ils sont, avec leurs carences conceptuelles, affectives,et j’en passe : ils
témoignent d’une société malade. Faut-il absolument incriminer l’école? ne faut-il pas essayer de relever le défi et
trouver des procédures de cours qui permettent la réussite? On les condamne, sinon, à être le lumpenprolétariat de
demain, et je ne sis pas payé pour ça.
Et puis, si ça se trouve vous n’avez pas vu d’élève de LP de votre vie, je veux dire ceux d’aujourd’hui, par exemple,
qui ne se concentrent que par deux ou trois minutes et parlent sans problème tous en même temps et ne savent pas se
taire, par exemple : que faites-vous avec ça? J’ai des dispositifs pour interrompre ce délire d’inattention: c’est de la
pédagogie. En quoi cela est-il un renoncement? C’est un combat et nous sommes nombreux à le mener. Faut -

Rédigé par : Theodoric | le 10 février 2014 à 18:05 | |

12. De nationalité française (et ayant fait ma scolarité primaire et secondaire en France) mais enseignant au
Royaume Uni, j’ai pu comparer les deux systèmes. Au niveau académique, le programme est beaucoup plus fourni en
France et les élèves ont plus de connaissances générales. Le problème est que boucler ce programme est devenu la
seule obsession de l’EN et que personne ne s’intéresse vraiment a l’apprentissage dans la hiérarchie. Du coup, quand
nous recevons des élèves français en échange dans mon école, j’ai vraiment honte. Ils n’ont aucune autonomie de
pensée ou d’action, aucune confiance en eux, aucune énergie et aucune capacité a échanger, inventer ou même parler
en classe! Ils sont aussi incapable de travailler en groupe et ne réussissent que difficilement a produire un travail
personnel sans direction précises. Lors d’un exercice de composition d’un mini-dialogue comique en anglais, ces
collégiens ont passe leur temps la peur au ventre a me demander quels mots ils devaient utiliser, quel point de
grammaire, si la prononciation allait compter, et même quelle police d’écriture ils devaient utiliser sur l’ordinateur! Ca
ma vraiment fait de la peine pour eux.

Mes élèves anglais ont certes un programme moins pointu (et même franchement débile parfois) mais a chaque
question que je pose en classe, c’est la course a qui répondra en premier! Non seulement ils sont plus heureux en
classe mais aussi bien plus inventifs et curieux et surs d’eux. Ils adorent travailler en groupe, forment des clubs Latin,
astronomie, sport, theatre, journalisme après l’école et me présentent régulièrement le travail ‘hors-curiculum’ qu’ils
ont fait eux-mêmes et de leur propre initiative en plus des devoirs que je leur donne. Ainsi, ma classe est pleine de
posters sur Jules Cesar et Vercingetorix, un poème mnemo-technique pour se rappeler les verbes en -er, une liste de
blagues faites maison en français et meme en Latin, etc.

Je precise que je travaille dans une école équivalente ZEP et que nous avons aussi de gros problèmes de
comportements.

Rédigé par : Gabou4 | le 09 février 2014 à 13:59 | RépondreSignaler un abus |

 Ah, pas de chance, vous êtes tombés sur des cas. La majorité des élèves français sont, à l’inverse de
ceux que vous avez croisé, arrogants et doués d’une initiative sans pareille.

Rédigé par : Bibi | le 09 février 2014 à 15:04 | RépondreSignaler un abus |


 @Gabou4: « Du coup, quand nous recevons des élèves français en échange dans mon école, j’ai
vraiment honte. Ils n’ont aucune autonomie de pensée ou d’action, aucune confiance en eux, aucune énergie et aucune
capacité a échanger, inventer ou même parler en classe! »
Avez-vous pensé que cela pouvait être dû à leur situation d’élève en échange, donc isolés, ne parlant pas ou très mal la
langue, loin de leurs familles et de leurs repères ?…

Rédigé par : Tom | le 09 février 2014 à 17:31 | RépondreSignaler un abus |

 @Tom: oui en effet, mais nos élèves vont aussi a leur tour en France, vu que c’est un
échange, et ils ont fait le même exercice de création d’un dialogue comique, mais en français évidemment. Leur
niveau de langue était équivalent a celui des élèves français (même peut être moins bon au biveau grammaire), mais
ils ont réaliser cet exercice avec bien plus de plaisir et de bien meilleurs résultats!

Rédigé par : gabou4 | le 09 février 2014 à 19:35 | RépondreSignaler un abus |

 @Tom
Si les élèves français étaient moins humiliés, si, à la moindre erreur, ils n’étaient pas moqués, ils oseraient sans nul
doute un peu plus s’exprimer. Dans ce foutu système d’enseignement « à la française », on a pas le droit à l’erreur. Un
comble ! Apprendre, c’est aussi se tromper, recommencer, se tromper, recommencer…

Rédigé par : Panoramix | le 10 février 2014 à 03:38 | RépondreSignaler un abus |

13. Ce qui ne cesse de me surprendre c’est que la France est tres mal placee dans les classements type Pisa
(j’avais l’impression que c’etait deja le cas il y a 20 ans, mais on semble s’en apercevoir aujourd’hui…), meme en ne
prenant que l’Europe, et qu’apparemment personne ne songe a simplement « copier » ce qui semble marcher dans une
majorite de pays. Il doit bien y avoir quelques points communs entre les pays qui reussissent et qu’on pourrait
simplement rapporter et adapter aux ecoles francaises, non?

Rédigé par : robert | le 09 février 2014 à 14:52 | RépondreSignaler un abus |

 Il n’y a pas à être surpris par Pizza. En France, l’école garde l’idéal cartésien de former des humains
capables de conduire par eux-mêmes leurs pensées. Or, conduire par soi sa pensée, cela s’apprend avec difficulté et
cela prend du temps. Pizza est un instrument produit par des institutions internationales néolibérales et fait pour
mesurer d’autres « performances » que celle-là et il faut bien le dire, peu en rapport avec celle-là, voire en
contradiction avec celle-là. C’est un instrument destiné à faire honte à ceux qui gardent l’idéal scolaire cartésien, afin
que leur école se plie aux standards néolibéraux sous les injonctions d’une opinion publique offusquée par le piètre
« classement » de son école.

Rédigé par : Peresevere | le 09 février 2014 à 15:45 | RépondreSignaler un abus |

 Un peu le village gaulois, non ? Pour faire des êtres humains capables de « conduire par
eux-mêmes leurs pensées »… il faut déjà qu’ils sachent observer, ressentir, communiquer qualitativement avec leurs
semblables… Si déjà ce cap était franchi !

Rédigé par : dubonsens | le 09 février 2014 à 18:44 | RépondreSignaler un abus |

 PISA mesure la capacite des eleves a comprendre un texte ou a resoudre des exercises
mathematiques de base. Il n’y a rien la de liberal ou de je ne sais qui d’autre, simplement la demonstration que notre
facon d’enseigner les bases de toute comprehension est mauvaise. Notre classement PISA est mauvais pour cette
raison et pas une autre.

Rédigé par : robert | le 09 février 2014 à 19:16 | RépondreSignaler un abus |

 « Notre classement PISA est mauvais » dites-vous… Et vous demandez en même


temps qu’on ne juge pas « mauvais » le classement d’un élève parce que c’est là lui appliquer un jugement
contreproductif pour qu’il progresse en se corrigeant ? Faites-en de même avec l’école française. Ne la jugez pas
« mauvaise » ni son classement -qui est ce qu’il est- « mauvais. » Et voyez sans naïveté qui vous fait dire contre vos
propres principes de jugement que ce classement est « mauvais »…

Pas de neutralité derrière PISA : on attend de vous une incrimination de l’école française en même temps qu’on attend
de vous que vous n’incriminiez pas les élèves. Par conséquent, on attend de vous que vous incriminiez les maîtres. Et
pourquoi attend-on de vous cela ? Hein ? À votre avis ? Parce que tous les moyens sont bons pour incriminer l’école
publique et lui substituer une industrie « éducative » (en fait lucrative) privée.
Le cerveau des élèves est déjà privatisé et exploité par tous les médias, publicistes etc., qui le rendent incapable
d’apprentissages scolaires. Maintenant il faut exploiter celui des maîtres.

Rédigé par : Bourrin | le 09 février 2014 à 20:47 | RépondreSignaler un abus |

 Je ne sais pas ou vous avez bien pu lire cette phrase au sujet du mauvais
classement d’un eleve etc…
Maintenant libre a vous de faire l’autruche et de dire que si les eleves francais ne brillent pas au classement c’est parce
que le classement est mauvais. On fait ca depuis des lustres pour tous les classements internationaux (Shangai ou
autres), alors autant continuer et tant pis pour les eleves…

Rédigé par : robert | le 09 février 2014 à 21:00 | |

 @robert

De toutes façons, ni les enseignants, ni les parents ni les enfants n’ont besoin de PISA pour savoir si tel élève sait ou
ne sait pas ce qu’il devrait savoir à son âge.
Alors à quoi peut donc bien servir PISA, sinon à ce que j’ai supposé ou ce que suppose aussi Peresevere ?

On n’a pas attendu Pisa pour faire des statistiques scolaires ni pour se dire qu’il faut qu’un enfant qui ne sait rien se
mette enfin à savoir quelque chose !
Ces comparaisons internationales sont des attrapes-nigauds précisément construits pour qui ignore le comment et le
pourquoi des systèmes scolaires étrangers. Elles entretiennent les esprits dans des dispositions concurrentielles,
spenceriennes et angoissantes, de fait directement nuisibles aux apprentissages. Mais elles sont utiles pour tous les
prêcheurs de réformes à n’en plus finir, façon tous les ministres de l’EN depuis un paquet d’années, tous aussi
ridicules, bougistes et inefficients sur le fond, mais commandités pour maintenir un état d’esprit délétère profitable à
la casse du service public de l’école et à l’installation de la privatisation complète de l’éducation.

Rédigé par : Bourrin | le 09 février 2014 à 23:47 | |

 C’est comme les Jeux Olympiques ou la coupe du monde foot. On n’en a


pas besoin pour savoir qu’on est mauvais en sport? C’est bien ca? Mais vous me semblez faire partie de ces personnes
qui savent tout sur tout. Surement un cas « d’intelligence collective » j’imagine….

Rédigé par : robert | le 09 février 2014 à 23:51 | |

 Quel blabla ! Vous avez raison, cassez le thermomètre.

Rédigé par : Panoramix | le 10 février 2014 à 03:40 | |

 @Robert
Je vous plains si vous attendez d’apprendre de la bouche des autres ce que vous savez déjà pour savoir que vous le
savez. Vous devriez vous faire davantage confiance… En l’état, c’est vous qui dépendez de l’ »intelligence »
collective (qui sert surtout les intérêts de quelques-uns).
Votre comparaison avec le sport est édifiante. On peut apprendre par soi-même qu’on est mauvais en sport. Pas besoin
pour cela d’événements mondiaux sponsorisés et maintenus par coca cola ou toutes les multinationales que vous
voudrez.

Rédigé par : Bourrin | le 10 février 2014 à 07:35 | |

 @Bourrin
Si les competitions internationales existent, si les classements nationaux ou internationaux existent c’est avant tout
pour permettre de se situer, de savoir ou l’on peche, ce qui pourrait etre ameliore etc… mais comme je l’ai deja dit,
vous savez tout sur tout donc ceci ne vous regarde pas. Pour les autres, les idiots dont je fais partie bien sur, se frotter
aux autres permet d’ouvrir l’esprit, de bouger d’ameliorer etc…

Rédigé par : robert | le 10 février 2014 à 16:47 | |

14. A quand une vraie transparence de la connaissance ? Accès à tous les PDFs des écoles publiques ? Il y en a
déjà pas mal, mais c’est morcelé et dans le désordre, il faut que ça change !

Rédigé par : Robert | le 09 février 2014 à 15:01 | RépondreSignaler un abus |

15. Personnellement je vois pas l’intérêt qu’on fasse du big data où tout le monde devient un robot chercheur.
D’autant plus que le coût en énergie, en puissance sera d’autant plus important. Si on excite en parallèle 6 milliard
d’idiots ça va chauffer ! Va falloir trouver l’énergie pour les nourrir et pour faire tourner tout un tas de clusters de
calcul. Il me semble que l’humanité est actuellement confrontée à un problème qui s’appelle le réchauffement
climatique. Pour faire avancer la société il faut peut-être considérer les priorités. Au fond qu’est que ça fait qu’on
imagine la théorie du subquark dans 30 ans ou dans 450 ans. C’est de la bougite aigüe dans (quelle urgence?),aucune.
Il s’agit surtout d’une entreprise de captation de rapace afin d’aligner les désirs dans ambitieux dans le sens de la
classe dominante.

En réalité, cet appel à ce que tout le monde s’identifie à la norme « chercheur », acteur économique « intelligent »
capable de générer lui même ça propre activité, et donc la panacée pour la captation du pouvoir capitaliste. Plus de
problème de lutte de classe, chacun fait ce qu’il veut pour son plus grand bonheur et en plus génère du capital. C’est
ce que cet article ne dit pas. Et sous cette flâterie, voilà comment le capital essaie de s’approprier la science et son
système social basée la critiques entre pairs, sur la formation longue de traditions et d’écoles, à moindre coût. Il s’agit
ici de la faire rentrer dans le système productiviste alors qu’elle restait à la marge. Faites attentions, nous ne prenons
pas assez au sérieux les implications politiques du numérique !

@Plonck « La science est discours produisant les causes qui rendent nécessaires des effets »: ça c’est la croyance des
normaliens. Moi aussi je suis dieu et ma vision produit toutes les causes nécessaires ! Bien sûr tout le monde y croit,
et le monde il existe depuis 13 milliards d’années parce qu’un normalien à un jour de l’an de grâce 2014 démontré
mathématiquement une vague conjecture sur les états liés des idées dans le cerveau de la drosophile ?
Personnellement je ne vois pas comment on peut supposer faire progresser le savoir si la théorie qui reflète d’un
manière de réfléchir à un moment donné de l’histoire de l’humanité est en mesure d’expliquer tout. Et c’est un
manque de modestie par rapport à la capacité de l’entendement humain.

Rédigé par : lanagram | le 09 février 2014 à 15:02 | RépondreSignaler un abus |

 Si la causalité classique au sens d’Aristote vous gêne, soyons plus modeste, en effet :
désubstantialisons les causes et rallions-nous aux lois de corrélation entre phénomènes façon Auguste Comte. Reste
qu’il nous faut produire intellectuellement ces corrélations légales plus ou moins mathématisables, parce que si on
attend les phénomènes eux-mêmes pour nous les faire connaître, on peut attendre longtemps.

Rédigé par : Plonck | le 09 février 2014 à 15:15 | RépondreSignaler un abus |


 Je suis entièrement d’accord avec votre interprétation des « nouveautés » pédagogiques vantées par
l’article (qui insulte au passage les enseignants en les réduisant à des gaveurs de mémoire) : il ne s’agit en effet que
d’une n-ième nouvelle entreprise de captation de la science et de ses activités par le capital (comme Ouf ou Pat le
disent aussi).

Rédigé par : Plonck | le 09 février 2014 à 15:30 | RépondreSignaler un abus |

16. Quel article ringard,qui nous ressort tous les poncifs éculés qui ont été développés par les ex-IUFM et qui
sont une des causes des échecs de notre
système scolaire:
1° Haro sur l’effort de mémoire qui est un crime de lèse pédagogie.
Il faut que « l’élève soit acteur de sa connaissance ».
2°la fameuse pédagogie différenciée,Le prof doit apporter des réponses
adaptées à chaque élève »le prof doit se mettre en position d’interroger…. »cela c’est un grand classique.
3°Alors la je reconnais que la comparaison « d’une salle de classe actuelle avec une classe du Moyen-âge »,celle là je
l’avais jamais lue
4°Et maintenant on termine avec le grand pédagogiquement
correct avec bien sûr le classique « système scolaire français le plus inégalitaire »et pour conclure(j’ai la larme à
l’oeil) les élèves d’une ZEP
qui ont observé avec les fourmis des choses non observées par les spécialistes
Voilà,j’invite ce grand chercheur à trouver ,pour cela qu’il s’adresse au Rectorat de sa Région pour obtenir un poste
pour un an d’enseignement
dans un collège puis un lycée.

Rédigé par : ipanema | le 09 février 2014 à 15:28 | RépondreSignaler un abus |

17. J’ai beaucoup apprécié nombre de commentaires. C’est d’ailleurs souvent la partie la plus intéressante sur les
articles de ce genre.

N’oubliez pas un truc, les gars (et les filles…)


F. Taddei (et sans doute aussi le mec qui a pondu cet article) est issu d’une élite formée « à l’ancienne ».
Et tiens, c’est bizarre, mais toutes ces élites qui nous prônent des révolutions pédagogiques et nous pondent des
réformes de programmes scolaires à longueur de génération se sont bien gardées de se les appliquer à elles-mêmes. A
Polytechnique, Sciences Po, HEC et autres fabriques de premiers de la classe, on continue de recruter sur les 1ères
places des prépas et des lycées. On ne va certainement pas chercher les soit-disant plus créatifs et les plus originaux.
Ces braves gens sélectionnent tout simplement des gens qui leur ressemblent. Qu’on ne me parle pas de la prétendue
démocratisation du recrutement en ZEP des élèves de Sciences Po, c’est tout simplement une loterie (= j’ai une
chance sur un million et statistiquement je perds).
La recette de M. Tadei, c’est « faites comme je dis, pas comme je fais ». Alors bon, son article…

Rédigé par : Sans-Faction | le 09 février 2014 à 15:52 | RépondreSignaler un abus |

 Vous êtes une faction à vous tout seul !!

Rédigé par : leonbellevalle | le 09 février 2014 à 22:26 | RépondreSignaler un abus |

18. Bonjour d’un vieillard. J’ai beaucoup aimé cet article. Il reprend d’une belle manière bien organisée nos
soucis.Est-ce que j’aurais aimé que l’auteur soit fidèle à nos Maîtres et définisse ce qu’on entend par apprendre?
Apprendre est un phénomène bien étrange. Pensez à ce bébé né avec un cerveau qui ressemble étrangement à un plat
de spaghettis et pourtant ces spaghettis vont s’ordonner en dépit de toutes les probabilité. Pensez à cet individu qui
reçoit un implant cochléaire et qui va souffrir le martyre sous l’épreuve de la cacophonie et pourtant les neurones vont
par on ne sait quel miracle réussir a donner un sens à cette bouillie agressive. Est-ce que je lis mal votre analyse en ne
voyant pas facilement la différence que vous faites entre connaissances et raisonnement? Pourtant j’aime votre article,
très malheureusement l’homme du futur va avoir un implant dans le cerveau qui sera une espèce de Wiki modifiable et
pour aller au bout de l’horreur, quelque génie malfaisant trouvera le moyen de mettre un virus dans cet implant et nous
deviendrons des humanoïdes (est-ce Brave New World?). A mes élèves qui rechignent à apprendre et surtout a faire
des exercices, je leur explique que je vais leur en faire des génies du piano en 1 minute et leur ayant expliqué la
différence entre touches noires et blanches je leur demande pourquoi ils ne sont pas des stars de la musique? Et
pourtant vous avez raison, apprendre au troisième millénaire n’a plus rien de semblable à ce qu’était apprendre au
Moyen-Age. Je suis moi-même horrifié de voir qu’il me faut 2 secondes pour trouver l’information cherchée alors que
de mon temps il me fallait 2 semaines (mais que je regrette l’odeur des fiches). Mais que je suis heureux
qu’aujourd’hui n’importe quel idiot à accès gratuitement aux plus beaux cerveaux de notre planète, que je peux, si je
veux comprendre vaguement la théorie quantique et quelques minutes et sans souffrance. Que ce nouveau monde est
beau et terrifiant et je vous prie de m’excuser et je vous laisse le flambeau. (Ambabelle, Mourir Pour Rien)

Rédigé par : Ambabelle | le 09 février 2014 à 16:35 | RépondreSignaler un abus |

19. « un capteur arduino intégré aux colliers de nos animaux domestiques pour recueillir des données sur eux et
les partager avec des chercheurs vétérinaires, ou permettre à des enfants d’observer le comportement de leurs animaux
familiers d’une manière scientifique. »

Le danger du couplage de la curiosité au média et à la technologie au XXI siècle…

Exergue : « Le génie, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration » (Ah, ce vieux réac d’Einstein).

Ok, les parents ont démissionné, ils ne comprennent pas à quoi sert l’apprentissage bête et méchant, et ce n’est certes
pas aux enseignants de se faire des nodules aux cordes vocales à hurler sur les mioches. Donc on va contourner le
problème : on va jouer avec les mêmes armes que la pub, les jeux vidéos, les séries télé, bref les médias, et on va
rajouter du flashy, de l’interactif, du fun, du branché dans l’apprentissage. On va essayer de rendre l’apprentissage
aussi séduisant et facile d’abord que l’abrutissement médiatique. Le labeur et la ténacité, c’est sale.
Un certain nombre d’entre nous, quand il avaient 10 ans, couraient les bois avec un canif en poche. Tu vois toutes ces
formes de vie végétale et animale qui pourtant ont le même but, survivre et se perpétuer dans un même écosystème, et
te voilà introduit au mystère de la biodiversité et de la mutation de l’ADN.
Tu fouilles l’humus avec un bout de bois, tu observes que c’est un mélange d’argiles diverses et de matières
organiques. Tu grattes l’aubier d’une bûche pourrissante et tu y vois des champignons et des insectes. Te voilà initié
au cycle du carbone et de la matière organique, sur lequel ton cours de SVT mettra un nom quelques années plus tard.
Le cosmos dans sa complexité infinie est là, dès qu’on met le pied dehors ! Un enfant sain, s’il n’est pas émoussé par
les médias, a la curiosité de l’explorer, curiosité qu’il aura le temps de mettre de côté quand il sera préoccupé par sa
feuille d’impôt et la recherche d’un/une partenaire de vie…
Les raisons de la situation actuelle pourraient être : l’émoussement effrayant de la sensibilité au monde et de la
curiosité par les médias, plaisirs trop faciles, trop séduisants.
Un esprit humain n’a pas besoin de Wiki-truc, d’arduino, pour créer, inventer, apprendre et découvrir. Si c’est le cas, il
y a un problème je trouve. La « technologie » (terme impropre pour le coup) la plus fascinante, si on ouvre les yeux
pour la voir, ça reste l’organisation du monde animé et inanimé.
Une classe verte ça me paraît 50 fois plus stimulant que l’achat d’un module d’acquisition de données expérimentales
numérisées.
N’importe que Larousse illustré est déjà assez riche pour saturer un bon moment les capacités de concentration et
d’imagination de n’importe qui, ne le perdons pas de vue, nous qui surnageons dans la mare aux e-trucs.

Rédigé par : Tonton Zacky | le 09 février 2014 à 16:48 | RépondreSignaler un abus |


 Oui et pas qu’en biologie effectivement. Il suffit de lire Pierre Bergounioux par exemple, et de voir
combien ses cueillettes de coléoptères, ses analyses du terrain, son regard sur le métal qu’il travaille, sont irrigués par
une culture scientifique dense qui nourrit ses observations, et en retour l’affranchissent du simple constat de
l’évidence. De même dans son regard sur l’histoire des hommes.
« Un enfant sain, s’il n’est pas émoussé par les médias, a la curiosité de l’explorer » : tout est là. Je récupère en ce
moment des gosses sortis de 3e qui n’arrivent même plus à comprendre le monde physique qui les entoure et
manquent de la plus simple curiosité pour les phénomènes. Du coup, des cours de géographie deviennent des
moments d’enjeu et il suffirait parfois de pouvoir se promener (avec les outils d’observation adéquats) dans le paysage
alentour pour commencer à avoir besoin de connaissances qui permettent de contextualiser.

Rédigé par : Theodoric | le 09 février 2014 à 17:42 | RépondreSignaler un abus |

20. Q’un scientifique écrive un tel article est affligeant.


Ce n’est pas Deep Blue qui a gagné contre Kasparov, ce sont ceux qui ont inventé Deep Blue. On oublie l’homme
derrière la technique.
La pédagogie n’est pas en retard sur la science tout simplement parce qu’elle n’est pas une science, elle est l’art
d’accompagner la transmission des connaissances pour permettre aux élève de mieux les appréhender, c’est-à-dire de
les comprendre.
Mon expérience d’élève puis de professeur m’a appris que l’acquisition des connaissances ne se réduit pas à la
mémorisation comme on dit mais exige la compréhension. Je ne comprends cette opposition mémoire-compréhension,
opposition qui n’a d’autre sens que de s’opposer à toute activité intellectuelle.
Quant à apprendre à apprendre c’est une belle formule qui oublie la pédagogie.

Rédigé par : rudolf BKOUCHE | le 09 février 2014 à 16:50 | RépondreSignaler un abus |

21. Article qui part dans toutes les directions pour finalement ne rien dire du tout. On a l’impression que l’auteur
a pris une quinzaines de mots au hasard et a fait de son mieux pour en tirer un article cohérent :
- Amazon Mechanical Turk
- Fourmilière
- Moyen-âge
- mooc
- Napoléon
- Collaboration
- Mondial
- Kasparov
- Système éducatif
-…

Le résultat est à moitié convainquant : théorie bâclée ou mal expliquée sur les « niveaux des problèmes », éducation
en vrac de l’école primaire à l’université, etc. Et au final, zéro propositions.

Rédigé par : Tom | le 09 février 2014 à 17:21 | RépondreSignaler un abus |

22. Un article sensationnel qui aide à réfléchir.je n’ai pas nécessairement tout compris ni ne suis un spécialiste de
l’éducation ,mais j’ai trouvé très intéressant cette manière d’aborder ce sujet difficile de transmettre un savoir ou
plutôt de susciter l’envie d’apprendre plus.

Rédigé par : rabainp | le 09 février 2014 à 17:23 | RépondreSignaler un abus |

23. C’est bien pour cela que l’université et les universitaires n’aiment pas les inventeurs !

inventeurs qu’ils passent leur temps à ridiculiser, à traiter d’électrons libres et de professeurs nimbus !
Rédigé par : Didier C. | le 09 février 2014 à 17:41 | RépondreSignaler un abus |

 De quoi parlez-vous ? Je n’ai jamais rien constaté de la sorte. Mais peut-être confondez vous
innovation avec originalité ? Les médias aiment beaucoup tout ce qui original, sans trop se préoccuper de savoir si
c’est mieux ou moins bien que ce qui existe déjà…

Rédigé par : Tom | le 09 février 2014 à 17:49 | RépondreSignaler un abus |

24. Si on transposait ces réflexions dans le champs politique ? Celui-ci est l’objet d’une complexification
croissante qui le réserve aux seuls techniciens. Les élus sont, soit issus de ce milieu, soit le produit d’un long
apprentissage pour en posséder les codes et partager les sabirs. La politique appartient donc aux experts en gestion.
Lesquels sont assurément compétents dans le domaine qu’ils occupent et qu’ils contribuent à développer selon une
logique propre.

Le problème est qu’à ce jeu, les politiques ont perdu de vue leur rôle. Qui est de réinventer le champs politique en
l’adaptant à ce qui n’est pas codifié dans le savoir des experts. On ne peut pas demander à un comptable d’imaginer la
stratégie d’une entreprise en matière de R&D. Ce sont eux qui ont pris le pouvoir en imposant inévitablement le
principe absolu du TINA.

Il est bien montré ici que pour sortir des solutions prêtes à l’emploi, il faut changer de point de vue, aborder les
question de manière décalée. L’incompétence ne peut en aucun cas remplacer l’expert. Mais elle réensemence l pensée
en obligeant à se poser les questions qu’on ne se pose pas et à reconsidérer les priorités.

Amicalement
Franz

Rédigé par : Franz | le 09 février 2014 à 17:47 | RépondreSignaler un abus |

 @Franz: il me semble que le problème des politiciens, c’est qu’ils sont surtout (seulement ?) des
spécialistes des élections… On voit bien que la plupart d’entre eux sont limités dans presque tous les autres domaines.

Rédigé par : Tom | le 09 février 2014 à 18:06 | RépondreSignaler un abus |

 Sans doute ne fréquentes-tu pas les élus. L’horizon électoral est effectivement un poison.
Mais c’est loin d’être le seul. Ils sont confrontés à une interface constituée par la technostructure. Qui, soit les
manipule soit les reconnait comme les siens. Quand tu écoutes un ministre tu ne peux que constater sa connaissance
des dossiers dans la langue qui va bien. Ils se comportent commes les chefs de service de la technostructure et non
comme les représentants des intérêts de leurs électeurs.

Amicalement

Franz

Rédigé par : Franz | le 09 février 2014 à 19:43 | RépondreSignaler un abus |

25. Loin des savants commentaires précédents, je signale juste un ouvrage sur la question très intéressant :
L’équation du nénuphar par Albert Jacquard.

Bonne journée à tous.

Rédigé par : unautre | le 09 février 2014 à 18:28 | RépondreSignaler un abus |

26. Mentionner Kaggle et Amazon Mechanical Turk comme des solutions d’avenir, c’est quand même un peu
gros…

AMT utilise des pauvres pour des tâches automatiques longues et ennuyantes, pour lesquels ils sont plus efficaces que
des ordinateurs. Exemple: reconnaissance d’objets sur des images. Ça ne fonctionne évidemment que pour des tâches
extrêmement simples… Quand à Kaggle, le site fonctionne en utilisant l’ambition et la naïveté de jeunes étudiants
pour leur faire faire des travaux difficiles à un coût ingrat, pour le compte de grande entreprises. Pour chaque projet,
des milliers de candidats se lancent, et quelques uns se font embaucher – ce qui est le but final des participants.

L’un et l’autre n’ont donc rien à voir avec une « intelligence globale », il ne s’agit que d’exploiter les populations
défavorisées mises à disposition par la mondialisation ou le chômage… Les tâches réalisées pourraient tout à fait
l’avoir été par des salariés normaux, mais il faudrait alors les payer décemment.

Rédigé par : Tom | le 09 février 2014 à 18:32 | RépondreSignaler un abus |

27. J’adore la leçon sur ce que l’université sait faire ou ne pas faire. Le chercheur qui prétend cela ne doit pas
être intégré à la pointe de sa communauté au niveau international.

Passons sur le reste, qui relève de la douce illusion pour tout ce qui relève d’autre chose que du « simple » jeu balisé
par des règles strictes et bien identifiées.

Et finissons sur la dernière citation entre guillemets, qui montre bien que, au delà de ce que l’auteur du billet attribue à
de la modestie de l’auteur de la citation elle-même, ce dernier est à mille lieux ne serait-ce que d’effleurer ce qu’est la
créativité de l’inventeur, qui est toujours un acte solitaire.

Bref, ce François Taddéi ne fait pas une bonne pub des chercheurs en sciences humaines de l’éducation.

Rédigé par : universitaire | le 09 février 2014 à 19:10 | RépondreSignaler un abus |

28. « Or, si on regarde la page consacrée à Napoléon en Anglais, en Allemand ou en Français » : en anglais, en
allemand ou en français (il s’agit des langues, donc pas de majuscule)…

Rédigé par : Raph | le 09 février 2014 à 19:34 | RépondreSignaler un abus |

29. Pour apprender à apprendre, le mieux est aussi d’apprendre à ne pas apprendre. Et à sortir (
http://wp.me/p3CKPJ-gW ) du « pour » et du « contre ». Non?

Rédigé par : Herald | le 09 février 2014 à 19:59 | RépondreSignaler un abus |

30. Les capacités de curiosité et d’assiduité des jeunes en vue de maitriser les outils tels que l’informatique ou les
jeux et leur propension à transmettre sans contrepartie leurs connaissances à autrui, ont-elles étés captées par
l’Instruction nationale, ministres compris ?

Rédigé par : Retirado | le 09 février 2014 à 22:38 | RépondreSignaler un abus |

31. Reste à apprendre à résoudre les problèmes inexistants, une tâche essentielle pour occuper les intellectuels au
chômage.

Rédigé par : turan | le 09 février 2014 à 22:51 | RépondreSignaler un abus |

32. L’enseignement « traditionnel » ne serait donc pas capable de résoudre les problèmes de niveau 3
(« apprendre à définir et résoudre de nouveaux problèmes. « ) ? C’est intéressant, parce que c’est justement toute
l’histoire de l’humanité depuis les origines…

Rédigé par : Gérald | le 10 février 2014 à 00:23 | RépondreSignaler un abus |

33. C’est avec de grandes et belles idées comme cela que l’on va amplifier les inégalités à l’École. Pendant 6
heures par jour, les élèves expérimenteront et envisageront de manière ludique l’apprentissage.

Puis, le soir venu, les enfants des classes populaires rentreront jouer avec leur console ou regarderont la télévision,
quand les parents des enfants des classes « privilégiées » compenseront le manque à apprendre en faisant rabâcher les
tables de multiplication et les leçons de grammaires des manuels d’antan, en inscrivant leur progéniture à des cours de
solfège et d’instrument, etc, etc , etc. et cela pour les idéalistes qui gardent leurs enfants dans le public.
Les autres auront depuis longtemps inscrit leurs enfants dans des écoles privées aux méthodes rétrogrades, privilégiant
le travail sur le jeu, le rabâchage et le « par cœur » sur la découverte ludique, étant ainsi assurés de la réussite et de la
reproduction sociale.

Vous n’y croyez pas ? on y est déjà.

Rédigé par : DM | le 10 février 2014 à 06:33 | RépondreSignaler un abus |

 Je suis d’accord avec vous dans une certaine mesure. Il est vrai que ce que vous dépeignez est déjà
tout à fait visible (et l’a toujours été). Mais il me semble qu’autant les jeunes élèves ont besoin de cadre et de rigueur
qui peuvent leur être donnés par l’école sous un angle tout à fait « classique » autant les école supérieures devraient
amener l’étudiant à développer un esprit critique (même sur ce qu’il apprend). On a trop tendance a opposer à
l’éducation sous sa forme « classique » une approche centrée sur le jeu. Il est vrai que celui-ci est pour les
mammifères un moyen d’apprentissage mais notre espèce eut faire mieux. Il me semble que le développement d’outils
pédagogiques novateurs (et espérons efficaces) seraient bénéfiques à tous. Reste que l’expérimentation de ces outils
pourrait donner le pire comme le meilleur. Qui serait prêt politiquement à en faire le test…. ?

Rédigé par : Gnieu | le 10 février 2014 à 09:20 | RépondreSignaler un abus |

34. Je pense, et ça n’engage que mon expérience personnelle, que les méthodes d’apprentissage telles que
pratiquées dans nos écoles ne sont pas les meilleurs. A l’instar de l’auteur je craints qu’il n’y soit cultivé
l’apprentissage « par cœur » plus que l’éveil de l’esprit. J’ai totalement raté ma scolarité étant jeune principalement à
cause de mon rejet pour la méthode que l’attrait de la connaissance. C’est après de longues années de chaine de
montage et autres activités pour le moins peu stimulantes que j’ai décidé de retourner sur les bancs de l’école. Ceci
étant, j’observe la même tendance que naguère et je n’y adhère pas plus. Ce qui me presse de n’en faire cas n’est que
le réalisme issu de mon parcours de vie. Celui-ci me pousse à être moins exigeant quant à la méthode suivit en cours
ou au concept d’évaluation de fin de semestre qui à mes yeux n’encourage que les « bêtes de concours ». Or j’attends
d’une école moderne plus de profondeur que d’une foire agricole.

Rédigé par : Gnieu | le 10 février 2014 à 09:13 | RépondreSignaler un abus |

35. Et si les profs, au lieu de croire tout savoir, essayaient d’apprendre de leurs élèves? Certains semblent
apprendre tout sans peine: comment font-ils? Ils n’ont pas été à l’IUFM, eux! Alors pourquoi ne pas observer
comment ils apprennent, et en tirer des lecons pour aider les autres?