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Chapitre N° 2 Forces des acides et des bases

2 Force des acides et des bases


2.1 - Généralités
A tout acide correspond une base conjuguée et vice versa. La relation entre les deux espèces
chimiques est la réaction :

Où AH est l'acide et A – sa base conjuguée. Pour une base on peut de même écrire

Où B est la base et BH+ son acide conjugué.

La force d'un acide et de sa base conjuguée sont liées. Si un acide est fort, sa base conjuguée est faible
etréciproquement. En effet, une espèce dite faible est une espèce peu réactive, de basse énergie, qui se
formedonc facilement. Dans une réaction de dissociation acido-basique que l'on peut toujours considérer
commeéquilibrée, la formation d'une espèce stabilisée est favorisée pour des raisons
thermodynamiques. L'équilibrese déplace donc vers la droite et l'espèce qui réagit facilement soit en
cédant son proton (l'acide) soit en encaptant un (la base) est une espèce réactive que l'on appelle
donc "forte".

Inversement si l'espèce formée n'est pas stabilisée, possède une énergie élevée et est réactive, elle a
tendanceà réagir facilement sur le proton (la base A – ) ou à se dissocier en en libérant un (l'acide
BH+ ). L'équilibreest donc dans ce cas déplacé vers la gauche; la dissociation de AH ou la capture
du proton par B serontcontrariés; Les acide et base correspondants seront appelés "faibles".

Exemples :


HCl et Cl– est le couple d'acide - base conjugués. Cl – possède une couche électronique
périphérique saturéeet est donc une espèce stable très peu réactive. La réaction de droite à
gauche est très défavorisée et l'équilibre est totalement déplacé vers la droite. H Cl se
dissocie complètement -tout au moins en milieu aqueux- c'est un acide fort et Cl – une base
très faible.


L’oxygène de l'anion OH – possède trois doublets non partagés et sa densité électronique est
importante; l'espèce n'est pas stabilisée. H + possède une orbitale vacante qui peut facilement
accueillir un des doublets non partagés de l'ion OH –. La réaction de gauche à droite est donc
favorisée. OH– est une base forte et sonacide conjugué, H2O est faible.


Dans H3O+ la charge positive est portée par l'oxygène qui est un atome très électronégatif. Sa

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tendance est donc de récupérer ses électrons en libérant le proton. La dissociation est favorisée.
H3O+ est un acide fort et sa base conjuguée, l'eau est faible. L'eau ayant un caractère acide ou basique
faibles selon le réactif qui lui est apposé, est un amphotère.
En conclusion :

La force d'un acide et de sa base conjuguée évolue en sens inverse.

Exemple :
Lors de l’étude des propriétés des solutions d’acides et de bases, on peut faire les observations
suivantes.
1. Une solution aqueuse d’acide acétique (éthanoïque) est beaucoup moins conductrice du
courant qu’une solution aqueuse de chlorure d’hydrogène, HCl, de même concentration.
Ainsi, dans des conditions identiques, l’intensité du courant mesurée dans la solution d’acide
acétique, c = 1.10-1 mol/L, est de 8 mA. Dans la solution de chlorure d’hydrogène de même
concentration, elle vaut 190 mA1.
2. Les mesures d’acidité de différentes solutions aqueuses de HCl et de H3CCOOH, obtenues
en dissolvant ca mole d’acide dans 1 litre de solution sont assez différentes comme le montre
le tableau ci-dessous (ca est la concentration analytique ou formalité).

Ces observations peuvent être interprétées comme suit :


Pour les différentes solutions de HCl reprises dans le tableau, on observe que la concentration en
ions H3O+est identique à la concentration analytique2. Il s’est donc formé autant d’ions H3O+ qu’il
y avait de molécules de HCl au départ : la réaction d’ionisation de HCl dans l’eau est quantitative, on
dit généralement qu’elle est complète ou totale.2

On appelle acide fort tout acide qui, comme HCl, est totalement ionisé dans l’eau.

Les principaux acides forts sont :


HCl, HBr, HI, H2SO4 (au moins par sa première acidité), HNO3, HClO4.

Pour les solutions d’acide acétique (éthanoïque) reprises dans le tableau, la concentration en
ions H3O+ est toujours inférieure à la concentration initiale de l’acide, ca (à condition que la

1
cf. Module « La dissociation des électrolytes forts en solution aqueuse ».
2
Si ca est inférieure à 10-5 mol/L, la contribution de l’autoprotolyse de l’eau à la concentration des ions
H3O+ n’est pas négligeable.

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solution ne soit pas trop diluée)3. Il y a donc moins d’ions H3O+ qu’il n’y avait de molécules
d’acide au départ ; on en conclut que l’acide acétique est partiellement ionisé.

Un acide faible est un acide dont l’ionisation dans l’eau est partielle.

2.2 - Influence des effets structuraux sur la force des acides et des bases
Les effets inductifs, mésomères, liaisons H et stériques ont une influence sur la force des acides et
des basesen modifiant la stabilisation des espèces formées ou présentes. Il faut retenir que toute
espèce stabilisée quelqu'en soit la raison, se forme plus facilement qu'une espèce non stabilisée.
* exemple : CH3COOH ------------ > CH 3 COO - + H +
L'ion acétate, base conjuguée de l'acide acétique est stabilisée par mésomérie; la charge négative
est délocalisée sur les deux oxygènes, chacun ne portant donc en fait qu'une 1/2 charge. La
réactivité de l'ion acétate s'en trouve affaiblie et sa tendance à réagir avec le proton amoindrie.
L'ion acétate est stabilisé, sa formation sera facile.
On montrerait par un raisonnement identique que l'ion méthylate CH 3O- n'est pas stabilisé, que
c'est une espèce très réactive et qu'en présence d'un proton il donne très facilement et de façon
totale, du méthanol. C'est une base forte.

La stabilité est une notion inverse de la réactivité.

3
Si ca est inférieure à 10-5 mol/L, la contribution de l’autoprotolyse de l’eau à la concentration des ions
H3O+ n’est pas négligeable

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