Vous êtes sur la page 1sur 5

Français

Compréhension de l’écrit
Production de l’écrit

Textes descriptifs
(Montrer, faire voir)

Décrire un lieu – Situer dans l’espace

« Le capitaine se lève, ouvre une porte et j’entre dans une bibliothèque. Un grand nombre de livres sont là
autour de la salle. Contre le mur il y a des sièges très confortables. La lumière est électrique […] À ce
moment, le capitaine ouvre une porte et nous passons dans un très grand salon de dix mètres sur six,
bien éclairé. Il y a là des merveilles : une trentaine de peintures aux murs, des livres de musique, des
plantes, des coquillages et tout ce que produit la mer. »

(J. Verne, Vingt mille lieues sous les mers, adaptation d’Albert-Jean Avier)

II

« Sur la place de Goderville, il y a foule, une foule d’hommes et de bêtes mélangés. Au-dessus de cette
foule, on voit les cornes des bœufs et les hauts chapeaux à longs poils des paysans riches ; les voix font
un grand bruit qui ne cesse pas, et au milieu de tout ce bruit on entend parfois le gros rire d’un paysan ou
le long cri d’une vache attachée au mur d’une maison.
Tout cela sent la sueur, le lait, le foin, une odeur de bête et d’homme de la campagne. »

(Guy de Maupassant, La ficelle,

III

« La chambre était décorée avec simplicité, pourtant les meubles étaient modernes, une glace à bordure
dorée avait remplacé l’antique trumeau, où se voyait un berger d’idylle offrant un nid à une bergère bleue
et rose. Le lit à colonnes chastement drapé de vieille perse à ramage était remplacé par une couchette de
noyer garnie du rideau à flèche ; à la fenêtre, dans la cage où jadis étaient les fauvettes, il y avait des
canaris. »
(Gérard de Nerval, Sylvie, 1853)

* trumeau (n.m.) : glace garnie d’un panneau peint, placé au-dessus d’une cheminée

IV

«Rien de plus gai, de mieux ordonné que cette pauvre chambrette … Un papier gris à bouquets
verts couvrait les murs : le carreau mis en couleur, d’un beau rouage, luisait comme un miroir. Un poêle
de faïence blanche était placé dans la cheminée, où l’on avait symétriquement rangé une petite provision
de bois coupé si court, si menu, que sans hyperbole on pouvait comparer chaque morceau à une énorme
allumette.
Sur la cheminée de pierre figurant du marbre gris, on voyait pour ornements deux pots à fleurs
ordinaires, peints d’un beau vert émeraude, et dès le printemps toujours remplis de fleurs communes,
mais odorantes ; un petit cartel de buis renfermant une montre d’argent tenait lieu de pendule ; d’un côté
brillait un bougeoir de cuivre étincelant comme de l’or, garni d’un bout de bougie ; de l’autre côté brillait,
non moins resplendissante, une de ces lampes formées d’un cylindre et d’un réflecteur de cuivre monté

1
sur une tige d’acier et sur un pied de plomb. Une assez grande glace carrée, encadrée d’une bordure de
bois noir, surmontait la cheminée.
Des rideaux en toile de perse, grise et verte, brodés d’un galon de laine, coupés, ouvrés, garnis
par Rigolette, et aussi posés par elle sur leurs légères tringles de fer noircies, drapaient les croisées et le
lit recouvert d’une courtepointe pareille ; deux cabinets à vitrage, peints en blanc, placés de chaque côté
de l’alcove, renfermaient sans doute les ustensiles du ménage, le fourneau portatif, la fontaine, les balais,
etc., etc. car aucun de ces objets ne déparait l’aspect coquet de cette chambre.
Une commode d’un beau bois de noyer bien veiné, bien lustré, quatre chaises du même bois,
une grande table à repasser et à travailler, recouverte d’une de ces couvertures de laine verte que l’on
voit dans quelques chaumières de paysans, un fauteuil de paille avec son tabouret pareil, siège habituel
de la couturière, tel était ce modeste mobilier. »
(E. Sue, Les Mystères de Paris, 1842)

« Cette salle, entièrement boisé, fut jadis peinte en une couleur indistincte aujourd’hui, qui forme un fond
sur lequel la crasse a imprimé ses couches de manière à y dessiner des figures bizarres. Elle est plaquée
de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies, des ronds de moiré métallique, des
piles d’assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus, fabriquées à Tournai. Dans un angle est placé une
boîte à cases numérotées qui sert à garder les serviettes, ou tachées ou vineuses, de chaque
pensionnaire. Il s`y rencontre de ces meubles indestructibles, proscrits partout, mais placés là comme le
sont les proscrits partout, mais placés là comme le sont les débris de la civilisation aux Incurables. Vous
y verriez un baromètre à capucin qui sort quand il pleut, des gravures exécrables qui ôtent l’appétit, toutes
encadrées en bois noir verni à filets dorés ; un cartel en écaille incrusté de cuivre ; un poêle vert, des
quinquets d’Argand où la poussière se combine avec l’huile, une longue table couverte en toile cirée
assez grasse pour qu’un facétieux externe y écrive son nom en se servant de son doigt comme de stylo,
des chaises estropiées, de petits paillassons piteux en sparterie qui se déroule toujours sans se perdre
jamais, puis des chaufferettes misérables à trous cassés, à charnières défaites, dont le bois se carbonise.
Pour expliquer combien ce mobilier est vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot, borgne,
invalide, expirant, il faudrait en faire une description qui retarderait trop l’intérêt de cette histoire, et que les
gens pressés ne pardonneraient pas. Le carreau rouge est plein de vallées produites par le frottement ou
par les mises en couleur. Enfin, là règne la misère sans poésie ; une misère économe, concentrée,
râpée. Si elle n’a pas de fange encore, elle a des trous ; si elle n’a ni trous ni haillons, elle va tomber en
pourriture. »

** ( Voir le lexique)
(H. de Balzac, Le Père Goriot, 1835)

VI

« Les fellahs allument toutes leurs torches. Les voyageurs peuvent alors mieux apprécier la
beauté du lieu. Le spectacle est en effet étrange et magnifique. Éclairés ainsi, les couleurs des peintures
de la salle dorée resplendissent.
Au milieu de la salle, se dresse le sarcophage creusé dans un énorme bloc de basalte noir, que
ferme un couvercle de la même matière.
Aux angles du sarcophage sont posés quatre vases d’albâtre ; ce sont les vases qui contiennent
les viscères de la momie. À la tête du tombeau, une statue d’Osiris. Deux statues de femmes se dressent
à droite et à gauche de la tombe.
À côté de la première, on voit trois jarres, qui contenaient sans doute de l’eau du Nil. À côté de la
deuxième, deux petits bateaux, remplis de statues. Bateaux et personnages sont peint de couleurs
magnifiques. Des coffrets peints et couverts de hiéroglyphes sont placés sur le tombeau. »
(Th. Gautier, Le Roman de la momie, 1858)

2
VII

« En voyant le palais, on devine qu’il appartient à une famille de princes ou de prêtres.


Après avoir passé la porte, on entre dans une grande cour entourée d’un portique, que
soutiennent de beaux piliers.
La faible musique dont nous venons de parler sort de l’une des chambres qui s’ouvrent sur le
portique. Ses murs sont de couleur lilas. Au milieu de la pièce, on trouve une table en bois, encombrée
de divers objets : un pot de fleurs de lotus, un miroir de bronze…
Près de la table, une jeune fille d’une merveilleuse beauté est assise sur un fauteuil en bois
doré. »
(Th. Gautier, Le Roman de la momie, 1858)

VIII

« Il vient de pleuvoir. La nature est fraîche, rayonnante ; la terre semble savourer avec volupté l’eau qui lui
apporte la vie. On dirait que le gosier des oiseaux s’est aussi rafraîchi à cette pluie : leur chant est plus
pur, plus vif, plus éclatant, et vibre à merveille dans l’air devenu extrêmement sonore et retentissant. Les
rossignols, les bouvreuils, les merles, les grives, les loriots, les pinsons, les roitelets, tout cela chante et se
réjouit. Une oie qui crie comme une trompette, ajoute au charme par le contraste. Les arbres immobiles
semblent écouter tous ces bruits. D’innombrables pommiers fleuris paraissent au loin comme des boules
de neige ; les cerisiers aussi tout blancs se dressent en pyramides ou s’étalent en éventails de fleurs.
Les oiseaux semblent viser parfois à ces effets d’orchestre où tous les instruments se confondent
en une masse d’harmonie. »
(M. de Guérin, Le Cahier vert, 1833)

IX

« Au milieu d’une vaste plaine, on aperçoit une espèce de hutte, ou plutôt un tout petit toit de chaume,
posé sur le sol. C’est l’entrée de la marnière. Un grand puits tout droit s’enfonce jusqu’à vingt mètres
sous terre, pour aboutir à une série de longues galeries de mines. »
Guy de Maupassant, Les Contes de la bécasse, 1883)

“Au moment où les deux jeunes gens arrivèrent à Andernach, il était donc nuit close … ils avaient résolu
de passer leur dernière nuit de liberté dans une auberge situé à une centaine de pas d’Andernach, et de
laquelle ils avaient admiré, du haut des rochers, les riches couleurs embellies par les feux du soleil
couchant. Entièrement peinte en rouge, cette auberge produisait un piquant effet dans le paysage, soit en
se détachant sur la masse générale de la ville, soit en opposant son large rideau de pourpre à la verdure
des différents feuillages, et sa teinte vive aux tons grisâtres de l’eau. Cette maison devait son nom à la
décoration extérieure qui lui avait été sans doute imposée depuis un temps immémorial par le caprice de
son fondateur. Une superstition mercantile assez naturelle aux différents possesseurs de ce logis,
renommé parmi les mariniers du Rhin, en avait fait soigneusement conserver le costume. … En
entendant le pas des chevaux, le maître de l’Auberge rouge vint sur le seuil de la porte.”
(H. de Balzac, L’Auberge rouge, 1831)

3
XI

« Sur le bord de l’eau, le sol marécageux grouillait de jeunes ptérodactyles, dont les mères hideuses
couvaient encore des œufs jaunâtres couleur de cuir. De cette masse qui se traînait en battant des ailes
émanaient non seulement les cris que nous avions entendus, mais encore une odeur méphitique, horrible,
qui nous soulevait le cœur. Au-dessus de ce panorama de l’obscène vie reptilienne, perchés chacun sur
une pierre, grands, gris desséchés, ressemblant plus à des cadavres qu’à des créatures vivantes, se
tenaient les mâles […]
Le mâle le plus proche poussa un cri perçant et déploya des ailes de cuir qui avaient bien huit mètres
d’envergure pour s’élever dans les airs. Les femelles et leurs petits se rassemblèrent au bord de l’eau.
Tout un cercle de sentinelles prit son vol dans le ciel. Spectacle magnifique s’il en fut ! »

(A. C. Doyle, Le Monde perdu, trad. Gilles Vauthier)

** Lexique

la crasse.- couche de saleté


plaquée.- deux choses jointes sans de véritables rapports entre elles
de [buffets] gluants.- qui ont l’apparence visqueuse, la consistance de la glu
des carafes.- bouteilles en verre ou en cristal
échancrées.- découpées
ternies.- qui ont perdu leur éclat, leur intensité, décolorées
des ronds de moiré.- des ronds à reflets ondoyants
écaille.- petite lame mince et plate qui recouvre la peau des poissons ou reptiles
facétieux.- personne portée à plaisanter, `faire rire par des propos comiques
paillassons.- petit tapis de fibres végétales, épais et rugueux que l’on place à la porte d’un appartement,
pour s’essuyer les pieds
sparterie.- travail artisanal et fabrication d’objets confectionnés avec des fibres végétales souples et
résistantes
chaufferettes.- appareil destiné à chauffer
charnières.- articulations
crevassé.- creusé
rongé.- détruit, miné
manchot.- estropié de la main ou du bras
borgne.- sans aucune ouverture (qui n’a qu’un œil valide)
râpée.- réduite en poudre, en fragments avec une râpe
fange.- boue
haillons.- vêtements usés, déchirés
lustre.- éclat
flaire.- discerner (sentir) par l’odorat
jattes.- récipient rond et sans bordure
attifée.- habillé d’une façon bizarre
grimacées.- qui montre des sentiments à travers des contorsions du visage
suinte.- laisser couler très lentement
s’est blottie.- s’est ramassée sur soi-même
renfrognement.- expression de mécontentement
l’escompteur.- celui qui paie ou reçoit un somme d’argent pour le paiement d’une échéance
Le bagne.- prison

4
l’argousin.- bas officier qui était chargé de la surveillance des galériens et des forçats
la crasse.- couche de saleté
plaquée.- deux choses jointes sans de véritables rapports entre elles
de [buffets] gluants.- qui ont l’apparence visqueuse, la consistance de la glu
des carafes.- bouteilles en verre ou en cristal
échancrées.- découpées
ternies.- qui ont perdu leur éclat, leur intensité, décolorées
des ronds de moiré.- des ronds à reflets ondoyants
écaille.- petite lame mince et plate qui recouvre la peau des poissons ou reptiles
facétieux.- personne portée à plaisanter, `faire rire par des propos comiques
paillassons.- petit tapis de fibres végétales, épais et rugueux que l’on place à la porte d’un appartement,
pour s’essuyer les pieds
sparterie.- travail artisanal et fabrication d’objets confectionnés avec des fibres végétales souples et
résistantes
chaufferettes.- appareil destiné à chauffer
charnières.- articulations
crevassé.- creusé
rongé.- détruit, miné
manchot.- estropié de la main ou du bras
borgne.- sans aucune ouverture (qui n’a qu’un œil valide)
râpée.- réduite en poudre, en fragments avec une räpe
fange.- boue
haillons.- vêtements usés, déchirés
lustre.- éclat
flaire.- discerner (sentir) par l’odorat
jattes.- récipient rond et sans bordure
attifée.- habillé d’une façon bizarre
grimacées.- qui montre des sentiments à travers des contorsions du visage
suinte.- laisser couler très lentement
s’est blottie.- s’est ramassée sur soi-même
renfrognement.- expression de mécontentement
l’escompteur.- celui qui paie ou reçoit un somme d’argent pour le paiement d’une échéance
Le bagne.- prison
l’argousin.- bas officier qui était chargé de la surveillance des galériens et des forçats