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Dr A.

SAIM - Cours Energies Renouvelables et Environnement USTHB 2017

Introduction :
La demande mondiale en énergie électrique enregistre un bouleversement sans
précèdent en raison non seulement de la nécessité de répondre quantitativement et
qualitativement à une demande en forte croissance, mais aussi à la nécessité de satisfaire
de nombreuses exigences et préoccupations. Dans ce sens, et afin de satisfaire l’essentiel
de la demande mondiale en énergie, le déploiement de grands systèmes de génération
centralisés, notamment, les centrales nucléaires, hydroélectriques, et thermoélectriques, est
nécessaire. Néanmoins, la mise en place de telles structures nécessite, un investissement
conséquent et fait face à des contraintes souvent liées à des préoccupations technico-
économiques, socio-politiques, et surtout environnementale. Ces contraintes sont d’autant
plus accentuées par la nécessité de mettre en place un réseau dense de transmission et de
distribution (T&D) dans le but d’assurer l’acheminement de l’énergie sur de longues
distances vers un nombre croissant de consommateurs. L’extension de ces infrastructures,
est encore plus délicate pour l’alimentation des zones reculées et difficiles d’accès, à cause
des pertes en ligne associées, et des couts élevés qui caractérisent la mise en œuvre et
l’entretient de ces structures.
Dans ce sens, et au vu des difficultés susmentionnées, le développement d’une nouvelle
forme de génération est de plus en plus d’actualité avec comme objectif, le déploiement,
au voisinage même des utilisateurs finaux, de nouvelles structures de génération souvent
de moindres capacités en puissance, mais permettant néanmoins d’assurer aux
consommateurs une meilleure autonomie et plus de fiabilité [1]. Ces caractéristiques
trouvent tout leur sens dans le caractère distribué de ces installations qui offrent, de plus,
la possibilité d’accroitre l’intégration des sources d’énergies renouvelables (solaire, éolien,
biomasse, …) via des interfaces de conversion localement pilotables. Par ailleurs, il est
indéniable que cette forme de génération observe son essor grâce à l’évolution
technologique que connaissent les interfaces d’électronique de puissance au même titre que
les dispositifs de captage et de transformation de l’énergie. En outre, au cours de ces
dernières années, les systèmes de conversion ont connus des avancées considérables avec
la conception de convertisseurs statiques (DC-DC, DC-AC, AC-DC et AC-AC) modulaires
et parfaitement capables de répondre efficacement et durablement aux exigences sur la
quantité et la qualité de l’énergie transitée. C’est la raison pour laquelle, ces interfaces de
conversion représentent, de fait, la pièce maitresse dans la majorité des systèmes de
génération distribués [2].
L’intégration des sources d’énergie renouvelables peut prendre la forme d’un système
de génération centralisée tel que les champs solaire photovoltaïques et les fermes éoliennes
ou la forme d’un système de génération distribuée, ou décentralisée, d'électricité. Ce
dernier concept est la base de différents modèles énergétiques récents, entre autres, les
réseaux électriques intelligents (Smart-Grid) et les micro-réseaux (Micro-Grid) électriques.
Ces derniers sont souvent composés de la connexion d’un ensemble de générateurs
distribués pouvant opérer, soit en mode autonome, pour alimenter des charges électriques
de différentes natures (linéaires ou non-linéaires, domestiques, institutionnelles ou
industrielles), soit connectés au réseau commun d’électricité, pour supporter une part des
besoins en énergie électrique du réseau à travers l’injection du surplus, ou de la totalité de
l’énergie produite via des structures de T&D [3]. Les systèmes de génération distribuée,

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stationnaires ou embarqués, peuvent aussi s’exprimer sous forme d’alimentations de


secours dites sans interruptions, ou d’interfaces pour les systèmes de stockage d’énergies
avec souvent un flux bidirectionnel de l’énergie représentant ainsi le fer de lance des
technologies et des concepts les plus récents notamment dans les systèmes automobiles,
avioniques, marins …etc.
Cependant, les défis techniques associés à l’intégration des sources d’énergie
renouvelables et au déploiement des systèmes de génération distribués sont aujourd’hui
encore très nombreux et compliquent d’avantage la gestion de ces structures. En effet, ces
structures de génération distribuées sont souvent soumises aux contraintes liées à
l’intermittence de la production des sources d’énergie renouvelables et à la variabilité de
la consommation, ce qui d’autant plus fragilise leur fonctionnement en mode autonome
avec un impact double sur la qualité de l’énergie et la stabilité des opérations [4]. Par
conséquent, la gestion de ce type de structure doit garantir un fonctionnement en
adéquation avec les standards internationaux.
Dans ce contexte, ce cours devrait permettre aux étudiants en ingénierie de se
familiariser avec le développement que connaissent les modèles énergétiques. En effet, ce
dernier est consacré à la présentation des différentes structures de générations d’électricité
en commençant par une description succincte des systèmes de génération centralisés avant
de nous intéresser aux systèmes de génération distribuée et à l’intégration des sources
d’énergies renouvelables et des systèmes de stockage d’énergies.

L’ensemble est organisé en cinq parties :

1. Généralité sur l’énergie


2. Les différents types d’énergie et leur transformation
3. Principale sources de production de l’énergie électrique
4. Principe de production à partir du solaire, de l’éolien
5. Sources d’énergie autonomes avec systèmes de stockage

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1. Généralités sur l’énergie


1.1. Qu’est-ce que l’énergie ?
L'énergie décrit généralement la force nécessaire pour la mise en œuvre d’une action.
Dans ce sens, afin de satisfaire les besoins humains, l’homme a depuis les temps anciens
exploité la force de la nature notamment sa force et celle des animaux mais aussi la force
du vent, de l’eau, du soleil …
L'unité de l’énergie est le Joule (J). Mais en électricité on utilise souvent le Watt-heure
(Wh avec 1Wh = 3600J), tandis que les économistes utilisent plutôt la Tonne équivalent
pétrole (tep avec 1 tep = 42 GJ ), et les médecins nutritionnistes la Calorie (cal avec 1
cal = 4,18 J )
1.2. Différentes formes d’énergies
- L'énergie mécanique
L’énergie mécanique, associée aux objets, est la somme de deux énergies
l’énergie cinétique et l’énergie potentielle :
L’énergie cinétique est l’énergie des objets en mouvement ; plus la vitesse
d’un objet est grande, plus son énergie cinétique est importante. Exemple : le
vent dispose d’une energie cinetique..
L’énergie potentielle est l’énergie stockée dans les objets immobiles qui a le
potentiel de se transformer en d'autres énergies, le plus souvent en énergie
cinétique. Par exemple, une balle acquiert, quand on la soulève, une énergie
potentielle dite de pesanteur, qui ne devient apparente que lorsqu’on la laisse
tomber. Cette forme d’energie peut deriver de differentes natures, anisi on
trouve de l’energie potentielle mecanique, gravitationnelle, elastique, de
pesanteur, chimique …

- L’énergie thermique
Il s'agit tout simplement de la chaleur quidecoule de l’agitation des particules
composant la matière.

- L’énergie chimique
L’énergie chimique est l’énergie associée aux liaisons entre les atomes constituant
les molécules. Certaines réactions chimiques sont capables de briser ces liaisons,
ce qui libère leur énergie. A titre d’exemple, les réactions électrochimiques les
piles à combustibles (PAC) permettent de produire de l’électricité.

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- L’énergie rayonnante

C’est l’énergie transportée par les rayonnements. Ainsi, l’énergie des rayons
solaires peut être récupérée et convertie en électricité (énergie solaire
photovoltaïque) ou en énergie thermique (énergie solaire thermique).

- L’énergie nucléaire
L’énergie nucléaire est l’énergie stockée au cœur des atomes, plus précisément
dans les liaisons entre les particules (Les protons et les neutrons). En transformant
les noyaux atomiques, les réactions nucléaires s’accompagnent d’un dégagement
de chaleur. L’énergie des atomes est libérée par des réactions de fission (centrales
nucléaires) ou de fusion (soleil).
- L’énergie électrique
L'énergie électrique représente de l'énergie transférée d'un système à un autre ou
stockée dans le cas de l'énergie électrostatique grâce au mouvement de charges
électriques.

1.3. Transformation de l’énergie


Les différents phénomènes de la nature recèlent des énergies exploitables par l’homme
avec la possibilité d’être transformées d’une forme à une autre. Ainsi, l'énergie peut être
définie à travers ses effets et les variations qu’elle peut induire, elle peut être dite
Mécanique, Thermique, Lumineuse, Chimique, Electriques .... Souvent l’énergie est
associée à sa forme initiale (Fig.1), eg, Hydro-Electrique pour décrire l’énergie électrique
qui résulte de l’énergie hydraulique, Thermo-Dynamique pour décrire le mouvement induit
par un phénomène thermique…

Fig.1 Transformation de l’énergie électrique

1.4. Conservation de l’énergie

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Le principe de conservation de l’énergie veut dire que l’énergie totale emmagasinée par
un système isolé ou fermée reste constante. En effet, l'énergie ne peut ni se créer ni se
détruire mais uniquement se transformer, comme illustré à titre d’exemple par la Fig.1,
d'une forme à une autre (principe de Lavoisier) ou être échangée d'un système à un autre
(principe de Carnot).

La conversion d'énergie d'une forme à une autre n'est en général pas complète vu qu’une
partie de l'énergie absorbée est dégradée sous d’autres formes d’énergies souvent
considérées comme une perte en énergie. Le rapport entre l’énergie absorbée et l’énergie
utile décrit le rendement (Wmu/Wa).

Cette grandeur est sans unité, et peut s’exprimer en %.

Exemple : 38% pour une centrale électrique thermique

40% pour un moteur à essence

5% pour une ampoule classique

12% pour les panneaux solaires photovoltaïques

Fig.2 Conversion de l’énergie

2. Différents sources d’énergies


Les énergies associées aux différents phénomènes de la nature peuvent être classées en
deux catégories selon le temps nécessaire à leur régénération. La première catégorie
concerne les énergies renouvelables comme celles liées au soleil (énergie solaire), a la

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force du vent (énergie éolienne), a la force des eaux (énergies hydraulique, énergie marine)
et à la terre (énergie géothermique), tandis que la seconde catégorie concerne les énergies
non renouvelables dont l’origine est souvent fossiles (charbon, pétrole, gaz) ou nucléaire.

2.1. Energies non renouvelables

Les énergies non renouvelables sont dites ainsi parce qu’elles restent relativement
limitées donc épuisables et qu'il lui faut très longtemps pour qu’elles se reconstituent.

Il existe deux familles d'énergie non-renouvelable reparties selon leur origine :

- Les énergies fossiles


Elles sont créées il y a plusieurs millions d'années à partir de biomasse fossile
(déchets organiques, végétaux, …) que le temps a transformé en charbon ou en
hydrocarbures (pétrole, gaz et huiles naturelles). Les combustibles fossiles ont un
pouvoir calorifique élevé qui permet de produire après combustion une importante
partie d’énergie utile thermique --> électrique ce qui les placent comment la
principale source d'énergie primaire dans le monde. La combustion produit en
partie du dioxyde de carbone (CO2), dioxyde de soufre (SO2)…, qui représentent
l’une des causes du réchauffement climatique.

Le Charbon : Le charbon est une roche sédimentaire formée par


l’accumulation des matières organiques dérivées des plantes pendant des
milliers d’années. Le charbon contient en grande partie du carbone, de
l’hydrogène, de l’azote et du soufre.
Le Pétrole : Le pétrole provient lui aussi de l’accumulation de bactéries et
d’algues dans les profondeurs de la terre durant des millions d’années. Après
raffinage, une dizaine de produits sont dérivés du pétrole brut, notamment,
essences, gasoil, kérosène, lubrifiants, huiles, asphalte, bitume, goudron, gaz de
pétrole liquéfié (GPL), et d’autres produits pétrochimiques comme le plastique.
Le Gaz : Le gaz naturel est un mélange de gaz à forte prépondérance de
méthane (jusqu’à 99%), de l’éthane et du propane. Il contient aussi de l’azote,
du dioxyde de carbone et des composés oxygénés comme les phénols et les
alcools. Les produits dérivés du gaz naturel sont principalement l’hydrogène,
l’hélium, le méthanol ainsi que certains composés soufrés. Le gaz naturel peut
être liquéfié à très basse température jusqu’à atteindre l’état liquide. Il est
ensuite transporté dans des pipes ou dans des méthaniers.

- L'énergie fissile (nucléaire)


L’énergie nucléaire est produite par la fission d’éléments radioactifs naturels
comme l’uranium et le thorium. L'utilisation de cette énergie non fossile ne
produit pas de CO2. Par contre elle produit des déchets radioactifs difficiles à
recycler et à stocker (à cause de la chaleur et des émissions radioactives qu'ils
génèrent) et dont la durée de vie peut être très longue (plusieurs milliers d'années)
ce qui rend leur stockage, à long terme et de manière sûre, impossible.

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2.2. Energies renouvelables


Les énergies renouvelables sont les énergies qui proviennent de sources naturelles
pratiquement inépuisables. Ils sont considérés comme inépuisables vu la grande quantité
d'énergie qu'ils contiennent et vu leur capacité de se régénérer naturellement. Les
énergies renouvelables sont issues de phénomènes naturels réguliers ou constants
provoqués par les astres, principalement le Soleil (rayonnement), mais aussi la Lune
(marée) et la Terre (énergie géothermique)

- L’énergie solaire

On peut distinguer deux façons d'exploiter l'énergie solaire : l'énergie solaire thermique
et l'énergie solaire photovoltaïque.

L'énergie solaire thermique.


L'énergie solaire thermique est le résultat de l'énergie thermique contenue dans le
rayonnement du soleil qui est récupérée pour chauffer un fluide (liquide ou gaz)
caloporteur qui sera ensuite utilisé, comme illustré par la Fig.3 et Fig.4, pour le
chauffage (eau chaude sanitaire, chauffage, etc.) ou pour produire de l’électricité
via l’entraînement d’un turbo-alternateur.

Fig.3 Principe de fonctionnement d’un chauffe-eau solaire

Les principes physiques fondamentaux sur lesquels se basent cette production


d'énergie sont notamment l'absorption, la conduction thermique, et la réflexion
qu’on retrouve essentiellement dans les systèmes à concentration (centrale solaire
thermodynamique à concentration, four solaire, etc.).

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Fig.4 Exemples de centrales solaire thermique à concentration

L'énergie solaire photovoltaïque.


L'utilisation de l'énergie solaire photovoltaïque se fait grâce à la conversion
directe de l'énergie solaire en électricité par l'effet photovoltaïque décrit par la
Fig.5. Cette transformation est effectuée par des cellules photovoltaïques
constituées de matériaux semi-conducteurs photosensibles ayant la propriété de
libérer leurs électrons sous l’influence d’une énergie extérieure (par exemple, du
silicium).

Fig.5 Effet photovoltaïque

En effet, l'énergie solaire photovoltaïque désigne l'électricité produite par transformation


d'une partie du rayonnement solaire avec une cellule photovoltaïque. Plusieurs cellules
sont reliées entre elles et forment un panneau solaire (ou module) photovoltaïque.
Plusieurs modules sont regroupés pour constituer un champ photovoltaïque (Fig.6). Les
performances d’une installation photovoltaïque dépendent de l’orientation des panneaux
solaires et des zones d’ensoleillement dans lesquelles ils se trouvent.

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Fig.6 Topologies de connexion des cellules-modules photovoltaïques

La mise en série et/ou en parallèle de plusieurs cellules/modules/chaines photovoltaïques


permet d’assurer des niveaux satisfaisants en puissance, donc en tension et en courant.
Ainsi, comme illustré par la Fig.7, la mise en série de « n » modules permet d’augmenter la
tension de sortie « n » fois, tandis que la mise en parallèle de « n » modules permet
d’augmenter le courant de sortie « n » fois

Fig.7 Caractéristiques de la mise en série/parallèles des modules PV

- L’énergie éolienne

Comme les moulins à vent du passé, les éoliennes génèrent des forces mécaniques ou
électriques. L’énergie éolienne est produite par la force du vent qui fait tourner les pales
d’une éolienne ce qui permet de transformer l’énergie cinétique contenue dans la masse
d’air qui est passe en énergie mécanique. L’énergie mécanique qui en résulte est ensuite
transformée en énergie électrique via l’utilisation d’une génératrice (Fig.8). La quantité
du vent et la taille de l’éolienne déterminent donc la quantité d’électricité produite. A titre
d’exemple : si on augmente la hauteur du mât et la longueur des pales, la puissance
disponible croît vu que la surface balayée par les pales et le volume d’air qui y passe

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augmentent. Les éoliennes peuvent être de différents types, notamment à axe de rotation
vertical ou horizontal.

Fig.8 Caractéristiques d’une éolienne à axe vertical

- L’énergie Biomasse

La énergie biomasse fait référence à l’ensemble déchets d’origine végétale ou animale


(bois, plantes, céréales, déchets agricoles, déchets des eaux usées ou de l’industrie...)
susceptible d’être collectés à des fins de valorisation énergétique. Ces déchets peuvent
être valorisés soit directement via des cycles de combustion, ou indirectement via un
procédé de méthanisation pour l’obtention de biogaz, ainsi que via d’autres
transformations chimiques destinés à produire des biocarburants. L’énergie biomasse
présente de nombreux avantages sur le plan économique et écologique avec des couts
réduits vu qu’elle utilise essentiellement des déchets ainsi qu’un taux réduit d’émission
d’agents polluants.

Fig.9 Exemple de valorisation énergétique de la biomasse

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- L’énergie hydraulique

L’énergie hydraulique est l'énergie fournie par le mouvement de l'eau, sous toutes ses
formes (chutes d'eau, cours d'eau ..). En effet, la force contenue dans ce mouvement peut
être utilisée différemment pour produire de l’énergie mécanique (moulin à eau), ou pour
produire de l’énergie électrique. L’énergie hydraulique englobe aussi l'ensemble des
énergies qu’on peut extraire du milieu marin (Fig.10). Parmi d’autres, l’énergie
marémotrice due aux flux et reflux des marées (basse et haute), l’énergie hydrolienne qui
exploite les courants marins, l’énergie houlomotrice qui exploite le mouvement des
vagues.

Fig.10 Différentes formes de l’énergie marine

- L’énergie géothermique

La géothermie utilise la chaleur de la terre et l’exploite par différentes techniques, selon


la profondeur à laquelle la chaleur est captée. En effet, le principe de la géothermie
consiste, comme illustré par la Fig.11, à puiser dans une nappe phréatique ou le plus
souvent à prélever l’énergie contenue dans le sol pour le chauffage/refroidissement ou
pour être utilisée pour la production de l’électricité.

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Centrale Géothermique Chauffage Habitat

Compresseur
Vapeur

Turbine
Générateur

Vapeur Eau

Terre

Fig.11 Principe d’utilisation de la géothermie

3. Structure du réseau électrique conventionnel


La structure conventionnelle des réseaux électrique est caractérisée par une génération
centralisée de l’énergie électrique utilisant des centrales de moyenne et grande puissance.
L’énergie produite est ensuite acheminée vers les consommateurs finaux (industriels,
institutionnels, ou domestiques) via un réseau dense de transmission et de distribution
(Voir Fig.12 et Fig.13). En effet, l’énergie électrique est produite en AMONT avant
d’être acheminée en AVAL vers les consommateurs finaux.

Fig.12 Génération centralisée d’électricité

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Fig.13 Structure générale du réseau électrique conventionnel


Le réseau dispose de différentes installations, comme les transformateurs et les postes
électriques dans lesquels sont regroupées différents circuits de contrôle, de protection et
de communication. Les installations électriques d’un réseau se différentient de part :

 Le type de courant
Le type de courant dépend de la nature des charges électriques alimentées
- Courant Alternatif (AC)
- Courant Continu (DC)

 Le niveau de tension
L’utilisation de différents niveaux de tension vise à assurer la transmission de la
puissance générée avec le moins de pertes en ligne possibles. En effet, les pertes en
lignes, données par l’équation qui suit, sont inversement proportionnelles à la tension.

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- Basse Tension (BT) : V < 1 KV


- Moyenne Tension (MT) : 1 KV < V < 60 KV
- Haute Tension (HT) : 60 KV < V < 275 KV
- Très Haute Tension (THT) : 275 KV < V < 1000 KV

La structure du réseau électrique conventionnel suit généralement trois formes (Fig.14):

- Structure Maillée pour le Transport


- Structure Radiale pour la répartition
- Structure Arborescente pour la distribution

Fig.14 Structure du réseau électrique

4. La production de l’énergie électrique

La génération de l’énergie électrique pour les besoins de la consommation peut prendre


deux formes :
- Génération centralisée
- Génération décentralisée/distribuée

4.1. Génération centralisée d’électricité


Les dernières décennies ont connu une augmentation exponentielle des besoins
énergétiques mondiaux ce qui a conduit à l’implantation de larges unités de production
d’électricité dans l’espoir de répondre efficacement à une demande en forte croissance [11].
En effet, l’industrialisation à grande échelle et le déploiement de grands centres urbains
ont été accompagné, comme illustré par la Fig.14, par la mise en place d’un réseau constitué
de centrales électriques de grandes puissances ainsi que l’installation d’un réseau de
transmission et de distribution de haute densité. Entretemps, l’évolution technologique a
permis l’adoption de plusieurs sources d’énergie primaires essentiellement des
combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel…), des combustibles nucléaires

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(uranium, plutonium, …), mais aussi des sources d’énergie hydrauliques et géothermiques
avec un mode de conversion quasi similaire dans lequel l’énergie primaire est convertie
en énergie électrique à travers des cycles de combustion et de conversions
thermodynamiques ou hydromécaniques entrainants la rotation de turboalternateurs
(Fig.15). Ces centrales connaissent un rendement électrique supérieur à 35% sans compter
les bénéfices que peut engendrer la cogénération ou même la tri-génération [12].

# Définir en quelques lignes le principe de fonctionnement de la cogénération


et de la tri-génération ainsi que leur impact sur le rendement.

Fig.15 Principe de la génération centralisée d’électricité


Toutefois, la génération centralisée d’électricité représente un défi permanent pour
différents pays et compagnies énergétiques non seulement sur le plan environnemental,
mais aussi sur le plan technico-économique et socio-politique.

4.1.1. Contraintes liés à la génération centralisée d’électricité


4.1.1.1. Restrictions environnementales
D’innombrables études attestent des conséquences incommensurables qu’infligent les
systèmes de génération centralisés d’électricité sur l’environnement. En effet, et comme
stipulé préalablement, ces unités de génération utilisent en majorité des cycles de
combustion à haute températures ce qui privilégie, en présence de combustibles fossiles,
la formation d’oxydes d’azote NOx, de gaz carbonique CO2 et d’une grande quantité de
dioxyde de souffre SO2. Ces éléments de par leurs toxicités et les évolutions qu’ils
peuvent connaitre dans l’atmosphère conduisent, en plus de leurs impacts directs sur la
santé et l’environnement immédiat, à l’apparition de phénomènes inhabituels comme le
réchauffement climatique et les pluies acides dont les retombées sont néfastes sur beaucoup
d’écosystèmes et sur la planète toute entière.

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Contrairement aux centrales à base de combustibles fossiles, les centrales nucléaires


n’émettent pas de gaz à effet de serre mais engendre des déchets à très haute teneurs en
éléments radioactifs. Ces derniers sont encapsulés et mis sous terre à des lieux isolés de
tout environnement humain. Toutefois, ces déchets représentent un lourd fardeau pour
beaucoup de pays vu qu’on ne peut garantir en absolue une séparation hermétique avec
d’autres éléments naturels. Par ailleurs, les centrales hydroélectriques reposent sur
l’accumulation de grands volumes d’eau sur une large superficie, ce qui déstabilise les
écosystèmes locaux et inondent des terres cultivables à haute valeur agricole.

4.1.2. Contraintes technico-économiques


Les sociétés énergétiques et de distribution font face à la nécessité de proposer aux
consommateurs, particuliers et industriels, une énergie de qualité à un prix
concurrentiel et référentiel. Toutefois, la dépendance de ces unités de production vis-à-
vis des matières premières fossiles ou fissiles accentue leur vulnérabilité et met en gage
leur avenir [13]. En effet, les prévisions de l’agence internationale d’énergie (AIE)
mettent en garde contre l’accentuation de la dépendance à ces matières malgré un fort
apport des sources d’énergie renouvelables, comme l’illustre la Figure 7 [14]. Par ailleurs,
la disponibilité relative de ces matières encourage la volatilité de leurs prix sur les marchés
internationaux [15], ce qui se répercute indéniablement sur le consommateur final et
compromet l’existence de beaucoup de compagnies dont certaines recourent au stockage
qui représente une solution à court terme et au mieux à moyen terme. La fiabilité du réseau
de transmission et de distribution et les couts qu’il engendre pour sa maintenance et son
extension ainsi que les pertes de puissances qu’il accumule [16], limitent encore plus les
performances des structures de génération centralisés d’électricité dont les couts
d’investissements initiaux restent encore très élevés avec un amortissement sur plusieurs
années. Ces pertes dont la moyenne mondiale reste supérieure à 10% concernent les pertes
dues aux infrastructures de transmission et de distribution (T&D) ainsi que les pertes
techniques et de commercialisation agrégées sous le nom d’AT&C [14]. Sur le plan
technique, les études révèlent des difficultés liées plus à l’exploitation des sources
d’énergie primaires, et à l’entretien périodique et couteux des installations. Par
exemple, l’utilisation des énergies géothermiques nécessite des études géologiques
poussées et soufre de la variabilité et de la profondeur des forages. Ces forages peuvent
entrainer à leurs tours des affaissements pouvant même être en cause de remontée
magmatiques et de la pollution des nappes phréatiques. Les générateurs installés au pied
des barrages hydrauliques assurent une grande partie des besoins énergétiques mondiaux
mais souffrent de l’envasement et des risques de ruptures.

4.1.3. Contraintes socio-politiques (Besoins sociétales)


Les sociétés modernes connaissent, certes, de nouveaux défis, mais envisagent aussi
un mode de vie différend dans lequel tous les éléments de la société pourraient contribuer
activement à la gestion de leurs consommations en participant essentiellement à la
production et au stockage de leurs propres besoins en énergie. En effet, ces personnes
morales ou physiques aspirent à plus d’autonomie et de flexibilité dans un contexte où
même le réseau mondiale d’énergie est contraint de fournir en énergie des zones reculées,
difficiles d’accès et nécessitant un lourd investissement pour le renforcement et l’expansion
du réseau vers elles, ce qui encourage d’autant plus le déploiement de petites unités de
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production d’électricité à proximité des utilisateurs finaux. Cette tendance est aussi
bien soutenue par l’éveil écologique de beaucoup de consommateurs que par le
développement des moyens techniques permettant l’utilisation des sources d’énergies
renouvelables (éolien, solaire …) avec un rendement satisfaisant et une meilleure qualité
de l’énergie et de service.

Fig.16 Consomation mondiale d'énergie 1990-2040 (prévisions) - AIE [14]

4.1.4. Solutions envisageables

La décennie en cours connait une effervescence et une prise de conscience à l’égard des
risques que véhicule la génération centralisée d’électricité. Dans ce sens, des groupes de
travail ont été formés sous l’égide de l’agence internationale de l'énergie (AIE) ou d’autres
organismes intergouvernementaux dans le but d’établir des rapports périodiques sur
l’évolution que connait le monde en matière d’énergie et d’assoir des lignes directrices
permettant d’endiguer le phénomène de réchauffement climatique. En outre, ils préconisent
la mise à niveau des installations existantes et l’adjonction de systèmes de captage pour
réduire au maximum l’émission d’éléments toxiques ainsi que la promotion des énergies
renouvelables dans le monde et le développement de nouveaux modèles énergétiques, plus
autonomes et plus intelligents [17, 18]. Les soutiens financiers et la possibilité de vendre
le surplus de la production d’électricité à des prix avantageux et préférentiels contribuent
eux aussi à la concrétisation de cette vision dans laquelle la génération distribuée
d’électricité constituerait la solution à un ensemble de problèmes socioéconomiques,
techniques et environnementaux [3].

4.2. Génération distribuée d’électricité


La génération distribuée ou décentralisée d'électricité constitue la pierre centrale de
différends modèles énergétiques récents, on peut citer les réseaux électriques
intelligents [19], et les micro-réseaux électriques [20]. Ces derniers sont souvent
composés d’un ensemble de générateurs distribués pouvant opérer, soit en ilots isolés pour

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alimenter un groupe de charges électriques, soit connectés au réseau commun d’électricité


pour supporter une part des besoins en énergie électrique du réseau à travers l’injection du
surplus, ou de la totalité de l’énergie produite via des structures de T&D [21]. Il existe
aussi d'autres possibilités d'intégration de ces générateurs distribués sous forme,
d’alimentations de secours dites sans interruptions (ASI ou UPS : Uninterruptible
Power Supply) [22, 23], de filtres actifs de puissance (APF : Active Power Filter) [24,
25], d’interfaces pour des systèmes de stockage avec un flux bidirectionnel de l’énergie
[26, 27], ou même sous forme de systèmes destinés à la restauration dynamique de la
tension (DVR : Dynamic Voltage Restorer) [28, 29]. Cependant, la génération
décentralisée d’électricité est généralement de petite ou de moyenne puissance
(1kW→10MW) et ne contribue que de façon complémentaire et non exclusive au maintien
d’un équilibre entre la production, le stockage et la consommation de l’énergie électrique
[30]. La Fig.17, illustre la structure de base d’une unité de génération distribuée
d’électricité.

Fig.17. Structure de base d'une unité de génération distribuée.


Les systèmes de génération distribuée d’électricité offrent la possibilité d’intégrer
une grande partie de sources d’énergie renouvelables à travers des interfaces
localement pilotables. Ces interfaces sont, à base d’électronique de puissance, dotées
d’interrupteurs à haute fréquence de commutation et avec quasiment peu de pertes en
énergie. De plus, au cours de ces dernières années, ces dispositifs de conversion ont connus
des avancées considérables avec la conception de convertisseurs statiques modulaires et
parfaitement capable de répondre efficacement et durablement aux exigences sur la
qualité de l’énergie. Dans ce sens, et comme illustré par la Fig.17, l’utilisation de filtres
passifs en sortie est aussi préconisée afin d’atténuer les harmoniques de hautes fréquences
et contribuer ainsi à une meilleure qualité de l’énergie. La qualité de l’énergie dans ce type
de structure dépend aussi et essentiellement de la stratégie de commande adoptée, dont le
but est de garantir un fonctionnement en adéquation avec les standards internationaux. Les
chercheurs affichent un engouement particulier pour cette problématique à travers la
proposition de différentes stratégies de contrôle/commande pour le maintien d’un
fonctionnement optimale des unités et des ensembles de génération distribuée d’électricité.
Indéniablement, cette forme de génération observe son essor grâce au développement
technologique que connaissent les systèmes d’électronique de puissance, ainsi qu’au
développement des connaissances et du savoir-faire lié aux sources d’énergies

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renouvelables sur le plan matériel et technique avec la conception de dispositifs de captage


de rendements satisfaisants et en constante amélioration en termes de cout, poids, et
efficacité. En effet, il est nécessaire de disposer de moyens efficaces pour la conversion de
l’énergie primaire que recèlent certains phénomènes naturels en énergie électrique. Ainsi,
des cellules photovoltaïques de différentes technologies sont utilisées pour transformer
l’énergie véhiculée par les rayons solaires en énergie électrique, de même, l’énergie
cinétique du vent est convertie par le biais d’éoliennes en énergie électrique. Néanmoins,
l’utilisation de l’énergie électrique qui résulte de ces transformations, pour répondre aux
besoins des charges électriques ou du réseau, ne peut se faire qu’à travers des interfaces de
conversion statique DC/DC, AC/DC et DC/AC.

4.2.1. Conditionnement de l’énergie

Un circuit destiné au conditionnement de l’énergie que fournit, en particulier, la majorité


des sources d’énergie renouvelables est nécessaire pour les applications de génération
distribuée. En effet, l’intégration de ces sources d’énergie, sous formes d’architectures de
génération distribuée d’électricité, nécessite l’adjonction de dispositifs permettant de
délivrer des tensions et des courants alternatifs de formes désirées à partir d’une source DC
ou AC [40]. Ainsi, les sources DC (notamment les générateurs photovoltaïques et les
systèmes de stockage) utilisent des convertisseurs DC-DC de type abaisseur/élévateur pour
adapter la tension qu’elles délivrent à celle du bus DC. Le bus DC peut être aussi alimenté
par des sources AC de fréquences fixes ou variables (notamment les éoliennes et les micro-
turbines) en utilisant un étage de conversion alternatif-continu (AC-DC). Un autre
dispositif de conversion de grande importance est utilisé pour délivrer des tensions et des
courants alternatifs du même bus DC. Ce dernier dispositif consiste en un convertisseur
DC-AC, connu sous le nom d’onduleur. Selon l’application, les ondes de sortie (tension
et/ou courant) doivent être compatibles avec les normes les plus au moins stricts. Ce qui
justifie fréquemment l’usage de filtres passifs en sortie afin d’améliorer la qualité de
l’énergie.
4.2.2. Dimensionnement du bus DC

Le bon fonctionnement des systèmes de génération distribuée d’électricité est tributaire


de la puissance du bus DC et de ses capacités à maintenir sa tension à une valeur moyenne
désirée. Le bus DC peut être alimenté différemment suivant les caractéristiques des
différentes sources d’énergie, par le biais de redresseurs, hacheurs élévateurs et/ou
abaisseurs, ou directement à travers une concaténation d’un ensemble de batteries ou
systèmes de stockage. Un étage de régulation de la tension du bus DC pour une valeur
moyenne désirée est aussi incorporé, une multitude de travaux de recherches ont étés
réalisés dans ce sens [44]. La tension du bus DC doit être au moins supérieure de 10% par
rapport à la tension max de sortie, par exemple 220V/110V.
4.2.3. Dispositifs de filtrage
La tension et/ou le courant de sortie des convertisseurs DC-AC contient un nombre
important d’harmoniques multiples de la fréquence de commutation des bras

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d’interrupteurs. Ainsi, l’utilisation d’un filtre passe-bas en sortie devient primordiale pour
éliminer les harmoniques de hautes fréquences qu’impose la commutation des interrupteurs
de puissance. Selon l’utilisation, différentes configurations peuvent être proposées pour le
filtrage des harmoniques. En effet, pour les systèmes de génération distribuée,
essentiellement pour les systèmes autonomes, deux filtres passe-bas sont employés, à
savoir, le filtre LC et le filtre LCL.

Lf Lf ,1 Lf ,2

vin Cf vout vin Cf vout

Figure 1.11 Circuits de base d’un filtre passe bas LC et LCL.

Par ailleurs, l’élimination de la composante harmonique de haute fréquence contribue à


l’aboutissement des points suivants :
 Réduire le taux de distorsion harmonique des ondes de tension et/ou de courant de
sortie.
 Eviter entre autres les interférences susceptibles de créer des troubles de
fonctionnement dans d’autres appareils tout en s’adaptant aux directives liées à la
compatibilité électromagnétique (CEM) des équipements.
 Prévenir contre les surtensions et les surintensités liées aux phénomènes de
résonance et à l’amplification des résidus harmoniques présents dans le réseau
électrique (local ou commun).
 Diminuer l’échauffement des équipements et soulager certains de la fatigue
mécanique due aux vibrations.

5. Intégration des sources d’énergie renouvelables

Il existe différentes sources d’énergie dites renouvelables ou même inépuisables. Celles-


ci émanent directement ou indirectement de l’énergie solaire dont les rayons induisent des
phénomènes naturels tel que le vent, les marées, les courants océaniques, … etc [14].
L’ensemble des phénomènes induits constitue une source d’énergie de grand intérêt.
Toutefois, la transformation de ces énergies primaires en énergie électrique diffère l’une
de d’autre, de même que les moyens de leur intégration sous forme de générateurs
distribués. En effet, le conditionnement de l’énergie électrique qui en résulte nécessite
l’incorporation d’un ou plusieurs étages de conversion statiques.

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5.1. Intégration de l’énergie éolienne.

5.1.1. Notions de base sur l’énergie éolienne

Historiquement, les éoliennes sont un système fréquemment utilisé pour entrainer la


rotation de systèmes mécaniques comme les moulins à vent. Toutefois, le même concept
est utilisé de nos jours pour extraire l'énergie cinétique du vent et la transformer en énergie
électrique. De plus, l’énergie éolienne est considérée comme une source d'énergie
alternative de faible impact sur l'environnement. Cette dernière bénéficie en conséquence
de larges mesures pour accroitre son introduction dans la production mondiale d’électricité
sous forme de petites unités de génération distribuée ou sous forme d’ensembles dits fermes
éoliennes [31]. Les éoliennes peuvent être utilisées pour des applications autonomes,
connectées au réseau de distribution commun ou même combinée à des systèmes
photovoltaïques, systèmes de stockage, générateurs diesel, … etc, pour former des
systèmes hybrides [32].

L'énergie éolienne dépend de plusieurs facteurs :


- la vitesse accumulée par une masse d'air.
- La surface balayée par les pales et le volume d'air qui y passe.
- La configuration de l’aérogénérateur (nombre de pales, inclinaison des pales,
vitesse et axe de rotation …)

5.1.2. Fonctionnement et moyens d’intégration

Les éoliennes se différencient par leurs modes de fonctionnement, c’est à dire à vitesse
de rotation constante ou variable. Comparé aux éoliennes à vitesse de rotation constante,
les éoliennes à vitesse variable permettent de produire plus d'énergie via le contrôle de leur
vitesse de rotation de telle sorte à l’adapter à celle du vent et en extraire ainsi le maximum
de puissance à travers le suivi du point maximale de puissance (SPMP – MPPT : Maximum
Power Point Tracking) établis pour différentes conditions [33]. La majorité des éoliennes
fonctionnent à vitesses variables afin de répondre aux exigences sur la qualité de l'énergie,
ce qui nécessite toutefois l'utilisation de plusieurs étages de conversion statique pour
assurer le conditionnement de la tension/courant à des niveaux satisfaisants en fréquence
et en amplitude [34]. Les éoliennes à vitesse variable utilisent des machines asynchrones à
double alimentations (DFIG : Doubly Fed Induction Generator) ou des machines
synchrones à aimants permanents (PMSG : Permanent Magnet Synchronous Generator).
Les éoliennes à vitesse constante utilisent des génératrices asynchrones à cages d’écureuil
(SCIG : Squirrel-Cage Induction Generator) et sont configurées pour être directement
connectées au réseau. La Fig.18 met en avant la nécessité de la mise en place d’une
conversion AC-DC-AC pour les systèmes à DFIGs et PMSGs.

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Fig.18. Architecture de base d'un générateur éolien distribué.

La plus importante démarche est celle d’utiliser l'énergie extraite ou la transférer vers le
réseau de distribution. De ce fait, et appart les systèmes éoliens dotées de SCIGs, des
convertisseurs d'électronique de puissance sont nécessaire pour assurer l’interfaçage de ces
systèmes soit avec le réseau, les charges, ou avec les systèmes de stockage [35].

5.2. Intégration de l’énergie solaire

5.2.1. Notions de base sur l’énergie solaire

L’énergie solaire, thermique ou photovoltaïque, a été d'une grande utilité depuis les
temps anciens. C'est une richesse inépuisable et sans limites géographiques. Son principe
d'utilisation découle des caractéristiques photoélectriques de certains matériaux, solides,
liquides ou gazeux. Dans ce sens, des semi-conducteurs (notamment le silicium) sont
utilisés dans la fabrication de cellules solaires photovoltaïques (PV) afin de transformer
l'énergie solaire en électricité. Le rendement de ces cellules dépasse actuellement les 15%
et constitue un marché fleurissant et en constante évolution. Ces cellules constituent
l'élément de base dans la construction des panneaux solaires, donc des centrales solaires,
où en effet les uns constituent les autres à travers un assemblage en série et/ou en parallèle.
La connexion des panneaux photovoltaïques en série et/ou en parallèle permet de répondre
à des exigences liées à l’application envisagée en termes de tension, de courant, et de
puissances [36]. Par ailleurs, le rendement de ces ensembles est certes intimement lié à
l'ensoleillement , mais aussi à d'autres facteurs tels que le phénomène d'ombrage,
vieillissement des cellules, et surtout à la prévalence des défauts de fonctionnement
inhérents à ces installations [37]. Afin d'améliorer le rendement et faire face à
l'intermittence de cette source d'énergie alternative, des capteurs solaires thermiques
généralement aidés par des concentrateurs (CSP : Concentrated Solar Power) sont
envisagés pour emmagasiner la chaleur émise par le soleil dans un liquide caloporteur et la
récupérer ensuite pour faire tourner des turbines thermodynamiques et garantir ainsi une
continuité de service indépendamment de l’alternance jour et nuit, des saisons, ou des aléas
météorologiques .
Les systèmes solaires de génération distribuée d’électricité peuvent fonctionner comme
des entités autonomes là où il est difficile d'opérer une connexion au réseau ou dans les
endroits difficiles d’accès ou ne disposant pas d'infrastructures énergétiques. Ils peuvent
toutefois être conçus pour fonctionner conjointement avec le réseau de distribution, avec
la possibilité d’y injecter le surplus de production en énergie ou même d’en importer en
cas de besoin. Dans beaucoup de pays à haut potentiel en énergie solaire, ces installations

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bénéficient de larges mesures (subventions, prix de rachat préférentiel…) visant à en faire


un levier de croissance pour les réseaux électriques de demain [14].

5.2.2. Fonctionnement et moyens d’intégration

Les systèmes photovoltaïques sont soumis à deux rôles importants :


- Assurer un meilleur rendement à travers le suivi du point maximal de puissance
disponible sous différentes conditions.
- Fournir une énergie de qualité compatible avec le réseau de distribution d'électricité
et avec la majorité des applications électriques.

Le premier rôle consiste à apporter une solution aux récurrentes variations qu’imposent
certaines sources d’énergie renouvelables (de fait l’énergie solaire) et optimiser le
fonctionnement des systèmes de génération y référant via l’adaptation de leurs points de
fonctionnement au maximum de puissance qu’ils peuvent extraire [38]. Cette stratégie
résulte en l’incorporation d’algorithmes dédiés à la poursuite du point maximale de
puissance (MPPT) dans la partie de conditionnement DC-DC ou DC-AC. La partie
conditionnement réfère au deuxième point que doivent assurer les systèmes
photovoltaïques et comprend un ou plusieurs convertisseurs statiques [39].

En observant la configuration typique d’un système solaire de génération distribuée que


présente la Fig.19, il est évident que les onduleurs constituent le noyau central de ces
systèmes vu qu’ils permettent de transformer des grandeurs continues en grandeurs
alternatives parfaitement adaptées à différentes applications électriques. Un étage
d'élévation et/ou d’abaissement (DC-DC) intermédiaire est souvent requis pour ajuster la
tension du bus DC à une valeur permettant un fonctionnement correct de l'interface DC-
AC. A titre d’exemple, la tension nécessaire au bus DC pour assurer des tensions crêtes à
156 V coté alternatif avoisine les 250V, et la tension aux bornes d'un panneau
photovoltaïque est souvent <50V, ce qui rend impératif l’utilisation d’un étage d’adaptation
DC-DC à défaut d’associer un nombre élevé de panneaux en parallèle et/ou en série [2].

Fig.19. Architecture de base d'un système solaire de génération distribué.

6. Stockage de l’énergie

Avec l’avènement des sources d’énergies renouvelables, il n’est plus question de stocker
ou d’emmagasiner une matière (solide, liquide ou gaz) à haut potentiel énergétique, mais

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plus de stocker, d’une manière ou d’une autre, l’énergie électrique qui résulte de leurs
transformations. En effet, le recours à un système de stockage reste indispensable pour
accumuler l’excédent d’énergie produite afin d’en disposer ultérieurement pour compenser
les écarts entre la production et la consommation [30]. Ces écarts sont principalement dues
à la nature intermittente et imprévisible des sources d’énergie renouvelables (solaire,
éolien...) et aux pics de consommation. Par ailleurs, le développement de ces sources
d’énergie au sein des structures de génération distribuée d’électricité doit être accompagné
par le renforcement de leurs capacités de stockage et de gestion d’énergie.

Le stockage de l’énergie peut se faire essentiellement sous les formes suivantes :


 Stockage Electrochimique : Batterie Lithium, Accumulateurs, Super-
condensateurs, Pile à combustibles

 Stockage Mécanique : Volant d’inertie

 Le stockage peut aussi se faire sous forme de stockage de calories, de


combustibles, d’énergie potentielle (eau)

Fig.20. Exemple de systèmes de stockage.


Dans le contexte de la génération distribuée d’électricité, le stockage d'énergie doit
répondre à trois enjeux principaux :
 Alimenter des sites insulaires et isolés avec une large pénétration de sources
d’énergie intermittentes.

 Assurer l’autonomie des installations, la continuité de service et la sécurisation de


l'approvisionnement en énergie.

 Adapter l’offre à la demande en énergie à travers un flux d’énergie bidirectionnel


(charge et décharge).

7. Micro-réseaux électriques (Microgrids)

Un micro-réseau désigne couramment la mise en parallèle, par le biais d’un bus AC ou


même DC, d’une ou plusieurs unités de génération distribuée d’électricité avec un certain
nombre de charges, locales ou communes, suivant l’endroit où elles sont greffées. La mise
en parallèle de plusieurs générateurs distribués permet de répondre efficacement à la
demande croissante en énergie de certaines applications et permet aussi de sécuriser

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l’approvisionnement en énergie en cas de perturbation ou de défaillance au niveau d’un ou


plusieurs éléments, à travers la réduction de la dépendance de ces architectures vis-à-vis
des unités de génération.
L’ensemble de ces unités de génération est constitués d’interfaces d’électronique de
puissance avec des étages d’adaptation et d’autres de conversion. Ainsi, le micro-réseau
constituera une structure autonome permettant un flux de puissances entre ses différents
éléments.

Génération distribuée d’électricité

Hydraulique Charges domestiques

Eolienne
Bus DC
Electronique
de puissance
PCC
Bus AC

Switch
Réseau
électrique
commun
Batterie Volant Véhicule électrique
Super
condensateur d’inertie
DC subsystems
Systèmes de stockage Installation solaire
photovoltaïque

Fig.21. Configuration typique d’un micro-réseau autonome.

Fig.21. met en avant la configuration typique d’un micro-réseau autonome. Cette


structure offre la possibilité d’opérer en ilot isolé ou connecté au réseau commun. Sa
construction varie en fonction des besoins et des contraintes liées à l’application,
néanmoins, les éléments suivants y sont souvent observés :

 Les sources d’énergie, entre autres, les systèmes de stockage, les générateurs
diesels, et les sources d’énergie renouvelables.

 Les convertisseurs de puissance (essentiellement les onduleurs sources de


tension).

 Les dispositifs de filtrage, lignes d’interconnexion et étages de transformation.

 Les charges électriques.

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Les micro-réseaux sont caractérisés par :

 Une seule connexion au réseau commun

 Gestion indépendante

 Production locale de l’électricité

 Energie renouvelable, stockage

Fig.22. Micro-réseau résidentiel

7.1. Fonctionnement d’un micro-réseau autonome

Le fonctionnement d’un micro-réseau autonome construit sur la mise en parallèle de


plusieurs générateurs distribués doit garantir non seulement la continuité de service en
assurant la disponibilité d’une énergie de qualité à tous points du réseau, mais aussi garantir
la stabilité de ce dernier et sa robustesse vis-à-vis des perturbations qu’il peut rencontrer.
Les perturbations les plus communes sont dues à l’intermittence des sources d’énergies
renouvelables, à la déconnexion et/ou connexion intempestive d’un ou plusieurs
générateurs distribués, et aussi, à la nature des charges électriques alimentées. Ces
perturbations affectent directement l’allure de la tension (en fréquence et en amplitude)
ainsi que les flux de puissances dans le micro-réseau.
L’autonomie de ces architectures fait référence aux types de génération non
raccordées au réseau électrique commun, mais aussi à leur capacité en puissance et à la
gestion décentralisée qu’elles offrent. Cette autonomie réfère aussi au rapprochement
que permettent ces structures entre la production et la consommation, où en effet, un
nouvel acteur est considéré, à savoir le consommateur/producteur.

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7.2. Stratégie de commande des micro-réseaux


La stratégie de commande liée aux micro-réseaux intervient localement dans le contrôle
des interfaces d’électronique de puissance dont dispose chaque unité de génération
distribuée d’électricité. En effet, une stratégie de commande doit être conçue de telle sorte
à imposer la trajectoire désirée en sortie tout en assurant un meilleur rejet des perturbations
et un minimum de distorsion harmonique.
Les générateurs distribués (notamment les micro-réseaux) connectés au réseau commun
dans lequel ils sont soumis à fournir un courant sinusoïdal synchronisé avec la tension du
réseau. Par ailleurs, les systèmes autonomes de génération distribuée sont responsables du
maintien d’une tension sinusoïdale au niveau du bus AC indépendamment charges
électriques alimentées, de la gestion des flux de puissances et de la répartition des charges
dans le micro-réseau.

Fig.23. Structure de contrôle hiérarchique des micro-réseaux

La structure de contrôle des micro-réseaux électriques dont la structure est basée sur la
mise en parallèle de plusieurs unités de génération distribuée suit généralement une forme
hiérarchique (voire Fig.23) composée de plusieurs étages de commande :

 Le contrôle primaire : dédié à la régulation de la tension et/ou du courant ainsi


qu’à la répartition des charges entre les unités de génération interconnectées.

 Le contrôle secondaire : dédié à la restauration des valeurs nominale de la


fréquence et de l’amplitude de tension.

 Le contrôle tertiaire : dédié au contrôle des flux de puissances entre le micro-


réseau et le réseau commun.

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8. Réseaux électriques intelligents (Smart Grid)

Un réseau électrique intelligent (Smart Grid) est un réseau de transport et de distribution


d'électricité bénéficiant d'un contrôle intégré complet et de nouvelles capacités en matière
de technologies de l'information et des télécommunications visant à optimiser la
production, la distribution, la consommation, et éventuellement le stockage de
l'énergie. Cette structure assure une gestion plus efficace du réseau électrique en favorisant
la circulation de l’information entre les fournisseurs d’énergie et les consommateurs. Il
améliore l'efficacité énergétique de l'ensemble en minimisant les pertes en lignes et en
optimisant le rendement des moyens de production utilisés, en rapport avec la
consommation instantanée.

Pourquoi un Smart Grid ?


 Favoriser la consommation locale : fonctionnement autonome

 Favoriser l’intégration des énergies renouvelables

 Optimiser l’exploitation de l’énergie renouvelable

 Minimiser l’impact de l’intermittence des énergies renouvelables sur le réseau.

Micro Grid vs Smart Grid …


Les micro-réseaux représentent le premier pas vers les réseaux électriques intelligents.

Smart
grid Micro grid 1

Smart micro
Micro grid 2

Micro grid 3

Micro grid 4
Smart micro-grid
premier pas vers
Smart grid
Fig.24. Structure de contrôle hiérarchique des micro-réseaux

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Qu’est ce qui change par rapport au réseau électrique actuel ?

Centrales
électriques
Avant Après

Consommateur

Smart Grid  meilleure Production centralisée


gestion de l’énergie (hydraulique, thermique,…)
Production déscentralisée
(origine renouvelables)

Fig.25. Analogie entre le réseau électrique actuel et le réseau électrique intelligent

Réseau électrique actuel Réseau électrique Intelligent


Bidirectionnel
Unidirectionnel
Production décentralisée
Production centralisée
Gestion de l’équilibre par la production et la
Gestion de l’équilibre par
l’offre/production consommation

Consommateur acteur
Communicant sur une partie des réseaux
Communicant sur l’ensemble des réseaux

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