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Analayse des trajectoires biographiques

Nous allons principalement nous intéresser à l’analyse de l'autonomisation financière chez les étudiants. Pour le faire,
nous nous sommes basées sur des questionnaires sur les trajectoires de vie qui ont été menés auprès des étudiants en
Bachelor en 2009. Nous avions à notre disposition les données d’une centaine d’enquêtes par calendrier qui portaient
sur les différents domaines de la vie des étudiants. Ces calendriers étaient composés de questions portant sur les
domaines suivants : les ressources financières des étudiants, les logements successifs, les dépenses et les événements
vécus depuis l’entrée à l’Université. C’est aux données sur les dépenses que nous allons nous intéresser plus prés afin
de voir comment les étudiants gèrent leur différentes dépenses.

En effet, dans notre travail, il s’agira de voir dans quelle mesure les étudiants prennent en charge les dépenses liées au
logement, aux assurances, à la nourriture et aux loisirs. Nous nous interésseons á analyser dans quelle mesure sont-ils
encore dépendants économiquement de leurs parents au cours de leur Bachelor et de voir si il y a une autonomisation
financière qui se fait au cours de leurs études. Pour le faire, nous nous sommes appuyées sur la littérature sur
l’autonomisation financière des jeunes et des étudiants. Dans l´article de Laurent Caussat 1, chercheur á l´Insee,nous
avons pu avoir une première approche sur notre sujet. Tout d´abord, il constate que: « l’autonomisation financière
des jeunes n’est pas un processus simple et qu´il n´y a pas de frontière fixe dans les siruations socio-économiques »2. C
´est-á-dire qu’il ne s’agit pas de distinguer deux cas de figure séparant la dépendance de l’autonomie: le premier étant
celui du jeune qui, pour son logement et ses dépenses principales, est entièrement à la charge de ses parents et le
second, celui du jeune qui finance lui-même son loyer, nourriture, et assurances. L’ autonomisation financière apparaît
comme un processus long demandant un accompagnement de la part des parents. De plus, comme l’ont démontré
Paugman et Zoyem3 , l’aide des parents aux jeunes aux cours de leurs études est un phénomène courant. Selon le
sociologue Olivier Galland, les jeunes accèdent de plus en plus tard á l´indépendence économique et emménagent
plus souvent dans un premier logement payé par les parents4

Ce dernier, souligne neanmoins que l’accès au logement respresente une étape importante dans le processus
d’autonomisation, même si la majorité des parents continuent à financer le loyer de leur enfants au cours de leurs
études5. Dans son article, ce dernier montre qu’ un jeune sur quatre qui a quitté le domicile familial occupait un emploi
à l’année de son emménagement. Cela nous laisse supposer que l’accès à un logement indépendant encourage le
proccésus d’autonomisation financière. Dans son article « Les chemins vers l’indépendance financière » Laurent
Caussat va dans ce sens en disant que l’autonomisation financière se fait progressivement et que l’accés à un logement
favorise le commencement d’une activité rémunérée à côté des études pour subvenir aux autres dépenses (assurances,
loisirs, nourriture). En nous appuyant sur la considération que l’aide financière des parents diminue au fil du temps,

1 Caussat Laurent,« Les chemins vers l'indépendance financière. » In: Economie et statistique, N°283-284, p. 127.
2 Ibid,p.127.
3 Paugam S. et Zoyem J.-P. (1997), « Le soutien financier de la famille : une forme essentielle de
solidarité », Économie et Statistique, n° 308-309- 310, p.191.
4 Galland Olivier, 2000, « Entrer dans la vie adulte : des étapes toujours plus tardives mais
resserrées », Economie et Statistiques, n° 337-338, p. 13.
5 Ibid,p.17.
nous allons voir si les étudiants ont tendance à financer de plus en plus eux-mêmes leurs dépenses au cours de leurs
études.

qui paie la nourriture


Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage valide cumulé
Valide parents 57 80,3 80,3 80,3
1,20 1 1,4 1,4 81,7
Moi-même 9 12,7 12,7 94,4
autre 2 2,8 2,8 97,2
12,00 2 2,8 2,8 100,0
Total 71 100,0 100,0

Concernant les dépenses liées á la nourriture, nous pouvons voir dans le tableau ci-dessus, que ce sont principalement
les parents qui payent la nourriture de leurs enfants au cours des études (80,3%). Cela montre que les dépenses liées á
la nourriture, qui ne sont généralement pas trés élevées restent financées surtout par les parents. Pour expliquer ce
poucentage élevé, on peut differencier les étudiants qui vivent encore chez leurs parents de ceux qui habitent
séparement . En effet, pour les étudiants qui habitent dans le logement familial on peut supposer qu´une partie d´entre
eux prend ses repas á la maison, plus ou moins souvent. Il n´est pas rare que les étudiants qui ont décohabité
reviennent aussi au foyer parental le week-end et ramènent des provisions pour le reste de la semaine. Comme l´ont
démontré Herpin et Verger dans leur étude6 , de cette manière ils réduisent leurs dépenses pour l´alimentation.
Pour continuer, on pourrait se demander si ce nombre élevé va ou ne va pas en faveur d´ une autonomisation
financière des jeunes au cours du temps. Mais pour voir s´il existe une evolution qui se ferait progressivement, c´est-á-
dire comme nous supposons dans notre hypothèse nous avons fait une analyse de la survie et obtenues le graphique
suivant:

6 Herpin Nicolas, Verger Daniel, « Les étudiants, les autres jeunes, leur famille et la pauvreté.» In :Economie et statistique, N°308-
310, Octobre 1998. p. 217.
Dans ce graphique, on peut voir l´évolution de la fonction de survie au cours du temps. C´est-á-dire que la probabilité
´avoir recours au payement des dépenses de la nourriture par les parents diminue progressivement au cours des mois.
Même si on peut voir que au cours de la premiere annee d´études cette baisse est très légère. Par la suite, dans le
graphique ci-dessus, on peut voir que de moins en moins d´étudiants ont recours á l´aide de leurs parents et qu´il
existe une autonomisation financière qui s´installe au fil du temps comme l´ont démontré aussi Grignon et Gruel dans
leur livre sur la vie étudiante7 .La probabilité de recourir á l´aide des parents pour s´alimenter diminue plus
significativement entre le 10 ème et le 20 ème mois, c´est-á-dire dans la deuxième année du Bachelor. On peut se
demander si cette diminution est en partie liée au fait que, comme nous l´avons déjá vu, de plus en plus d´étudiants
sont établis dans un logement indépendant et se rendent moins á leur foyer familial pour manger.

Après avoir abordé la question du financement de la nourriture, nous allons passer á l´analyse du financement des
loisirs.

Qui_paie_loisirs
Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage valide cumulé
Valide 1,00 23 19,0 19,8 19,8
1,20 1 ,8 ,9 20,7
2,00 76 62,8 65,5 86,2
2,40 1 ,8 ,9 87,1
4,00 1 ,8 ,9 87,9
6,00 1 ,8 ,9 88,8
12,00 11 9,1 9,5 98,3
62,00 1 ,8 ,9 99,1
124,00 1 ,8 ,9 100,0

7 Grignon C. et Gruel L., La vie étudiante, PUF, Paris, 1999.


Total 116 95,9 100,0
Manquante Système manquant 5 4,1
Total 121 100,0

Dans ce tableau, nous allons analyser les dépenses liées au payement des loisirs. En effet, on peut voir qu´une
majorité des étudiants (62,8%) les financent eux-mêmes, alors que les parents sont 19,8% á les payer. Donc ce sont
principalement les étudiants qui payent leurs proprs loisirs au cours de leurs études. Ce taux élevé montre que les
étudiants ont une certaine autonomie en ce qui concerne leurs loisirs. En effet, il s´agit d´activités en dehors de leurs
occupations liées á l´ Université et exercées au cours de leur temps libre. Comme le montrent Paugman et Zoyem, on
peur supposer qu´elles sont vues par les parents comme « non-productives »8 et que de ce fait ils ne pensent pas les
financer. Ou peut-etre que les parents essayent d´encourager leurs enfants á pratiquer une activité rémunerée á côté de
leurs études afin de financer leurs loisirs.9Cependant, on peut nuancer ces considérations car dans certains cas ( 9,1%)
ce sont les deux, étudiants et parents qui les financent. Dans ce cas, on peur supposer que les parents considérent les
loisirs faisant entièrement partie de la vie etudiante et leur accordent une certaine importance.

En faisant une analyse de la survie, nous pouvons voir dans le tableau suivant que la probabilité que ce soient les
parents qui payent les loisirs au cours de la première année d´études, plus précisément au cours des huit premiers mois
du Bachelor reste pratiquement constante. Il n´y a aucune évolution, cela nous laisse dire que peut-être que dans cette
période les loisirs sont financés en partie par les parents et en partie par les étudiants car nous avons vu dans le tableau
précedent qu´il y a près de 10% de cas oú ces dépenses sont payées tant bien par les parents que par leurs enfants. Puis
au cours du temps on peut voir que la probabilité que ce soient les parents qui financent les loisirs diminue
progressivement.

8 Paugam S. et Zoyem J.-P. (1997), « Le soutien financier de la famille : une forme essentielle de
solidarité », Économie et Statistique, n° 308-309- 310,pp.215-216.

9 Herpin Nicolas, Verger Daniel., « Les étudiants, les autres jeunes, leur famille et la pauvreté. », In:Economie et statistique, N°308-
310, Octobre 1998. pp. 217-218.
CONCLUSION
Pour conclure, après avoir abordé le financement de ces diffèrents domaines de la vie étudiante, nous avons pu voir
que les parents aident souvent leurs enfants au cours de leurs études et que cette aide financière diminue
progressivement au fil du temps, de ce fait on peut dire que notre hypothèse a étée confirmée. Pour contiuer, on peut
essayer de voir également dans notre analyse si les parents financent principalement les dépenses qu´ils jugent plus
prioritaires que d´autres. En d´autres termes on peut se poser la question si il s´agit pour les parents de définir un
certain « minimum vital » dont un étudiant a besoin pour vivre de manière autonome et de considerer que certains
domaines, tels que les loisirs ne sont pas prioritaires pour leurs enfants au cours de leurs études. Ceci rejoint le constat
de Paugman et Zoyem qui voient le soutien financier de la famille comme une forme de solidarité essentielle mais
aussi comme un investissement10. C´est-a-dire que les parents, en aidant financierement leurs enfants dans leurs etudes
investissent dans un domaine « productif » pour toute la famille á long terme.

10 Paugam S. et Zoyem J.-P. (1997), « Le soutien financier de la famille : une forme essentielle de solidarité », Économie et Statistique,
n° 308-309- 310, pp. 215-216.
BIBLIOGRAPHIE :

Livres:

Galland Olivier, 2000, « Entrer dans la vie adulte : des étapes toujours plus tardives mais
resserrées », Economie et Statistiques, n° 337-338, pp. 13-36.

Articles:

Caussat Laurent,« Les chemins vers l'indépendance financière. », In: Economie et statistique, N°283-284, pp. 127-136.

Herpin N. et Verger D. (1997), « Les étudiants, les autres jeunes, leur famille et la pauvreté »,Économie et Statistique,
n° 308-309-310, pp. 211-228.

Paugam S. et Zoyem J.-P. (1997), « Le soutien financier de la famille : une forme essentielle de
solidarité », Économie et Statistique, n° 308-309- 310, pp. 187-210.