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THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN

FOYER DE CONFLITS DEPUIS 1945

Thème 2 (histoire) : Grandes puissances et conflits dans le monde depuis 1945


1. Les États-Unis et le monde depuis 1945 (chapitre 2)
2. La Chine et le monde depuis 1949 (chapitre 3)
3. Proche et Moyen-Orient depuis 1945 (chapitre 4)

Chapitre 4 : Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Seconde


Guerre mondiale. (livre p. 139)
Une définition précise du cadre géographique est nécessaire. Les expressions renvoient à des découpages
géopolitiques effectués il y a un siècle :
- Le Proche-Orient : l’expression, employée par les diplomates français dès la fin du XIXe s, désigne
les régions orientales du bassin méditerranéen, de la Turquie à l’Egypte ; cette région est aussi
désignée par l’expression aujourd’hui datée de « Levant ».
- Le Moyen-Orient : expression employée et imposée par les Anglo-saxons (Middle East) dès le
début du XXe s pour désigner une zone médiane entre Proche et Extrême-Orient, centré sur le
Golfe persique. C’est un espace géographique limité par le Levant à l’ouest ; l’Iran, le Pakistan et
l’Afghanistan à l’Est ; il s’étend du sud du Caucase à la péninsule arabique. L’Egypte est incluse
dans cette région. L’expression de Moyen-Orient est de nature géopolitique.
THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN
FOYER DE CONFLITS DEPUIS 1945

Introduction : Depuis le début du XXe siècle, le Proche et le Moyen-Orient, berceau de nombreuses


civilisations, est une des régions du monde où les tensions et les conflits sont les plus nombreux. C'est le
paradoxe d'une région qui compte un héritage culturel d'une extrême diversité et d'une grande richesse, et
qui dispose de ressources stratégiques clés comme le pétrole. Ces atouts potentiels se sont pourtant
transformés en sources de conflits car la situation géopolitique de la région est complexe. Région carrefour
(routes maritimes jalonnées de verrous stratégiques) et riche en pétrole (65% des réserves mondiales dans
le golfe persique), berceau des 3 monothéismes, elle est au cœur de rivalités internationales entre grandes
puissances qui ont toujours cherché à imposer leur présence politique, économique et militaire. Longtemps
dominé par le conflit israélo-arabe, le Moyen-Orient a vu se développer de nouvelles formes de
conflictualités depuis la fin de la 2e Guerre Mondiale, constituant ainsi une menace permanente pour la
sécurité internationale. Le Moyen-Orient depuis la Grande Guerre a été ainsi le reflet des tensions et des
conflits qui définissent le monde contemporain: impérialisme, nationalisme, violence génocidaire,
décolonisation, guerre froide, tiers-mondisme, intégrismes religieux, terrorisme, inégalités de
développement... tout cela se retrouve dans cette partie du monde.
Pourquoi et comment le Moyen - Orient est-il devenu la zone de conflits la plus sensible du monde ?
Nous procèderons à une étude par échelles, en commençant par les questions concernant l’ensemble du
Moyen-Orient, puis nous analyserons plus particulièrement les conflits israélo-arabes.

I. Le Moyen-Orient, une région au cœur d’enjeux multiples et de rivalités


internationales (cartes p. 142-143)
A. Un espace géostratégique aux ressources convoitées
1. Le « croissant fertile »
Le Moyen-Orient constitue un ensemble de territoires s’étendant sur 3.000km du Nord
au Sud et sur 3.500km environ d’Ouest en Est et réunissant 415 Millions habitants. C’est
un carrefour permettant les échanges entre la Mer Noire, la Mer Méditerranée, la Mer
Rouge, l’Océan indien, le Golfe persique, la Mer Caspienne.
 Le cœur de cet
espace est le « croissant
fertile » (C’est dans cet
espace que sont nés
l’agriculture et l’élevage, la
métallurgie, les premières
cités organisées
politiquement et les
premières formes
d’écriture) qui s’étend de
l’Egypte à l’Ouest jusqu’à
l’Irak à l’Est, et qui
comprend la Syrie, le Liban,
la Jordanie, Israël et la
Palestine. C’est un
ensemble de terres fertiles
très convoitées depuis
l’Antiquité (vallée du Nil, vallées du Jourdain, du Tigre et de l’Euphrate). Au Sud
s’étend la Péninsule arabique composée de pays désertiques dont le plus important
est l’Arabie saoudite, auquel s’ajoutent les pays du Golfe persique, Koweït, Bahreïn,
Qatar, les Emirats Arabes Unis, le sultanat d’Oman, et le Yémen seul pays pauvre de
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cette zone. Au Nord, on trouve les Etats non arabisés : Turquie (qui occupe une partie
de Chypre), Iran et Afghanistan, pays de hauts plateaux et de montagnes ayant servi
de refuges depuis l’Antiquité. Une position stratégique donc, du fait de sa situation
géographique qui s’accroît encore avec la construction du canal de Suez (Ferdinand
de Lesseps, 1859-1869).
2. Les hydrocarbures, « l’or noir »
 Les hydrocarbures constituent la
principale richesse du Moyen-Orient
qui possède les 2/3 des réserves
mondiales de pétrole
(essentiellement en Arabie
saoudite, Iran et Irak, Koweït et
Emirats arabes unis), et 40% des
réserves mondiales de gaz naturel
(essentiellement en Iran et au
Qatar). Avant même la Première
Guerre mondiale, «l’or noir » a attiré
la convoitise des Européens (les
Allemands construisent le chemin
de fer Berlin-Bagdad pour
s’approprier les terrains pétroliers
de l’Empire Ottoman). Entre les
deux guerres mondiales, les grandes
compagnies pétrolières (anglo-
saxonnes et françaises) obtiennent
en concession le sous-sol des pays
pétroliers et versent aux souverains
locaux des indemnités minimes,
tout en établissant un accord de
cartel pour maintenir les prix bas sur
le marché mondial (accord de 1928
signé par les 7 Majors : Exxon ,
Mobil, Chevron, Texaco, Gulf, Royal
L’Or noir du Moyen-Orient Dutch Shell, BP).

 La volonté des États de la région de reprendre le contrôle de cette richesse devient


alors une source de tensions, surtout après 1945 (croissance importante de la
demande sur le marché mondial). A partir des années 1950, les États producteurs
récupèrent peu à peu la propriété de leurs gisements en créant des compagnies
nationales d’État. La création de l'OPEP (pays exportateurs de pétrole regroupant des
pays du MO, d'Afrique, d'Amérique latine) en 1960 montre la volonté des États
exportateurs de s'organiser pour contrôler davantage les prix du pétrole. Lors de la
guerre du Kippour en 1973, les États arabes décident d'utiliser l'arme pétrolière en
augmentant les prix pour faire pression sur les alliés d'Israël.
 L'importance stratégique du pétrole a également joué un rôle essentiel dans les
interventions des Etats-Unis lors des guerres du Golfe (1991 et 2003).
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 Le pétrole est aussi un facteur de déséquilibres régionaux entre les pays qui en sont
dépourvus (Yemen) et les pays producteurs regroupés au sein de l'OPEP, dont
certains, comme la plupart des monarchies de la péninsule arabique, ont fondé tout
leur développement sur cette richesse.
 C'est enfin un facteur de conflits, lorsqu'il s'agit de fixer les prix de vente du baril ou
lorsque plusieurs États se disputent la propriété des gisements : le pétrole du Koweït,
convoité par l'Irak, est le 1° enjeu de la guerre du Golfe en 1990-1991.
Si on ne peut pas véritablement parler de guerre pour le pétrole, celui-ci a lourdement
pesé dans tous les conflits qui ont affecté le Moyen-Orient.
3. L'eau, une richesse rare
 Le milieu naturel est globalement contraignant : déserts chauds ou froids, hauts
plateaux et montagnes qui sont longtemps apparus comme un refuge aux peuples
persécutés (au Liban, en Irak, en Turquie). Dans un milieu naturel globalement aride,
l'eau est une ressource rare, inégalement répartie et disputée.
 L'accroissement démographique très rapide des pays de la région, le développement
de l'urbanisation et des cultures irriguées rendent les besoins toujours plus
importants :
o Les nappes souterraines sont polluées et surexploitées.
o Les grands
fleuves, qui font
l'objet
d'aménagements
hydrauliques,
voient leur débit
se raréfier. Les
eaux du Tigre et
de l'Euphrate
sont ainsi l'objet
de tensions
permanentes
entre la Syrie,
l'Irak et la
Turquie. La
Turquie en
contrôle les
sources et a
multiplié les
barrages à ses
frontières (projet
du GAP :
« programme de
développement
Les rivalités autour du Tigre et de l’Euphrate de l’Anatolie du
Sud-Est »). Les
ressources du bassin du Jourdain sont disputées par la Syrie, la Jordanie et
Israël.
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FOYER DE CONFLITS DEPUIS 1945

o Les terres fertiles, où se rassemblent les populations sont rares et d'autant plus
convoitées : vallées du Nil et du Jourdain, du Tigre et de l'Euphrate, littoral
méditerranéen.
B. Des enjeux culturels
1. Un carrefour de peuples et de cultures :
Le Moyen-Orient a connu de très nombreuses migrations. Conséquences : la diversité
des peuples et des cultures caractérise logiquement cet espace.
 Trois grands peuples composent l'essentiel du Moyen-Orient :
o les Perses (ou Iraniens) 65 millions
o les Arabes, les plus nombreux, 190 millions
o les Turcs, 60 millions
Les arabes : Les populations arabes parlent des dialectes issus d’une même langue l’arabe, née dans la péninsule
arabique. La langue arabe s’est répandue au fur et à mesure de l’expansion de l’empire arabo-musulman à partir
du VIIe s.
Les Kurdes : Population dont la langue est proche de l’iranien. A majorité musulmane, ils sont répartis entre
plusieurs Etats : Iran, Irak, Turquie, Syrie.
Les Perses : Population de langue perse (ou farsi), apparue en Iran au cours du 1er millénaire av. JC.
Les Turcs : Populations de langue turque, originaires d’Asie centrale. Les turcs s’imposent dans l’empire
musulman puis dans l’empire byzantin à partir du XIIIe s. En 1453, Ils prennent Constantinople et l’Empire Byzantin
et créent l’Empire Ottoman dont les élites sont turcophones et musulmanes mais dont les populations sont de
langues et de religions variées.

 Ces peuples ont, au cours des siècles, successivement imposé leur domination sur
la région, ce qui continue de nourrir des visions de l'histoire antagonistes où
chacun met en avant sa gloire passée.
 Mais les trois espaces ne sont pas homogènes. Chacun d’entre eux abrite des
minorités ethniques et linguistiques dont les présences sont souvent anciennes :
o Les Kurdes (25 à 30 millions)
forment une minorité présente
dans 4 pays (Turquie, Iran, Irak et
Syrie), mais ils sont sans État,
régulièrement victimes de
discriminations et de
persécutions. Les aspirations
indépendantistes kurdes
génèrent d’importantes tensions.
o Quant aux Juifs (6 millions), leur
nombre actuel résulte pour
l'essentiel d'une immigration
récente en Palestine qui a Le Kurdistan à cheval sur 4 pays.
commencé fin XIXe-début du XX°s
et s'est heurtée très vite aux populations arabes de la région. La terre est
ainsi le principal enjeu des guerres israélo-arabes comme du conflit israélo-
palestinien.
2. Une mosaïque religieuse
 La forte diversité religieuse : Le Moyen-Orient est le berceau des 3 religions
monothéistes, qualifiées de « religions du Livre » : judaïsme, christianisme et islam.
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 Les musulmans : La région est


majoritairement marquée par la religion
musulmane. Elle abrite les 2 grandes villes
saintes de l'islam : La Mecque et Médine,
ainsi que Jérusalem, ville sainte commune
aux 3 religions. Les Musulmans sont divisés
entre sunnites majoritaires et chiites, en
Irak, Iran et au Liban et comptent aussi un
certain nombre de minorités comme les
druzes ou les kharidjites. Les divisions sont
parfois différentes des peuples. Ainsi, la
majorité des Arabes et des Turcs appartient
à l'islam sunnite et la majorité des Perses est
chiite. Cependant, une partie des Arabes est
chiite (au sud de l'Irak, sur les rives du golfe
Persique et dans certaines régions du Liban)
et certains Turcs sont alévis (une branche du
chiisme).
 Les chrétiens sont également présents. Ils
étaient là avant l'arrivée des Arabes au
VIIe siècle. Les Chrétiens, environ 10 millions
sont dispersés en 11 communautés, dont les
unes reconnaissent l'autorité de Rome
(maronites du Liban) et les autres forment
des Églises autonomes de rite orthodoxe (les
coptes en Égypte, les Chaldéens en Irak…).
Cette diversité était une richesse, mais elle est devenue un handicap face aux
convoitises des puissances étrangères.
 Le judaïsme est présent depuis le début du XXe siècle dans les grandes villes de la
région mais l'immigration de certains juifs d'Europe en Palestine a commencé à la
fin du XIXe siècle, motivée par le mouvement sioniste. Aujourd’hui l’Etat d’Israël,
crée en 1948, compte près de 7 millions d’habitants (à 75% des juifs).

Sunnisme : courant majoritaire de l’islam (90 % environ des croyants) qui s’appuie sur la sunna (tradition =
ensemble des paroles, des actions et des jugements du Prophète, tels qu'ils sont fixés dans le hadith (recueil
des communications du prophète) et par les successeurs de Mahomet).
Chiisme : courant de l'islam (9 % environ des croyants) né du schisme des partisans d'Ali à propos de la
désignation du successeur du Prophète ; ce courant est lui-même divisé en plusieurs branches (Druzes,
Alawites, etc.). Le chiisme est religion d’Etat en Iran.
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Le sionisme est un mouvement politique qui s’affirme à la fin du XIXe siècle, visant à la création
d’un Etat rassemblant l’ensemble du peuple juif en Palestine. Le mouvement sioniste s’appuie sur
l’attachement du peuple juif à la Terre Sainte et à Jérusalem qui est au cœur du judaïsme. Le mot
sionisme vient de Sion, une colline de Jérusalem. Le rêve d’un retour à Sion, et donc à Jérusalem,
après la dispersion du peuple juif chassé par Rome en 135 après J.-C. est sans cesse rappelé dans
la religion juive. Chaque fête rappelle la nostalgie de Sion et le rêve d’un retour en Terre Sainte, en
Palestine. La formule « l’an prochain à Jérusalem » est répétée par exemple lors des fêtes de
Pâques et du Nouvel An. Les Juifs pratiquants attendent alors la venue d’un messie libérateur qui
est décrit dans les Ecritures et qui ramènera le peuple juif en Terre Promise. C’est véritablement
sous l’impulsion du journaliste et écrivain juif d’origine hongroise Théodor Herzl (1860-1904) que
le sionisme national se constitue et se développe. Alors qu’il vit à Paris comme correspondant de
presse, Herzl prend pleinement conscience avec l’Affaire Dreyfus (en 1894) de l’ampleur de
l’antisémitisme en Europe et de l’impossibilité de l’assimilation. Il devient alors clair pour lui que la
seule perspective d’avenir pour le peuple juif réside dans la création d’un Etat juif indépendant. Il
expose ses théories dans son ouvrage « L’Etat des juifs » paru en 1896. Il y reprend les thèses
sionistes et affirme que la formation d’un Etat juif est le seul moyen de permettre aux Juifs de vivre
en sécurité. https://www.lesclesdumoyenorient.com/Sionisme-et-creation-de-l-Etat-d.html

«Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite s’oublie [disparaisse]» (Psaume 137,
5). Cette affirmation constitue de fait un serment, celui de ne jamais oublier
Jérusalem. Les exilés juifs déportés à Babylone vivant sur les rives des fleuves de
Babel après la destruction par Nabuchodonosor du Premier Temple et l’exil qui
s’ensuit prêtent probablement ce serment en signe d’espoir, de nostalgie et de
fidélité à l’égard de la Cité de David si convoitée par les Empires du monde.

C. un espace instable fragilisé par le nationalisme et les conflits religieux


1. Une région sous influence ottomane
 Dans cette région très convoitée, les puissances européennes profitent des
difficultés financières de l’État ottoman pour intervenir, sous couvert de la
protection des communautés mon-musulmanes et des dynasties locales.
o L’Empire ottoman entre en guerre contre l'Entente en 1914 aux côtés de
l’Allemagne.
o La France et la GB projettent alors son partage. Cherchant des soutiens
dans ce conflit, les Britanniques font des promesses territoriales
contradictoires :
 aux chefs arabes (promesse d’un royaume arabe notamment)
 l'Organisation sioniste (sionisme : mouvement fondé à la fin du
XIX°s par des juifs européens dont Herzl militant pour la création
d'un État juif en Palestine). C’est la Déclaration Balfour de
novembre 1917.

Le 2 novembre 1917, en pleine guerre mondiale, le ministre britannique des


Affaires étrangères, Lord Balfour, publie une lettre où il indique que son
gouvernement est disposé à créer en Palestine un « foyer national juif ». Cette
lettre ouverte n'a pour les Anglais d'autre intérêt que de rassurer les juifs
américains, plus portés à soutenir les Puissances centrales qu'une alliance où
figure la Russie au passé lourdement antisémite. Mais elle va légitimer trente
ans plus tard la création de l'État d'Israël.
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2. sous influence française et britannique à partir de 1920


 En 1918, l'Empire ottoman
s'effondre. Le traité de Sèvres
(concernant l’Empire Ottoman)
établit son partage en 1920. La
France et l'Angleterre reçoivent
des mandats de la Société des
nations pour administrer les
territoires.
o La Syrie et le Liban pour la
France ;
o l’Irak, la Jordanie, la
Palestine pour l'Angleterre.
o L'Arabie Saoudite reçoit la
région de La Mecque, et son roi
(Ibn Saoud) contrôle désormais
les lieux saints de l'Islam.
o Cependant, dans les années
1930, les Anglais comprennent
la nécessité d'accorder une
certaine autonomie aux
territoires qu'ils contrôlent.
L’Égypte, sous tutelle
e
britannique depuis le XIX siècle, est indépendante en 1922. En 1932, l'Irak
accède à l'indépendance. En 1946, la France donne l'indépendance à la
Syrie et au Liban.
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II. Le conflit israélo-arabe et la Guerre Froide (1945-années 1990)


1. Le contexte de la création de l'État d'Israël
 Le désengagement britannique en Palestine
À la fin de la Seconde Guerre mondiale,
de nombreux juifs d'Europe, rescapés de
la Shoah souhaitent s'installer en
Palestine, ce qui pose le problème de
l'indépendance de ce territoire, où
cohabitent difficilement Arabes et Juifs
(Le périple de l’Exodus va indigner le
monde : Le bateau Exodus en 1947,
parti de France avec plus de 4500
rescapés des camps nazis, est repoussé
par les britanniques et interdit
d’accoster en Palestine puis renvoyés en
Allemagne dans la zone britannique).

 Les plans de partage et leur échec


Après la Seconde Guerre mondiale et la révélation de la Shoah, l’idée de créer un
Etat juif apparait aux yeux de l’opinion internationale comme une nécessité. A cela
s’ajoute un fort courant d’émigration des rescapés des camps vers la Palestine.
En 1947, l'ONU réalise un plan de partage de la Palestine qui prévoit un État juif et un
État arabe de superficies égales. Jérusalem, ville sainte des trois monothéismes,
devait avoir un statut international.
Etude du dossier p. 148-149 Extrait de la déclaration de l’Etat
d’Israël. « Eretz-Israël est le lieu où
- Qui proclame la naissance de naquit le peuple juif. C'est là que se
l’Etat d’Israël ? à quelle forma son caractère spirituel, religieux
et national. C'est là qu'il réalisa son
date ? (doc. 3) indépendance, créa une culture d'une
- Quelles sont les portée à la fois nationale et universelle
conséquences de la victoire et fit don de la Bible au monde entier.
Contraint à l'exil, le peuple juif
d’Israël (doc 4) ? demeura fidèle au pays d'Israël à
- En quoi 1948 est-elle l’année travers toutes les dispersions, priant
de la rupture au Proche sans cesse pour y revenir, toujours avec
l'espoir d'y restaurer sa liberté
Orient ? nationale. Motivés par cet attachement
historique, les juifs s'efforcèrent, au
cours des siècles, de retourner au pays
de leurs ancêtres pour y reconstituer
leur État En 1897, inspiré par la vision
de l'État juif qu'avait eue Theodor
Herzl, le premier congrès sioniste
proclama le droit du peuple juif à la
renaissance nationale dans son propre
pays. Ce droit fut reconnu par la
déclaration Balfour du 2 novembre
1917, (…).
THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN
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 La guerre en 1948-1949 (doc. 4 p. 149)


Ce plan ne sera jamais appliqué. Le 14 mai 1948, lorsque les Anglais se retirent, les
Juifs proclament la naissance de l'État d'Israël. Le lendemain, les États arabes voisins
attaquent Israël. Ils sont vaincus en 1949 et Israël occupe 78 % du territoire de la
Palestine. Le reste est annexé par les États arabes. L’Etat arabe palestinien ne naît
pas.
2. Des conflits israélo-arabes nombreux pendant la guerre froide
 Le Moyen-Orient est divisé par la Guerre Froide
Pendant la guerre froide, Proche et Moyen-Orient sont des espaces situés au cœur de
la rivalité entre les Etats-Unis et l’URSS. Motifs : la proximité avec l’URSS et les réserves
pétrolières.
o Au cœur de l’affrontement, les pays au sud de l’URSS sont dans le camp
occidental (Turquie, Iran, Pakistan : ces 3 pays servent de barrière à l’expansion
du communisme « stratégie de l’endiguement » : Pacte de Bagdad signé en
1955 avec les Etats-Unis)
o tandis que les régimes nationalistes arabes (Egypte, Syrie, Irak) reçoivent le
soutien de Moscou.
 Les Etats-Unis cherchent à contenir l’influence de Nasser et du nationalisme arabe en
apportant leur soutien aux régimes conservateurs (Jordanie, Arabie Saoudite).
Craignant que les peuples arabes ne tombent dans le giron soviétique, les Américains
affichent leur détermination. De son côté, l’URSS accentue son aide militaire,
diplomatique et économique afin de s’assurer de la fidélité d’Etats « clients » (doc. 1
p. 145). Enfin, les Etats-Unis affichent un soutien sans faille à Israël.
 La crise de Suez : En 1956, la crise de Suez marque la fin de l'influence française et
britannique (voir dossier p. 150-151) (biog. de Nasser p. 150)
En 1956, le colonel Nasser (chef de l’Etat égyptien) décide de nationaliser le canal de
Suez, jusqu’alors exploité par une compagnie franco-britannique. Cette décision
entraîne immédiatement une intervention militaire conjointe des Français, des
Britanniques et des Israéliens, qui bombardent et occupent militairement les sites
stratégiques en Égypte. Mais l’intervention est condamnée par l’ONU et l’URSS menace
de soutenir son allié égyptien. Les Etats-Unis font pression sur la France et le Royaume-
Uni, qui sont contraints de retirer leurs troupes. Défaite des anciennes puissances
européennes, la crise de Suez fait renaître pour un temps le rêve de l’unité arabe et du
non-alignement.

 La guerre des Six-Jours (carte p. 152)


Le conflit israélo-arabe s'intensifie par une guerre en 1967. Menée en quelques
jours, l'attaque israélienne sur l’Egypte, la Syrie et la Jordanie conduit à l'occupation
des territoires palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, les « territoires occupés », ainsi
qu'à celle du plateau du Golan.
THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN
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Cette guerre brève montre la


supériorité militaire d’Israël sur tous
ses voisins : en 6 jours, du 5 au 11
juin 1967, Israël fait la conquête de
toute la Palestine, du désert du Sinaï
et du plateau du Golan. Les armées
arabes sont hors d’état de combat,
notamment l’aviation égyptienne.
Le bilan est sans appel : Moins de
800 morts du côté israélien, plus de
20000 morts du côté des pays
arabes. C’est un désastre pour les
pays arabes.
La résolution 242 de l’ONU
demande l’évacuation des
« territoires occupés » par Israël,
sans succès (doc. 2 p. 152).

 La guerre du Kippour (octobre 1973)


Le 6 octobre 1973, les États arabes (Syrie, Egypte soutenus financièrement par
l’Arabie saoudite et le Koweït et militairement par l’Algérie) passent à l'offensive, par
surprise, pendant la fête juive du Yom Kippour (fête du Jeûne juif et du « Grand
Pardon »).
o Dans un premier temps, les armées arabes progressent mais rapidement les
Israéliens, armés par les Etats-Unis, lancent des contre-offensives en plein
territoires arabes (notamment en Egypte au sud du Caire). Le Conseil de
Sécurité de l’ONU parvient à faire adopter un cessez-le-feu (25 oct.). En
réaction au soutien américain à Israël, les pays arabes, producteurs de
pétrole, décident le 17 octobre, d’un embargo sur le pétrole à destination des
pays occidentaux : c’est le 1er choc pétrolier (prix du pétrole multiplié par 4).
Les pays arabes, quoique non vainqueurs du conflit, parviennent à redorer
leur blason après l’humiliation de 1967. (doc. 4 p. 159)
THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN
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L'ouverture d'un dialogue entre


Israël et l’Egypte est une
conséquence paradoxale de la
Guerre du Kippour. Le président
Sadate, après avoir sauvé l'honneur
militaire, recherche une solution
négociée qui lui permettrait de
retirer l'Egypte du conflit. Les
contacts aboutiront au voyage de
Sadate à Jérusalem (1977), puis aux
accords de Camp David (1978). Avec
ces accords de Camp David :
Golda Meir, Le 1er Ministre -L'Egypte reconnaît l'état d'Israël. Elle
israélien, pendant la guerre est le premier état arabe à le faire, et
du Kippour. pendant longtemps le seul.
Sinaï - Israël restitue le Sinaï à l'Egypte.

Les accords de Camp David n'ont pas


abouti à un règlement général du
conflit.
- Négocié sous l'arbitrage américain,
l'accord a été rejeté par l'URSS. Les
Soviétiques ont renforcé leur alliance
avec les pays refusant l'accord, telle
la Syrie.
Le président égyptien
- L'Egypte s'est retrouvée isolée,
Anouar El Sadate à la
dénoncée pour trahison, et même
tribune de la Knesset, le exclue de la Ligue arabe. Le président
parlement israélien Sadate a été assassiné en 1981 par
des islamistes égyptiens.

Islamisme : (p. 146)

Panarabisme : (p. 144)

3. Un processus de paix lent et difficile


 La lutte des Palestiniens
Après la Guerre des 6 jours (1967), les Palestiniens ne croient plus en une
victoire militaire des états arabes, et se constituent en force politique
autonome : L'O.L.P. (Organisation de libération de la Palestine), créée en
1964 et dirigée à partir de 1969 par Yasser Arafat (biog. p. 157) ; elle devient
indépendante des états arabes. La situation désespérée des Palestiniens
pousse l’OLP à des actions terroristes (détournements d’avions, prise
d’otages). Mais cette autonomie et ces actions inquiètent bien des dirigeants
arabes. En septembre 1970, l'armée du roi Hussein de Jordanie fait
massacrer de nombreux palestiniens (accusés de vouloir le renverser) et
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chasse l'O.L.P. de Jordanie. L'O.L.P. se replie alors pour une bonne partie sur le Liban
(nait alors l’organisation terroriste « septembre noir »).
 Les actions terroristes se poursuivent (attentat aux JO de Munich en 1972 doc. 2 p.
145). Malgré le terrorisme, l’OLP obtient un succès diplomatique en se faisant
reconnaître par l’Assemblée générale de l’ONU. Yasser Arafat y prend la parole en
novembre 1974. (p. 162)
 Une certaine radicalisation des extrémistes à partir des années 1980
Depuis la fin des années 1980, des mouvements plus radicaux sont apparus.
o Du côté palestinien, des mouvements islamistes radicaux comme le Hamas
tentent de faire de cette question nationale une question religieuse.
o Du côté israélien, des mouvements religieux orthodoxes et la droite radicale
lancent des entreprises de colonisation dans les territoires occupés.
 Les tentatives de dialogue
Depuis les années 1980, souvent sur initiative américaine, un processus de paix a été
cependant engagé. En 1981, l'Égypte reconnaît l'existence d'Israël. En 1993 sont
signés les accords d'Oslo entre Israéliens et Palestiniens qui prévoient la création
d'une autorité
palestinienne (doc.
1 p. 156) : la
rencontre entre Y.
Rabin, 1er ministre
israélien, et Yasser
Arafat, président de
l’OLP, apparait
porteuse d’espoir.
Malgré cela, les
violences se
poursuivent (Rabin Accords de paix signés en 1993 entre Y. Arafat et Rabin sous
(p. 156) est l’autorité du président américain Clinton
assassiné par un
extrémiste juif en 1995).
THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN
FOYER DE CONFLITS DEPUIS 1945

III. Une région sous tension (depuis les années 1990)


1. Les enjeux identitaires
 Des États divisés
Ailleurs dans la région, certains États sont très instables compte tenu de leur division en
plusieurs peuples ou religions.
o C'est le cas de l'Irak depuis 2003. Le Nord, peuplé de Kurdes, a acquis une indépendance de
fait (autonomie). Le Sud est frappé
d'une guerre civile entre Arabes chiites
et sunnites, et les chrétiens sont
persécutés et conduits à l’exil. A cela
s’ajoute la naissance d’un Etat Islamique
en Irak et en Syrie (Etat islamique en
Irak et au Levant : EIIL ou DAECH
proclamé en avril 2013). Cette
organisation terroriste, a contrôlé entre
2013 et 2018 un territoire important, a
reçu l’allégeance de nombreux groupes
djihadistes. Très hostile aux Chiites et
aux occidentaux, l’Etat Islamique avait
pour objectif de rétablir le Califat ; il
pratique la Charia.
En gris sur la carte, l’extension maximum de l’Etat o Le Liban est très instable depuis la
Islamique en Irak et Syrie, maintenant ayant guerre civile, qui a duré de 1975 à 1990. Le
quasiment disparu mais restant menaçant par ses
pays est composé de chrétiens, de
attaques terroristes
musulmans sunnites et chiites, et d'autres
minorités comme les Druzes.
Les Druzes, au Liban, sont
musulmans, c’est une branche du
chiisme.
THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN
FOYER DE CONFLITS DEPUIS 1945

 Islam et politique
Le premier mouvement islamiste naît en Egypte en 1928 avec les Frères musulmans. Ce
mouvement prône une politique sociale réformatrice. A partir des années 1960, il se fragmente
et se radicalise, en contestant le pouvoir nassérien en place et en organisant de nombreux
attentats, dont l’assassinat du président Sadate en 1981.

- Qu’est-ce que l’islamisme ? (p. 146)


- A quoi s’oppose-t-il ?

o Cet islamisme est présent aujourd’hui dans de nombreux pays :


-
Dans les monarchies du golfe Persique, la charia (la loi islamique) peut être
appliquée (châtiments corporels par exemple).
- En Iran, depuis 1979, la Révolution islamique a porté au pouvoir le clergé chiite, avec
la figure de l'ayatollah Khomeiny (p. 154). Le régime développe un discours anti-
occidental et antisioniste.
- Dans les autres pays de la région existent des mouvements radicaux, parfois
terroristes (Liban, Pakistan, Egypte…).
- En Afghanistan, les Talibans (à l’origine étudiants religieux) ont combattu l’invasion
de l’URSS à partir de 1979 puis se sont emparés du pouvoir en 1995 (ils sont
destitués en 2001 par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis suite aux
attentats du 11 septembre).
- En Turquie cependant, c'est par des élections que les islamistes modérés du parti
AKP (PARTI POUR LA JUSTICE ET LE PROGRES) sont arrivés au pouvoir (Erdogan, président de
la République de Turquie depuis 2014 est le fondateur de l’AKP)
2. Les enjeux stratégiques : économiques, politiques et culturels
 Le contrôle du pétrole

le pétrole au cœur des conflits (p. 158-159)


- Quels sont les principaux producteurs de pétrole ?
- Quelles sont les tensions provoquées par le pétrole ?
- En quoi cet enjeu pétrolier provoque-t-il les interventions
étrangères notamment des Etats-Unis ?
Le Proche et Moyen Orient : Plus de 60 % des réserves mondiales estimées de pétrole et 40 % du gaz, c’est
un lieu de production et un acteur majeurs de l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Historiquement, les premiers gisements sont explorés en 1908 en Perse. Durant la première moitié du XXe
s. l’exploitation est aux mains de grandes compagnies privées européennes et américaines (les majors). Le
contrôle de l’exploitation du pétrole devient un enjeu central à partir des indépendances. Le 1 er choc
pétrolier (1973) montre la détermination des pays producteurs réunis dans l’OPEP de contrôler eux-mêmes
leur production.
Les États-Unis ont donc implanté dans la région un réseau de bases pour contrôler les
routes stratégiques. Ils soignent leur alliance avec l'Arabie Saoudite, principal producteur
(doc. 1 p. 158). Cela les conduit à s'opposer à l'Iran.
 Les guerres de la région sont plus ou moins liées au contrôle de ce pétrole :
o Guerre Iran-Irak de 1980 à 1988 (les Etats-Unis soutiennent l’Irak contre la
République islamique d’Iran), (doc. 4 p. 145)
THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN
FOYER DE CONFLITS DEPUIS 1945

o L’invasion du Koweït par l’Irak en aout 1990 suivie de l’attaque de la coalition


internationale contre l’Irak (Janvier 1991 : opération « Tempête du désert »),
o La guerre menée par les Etats-Unis contre l’Irak en 2003
o Les tensions entre l’Iran et le monde occidental (L’Iran soupçonné de tenter
d’acquérir l’arme nucléaire)
 Le contrôle de l'eau
D'autres ressources naturelles peuvent conduire à des tensions, telles que l'eau, rare
dans la région, comme en Palestine, ou entre Turquie-Syrie-Irak, pour le contrôle des
eaux de l'Euphrate.

Les enjeux autour de cette ressource doivent être reliés


- Aux conditions climatiques
- A la rareté / irrégularité de la ressource
- Aux prélèvements grandissants (croissance démographique, nécessité de développement
économique).
Les zones conflictuelles sont : les régions traversées par le Tigre et l’Euphrate ; Au Proche-Orient, c’est un
problème majeur dont la solution est un facteur déterminant de la paix entre Israéliens et Palestiniens (doc.
2 p. 147).

 Les interventions internationales


La région a été l'objet d'interventions nombreuses ce qui montre l’intérêt de cette région
sur le plan mondial :
o Les forces de l'ONU, les Casques bleus, sont présentes au Liban depuis 1978 :
c’est la FINUL.
o En 1991, les États-Unis prennent la tête d'une alliance sous mandat de l'ONU
pour libérer le Koweït, envahi par Saddam Hussein, chef de l'État irakien.
o Les attentats du 11 septembre 2001 montrent que les tensions du Moyen-Orient
peuvent avoir des répercussions dans le monde entier : intervention
internationale en Afghanistan (forces de l’OTAN) puis en 2003, les États-Unis,
sans l'accord de l'ONU, attaquent à nouveau l'Irak, sous prétexte que Saddam
Hussein tenterait de se doter d'armes de destruction massive.
 Une région au cœur des religions monothéistes
o Deux lieux saints de l’Islam : la Mecque et Médine. Ce sont les deux premiers lieux
saints de l’Islam. Ces lieux saints assurent à la dynastie saoudienne une puissante
source de légitimité et les revenus des pèlerinages. Il y a une rivalité arabo-iranienne
pour la suprématie dans la région et des tensions entre les deux régimes. Les pèlerins
iraniens sont fréquemment accusés d’utiliser le pèlerinage à la Mecque comme
tribune politique. En 1987, de violents affrontements ont fait 400 morts dont plus de
200 Iraniens. Les Iraniens ont à cette occasion été interdits de pèlerinage jusqu’en
1991.
o Jérusalem, ville trois fois sainte : Tout au long de l’Histoire, la rivalité entre les trois
religions monothéistes a eu Jérusalem pour épicentre. La création de l’Etat d’Israël
en 1948 a exacerbé un peu plus ces rivalités. Jérusalem est au cœur du conflit
israélo-palestinien : la partie-est de la ville est conquise par les Israéliens en 1967,
mais pour l’ONU il s’agit d’un territoire occupé et l’installation de juifs y est illégale.
Les accords d’Oslo (1993) prévoyaient que le statut de Jérusalem soit réglé à la fin du
THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN
FOYER DE CONFLITS DEPUIS 1945

conflit israélo-palestinien. En 2018, Trump reconnait Jérusalem comme capitale


d’Israël.
3. L'enjeu démocratique
 Les espoirs du printemps arabe
En 2011, le mouvement du « printemps arabe » a conduit à la chute des dictatures en
Tunisie et en Libye (qui ne se trouvent pas au Moyen-Orient). L'Égypte est également
marquée par le mouvement, et le président Hosni Moubarak est chassé du pouvoir
(février 2011). Ce « printemps arabe » est la manifestation d’une opinion publique
réclamant plus de justice et un partage équitable des richesses. Il est la conséquence
d’une ouverture des populations sur le monde extérieur (grâce aux paraboles), d’une
alphabétisation plus grande des femmes et de profondes évolutions démographiques
(population jeune en recherche d’emploi et d’avenir).
 Un « printemps » écrasé
o En Syrie, Bachar El-Assad conserve le pouvoir par une répression féroce. Le pays est
enlisé dans une guerre civile entre régime syrien de Bachar El Assad, soutenu par
l’Iran et la Russie, les opposants (eux-mêmes divisés) et l’Etat Islamique qui a été
progressivement chassé de l’Est du pays et de l’Irak. La guerre a fait depuis 2011 près
de 500 000 morts et des millions de réfugiés ou déplacés.
o En Égypte, après la destitution de Moubarak, la démocratie profite aux « frères
musulmans » puisque Mohamed Morsi est élu président en juin 2012. Critiqué par
une partie de la population et accusé par l’armée de politique dictatoriale au
bénéfice des Frères musulmans, il est arrêté par l’armée en juillet 2013 et
emprisonné. Les militaires contrôlent le pouvoir et placent à la tête du pays le
maréchal Sissi, élu président en mai 2014. La démocratie est morte.
o Le Yémen, le Bahreïn ont été également touchés par des révoltes populaires. Le
Yémen connait une guerre civile entre des rebelles chiites (les Houthistes) soutenus
par l’Iran et les sunnites soutenus par l’Arabie Saoudite (mais présence d’Al Qaeda).
 Le rôle joué par certains pays :
o Notamment le Qatar, pétromonarchie, qui a une position économique, politique et
financière disproportionnée en regard de sa taille. Cet émirat joue un rôle actif dans
le financement des révolutions du « printemps arabe » et est accusé d’aider les partis
islamistes en Libye, en Tunisie, et d’armer la révolution syrienne. La chaine
d’information Al Jazeera, chaine qatarie, joue un rôle essentiel dans la diffusion de
ces idées.
4. Le problème palestinien demeure depuis les années 1970
o Les interventions israéliennes au Liban (1978 et 1982)
L’OLP, chassée de Jordanie en 1970, a trouvé refuge au Liban, pays en pleine guerre
civile depuis 1975. En 1978 puis en 1982, Israël envahit le Liban pour en chasser
l’OLP. En septembre 1982, l’armée israélienne laisse les milices chrétiennes libanaises
massacrer les civils palestiniens dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila (plus
d’un millier de morts). Ce massacre et cette complicité suscitent une forte émotion
dans l’opinion internationale. L’OLP, chassée de Beyrouth, se réfugie à Tunis. Le sud-
Liban est occupé par Israël jusqu’en 2000.
o L’inévitable rapprochement entre l’OLP et Israël (1988-1993)
- L’intifada (ou guerre des pierres), déclenchée en 1987 par les jeunes
palestiniens dans les territoires occupés par Israël, montre la détresse de
cette population privée d’Etat et de liberté.
THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN
FOYER DE CONFLITS DEPUIS 1945

- En 1988, l’OLP entame un rapprochement avec les Etats-Unis et Israël : l’OLP


abandonne le terrorisme et reconnait l’existence d’Israël.
- Des négociations secrètes menées à Oslo aboutissent le 13 septembre 1993 à
un accord historique signé à Washington entre B. Clinton, Yasser Arafat et
Yitzhak Rabin (1er Ministre israélien) qui prévoit le retrait israélien de Gaza et
d’une partie de la Cisjordanie. Une « Autorité palestinienne » dirigée par Y.
Arafat est créée et administre en partie les territoires occupés (Y. Arafat et Y.
Rabin, prix Nobel de la Paix en 1994). En novembre 1995, Yitzhak Rabin, 1er
ministre israélien est assassiné par un extrémiste juif.
o L’échec du processus de paix depuis 1993
- Avec la mort de Rabin, c’est tout le processus de paix qui s’écroule.
Ses successeurs, plus à droite, refusent toute concession aux
palestiniens et développent l’installation de « colons » juifs dans les
territoires palestiniens (Israël installe des colonies juives depuis 1967
dans les territoires occupés). De son côté, l’OLP réclame que
Jérusalem devienne la capitale du futur Etat Palestinien. Les
Palestiniens extrémistes du Hamas notamment et le Hezbollah (pro-
iranien) refusent toute négociation et continuent les attentats anti-
israéliens.
- En septembre 2000, débute la seconde Intifada (suite aux
provocations israéliennes sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem) :
elle se heurte à une forte répression de la part des israéliens qui
construisent un immense mur de séparation entre Israël et la
Cisjordanie (2002). La mort de Y. Arafat en 2004 ne calme pas les
dissensions de plus en plus profondes même si son successeur
Mahmoud Abbas se montre partisan du dialogue : en 2005, il obtient
le retrait israélien de Gaza. La bande de Gaza devient ainsi un
territoire librement administré par les Palestiniens.
- Cependant, le cycle de la violence perdure : Pour lutter contre les
attentats et les attaques palestiniennes, l’armée israélienne n’hésite
pas à mener des raids au sud-Liban ou à Gaza. Ainsi, en décembre
2008, l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, associée
à des bombardements massifs sur les populations palestiniennes, fait
plus de 1300 morts. A nouveau, en juillet-août 2014, les israéliens
bombardent et entrent à Gaza, suite à des tirs de roquettes sur Israël.
Opération militaire qui entraine la mort de plus de 2000 civils.
- Bilan : Avec l’arrivée au pouvoir de la droite en Israël en mars 2009
(gouvernement dirigé par B. Netanyahou et reconduit régulièrement),
tout espoir de paix immédiat est écarté. La colonisation israélienne se
poursuit rendant de jour en jour plus difficile la naissance d’un Etat
Palestinien, surtout depuis la reconnaissance de Jérusalem comme
capitale d’Israël par le Président Trump. L’ONU, en septembre 2012, a
reconnu l’existence de la Palestine (comme membre observateur).
Derrière le conflit politique et le droit à l’existence d’un Etat
Palestinien, se cachent de graves enjeux pour la région : le problème
du contrôle de l’eau dans une région semi-désertique et le poids
THEME 2 : PROCHE ET MOYEN-ORIENT : UN
FOYER DE CONFLITS DEPUIS 1945

démographique de la population arabe par rapport à la population


juive.

La Palestine aujourd’hui
Capitale : Jérusalem-Est (?) mais en fait Ramallah
Population : 5 millions
Langue officielle : arabe
Groupe majoritaire : arabe palestinien (81,5 %)
Groupes minoritaires : hébreu (16,1 %), arabe
égyptien (0,9 %), arabe levantin de l'Est (0,5 %),
Système politique : Territoire autonome sous
occupation israélienne (en attente d'être souverain)
Mahamoud Abbas est le Pt de l’autorité Palestinienne


Conclusion :
Proche et Moyen Orient constituent ainsi une des grandes régions conflictuelles du monde. Par sa position
stratégique (carrefour entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie), par les flux qui la traversent (flux humains, flux
économiques), par sa diversité ethnique et religieuse, par l’attrait de ses ressources (pétrole), les facteurs
d’affrontement sont nombreux et rendent très difficile la pacification. C’est pourtant un enjeu clé des
prochaines années pour la communauté internationale et les acteurs régionaux. L’intégration de l’Iran dans
la communauté internationale, ces derniers temps (développement des relations avec les pays émergents
Chine et Brésil, rapprochement avec les Etats-Unis), montre l’importance de maintenir des relations
privilégiées dans une région primordiale pour ses richesses et pour l’équilibre de ce monde multipolaire.