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Josh ·MclDowell

SUIS-JE
UN BON PÈRE?

1 0 façons. d'avoir
une bonne influence
sur vos enfants
Josh McDowell

SUIS-JE '

UN BON PE· RE?

10 façons d'avoir
une bonne influence
sur vos enfants
Remerciements

J Dave Bellis,
'aimerais remercier les personnes suivantes pour leur précieuse
contribution à ce livre :
mon ami et collègue depuis plus de 35 ans, qui m'a
aidé pour les grandes lignes de ce livre, non seulement en résumant
certaines de mes conférences afin d'élaborer la première ébauche,
mais aussi en se pliant à toutes les modifications et révisions
nécessaires pour donner à ce livre sa forme finale. J'apprécie les
réflexions de Dave sur le sujet des pères et je lui suis infiniment
reconnaissant pour sa collaboration .
David lhurston, pour ses critiques constructives d u manuscrit
et son concours providentiel pour m'aider à rendre ce livre plus
clair.
Becly Bellis, qui a beaucoup travaillé à la préparation du manus­
crit.
Joshua Devries, qui a coordonné l'ensemble de la production.
Terry Glaspey de Harvest House, pour sa vision et ses conseils en
ce qui concerne la direction er le ron de cer écrir.
Paul Gossard de Harvest House, pour ses corrections et sa pers­
picacité au moment de l'achèvement de cette publication.

5
Table des matières

Préface de Sean McDowell


11

Chapitre 1
Qu'est censé faire un papa ?
15

Chapitre 2
Engagement n °1 : jeferai de mon mieux pour. ..
toujours dire la vérité avec amour
25

Chapitre 3
Engagement n °2 : jeferai de mon mieux pour. ..
être responsable envers mes enfants
plutôt que d'être responsable d'eux (Première partie)
41

Chapitre 4
Engagement n °2 : je ferai de mon mieux pour. ..
être responsable envers mes enfants
plutôt que responsable d'eux (Seconde partie)
53

Chapitre 5
Engagement n °3 : jeferai de mon mieux pour. ..
être un modèle authentique
69
Chapitre 6
Engagement n °4: jeferai de mon mieux pour. ..
expliquer qui est Dieu
79

Chapitre 7
Engagement n °5: je ferai de mon mieux pour. ..
inculquer un amour de soi désintéressé
101

Chapitre 8
Engagement n °6: jeferai de mon mieux pour. ..
transmettre comment créer des relations d'amour saines
selon Dieu
1 17

Chapitre 9
Engagement n °7: jeferai de mon mieux pour. ..
enseigner comment différencier le bien du mal
1 33

Chapitre 1 0
Engagement n °8 : jeferai de mon mieux pour. ..
enseigner les desseins de Dieu sur la sexualité
151

Chapitre 1 1
Engagement n °9 : je ferai de mon mieux pour. ..
présenter pourquoi nous croyons ce que nous croyons
1 67

Chapitre 1 2
Engagement n °10 : jeferai de mon mieux pour. ..
favoriser un cœur reconnaissant
1 85
Postface
«Je ferai de mon mieux»
1 95

Bilan d'évaluation des besoins relationnels


1 97

À propos de l'auteur et du ministère Josh McDowell


205
Préface
de Sean McDowell

E tre père n'est pas une mince affaire. Même si j 'aime beaucoup
ma paternité, je suis souvent tenté de m'arracher les cheveux
en hurlant : « Je n'ai pas signé pour ça ! » Et pourtant, je n'échan­
gerais ce rôle pour rien au monde.
Mon épouse et moi essayons d'être les meilleurs parents pos­
sibles, cependant quand je suis perdu, il m'arrive régulièrement de
me dire : « QFJAMP ? » Ma question ne sous-entend pas « Que
ferait Jésus à ma place ? » Ce serait chouette d'avoir une ligne di­
recte avec Jésus sur la question de l'éducation, mais en réalité il
n'aurait que peu à dire sur la façon d'être un bon père. D'ailleurs,
ce qu'il avait à dire à ce sujet reste assez controversé (par exemple
Luc 1 4.26) .
Par ces lettres « QFJAMP », je veux dire en fait : « Que ferait
Josh à ma place ? » Certes, ainsi que l'admet mon père dès le début
de ce livre, comme il était orateur itinérant et voyageait beaucoup,
ma mère a été davantage présente dans notre vie quotidienne qu'il
ne le fut lui-même. Néanmoins, mes parents formaient (et for­
ment toujours) une formidable équipe. Ils n'étaient bien sûr pas
parfaits, mon père a fait de nombreuses erreurs, comme il le dit
au chapitre un. En outre, et selon les normes sociologiques, sa vie
devrait être en loques du fait de sa déplorable éducation. (Plus de
précisions dans quelques instants.)

11
Suisje un bon père ?

Mais malgré ses manquemenrs, mon père a toujours donné


à ses enfants l'amour, les conseils et les limites dont nous avions
besoin. Et j 'espère parvenir à faire de même avec mes trois enfants.
C'est pour cela que j'apprécie tant ce livre. Il ne se contente
pas de dresser une liste des choses à faire et à ne pas faire, qui
garantirait aux pères que leurs propres enfants prendront la bonne
direction, comme si l'éducation avait un rapport même infime
avec la confection d'un gâteau ou la planification de vacances (or
nous savons tous fort bien que les vacances non plus ne se passent
pas toujours comme prévu !) . Nous savons tous que ce n'est pas si
simple. Au contraire, cet ouvrage est rempli d'exemples de succès
et d'échecs vécus au fil des expériences de mon père, assaisonnés de
vérités bibliques ainsi que de quelques mesures concrètes à suivre.
Lune des choses que j 'estime le plus chez mon père, c'est sa
vulnérabilité face aux combats menés dans sa propre vie. Il en parle
avec honnêteté dans ce l ivre. Même si j'avais déjà entendu parler
de son père alcoolique, de sa famille brisée, des abus sexuels subis,
je ne crois pas que j'avais pleinemenr réalisé à quel point cela avait
dû être difficile j usqu'à un récent dîner que nous avons partagé lors
de retrouvailles familiales. Ma mère relatait des histoires amusantes
de son enfance, et ma sœur demanda à mon père d'en partager
une également. Après un temps de silence quelque peu gênant, il
affirma : « Je n'ai pas un seul bon souvenir. » Et pour une raison
que j 'ignore, lorsque je l'entendis prononcer ces mots, ils me frap­
pèrent bien davantage qu'auparavant. Mon père ne pouvait pas
même se rappeler un seul bon souvenir vécu au sein de sa famille.
Je sentis mon cœur se briser.
Et pourtant nous étions là, des décennies après cette enfance
malheureuse, tous ensemble, formant cette famille unie et remplie
d'amour. Par quel miracle en étions-nous arrivés là ?
Si vous avez envie de connaître la réponse à cette question, alors
ce l ivre s'avère parfait pour vous. D'ailleurs, il témoigne de lui­
même que Dieu peut relever même les familles les plus brisées et
dysfonctionnelles. Que vous soyez un jeune papa essayant d'être

12
Préface de Sean McDowell

opérationnel avec un m inimum d'heures de sommeil ou que vous


soyez père depuis plusieurs années déjà, vous trouverez à la fois
espoir et conseils dans Suis-je un bon père ?. Savourez-le !
Sean McDowell

13
1

Qu'est censé faire un papa ?

Il me semblait que cela faisait des heures. Je ne pouvais m'empê­


cher de faire les cent pas. Je ne m'étais pas attendu à ce que
Dottie passe autant de temps dans la salle de travail.
À l'époque, les cours Lamaze1 n'existaient pas et les maris
n'étaient pas autorisés à assister leur femme au moment de l'accou­
chement dans la salle de travail. Les futurs papas étaient relégués
dans la salle d'attente à faire les cent pas. Et c'était j ustement ce
que je ne cessais de faire.
Ils sortirent enfin Dottie de la salle de travail, tenant dans
ses bras une petite fille de 3 ,7 1 0 kilos. Une fois arrivés dans la
chambre d'hôpital, Dottie me la tendit. Et tout en la tenant dans
mes bras, je sentis mes genoux s'affaisser. Je réalisai à ce moment-là
que j'étais vraiment devenu père, seulement je n'avais aucune idée
de la manière d'assumer ce rôle.

1 NOE : La méthode Lamaze, également appelée« Accouchement sans douleur»


(ASD), a vu le jour en France vers le début des années 1950. Elle connaîtra au
fil des années un énorme succès grâce aux premiers cours de préparation à la
naissance.

15
Suis-je tm bon père ?

Je n'avais pas réellement été formé pour devenir père, comme la


plupart d'entre nous d'ailleurs. Il était donc tout à fait naturel d'être
effrayé. Ensuite, lorsque vous promenez votre regard autour de
vous et que vous constatez l'environnement auquel sont confron­
tés nos enfants, vous êtes terrorisé. La plupart des valeurs que la
culture contemporaine adopte sont majoritairement à l'opposé de
celles que vous souhaitez que vos enfants suivent. Les enfants sont
confrontés à la drogue, à l'alcool et au sexe de plus en plus tôt. Les
média ne cessent de parler de harcèlement, de violence et de sui­
cide chez les adolescents, ce qui ne fait qu'augmenter l'inquiétude
des parents. Qu'est donc censé faire un papa ?
Comment as-tu fait, Josh ?
Nombreux sont ceux qui connaissent l'histoire de mon
enfance. ]' étais le fils de l'alcoolique du village. Il était violent avec
ma mère, ivre la majeure partie du temps et m'ignorait plus ou
moins. Je n e me souviens pas avoir jamais entendu mon père me
dire qu'il m'aimait. Je suppose que j'avais peur que mon enfance
dysfonction nelle ne se transmette à ma propre famille, ce qui
explique pourquoi j'étais si effrayé à l'idée de devenir père.
Bien des gens m'ont posé cette question : « Comment as-tu fait,
Josh ? » Ils voient mes quatre enfants aujourd'hui adultes (Kelly,
Sean, Katie et Heather) et se demandent ce que nous avons fait
pour qu'ils deviennent ces fidèles chrétiens à présent mariés et eux­
mêmes parents de leur propre petite famille. Il semble que nous
ayons fait quelque chose correctement. ]'aimerais pouvoir me
dire que nous avons tout fait parfaitement bien, mais ce ne serait
pas vrai. Pour être tout à fait franc, j'ai commis pas mal d'erreurs,
seulement je n'ai pas pour autant abandonné. Ce livre est en soi
une distillation des engagements que j'ai pris envers Dieu, pour
moi-même et pour ma famille, dans le but d'élever mes enfants
afin qu'ils honorent Dieu et leurs parents. Mais avant d'examiner
ces diverses promesses, organisons-les, remettons-les dans leur
contexte.

16
Qu'est censéfaire tm papa ?

1. Un papa n'est pas complet sans la maman


Si mes enfants en sont là où ils se trouvent aujourd'hui, rela­
tionnellement, spirituellement et émotionnellement entre autres,
c'est principalement grâce à ma femme Dottie. Non pas que j 'ai
failli à mes responsabilités en tant que père, au contraire je les
prenais très au sérieux. Mais la vérité, c'est que Dottie a été la
présence constante dans leurs vies, les i nstruisant, les conseillant
avec amour et étant là pour eux quand ils en avaient besoin.
Dottie m'a été d'un grand soutien dans mon rôle parental et a
apporté une différence significative. Elle a été pour moi les yeux,
oreilles et cœur complémentaires dont j'avais besoin. Elle pou­
vait voi r les choses que je ne voyais pas, j'avais donc besoin de sa
perspective. Elle pouvait entendre le ton d'une voix, un ton que
j 'avais du mal à saisir pleinement : sa perception m'était donc
nécessaire. Elle pouvait ressentir avec le cœur des choses que j e
pouvais à peine détecter, e t cette sensibilité m'était d'une grande
utilité. Cette réalité est donc indéniable : la mère de mes enfants
complétait le rôle de leur père.
J'imagine que de nombreuses mamans lisent ce livre en ce mo­
ment. La plupart des livres sont l us par les femmes. Je voudrais
donc d'abord vous encourager à pousser votre mari à le lire égale­
ment. Et je vous demanderais ensuite d'être là pour !' aider à mettre
en pratique les 1 0 principes qui feront de lui un bon père. Il aura
besoin de votre soutien, respect, acceptation, réconfort, approba­
tion, et de vos encouragements au fur et à mesure de ses avancées.
Votre vision, votre perception et votre sensibilité face à la vie et
aux relations lui seront utiles. C'est ainsi que Dieu nous a placés
ensemble. Il a donné à chacun de nous une perception et des apti­
tudes dont notre partenaire a besoin, comme il l'a fait pour son
corps, l' Église. « Nous sommes membres de son corps », affirme
l'apôtre Paul dans Éphésiens 5 .30, « et tous les membres n'ont pas
la même fonction. Ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous for­
mons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les
uns des autres » (Romains 1 2.4b-5) .

17
Suis-je u n bon père >

Pères, regardez votre épouse. Vous avez probablement davan­


tage besoin d'elle que vous ne le pensez pour être un père efficace.
Si votre épouse ne lit pas ce livre, demandez-lui de le lire avec vous
et de vous aider à être le père que vous désirez être et que Dieu a
prévu que vous soyez. Mères, vous représentez une part virale dans
ce processus aux côtés de votre conjoint. Aidez-le, il a considéra­
blement besoin de vous.
Si vous êtes un père célibataire, ne vous découragez pas pour
autant. Il est certain que l'éducation de vos enfants sera plus diffi­
cile sans la présence de leur mère auprès de vous. Si vous avez une
ex-compagne, faites votre possible pour rester en bons termes avec
elle afin que le meilleur ressorte de cette situation moins idéale,
pour le bien de vos enfants. Rapprochez-vous d'un autre couple
chrétien au sein de votre église. Comme je l'ai mentionné plus
tôt, en tant que corps de Christ, nous « sommes tous membres les
uns des autres » (Romains 1 2. 5 b) . Demandez-leur de l'aide. Un
autre couple peur même lire ce livre avec vous et vous donner aussi
conseils et soutien. La bonne éducation de nos enfants ne doit
pas se faire de façon isolée. Dieu attend de nous que nous soyons
présents les uns pour les autres dans le but de remplir nos respon­
sabilités envers autrui et envers nos enfants.

2. Utilisez au mieux votre temps


Ma situation est probablement différente de la vôtre. Comme
je l'ai dit, j 'ai été orateur itinérant presque toute ma vie. Cela signi­
fie que j'étais beaucoup absent. L inconvénient de cette réalité est
que je n'étais pas aussi souvent avec mes enfants que je l'aurais
souhaité. Mais l'avantage, c'est que cela m'obligeait à utiliser au
mieux les moments que j 'avais avec eux.
Vous n'en avez peut-être pas vraiment conscience, mais avant
que vous ne vous en rendiez compte, vos enfants auront quitté
la maison pour vivre leur vie. Le temps s'écoule à la vitesse de la
lumière. Le rhème qui revient sans cesse chez les papas se lamen­
tant au sujet de leurs relations déconnectées avec leurs enfants est

18
Qu'est censéfaire 1111 papa ?

toujours celui-ci : « Je n'ai pas passé assez de temps avec eux quand
ils éraient petits. »
Le psalmiste avait raison : « Enseigne-nous à bien compter
nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse »
(Psaumes 90. 1 2) . J'ai bien vite compris qu'il me fallait p rofiter de
chacun des moments que j'avais à la maison avec mes enfants. Je
voulais que mon temps avec eux compte. Er quand je devais partir,
je leur écrivais et je les appelais. Je voulais m'assurer que même sans
être là, j 'étais tout de même présent dans leur vie.
Faites en sorte que chaque j ournée compte. Soyez présent
pour vos enfants. Qu'ils soient une priorité pour vous. Ajou­
rez-les à votre agenda comme un rendez-vous professionnel si
nécessaire, mais ne laissez pas le temps s'écouler sans avoi r été
là pour eux.

3. Ne sous-estimez pas votre rôle influent en tant que papa


Un père est récemment venu me dire : « Josh, j e suis tout sim­
plement hors-jeu. Mes enfants sont inondés par les média, qu'il
s'agisse des !phones, Ipads, !runes, textos, rweets, e-mails, Internet,
films, même l'école, tout. Ils apprennent tout ailleurs qu'avec moi.
Je n'ai aucune chance ! »
Beaucoup de pères ressentent la même chose, mais ils ont com­
plètement tort. Avec tous les média et les distractions auxquels
sont confrontés nos enfants aujourd'hui, vous restez la personne
la plus importante et la plus influente dans la vie de vos enfants.
Une étude nationale sur Interner montre que 45 % des jeunes
considèrent leurs parents comme leurs modèles' . Je suppose que
vous pensiez que leurs modèles seraient plutôt des groupes de
musiques, des stars de cinéma ou des célébrités sportives. Mais
non ! D'autres études encore montrent que 32 % des enfants

1 "Teens Look ro Parents More Than Friends for sexual role models", Science
Dairy,June 15, 2011, http://sciencedaily.com/releases/2011/06/ l l 0615120355.
htm (lien vérifié le 7 mars 2018).

19
Suis-je 11n bon père '

d'aujourd'hui se tournent vers leurs amis et seulement 1 5 %


s'inspirent des célébrités pour le comportement à adopter1 • En
outre, des études montrent que même j usqu'à ce que votre enfant
atteigne l'âge de 25 ans, la plus grande influence sur son compor­
tement sera sa relation proche et affective avec vous, son père2•
Des recherches menées récemment à l'université de Floride ont
établi que « la bonne nouvelle est que la plupart des adolescents
É COUTENT ce que leurs parents disent malgré ce qu'ils [les
parents] croient3• »
Admettons que vos enfants écoutent, même s'il semble souvent
que ce ne soit pas le cas. Savez-vous ce que vous voulez leur dire ?
Savez-vous ce que vous voulez pour vos enfants - ce que vous vou­
lez spécifiquement leur inculquer ?

4. Sachez ce que vous voulez réellement pour vos enfants


Vous avez sans doute déjà entendu les paroles suivantes : « Celui
qui n'a pas d'objectifs ne risque pas de les atteindre4• » Ou encore :
« Il n'y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il

va5• » Ces citations valent aussi dans le domaine de l'éducation


des enfants. Si en tant que pères, nous ne savons pas ce que nous
voulons transmettre à nos enfants, il est fort probable que nous ne
leur communiquerons pas grand-chose.
Nous devons savoir où nous conduisons nos enfants, sans quoi
il y a peu de chances que nous y parvenions. Savez-vous ce que
vous voulez pour vos enfants ? Réfléchissez-y un instant.

1 Ibid.
2 Jeffrey Rosenberg and W. Bradford W ilcox, "The Importance of Fathers in
the Healthy Developmenr of Children, " publication of U.S. Departmenr of
Healrh and Human Services, 2006, http://childwelfare.gov/pubs/usermanuals
/father-hood/fatherhood. pdf {lien vérifié le 7 mars 2018) .
2 'Talking ro Your Teen About Sexualiry," publication of H illsborough
County University of Florida Extension, http://hillsboroughfcs.ifas.ufl.edu/
FamilyPubsA-Z/sexuality.pdf (lien vérifié le 7 mars 2018) .
4 Citation du militaire chinois Sun Tzu (YI' siècle av. J.-C.).
5 Citation du philosophe Sénèque, Lettres à Lucilius (1' siècle ap. J.-C.).

20
Qu'est censéfaire un papa '

Vous pourriez vraisemblablement trouver un bon nombre de


réponses. Mais posons la même question à Dieu. Qu'est-ce que
Dieu, le Créateur qui vous aime tant, veut pour vous ? Certains
penseront peut-être que tout ce qu'il veut vraiment pour vous, c'est
que vous suiviez ses commandements, c'est-à-dire servir et obéir.
Est-ce tout ce que vous désirez de la part de vos enfants, qu'ils
fassent ce que vous dires ? Il est dit dans les Écritures que les enfants
doivent obéir à leurs parents, et Dieu attend très certainement de
vous que vous lui obéissiez. Il y a cependant une chose bien plus
basique que cela : Dieu recherche l'obéissance, mais pour une très
bonne raison .
Jésus avait enseigné à ses disciples toute la l o i de Moïse. I l
voulait qu'ils l u i soient fidèles e t qu'ils suivent les commandements
bibliques. Mais il leur révéla la raison pour laquelle il dési rait
tant leur dévouement - et cela s'applique à chacun de nous
également. Il leur dit : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma j oie
soit en vous, et que votre joie soit parfaire » (Jean 1 5 . 1 1 ) . C'est
ce que Dieu veut pour ses enfants : qu'ils soient remplis de joie.
Er c'est ce que nous voulons également pour nos enfants. Nous
dési rons les voir heureux. Nous voulons qu'ils aiment la vie,
qu'ils soient protégés de tout mal, et qu'ils deviennent ensuite
des personnes épanouies avec une raison d'être et un but dans la
vie. Er la plupart d'entre nous pensent que faire ce qui est bien
entraînera une vie de bonheur. Er nous avons de bonnes raisons
de le croire. Le roi David ainsi que son propre fils Salomon ont
écrit ce qui suit :
Heureux ceux qui sont intègres dans leur voie, qui marchent
selon la loi de l' Éternel ! Heureux ceux qui gardent ses pré­
ceptes, qui le cherchent de tout leur cœur. (Psaumes 119 .1-2)

Conduis-moi dans le sentier de tes commandements, car je


t'aime. (Psaumes 119.35)

C'est là ce qui m'est propre, car j'observe tes ordonnances.


(Psaumes 119.56)

21
Suis-je 1111 bon père ?

Mon fils, si tu reçois mes paroles, et si tu gardes avec toi


mes préceptes, si tu rends ton oreille attentive à la sagesse,
et si tu inclines ton cœur à l'intelligence [ . . . ] Alors, tu com­
prendras la j ustice, !'équité, la droiture, toutes les routes
qui mènent au bien. Car la sagesse viendra dans ton cœur,
et la connaissance fera les délices de ton âme ; la réflexion
veillera sur toi , l'intelligence te gardera. (Proverbes 2.1-2 ;
9-11)

En tant que pères, ne désirons-nous pas que nos enfants


sachent q ue c'est en comprenant que D ieu leur a donné « une
route qui mène au bien » et la sagesse pour faire les bons choix
moraux qu'ils trouveront le bonheur durable dans leur vie ?
Nous voulons qu'ils deviennent de jeunes hommes et de jeunes
femmes pouvant teni r ferme face à une culture hostile. Avant
qu'ils n'aient quitté le domicile familial, nous voulons i nstiller en
eux les valeurs et une vision de Dieu et de la vie qui leur donnera
une chance de simplement s'en sortir.
Encore une fois, c'est de cela qu'il s'agit ici. Nous voudrions
parcourir avec vous dix engagements qui pourraient vous aider
à conduire vos enfants vers une vie pleine de joie en les aidant
à accomplir au moins sept choses dans la vie avant de quitter la
maison :
1 . Avoir une relation réelle avec Dieu
2. Développer des relations saines avec les autres
3. Avoir une image correcte de soi
4. Résister aux pressions sexuelles
5. Être une personne intègre
6. Développer de profondes convictions
7. Savoir comment gérer les succès et surmonter les échecs
Si vos enfants apprennent à accomplir ces sept choses, leur joie
sera alors complète - et la vôtre également.

22
Qu'est censéfaire un papa ?

S. Vos engagements : plus qu'un simple intérêt, mais


moins que de solides garanties
Il n'y a dans le monde aucun papa parfait. Vous ne pourrez pas
respecter à la lettre les dix engagements énumérés dans ce livre. Il
se peut que vous ayez les meilleures intentions au sujet de ces enga­
gements sans être toutefois capables de les tenir. Tout engagement
que vous prenez envers Dieu, vous-même ou vos enfants devrait
proveni r d'une aspiration et d'un désir profonds de parvenir à les
accomplir. Mais en tant qu'être humain, vous êtes imparfait.
Vos engagements se résument alors à des tentatives sincères
pour vous efforcer de les réaliser et de luttes incontestables pour
vous y tenir. Cela signifie que les engagements que vous prenez
ne sont pas que de simples intentions ou de vagues souhaits ; ils
représentent bien plus que cela. Pour autant, ce ne sont pas non
plus de solides garanties. Avec tout ceci en tête, je vous encourage
à présent àfaire de votre mieux pour accomplir ces dix engagements
pour les pères.
En tant que père chrétien, vous voulez que vos enfants soient
préparés à faire face à la culture hostile dans laquelle ils évoluent.
Vous cherchez probablement à leur apprendre à mener une vie
honorant Dieu, et pleine de joie et de bonheur. Vous désirez sans
aucun doute les conduire à accomplir les sept points énumérés
plus haut. Si c'est le cas, vous êtes prêt pour le défi suivant : vous
engager à faire de votre mieux pour :
1 . toujours dire la vérité avec amour
2. être responsable envers vos enfants plutôt qu'être respon-
sable deux
3 . être u n modèle authentique
4. expliquer qui est Dieu
5 . inculquer u n amour de soi désintéressé
6. transmettre comment créer des relations d'amour saines
selon Dieu

23
Suis-je un bon père ?

7. enseigner comment différencier le bien du mal


8. communiquer comment honorer les desseins de Dieu vis-
à-vis du sexe
9. présenter pourquoi nous croyons ce que nous croyons
1 O. favoriser un cœur reconnaissant
Au fil des pages suivantes, je vous invite à partir à l'aventure avec
moi pour découvrir comment remplir ces dix engagements. Cela
ne signifie pas pour autant que vos enfants deviendront parfaits.
Que vous soyez un père parfait ou que vous vous appliquiez
consciencieusement à leur apprendre à aimer Dieu, à s'aimer
et à aimer les autres, c'est à eux qu'il revient de choisir la route
qu'ils suivront. Vous ne pouvez décider pour eux-mêmes. Vous ne
pouvez que leur procurer les bonnes fondations, un modèle saint
et une éducation les encourageant à suivre le bon chemin.
Transmettre votre foi et vos valeurs à vos enfants ne se fait pas
lors d'un week-end en camping ou grâce à une étude biblique en
six semaines. C'est par vos interactions jour après jour, semaine
après semaine, mois après mois avec vos enfants que vous leur
communiquerez ces vérités. Et c'est intentionnellement que vous
leur enseignerez certaines vérités au sujet de Dieu, de la vie, de
l'amour et des relations.
Moïse avait dit aux enfants d'Israël qu'ils devaient aimer
É
l' ternel de tout leur cœur, de toute leur âme et de toute leur
force, et qu'ils devaient obéir aux commandements de Dieu. Il leur
dit ensuite :
Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu
seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te
coucheras et quand tu te lèveras. (Deutéronome 6.7)

Est-ce que vous comprenez qu'il s'agit là d'un processus


continu ? Ça !' était à cette époque-là et ça l'est encore auj ourd'hui
pour nous.

24
2
ENGAGEMENT N°I

Je ferai de mon mieux pour


toujours dire la vérité avec amour

J
osh, que dois-je faire avec mes enfants ? » me demanda ce
((
père en me serrant le bras. Je venais tout j uste de terminer
mon allocution sur l'éducation parentale et cet homme semblait
désespéré. Il m'expliqua qu'il avait trois enfants de 1 7, 13 et 1 0 ans,
et qu' « ils éraient les pires enfants de l'église dont il était le pasteur. »
« J'ai fair tout ce que je pouvais, continua-r-il. Je n'ai cessé de
leur enseigner les vérités de Dieu. Je leur ai fair mémoriser les Écri­
tures. Ils savent ce qu'on attend d'eux ; je pose les règles, mais ils
se rebellent constamment et me contrarient presque tout le temps.
Que dois-je faire ? »
Ce père essayait par tous les moyens possibles d'amener ses en­
fants à faire ce qui est bien. Il ne me le dit pas, mais je suis certain
qu'il désirait qu'ils soient heureux, et qu'il savait que leur compor­
tement finirait par leur faire du mal. Nous voulons tous que nos
enfants fassent ce qui est bien et qu'ils ne souffrent pas.
Je le prenai par l'épaule et le regardai directement dans les yeux.
« Frère, voici mon conseil pour toi : supprime les règles. »

25
Suis-je un bon père ?

« Quoi ? répondit-il ahuri. Mais c'est j ustement là le problème :


ils n'obéissent à aucune règle et ne pensent même pas avoir besoin
de le faire ! »
« J'ai bien compris ce que tu veux me dire, lui dis-je encore.
Mais je le répète, arrête d'insister sur toutes ces règles1 • »
La Bible a un message pour les pères qui tentent d'enseigner
leurs enfants correctement, mais ne cessent de les agacer en insis­
tant. « Et vous, pères, n'irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les
corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur » ( Éphésiens 6.4) .
La façon dont nous, pères, traitons nos enfants peut « provoquer »
leur colère. Et c'est ce que mon ami pasteur faisait, voulant qu'ils
respectent les règles établies tout en les poussant à la colère.
Qu'est-ce que la Bible veut dire par « irriter ? » Éphésiens 6
emploie le terme grec parorgizo, qui signifie littéralement « susciter
la colère ». Ce passage veut donc inviter les pères à ne pas les agacer
par leur façon de se comporter envers eux. Ce que nous faisons et
disons, et notre manière de le faire et de le dire peut les exaspérer.
La Bible du Semeur dit ceci : « Vous, pères, n'exaspérez pas
vos enfants . . . » J . B . Phillips traduit ainsi ce verset : « Pères, ne
sur-corrigez pas vos enfants et ne leur rendez pas la tâche encore
plus difficile d'obéir à vos ordres. » Dans la version anglaise 7he
Living Bible, il est écrit : « Arrêtez de réprimander constamment
vos enfants, les rendant ainsi furieux et rancunier. » Dans un autre
passage de la Bible, il est dit : « Pères, n'irritez pas vos enfants, de
peur qu'ils ne se découragent » (Colossiens 3.2 1 ) . Les Écritures
montrent clairement que nous devons interagir avec nos enfants
en évitant de les mettre en colère. Certes, la Bible ordonne aux
enfants d'obéir à leurs parents, mais ces derniers ont la tâche diffi­
cile de faire en sorte de ne pas les agacer. Ceci étant dit, comment
traiter nos enfants de manière à obtenir une réponse positive plu­
tôt qu'une réaction négative ?

1 Josh and Dottie McDowell, Straight Talk with Your Kids About Sex (Eugene,
OR: Harvest House Publishers, 2012), p. 45-46.

26
Jeferai de mon mieux pour toujours dire ln vérité avec amour

Quatre types de relations père-enfants


En tant que père chrétien, vous désirez le meilleur pour vos en­
fants. Vous avez probablement la conviction que règles et instruction
font partie de l'éducation parentale, cependant vos enfants semblent
en considérer certaines comme une restriction à leur liberté. Si c'est
le cas, alors le père en question est considéré comme un « rabat­
joie ». Avez-vous déjà entendu vos enfants dire des choses telles que
« tu ne me laisses jamais rien faire », ou « je ne pourrai plus j amais
m'amuser », ou encore « tu ne comprends rien » ? La réalité, c'est
que la plupart de nos enfants ne comprennent pas pourquoi nous
plaçons ces limites. Ce qui explique pourquoi l'application de règles
génère souvent des tensions, des disputes et des conflits au sein d'une
famille. Et il semblerait que plus on établit de règles, plus cela crée
des disputes avec nos enfants.
Nous, les pères, nous ne réalisons peut-être pas, mais nous
adoptons tous un type de relation, et ce style est lié à notre concep­
tion de l'autorité parentale et des relations. Votre façon d'interagir
avec vos enfants a très probablement été influencée par l'insistance
que mettaient vos propres parents à vous faire appliquer des règles
lorsque vous étiez enfant et le genre de relation que vous entrete­
niez avec eux. Donc notre perception des règles et des relations va
déterminer en grande partie notre façon de traiter nos enfants.

Le type « contrôle tout »


« As-tu terminé tes devoirs ? » « As-tu sorti la poubelle comme
je te l'avais dit ? » « Tu étais censé être là à 22h. Où étais-tu ? » C'est
le genre de questions que poserait un père qui contrôle tout. Les
parents qui contrôlent tout, ou parents autocratiques, comme ils
sont parfois appelés, exigent une obéissance stricte aux règles. Vous
connaissez peut-être un père qui contrôle ses enfants par l'intimi­
dation ou la force. C'est une approche « Tu vas faire comme j 'ai
dit, sinon ! »
Dans les cas extrêmes, les pères autocratiques exercent
un pouvoir absolu sur leurs enfants, ce qui entraîne souvent

27
Suisje un bon père ?

des abus émotionnels et physiques. Cependant de nombreux


pères autocratiques qui se montrent moins extrêmes dans
l'application des règles peuvent donner aux enfants ce qui
semble être « un bon foyer » . Ils nourrissent et habillent leurs
enfants correctement, ils les laissent j ouer avec d'autres enfants,
et en bref, semblent pourvoir à tout ce qu'il leur faut pour
mener une « vie normale » .
Mais alors même qu'ils ne battraient j amais leurs enfants
ni ne les enfermeraient pour désobéissance, ces pères autocra­
tiques règnent néanmoins en tant qu'exécuteurs . Ils sont très
portés sur le respect des règles, mais peu compétents en rela­
tions. Imaginez une balançoire dont une extrémité serait en
!'air (le côté i nsistant sur les règles) et !'autre partie tout en bas
(faible en relations) .

Le papa contrôle tout :


fort en règles, faible en relations
Règles
-

Relations

Vivre sous une autocratie amène les enfants à réagir de deux


façons : soit ils s'éloignent, soit ils luttent. Mais dans les deux cas, la
réaction est typiquement la colère. Quand les enfants choisissent
de s'éloigner, ils ne s'enfuient pas pour autant forcément de chez
eux, cependant ils se rétractent émotionnellement et relationnelle­
ment. Ils apprennent à faire cavalier seul et à « être obéissant », au
moins en apparence. Par contre, intérieurement, ils bouillonnent
certainement. Vous avez peut-être entendu l'histoire de !'enfant
dont le père voulait qu'il s'assied. Le garçon ne voulait pas s'asseoir
et le fit savoir à son père. Alors son père lui cria : « Assied-toi ou je
te ferai asseoir ! »

28
Jeferai de mon mieux pour toujours dire la vérité avec amour

Le garçon obéie sans carder, mais une fois assis il marmonna :


« Je suis peut-être assis extérieurement, mais intérieurement, je suis
debout ! » Une obéissance forcée sous la main d'un père contrôlant
cout produit rarement un enfant motivé à faire ce qui est bien,
même s'il semble en apparence se plier aux règles. Un enfant do­
miné est un enfant frustré et en colère intérieurement.
Par contre, quand les enfants choisissent de lutter, leur colère
est bien visible. C' étaie le cas de mon ami pasteur, donc les enfants
étaient en pleine rébellion. Ils voyaient très bien les règles établies
et à quel point ils étaient forcés de les suivre, or cela ne leur plaisait
pas du toue. Réfléchissez à cela. Comment réagissez-vous aux
règles qui selon vous réduisent votre liberté et votre plaisir ? Nous
résistons cous naturellement par principe aux règles. C'est ainsi
que nous avons été créés. Les règles n' one jamais eu pour bue d'être
utilisées en dehors d'une relation empreinte d'amour.
Le type laisse toutfaire
« »

Certains pères ayant été élevés par des parents autocratiques vont
appliquer le même genre d'éducation à leurs enfants. D 'autres, au
contraire, surcompensent en supprimant pratiquement coures les
règles. Ils finissent par appliquer un genre de « laisser faire », une
éducation souvent dite permissive.
Un père permissif serait, lui, sur une balançoire totalement in­
versée par rapport à celle du père autocratique. Partant du point
d'appui, le côté règles serait cout en bas, et celui relationnel cout en
haut. Cependant, l'approche relationnelle d'un père laissant cout
faire entraîne des relations superficielles et malsaines. L'enfant finit
souvent par avoir cette impression « Mon père n'en a rien à faire » .

Le papa laisse tout faire :


fort en relations (malsaines), maisfaible en règles

(malsaines)

29
S11is-je 11n bon père ?

Vous avez probablement déjà entendu parler ou même vu des


pères permissifs à l'action. En général, c'est l'enfant qui mène le
jeu pendant que le père reste debout à regarder son enfant détruire
jouets, parterres de fleurs et mobilier, ainsi que la tranquillité et le
calme de la maison tout entière.
Les enfants élevés de façon permissive tiennent souvent leurs
parents en orage. Il y avait une fois un père qui tentait désespé­
rément de faire monter son garçon de quatre ans dans la voiture,
cependant ce dernier s'amusait trop sur la balançoire. « Allez viens,
Johnny, nous devons partir maintenant. Monte dans la voiture, s'il
te plaît » , supplia le père. L'enfant ne réagir pas. Après une minute
ou deux, le père répéta sa requête. Toujours pas de réaction . Plu­
sieurs minutes s'écoulèrent encore, et finalement le père dit sévè­
rement : « Écoute-moi, Jonathan David, je ne vais pas te répéter
encore dix fois de monter dans la voiture ! »
Les enfants élevés de la sorte obtiennent très souvent ce qu'ils
veulent, mais ils ne sont pas pour autant plus heureux que les
enfants issus de foyers autocratiques, étant donné que l'équilibre
entre règles et relations n'est pas présent. Honnêtement, l'absence
de règles amène l'enfant à penser : « Si mon père se préoccupait
réellement de moi, il s'intéresserait davantage à ce que jeJais. . . il me
diraitparfois non . . . je suppose qu'il ne m'aime pas vraiment. »

Le type inattentif
Un autre type d'éducation est celui de l'inattention, parfois
appelé éducation indifférente. C'est le père absent qui est tout
simplement trop occupé par sa propre vie et sa carrière, et n'est
pas vraiment impliqué dans la vie de ses enfants. Un père peut
se montrer indifférent par peur d'échouer, mais quelle qu'en soir
la raison, ses enfants se sentent alors exclus de sa vie. Quand des
enfants sont élevés avec i ndifférence, ils peuvent se sentir blessés
et ressentir de la colère. C'était mon cas ; l'enfant dont le père
était toujours trop ivre pour porter la moindre attention à son
jeune fils.

30
}1·ferai de mon mieux pour 1011jo11rs dire la vérité avec amo11r

C'était un samedi matin. J'avais onze ans. Je m'étais habillé


avant l'aube et m'étais empressé de terminer mes tâches matinales
avant que les ouvriers n'arrivent.
Plusieurs hommes avaient travaillé depuis des jours pour suréle­
ver une petite maison se trouvant sur la ferme de mes parents, afin
de la préparer à être déplacée à un autre endroit. Mon grand frère
Wilmont avait décidé de la bouger malgré les objections de mon
père. Wilmont s'était engagé dans un rude conflit avec mon père
qui s'était peu à peu transformé en guerre ouverte pour la moitié
de la ferme familiale. Ayant obtenu gain de cause contre mon père,
Wilmont devait arriver ce matin-là avec un shérif, un adjoint et
une ordonnance du tribunal !'autorisant à déplacer la maison.
En ce qui me concernait, je faisais tout mon possible pour
rester en dehors du conflit familial. Je détestais voir mon père et
mon frère se quereller, mais cette affaire les regardait. Ce jour-là, j e
voulais simplement savourer l'excitation d e voir une maison tout
entière être remorquée sur la route, un spectacle bien plus divertis­
sant dans l'esprit d'un garçon de onze ans qu'un cirque itinérant.
Soudain, au moment même où les tracteurs allaient être atta­
chés à la maison, mon père, ivre comme à l'accoutumée, com­
mença à crier sur mon frère. Le shérif se dirigea rapidement vers
l'homme titubant pour éviter une vilaine scène.
Mais c'était déjà trop tard. Mon frère, s'attendant à une réac­
tion similaire, s'était arrangé pour que de nombreuses familles de
notre petite collectivité agricole soient sur place pour lui procurer
un soutien moral. Nombre cl' entre elles commencèrent à lancer
des obscénités à mon père pendant que le shérif le retenait.
Je vis avec horreur mon enthousiasme se transformer en réel
embarras. Effrayé par le conflit grandissant, et humilié de voir
notre différend familial dévoilé devant tous mes amis et voisins, je
courus loin de cette scène honteuse me réfugier dans notre grange
la plus proche. Claquant la porte derrière moi, je me précipitai
dans le silo à maïs et m'y enterrai j usqu'au cou.

31
Suisje tm bon père >

Esseulé dans cette calme obscurité, ma honte se changea douce­


ment en colère. J 'étais furieux de ce que l'alcoolisme de mon père
ait entraîné de telles divisions chez nous. J'étais en colère parce
qu'il était rarement sobre. Et j 'étais contrarié parce qu'il était à
!'origine de tant de souffrance dans la vie de ma mère. Mais plus
que tout cela, je me sentais seul.
Je restai là, allongé dans le maïs des heures durant. Personne ne
vint me chercher. Mon père ne remarqua même pas que je n'étais
plus là. Je me sentis oublié. Je me sentis « personne ».

Le papa inattentif :
faible en relations etfaible en règles

Linattention ou le manque de communication transmet le mes­


sage suivant à un enfant : « Tu ne vaux rien. Tu n'es pas i mportant.
Tu es insignifiant. » Là encore, la blessure prend généralement une
forme intérieure de ressentiment et extérieure de rage.

Le type affectueux
Ce dernier type d'éducation parentale est simplement l'ap­
proche affectueuse. Ce genre de père considère les intérêts de ses
enfants comme sa principale priorité. I l n'est plus ici question de
tentative d'équilibrage entre les bonnes mesures de règles et de
relations, mais plutôt d'un père qui intègre les règles dans sa rela­
tion d'amour envers ses enfants. Ainsi, ses enfants apprennent ra­
pidement que les règles proviennent d'un cœur remplit d'amour
qui cherche à les protéger de tout mal tout en répondant à leurs
besoins. Le pasteur aux enfants rebelles et coléreux avait un pro­
blème. Mais le problème ne venait pas tant de ses enfants que
de lui-même. J'aurais aimé posé à ce père la question suivante :
« Est-ce que tes enfants savent pourquoi tu mets en place toutes
ces règles ? » Je doute que ses enfants l'aient su. Et je ne suis pas

32
Je ferai de mon mieux pour toujours dire la vérité avec amour

certain non plus qu'il savait pourquoi il était à ce point exigeant


au niveau des règles à suivre.
Car lorsque nous plaçons les règles dans le contexte d'une rela­
tion, cela explique leur mise en place : les règles sont là pour pour­
voi r au bien-être et pour protéger.
Après que l'apôtre Paul ait invité les pères à ne pas pousser
leurs enfants à la colère, il continue en disant : « Mais élevez-les en
les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur » ( Éphésiens
6.4b) . La discipline du Seigneur a toujours à cœur le meilleur inté­
rêt de la personne. Lauteur d'Hébreux a écrit ceci : « Car le Sei­
gneur châtie celui qu'il aime . . . Dieu nous châtie pour notre bien »
(Hébreux 1 2.6a, l üb) .
Si nos enfants se fâchent et se mettent en colère et résistent à
nos règles (des règles mises en place pour leur propre bien) , alors
cesser d'insister sur ces règles peut ne pas sembler très sensé en
apparence. On pourrait penser que marteler davantage ces règles
serait la solution la plus efficace. Mais en général, cela ne produit
rien de bon et augmente au contraire leur colère et leur ressenti­
ment. Ce que nos enfants ont besoin de voir, c'est que nos règles
sortent d'un cœur rempli d'amour et sont réellement bonnes pour
eux, tout comme le sont les instructions et les commandements
qui viennent de Dieu. En tant que pères, nous devons apprendre
comment placer la vérité de Dieu et les règles familiales en plein
cœur de nos relations d'amour.

Le papa affectueux :
Les règles sont mises en place au sein d'u ne relation d'amour

Relations

Règles

33
Suis-je 1111 bon père ?

Comment dire la vérité


Un peu p lus tôt dans le livre d' Éphésiens, l'apôtre Paul em­
ploie les termes suivants : « professer la vérité dans l'amour »
( Éphésiens 4. 1 5) . Ce qu'il voulait dire, c'est que la vérité et les
règles doivent toujours provenir du cœur d'une relation pleine
d'amour. La véritable raison pour laquelle vous voulez que vos
enfants suivent certaines règles, c'est parce que c'est ce qu'il y a
de mieux pour eux. Comme vous les aimez, vous voulez qu'ils
obéissent à ces règles. Cependant, la plupart des enfants auront
tendance à voir les règles mais pas le contexte relationnel. Et il y
a une bonne raison à cela.
Quel que soit notre style d'éducation, la plupart des hommes
fonctionnent de telle sorte qu'ils voient la vie d'une manière plus
logique et rationnelle que les femmes. Loin de moi l'idée d'en faire
une généralité, mais les pères ne sont habituellement pas « chaleu­
reux » ; ils ne sont généralement pas intuitivement relationnels.
Cela ne veut pas dire que les hommes ont du mal à développer
des amitiés ou n'apprécient pas les connections relationnelles ; au
contraire pour la plupart. Cependant, il ne semble pas naturel pour
la plupart d'entre nous de considérer la nécessité d'intégrer vérité
et règles dans le contexte solide des relations. Nombre d'entre nous
diraient que les règles sont les règles et qu'elles doivent être suivies
sans tenir compte des relations, n'est-ce pas ?
La vérité, c'est que Dieu nous a destinés à suivre des règles jus­
tement à cause des relations. Il y a dans la vie les choses à faire et
celles à ne pas faire, mais elles sont là pour notre bien-être et pour
nous protéger de tout mal. C'est ce qu'une personne impliquée
dans une relation d'amour veut faire : protéger ceux qu'elle aime et
pourvoir à leurs besoins.
Pourquoi dites-vous à vos enfants « Ne touche pas la cuisi­
nière ! » « Regarde des deux côtés avant de traverser la rue ! » « Res­
pecte les limitations de vitesse ! » ? Vous le faites parce que vous
aimez vos enfants. Vous les avertissez parce que vous ne voulez
pas qu'ils soient blessés. Sortez ces instructions du contexte d'une

34
jeferai de mon mieu.� pour toujours dire la vérité avec amour

relation, et elles ne ressemblent plus qu'à des restrictions semblant


vouloir supprimer tout plaisir dans la vie.
C'est pour cela qu'en tant que pères, nous devons constamment
et intentionnellement lier chaque règle que nous donnons à nos
enfants à notre amour infaillible pour eux. C'est ce que Dieu a fait
pour nous - or nous !'oublions si souvent. Pourtant, Dieu n'est
pas un applicateur de règles qui contrôle tout et nous observe en
permanence pour nous attraper en train de faire quelque chose de
mal. Il n'est pas non plus un Dieu permissif ou inattentif. C'est
un Dieu aimant, qui désire le meilleur pour nous. Le roi David a
dit ceci : « Rends-moi j ustice, Éternel ! Car je marche dans l'inté­
grité . . . Car ta grâce est devant mes yeux, et je marche dans ta
vérité » (Psaumes 26. 1 , 3) . David a vu la vérité de Dieu à travers
son amour infaillible. Notre Dieu est un Dieu d'amour, qui nous a
donné, à vous et moi, des directives au sein desquelles les relations
fleurissent et s'épanouissent. Les règles sont là pour créer un sol
fertile nécessaire au bon développement de relations saines. C'est
ce que je me suis efforcé de communiquer à mes enfants.
« Papa, je m'amuse vraiment bien ici » , me disait Kelly, la voix
teintée d'excitation. Je pressai mon doigt sur l'oreille tout en tenant
le téléphone collé contre !'autre oreille. « J'ai du mal à t'entendre,
ma chérie, lui répondis-je, parle un peu plus fort. »
Les voix que j 'entendais derrière elle provenaient des camarades
de classe de Kelly qui célébraient la fin de leur année de quatrième
dans la maison d'une amie. « Sarah veut que je reste passer la nuit
ici » , s'écria Kelly par-dessus les bruits de la fête. « Est-ce que je
peux ? » Je posai quelques questions et découvris qu'un certain
nombre de garçons restaient à la fête après vingt-deux heures. De
plus, il n'y avait aucune garantie que ces garçons n'aient apporté
en douce de la bière.
« Je pense qu'il vaut mieux que ru rentres à la maison une fois
la fête terminée », dis-je alors à ma fille. « Mais papa, protesta
Kelly, les parents de Sarah sont là et ils nous surveillent vraiment. »
« Je sais que ce sont de bons parents, répondis-je, mais je ne suis

35
S11is-je 11n bon père ?

pas vraiment rassuré à cause de la présence de certains garçons. »


Quelques-uns des noms des garçons mentionnés par Kelly étaient
connus dans les environs pour être de gros buveurs de bière en
soirée, et il n'était pas question que je la laisse passer la nuit avec ce
genre de fêtards dans les parages.
Kelly rappela trois fo is au cours de la demi-heure suivante. À
un moment donné, elle commença à pleurer, et je compris ensuite
ce qui se passait. Quelques-unes des amies de Kelly voulaient aussi
rester dormir sur place, mais elles devaient également avoi r la per­
mission de leurs parents. La stratégie envisagée était la suivante :
il fallait faire en sorte que le père de Kelly McDowell dise oui
pour que ses amies puissent ensuite dire à leurs parents : « Josh
McDowell laisse Kelly dormir chez Sarah. » Cependant je restai
ferme.
« Kelly, tu dois être à la maison pour vingt-deux heures » ,
lui rappelai-je sans aucune hésitation dans la voix. « D 'accord,
d'accord », me dit-elle la voix brisée. Avant de raccrocher, j 'eus le
temps d'entendre de façon très nette les reniflements de ma fille. Je
détestai la décevoir, même si je savais que ce que j'attendais d'elle
était le meilleur pour elle.
Les règles et les restrictions que j 'ai données à mes enfants
avaient consciemment pour objectif leur bien-être. Ce n'était pas
pour avoir le contrôle sur eux, comme ce n'est pas non plus le cas
avec Dieu. Chaque commandement, chaque instruction et règle
qu'il nous donne ont un but relationnel ; ils sont donnés pour
notre bien. Après que Jésus ait communiqué ses instructions à ses
disciples, il leur dit : « Si vous savez ces choses, vous êtes heureux,
pourvu que vous les pratiquiez » Qean 1 3. 1 7) .
Comme je l'ai dit, les règles de Dieu nous sont données dans
notre intérêt et pour nous protéger de tout mal. Moïse avait dit
aux enfants d'Israël « [d'observer] les commandements de l' É ternel
et ses lois que je te prescris aujourd'hui, afin que tu sois heureux »
(Deutéronome 1 0. 1 3) . Chaque commandement que Dieu donne
vient de son profond désir de pourvoir à nos besoins et de nous

36
jeforai de mon mieuxpour toujours dire la vérité avec amour

protéger. Et les ordres que nous donnons à nos enfants devraient


venir avec la même motivation : nous devons donc nous assurer
qu'ils aient bien conscience de cela. Lorsque nous agissons ainsi,
nous « les élevons en les corrigeant et en les instruisant selon le
Seigneur » ( Éphésiens 6.4b) .
Quand je demandai à Kelly de rentrer à la maison à vingt-deux
heures et de ne pas rester dormir sur le l ieu de la fête, je ne le fai­
sais pas pour moi-même. Je n'avais aucune satisfaction à en tirer.
C'était pour son bien à elle. Je recherchai le meilleur pour ma fille.
Je voulais la protéger des i nfluences néfastes et lui fournir un envi­
ronnement plus sain dans lequel elle pourrait se développer émo­
tionnellement, relationnellement et spirituellement. Et ce qu'il y a
de formidable, c'est qu'elle le comprit.
Lorsqu'elle rentra ce soir-là, Dottie et moi étions déjà allés nous
coucher. Mais elle entra dans notre chambre et nous réveilla pour
nous remercier de ne pas !'avoir laissée dormir sur place. « Papa,
me dit-elle, je n'avais pas vraiment envie de rester au début. Mais
les autres filles faisaient pression sur moi pour que tu dises oui,
parce qu'elles pensaient ainsi obtenir un oui de leurs parents aussi.
Donc en fait, tu m'as donné la raison dont j'avais besoin pour par­
tir. Merci de m'avoir apporté la solution. »

Ce qu'une relation d'amour signifie réellement


Le lendemain , je revins sur le sujet et réaffirmai à Kelly que
ce que je voulais faire, c'était la protéger de mauvaises influences
et lui donner ce qu'il y avait de mieux pour elle. Je lui dis que j e
ferais tout (que j e sacrifierai m o n temps e t mon énergie, e t même
ma propre vie pour elle) à cause de mon amour pour elle. C'est la
nature même de l'amour ; il recherche l'intérêt des autres. La Bible
dit : « L'amour est patient, il est plein de bonté ; !'amour n'est point
envieux, l'amour ne se vante point, il ne s'enfle point d'orgueil , i l
n e fait rien d e malhonnête, il n e cherche point son intérêt, il n e
s'irrite point, i l ne soupçonne point l e mal » ( 1 Corinthiens 1 3.4-
5). Autrement dit, l'amour vrai est altruiste.

37
Suis-je un bon père >

Jésus a dit : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent
pour vous, faites-le de même pour eux . . . » (Matthieu 7. l 2a) . « Tu
aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22.39b) .
Lapôtre Paul décrit ainsi un tel amour désintéressé : « Que chacun
de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi
ceux des autres » (Philippiens 2.4) . Quand Paul applique cette
recommandation aux maris, il leur dit « d'aimer leurs femmes
comme leur propre corps . . . Car jamais personne n'a haï sa propre
chair, mais il la nourrit et en prend soin » ( Éphésiens 5 .28a, 29a) .
Ce genre d'amour généreux nourrit, entretient et pourvoit aux
besoins des autres, tout en les chérissant et en les protégeant. À
partir de ces versets et d'autres encore, nous pouvons définir ce
que signifie réellement une relation d'amour. Aimer réellement
quelqu'un implique de faire en sorte que la sécurité, la joie et le
bien-être de cette personne soient aussi important que les nôtres.
Est-ce que vos enfants savent à quel point vous les aimez ? Ne
partez pas du principe qu'ils le savent d'emblée. Je pressentais que
les trois enfants rebelles de mon ami ne savaient pas vraiment com­
bien leur père les aimait. C'est pour cette raison que je lui avais
dit de supprimer les règles établies. Je continuai en lui disant de
travailler davantage sur les relations. Il était nécessaire qu'il leur
montre encore et encore que leur propre sécurité, bonheur et bien­
être étaient aussi importants que les siens. C'est cela dire la vérité
avec amour.
Prenez le temps de vous asseoir avec vos enfants et dires-leur
que vous ne désiriez rien d'autre que leur bonheur. Expliquez-leur
que tout ce que vous faites et dites est en quelque sorte une ten­
tative, aussi imparfaite soir-elle, de les protéger de tout mal et de
pourvoi r à leurs besoins. Ouvrez-leur votre cœur. Laissez vos en­
fants ressentir votre affection et votre intérêt afin que votre relation
puisse s'approfondir encore davantage.
Il y a quelques années, la Dartmouth Medical School entreprit
une étude scientifique sur les jeunes. Le projet, appelé « Hardwi-

38
Jeferai dt' mon mieux pour toujours dire ln vérité avec amour

red to connect1 », avait pour but d'analyser les résultats de 260 cas
d'études. Le rapport stipula que 1 OO % de toutes les études effec­
tuées et analysées démontraient une chose : dès la naissance d'un
bébé, son cerveau est physiquement, biologiquement et chimique­
ment câblé pour se connecter aux autres à travers des relations. Le
D' Allan Schore, un expert hautement respecté de l'UCLA School
of Medecine, parvient à la conclusion suivante : « Nous sommes
nés pour former des attaches. Nos cerveaux sont physiquement
câblés pour se développer en tandem avec d'autres au moyen d'une
communication émotionnelle, et ce, avant même que des mots
soient prononcés2• »
Dans le plan de Dieu, la vérité était destinée à être découverte et
expérimentée dans le contexte d'une relation d'amour. Des règles
données au sein de relations empreintes d'amour entraîneront plus
vraisemblablement une réaction positive. À l'inverse, si vous res­
tez très ferme sur les règles et les restrictions établies, et que vos
enfants ne se sentent pas émotionnellement en sécurité dans votre
amour, vous pouvez alors vous attendre à de la colère, de !'amer­
tume et de la frustration de leur part (ce qui sera par exemple le
lot des pères qui contrôlent tout) . Donnez à vos enfants tout ce
qu'ils veulent quand ils le veulent et vous les exaspérerez (ce qui
sera le cas des pères qui laissent tout faire) . Laissez-vous entraîner
par les diverses obligations de votre vie et comportez-vous en père
absent, et vous verrez que vos enfants auront le sentiment de n'être
personne, ce qui les amènera à ressentir de l'amertume (ce sera le
lot des pères inattentifs) .
Par contre, si vous mettez en place vos instructions et vos règles
dans le contexte d'une relation pleine d'amour, alors vos enfants
sauront que tout ce que vous dites et faites a pour but leur protec­
tion et leur bien-être, et de fait vous pourrez constater une réaction

1 NDT : Câblés pour êrre connectés.


2 The Commission on Chi/dren at Risk, Hardwired to Connect: The Scientific Case
for Authoritative Communications (New York: Broadway Publications, 2003).

39
positive (ce sera le cas pour les pères affectueux) . C'est en effet cela
l'engagement n° 1 : faire votre possible pour toujours dire la vérité
dans le contexte d'une relation d'amour.

40
3
ENGAGEMENT N°2

Je ferai de mon mieux pour


être responsable envers mes enfants
plutôt que d'être responsables d'eux

PREMIÈRE PARTIE

ous deux, là, redressez-vous, s'écria Madame Carlson ,


« V ou je vous envoie sur-le-champ dans le bureau du direc­
teur ! » Les deux élèves turbulents de CM2 venaient tout j uste
d'être réprimandés pour ne pas avoir fait leurs devoirs et à présent,
ils se voyaient grondés parce qu'ils perturbaient la classe.
Mon fils Sean se trouvait assis à quelques tables de ces deux
perturbateurs. Ils faisaient partie de son équipe de football mais
ne prêtaient pas vraiment attention à lui. Non pas qu'ils se mon­
traient ouvertement hostiles vis-à-vis de lui, mais il ne se sentait
absolument pas le bienvenu parmi eux.
Sean voulut alors impressionner les « deux coriaces » afin d'être
lui aussi considéré comme un « dur ». Il décida donc de leur faire
voir qu'il était de leur côté. Il pensait qu'en faisant preuve d'un brin
de défiance vis-à-vis du professeur, cela ferait l'affaire. De fait, dès

41
S11is-je 11n bon père >

que Mme Carlson eut tourné le dos pour écrire quelque chose au
tableau, il lui fit un doigt d'honneur. . . qui ne passa pas inaperçu.
Une fois les cours terminés, tous les enfants, y compris ses deux
coéquipiers, se rassemblèrent autour de lui et le traitèrent comme
une célébrité. Le problème, c'est que Dottie et moi finîmes par
apprendre ce qu'il avait fait en classe, en conséquence de quoi il
perdit son statut de célébrité.
J'admets que l'incident était quelque peu embarrassant pour
moi. ]'aurais pu me montrer très dur envers Sean pour m'avoir
fait aussi honte. J'aurais pu avoir une attitude du genre « J'ai une
réputation à protéger et une image à préserver ». Si je l'avais fait,
je serais tombé dans le piège de l'égoïsme en pensant que le com­
portement de mon fils avait vraiment quelque chose à voir avec
moi, alors qu'en réalité, je n'étais nullement responsable de ce qu'il
avait fait ou n'avait pas fait. Nous, pères, ne sommes aucunement
responsables de ce que nos enfants font.
Cela peut sans doute vous paraître quelque peu étrange. De
nombreux pères ont le sentiment qu'ils sont responsables des ac­
tions de leurs enfants, un peu comme s'ils pensaient que ce que
leurs enfants font, en bien ou en mal, reflète la performance de
leurs propres parents. Et c' est le cas en quelque sorte. Nos enfants
portent notre nom de famille, et les gens ont tendance à rejeter
sur nous le blâme ou à nous féliciter selon le comportement de
nos enfants. Cependant, chaque individu fait ses propres choix et
chacun est responsable de ses propres actions.
« Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet
de se glorifier pour lui seul » (Galates 6.4-5) , dit l'apôtre Paul. Les
gens font des choix, et les enfants sont eux-mêmes des personnes.
Nous ne sommes pas responsables des choix des autres.
Même le Dieu tout-puissant et omnipotent n'est pas respon­
sable du comportement des hommes. Il permet à chacun d'entre
nous de choisir de faire le bien ou le mal. À nous aussi de choisir
d'avoir ou non une relation d'amour avec lui. Il a agi ainsi dès le

42
Jeferai de mon mieux pour être responsable envers mes enfants plutôt que dëtre responsables d'eux

commencement, avec Adam et Ève. Cette première relation était


basée sur un amour authentique qui devait s'exprimer librement
et volontairement. Le premier couple avait la l iberté de choisir, et
avec cette liberté de choix, Dieu prenait un risque.
Le risque était en effet qu'Adam et Ève rejettent les règles de
D ieu, qui leur avaient été données dans le contexte d'une relation
d'amour. L'amour authentique ne pouvait être forcé. Dieu savait
qu'ils avaient le choix de l'aimer en retour ou non. Il savait aussi
les conséquences dévastatrices qui s'ensuivraient s'ils le rejetaient.
C'est pour cela que l'idée même que ces êtres humains qu'il avait
créés puissent tenter de satisfaire leurs besoins sans faire appel à
lui produisit de la jalousie. Dans le passage des Écritures où l'on
trouve son premier commandement, il est écrit : « Tu ne te pros­
terneras point devant un autre dieu ; car l' Éternel porte le nom de
jaloux, il est un Dieu jaloux » (Exode 34. 1 4) . Une autre version
parle du « Dieu jaloux » comme d'un Dieu « qui est passionné par
sa relation avec vous. »
Dans sa sainte jalousie, Dieu recherche le bien. Il ne veut tout
simplement pas nous voir souffrir des conséquences négatives de
nos mauvais choix. C'est pour cela qu'il nous a donné des instruc­
tions, des commandements et certaines règles à suivre. Comme
nous l'avons vu dans le chapitre précédent, ces lignes de conduite
sont pour notre protection et notre bien-être. Nous sommes libres
de choisir Dieu et ses voies, mais il ne nous forcera pas. Et il n'est
pas responsable des choix que nous faisons.

Responsable en vers

Cela ne veut pas dire que Dieu ne se sent pas responsable de sa


création. Comme dans notre exemple, il prend ses responsabilités
(non pour nous ou pour nos choix) , mais envers nous :

Il prend l'initiative de nous accepter pour ce que nous
sommes et a de fait envoyé Christ « [mourir pour nous]
alors que nous étions encore des pécheurs » (Romains 5 .8),
ce qui nous donne un sentiment de sécurité.

43
Suis-je un bon père ?


Il se rend également disponible pour nous. En effet, il a dit « Je
suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Mat­
thieu 28.20b), ce qui nous donne un senàment d'importance.

I l nous exprime sa reconnaissance. À ceux qui lui sont fi­
dèles, il dira : « C'est bien, bon et fidèle serviteur » (Mat­
thieu 2 5 . 23a) . Nous sentir appréciés nous donne un senti­
ment de valeur.

I l nous soutient en s'identifiant à ce que nous traversons.
Ainsi que l'affirment les Écritures, Jésus, notre souverain
sacrificateur, « compatit à nos faiblesses ; . . . , il a été tenté
comme nous en toutes choses, sans commettre de péché »
(Hébreux 4. l 5b) . Nous sentir compris nous donne un sen­
timent d'authenticité.

Il nous rend responsables de ce que nous faisons ou ne faisons
pas. Comme l'indique Paul, « Ainsi chacun de nous rendra
compte à Dieu pour lui-même » (Romains 1 4. 1 2) . Nous sen­
tir responsables nous donne un sentiment de responsabilité.

À l'instar de Dieu, nous pouvons nous aussi donner à nos
enfants un sentiment de sécurité, d'importance, de valeur,
d'authenticité et de responsabilité lorsque nous nous mon­
trons responsables envers eux plutôt que responsables d'e ux.

Prendre la responsabilité de tenir nos enfants responsables


leur donne un sentiment de responsabilité
Regardez autour de vous. Avez-vous déjà eu l'occasion de croi­
ser des jeunes ayant le sentiment d'avoir tous les droits, comme
si le monde leur devait quelque chose ? Moi, oui. Ce sentiment
est souvent favorisé chez les jeunes qui n'ont jamais été tenus
responsables de leurs propres actions. En grandissant, ils sont
devenus irresponsables, s'attendant à ce que les autres agissent à
leur place.
Ce que mon fils avait fait en classe était mal. « Faire un doigt d'hon­
neur » à quelqu'un était pour moi inacceptable. Sean devait être tenu
responsable pour ses agissements. Er comme je me sentais responsable

44
Jeferai de mon mieux pour être respomab/e envers mes mfants p/111ô1 q11e d'être responsables d'eux

envers Sean, je pris les choses d'une toute autre façon que si je m'étais
senti responsable de son comportement inacceptable.
Si je m'étais senti responsable de ce que Sean avait fait, j ' au­
rais trouvé une punition qui m'aurait donné la certitude qu'il ne
m'embarrasserait plus jamais de la sorte. C'eut été une approche
pour le moins égoïste, l'objectif étant de m'assurer du regard de
l'école et de l'entourage sur moi. Cette approche n'aurait pas aidé
mon fils à construire sa personnalité.
Dans le chapitre précédent, j'ai parlé du père affectueux, qui intègre
les règles qu'il veut mettre en place dans le contexte d'une relation em­
preinte d'amour. Or, un père affectueux placerait aussi la responsabili­
té et la discipline dans le contexte d'une relation marquée par l'amour.
Lauteur de l'épître aux Hébreux nous rappelle que « Dieu nous châtie
pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté » (Hébreux
1 2. 1 Ob). Dieu a un objectif lorsqu'il nous discipline : il désire nous
rendre davantage semblables à lui, ce qui est sans aucun doute pour
notre bien puisque nous avons été créés pour vivre à son image. Ainsi
notre sens du devoir est satisfait et nous trouvons une raison et une
joie de vivre. Quand nous tenons nos enfants responsables pour leur
propre bien et non le nôtre, cela touche aussi leur sens du devoir et
renforce leur sentiment de responsabilité.
Je dois confesser cependant que discipliner mes enfants dans le
contexte d'une relation d'amour m'était tout sauf naturel. Si Kelly
faisait quelque chose de mal, j'étais capable de la punir pendant six
mois quand deux nuits auraient été suffisantes. C'est Dottie qui m'a
aidé à comprendre le but de toute discipline : enseigner la responsa­
bilité plutôt qu'apprendre à survivre à une « peine de prison ».
Lorsque Dottie et moi eûmes vent de l'incident du « doigt
d'honneur » de Sean, nous avons pris le temps de nous asseoir
pour en discuter. Nous l'avons bien entendu fait sans qu'il puisse
observer ou entendre notre conversation. Parler de ces choses au
p réalable avec Dottie faisait pour moi une grande différence. Cela
me permettait d'évacuer toute attitude ou émotion malsaine. À
nous deux, nous trouvions un excellent équilibre. Elle me tempé-

45
Suis-je 11n bon père >

rait et je l'aidais à raffermir sa force morale. J'avais besoin d'une


réaction plus modérée et elle avait besoin d'être plus ferme. Nos
forces divergentes compensaient nos faiblesses, et par conséquent
nous étions plus efficaces dans l'éducation de nos enfants.
Ensuite, nous avons pris le temps de discuter avec Sean et, sans
émotion démesurée, essayé de comprendre pourquoi il avait fait
cela. Il n'est pas toujours possible de déterminer la raison pour la­
quelle vos enfants font ce qu'ils font, mais quand vous le pouvez,
non seulement cela vous aide, mais cela les aide, eux, également. Il
apparaissait clairement que Sean avait agi de la sorte parce qu'il vou­
lait « gagner » l'amitié de ses coéquipiers de football. Bien que ce soit
noble de vouloir se faire des amis, son action pour y parvenir était
tout le contraire, et c'est ce que j'essayai de lui faire comprendre.
C'était une bonne chose d'aider Sean à réaliser pourquoi ses agis­
sements étaient inappropriés, mais ce n'était pas nécessaire pour le
rendre responsable de ce qu'il avait fait. Il avait besoin d'être tenu
pour responsable, qu'il comprenne ou pas dans quelle mesure son
geste avait déshonoré son enseignante. Néanmoins, nous parvînmes
à le raisonner. Et je le laisse à présent vous dire comment cela s'est
terminé. Il avait la trentaine quand il a écrit ceci :
Mes parents ne m'ont pas puni, privé d'un ou deux repas ou
consigné dans ma chambre. Ils m'ont simplement fait asseoir
et ont calmement essayé de comprendre ce que j'avais fait et
pourquoi. Ils m'ont tous deux amené à voir combien mon
geste avait été irrespectueux envers mon professeur.

Reconnaître mes torts ne fut pas si difficile que cela. Par


contre, ce qu'ils me demandèrent de faire le fut bien plus.
Ils m'expliquèrent que je devais m'excuser auprès de Mme
Carlson devant toute la classe et que je demande pardon à
la classe entière également. Mon père m'encouragea en me
disant qu'il viendrait avec moi si je le voulais, mais je lui
répondis que j 'allais m'en sortir tout seul. Ce fut une expé­
rience humiliante, mais j 'appris ainsi à être responsable de
mes propres actes.

46
Jeferai de mon 111ie11x po11r é1re respomable envers mes enfants pl111ô1 q11e dë1re responsables d'eux

Et ce n'était pas tout. Mes coéquipiers trouvèrent que m'ex­


cuser ainsi devant tous était la chose la plus courageuse qu'ils
aient jamais vue. Et après cela, ils devinrent mes amis.

Prendre la responsabilité d'accepter nos enfants pour ce


qu'ils sont leur donne un sentiment de sécurité
« Mes enfants ne m'écoutent pas, Josh », ajoutait le père en se­
couant légèrement la tête. « Je ne me fâche pas vraiment avec eux.
J'essaie même de raisonner avec eux et de leur faire comprendre
que je suis obligé de les tenir responsables de leurs actes pour leur
bien. Pourtant, ils semblent me résister. Que dois-je faire ? »
Comme ce père, nombre d'entre nous commencent d'emblée
par rendre nos enfants responsables. À croire que respecter les règles
devrait avoir la priorité. Appliquer des règles, établir des lignes
de conduite, et tenir nos enfants responsables semble tellement
important. Cependant, avant même d'établir une quelconque res­
ponsabilité, nous devrions d'abord poser les fondements de l'ac­
ceptation. L'acceptation est la clef de voûte d'une relation . Toute
responsabilité doit être fermement instaurée au sein du contexte
d'une relation où chacun accepte l'autre tel qu'il est.
Vos enfants se sentent acceptés lorsqu'ils sentent et savent émo­
tionnellement que peu importe à quel point ils échouent ou se
comportent de façon stupide, leur père les aimera quand même.
Quand les enfants se sentent réellement acceptés par leurs pères,
ils se sentent en sécurité. Ils savent qu'on les apprécie et que leur
valeur n'est pas déterminée par leur niveau de performance. Ils se
sentent sécurisés dans cette relation parce qu'ils sont acceptés tels
qu'ils sont. La plupart des pères reconnaissent que c'est là l'idéal
qu'ils visent, et beaucoup croient y parvenir. En réalité cependant,
ils n'offrent souvent à leurs enfants qu'une acceptation basée sur
leurs performances, donc conditionnelle.
Autrement dit, tant que les enfants sont « bons » (réalisent de
bonnes performances), leur père les accepte tels qu'ils sont. Mais
si les enfants commettent des erreurs, échouent, deviennent tur-

47
Suis-je un bon père ?

bulents voire irraisonnables, cette acceptation disparaît, du moins


temporairement. Ainsi, les pères peuvent cesser de les accepter très
subitement, sans même en avoir conscience. L'enfant concerné,
par contre, le ressent très rapidement. Pour contrer une accepta­
tion basée sur la performance, nous devons, en tant que pères,
nous focaliser sur la personne et non sur ses prouesses.
Katie était déjà, à l'âge de six ans, une très bonne joueuse de
football. Après s'être échauffée avant l'un des matchs les plus im­
portants de la saison, elle traversa un jour le terrain en courant
pour me demander : « Papa, si je marque un but, est-ce que ru me
donneras un dollar ? »
« Sûr », lui répondis-je avec un sourire.
« Waouh ! » s'exclama Katie. Pour une petite fille de six ans, un
dollar un but était comparable à un contrat pluriannuel de la NBA.
« Attends une m inute », ajourai-je en l'attrapant avant qu'elle
ne coure rejoindre son équipe. « Même si ru ne marques pas de
but, je te donnerai quand même un dollar. »
« Vraiment ? »
« Oui, vraiment. »
« Waouh », répéta Katie en s'apprêtant à courir pour le début
du match.
« Une minute », lui dis-je encore. « Est-ce que ru sais pour­
quoi ? »
Ma fille de six ans s'arrêta et se retourna. Depuis au moins trois ans,
je m'efforçais de !'aider à comprendre ce que signifiait une acceptation
inconditionnelle, mais mes efforts semblaient vains. Cependant à ce
moment-là, elle me regarda et me dit : « Ouais, peu importe que je
sois bonne joueuse ou pas, ru m'aimes telle que je suis ! »
Ma fille n'aurait rien pu dire d'autre à cet instant-là qui ne m'ait
donné plus de joie. Je ne me souviens d'ailleurs plus si Katie a mar­
qué un but ou pas lors de ce match. Cela n'avait aucune impor­
tance. Ce qui comptait, par contre, c'est qu'elle avait compris que

48
Jeferai de mon mieux pour être responsable envers mes enfants plutôt que dëtre responsables d'eux

je l'aimais quelles que soient ses performances. Nos enfants ont


besoin de savoir que nous les aimons en tant que personnes, sans
regarder à leurs performances.

Comment parvenir à faire la distinction entre les perfor­


mances de quelqu'un et votre acceptation ?
Accepter une personne pour ce qu'elle est sans tenir compte de
ses accomplissements est souvent difficile. De nombreux pères sont
venus me voir pour me dire : « J'ai vraiment envie que mon fils
sente que j e l'accepte inconditionnellement, mais c'est vraiment
dur étant donné que je ne peux pas approuver sa façon de vivre. »
I l n'est pas rare de voir des pères faire l'amalgame entre approba­
tion et acceptation. Ils semblent incapables de réussir à faire la dis­
tinction entre les actions d'une personne et le fair de l'accepter telle
qu'elle est, comme si les mauvaises décisions pouvaient annuler
notre acceptation inconditionnelle. Cependant il existe un moyen
pour faire savoir à nos enfants qu'ils sont véritablement acceptés
sans prendre en compte leurs agissements. Il suffit de comprendre
comment Dieu nous accepte, chacun de nous.
Dieu est saint et « ne peur regarder l'iniquité » (Habakuk l . l 3a) .
« Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque
nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous »
(Romains 5 . 8 ) . Dieu déteste véritablement le péché, et pourtant il
nous accepte inconditionnellement malgré notre état de pécheurs.
Rappelez-vous qu'il ne nous a pas aimés, vous et moi, et qu'il n'a
pas envoyé son Fils à condition que nous acceptions son sacrifice
pour notre péché. Non, Jésus est mort pour nous « lorsque nous
étions encore pécheurs. »
Lidée même d'accepter quelqu'un dont vous ne pouvez approuver
les actions est souvent chose difficile. Mais comprendre que Dieu le
fair pour nous nous montre comment y parvenir. Voyez-vous, Dieu
trouve certes déconcertant nos acres pécheurs, mais la personne
même n'est pas déconcertante à ses yeux. Dieu est capable de faire la
séparation entre ce qu'une personne fair et ce qu'elle est.

49
S11is-je 1111 bon père ?

Nous commettons une erreur quand nous associons ce que


fait une personne à ce qu'elle est. D ieu n'agit pas ainsi. Il est vrai
que nous sommes pécheurs de naissance et, que ses « yeux sont
trop purs pour voir le mal » et qu'il « ne peut regarder l'iniquité »
(Habakuk 1 . l 3a) . Cependant, il nous accepte parce que nous
sommes ses enfants perdus créés à son image. Il fait la différence
entre notre « essence » créée à son image et semblable à lui, et notre
« nature » qui a été infectée par le péché.
Notre identité profonde - l'essence de notre similitude avec
Dieu - est ce que Dieu accepte. C'est notre péché qui a infecté
notre nature qu'il ne peut accepter. Et c'est notre péché qui nous
sépare de lui. Les Écritures disent que « ce sont vos crimes qui
mettent une séparation entre vous et votre Dieu » (Ésaïe 59.2a) .
La distinction est clairement faite entre c e que nous sommes et ce
que nous faisons. Si ce n'était pas vrai, Dieu ne pourrait séparer
nos péchés de nous et les jeter dans les profondeurs de son océan
de pardon. « Autant l'orient est éloigné de l'occident, autant il
éloigne de nous nos transgressions », dit David (Psaumes 1 03 . 1 2) .
Cela revient en quelque sorte à dire : « Vos péchés sont éloignés
j usqu'aux extrémités de l'éternité. » Or comment peut-il dire une
telle chose ? Car « comme un père a compassion de ses enfants,
l'Éternel a compassion de ceux qui le craignent » (Psaumes 1 03. 1 3) .
À cause de ce que nous sommes, les enfants perdus de Dieu qu'il
aime et qu'il accepte, il lui est possible de séparer notre identité de
nos performances. Comme nous avons été modelés à son image, « il
aura encore compassion de nous, il mettra sous ses pieds nos iniqui­
tés ; tu jetteras au fond de la mer tous leurs péchés » (Michée 7. 1 9) .
Nous pouvons et devons agir de même envers nos enfants pour
qu'ils se sentent en sécurité dans notre amour. Nous devons séparer
leurs mauvais comportements de ce qu'ils sont : nos fils et nos filles.
Leurs agissements peuvent certes être déplorables et nous pouvons
être attristés lorsque nous réalisons que leurs péchés pourraient leur
causer douleur et souffrance. Ils n'en restent pas moins nos enfants
et nous devons les accepter reis qu'ils sont inconditionnellement.

50
jeferai de mon mieux pour être responsable envers mes enfants plwôt que dëtre responsables d'eux

Dieu nous accepte tels que nous sommes, et il peut nous donner la
capacité d'accepter nos enfants tels qu'ils sont également.
L'apôtre Paul dit ceci : « Accueillez-vous donc les uns les
autres, comme Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu »
( Romains 1 5.7).
L'histoire de la femme samaritaine est un exemple frappant de
l'acceptation inconditionnelle de Jésus. Cette femme que Jésus
rencontra au puits était socialement attaquée sur trois points :
c'était une femme, donc inférieure aux hommes dans la culture
dans laquelle elle vivait ; elle était Samaritaine et de ce fait mépri­
sée par les Juifs ; et enfin elle avait un style de vie immoral car elle
vivait avec un homme qui n'était pas son mari. Cette femme a dû
être surprise de constater que Jésus l'acceptait telle qu'elle était.
Elle s'est probablement demandé pourquoi lui, un homme, Juif de
surcroît, lacceptait. Pendant leur conversation, il n'est pas impos­
sible qu'elle ait eu les pensées suivantes :

je suis unefemme et c'est un homme. De plus, il peut voir que
je suis le genre defemmes auxquelles les étrangers n'ont aucune
raison de parler. Pourquoi me parle-t-il donc ?

Il est juif, et les juifs méprisent les Samaritains. Qu'est-ce qui
ne va pas chez lui ?

je suis unefemme adultère, ce qui rendpratiquement impossible
toute interaction éventuelle avec un homme bon, d'autantplus
lorsque celui-ci semble être un prophète. Que peut-il bien me
vouloir ?
Cette femme samaritaine n'avait jamais rencontré un homme
qui soit si réceptif, ouvert et accueillant. Elle savait que Jésus
n'avait aucune raison de l'accepter comme il l'avait fait. Puisqu'elle
était immorale, elle était rejetée par la plupart des gens. Elle devait
se sentir exclue et seule. Et pourtant, malgré tout cela, cet homme
extraordinaire l'acceptait les bras ouverts.
Son acceptation ne signifiait cependant pas qu'il excusait son
adultère ; en aucun cas . Pour autant, il ne montra aucune déception

51
Suis-je tm bon père ?

quand il la vit. Il pouvait encore voir la beauté, le potentiel, la valeur


et la dignité que son Père avait instillés en chaque être humain au
moment de notre création, et il l'aimait pour ce qu'elle était. Jésus
ne la condamna pas. Même si elle n'adorait pas correctement, il
l'aimait suffisamment pour lui dire la vérité. Il est également clair que
l'acceptation de Jésus n'avait rien à voir avec ses agissements. Rien de
ce qu'elle aurait pu dire ou faire, ou ne pas dire et ne pas faire, n'aurait
pu pousser le Messie à l'accepter comme il le fit, à lui montrer un tel
respect, et à lui faire prendre conscience qu'elle était accueillie dans sa
présence. Il l'acceptait telle qu'elle était et il lui fit entrevoir qui elle
pourrait être. Voilà la nature de l' acceptation de Jésus'.
Ce genre d'acceptation ne vous donne-t-il pas un sentiment de
sécurité ? Lorsque vous acceptez vos enfants de cette façon, cela
leur confère aussi sécurité. Ils sentent alors que quoi qu'ils fassent
ou ne fassent pas, vous serez toujours le père qui les aime. Quand
ils se sentent ainsi acceptés, il est possible que vous les entendiez
citer cette variation de Romains 8.38 : « Je suis convaincu (e) que
rien ne peut me séparer de l'amour de mon Père. »
C'est le genre de relations qui les poussera à s'ouvrir à vous et à
vous partager leurs soucis et leurs combats, leurs questions et leurs
craintes, leurs espoirs et leurs rêves. Acceptez votre enfant rel qu'il
est et vous aurez un enfant qui se sent suffisamment en sécurité
pour vous partager son cœur. Prendre la responsabilité d'accepter
nos enfants tels qu'ils sont leur donne un sentiment de sécurité.

1 Tiré du livre Experience Your Bible, de Josh McDowell et Sean McDowell


(Eugene, OR: Harvest House Publishers, 20 1 2) , p. 45-46.

52
4
ENGAGEMENT N°2

Je ferai de mon mieux pour


être responsable envers mes enfants
plutôt que d'être responsables d'eux

SECONDE PARTIE

J
'étais vraiment sous pression. La date limite pour remettre le
livre approchait à grands pas, et il me fallait à tout prix me
concentrer sur la rédaction et la correction . Même si le souvenir
de cette expérience me ramène plus de trente ans en arrière, j e
me l e rappelle très bien. J'étais e n plein milieu de la révision d'un
chapitre lorsque mon fils Sean, âgé de deux ans, arriva j usqu'à moi.
« Tu veux jouer, papa ? » gazouilla-t-il plein d'attente.
En tant que parent « expérimenté » (nous étions déjà passés par
ce stade des deux ans avec Kelly), j'aurais dû comprendre que tout
ce que voulait Sean, c'était un câlin, une petite tape dans le dos et
une minute ou deux pour me montrer la nouvelle balle qu'il avait
dans la main . Mais je travaillais sur un chapitre important et je
pensais donc que je n'avais même pas une minute à perdre.

53
Suis-je un bon père ?

« Sean, peut-être un peu plus tard ? Je suis en plein milieu d'un


chapitre », lui répondis-je.
Il ne savait pas ce qu'était un chapitre, mais il comprit néanmoins
le message. Papa était trop occupé, et il valait mieux pour lui qu'il
parte. Il repartit en trottinant sans se plaindre, et je me replongeai
dans mon manuscrit. Mais mon soulagement ne fut que de courte
durée. Dottie arriva bientôt et s'assit pour une « petite conversation. »
Elle commença ainsi : « Chéri, Sean vient j uste de me dire que
tu étais trop occupé pour jouer avec lui. Je sais que ce livre est
important, mais j 'aimerais simplement souligner une chose. »
« À savoir ? » demandai-je, une certaine i mpatience dans la
voix, voyant que c'était à présent ma femme qui m'empêchait
d'avancer dans mon projet si important.
« Josh, je pense qu'il faut que tu réalises que tu auras toujours
des rédactions à faire, et que tu auras toujours des échéances à
respecter. Ta vie entière sera remplie de recherches et de projets en
cours. Par contre, tu n'auras pas toujours un garçon de deux ans
qui veut s'asseoir sur tes genoux, te poser quelques questions et te
montrer sa nouvelle balle. »
« Je crois que j 'ai bien compris ce que tu voulais dire, et ce que
tu dis est très sensé comme toujours. Mais là tout de suite, il faut
vraiment que je termine ce chapitre », répondis-je.
« Très bien, Josh, me dit-elle, mais penses-y. Tu sais, si nous
passons du temps avec nos enfants maintenant, ils en passeront
avec nous plus tard. »
Je pris le temps d'y réfléchir, et plus j 'y pensais, plus les propos
de Dottie me faisaient l'effet d'un couteau me traversant en plein
cœur. Elle avait raison. J'aurai toujours des dates limites à respec­
ter, des contrats à remplir, des appels téléphoniques à passer, des
gens à voir et des avions à prendre. Par contre mes enfants ne se­
raient enfants que pendant une certaine durée. Les années allaient
passer rapidement. Et est-ce que j 'aurai davantage de temps à leur
consacrer que cette année ?

54
Jeferai de mon mieiLY pour être responsable envers mes enfants plutôt que d'être responsables d'eux

Je savais ce que serait la réponse si je ne changeais pas ma façon


de faire. Alors intérieurement, sans grands discours ni fanfares, je
pris une décision. Et depuis, je me suis efforcé de placer mes en­
fants avant mes contrats, mes échéances et les appels. Depuis plus
de trente ans maintenant, je fais mon possible pour que ma famille
soit ma principale priorité.

Prendre la responsabilité d'accorder du temps à nos


enfants leur donne un sentiment d'importance
Vous pouvez donner à vos enfants une poupée Barbie, un
smartphone, un lecteur de jeux vidéos, de nouveaux vêtements (de
marques) mais rien n'aura plus d'importance pour eux que votre
temps. Les enfants épellent l'amour T-E-M-P-S. Quand vous vous
rendez disponible pour vos enfants, cela signifie pour eux qu'ils
sont importants.
Imaginons que vous soyez un bon ami du cadre dirigeant de
l'entreprise dans laquelle vous travaillez, et c'est votre patron. Un
vendredi, vous avez besoin de le voir au plus vite. Vous vous ren­
dez donc j usqu'à son b ureau et vous demandez à son assistante si
vous pouvez lui parler quelques minutes seulement. Celle-ci vous
répond : « Je suis désolée, mais il n'est vraiment pas disponible
avant mardi. Vous devrez revenir. »
Comme vous avez réellement besoin de le voir maintenant,
vous i nsistez auprès de son assistante en disant : « Écoutez, je ne
lui prendrai pas beaucoup de temps. Faites-lui savoir que c'est moi
et que j'ai besoin de le voi r. Cela ne prendra qu'une minute. » Sup­
posez ensuite que la secrétaire appelle votre patron pour lui dire
que vous êtes là. Elle mentionne votre nom, mais rout ce qu'elle
s'entend dire, c'est : « Dites-lui de m'envoyer un e-mail sur le sujet
en question, je suis vraiment trop occupé pour le voir là tout de
suite. Dites-lui de revenir mardi prochain. »
Alors, comment vous sentiriez-vous ? Certes, vous compren­
driez son besoin de respecter certaines dates et qu'une personne a
ses limites quant à la quantité de travail qu'elle peut accomplir en

55
Suu-je un bon père ?

une journée. Cela ne vous empêcherait pas de vous sentir un petit


peu ten u à l'écart et de penser : « Apparemment je ne suis pas suf­
fisamment important aux yeux de mon patron pour qu'il accepte
de me voir. »
C'est ce que ressentent vos enfants lorsque vous leur répondez
l'équivalent de « Désolé, reviens mardi prochain. » Cela nécessite
du temps et des efforts pour que vos enfants se sentent importants.
Or c'est de votre temps j ustement qu'ont besoin vos enfants.
Les pères doivent donner de leur temps à leurs enfants, mais
c'est d'un certain type de temps dom ils ont besoin. Se contenter
d'être j uste là avec eux ou faire en sorte qu'ils vous suivent dans
votre choix d'activité n'est pas ce qu'ils attendent de vous. Ce qui
compte, c'est que vous entriez dans leur monde et que vous mon­
triez de l'intérêt pour ce qu'ils sont et ce en quoi ils s'impliquent.
Je me souviens d'un père venu me voir se lamentant parce que
cela ne donnait rien quand il passait du temps avec son fil s. « Il
s'est contenté d'errer ici et là route la journée », m'expliquait-il.
« Mon fils ne semblait pas du tour s'amuser. »
« Qu'avez-vous fair avec lui ? » lui demandai-je. « Je l'ai emmené
jouer au golf avec moi. » « Est-ce que votre fils aime le golf ? » le
questionnai-je. » « Non, mais moi oui », me répondit-il.
Vous rendre disponible pour vos enfants signifie que vous
cherchez à vous impliquer dans leurs vies et à vous intéresser à leur
monde. Vous ne pouvez pas forcément le faire à chaque fois que
vous êtes avec vos enfants, mais plus vous vous identifierez à leur
monde, plus ils se rapprocheront de vous.
J'ai entendu des pères me dire : « Josh, mon emploi du temps est
tour simplement trop chargé pour que je puisse passer la quantité
de temps que je voudrais avec mes enfants, je préfère donc me
focaliser sur la qualité du temps que je passe avec eux. » L'un des
mythes assez courants de nos jours est celui du « temps de qualité ».
Bien entendu, nous voulons tous des moments de qualité avec nos
enfants. Cependant, vous n'obtenez pas du temps de qualité en

56
Jeferai de mon mieux pour être responsable envers mes enfants plutôt que dëtre responsables d'eux

prenant rendez-vous avec eux ou en passant un temps très court


en leur compagnie. C'est en passant de grandes quantités de temps
avec eux que vous aurez des moments de qualité. La qualité découle
de la quantité. Il vous faut les deux !
Un autre mythe dont nous sommes victimes est le suivant :
« Ce sont les grands moments qui comptent. » Vous pourriez appe­
ler cela les expériences Disney World, ces grandes excursions qui
prennent toute la journée (voire toute la semaine) et qui coûtent
généralement très cher. Ces « grands moments » i ncluent par
exemple une sortie à un parc de loisirs, au cinéma ou au zoo, un
voyage au ski ou une croisière. J'avais tendance à penser aupara­
vant que c'était ce genre de grands moments qui comptaient pour
mes enfants, alors je faisais en sorte de les emmener quelque part
pour leur permettre de passer un bon moment. Puis un jour, Dot­
tie vint me dire avec sa façon calme mais toujours précise : « Chéri,
ce ne sont pas les grands moments dont ils vont se souvenir. Ce
sont tous les petits moments constants qui les façonneront. C'est
de cela dont ils se souviendront vraiment. »
Ella avait raison. Notez sur votre agenda quelques expériences
Disney World de temps en temps, car ces grands moments sont
nécessaires. Mais vous ne pourrez j amais remplacer ces petits mo­
ments réguliers que vous passerez avec eux. Faites votre possible
pour prendre la responsabilité d'accorder du temps à vos enfants et
vous leur donnerez ainsi le sentiment qu'ils sont importants.

Prendre la responsabilité d'exprimer votre appréciation à


vos enfants leur donne un sentiment de valeur
Accepter un enfant sans condition pour qui il est, est fo nda­
mental pour bâtir une relation solide. Exprimer son appréciation
à un enfant est la composante nécessaire pour lui don ner un sen­
timent de valeur.
Accepter vos enfants inconditionnellement signifie pour eux
que leur personne vous importe. Exprimer votre appréciation leur
transmet ce message que leurs actions comptent aussi. Cela leur

57
Suis-je rm bon père ?

donne le sentiment d'être estimés et que leurs acres sont impor­


tants aux yeux de leur père. L'appréciation véhicule l'idée suivante :
« Eh, mais je compte pour lui ! Mon père aime quand je suis avec
lui, et il est fier de moi ! »
L'appréciation est un principe pleinement biblique. Quand
Jésus fut baptisé, son Père céleste exprima son appréciation en
disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j 'ai mis toute
mon affection » (Matthieu 3. 1 7) . Que signifiaient ces paroles du
Père céleste ? Il voulait exprimer son appréciation envers et pour
son Fils. Si Dieu le Père a pris le temps de faire savoir devant tous
les gens présents qu'il appréciait son Fils, nous devrions nous aussi
prendre le temps d'exprimer notre appréciation à nos enfants à la
maison et en public.
Malheureusement, de nombreux enfants grandissent sans rece­
voir d'appréciation ou d'approbation. Ils finissent par apprendre à
se méfier des compliments, s'imaginant qu'ils sont peut-être fac­
tices. Pensez à faire le test avec vos enfants. Allez vers l'un d'eux en
lui disant : « Il faut que je te parle. »
« Hein, y'a un problème ? » répondra-t-il ou elle peut-être.
Dites ensuite : « Non, je voulais juste te dire que tu avais fait du
bon travail ! » Et précisez ensuite de quoi vous voulez parler.
Vous remarquerez que plus vous encouragerez vos enfants pour
ce qu'ils font de bien, moins vous aurez à les critiquer et à les dis­
cipliner pour ce qu'ils font de mal. En effet, les paroles d' encou­
ragement deviendront une motivation pour un meilleur compor­
tement.
Quand j'étais jeune père, j 'avais tendance à chercher à sur­
prendre mes enfants en train de faire quelque chose de mal et
ensuite à les discipliner à cause de leur mauvais comportement. Je
me croyais obligé de corriger presque tout ce qu'ils faisaient. Par
exemple, si j 'apprenais que Kelly avait obtenu un A sur son bulle­
tin scolaire, je n'interrompais pas mon travail pour lui dire « Bon
travail ! » Mais il m'arrivait ensuite d'avoir oublié au moment du

58
Jefemi de mon mieux pour être responsable envers mes enfants plutôt que dëtre responsables d'eux

dîner et de ne pas la féliciter. Par contre, si j'apprenais qu'elle avait


frappé sa sœur, je lui disais immédiatement : « Jeune fille, viens ici
tout de sui te. ] 'ai besoin de te parler. »
Je pourrais vous donner d'innombrables exemples d'anecdotes
où je me suis focalisé sur le comportement négatif de mes enfants à
cette époque-là. Ce que je ne réalisais pas, c'est qu'en agissant ainsi
je leur enseignais quelque chose que j e ne voulais pourtant pas du
tout leur communiquer : « Le moyen le plus rapide d'obtenir l'at­
tention de papa est de faire quelque chose de mal. » Aujourd'hui,
lorsque je parle à des jeunes à travers tout le pays, j 'estime qu'envi­
ron quinze enfants sur vingt me disent que c'est exactement ainsi
que ça se passe chez eux. Ils peuvent obtenir l'attention de leur
père ou d'autres adultes bien plus rapidement s'ils font quelque
chose de mal.
Au m ilieu des années 1 980, alors que mes enfants avaient en­
core tous moins de 1 1 ans, Dieu me parla à travers (et contre toute
attente) un livre intitulé Le manager minute. Dans ce l ivre, les
auteurs Kenneth Blanchard et Spencer Johnson soutenaient l' opi­
nion que les managers pourraient aider leurs employés à se fixer et
atteindre des objectifs commerciaux s'ils appliquaient ce principe
de chercher à les surprendre en train de faire quelque chose de
bien et à leur exprimer ensuite leur appréciation pour les efforts
fournis. Il était facile d'adapter ce message à ma façon d'élever mes
enfants. Au lieu de restreindre mon rôle à être constamment à l' af­
fût des mauvaises actions de mes enfants dans le but de les corriger,
j'appris à adopter une autre attitude vis-à-vis de mes enfants. Ma
nouvelle devise était alors « Essaie de surprendre tes enfants en train
defaire quelque chose de bien etfélicite-les. » Cela ne voulait pas dire
que je n'allais plus m'occuper de leurs mauvais comportements
mais simplement que j 'allais à de nombreuses reprises compenser
tout effort disciplinaire en les surprenant à faire quelque chose de
bien pour les en féliciter.
C'est d'ailleurs amusant de voir comme une petite p hrase
comme celle-ci peur aboutir à un concept ou un principe. ] 'étais

59
Suisje tm bon père ?

déjà pleinement convaincu par rapport au fait qu'il faut donner


à nos enfants une acceptation totale, mais j'avais du mal à ap­
prendre comment les apprécier vraiment. Une part de moi essayait
constamment d'accepter mes enfants, et l'autre de les corriger
quand ils agissaient mal. Pas étonnant que je me sois souvent senti
schizophrène ! Mais tout cela changea lorsque j 'inversai ma façon
de voir les choses. Au l ieu de me focaliser sur ce qu'ils faisaient de
mal, je commençai à faire de sérieux efforts pour guetter tout ce
qu'ils pouvaient faire de bien. Mon nouvel objectif était de trouver
chaque jour au moins deux choses chez chacun de mes enfants que
je pourrais apprécier et ensuite de m'assurer de les complimenter
sur ce que je les avais vus faire.
Je ne suis pas certain que mes enfants aient vu la différence
du jour au lendemain, mais moi oui. Ma façon de voi r les choses
changea complètement. Quand je voyais Kelly étudier, je lui
disais par exemple : « Ma chérie, j'aime bien te voir étudier. »
Lorsque je voyais Sean sortir la poubelle, je l'arrêtais pour lui dire :
« Sean, merci de t'être souvenu de sortir la poubelle. » Et quand

je surprenais Katie en train de ramasser ses jouets, je lui disais :


« Katie, papa apprécie vraiment de voir comme tu p rends soin de

tes jouets. » Quand Heather aidait sa mère à nettoyer, je lui faisais


le commentaire suivant : « Heather, tu es une aide véritable pour
ta maman. Merci de te rendre si utile. »
Essayez vous-même. Rassemblez votre famille dans la même
pièce et mettez-vous au milieu de tous pour une « session d' appré­
ciation » . Réfléchissez à au moins une chose positive concernant
chacun et dites-le à voix haute. Cet exercice vous aidera à vous
rappeler simplement tout ce pour quoi vous devez être reconnais­
sant chez vos enfants. De plus, cela vous aidera à être toujours prêt
à dire des choses agréables au moment opportun. Voyez-vous, le
problème ne vient pas du fait que vous ne trouviez rien à dire de
positif au sujet de vos enfants, mais plutôt de la nécessité de vous
discipliner pour exprimer et dire à vos enfants ce que vous voyez, de
les féliciter sincèrement pour leurs efforts.

60
Jeferai de mon miettx pour irre responsable envers mes enfants plutôt que dëtre responsables d'eux

I l m'arrive de parler à des pères qui suivent le même concept


d'éducation que moi auparavant, et ils me disent : « Mais les en­
fants sont censés faire certaines choses. Pourquoi les féliciter pour
quelque chose d'aussi normal que de sortir les poubelles ? » Je leur
réponds alors : « Er pourquoi pas ? Qu'est-ce que vous ressentez
lorsqu'on vous complimente pour votre travail ? » Tour le monde
aime entendre son patron lui dire : « J'apprécie la façon dont tu
as géré ce projet. » De la même manière, vos enfants aiment être
appréciés, même lorsqu'il ne s'agit que de simples petites tâches
quotidiennes. Ci-dessous quelques exemples de petites phrases que
vous pouvez dire :

« Merci d'avoir terminé tes devoirs à temps. »

« J'apprécie quand tu mets ta vaisselle sale dans l'évier après
le repas. »

« Merci d'avoir garé la voiture dans le garage sans que je te
!'aie demandé. »

« J'ai apprécié que tu passes du temps avec ta petite sœur au
l ieu de sortir avec tes amis comme tu le voulais. »
• « Merci d'avoir tondu la pelouse, tu as fait du bon travail. »
Après avoi r dit tout ceci au sujet des appréciations, un petit
appel à la prudence tout de même : à moins que vos enfants ne
soient pleinement convaincus que vous les acceptez tels qu'ils sont,
vos compliments et votre appréciation peuvent devenir manipula­
teurs. L'appréciation sans l'acceptation peut pousser votre enfant à
établir avec vous une relation basée sur la performance, se disant,
Si jefais du bon travail. . . si j'obtiens un A . si je marque un but. . .
. .

alors mon père m'aimera. Vivre en recherchant toujours la perfor­


mance risque de produire chez vos enfants des sentiments de fausse
culpabilité.
C'est pourquoi il est nécessaire que vous vous assuriez que
vos enfants se sentent d'abord acceptés, ensuite appréciés. Par
exemple, quand vos enfants reçoivent leurs bulletins scolaires,
prenez le temps de vous asseoir avec eux et de parler de ce qu'ils

61
Suis-je un bon père ?

ont réussi. Rappelez-leur que, même si vous appréciez leurs efforts


fournis pour obtenir de bonnes notes, vous voulez qu'ils sachent
que : « Même si tu n'avais pas eu un A, je t'aimerais tout autant et
je t'accepterai néanmoins tel que tu es. »
I l est vrai qu'il y a un équilibre à trouver ici. Cependant le meil­
leur moyen d'y parvenir est de faire de l'acceptation de vos enfants
les fondements sur lesquels vous pourrez ensuite bâtir votre ap­
préciation. Faites en sorte que vos enfants se sentent tellement en
sécurité et à ce point acceptés pour ce qu'ils sont qu'ils sauront que
vous les aimerez qu'ils réussissent ou pas. Autrement dit, appréciez
les effo rts de vos enfants plus que leurs succès, et appréciez la valeur
de vos enfants en tant que créations de Dieu plus que leurs efforts.
Faites tout votre possible pour prendre la responsabilité d'exprimer
votre appréciation à vos enfants, et ainsi ils auront un sentiment
de valeur.

Prendre la responsabilité de soutenir vos enfants leur


donne un sentiment d'authenticité
Soutenir quelqu'un signifie valider ses choix, confi rmer ce qu'il
ou elle ressent. Quand nous nous identifions à ce que ressentent
nos enfants, nous passons le message qu'ils sont pour nous des in­
dividus réels avec des sentiments légitimes. Lorsque nous caution­
nons leur enthousiasme ou à l'inverse leur déception , nous leur
faisons savoir qu'ils sont compris pour ce qu'ils sont réellement :
des êtres humains authentiques.
Que faites-vous quand votre enfant s'énerve ? Vous êtes peut­
être du genre à lui sauter immédiatement dessus avec des paroles
comme : « Contrôle-toi ; tu dépasses les bornes ! » Ou alors quand
vos enfants se montrent tout fous et turbulents à l'approche d'un
événement heureux, vous vous montrez peut-être moins affecté
par leur joie que vous ne l'êtes par leur agitation. J'ai remarqué
que si un père s'efforce de prendre en compte les sentiments de ses
enfants, il leur confirme ainsi qu'ils sont des personnes réelles et
qu'ils sont compris.

62
Jeferai de mon mieux pour être respomable envers mes enfants pl11tôt q11e d'être responsables d'e11x

« Attends une minute, Josh », allez-vous peut-être me dire.


« On ne peut pas laisser les enfants faire part de leurs sentiments à
tout le monde. Ils pourraient blesser quelqu'un. » Je suis d'accord.
Je parle de tenir compte des sentiments de nos enfants, et non pas
de leur donner la permission de partager leurs sentiments comme
ils l'entendent. Il y a là une grande différence. Les émotions en soi
ne sont ni bonnes ni mauvaises. Mais c'est la façon dont la per­
sonne exprime ces émotions qui peut être soit bonne soit mauvaise.
Capôtre Paul nous dit : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez
point » ( Éphésiens 4.26a) . Il ne dit pas que c'est un péché d'être en
colère ; il nous met simplement en garde de ne pas exprimer notre
colère en péchant. Il n'y a pas de problème à approuver ce que nos
enfants ressentent tant que nous ne négligeons pas la nécessité de
les reprendre s'ils expriment ces sentiments d'une mauvaise façon.
Comment donc accréditer les sentiments de nos enfants de ma­
nière à ce qu'ils sentent qu'ils sont compris ? Comment faire pour
être en phase émotionnellement avec nos enfants quand ceux-ci
traversent des hauts et des bas ? Les Écritures nous disent ceci :
« Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux
qui pleurent » (Romains 1 2. 1 5) .
Alors même que l'instruction d e Romains 1 2 est extrêmement
simple, il n'est pourtant pas toujours aussi facile de la mettre en
pratique. Vous serez peut-être tenté de gérer le comportement de
vos enfants ou de résoudre leur problème avant même de soutenir
leurs sentiments. Résistez à cette tentation. Approuvez les senti­
ments de vos enfants en vous efforçant de ressentir la même chose
qu'eux avant d'essayer de traiter le comportement qui en découle.
Si votre fils est excité à l'idée de faire partie de l'équipe, montrez­
lui que vous êtes heureux avec lui et pour lui. Si votre fille est déçue
d'avoir perdu une amie, faites-lui savoir que vous êtes déçu avec
elle et pour elle. Si elle est contrariée à cause d'une fausse rumeur
colportée par une « amie », vous devez lui dire que vous êtes triste
de voir combien elle souffre. En agissant de la sorte, votre enfant
aura le sentiment d'être une personne réelle et authentique qui est

63
Suisje un bon père >

comprise, ce qui augmentera l'attachement émotionnel qui existe


entre vous et votre enfant.
Comme je l'ai dit, cela peut paraître simple mais j 'ai trouvé
moi-même cela difficile à mettre en pratique. J'ai dû travailler
sur ce point ; et ce sera peut-être votre cas également. Voici par
exemple quelques sujets de réflexion :

Vous rentrez un soir à la maison quand votre fils de 1 7 ans
vient d'avouer qu'il a eu un accrochage avec la voiture fami­
liale. Comment réagissez-vous ?

Votre fille de 1 4 ans, qui a toujours des B en classe, ramène
à la maison un bulletin scolaire avec trois C et un D. Qu'al­
lez-vous lui dire ?

Votre fille, lycéen ne très sportive, vous appelle en larmes
pour vous dire qu'elle a été renvoyée de l'équipe de volley­
ball parce que l'entraîneur ne l'aime pas. Quels seront vos
premières paroles ?

Votre fils rentre à la maison avec des coupures et des éra­
flures sur le visage, et admet s'être bagarré avec un autre
garçon . Comment allez-vous gérer cela ?
Ces situations difficiles, et d'innombrables autres semblables,
reflètent la vie normale lorsqu'on élève des enfants. Ceux-ci font
des erreurs, ont des problèmes, sont blessés, s'attirent des ennuis
et sont parfois victimes d'autres enfants, voire d'adultes. Sans
compter que certains incidents peuvent être vraiment graves :
une maladie ou une blessure mortelle, la rupture d'une relation
sérieuse, la mort d'un ami ou d'un parent proche, etc. Cependant
la plupart du temps, ce ne sont que des déceptions, pertes, conflits
et souffrances relativement mineurs de la vie quotidienne.
La véritable question, c'est de savoir comment vous allez gérer
la situation avec vos enfants face aux difficultés de la vie de tous
les jours ? Si votre première réaction est d'appliquer les règles, de
corriger tout mauvais comportement et de régler le problème, vos
enfants ne pourront jamais se sentir compris. La meilleure chose

64
Jeferai de mon mieux pour être responsable envers mes enfants plutôt que dëtre responsables d'mx

à faire, c'est de leur montrer que vous vous identifiez à ce qu'ils


ressentent et que vous êtes attristé tout comme eux.
Je me souviens de la première fois où j 'ai été confronté à cette
vérité de Romains 1 2 . 1 5 . Cela se produisit avec Dottie. Avant
cela, lorsqu'elle venait me voir avec un problème auquel elle devait
faire face, je m'efforçais d'y trouver une solution, en particulier si
cela la faisait souffrir. Je ne m'occupais n ullement de sa souffrance,
j'essayais plutôt de m'occuper du problème qui la faisait souffrir.
Elle rentra un jour après une réunion à l'école très blessée de
ce que certaines mères avaient dit au sujet de l'un de nos enfants.
Jusque-là, lorsqu'elle me partageait un problème de ce genre,
je m'empressai de tenter de sauver la situation en lui disant par
exemple : « Chérie, ne te laisses pas abattre. Voilà ce qu'il faut
faire. » Et je lui exposais un plan pour résoudre le problème. C'était
peut-être un bon plan, mais cela ne remédiait en rien à la douleur
que pouvait ressentir Dottie à ce moment-là. Mais cette fois-ci, je
m'y pris comme il fallait. Je me contentai de poser mes bras sur ses
épaules et de lui dire : « Chérie, je suis désolée que tu aies entendu
ces paroles dures, et cela me chagrine que tu souffres. » C'était
exactement ce qu'il lui fallait : pas de plan de réparation, ni de
propositions de mesures correctives, simplement une expression
sincère qui s'identifiait à sa douleur.
Et aussi i ncroyable que ça puisse paraître, cela fonctionna.
Dottie se sentie soutenue et comprise, et c'était tout ce dont elle
avait besoi n à ce moment-là. Quelques jours plus tard, elle revint
vers moi pour me demander ce qu'elle pourrait faire au sujet de ces
commentaires critiques à l'encontre de notre enfant. Mon plan de
réparation était maintenant le bienvenu.
Il n'est pas nécessaire que nous comprenions parfaitement ce que
nos enfants ou même notre épouse traversent pour pouvoir nous te­
nir à leurs côtés. Vous pouvez accepter une personne telle qu'elle est
sans pour autant saisir pleinement sa douleur. En réalité même, c'est
contre-productif de dire que vous « comprenez » sa blessure au lieu
de vous contenter de lui indiquer que vous partagez sa souffrance.

65
Suis-je 1111 bon père >

Cun de mes amis l'apprit à ses dépens. Un jour, alors que sa


femme était au plus mal émotionnellement, il lui dit, voulant
l'aider : « Chérie, je sais ce que ru traverses. » Elle rétorqua avec
colère : « Non, ru ne sais pas ! Comment oses-ru dire que ru sais
ce que je traverse ? » Mon ami resta sans voix, mais sa femme avait
raison. Partager la difficulté d'une personne ne signifie pas néces­
sairement comprendre ce qu'il ou elle traverse. Nous ne pouvons
pas toujours prendre part aux expériences uniques des autres, en
particulier celles de nos enfants. Soutenir nos enfants signifie que
comme nous savons qu'ils souffrent, nous soujfrons avec eux. Cela
veut dire que nous nous identifions à celui que nous aimons et
qui souffre. Mon ami aurait plutôt dû dire : « Chérie, ce que tu
traverses doit être difficile, et je veux que ru saches que je partage
ta souffrance. »
C'est ainsi que vous pourrez vous identifier aux difficultés et aux
douleurs de vos enfants, sans pour autant donner l'impression que
nous comprenons parfaitement ce qu'ils ressentent car ils savent
que ce n'est pas vrai. Utilisez des mots semblables à ceux-ci lorsque
vos enfants luttent et souffrent. « Ce que ru traverses doit vraiment
te faire mal, et je veux que ru saches que je souffre avec toi . Je suis
là si ru as besoin. » Vos enfants ressentiront non seulement votre
réconfort, mais celui de Dieu également. Paul nous dit que « Dieu
est notre Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui
nous console dans toutes nos afflictions, afin que par la consolation
dont nous sommes l'objet de la part de Dieu, nous puissions
consoler ceux qui se trouvent dans l'affiiction » (2 Corinthiens
1 .3-4) . Le réconfort arrive lorsque nous suivons les instructions de
Romains 1 2 en « partageant leur peine ».
Certes, nous pouvons également exprimer à nos enfants
combien ils sont importants en suivant les instructions de la
première partie de Romains 1 2. 1 5 : « Réjouissez-vous avec ceux
qui se réjouissent. » Quand un de vos enfants s'enthousiasme au
sujet de quelque chose, partagez sa joie en disant : « Je suis content
pour toi ! » ; « C'est super ! » ; « Je suis tellement heureux que cela

66
Jefi-rai de 111011 mieux pour être responsable envers mes enfants plutôt que d'être responsables d'eux

te soit arrivé ! » ; « Tu as parfaitement le droit de te réjouir, je le suis


tout autant ! » ; etc. Vous pouvez aussi accréditer leurs sentiments
par vos actes. Les moments heureux de la vie réclament souvent
des fêtes et des cadeaux, mais cela ne doit pas être nécessairement
extravagant. Emmenez votre jeune enfant manger ou dîner
quelque part, ou simplement prendre une glace ; apportez-lui un
nouveau CD, accordez-lui un privilège particulier ou envoyez-lui
un message d'encouragement. Vous ne serez peut-être pas aussi
enthousiaste que vos enfants, mais si vous reflétez leur joie en étant
heureux avec eux, ils se sentiront considérés et vous consoliderez
les liens d'amour existants entre vous.
Vous engager à faire votre possible pour être responsable envers
vos enfants plutôt que d'être responsable deux est d'une i mpor­
tance capitale :

Acceptez-les pour ce qu'ils sont et vous leur donnerez un
sentiment de sécurité.

Rendez-vous disponible et entrez dans leur monde, et ils
auront le sentiment d'être importants.

Exprimez votre appréciation et ils goûteront au sentiment
d'importance.

Soutenez-les en vous identifiant à eux dans leur joie comme
dans leur tristesse, et vous leur donnerez un sentiment d'au­
thenticité.

Enfin, tenez-les responsables de leurs actions et vous leur
donnerez un sentiment de responsabilité.

67
5
ENGAGEMENT N°J

Je ferai de mon mieux pour


être un modèle authentique

l arrêta sa voiture sur le bas côté de la route, puis sortit de la voi­


I ture et se dirigea vers l'agriculteur qui travaillait sur son tracteur.
« Excusez-moi, l'interpella-t-il, pourriez-vous m'indiquer la route
à suivre pour me rendre à Dover ? »
« Bien sûr, lui répondit ce dernier, ce n'est qu'à environ six kilo­
mètres d'ici. Continuez sur cette route pendant un peu plus d'un
kilomètre et vous arriverez à un croisement. Tournez à gauche et
vous serez sur la route qui mène directement à Dover. » L'homme
remercia !'agriculteur et remonta dans sa voiture.
Une fois arrivé au carrefour, l'homme tourna à droite. Sa femme,
qui était assise près de lui, lui fit remarquer : « Henry, l'agriculteur
t'a dit de tourner à gauche, et tu viens j uste de tourner à droite. »
« Je sais, ma chérie, répondit l'homme, mais as-tu remarqué
que lorsqu'il m'a indiqué de tourner à gauche, il montrait en réalité
la droite ? Eh bien, j 'ai appris au fil du temps que quand les paroles
d'une personne contredisent ses gestes, ce qu'elles montrent est
souvent ce qu'elles voulaient dire. » L'homme et sa femme conti-

69
Suis-je un bon père ?

nuèrent donc sur cette route à droite et arrivèrent directement à


Dover.
C'est une histoire ancienne, mais elle illustre bien le point sui­
vant : nous essayons peut-être d'enseigner à nos enfants les bonnes
choses en leur disant quoi faire et que penser, mais c'est notre fa­
çon de mener nos vies qui les enseignera en définitive.

Voir, c'est croire


Vos enfants évoluent dans une culture qui prétend qu'on peut
dire qu'une chose est vraie selon qu'elle fonctionne ou pas. Cette
façon de penser peut être mauvaise (car en réalité nous savons que
quelque chose est vrai si c'est bien) , mais ce que je veux dire, c'est
que la génération actuelle veut voir les choses fonctionner avant de
les adopter. Pour eux, il leur faut voir pour croire.
Vous pouvez faire bon usage de ce comportement en étant un
modèle pour vos enfants. En vous voyant mener une vie marquée
par la fidélité, l'honnêteté, la miséricorde, le respect des autres,
l'équité, la j ustice, la compassion, la maîtrise de soi, etc., ils seront
bien plus à même d'adopter eux-mêmes ces valeurs. Être un mo­
dèle de comportement pour vos enfants est important, mais être
un modèle authentique est encore plus important. Car, regardons
les choses en face, aucun de nous n'est parfait, mais nous pouvons
tous être authentiques.
« Où voulez-vous manger ? » demandai-je. Parlant cous en
même temps, chacun de mes enfants cria le nom de son fast-food
local préféré. Ils étaient presque cous unanimes. À part Kelly, ils
avaient cous opté pour le même endroit. Nous montâmes cous en
voiture et alors que nous sortions de l'allée, Kelly s'écria sur un con
méprisant : « Je n'arrive pas à croire que nous allions encore dans
cette boîte à ordures ! »
Je rétorquai aussitôt. « Kelly, je n'apprécie ni le con de ta voix, ni
ton langage. » Je lui fis remarquer que ce n'était pas sympa de déni­
grer ainsi !'endroit où voulaient aller son frère et ses sœurs sim­
plement parce qu'elle ne l'aimait pas. Elle expliqua alors de façon

70
Jeferai de mon mieux pour être 1111 modèle authentique

plus respectueuse les raisons de son objection, à la suite de quoi


nous avons décidé de faire un compromis. Nous étions d'accord de
déposer Sean , Katie et Heather devant le restaurant « indésirable » ,
avant d'aller, Dottie e t moi, j usqu'au restaurant choisi par Kelly.
En m'arrêtant devant le fast-food pour déposer nos trois derniers,
j'annonçai : « Dépose-minute pour le resto à deux balles. »
Les plus jeunes n'entendirent pas ma remarque sarcastique ; ils
étaient trop contents à l'idée de manger des frites et des hambur­
gers. En repartant pour le restaurant choisi par Kelly, elle me dit :
« Papa, tu viens j uste de faire ce pour quoi tu m'avais reprise tout à
l'heure. Quelle est la différence entre appeler un endroit une boîte
à ordures et un resto à deux balles ? »
J'aurais pu dire à Kelly : « La grande différence, ma chère fille,
est que c'est moi le parent et toi l'enfant ; je suis celui qui donne
les corrections et toi celle qui les reçoit. » Mais je ne le fis pas. Kelly
m'avait coincé, et je le savais. Nous étions en route pour aller dîner,
mais elle m'avait renvoyé mes propres paroles en pleine figure en
guise de hors d' œuvres. Je ravalai ma fierté et remerciai Kelly pour
avoir souligné mon petit écart et le fait que j 'avais été hypocrite,
en lui disant de ne pas faire quelque chose, mais en le faisant moi­
même. Je m'en excusai.
Je n'étais certes pas un modèle parfait, mais je m'efforçais d'être
un modèle authentique. Il est vrai qu'en tant que pères, nous de­
vrions modeler toutes les vertus de la piété. Mais en réalité, nous
ne sommes que des êtres humains, c'est pourquoi nous chutons.
Nous devons donc faire face à nos défaillances, nous humilier et
rechercher le pardon. Cela fera de nous des modèles authentiques,
le genre de pères dont nos enfants pourront réellement apprendre
comment faire amende honorable quand ils échouent.

Qui doit rendre des comptes à qui ?


Certains diraient que c'est faire preuve de faiblesse que de
confesser ses erreurs devant ses enfants. Si vous laissez vos enfants
vous « corriger » , disent-ils, cela les encouragera à vous manquer de

71
Suisje un bon père ,

respect. Cette façon de penser se retrouve la plupart du temps chez


les parents autocratiques qui exigent le respect de leurs enfants.
Je préfère, quant à moi, gagner le respect en démontrant que mes
enfants sont extrêmement respectés et qu'ils ont une perception
des choses qui m'est utile.
Une autre raison pour laquelle certains pensent qu'on ne doit
pas se montrer vulnérables devant ses enfants vient d'une vision
erronée du leadership. Il s'agit de ces personnes qui pensent que
Dieu a établi le père comme « PDG de la famille ». Ils estiment
donc que le père est !'enseignant modèle et ses enfants les élèves
soumis. Dans certains cas, ce genre de père considère même son
épouse comme une élève soumise.
Dans les Écritures, nous voyons que Jésus avait expliqué claire­
ment à ses disciples ce qu'était le vrai leadership. En effet, ils avaient
eux-mêmes des idées fausses sur le concept d'être à la « tête » de
quelque chose ou d'avoir de !' « autorité » sur quelqu'un. Prenons
le temps de lire !'exposé fait par Jésus sur le mauvais leadership et
son explication d'un bon exemple de commandement. Voici ce
qu'il dit :
Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent
sont appelés bienfaiteurs. Qu'il n'en soit pas de même pour
vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus
petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Car quel
est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert ?
N'est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, cependant, je suis
au milieu de vous comme celui qui sert. (Luc 22.25-27)

Jésus exposait là un tout nouveau concept d'autorité et de


leadership. De l'avis général, les gens étaient soumis et devaient
servir les dirigeants et ceux qui avaient de l'autorité. Mais pour
Jésus, c'était les responsables qui devaient servir. Il mit d'ailleurs
en pratique son concept révolutionnaire sur la façon de diriger
pendant le repas de la Pâque j uste avant de donner sa vie. Jean
raconte que Jésus s'était levé de table pour aller laver les pieds de
ses disciples tout comme le ferait un serviteur. Puis quand il eut

72
Jeferai de mon mieux pour être un modèle authentique

fini, il demanda : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous


m'appelez Maître et Seigneur ; et vous dites bien, car je le suis. Si
donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous
devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; car je vous ai
donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait »
(Jean 1 3 . 1 2b-l 5).
Appliquant ces passages à l'éducation des enfants, comment un
père devrait-il exercer son autorité à la maison ? Si nous voulons
vivre en suivant le concept de Jésus sur le leadership, alors nous
devons nous mettre au service des besoins de notre famille. Cette
notion de l'autorité telle qu'elle est décrite par Jésus est difficile à
saisir pour beaucoup de pères. Cela revient à inverser complètement
l'idée même du leadership. Comment en effet diriger en servant ?
Comment « tenir les rênes » en prenant la « position la plus basse » ?
Cette approche est troublante si vous essayez de la mettre en œuvre
comme une structure hiérarchique pour la famille. En revanche, elle
prend tout son sens lorsque vous !'examinez dans le but de dévelop­
per une relation intime avec vos enfants et votre épouse.
En tant que père, c'est en définitive une relation d'amour que
vous recherchez avec vos enfants, à travers laquelle ils accepteront
volontiers que vous les guidiez et les dirigiez. Vous voulez qu'ils
soient réceptifs et qu'ils vous soient redevables. Quel autre meilleur
moyen de leur enseigner la responsabilité qu'en leur démontrant
votre propre responsabilité à !'égard de Dieu et en vous montrant
vous-même redevable envers eux ?
Là, tu pousses le bouchon vraiment loin, josh McDowell, allez­
vous peut-être penser. Mais je vous dirai qu'il n'existe peut-être
pas de meilleur moyen pour gagner la confiance de vos enfants,
leur respect et leur admiration qu'en leur demandant de vous tenir
responsable.
J'ai commencé à suivre ce concept avec ma femme Do trie. Per­
sonne ne me respecte et ne m'admire plus que celle qui partage sa
vie et son amour avec moi, la mère de mes enfants, ma dulcinée,
ma meilleure amie, et le don spécial que Dieu m'a accordé.

73
Suis-je 1111 bon père ?

Je lui ai donc dit un jour : « Chérie, j 'ai besoin de ton aide.


Accepterais-ru de me faire rendre des comptes en tant que mari
et père ? Si je dépasse les limites, dis-le-moi. Si je ne réponds pas
à tes besoins ou à ceux des enfants, fais-le-moi comprendre. Si je
ne passe pas assez de temps avec les enfants ou avec toi, je veux le
savoir.
« D'accord, Josh », répondit Dorrie, un peu à contrecœur. « Je
te le dirai, mais parfois cela pourrait faire un peu mal. »
« Chérie, je sais qu'il se peur que je me montre parfois sur la
défensive, mais si c'est le cas, ru auras le droit de me le dire aussi.
Je veux entendre la vérité. »
Er ce n'éraie que le début. Quand Kelly fêta son septième anni­
versaire, je lui remis une carte d'anniversaire avec un message tout
particulier de ma part :
Ma Kelly chérie, je t'aime vraiment très fort. C'est une relie
joie pour moi d'être ton papa, mais tu sais, je vais avoir
besoin de ton aide cette année. Je n'ai jamais été le papa
d'une fille de sept ans avant. Je veux simplement être le
meilleur papa possible pour toi. Alors si tu trouves que je
ne fais pas toujours bien ou que je ne suis pas assez j uste,
affectueux ou attentif, dis-le-moi.

Quand Sean eut sept ans, je fis la même chose pour lui. En
réalité, je fis la même chose pour chacun de mes enfants. Pour
Katie, j 'écrivis : « Je n'ai jamais été le papa d'une fille de sept ans
aux yeux bleus et aux cheveux blonds avant. » Er je fis de même
pour Hearher.
Depuis que je leur ai demandé de m'aider à leur rendre des
comptes, ma femme et mes enfants sont devenus mes meilleurs
conseillers. Kelly et Sean, par exemple, ont accepté ma proposition
avec enthousiasme. Er les deux autres ont eu leur mot à dire en de
nombreuses occasions.
Un jour alors que Sean et moi marchions dans la rue en ville,
un homme s'arrêta pour me parler. À un moment donné, il m'a dit

74
Jeferai de mon mietL� pour être un modèle authemique

quelque chose qui m'irrita passablement et je fus bref avec lui. Une
fois l'homme parti, Sean me fait la remarque suivante : « Papa, tu
as été un peu méchant avec lui. Tu ne lui as pas parlé très genti­
ment. »
J'ai cru que j'allais mourir sur place. Nous nous mîmes à courir
après cet homme qui était toujours en vue, et quand nous fûmes
à sa hauteur, je le fis s'arrêter. Alors que mon fils était tout près de
moi, je lui fis mes excuses pour mon impolitesse.
Un autre jour où je rentrais d'un voyage, ma fille Katie, âgée de
dix ans, s'approcha de moi et me dit d'un ton ferme : « Papa, tu
n'es pas j uste envers moi. »
« Que veux-tu dire, chérie ? »
« Quand tu rentres de voyage, tu emmènes Kelly, Sean et Hea­
ther quelque part, mais pas moi. »
« Vraiment ? »
« Oui », me répondit ma fille de dix ans sans hésitation. Puis
elle ajouta : « Est-ce que tu vas m'emmener manger quelque part
aujourd'hui ? »
]'étais content que Katie ait pris la liberté de me rendre rede­
vable en me disant qu'elle trouvait que j'étais injuste. Je pensais
passer suffisamment de temps avec elle, mais apparemment elle
ne voyait pas les choses de cette façon, et je fus plus qu'heureux
d'accéder à sa requête de sortir déjeuner. C'est d'ailleurs devenu
un moment important pour Katie, et j 'ai gardé cette habitude de
sortir pour manger tout au long de son adolescence.
Comprenez que le fait de me rendre redevable envers ma fa­
mille n'était pas chose aisée pour moi. Je ne veux pas dire par là
que Dottie ou l'un de nos enfants aient profité de ma proposition
pour me corriger, mais d'un autre côté ils n'avaient pas peur de me
donner quelques « conseils ».
Il arrivait parfois que leurs critiques me piquent ; j e me mettais
alors sur la défensive. Mais à chaque fois que je me mettais sur la
défensive, tout ce que je gagnais, c'était un silence absolu de leur

75
Suis-je un bon père ?

part - et c'en était fini de ma plus grande source de discernement


et d'aide. J'appris donc que même s'il y avait des moments où il me
fallait noyer ma fierté en ravalant ma salive, je le faisais néanmoins
parce que je savais que j'avais besoin de leur aide.
Quand en tant que pères, nous nous montrons vulnérables et
réels, et que nous admettons que nous avons nos combats nous
aussi, nous devenons alors un modèle puissant pour nos enfants.
L'apôtre Paul avait compris le principe d'être authentique. Il affir­
ma aux chrétiens de Corinthe qu'il avait vécu un certain nombre
d'expériences spirituelles dont il pouvait se vanter. Cependant, il
dit aussi : « Mais je m'en abstiens, afin que personne n'ait à mon
sujet une opinion supérieure à ce qu'il voit en moi ou à ce qu'il
entend de moi » (2 Corinthiens 1 2.Gb) .
En se servant de sa propre vie comme modèle à suivre pour
les autres, Paul n'abaissait pas pour autant le modèle de vie à
suivre de Christ. Il dit d'ailleurs à ce propos aux Corinthiens :
« Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ »
( 1 Corinthiens 1 1 . 1 ) . Il avait pour objectif d'être un modèle de
ressemblance à Christ. Mais il ne s'affubla pas d'un masque et
n'essaya pas de se positionner en tant que parfait leader. Il était
authentique et ne cachait pas le fait qu'il avait lui-même des
faiblesses. Voici un exemple de son authenticité :
Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, à cause de l'excel­
lence de ces révélations, il m'a été mis une écharde dans la
chair, un ange de Saran pour me souffleter et m'empêcher
de m'enorgueillir. Trois fois j 'ai prié le Seigneur de l'éloi­
gner de moi, et il m'a dit : ma grâce ce suffit, car ma puis­
sance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc
bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance
de Christ repose sur moi . . . Car quand je suis faible, c'est
alors que je suis fort. (2 Corinthiens 12.7-10)

Le secret du puissant leadership de Paul et de son modèle de


comportement positif se trouvait dans sa faculté à reconnaître et
à confesser ses faiblesses afin que la puissance de Christ puisse

76
jeferai de mon mieux pour être un modèle a111hentiq11e

œuvrer à travers lui. C'est de là aussi que vient votre fo rce. Le fait
d'admettre votre besoin d'aide et de demander à votre famille de
vous tenir redevable vous place dans une position qui permet à la
puissance de Dieu d' œuvrer à travers vous. Il connaît vos luttes et
vos faiblesses, tout comme votre famille. Essayer de les camoufler
ne cache rien. Il vaut bien mieux avouer vos fautes et vos faiblesses
et demander !'aide de votre famille.
Parlez en premier lieu à votre épouse. Si vous ne lui avez pas
encore demandé d'être votre partenaire redevable, dites-lui à pré­
sent que vous voudriez savoir quand vous commettez des impairs
ou quand elle sent que vous êtes sur le point d'en faire. Prenez
ensuite le temps de discuter avec vos enfants et dites-leur que vous
voulez être le meilleur papa possible, mais que vous avez besoin de
leur aide. Je vous suggère de le faire quand vos enfants ont environ
sept ans. Demandez-leur de vous considérer comme responsable.
Vous pourriez même envisager d'écrire à chacun de vos enfants
une petite note pour leur demander « officiellement » d'être aussi
vos partenaires redevables. Je pense que vous vous rendrez compte
qu'en agissant ainsi, vous deviendrez réellement un modèle au­
thentique qui plaira à Dieu.
Vous trouverez ci-dessous quelques idées pour vous aider à for­
muler votre demande de partenariat de redevabilité.
Cher (ère) (prénom de l'enfant) ,

Je t'aime fort. J'aime ta sensibilité, ton honnêteté, ton ca­


ractère et ton grand cœur. Ce petit mot te donne l'autori­
sation de me faire remarquer quand je ne suis pas sensible,
honnête ou attentif. Je désire tellement être un meilleur
papa et un ami pour toi.

Pardonne-moi de ne pas pouvoir t'accorder plus de temps.


Je veux vraiment faire davantage partie de ta vie. Cerre
lettre t'autorise à me dire quand je suis absorbé par d'autres
choses que toi. Ne t'en prive pas.

77
Suis-je un bon père >

Pardonne-moi également d'essayer de vivre ma vie à tra­


vers toi , en te faisant pratiquer des sports que je n'ai jamais
tentés, en ayant des notes que je n'ai jamais eues, en étant
meilleur que je ne l'étais. Je m'excuse pour mes paroles
désagréables, mon impatience et ma sévérité. J 'ai vraiment
envie d'être plus aimable et affectueux, et que tu le res­
sentes.

Ces quelques mots te donnent aussi la permission de me


dire de battre en retraite et de te laisser plus d'espace. J'ai
besoin que tu m'aides à être un père plus patient. Donc
n'hésite pas à utiliser ce message quand tu en as besoin, et
lorsqu'il sera usé, je promets de t'en écrire un autre.

Je t'aime,
Papa

En vous rendant redevable envers votre famille, vous vous rap­


procherez d'eux et serez plus à même de guider vos enfants sur le
bon chemin. C'est cela l'engagement n°3 : faire tout votre possible
pour être un modèle authentique.

78
6
ENGAGEMENT N°4

Je ferai de mon mieux pour


expliquer qui est Dieu

otre fils demande : « Papa, où habite Dieu ? »


« V « Eh bien, je pense qu'il habite au ciel », répondez-
vous.
« Mais on ne peut pas voir le ciel avant de mourir, n'est-ce
pas ? » intervient votre fille.
« Tu as raison, pas tant qu'on est vivant », confirmez-vous.
Votre fils ajoute encore : « Et personne n'a jamais vraiment vu
Dieu non plus, n'est-ce pas ? »
« En effet », répondez-vous, vous demandant où tout cela va
bien mener.
« Eh bien, dit votre fille en se grattant la tête, si on ne peut pas
visiter la maison de Dieu avant d'être mort et qu'on ne peut pas le
voir maintenant, alors comment peut-on savoir à quoi il ressemble
et s'il existe vraiment ? »
Il se peut que vos enfants n'abordent jamais le sujet par de telles
questions, mais viendra un moment dans leur vie où vos enfants

79
Suis-je un bon père >

auront des interrogations au sujet de Dieu. Et peut-être que la


question la plus importante à laquelle vous devrez répondre en
tant que père chrétien vous amènera à expliquer qui est Dieu. La
destinée éternelle de vos enfants et le genre de relation qu'ils entre­
tiendront avec Dieu dépendront largement de leur perception de
lui.
Comment avez-vous forgé votre propre compréhension de
Dieu ? Comment le perceviez-vous en tant qu'enfant et dans quelle
mesure cette perception a changé une fois devenu adulte ? Comme
je l'ai dit plus tôt, la plupart d'entre nous acquièrent leur vision de
Dieu de par l'autorité dominante dans leurs vies - généralement
le père.
Si votre père était autocratique - et selon la sévérité de son ap­
proche - vous avez peut-être considéré Dieu comme un j uge. Pour
vous, il était peut-être un Dieu examinateur, cherchant à voir si
vous alliez faire quelque chose de mal.
Si votre père était permissif, vous avez probablement grandi en
pensant que Dieu ne s'intéressait pas vraiment à ce que vous faisiez
ou ne faisiez pas. Et si vous aviez un père absent, vous considériez
sans aucun doute que Dieu était distant.
Par contre, si vous avez eu un père affectueux et qu'il plaçait
les règles établies dans le contexte de la relation père-enfant, alors
il y a des chances pour que vous ayez regardé Dieu comme un
être aimant qui s'intéressait vraiment à vous. Vous avez sans doute
pensé qu'il vous acceptait tel que vous étiez et que ses comman­
dements avaient pour but votre intérêt seul. Si c'est le cas, vos
chances d'accepter Christ comme votre Sauveur et votre Seigneur
étaient statistiquement élevées.
Dieu a fait de la famille le principal canal d'évangélisation pour
conduire les enfants à Dieu. Vous êtes le meilleur outil pour parta­
ger la bonne nouvelle selon laquelle Dieu aime votre enfant et veut
une relation éternelle avec lui. De récentes statistiques montrent
que « 83 % des Américains prennent un engagement envers Dieu

80
jeferai de mon mieux po11r expliquer qui est Dieu

entre 4 et 1 4 ans. Les adultes âgés de 1 9 ans et plus n'ont que 6 %


de probabilité de devenir chrétiens1 • » Pères, cela signifie que vous
avez l 'occasion rêvée de présenter Dieu à vos enfants aussi claire­
ment et précisément que possible. Aucun de nous ne veut voi r ses
enfants croire en un Dieu examinateur, permissif ou distant. Nous
voulons qu'ils apprennent à connaître le Dieu miséricordieux et
aimant des Écritures qui est passionné par sa relation avec nous
(voir Exode 34. 1 4) .
Il peut arriver que vos enfants posent des questions difficiles sur
Dieu. Soyez prêt à leur répondre. S'il est vrai qu'il est invisible à
nos yeux physiques, il est en réalité bien présent. De plus, il nous
a clairement révélé de plusieurs façons qui il est.

Invisible, mais pourtant bien présent


« À Dieu soient honneur et gloire, aux siècles des siècles ! » dé­
clarent les Écritures. « Au roi des siècles, immortel, invisible, seul
Dieu » ( 1 Timothée 1 . 1 7) . Nous ne pouvons pas le voi r pour une
très bonne raison : il n'existe pas en tant qu'être matériel. « D ieu
est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en
vérité » Oean 4.24) . Cela veut dire qu'il est bien au-delà de nous,
sur un tout autre plan d'existence que le nôtre.
Nous ne sommes pas censés voir Dieu dans toute sa formidable
puissance. C'est pourquoi il dit à Moïse : « Tu ne pourras pas voir
ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre » (Exode 33.20) . Sa
grandeur, sa majesté et sa puissance dépassent tout simplement ce
que nos corps physiques d'êtres humains peuvent supporter sans
mourir.
Il est important d'expliquer à vos enfants, en commençant dès
leur plus jeune âge, que Dieu est à la fois grand et merveilleux:,
mais qu'il n'est pas limité par une existence dans un monde maté-

1 Howard Culbercson, "When Americans Become Christian", research


publication of Southern Nazarene University, August 26, 2009, http://home.
snu.edu/ � hculben/ages.htm (lien vérifié le 7 mars 20 1 8).

81
Suis-je un bon père ?

riel. Nous sommes tous fascinés par ces choses qui nous dépassent,
les j eunes enfants le sont aussi. Il existe au sujet de Dieu un mys­
tère et une majesté indubitables. Il est avec nous et il peur être
« vu » avec le cœur et non avec nos yeux physiques. Mais ce n'est

pas parce qu'il est un être immatériel que nous ne pouvons pas
expliquer son existence à nos enfants. Il s'est révélé lui-même de
bien des manières.
« Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs
manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces der­
niers temps, nous a parlé par le Fils . . . Le Fils est le reflet de sa
gloire et l'empreinte de sa personne » (Hébreux l . l -3a) . Jésus est
Dieu avec de la peau. Grâce au miracle de l'incarnation, Dieu
est entré dans notre monde matériel, a vécu, est mort et est res­
suscité afin que nous puissions avoir une relation avec lui. L'une
des convictions fondamentales de la foi chrétienne est que Dieu
a p ris la forme humaine : « Et la Parole a été faite chair, et elle
a habité parmi nous . . . et nous avons contemplé sa gloire, une
gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père » (Jean 1 . 1 4 ) .
Expliquez à vos enfants que Dieu est réel e t qu'il est venu sur
terre il y a 2 000 ans parce qu'il voulait avoir une relation avec
nous. C'était Jésus, dont le nom est Emmanuel, ce qui veut dire
« Dieu avec nous » .

Dieu s'est aussi révélé à travers l a création. « Les perfections


invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient
comme à !' œil nu, depuis la création du monde, quand on les
considère dans ses ouvrages » (Romains 1 .20). Le roi David, quant
à lui, s'est exprimé de la sorte :
Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue mani­
feste l'œuvre de ses mains. Le jour en instruit un autre
j our, la nuit en donne connaissance à une autre nuit. Ce
n'est pas un langage, ce ne sont pas des paroles dont le
son ne soie point entendu : leur retentissement parcoure
toute la terre, leurs accents vont aux extrémités du monde .
( Psaumes 19.2-5) .

82
}1·ferai de 111011 mieux pour expliquer qui est Dieu

Le monde matériel dans lequel nous vivons nous montre qu'il


a été créé par un créateur d'une intelligence remarquable. Il est
inconcevable de penser que ce monde ait pu se former par pur
hasard. Prenez le temps de faire remarquer à vos enfants que les dé­
tails complexes et l'univers magistralement conçu autour de nous
sont la merveilleuse création de Dieu. Cela les aidera à comprendre
qui il est ; à savoir : le créateur de cout.
Avez-vous déjà été à Disneyland ou Disney World avec vos
enfants ? Si oui, vous avez probablement remarqué le lit de fleurs
écalées sur une pente douce près de l'entrée. Les couleurs, l' assem­
blage et le choix des fleurs ont une ressemblance frappante avec
Mickey Mouse. Personne ne pourrait attribuer cet éblouissant par­
terre au pur hasard. Pourquoi ? Tout d'abord, les fleurs de cette
variété et de cette couleur ne poussent pas par hasard pour créer la
forme et les couleurs du célèbre Mickey Mouse. Les nombreuses
variétés de fleurs et leur intrication montre de coute évidence la
complexité. La complexité dans ce sens signifie qu'il est forcement
improbable que ces fleurs aient poussé là par hasard ou aient été
positionnées de façon aussi exacte fortuitement.
Ensuite, en plus d'être complexe, l'arrangement floral est expo­
sé d'une façon très spécifique. Certaines fleurs forment les yeux,
d'autres le nez, et d'autres encore constituent la bouche et les
fameuses oreilles. L'image cout entière montre en plus un motif
voulu - elle est donc spécifique.
Cette combinaison de la complexité (ou improbabilité) et de la
spécificité (ou motif clairement recherché) est appelée complexité
spécifiée. La complexité spécifiée est une marque d'intelligence.
Comme une empreinte de doigt ou une signature, la complexité
spécifiée identifie l'activité d'un agent intelligent. Cet immense lie
de fleurs à Disney exhibe une complexité spécifique et nous amène
à penser qu'un brillant jardinier en est à !'origine.
Plus une chose est spécifique et complexe, plus elle renvoie au
génie de son créateur. Ce monde, et tout ce qu'il renferme, i ndique
le remarquable savoir-faire d'un Dieu réel . Les films sur la nature

83
Suis-je un bon père >

ou un voyage au zoo peuvent s'avérer l'occasion idéale pour vous


émerveiller avec vos enfants devant l'incroyable création de ce
monde conçu par le Dieu créateur. Vous pouvez poser des ques­
tions telles que : « Qu'est-ce qu'une rose nous apprend sur Dieu ? »
ou « Pourquoi Dieu a-t-il donné aux girafes de si longs cous ? » En
tant que pères, nous ne sommes pas obligés de connaître toutes les
réponses scientifiques en détails sur tout pour être éblouis par la
création miraculeuse de Dieu et pour l'en remercier.
Vous pouvez profiter de l'anniversaire de vos enfants pour vous
émerveiller à nouveau devant le miracle de la naissance, une autre
création du Dieu créateur. Les aspects fascinants de nos corps
complexes sont un autre moyen de le montrer comme le créateur
magistral. Vous vous souvenez peut-être depuis vos cours de lycée
en biologie que la forme en double-hélice de l'ADN ressemble
à une échelle torsadée. Chaque échelon est une partie de votre
code génétique, et aussi incroyable que cela puisse paraître, chaque
cellule de votre corps contient une empreinte ADN complète de
tout ce qui vous concerne. La séquence de ces échelons fournit le
schéma pour la production de chaque composante de votre corps.
Et non seulement cela, mais à l'intérieur des cellules reproduc­
trices de chaque être humain repose une information qui, une fois
combinée avec l'information génétique d'un partenaire, s'ajoute
au schéma génétique transmis à votre enfant.
Autrement dit, !'ADN est ce qui détermine non seulement ce

à quoi vous ressemblez, mais aussi ce à quoi ressemblent vos enfants.


Servez-vous d'informations fascinantes telles que celles-ci pour être
en admiration devant notre Dieu créateur. Interrogez-vous à voix
haute avec vos enfants : « Où Dieu a-t-il trouvé l'idée de l'ADN ? »
« Ce serait comment de savoir tout ce qu'il y a à savoir ? » « À
quoi ressemble Dieu ? » « Est-ce qu'il a une couleur préférée ? »
« Pourquoi est-ce qu'il nous aime autant ? » Cet exercice n'a pas
pour but de réduire Dieu à une taille humaine, mais plutôt d'aider
vos enfants à comprendre cette vérité capitale : d'une part, Dieu
dépasse de loin notre compréhension ; mais d'autre part, il est un

84
Jeferai de mon mieux pour expliquer qui est Dieu

Dieu approchable qui compte même le nombre de cheveux qui


poussent sur votre tête (voir Matthieu 1 0.30) .
Il existe de nombreuses et excellentes ressources à votre
disposition pour vous aider à rappeler à vos enfants que Dieu est
un Dieu créateur.
Dieu s'est certes révélé en devenant un être humain sous la
forme de Jésus et à travers la création, mais ce n'est pas tout. I l se
révèle aussi dans nos consciences morales (Romains 2. 1 4- 1 5), dans
sa Parole (2 Timothée 3 . 1 6- 1 7), dans l'Église ( Éphésiens 1 .23),
dans l'histoire ( 1 Samuel 1 7.46-47), et par le Saint-Esprit qui
habite en nous (Romains 8.9- 1 1 ) . Dieu est peut-être bien au-delà
de nous dans un sens matériel, physique, mais il existe des preuves
manifestes démontrant qu'il est bien réel et avec nous aujourd'hui.

Apprenez à vos enfants à être émerveillés par Dieu


Il y a tant à savoir au sujet de Dieu, et tout ce qui le concerne
est incroyable. En tant que père, l'une des choses que vous pouvez
faire en le présentant à vos enfants, c'est de leur apprendre à être
émerveillés par lui. C'est une autre façon de dire « apprenez à vos
enfants à craindre Dieu ».
Le roi Salomon a dit ceci : « Le commencement de la sagesse,
c'est la crainte de l' Éternel ; et la science des saints, c'est l'intelli­
gence » (Proverbes 9 . 1 O). Apprenez à vos enfants à craindre Dieu.
Je ne parle pas d'effroi ou de frayeur, comme ils pourraient en
ressentir quand il est question de terroristes, de serpents venimeux
ou de tornades. Dieu ne doit pas être redouté. Par contre, comme
il est merveilleux, nous devons être en admiration devant lui, le
respecter et avoir profondément conscience de qui il est et de ce
qu'il peut faire.
Ce genre de crainte (être en admiration devant la personne de
Dieu) est sain. C'est pour cela qu'il expliqua au prophète Jérémie
la raison pour laquelle les enfants d'Israël devaient le craindre. « Je
mettrai ma crainte dans leur cœur, afin qu'ils ne s'éloignent pas de
moi » Oérémie 32.40b) . En inculquant à vos enfants un émerveil-

85
i 1111 bon père ?
Su s-je

lement pour Dieu, ils seront attirés vers lui et cela les aidera à ne
pas s'en détourner.
Il y a au moins trois aspects de Dieu que nous devons ensei­
gner à nos enfants. Chacun d'eux stimule en nous le respect - une
crainte et un respect sains - qui nous attire à lui :

L'infinité de ses caractéristiques : parlez par exemple de sa
grandeur.

Sa sainte nature peut sembler effrayante à nous, êtres hu­
mains pécheurs, mais les implications de sa perfection sont
extrêmement importantes pour nos vies.

La dimension relationnelle de son cœur est extraordinairement
significative, plus encore que vous ne le croyez peut-être.
Découvrons ensemble ces trois aspects de Dieu et de quelle
manière nous pouvons les partager avec nos enfants.

V ivre en admiration devant les caractéristiques infinies


de Dieu

Il est Éternel
La vie de Dieu est infinie, sans commencement ni fin puisqu'il
est éternel. « Ne le sais-ru pas ? Ne l'as-tu pas appris ? C'est le
Dieu d'éternité, l' Éternel, qui a créé les extrémités de la terre »
(Ésaïe 40.28a) . Dieu a créé le temps et il s'implique lui-même dans
le temps, mais il existe éternellement, en dehors du temps. Il n'y a
jamais eu un moment où il n'a pas existé, ni un jour où il n'existera
plus. Son éternité est quelque chose qui doit être respectée.
Nous n'avons certes en réalité aucun moyen de comprendre
l'éternité. Nous ne pouvons imprégner nos pensées d'un être qui
n'a jamais eu de commencement et qui n'aura pas de fin. Ce que
nous saisissons clairement, c'est que les choses s'abîment et ont
une fin. Un jouer cassé, une voiture en fin de vie, un corps dété­
rioré, même la mort sont des concepts que nous pouvons com­
prendre. Ces choses se produisent tous les jours dans notre monde
décadent. La réalité n'apporte pas de pensée heureuse. Mais le fair

86
jeferai de mon mie11x po11r expliquer q11i est Dieu

est, Dieu est éternel. Il est la solution à notre monde temporel et


décadent. Il est venu pour apporter la vie éternelle, une vie où rien
ne se détériore, ne s'abîme ou ne meurt !
Faites le test suivant avec vos enfants. Pendant que vous êtes
en voiture, jouez au jeu suivant : demandez-leur « Quelle est la
durée de vie de ? » Évaluez ensemble combien de temps
durent des choses relies que votre voiture, le manteau que vous
portez, la maison dans laquelle vous vivez, un oiseau, un éléphant,
un arbre, une abeille, etc. Vous cernez l'idée ? Essayez d'estimer
combien de temps durent les choses sur terre. Puis demandez en­
suite : « Quelle est la durée de vie de Dieu ? » Et soulignez bien le
fait qu'il est éternel.
Discutez ensemble de cette réalité invraisemblable qu'une per­
sonne puisse n'avoir ni commencement ni fin. Demandez ensuite
pourquoi les lumières ne s'éteindront jamais dans la demeure
céleste de Dieu, pourquoi sa rivière ne s'asséchera jamais, pour­
quoi les vêtements qu'il donnera aux gens de s'abîmeront jamais.
Puis expliquez-leur que c'est parce qu'il a prévu de nous donner
la vie éternelle. Il veut que nous vivions éternellement avec lui.
Demandez à l'un de vos enfants de lire ce que Jésus dit dans le
passage suivant : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit
en moi vivra, même s'il meurt ; et quiconque vit et croit en moi ne
mourra jamais » (Jean 1 1 .25-26) . Montrez-leur combien vous êtes
en admiration devant !'éternité de Dieu et combien vous lui êtes
reconnaissant parce qu'il vous offre, à vous et votre famille, la vie
éternelle dans un endroit qui ne vieillit jamais.

Il est tout-puissant
La Bible nous parle d'un Dieu tout-puissant qu'on appelle
omnipotent. S'il veut faire quelque chose, quoi que ce soit, il peut
le faire. Le roi David a dit de lui : « Notre Seigneur est grand,
puissant par sa force » (Psaumes 1 47.5a) . Le Dieu tout-puissant,
souverain de l'univers, a le pouvoir de connaître !'avenir et de le
provoquer :

87
Suis-je un bon père ?

Je suis Dieu, et nul n'est semblable à moi. J 'annonce dès le


commencement ce qui doit arriver, et longtemps d'avance
ce qui n'est pas encore accompli ; je dis: mes arrêts subsis­
teront, et j'exécuterai toute ma volonté. ( Ésaïe 46. 9b-10)

Nous vivons dans un monde aux sources d'énergies naturelles


limitées. Il viendra un temps où nous n'aurons plus de charbon, de
pétrole, de gaz et de combustibles fossiles. En tant qu'humains, nous
n'avons qu'une force et une puissance limitées pour faire les choses.
Il est donc difficile pour nous de saisir cette idée d'énergie perpé­
tuelle ou de puissance et force illimitées. Mais c'est ce que Dieu est :
un être avec une puissance, une énergie et une force infinies. Il peut
tout faire. Et puisque nous ne sommes que des humains limités et
finis, nous avons besoin d'une telle source de puissance.
Voici quelques questions à poser à vos enfants : « Combien de
kilomètres peux-tu courir avant de t' effondrer ? » « Combien de
temps peux-tu tenir sans rien boire ? » « Combien de temps peux­
tu tenir sans manger ? » « Combien de temps peux-tu tenir sans
dormir ? »
Puis posez les mêmes questions au sujet de Dieu. Quand est-il
fatigué ? A-t-il besoin de manger, boire ou dormir ? Qui peut le
vaincre ? Peur-il faire tout ce qu'il veut ? Faites lire à l'un de vos
enfants le verset que j'ai mentionné plus haut : « Notre Seigneur
est grand, puissant par sa force » (Psaumes 1 47.5a). Lisez ensuite
ce que Jérémie a dit : « Voici, tu as fait les cieux et la terre par ta
grande puissance et par ton bras étendu : rien n'est éton nant de ta
part » (Jérémie 32. 1 7) .
C'est l e genre de Dieu et d'ami à avoir, quelqu'un qui peut tout
faire en tout temps. Demandez ensuite à vos enfants : « Est-ce que
ce Dieu puissant veut nous aider ? » Faites lire alors à vos enfants
dans le Psaume 1 4 5 : « Ton règne est un règne de tous les siècles, et
ta domination subsiste dans tous les âges. CÉternel soutient tous
ceux qui tombent, et il redresse tous ceux qui sont courbés. Les
yeux de tous espèrent en toi, et tu leur donnes la nourriture en
son temps. Tu ouvres ta main, et tu rassasies à souhait tout ce qui

88
Jeftrai de mon mieux pour expliquer qui est Dieu

a vie » (versets 1 3- 1 6) . Expliquez à vos enfants combien vous êtes


ébahi devant un Dieu si puissant. Dites-leur que vous êtes non seu­
lement époustouflé devant ses capacités illimitées, mais aussi face
à cette réalité qu'il veut vous donner sa force lorsque vous en avez
besoin. Faites-leur savoir que vous voulez le laisser vous changer
pour que vous deveniez plus patient, plus doux, plus affectueux,
etc. N'hésitez pas à leur dire combien vous êtes reconnaissant pour
sa toute-puissance.

Il est présent partout


La personne de Dieu n'a ni limite, n i frontière ; c'est pour cela
que nous disons qu'il est omniprésent : présent partout. Encore une
fois, en tant qu' êtres limités, nous ne pouvons imaginer un être
présent partout à la fois dans notre univers temporel et spatial.
« Ne suis-je Dieu que de près, dit l'Éternel, et ne suis-je pas aussi

Dieu de loin ? Quelqu'un se tiendra+il dans un lieu caché, sans


que je le voie ? dit l'Éternel. Ne remplis-je pas, moi, les cieux et la
terre ? dit l' É ternel » Qérémie 23.23-24) .
De prime abord, l'omniprésence de Dieu peut paraître quelque
peu effrayante, parce que cela implique qu'il voit tout ce que nous
faisons et quand nous le faisons. Cela signifie qu'il voit les bonnes
et les mauvaises choses de nos vies. Quelque soit l'endroit où nous
nous trouvions, ce qui nous est arrivé ou ce que nous avons fait,
Dieu est là pour nous ; une raison de plus de l'admirer.
Je vous propose maintenant une petite allégorie avec quelques
questions que vous pourrez poser à vos enfants. Imaginons que
vous êtes en vacances dans votre lieu de prédilection de toujours.
Votre meilleur ami resté à la maison vous envoie un texto pour
vous demander de l'aide, de toute urgence. Il faudrait donc que
vous partiez sur-le-champ, cependant vous n'avez pas du tout en­
vie de quitter cet endroit où vous passez de très bons moments.
Comment parvenir à une solution ?
Après une petite discussion avec vos enfants, dites-leur ceci :
« Imaginons maintenant que vous avez des pouvoirs miraculeux.

89
Suis-je un bon père ?

Comment pourriez-vous les utiliser pour rester en vacances tout


en venant en aide à votre ami (e) en même temps ? »
La solution, bien sûr, serait d'avoir la capacité d'être en plu­
sieurs endroits en même temps, une caractéristique que possède
Dieu. Demandez à l'un de vos enfants de lire Jérémie 23.23-24.
Demandez-leur ensuite : « En quoi le fait que Dieu puisse être par­
tout à la fois est-il un avantage pour nous ? » Amenez vos enfants
à réaliser qu'il peut être présent pour chacun quand nous avons
besoin de lui. Il n'est limité ni par le temps, ni par !'espace. C'est
pour cela que Jésus a dit : « Et voici, je suis avec vous tous les jours
j usqu'à la fin du monde » (Matthieu 28.20b). Dieu est présent par­
tout, ce qui veut dire que nous ne sommes jamais vraiment seuls.
Nous pouvons être en admiration devant cette vérité.

li sait tout
Dieu a une connaissance infinie. Il connaît tout sur le passé,
le présent et le futur, ce que nous appelons omniscient. Dans un
passage que nous avons lu un peu plus tôt, il déclare : « Je suis Dieu,
et nul n'est semblable à moi. J 'annonce dès le commencement ce
qui doit arriver, et longtemps d'avance ce qui n'est pas encore
accompli ; je dis : mes arrêts subsisteront, et j 'exécuterai toute ma
volonté » (Ésaïe 46.9b- 1 0) . Prenez tout ce qu'il y a à savoir sur
l'univers connu et cela ne représenterait qu'une très faible partie de
la connaissance de Dieu. Mais en quoi est-ce que son omniscience
peut nous aider ?
Imaginons que tout aille bien pour nous aujourd'hui. Cela ne
veut pas dire pour autant que tout ira bien demain également.
l:inconnu est ce qui provoque en nous l'inquiétude. En tant
qu'êtres humains nous ne pouvons savoir de quoi sera fait notre
lendemain, pourtant nous pouvons connaître quelqu'un qui tient
l'avenir entre ses mains. Avec votre famille, vous pouvez avoir
confiance en un Dieu qui connaît l'avenir et dire : « Mes arrêts
subsisteront », c'est-à-dire que mon projet se réalisera. Avec un
Dieu qui sait tout, nous avons la sécurité.

90
Jeferai de mon mietL� pour expliquer qui est Dieu

Posez à vos enfants ces questions : « Avez-vous déjà mal


orthographié un mot ? » « Vous souvenez-vous d'une fois où vous
vous êtes perdus ? » « Sur tout ce qu'il y a à savoir sur le monde,
quelle quantité en connais-tu ? » Demandez à l'un de vos enfants
de lire Ésaïe 46.9b- 1 0 et Psaume 1 39.2.
Posez ensuite à vos enfants les questions suivantes : « À quel
point connais-tu Dieu ? Est-ce qu'il connaît le passé, le présent
et !'avenir ? En quoi est-ce que le fait de savoir cela nous pousse à
placer notre présent et notre avenir entre ses mains ? »
Nous pouvons avoir confiance en un Dieu qui sait tout. Nous
pouvons nous reposer sur un Dieu qui connaît l'avenir et nous
rappeler qu'il y a une place pour nous qui nous attend dans sa
demeure céleste.

Il ne change pas
De par sa nature même, Dieu est tout à fait fiable. Il ne change
pas ; une caractéristique que nous appelons immuable. Cela veut
dire qu'il n'hésitera pas et ne mentira pas. Il fera toujours ce qu'il
dit qu'il fera.
Dieu n'est point un homme pour mentir, ni fils d'un
homme pour se repentir. Ce qu'il a dit, ne le fera+il pas ?
Ce qu'il a déclaré, ne l' exécutera+il pas ? (Nombres 23. 1 9)

Limmuabilité de Dieu implique qu'il demeure prodigieuse­


ment constant, ferme et sûr ; vous pouvez avoir confiance en ce
qu'il est, car il restera le même pour l'éternité.
Il y a quelque temps de cela, je me trouvais en Afrique du Sud,
partageant à des musulmans les preuves de la foi chrétienne. Au
cours de l'une de mes allocutions, je voulus souligner la cohérence
et l'immuabilité du caractère de Dieu, et je déclarai donc qu'il agis­
sait toujours en accord avec sa nature vertueuse. Autrement dit, ce
qu'il fait est toujours cohérent avec qui il est.
Après mon discours, un jeune musulman s'approcha de moi et
me dit : « Votre concept de Dieu n'est pas mon concept d'Allah.

91
Suis-je tm bon père ?

Allah est 'tout-puissant'. Les 'pouvoirs' d'Allah lui permettent de


tout faire. »
« Est-ce qu'Allah peut mentir et tricher ? » demandai-je.
« Bien sûr, Allah peut tout faire. Il n'est pas limité comme votre
Dieu. S'il veut aimer, il aime. S'il veut détester, il déteste. Allah est
'tout-puissant' », me répondit-il.
« Est-ce qu'Allah pourrait vous punir pour quelque chose que
vous auriez fait, lui demandai-je encore, même si c'était quelque
chose de bien ? »
« Si cela ne lui plaisait pas, il me punirait. »
« Alors, vous ne savez pas toujours comment Allah va réagir,
n'est-ce pas ? »
Il réfléchit un instant. « Non, admit-il, je ne sais pas toujours ce
qu'il pourrait faire. Il s'arrêta, avant d'ajouter rapidement. Mais je
sais qu'Allah est 'tout-puissant'. »
Je secouai la tête. « Voyez-vous, si je servais Allah, je le servi­
rais avec crainte. S'il exerçait son autorité pour faire le mal autant
que le bien simplement parce qu'il en aurait envie, il me punirait
à cause de ses désirs égoïstes. Ce serait épouvantable de le servir
dans de telles conditions, car je ne saurais jamais ce qui l'irrite. »
Comme il écoutait attentivement, je continuai. « Voyez-vous, je
sers Dieu par amour. Sa sainteté, sa perfection et sa toute-puis­
sance suscitent la crainte et le respect. Mais comme je sais qu'il est
miséricordieux et qu'il agit toujours en cohérence avec sa nature
aimante, je le sers avec amour. Je sais toujours ce qui le met en
colère, comme je sais aussi ce qui lui fait plaisir parce que sa nature
demeure infiniment cohérente. »
Je terminai cette conversation avec encore plus d'admiration
pour le Dieu que je sers. On peut toujours avoir l'assurance qu'il
agira avec amour parce que c'est dans sa nature immuable de le
fai re. La sécurité est l'une des choses que les enfants veulent et
dont ils ont besoin. Et qu'est-ce qui pourrait bien nous aider à
nous sentir plus en sécurité qu'une personne sur laquelle nous

92
jeferai de mon mieux pour expliquer qui est Dieu

pouvons compter ? Dites à vos enfants que, plus que n'importe qui
d'autre au monde, Dieu est celui sur qui ils peuvent compter pour
être présent pour eux et être j uste avec eux. « Il demeure fidèle, car
il ne peut se renier lui-même » (2 Timothée 2. 1 3) .
Posez à vos enfants les questions suivantes : « Pourquoi ne
peut-on pas avoir la certitude que chaque journée sera ensoleil­
lée ? » « Pourquoi ne peut-on pas avoir la certitude de ne jamais
être malade ? » « Pourquoi ne peut-on pas avoir la certitude que
nos amis ne nous décevrons j amais ? » « Existe-t-il dans votre vie
quelque chose ou quelqu'un sur qui vous pouvez toujours comp­
ter quoi qu'il arrive ? » Demandez ensuite à vos enfants de lire
Nombres 23. 1 9.
Ensuite posez-leur les questions s uivantes : « Pourquoi pou­
vons-nous toujours avoi r la certitude que Dieu sera là pour nous
et qu'il sera juste envers nous ? » « Quels sentiments cela vous pro­
cure-t-il de savoir qu'il ne peut rien faire de mauvais ? » Dites-leur
combien vous êtes émerveillé devant ce Dieu toujours cohérent
dans son amour. Ajoutez que ce n'est là qu'une des raisons pour
lesquelles il est merveilleux.

Être admiratif devant la nature sainte de Dieu


Personne ne peut réussir à saisir p leinement les caractéris­
tiques infinies de Dieu, mais nous savons qu'il est éternel, tout­
puissant, omniprésent, omniscient et i mm uable. Nous sommes
certes des êtres limi tés, cependant nous avons été créés à son
image pour pouvoir nous rattacher à lui. Et peut-être que de
toutes les caractéristiques de Dieu, cette dernière, sa nature
i mmuable, est celle à laquelle nous pouvons le mieux nous rap­
porter.
Nous pouvons compter sur Dieu à cause de la sainteté, de
la perfection et de la droiture de sa nature même. Les Écritures
nous disent : « Il est le rocher ; ses œuvres sont parfaites, car
toutes ses voies sont j ustes ; c'est un Dieu fidèle et sans iniquité,
il est j uste et droit » (Deutéronome 3 2 .4) .

93
Suis-je un bon père ?

La Bible nous révèle un Dieu parfaitement saint (Ésaïe 54.5


et Apocalypse 4.8) , j uste (Apocalypse 1 6.5) et droit (Psaumes
1 1 9 . 1 37). Or ce n'est pas quelque chose qu'il décide de faire. Au­
trement dit, il ne décide pas tout simplement de faire des choses
saintes, j ustes et droites ; il est ainsi. Et tout ce qui est droit, saint,
j uste et bon découle de sa nature essentielle, de son essence. Les
Écritures disent encore : « Toute grâce excellente et tout don par­
fait descendent d'en haut, du Père des lumières, chez lequel il n'y a
n i changement ni ombre de variation » (Jacques 1 . 1 7) .
Il est d'une importance capitale qu'en tant que pères nous ins­
tillions cette vérité en nos enfants. Chacun de nos enfants doit
comprendre que notre Dieu saint est pure bonté. Tout ce qui est
parfait, droit, beau, pur, véritable et apporte éternellement satis­
faction, joie et bonheur existe grâce à lui et vient de lui. Sa nature
et son essence mêmes sont bonnes. « LÉternel est bon et droit »
(Psaumes 2 5 . 8 ) . Il est « le Saint, le Véritable » (Apocalypse 3.7a) .
« Saint, saint, saint est l' Éternel des armées » ( Ésaïe 6.3a) . « L Éter­
nel est j uste dans toutes ses voies, et miséricordieux dans toutes ses
œuvres » (Psaumes 1 4 5 . 1 7) . « LÉternel est j uste, il est mon rocher,
et il n'y a point en lui d'iniquité » (Psaumes 92. 1 6) .
Demandez à vos enfants quelles sont d'après eux les meil­
leures choses dans la vie. Demandez-leur de faire ou de répondre
aux questions suivantes : « Décrivez vos meilleurs vacances ».
« Racontez le moment le plus heureux de votre vie. » « Quel est
le meilleur repas que vous ayez mangé ? » « Quelle est la chose
la plus belle que vous ayez vue ? » « Racontez-nous une fois où
vous avez ressenti une paix incroyable. » « Quelle sensation a-t­
on lorsqu'on gagne une compétition ou qu'on réussit quelque
chose de vraiment spécial ? » En décrivant ces choses, vos enfants
identifieront des moments de joie, de satisfaction, de paix, de
beauté, d'importance et de bonté.
Posez-leur ensuite cette question : « D'où viennent toutes ces
choses ? » Demandez-leur de lire Jacques 1 . 1 7, qui nous dit que
tout ce qui est bon et parfait vient de Dieu. Expliquez-leur que

94
Jeferai de mon mieux pour expliquer qui est Dieu

toutes les choses bonnes et parfaites qui viennent de Dieu pro­


viennent de sa sainteté et de sa parfaite bonté. De par sa nature
même, notre grand Dieu est saint, parfait et bon !
N 'hésitez pas à répéter à vos enfants que grâce à la nature sainte
de Dieu, il ne nous demandera jamais de faire quelque chose qui
ne serait pas droit ou bon pour eux. Du fait de sa parfaite bonté, il
veut les protéger de ces choses qui leur feraient du mal et il désire
pourvoir à leurs besoins. C'est grâce à sa sainte nature et à sa bonté
qu'il donne généreusement et qu'il considère que la sécurité, le
bonheur et le bien-être de vos enfants sont aussi importants que
les siens. Ils ont besoin de savoir que c'est dans sa nature même
d'être bon à ce point. Dites-leur combien vous êtes émerveillé par
sa sainteté et sa bonté. C'est un Dieu formidable.
Dieu est un grand Dieu. Il n'est que pure bonté. C'est un Dieu
qui mérite !'admiration. Et ce n'est pas tout : si sa sainteté est à
l'origine de sa bonté absolue, c'est la dimension relationnelle de
son cœur qui le rend aussi aimant.

Être émerveillé devant la dimension relationnelle du


cœur de Dieu
En prononçant ses premières paroles dans Genèse 1 .3, Dieu
créa le monde. Et comme il est d'une bonté absolue par nature,
ce qu'il créa était bon. Après chaque nouvelle journée de création,
« Dieu vit que c'était bon » (Genèse 1 . 1 0) . Mais il ne créa pas en
tant qu'être unitaire, unique. Il ne créa pas le monde tout seul. Il le
créa en tant qu'être tri-unitaire, car les trois personnes de la Trinité
étaient présentes au moment de la création.
« L'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » (Genèse 1 .2b) .
Dieu le Fils, qui naquit plus tard sur terre sous la forme de Jésus,
était là aussi. « Le Fils est l'image du Dieu invisible, le premier-né
de toute la création. Car en lui ont été créées toutes choses qui sont
dans les cieux et sur la terre » (Colossiens 1 . 1 5- 1 Ga) . Cet aspect tri­
uni taire de Dieu démontre bien qu'il est un être relationnel. Avant
qu'il n'y ait des humains sur terre, avant que la planète ou même

95
S11is-je 11n bon père ?

l'univers et le temps ne soient créés tels que nous les connaissons,


il existait déjà en tant qu'être tri-unitaire.
Dieu n'a pas créé les humains parce qu'il avait besoin de
relations - il en avait déjà une. Il nous a créés pour qu'en tant
qu' enfants, nous entrions en relation avec lui notre Père. Comme je
l'ai mentionné plus tôt, Dieu n'est pas un Père autocratique faisant
appliquer des règles, ni un Père permissif ou même inattentif. Au
contraire, il est le meilleur en tant que Dieu affectueux dans ses
relations, et il veut que nous puissions goûter au plaisir de vivre
une relation avec lui.
Le roi David décrit ainsi la dimension relationnelle du cœur de
Dieu :
L Éternel est miséricordieux et compatissant, lent à la colère
et riche en bonté. (Psaumes 103.8)

De génération en génération ta fidélité subsiste . . . Tes


compassions sont grandes, ô Éternel. (Psaumes l l 9.90a,
156a)

Il fait droit aux opprimés ; il donne du pain aux affamés ;


l' Éternel délivre les captifs ; l' Éternel ouvre les yeux des
aveugles ; l' Éternel redresse ceux qui sont courbés ; l' Éternel
aime les j ustes. L Éternel protège les étrangers, il soutient
!'orphelin et la veuve, mais il renverse la voie des méchants.
(Psaumes 146.7-9)

Il guérit ceux qui ont le cœur brisé, et il panse leurs


blessures. (Psaumes 1 47.3)

Dieu est compatissant, miséricordieux, fidèle, j uste et atten­


tionné. Son cœur pur protège ceux qu'il aime et il pourvoit à leurs
besoins. Son amour est généreux et fiable, désintéressé et sacrifi­
ciel, sécurisant et sûr, loyal et éternel.
Lorsque vous aimez vos enfants comme Dieu vous aime, vous
placez en réalité leur sécurité, leur bonheur et leur bien-être au
même niveau d'importance que les vôtres. Et en agissant ainsi,

96
Jeferai de mon mieux po11r expliq11er q11i est Die11

vous révélez le cœur même de Dieu à vos enfants. Les Écritures


disent que quand nous aimons comme il aime, nous « [reflétons] la
gloire du Seigneur et nous sommes transformés en la même image,
de gloire en gloire, par !'Esprit du Seigneur » (2 Corinthiens 3. 1 8) .
Est-ce que vous saisissez ? Vous devez être u n père affectueux
qui place toutes les règles et les instructions que vous donnez à vos
enfants au sein du contexte d'une relation d'amour. Pourquoi ?
Parce que toutes ces instructions et recommandations ont pour but
de pourvoir au bien-être de vos enfants et de les protéger de tout
mal. Et cela reflète le cœur de Dieu. C'est de cette manière qu'il
nous traite. Lorsque nous élevons nos enfants « en les corrigeant
et en les instruisant selon le Seigneur » (Éphésiens 6.4b), nous
agissons comme Dieu et nous reflétons la dimension relationnelle
de son cœur. C'est de cette façon que vous devez le présenter à vos
enfants - comme le « Dieu qui est passionné par sa relation avec
[eux] » (Exode 34. 1 4, traduction de la version anglaise New Living
Translation) .
Apprenez régulièrement à vos enfants à « craindre [être en ad­
miration devant] l'Éternel, ton Dieu, afin de marcher dans toutes
ses voies, d'aimer et de servir l' Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur
et de toute ton âme ; d'observer les commandements de l' Éternel
et ses lois que je te prescris aujourd'hui, afin que tu sois heureux »
(Deutéronome 1 0. 1 2- 1 3) . Faites en sorte que vos enfants sachent
que tout ce que Dieu fait vient de la sainte nature de sa bonté qui
s'exprime à travers la dimension relationnelle de son amour. Répé­
tez-leur cette réalité à maintes reprises. Il fait ce qu'il fait parce qu'il
nous aime et que c'est toujours ce qu'il y a de mieux pour nous !

Un seul moyen pour révéler le cœur de Dieu à vos enfants


Il est impossible de saisir ou décrire les caractéristiques infi­
nies de Dieu. Nous ne sommes pas en mesure de comprendre la
nature sainte de sa bonté. Et pourtant, il nous a créés relationnels
pour que nous puissions entrer dans la dimension relationnelle
de son cœur. Alors même que nous sommes dans l'impossibilité

97
Suis-je un bon père ?

de comprendre pleinement son cœur, nous sommes puissamment


attirés vers lui et nous pouvons réellement nous attacher à lui.
Nous avons été créés pour l'aimer en retour et aimer nos prochains
comme nous-mêmes.
Malheureusement, le premier couple humain a choisi de dou­
ter de la bonté et de la dimension relationnelle du cœur de Dieu.
Lorsqu'ils ont été tentés, ils ont choisi de ne pas croire qu'il avait à
cœur ce qu'il y avait de meilleur pour eux lorsqu'il leur avait de­
mandé de ne pas manger le fruit de l'arbre se trouvant au milieu du
jardin d'Éden. Le rejet de sa relation avec eux, ces êtres qu'il avait
créés bons et parfaits, lui apparut comme un affront. Les humains
se rebellaient contre lui. Ils avaient péché et « il fut affligé en son
cœur » (Genèse 6.6b) .
Rappelez-vous que la nature même de Dieu est sainte. Il ne
peut en aucun cas être en relation avec le péché. La Bible dit à ce
propos : « Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, et tu ne peux
regarder l'iniquité » (Habakuk 1 . 1 3a) . Une autre traduction de ce
passage nous dit qu'il est tellement saint qu'il « [ne peut] accepter
de voir des méfaits se commettre » (Habakuk 1 . 1 3b, BDS) . L' ac­
cepter reviendrait à violer l'essence même de sa nature. Il n'avait
pas d'autre choix que de se séparer des humains pécheurs, et ce
faisant la mort physique et spirituelle s'empara d'eux.
Cependant, au lieu de laisser les humains éternellement seuls,
séparés de lui par leurs péchés, il leur tendit la main pour les faire
revenir à lui.
Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand
amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos
offenses, nous a rendus vivants avec Christ. (Éphésiens 2.4-5)

Le prix à payer impliquait bien sûr la mort atroce et nécessaire


de son Fils sur le bois de la croix. Le Fils unique et innocent était
prêt à souffrir et mourir afin de restaurer une relation entre Dieu
d'un côté, et vous et moi de l'autre. Si la bonté parfaite de Dieu ne
l'autorisait pas à être avec nous, l'aspect relationnel de son cœur ne

98
Jeftmi de mon mieux po11r expliquer q11i est Dieu

lui permettait pas de supporter d'être séparé de nous. Quand cette


réal ité pénètre nos cœurs, elle nous pousse à être en admiration
devant sa miséricorde, son amour et sa grâce.
Comment transmettre cette merveilleuse vérité à nos enfants ?
S'ils parviennent ne serait-ce qu'à percevoi r la dimension rela­
tionnelle du cœur de Dieu, alors ils seront puissamment attirés
vers lui.
Pendant des années, je me suis efforcé d'aider des pères et des
mères à amener leurs enfants à Christ. J'ai passé ma vie entière à
évangéliser essentiellement la jeunesse. Et conduire mes propres
enfants à Dieu a été une des priorités dans ma vie. Mais comment
faire, dans la pratique, pour amener un enfant à découvrir et être
transformé par le miracle d'une relation avec Dieu ?
Il arrive souvent que nos enfants parviennent au point de placer
leur confiance en Christ personnellement lors d'un culte, d'une
réunion du groupe de jeunes, d'un camp d'adolescents ou d'un
grand rassemblement pour les jeunes. Mais il arrive aussi parfois
qu'un parent soit amené à prier avec son enfant pour que ce der­
nier accepte Christ. Il y a quelques années, nous avons mis au
point un outil que les parents pourraient utiliser dans le cadre
familial pour révéler le véritable cœur de Dieu. Cet outil existe
sous la forme d'une histoire ; d'innombrables familles l'ont utilisé
individuellement ou au sein d'un groupe. Trois ou quatre familles
peuvent se réunir pour ce que nous appelons une « célébration de
la rédemption ». Cette célébration est tirée du repas de la Pâque
dans l'Ancien Testament et applicable à Christ en tant qu'agneau
sacrificiel. J'ai pris soin d'insérer cet outil sur mon site i nternet,
ainsi que coutes les instructions nécessaires pour que vous puissiez
organiser vous-même une « célébration de la rédemption 1 » .

1 Pour télécharger gratuitement l e matériel (texte en anglais) , rendez-vous


simplement sur www.josh.org/RC l et suivez les liens vous procurant toutes les
instructions et présentations dont vous pourriez avoir besoin pour organiser
votre propre Célébration de la Rédemption.

99
Suis-je 1111 bon père >

Amener votre enfant à placer sa confiance en Jésus comme son


Sauveur est l'une des expériences les plus fascinantes que vous
puissiez vivre en tant que père. Mais rappelez-vous que c'est en
définitive à votre enfant de choisir lui-même s'il ou elle veut ou
non placer sa confiance en Christ. Votre seule responsabilité est de
les conduire à Dieu en prenant l'engagement de faire votre possible
pour leur expliquer qui il est.

1 00
7
ENGAGEMENT N° 5

Je ferai de mon mieux pour


inculquer un amour de soi désintéressé

p apa, dis à Megan de me rendre ma Game Boy. »


(( « Megan, rends à Ari sa Game Boy. »

« Mais papa, il !'a eue toute la journée. C'est mon tour. »

« Ari , c'est le tour de Megan. »

« Ce n'est pas j uste, papa. C'est ma Game Boy ! »

« Megan, c'est sa Game Boy. »

« Tiens, voilà ta fichue Game Boy ! »

« Megan Kathleen, on ne tolère pas ce gendre de langage dans

la famille ! »
Cela sonne-t-il familier ? Nos enfants ne sont pas naturellement
généreux et désintéressés. Ils peuvent se montrer peu disposés à
partager. Il se peut même que, dégoûtés, ils jettent la Game Boy,
l'Iphone ou le lecteur à leur frère ou sœur. En pareil cas, essayer
d'inculquer un amour de soi pourrait donner l'impression de vou­
loir aggraver la situation. Mais en réalité, la base d'un amour désin­
téressé et altruiste est j ustement un amour de soi équilibré.

101
Suisje 1111 bon père >

Ce n'est pas égoïste de s'aimer soi-même


Vous venez encore de passer l'une de ces journées où vous ren­
trez du travail éreinté et affamé. Alors que vous passez la porte
d'entrée, vous êtes accueilli par la douce odeur de votre plat pré­
féré. Votre épouse a quitté le travail plus tôt aujourd'hui et a décidé
de vous p réparer un repas digne d'un roi.
Vous savourez chaque bouchée de ce mets, puis lorsque votre
assiette est presque vide, vous vous apprêtez à vous resservir. Ques­
tion : faites-vous preuve d'égoïsme en voulant satisfaire votre faim ?
Après le repas, vous prenez une longue douche bien chaude,
vous enfilez des vêtements confortables et vous vous allongez sur
le canapé. Question : est-ce vous montrer égoïste que de vous dé­
tendre après une longue journée ?
Le lendemain matin , après une bonne nuit de sommeil, vous
vous préparez à sortir pour un petit jogging vivifiant. Une voiture
approche et fait une embardée pour éviter un animal, et ce faisant
passe un peu trop près de vous. Par sécurité, vous sautez sur le
trottoir. Question : est-ce trop égoïste que de vouloir éviter d'être
renversé par une voiture ?
En réalité, vous êtes tout le temps en train de vous nourrir, de
vous détendre d'une manière ou d'une autre, essayer de dormir
suffisamment et protéger votre corps. Est-ce égoïste d'agir ainsi ?
Ou n'est-ce pas là tout simplement le signe que vous vous aimez
suffisamment pour prendre correctement soin de vous-même ?
.Lapôtre Paul dit à ce propos aux maris d'aimer leur femme
comme leur propre corps. « C'est ainsi que le mari doit aimer sa
femme comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui­
même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair, mais il la nourrit
et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Église » ( Éphésiens
5.28-29) . Ce passage sous-entend que nous prenons suffisamment
soin de nous pour pourvoir correctement à nos besoins et nous
protéger de tout mal. Il est normal et salutaire de vouloir rechercher
notre propre sécurité, bonheur et bien-être. Ce n'est pas faire preuve

1 02
jefemi de mon mieux pour inculquer un amour de soi désintéressé

d'égoïsme lorsque nous agissons ainsi - nous ne faisons que nous


respecter et nous valoriser comme des personnes créées à l'image de
Dieu avec une dignité et une valeur infinies. En réalité, Paul insinue
ici qu'il n'est pas possible d'aimer convenablement notre épouse si
nous ne nous aimons pas nous-mêmes.
Jésus a dit que nous devons tous aimer Dieu de tout notre être
et ensuite aimer notre prochain comme nous-mêmes (Matthieu
22.39b) . Nous retrouvons ici la même idée : s'aimer soi-même est
une condition indispensable pour aimer les autres. Par ses paroles,
Jésus ne cherche certainement pas à encourager une fo rme quel­
conque de narcissisme qui se focaliserait sur une poursuite égoïste
du bonheur dans la vie. Il reconnaît au contraire notre valeur et
notre importance intrinsèques en tant que création de Dieu, et
qu'il est naturel et normal de pourvoir aux besoins et protéger
ce qu'il a créé. Et ainsi, nous devrions aimer nos prochains de la
même manière que nous voudrions être aimés. C'est pour cela que
Jésus a dit : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour
vous, faites-le de même pour eux, car c'est la loi et les prophètes »
(Matthieu 7 . 1 2). Je veux simplement souligner que nous ne pou­
vons aimer nos prochains comme Dieu nous l'a ordonné à moins
que nous n'ayons pour nous-mêmes un amour équilibré. Autre­
ment dit, nous devons avoir une bonne estime de nous-mêmes. Si
nous ne nous valorisons pas et ne nous aimons pas correctement,
nous aurons du mal à apprendre comment aimer nos prochains
comme nous le devrions.
J'admets toutefois que certaines personnes puissent douter que
ce soit biblique de se focaliser sur de telles choses comme l'amour­
propre et l'estime de soi. Quand je prends la parole à ce sujet, je suis
souvent questionné par des gens qui sont troublés par le fait que je
parle de la valeur de soi. Ils soutiennent que le concept d'estime de
soi a tendance à se concentrer sur soi au lieu de s'intéresser à Dieu.
À chaque fois que je suis contesté sur la question, je réponds gé­
néralement quelque chose comme : « Je suis d'accord qu'il est pos­
sible de devenir égocentriques et polarisés par nos propres intérêts,

1 03
Suis-je un bon père ?

par contre j e ne partage pas votre avis sur l'idée que l'amour-propre
soit un péché. En réalité, je crois qu'une conception appropriée de
notre importance et de notre valeur en tant que création de Dieu
est exactement ce qui peut nous empêcher de devenir égoïstes et
égocentriques. Lapôtre Paul encourageait chacun à 'n'avoir pas de
lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments
modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun'
(Romains 1 2.3) . »
Paul ne veut pas dire dans ce verset que nous ne devrions pas
avoir une haute opinion de nous-mêmes. Il insinue que nous ne
devrions pas avoir une opinion de nous-mêmes plus haute que ce
que nous sommes réellement. Autrement dit, nous devrions être réa­
listes et bibliques dans notre opinion de nous-mêmes. C'est pour
cette raison que Paul a ajouté que nous devons « revêtir des senti­
ments modestes. »
Le terme grec employé pour parler de l'opinion à avoir signifie
« penser ou avoi r l'impression de [au sujet d'une personne] . » Dans
Romains 1 2. 3 , il veut dire « se forger une opinion, un j ugement,
ou un sentiment sur soi » . Par ses paroles, Paul veut nous faire
comprendre que nous devrions forger cette opinion ou image de
soi après avoir entrepris une évaluation réaliste de nous-mêmes ba­
sée sur l'appréciation de Dieu. Ce n'est pas nous montrer égoïstes
que d'accepter son point de vue, c'est biblique.
Être égoïste, c'est chercher à être le meilleur sans se demander
si cela affecte les autres. Avoir une estime de soi équilibrée est fon­
damental pour résister à l'adoption d'une attitude égoïste. Quand
Jésus nous a dit d'aimer nos prochains comme nous-mêmes, il
insinuait que nous devrions aimer les autres comme nous voulons
être aimés, comme nous voudrions être protégés et que l' on prenne
soin de nous.
Comme je l'ai fait remarquer au chapitre précédent, aimer nos
prochains comme nous nous aimons nous-mêmes définit en réalité
un amour semblable à celui de Dieu. C'est un amour qui cherche

1 04
Jeferai de mon mieux pour inculquer un amour de soi désintéressé

non seulement « ses propres intérêts, mais . . . considère aussi ceux


des autres » (Philippiens 2.4b). Un amour basé sur une estime de
soi équilibrée rend la sécurité, le bonheur et le bien-être des autres
aussi importants que les nôtres.
Lorsque vous inculquez un amour de soi désintéressé à vos en­
fants, vous cultivez en eux sans le savoir un sentiment saint d' es­
time de soi, et ce faisant vous les aidez à réaliser qui ils sont - une
personne avec une valeur et une dignité, et qui est aimée pour
ce qu'elle est. Nous avons parlé un peu plus tôt de la nécessité
pour vos enfants de se sentir acceptés inconditionnellement pour
qu'ils puissent se sentir en sécurité. Quand vos enfants réalisent
que votre acceptation d'eux-mêmes est basée sur leur propre va­
leur en tant que fils ou fille, ils acquièrent un sentiment d'identité.
Lorsque chacun de vos enfants se sent valorisé comme votre fils ou
votre fille, ils sont alors capables de s'aimer eux-mêmes de façon
désintéressée. Ils ont ainsi les bases émotionnelles bibliques pour
aimer leurs prochains comme eux-mêmes.

Comment cultiver une estime de soi équilibrée chez nos


enfants
J'ai envoyé de très nombreux e-mails et lettres au fil des années
à des adolescents luttant avec leur estime de soi. Une fille m' écri­
vit un jour ceci : « Josh, je connais au moins vingt personnes que
je préférerais être plutôt qu'être moi. » Elle avait visiblement une
faible estime de sa propre valeur. Un jeune homme m'écrivit ceci :
« Je me sens seul et perdu. Je n'ai pas l'impression que ma vie vaille
la peine d'être vécue. Je m'endors chaque soir en pleurant. Parfois,
j'aimerais mieux être mort. » Ces enfants, comme tant d'autres,
ne ressentent pas leur valeur intrinsèque. Et cela vient très souvent
du fait qu'ils ont adhéré à certains mythes répandus par la culture
qui les entoure. Vous pouvez commencer à cultiver un sentiment
d'estime de soi chez vos enfants en contrecarrant les trois mythes
suivants.

1 05
Suis-je 1111 bon père ?

Mythe n °1 : l'imagefait tout


Une apparence agréable et attractive est l'un des attributs person­
nels les plus hautement estimés dans notre culture contemporaine.
Er vos enfants le savent. Ils se posent sans cesse la question : « De
quoi ai-je l'air ? » Les enfants ont tendance à forger leur sentiment
d'estime de soi en fonction des compliments ou des critiques qu'ils
reçoivent de la part des autres sur leur apparence.
Tour commence pendant l'enfance. Nous savons malheureuse­
ment que les enfants peuvent se montrer impitoyables et méchants
dans leur façon de s'exprimer par rapport à l'apparence des autres.
Est-ce que votre enfant a déjà été surnommé Bigleux, Gros Pif ou
Gros Lard par ses camarades ? Si c'est le cas, son estime de soi a
probablement été affectée de façon négative. Lapparence physique
et l'image qu'elle projette semble avoir une importance capitale pour
vos enfants à un moment de leur vie. Voici quelques étapes que vous
pouvez suivre pour contrer ce mythe de l'image.
Expliquez à chacun de vos enfants qu'ils sont des êtres individuels
ravissants et précieux du fair justement de leur unicité. Réfléchissez
à ceci : sur les quelque 7 milliards de personnes en vie acrueUement
sur la planète Terre, il n'en existe aucune autre comme votre enfant.
Personne n'a l'apparence tour à fair exacte de vous ou de votre en­
fant. Aucun de nous ne peur se vanter ou s'en vouloir pour l'appa­
rence et le corps que nous avons. Encouragez vos enfants à accepter
et apprécier comment Dieu les a créés et à accepter leur corps et leur
apparence comme un don de sa part. Nous ne devrions pas être fiers
d'une chose pour laquelle nous n'avons rien fair, car aucun d'entre
nous n'a rien fair pour ressembler à ce que à quoi nous ressemblons.
Par contre, nous pouvons être fiers de ce que nous faisons avec
notre apparence. Vous pouvez encourager vos enfants à mettre en
valeur leur apparence de plusieurs manières, mais assurez-vous avant
tout qu'ils aient bien compris cette merveilleuse vérité qu'ils sont
uniques. Insistez sur cette unicité et faites savoir à chacun d'eux
combien ils sont spéciaux, originaux en soi. Cela les aidera à com­
prendre leur valeur et leur importance aux yeux de Dieu.

1 06
Je ferai de mon mieux pour inculquer un amour de soi désintéressé

Vous est-il déjà arrivé de sortir un matin d'hiver alors que de


doux flocons de neige s'accumulaient sur le sol ? Si vous pouviez
examiner de près les détails microscopiques de ces minuscules
flocons atterrissant sur votre manche, vous verriez bien sûr que
chacun a une forme bien distincte. Vous avez probablement déjà
vu une photo ou une vidéo d'un flocon de neige grossi - si c'est le
cas, vous vous êtes certainement émerveillé devant la forme com­
plexe, la structure et la beauté de ce seul flocon. Et vous avez sans
aucun doute entendu des scientifiques affirmer qu'il n'existe pas
deux flocons identiques. Ce sont tous des originaux uniques.
Vous et moi, de même que vos enfants, nous sommes tous des
originaux uniques conçus exclusivement par Dieu. Chacun de
nous a reçu une identité distincte et spéciale qui nous rend tous
uniques. Dieu a placé au plus profond de vos enfants des dons spé­
ciaux, des talents et des passions, ainsi que des personnalités dis­
tinctes qui les rendent spécifiquement uniques. Si vous avez deux
enfants, vous pouvez probablement voir une similitude entre eux
qui s'explique par le fait qu'ils sont de la même famille. Mais vous
savez également que chaque enfant est différent parce qu'il n'existe
pas deux enfants pareils. Chacun d'eux a une qualité et une valeur
qui lui est propre et qui fait de chacun d'eux un original unique
en son genre.
Cun des passages des Écritures montrant la reconnaissance de
l'unicité d'un enfant se trouve être ce verset bien connu écrit par
le roi Salomon : « Instruis !'enfant selon la voie qu'il doit suivre ;
et quand il sera vieux, il ne s'en détournera pas » (Proverbes 22.6).
Malheureusement, ce verset est souvent mal interprété et mal
appliqué. De nombreuses personnes pensent en effet qu'il veut
dire ceci : « N'omettez pas les temps de méditation en famille,
assurez-vous que vos enfants aillent bien à !'église et au groupe de
jeunes, voire dans une école chrétienne, et quand ils seront adultes,
ils ne s'éloigneront pas de leur foi. »
En réalité, !'accent dans ce verset est davantage mis sur cette
partie du passage qui die « selon la voie qu'il [ou elle] doit suivre. »

1 07
S11is-je 11n bon père ?

L'auteur fait référence à la voie de lenfant, à ses inclinations ou


ses goûts. Les racines du sens de ces mots suggèrent de stimu­
ler un désir de recevoi r des directives selon l'unicité de chaque
enfant.
Le même terme hébreu utilisé dans Proverbes 22 est traduit
par « tendre » dans deux psaumes, faisant référence à l'arc tendu
d'un archer (voir Psaumes 1 1 . 2 ; 64.4-5) . Aujourd'hui, grâce à la
fabrication de précision, presque tout le monde peut prendre un
arc avec une pression de 20 kg et faire un joli tir bien précis sur
une cible. Mais à lépoque de la Bible, rien n'était standardisé. Tous
les archers fabriquaient leurs propres arcs et devaient connaître les
caractéristiques uniques de cet arc s'ils voulaient réussir à toucher
quelque chose.
La Parole de Dieu affirme que votre enfant a une unicité innée
que vous devez identifier, et vous devez ensuite élever votre enfant.
Dans la Ryrie Study Bible, une note se rapportant à Proverbes 22.6
nous explique ceci :
« 'Selon la voie qu'il [ou elle] doit suivre' signifie en réalité
'selon sa voie ; c'est-à-dire selon les habitudes et intérêts de
l'enfant.' Son instruction doit donc prendre en compte son
i ndividualité et ses inclinations, sa personnalité et l'unicité
avec laquelle Dieu l'a créé. Son éducation doit en outre
s'accorder avec son développement physique et mental 1• »

L'apôtre Paul, quant à lui, nous explique que « nous avons des
dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée » (Romains
1 2.6a) . Il continue en énumérant plusieurs de ces dons er nous
conseille au sujet de l'attitude et des relations dans lesquelles nous
devons mettre en pratique ces dons er talents que Dieu a donnés
à chacun de nous. Il est clair que nous avons tous reçu des dons
différents les uns des autres. C'est cette diversité de dons qui mer
en évidence l'unicité de notre valeur personnelle.

1 Charles Caldwell Ryrie, éd, Ryrie Study Bible (Chicago: Moody Press, 1 976) ,
p.25.

1 08
Jeferai de mon mieux pour inculquer un amour de soi désintéressé

I l est possible que vos enfants réalisent intuitivement qu'ils sont


des originaux en soi. Assurez-vous cependant qu'ils saisissent bien
leur unicité. Leur identification personnelle ne peut laisser place
au doute : leurs empreintes digitales sont uniques, leurs empreintes
rétiniennes sont spécifiques, et leur visage et corps sont tous légè­
rement différents. Aidez-les à comprendre que leur unicité les rend
inestimables :

Dieu a choisi des dons particuliers uniquement pour eux,
à travers lesquels ils peuvent exprimer leur amour et leur
souci des autres. Il a placé au plus profond de vos enfants
une inclination naturelle qui compose la constellation de
leurs dons et i ntérêts uniques. Ils doivent les utiliser au
sein de leur famille comme eux seuls le peuvent. Aidez-les
à identifier ces dons et réjouissez-vous avec eux de leur
valeur.

Dieu a aussi donné à vos enfants des préférences i ntégrées :
par exemple !'énergie dont ils font preuve, leur façon de
traiter les informations reçues et de prendre des décisions.
Ce sont toutes ces choses qui font la distinction de leur per­
sonnalité. Aidez vos enfants à découvrir leur personnalité
distincte, puis réjouissez-vous avec eux de leur valeur.

Dieu a instillé certaines passions en vos enfants : les do­
maines dans lesquels ils sont forts, les choses auxquelles
ils s'intéressent profondément, et ces sujets qui les rendent
particulièrement heureux quand ils en parlent ou cherchent
à les développer. Ces passions les dirigent vers les personnes,
les lieux et secteurs qu'il veut les voir aimer dans la vie . . .
comme eux seuls le peuvent. Aidez-les à identifier ces pas­
sions que Dieu leur a données et réjouissez-vous ensuite
avec eux de leur valeur.
De même qu'il a façonné vos enfants, Dieu vous a façonné et
modelé tels que vous êtes pour l'honorer. C'est donc tout à fait
approprié et correct d'aimer ce qu'il a fait. Apprendre à vos enfants
à aimer l'unicité de chacune de ses créatures n'est pas se montrer

1 09
SuiJ-je tm bon père >

égoïste. Nous devons être fiers de lui pour ce qu'il a créé et célébrer
humblement notre unicité pour sa gloire, car « c'est de lui, par lui,
et pour lui que sont toutes choses. À lui soit la gloire dans tous les
siècles ! Amen ! » (Romains 1 1 .36).
Lorsque vous étiez plus jeune, vos parents avaient peut-être
compris que vous étiez un individu unique et ils ont peut-être
cherché à vous élever « selon la voie que vous deviez suivre ». Si
c'était le cas, vous avez sûrement eu tout le loisir de découvrir votre
personnalité propre, vos dons particuliers et vos passions dans la
vie. Par contre, si vous êtes comme la plupart d'entre nous, vous
n'avez pu que percevoir en partie quelle était votre identité et par
conséquent votre valeur personnelle. Dans ce cas-là, vous avez
peut-être du mal à aider vos propres enfants à percer le secret de
leur propre identité et valeur personnelle. C'est pour cette raison
que la plupart d'entre nous, les pères, pourrions avoir recours à des
guides disponibles pour nous aider à amener nos enfants à réaliser
leur unicité et leur valeur personnelle.
Il n'existe peut-être pas de meilleur livre et enseignement pour
vous aider dans votre tâche que l'ouvrage et le manuel Find Your
Fit [Trouver votre place] , écrit par Jane Kise et Kevin Johnson. J'ai
en grande partie tiré ce que je viens de dire sur ce qui nous rend
unique de ces deux publications.

Mythe n °2 Tu es ce que tufais


:

Regardons les choses en face : nous vivons dans une culture


basée sur la performance. Notre société orientée sur le travail dans
laquelle évoluent nos enfants les évalue largement en fonction de ce
qu'ils sont capables de faire et s'ils le font bien. Évidemment, vous
voulez que vos enfants aient de bonnes notes, excellent en sport
et réussissent, que ce soit à l'orchestre, au ballet ou à la danse, etc.
Par contre, vous voulez à tout prix éviter que leurs performances
définissent leur valeur personnelle.
C'était le tout début d'une grande saison. Mon fils Sean, âgé de
1 2 ans à cette époque-là, était sur le point de jouer la Little League

1 10
jeferai de mon mieux pour inculquer un amour de soi désintéressé

au baseball. Avant le premier march, il me vine une idée pour lui


enseigner, ainsi qu'à ses coéquipiers, une leçon importance sur sa
valeur en ranc que personne plurôr qu'en ranc que joueur. J'achetai
donc 1 2 bons pour des glaces dans un restaurant du coin er les
apportai à l' enrraîneur de baseball.
« Coach, ces bons sont pour les enfants », lui dis-je.
« Merci, me répondit l'entraîneur avec un grand sourire. Su­
per idée. Si seulement il y avair plus de pères à montrer un rel
intérêt. Je les emmènerai manger les glaces après notre première
victoire. »
« Non, rérorquai-je rapidement, j'aimerais que vous les
emmeniez manger ces glaces après leur première défaite. »
Lentraîneur me regarda de façon étrange. Ce que je venais de
dire ne correspondait pas à son concept de vicroire, de la défaire
er des récompenses après un bon march. Je commençai donc à lui
expliquer mon raisonnement.
« Coach, je ne sais pas pour vous, mais pour ma pan, je ne veux
pas élever mes enfants en reconnaissant davantage leurs succès que
leurs efforts. Er je ne veux pas reconnaître davantage leurs efforts que
ce qu'ils sont, des créatures uniques conçues à l'image de Dieu. Je
crois que mon fils a été créé à l'image de Dieu et qu'il a une valeur,
une dignité et une importance infinies. Aucune de ces choses n'a
de lien avec le fait de jouer au baseball. Même s'il n'avait jamais
joué une seule manche de baseball de coure sa vie, je !'aimerais et
l'accepterais quand même comme une personne de grande valeur. »
Lentraîneur me fixa du regard pendant un long moment. Puis
finalement tout ce qu'il réussit à répondre fut : « Drôle de façon de
penser ! » Mais il accepta d'utiliser les coupons comme je le lui avais
demandé.
La saison commença et l'équipe de Sean gagna ses deux
premiers matchs. Mais ils perdirent le troisième ou le quatrième,
er !'entraîneur tint sa parole. Il donna à chacun des joueurs son
bon pour une glace er ils sortirent tous « célébrer » leur défaite.

111
Suis-je un bon père ?

Sean a dû me remercier au moins cinq fois pour les glaces. Et


au cours des deux semaines qui suivirent, trois des enfants de son
équipe vinrent me trouver pour me remercier également. L'un
de ses coéquipiers, un garçon du nom de ]esse, vint vers moi et
me dit : « Merci beaucoup pour les glaces, M. McOowell. In­
croyable ! En fait, ça ne compte pas pour vous que l'on gagne ou
que l'on perde ; vous pensez qu'on est géniaux quoi qu'il arrive ! »
Ce que j 'avais voulu transmettre à Sean et à ses coéquipiers, c'était
que leur valeur ne devait pas être basée sur leur aptitude à gagner des
matchs sportifs, mais plutôt sur le fait qu'ils avaient tous une dignité,
une importance et une valeur simplement parce qu'ils avaient été
créés à l'image de Dieu. Et bien entendu, la valeur de Sean était en
outre basée sur le fait qu'il était mon fils et que j 'étais son père.
Profitez de chaque opportunité qui se présente pour faire savoir
à vos enfants qu'ils ont une valeur inestimable à vos yeux à cause de
ce qu'ils sont : votre fils ou votre fille. Je ne veux pas dire par là que
leurs exploits ne devraient pas être reconnus, bien au contraire.
Mais vos enfants ont besoin de comprendre que leurs réussites ou
échecs ne définissent en rien leur valeur.
L'occasion idéale pour briser le mythe de « tu es ce que tu fais »
est le moment où vos enfants rapportent leurs bulletins de notes.
Lorsque votre enfant reçoit de bonnes notes, dites-lui quelque
chose comme : « J 'apprécie vraiment tout le travail que tu as fo urni
pour avoir tous ces A. Mais tu sais, ce n'est pas parce que tu es un
bon élève que je t'aime et te respecte. En effet, même si tu n'avais
jamais de A, je t'aimerais tout autant. »
Concentrez-vous davantage sur la valeur de votre enfant en
tant que personne plutôt que sur ses performances en disant des
phrases comme par exemple :

« Tu es vraiment créatif. »

« Tu as un grand sens de l'humour. »

« J'aime beaucoup ton enthousiasme. »

« Tu as vraiment un grand cœur. »

1 12
jeferai de mon mieux pour inculquer un amour de soi désintéressé

Lorsque nous portons davantage notre attention sur des qua­


lités telles que l'assiduité, la fiab ilité, la créativité, le courage, la
persévérance et la patience chez nos enfants, nous leur faisons
comprendre que leur valeur est basée sur ce qu' ils sont, et non
simplement sur ce qu'ils fo nt. En agissant de la sorte, votre fils
ou votre fille gagnera en estime de soi. Ils apprendront à s'aimer
eux-mêmes pour ce qu'ils sont, et cela leur don nera une base
saine qui leur permettra d'aimer leurs semblables.

Mythe n °3 : Tu n'es quelqu'un que si tu as du prestige


Ce mythe fait généralement surface quand on répond à la
question 'À quel point suis-je important ?' Si votre enfant associe
importance avec des choses comme être populaire, sortir avec le
« bon » groupe, avoir des vêtements de marques ou encore être

élu délégué de classe, alors c'est qu'il a probablement adhéré au


mythe du statut diffusé par notre culture. La plupart des en­
fants, et de nombreux adultes, n'ont pas une bonne estime d'eux­
mêmes s'ils n'ont pas de l'autorité, de l ' influence ou un contrôle
sur les autres. Leur identité et leur estime de soi se retrouvent
imbriquées avec la notoriété qu'ils peuvent acquérir aux yeux du
monde. J'appelle cela le « statut culturel ». Et d'ailleurs quand
ce genre de prestige est perdu, l'estime de soi s'effondre aussitôt.
Or un statut culturel ne nous définit pas comme étant
quelqu'un, pour la simple raison que ce genre de position­
nement n'est pas la bonne mesure de notre image de soi. Le
statut culturel après lequel la plupart des enfants courent (et
certains adultes aussi) est vide de sens, éphémère et anéantis­
sant. Il se peut qu'ils soient populaires aujourd'hui parce qu'ils
sont « Reine d'un jour » o u la « Star du basketball » . Mais
ce n'est généralement que de courte durée. C'est ce qui rend
la poursuite d'un statut culturel aussi exténuant - une course
constante pour essayer de maintenir ce statut. Le roi Salomon
s'exprima ainsi au sujet de la futilité de chercher à maintenir ce
genre de statut :

1 13
Suis-je 1111 bon père ?

Mieux vaut un enfant pauvre et sage qu'un roi vieux et


insensé . . . car il peut sortir de prison pour régner, et même
être né pauvre dans son royaume. J 'ai vu tous les vivants
qui marchent sous le soleil entourer l'enfant qui devait suc­
céder au roi et régner à sa place. Il n'y avait point de fin
à tout ce peuple, à tous ceux à la tête desquels il était. Et
toutefois, ceux qui viendront après ne se réjouiront pas à
son sujet. Car c'est encore là une vanité et la poursuite du
vent. (Ecclésiaste 4.13- 1 6)

La valeur de votre enfant n'est pas censée être déterminée par


son apparence physique, ce qu'il fait, ou le statut culturel qu'il
rente d'atteindre. Sa valeur a déjà été établie par Dieu, qui !'a créé
à son image. Votre rôle consiste à renforcer et solidifier cette valeur
afin qu'il ou elle l'accepte et se l'approprie personnellement.
On dit souvent que notre image de nous-même est largement
déterminée par ce que nous croyons que la personne la plus im­
portante dans notre vie pense de nous. Par exemple, si ma femme
me dit que je suis un mari attentionné, j 'aurais tendance à la
croire étant donné qu'elle est la femme la plus importante dans
ma vie. Er si c' est ce qu'elle pense de moi, je considérerai que cela
est vrai.
Dieu a déjà déterminé notre valeur, et s'il est la personne la
plus importante dans notre vie, alors nous devons accepter son
estimation comme notre véritable image. Jésus a dit ces choses très
significatives au sujet de ceux qui l'ont accepté : « Comme le Père
m'a aimé, j e vous ai aussi aimés . . . Je vous ai dit ces choses, afin
que ma joie soit en vous . . . Je ne vous appelle plus mes serviteurs,
parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je
vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que
j'ai appris de mon Père. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais
moi, je vous ai choisis » (Jean 1 5 .9a ; l l a ; 1 5- 1 6a) .
D'après les paroles de Jésus dans ces versets, vous êtes aimé,
appelé son ami et choisi par lui ! L'apôtre Paul va également dans
ce sens. Rappelez-vous que les points suivants sont déjà vrais.

1 14
jeferai de mon mieux pour inculquer un amour de soi désintéressé

Vous ne les avez pas gagnés ou atteints grâce à un certain statut


que vous auriez obtenu, vous les avez eus parce que Dieu vous
les a donnés.

Vous êtes « bénis de toute bénédiction spirituelle »
( Éphésiens 1 . 3a) .

« En lui Dieu [vous] a élus avant la fondation du monde,
pour que [vous soyez] saints et irréprochables devant lui »
( Éphésiens 1 .4a) .

« Il [vous] a prédestinés dans son amour à être ses enfants
d'adoption » (Éphésiens 1 . 5a) .

« En lui [vous avez] la rédemption par son sang, le pardon
des péchés » ( Éphésiens 1 . 7 a) .

« En lui [vous êtes] devenus héritiers » ( Éphésiens 1 . 1 1 a) .

« Il [vous] a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes »
(Éphésiens 2 .6b) .

« [Vous êtes] son ouvrage » ( Éphésiens 2 . l üa) .
• « Vous avez été rapprochés par le sang de Christ »
(Éphésiens 2 . 1 3a) .

Rien « ne pourra [vous] séparer de l'amour de D ieu »
(Romains 8 .39a) .
Vous qui êtes son enfant, ce sont là quelques-unes des choses
que Dieu pense et dit de vous. Et puisque votre Père céleste est
la personne la plus importante dans votre vie, croyez ces choses,
acceptez-les et appropriez-les-vous. Laissez ces vérités renforcer
votre valeur à ses yeux, ainsi vous pourrez bénéficier d'une saine
estime de vous-même.
De la même manière, vous pouvez renforcer la valeur de vos
enfants. Utilisez à votre avantage ce mythe du statut culturel que
vos enfants ont peut-être adopté. Seulement, déplacez le point
de mire de ces symboles culturels sur vous ; c'est vous qui avez le
statut de père. Puis axez votre parole Dieu, qui a le statut de leur
Père céleste. Répétez souvent les choses suivantes à vos enfants :

115
Suis-je un bon père ?


« Je suis fier d'être ton père. »

« Dieu aussi est fier d'être ton Père céleste. »
• « Dieu a voulu que tu fasses partie de sa famille et j 'en suis
très heureux. »

« Dieu t'a aussi adopté dans sa famille. »

« I l n'y a rien que tu puisses faire contre moi qui m' empê­
cherait de te pardonner. »

« Le pardon de Dieu est également toujours à ta disposi­
tion . »

« I l n'y a personne d'autre comme roi dans le monde, et je
suis fier que tu sois mon fils/ma fille. »

« Tu es un chef d'œuvre unique de Dieu. »

« Tu portes mon nom de famille ; tu appartiens à cette fa­
mille. »

« Tu appartiens à la famille de Jésus également. »

« I l n'y a rien que tu puisses faire qui pourrait rompre les
liens de mon amour pour roi ; tu seras toujours mon fils/
ma fille, que j 'aime. »

« Rien ne pourra jamais te séparer de l'amour de Dieu. »
Vos enfants n'ont pas toujours conscience ou ils ne ressentent
pas toujours leur véritable valeur, mais vous si. Profitez de chaque
occasion qui se présente pour dire à vos enfants à quel point ils ont
de la valeur pour vous.
En faisant savoir à vos enfants combien vous, leur père, et Dieu,
leur Père céleste, vous les estimez, ils gagneront sans aucun doute
peu à peu une image équilibrée d'eux-mêmes. Vous serez alors à
même d'instiller en eux un amour de soi désintéressé.

1 16
8
ENGAGEMENT N°6

Je ferai de mon mieux pour


,
transmettre comment creer
des relations d'amour
saines selon Dieu

lors que vous êtes assis avec toute l'assemblée, la marche n up­
Atiale commence à se faire entendre. Un membre de votre fa­
mille se marie, et vous assistez à la cérémonie avec votre
. épouse,
votre fils et votre fille.
Votre fille se tourne alors vers vous et commence à vous deman­
der à voix basse : « Papa, est-ce que les promesses que Sara va faire
aujourd'hui tiennent vraiment ? Je veux dire, n'est-ce pas ce que
le véritable amour est censé faire : qu'un mariage dure pour tou­
jours ? »
Avant que vous ne puissiez lui répondre, votre fils, qui a tout
entendu, vous interrompt : « Idiote, personne ne peut aimer
quelqu'un pour toujours. Personne n'aime pour la vie, n'est-ce pas,
papa ? »

1 17
Suis-je 1111 bon père '

« On ne t'a pas parlé, espèce de putois, riposte votre fille.

Papa, lorsque j 'aurai trouvé l'homme parfait pour moi, je veux


que ce soit un véritable amour. Alors comment être certaine que
c'est le bon, un amour qui dure pour toujours ? »
« Papa, dis-lui, intervient encore votre fils, dis-lui que per­

sonne ne l'aimera jamais plus de cinq minutes, alors encore


moins pour toujours. »
Bien entendu, ce ne sera pas forcément ainsi que vos enfants
aborderont ce sujet avec vous. Mais vous pouvez être certain qu'à
un moment donné, ils voudront savoir ce qui rend véritable une
relation d'amour. En entrant dans !'âge adulte, leur intérêt pour
l'amour et les relations augmentera. Je me souviens d'un temps
où mes filles semblaient changer de petits amis chaque semaine.
Ce fut le moment idéal pour les aider, ainsi que mon fils, à com­
prendre en quoi consiste un véritable amour.
Dans un précédent chapitre, nous avons défini le véritable
amour comme le fait de placer la sécurité, le bonheur et le
bien-être d'une autre personne au même niveau que les nôtres.
Lorsqu'une relation d'amour est enracinée dans ce concept de
donner autant d'importance aux intérêts de l'autre personne
qu'aux nôtres (aime ton prochain comme toi-même) , alors cette
relation devient saine.
Cependant, ce que nos enfants entendent et voient dans notre
culture contemporaine est rarement une représentation d'une
relation saine. Un comportement égoïste, licencieux et même
abusif est souvent adopté comme une relation amoureuse. D'où
la nécessité d'expliquer vraiment à nos enfants ce qu'est une
relation d'un point de vue biblique. Avant qu'un enfant n'ait
atteint l'âge de dix ans, il ou elle aura probablement déjà acquis
un concept déformé du comportement qu'une personne doit
adopter dans une relation amoureuse. En tant que pères, et avec
l'aide de notre épouse, nous devons corriger ces déformations en
présentant à nos enfants en quoi consiste une relation d'amour
saine. Avec le temps, j 'ai découvert au moins cinq composants

118
Jeferai de mon mieux pour transmettre comment créer des relations d'amour saines selon Dieu

bibliques qui rendent de relies relations saines. Transmettre ces


vérités à vos enfants les aidera fortement à établir des relations
saines avec d'autres personnes.

Une relation d'amour saine est une idée de Dieu


L'idée de développer une relation d'amour saine avec une
autre personne ne vient pas des êtres humains. C'est Dieu qui
a créé l'amour. Quand la Bible dit : « Dieu est amour » ( 1 Jean
4. 1 6) , cela ne veut pas simplement dire que Dieu nous aime,
mais aussi qu'il est la définition et l'essence mêmes de ce que peut
être une relation d'amour.
Dieu, de par la nature de sa composition (Père, Fils et Saint­
Esprit) nous montre que les relations d'amour existent depuis la
nuit des temps. Dieu existe dans une relation : le Père a toujours
infiniment aimé le Fils ; le Fils a toujours et éternellement aimé
le Père ; et le Saint-Esprit a de tout temps aimé le Père et le
Fils. La norme absolue d'une relation d'amour saine a été établie
par Dieu. La Trinité connaît un cycle permanent d'une parfaite
relation. C'est pour nous le modèle de ce qu'est une relation
saine.
Créés à l'image de D ieu, nous étions supposés l'aimer et aimer
nos prochains comme il aime. Son amour est parfait, et il veut
nous apprendre comment aimer de façon saine. Jésus a bien dit :
« Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les

autres » (Jean 1 3 . 34) . Jésus est le modèle d'une relation d'amour


saine. Son amour nous lie ensemble, nous donne de la joie et
une raison de vivre. Son amour dure. C'est ce que nos enfants
recherchent, et ce à quoi nous tous aussi nous aspirons : des rela­
tions d'amour qui nous comblent, nous procurent une paix inté­
rieure et donnent un sens à la vie. Il « est amour ; et celui qui
demeure dans l'amour demeure en D ieu, et Dieu demeure en lui.
Tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde ; c'est en cela
que l'amour est parfait en nous » ( 1 Jean 4. 1 6b- 1 7a) .

1 19
Suis-je un bon père ?

Une relation d'amour saine est axée sur les autres


La Bible dit encore : « Et cet amour consiste, non point en
ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et
a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés »
( 1 Jean 4. 1 0) . Une relation d'amour saine est axée sur les autres.
Ce n'était pas son intérêt personnel que Jésus cherchait quand il
accepta de venir mourir sur terre. Il ne se préoccupait que de nous
et de nos besoins. Et c'est ce que fait un véritable amour.
C'est le profond désir de deux êtres de rechercher en permanence
le meilleur intérêt de l'autre qui maintient une relation d'amour
dans la durée. L'amour n'est pas égoïste ; « il ne cherche point son
intérêt » ( 1 Corinthiens 1 3. 5) . Dans une relation d'amour saine,
chaque personne cherche à pourvoir aux besoins de l'autre et à le
protéger du pire.
Ce concept d'une telle relation d'amour « centrée sur l'autre »
n'est pas toujours évident à transmettre à nos enfants. Il n'est pas
nécessaire d'être très observateur pour se rendre compte que nos
enfants sont naturellement égocentriques.
Vous est-il déjà arrivé de voir votre enfant tenter d'arracher un
jouet de votre main en déclarant autoritairement « À moi » ? Nous
avons tous intérieurement cette crainte de ne pas avoir ce qui nous
est dû ou de ne pas pouvoir profiter de quelque chose qui nous
appartient vraiment. D'où notre tendance à prendre plutôt que
donner spontanément. Partager « des jouets » avec d'autres ou
accorder de notre temps aux autres, sans parler de se sacrifier pour
quelqu'un d'autre, ne semble pas au premier abord être dans notre
intérêt. En réalité cependant, Dieu a fait du don de soi la pierre
angulaire de toute relation saine. Autrement dit, il est bien dans
notre intérêt de donner aux autres.
Jésus a dit : « Donnez, et il vous sera donné : on versera dans
votre sein une bonne mesure . . . car on vous mesurera avec la me­
sure dont vous vous serez servis » (Luc 6.38). C'est l'un des prin­
cipes de réciprocité d'une relation d'amour saine. Nous recevons

1 20
Jeferai de mon mieux pour transmettre comment créer des relations d'amour saines selon Dieu

ce que nous donnons. Donner et penser aux intérêts des autres


cl' abord ne nous laisse pas sans rien et sur notre faim ; au contraire,
cela contribue à notre épanouissement.
Je me souviens d'un jour où j 'étais allé avec Sean au centre ville
de San Diego. Nous nous étions arrêtés dans un fast-food pour
déjeuner. Nous y avions commandé un grand sandwich que nous
voulions nous partager.
Nous avions trouvé un banc à l'extérieur pour nous asseoi r
e t avions commencé à diviser en deux l e sandwich, lorsque nous
vîmes ce qui semblait être un sans-abri assis sur le banc près du
nôtre. Je regardai Sean et lui montrai l'homme. « Je parie qu'il a
faim, lui aussi », murmurai-je. « Est-ce que tu veux bien qu'on
partage notre sandwich avec lui ? » demandai-je.
« J'ai vraiment très faim, papa », répondit mon fils. « Moi aussi,
j 'ai faim, lui dis-je, mais je parie qu'il a encore plus faim que nous.
Crois-moi, nous aurons encore assez à manger, même si nous par­
tageons notre nourriture. » Sean acquiesça un peu à contrecœur.
Je fis savoi r à cet homme, qui s'appelait Allen, que mon fils et
moi avions un grand sandwich et que nous serions heureux de le
partager avec lui s'il avait faim. Il nous sourit, vint s'asseoir à côté
de nous et chacun put apprécier un tiers du sandwich.
En discutant avec lui, nous apprîmes qu'Allen était en effet
sans-abri. Son histoire était plutôt triste et nous l'écoutâmes atten­
tivement. Je lui fis également part d'une partie de mon h istoire,
expliquant également comment j 'étais devenu chrétien. Avant de
terminer, Sean et moi priâmes pour lui, et il partit avec le senti­
ment que quelqu'un avait pris soin de lui.
Alors que Sean et moi reprenions la route pour rentrer dans
nos montagnes, il me dit : « Papa, je n'ai mangé qu'un tiers de
sandwich, mais je me sens comme si j 'en avais avalé deux. C'est
vraiment chouette que nous ayons partagé notre repas avec Allen.
Je pense que nous l'avons vraiment encouragé. » Je saisis l'occasion
pour lui expliquer que lorsque nous donnons aux autres et que

121
Suis-je un bon père >

nous croyons que Dieu pourvoit à nos besoins, il prend toujours


soin de nous. Il fait en sorte que nous recevions ce que nous avons
donné, dans cette vie ou celle d'après.
Encouragez vos enfants à donner de leur temps et ce qu'ils ont
à d'autres. Même les plus jeunes enfants peuvent apprendre les
récompenses que l'on peut recevoir en donnant. Il peut s'avérer
très satisfaisant pour un enfant de donner une partie de son argent
de poche à des enfants nécessiteux dans un pays étranger. De nom­
breux organismes de secours sont structurés de façon à encourager
les enfants à donner aux enfants ; ils assurent par exemple une
correspondance à travers des dessins et des lettres. Impliquer vos
enfants dans ce genre d'effort axé sur les autres leur fait découvrir
la nature de l'amour de Dieu.
Il est tout aussi essentiel d'avoir ce genre d'attitude et d'actions
centrées sur les autres devant vos enfants. Soyez transparents au su­
jet de relations passées et actuelles pour lesquelles vous avez sacrifié
de l' énergie, du temps et des biens. D ites-leur tout ce que vous avez
reçu en retour. Le fait de partager avec eux vos propres expériences
renforcera l'idée que donner et être centré sur les autres permet
aux relations de se consolider, sans compter que c'est extrêmement
gratifiant et épanouissant.

Une relation d'amour saine doit recevoir pour pouvoir


donner
La réalité de la vie est telle que nous ne pouvons donner ce
que nous n'avons pas. Et cela vaut également pour toute relation
d'amour. En effet, nous donnons aux autres ce que nous avons
reçu. Capôtre Jean écrivit ceci : « Et cet amour consiste, non point
en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés . . .
Pour nous, nous l'aimons parce qu'il nous a aimés le premier »
( 1 Jean 4. l üa, 1 9) .
La capacité à forger des relations d'amour saines avec d'autres
personnes découle de l'acceptation d'une relation d'amour saine
avec Dieu et les autres. Dieu ne nous demande pas de pardonner

1 22
Jeferr1i de mon mieux pour transmettre comment créer des relations d'amour saines selon Dieu

aux autres, d'accepter sans condition, de pénétrer le monde d'une


personne pour montrer notre attention, notre affection ou notre
appréciation, sans nous avoir au préalable aimés de la même ma­
nière. L'apôtre Paul nous dit par exemple ceci : « Accueillez-vous
[ou acceptez-vous] donc les uns les autres, comme Christ vous a
accueillis [ou acceptés] » (Romains 1 5 .7). Recevoir l'acceptation
de Christ nous permet d'accepter les autres. Nous sommes alors
capables de nous donner et de bâtir des relations d'amour saines
après avoir tant reçu de Dieu et des autres.
Penser à des personnes de votre connaissance qui ont du mal à
construire des relations d'amour saines. Il est fort probable qu'elles
ont expérimenté des relations brisées et dysfonctionnelles dans leur
passé. Si nous avons expérimenté des relations saines dans notre
passé, cela favorisera nos relations présentes et futures. À l'inverse,
si nous avons expérimenté des relations dysfonctionnelles, celles-ci
encourageront des relations présentes et futures dysfonctionnelles
également. Ce cycle de dysfonctionnement doit être interrompu,
et pour ce faire, il est nécessaire d'être prêt à recevoir des relations
saines comme celles que Dieu offre.
Ainsi que je l'ai déjà mentionné, j 'ai grandi au sein d'un foyer
profondément dysfonctionnel. Je n'y ai jamais appris à donner ou
à recevoi r de l'amour. ]'étais donc destiné à transmettre ce modèle
dysfonctionnel au sein de mon futur mariage et dans ma famille
à moins d'enfermer ce passé pour commencer une relation saine
avec Dieu, moi-même et les autres.
Quand j'étais au lycée et plus tard encore à l'université, j'avais
envie d'expérimenter une vie de famille où de véritables relations
d'amour existeraient. Ce fur donc pour moi un privilège de ren­
contrer une famille où demeurait ce genre de relations : la famille
de Dick et Charlotte Day.
]'ai rencontré Dick à la faculté de théologie dans les années
1 960. Il était un peu plus âgé que nous et déjà marié et avait quatre
enfants. Il s'était tourné vers Christ alors qu'il approchait de la
trentaine, et s'était senti appelé au ministère. C'était au moment

1 23
Suis-je 11n bon père ?

des inscriptions dans les différents cours que nous nous étions ren­
contrés et nous avions immédiatement accroché.
Je devins rapidement presque un membre supplémentaire de
la famille Day, m'arrêtant souvent chez eux à des heures sympa­
thiques comme 6h30 ou après 23 heures pour parler d'un sujet qui
ne pouvait tout simplement pas attendre. Dick était toujours très
patient, avenant et plein d'amour. Il était doté de traits de caractère
que je n'avais pour ainsi dire pas connus au cours de mon enfance.
Je fus immédiatement impressionné par le comportement de
Dick et Charlotte envers leurs enfants et l'un envers l'autre. Ils ac­
ceptaient et appréciaient leurs enfants, les encourageant constam­
ment et leur donnant toujours le sentiment d'être intéressant et
important. De plus, ils leur montraient leur amour à travers de
tendres paroles et des gestes affectueux - beaucoup de câlins. On
peut dire que c'est à force de fréquenter cette famille que j'ai appris
à donner l'accolade. En outre, ils étaient toujours disponibles. Ils
avaient toujours du temps pour leurs enfants, ce qui m'impres­
sionnait vraiment étant donné que mon père ne semblait jamais
en avoir pour moi.
Je remarquai également qu'ils remerciaient leurs enfants pour
ce qu'ils faisaient à la maison. Sortir les poubelles, nettoyer ou quoi
que ce soit d'autre, ils faisaient toujours en sorte de montrer à
leurs enfants combien ils appréciaient leur aide. En repensant à
ma propre enfance, je me souvenais que mon père m'avait appris
à travailler ; pour cela, je pouvais lui être reconnaissant. Mais son
appréciation pour le travail accompli ? Je ne pouvais pas vraiment,
voire pas du tout m'en souvenir.
En réalité, la famille de Dick devint la famille que je n'avais
jamais eue. J'appris avec eux ce qu'étaient des relations saines en
recevant leur amour et en leur offrant ce même amour en retour.
Si vous êtes en lutte avec un passé dysfonctionnel (ce qui est notre
cas à tous dans une certaine mesure) , essayez de trouver un couple
mature qui sait ce qu'est une relation biblique et saine, et passez
du temps avec eux. Demandez au père, ou même un grand-père,

1 24
Jeferai de mon mieux pour transmettre comment créer des relations d'amour saines selon Dieu

d'être votre modèle. Non seulement votre requête l'honorera, mais


il pourra aussi vous enrichir sur le plan relationnel afin que vous
puissiez donner de façon plus efficace à vos propres enfants.

Une relation d'amour saine répond aux besoins des autres


I... :expression la plus couramment utilisée pour décrire le cœur
d'amour de Jésus est « ému de compassion ». Quand il vit les deux
aveugles, il fut « ému de compassion ». Lorsqu'il vit le lépreux, il
fut « ému de compassion ». Voyant les malades et ceux qui avaient
faim, il fut « ému de compassion1 ». Le cœur d'amour de Jésus le
poussait à placer les autres en premier, en répondant essentielle­
ment à leurs besoins du moment, qu'ils soient physiques, relation­
nels ou spirituels. C'est là l'essence même d'une relation d'amour :
répondre aux besoins de notre prochain au moment opportun.
Quand votre premier enfant est né, l'une des premières choses
que vous avez probablement remarquée, c'était sa capacité à attirer
l'attention. Les bébés nouveau-nés ont de fortes cordes vocales,
et il est fort probable que le vôtre s'en soit servi généreusement.
Or l'une des raisons pour lesquelles votre enfant faisait si bien
entendre sa voix, c'était pour vous faire savoir qu'il ou elle « avait
faim ». Je suis certain qu'avec votre épouse, vous répondiez au be­
soin de nourriture de votre enfant et le nourrissiez sans attendre.
Une fois que votre enfant avait digéré le lait, vous répondiez à un
nouveau besoin du moment en changeant sa couche. Puis lorsqu'il
ou elle avait besoin de dormir, vous répondiez encore à ce besoin
du moment en lui procurant un endroit sûr et confortable pour
dormir. Répondre aux besoins de vos enfants a été quelque chose
que vous avez fait depuis leur tout premier jour sur terre. Cela fait
partie de ce que l'on fait quand on aime ses enfants.
Mais aimer ses enfants implique également de répondre à leurs
besoins du moment sur le plan relationnel. De la même manière
qu'ils ont des besoins physiques, ils ont également des besoins rela-

1 Voir Matthieu 9.36 ; 1 4. 1 4 ; 1 5 .32 ; 20.34 ; Marc 1 .4 1 ; 6.34 ; 8.2.

1 25
Suis-je 1112 bon père ?

tionnels. En répondant aux besoins relationnels de nos enfants,


nous les rendons capables d'apprendre à leur tour comment ré­
pondre aux besoins relationnels du moment de leurs prochains.
C'est ce que l'on fait au sein d'une relation saine.
Et c'est ce que j 'avais observé dans la famille Day. Ils cherchaient
en permanence à répondre aux besoins relationnels du moment
des uns et des autres. Dick et Charlotte offraient à leurs enfants
un amour qui répondait à leurs besoins, et comme les besoins rela­
tionnels de chaque enfant étaient comblés en termes d'accepta­
tion, appréciation et affection, ils étaient capables d'avoir la même
attitude envers les autres personnes.
Je me suis demandé pendant des années si j 'avais pleinement
conscience de tous les besoins relationnels de mes enfants. Je n'étais
déjà pas sûr de bien connaître les miens ou ceux de Dottie. Nous
avons déjà mentionné un certain nombre d'entre eux dans les cha­
pitres précédents, par exemple le besoin d'être accepté, apprécié,
de recevoir l'attention et d'être rendu responsable. Les Écritures
identifient au moins trente-cinq de ces besoins relationnels que
nous avons, à un niveau ou un autre. Nous leur donnons géné­
ralement l'appellation « les uns les autres » des Écritures. En voici
quelques exemples : « Accueillez-vous donc les uns les autres » (Ro­
mains 1 5 .?a) , « . . . les membres aient également soin [portent de
l'attention] les uns des [aux] autres » ( 1 Corinthiens 1 2.25b) , « . . .
édifiez-vous les uns les autres » ( 1 Thessaloniciens 5 . 1 1 ) , etc. Un
de mes amis proches, le Dr. David Ferguson, m'a un jour présenté
ces passages bibliques en m'expliquant comment identifier les dix
principaux besoins relationnels d'une personne par ordre de prio­
rité. Son point de vue s'est avéré tout à fait précieux pour m'aider
à m'améliorer dans ma façon de répondre aux besoins relationnels
du moment de ma femme et de mes enfants.
Vous pouvez bien entendu trouver ces besoins relationnels à
travers toute la Bible. Prenons cependant le temps d'en identifier
dix, de les définir et de leur attribuer à chacun une référence bi­
blique. En les lisant, essayez de découvrir lesquels correspondent

1 26
jeferai de 1non mieux pour tr11nsmettre comment créer des rel11tions d'amour saines selon Dieu

aux priorités les plus élevées de chacun de vos enfants. Je définirai


ces besoins en les exprimant à la première personne me basant sur
les sentiments que pourrait avoir votre enfant lorsque vous vous
apprêtez à y répondre.

Le besoin relationnel d'acceptation. Je me sens accepté quand
tu m'aimes sans condition, en particulier si mon compor­
tement a été médiocre ; cela me donne l'impression d'être
aimé pour ce que je suis réellement (Romains 1 5 .7) .

Le besoin relationnel d'attention (de soin). Je me sens entouré
quand tu entres dans mon monde et montres de l'intérêt et
du souci pour moi ( 1 Corinthiens 1 2.25) .

Le besoin relationnel d'approbation. Je me sens approuvé
quand tu exprimes ta satisfaction à mon égard en tant que
personne et lorsque tu me montres que tu es content de
moi (Romains 1 4. 1 8) .

Le besoin relationnel d'appréciation. Je me sens apprécié
quand tu me félicites et que tu exprimes ta reconnaissance
pour l'un de mes accomplissements ou efforts
( 1 Corinthiens 1 1 .2) .

Le besoin relationnel de consolation. Je me sens consolé quand
tu pleures avec moi lorsque je suis blessé et que tu t'identifies
avec la profondeur de ma souffrance (2 Corinthiens 1 .3-4) .

Le besoin relationnel de soutien. Je me sens soutenu par toi
quand tu viens à mon secours et que tu m'aides à trouver une
solution lorsque je fais face à un problème (Galates 6.2) .

Le besoin relationnel de respect. Je me sens respecté quand tu
valorises mes avis et idées et que tu me considères comme
une personne de valeur ( 1 Pierre 2. 1 7) .

Le besoin relationnel de sécurité. Je me sens en sécurité
lorsque tu m'aides à supprimer la peur de perdre ou de
manquer de quoi que ce soit dans ma vie, ou quand tu
me fais savoir que quoi qu'il arrive, notre relation restera
solide ( 1 Jean 4. 1 8) .

1 27
Suis-je 1111 bon père ?


Le besoin relationnel d'affection. Je me sens proche de toi
quand tu montres ton intérêt pour moi à travers de tendres
paroles et des gestes physiques appropriés (Romains 1 2. 1 0) .

Le besoin relationnel d'encouragement. Je me sens encouragé
par toi quand tu me motives et m'encourages à atteindre un
objectif positif (Hébreux 1 0.24) .
Ne serait-ce pas formidable de savoir quels sont les principaux
besoins relationnels de vos enfants ? Nous éprouvons tous ces
besoins à différents niveaux, et il est important sur un plan rela­
tionnel qu'ils soient comblés. Il semble cependant que ces besoins
soient, selon les personnes, une priorité plus ou moins élevée. Par
exemple mon fils Sean a un fort besoin de respect, alors que ma
fil le Heather a davantage besoin d'attention. Dottie a un besoin
élevé de soutien, mais pour ma part, j 'ai surtout besoin d' apprécia­
tion. C'est vraiment très utile de connaître les deux ou trois princi­
paux besoins relationnels de chacun de vos enfants, de vous-même
et de votre femme, et ensuite d'en discuter les uns avec les autres.
Vous ne pouvez vous imaginer à quel point c'est extraordinaire
quand une famille commence à chercher sciemment à répondre
aux besoins relationnels de chacun de ses membres.
Pour vous aider à identifier ces besoins par ordre de priorité
dans votre vie, mais aussi dans celle de chaque membre de votre
famille, j 'ai pensé à i ntégrer pour vous à la fin de mon livre un
outil très utile. Il s'agit de I' « inventaire et évaluation des besoins
relationnels » . Cet outil de test a été mis au point par David
Ferguson. C'est un excellent moyen de parveni r à déterminer quels
sont vos besoins relationnels les plus importants, mais aussi ceux
des membres de votre famille.
Pour habituer mes enfants à la nécessité de reconnaître puis
de répondre aux besoins relationnels des autres, j'eus lidée de les
impliquer dans mes propres efforts pour répondre à ceux de Dot­
tie. Ce faisant, j 'avais l'occasion d'être un modèle pour eux, mais
aussi de répondre à un besoin relationnel de leur mère. Prenez
par exemple un anniversaire. Vous organisez certainement chaque

1 28
Jeferai de mon mieuxpour trawmettre comment créer des relations d'amour saines se/011 Dieu

année une fête d'anniversaire pour chacun de vos enfants. C'est le


moment parfait pour répondre à l'un de leurs principaux besoins.
Assurez-vous que vos enfants aient bien conscience que vous vou­
lez répondre à l'un de leurs besoins relationnels lorsque vous célé­
brez l'anniversaire de leur naissance. Par la suite, expliquez-leur
qu'étant donné que leur propre besoin relationnel a été comblé,
ils sont à présent capables de répondre aux besoins des autres, en
particulier lors de la fête d'anniversaire de leur mère.
J'avais donc pris l'habitude de rassembler mes enfants en secret
pour qu'ils m'aident à planifier l'anniversaire de Dottie. Je disais :
« Alors les enfants, lanniversaire de votre mère approche et j 'ai
besoin de votre aide. Que pourrions-nous faire pour qu'elle sache
à quel point nous l'aimons et la soutenons ? »
Lors de l'une de ces retrouvailles secrètes, Kelly avait dit : « Nous
pourrions l'amener à la plage puisqu'elle aime tant la mer. »
« J'ai une idée, avait annoncé Sean. Maman aime beaucoup
les spaghettis - nous pourrions l ui préparer des spaghettis pour le
dîner. »
« J'ai une meilleure idée, avait renchéri Katie. Pourquoi ne pas
préparer un pique-nique de spaghettis le soir à la plage ? »
C'était vraiment formidable d'impliquer ainsi mes enfants,
car cela me donnait loccasion de leur apprendre à répondre aux
besoins relationnels de leur mère tout comme on avait répondu
à leurs propres besoins lors de leurs fêtes d'anniversaire. Chacun
d'eux écrivait un petit mot d'amour et de soutien sur la carte
d'anniversaire que nous offrions à Dottie. Je leur rappelais qu'ils
avaient reçu beaucoup d'amour et de soutien de la part de leur
mère et que c' étaie maintenant leur tour de lui montrer leur amour
ec leur soutien.
Commencez à montrer de l'attention (de l'intérêt) à vos enfants
ec montrez-leur votre acceptation, votre appréciation, votre sou­
tien, votre encouragement, votre respect, offrez-leur votre sécurité,
votre réconfort, votre approbation et votre affection. Mais ne vous

1 29
Suis-je "" bon père ?

arrêtez pas là. Impliquez-les aussi dans votre désir de répondre aux
mêmes besoins dans la vie de leur mère. Demandez-leur des idées
créatives et entraînez-les à répondre à ses besoins à vos côtés.

Une relation d'amour saine implique un choix


C'était certes il y a bien longtemps, mais je me souviens encore
très nettement des paroles du pasteur lorsqu'il me demanda : « Jos­
lin David, acceptez-vous de prendre pour épouse Dorothy Ann ?
De l'avoir et de la garder dès ce jour et à l'avenir ; pour le meilleur
et pour le pire ; dans la richesse comme dans la pauvreté ; dans la
maladie comme dans la santé ; de l'aimer et de la chérir jusqu'à ce
que la mort vous sépare ? »
La fin de cette cérémonie n'était pas la conclusion de mon ma­
riage avec Dottie. Ce n'était que le commencement. Une relation
d'amour, en particulier dans un mariage, n'est pas une destina­
tion ; c'est un voyage relationnel scellé par une alliance d'amour.
Voyez-vous, aimer quelqu'un implique en réalité un choix. J'avais
fait le choix de prendre Dottie pour femme, et ce choix supposait
une décision délibérée de lui rester fidèle et d'approfondir mon
amour pour elle aussi longtemps que je vivrais. Dans une relation
maritale, choisir d'aimer son conjoint est synonyme de fidélité et
de dévouement. Bien entendu, toutes les relations que nous bâtis­
sons avec d'autres personnes ne doivent pas obligatoirement durer
toute la vie. Certaines amitiés s'étiolent pour diverses raisons, mais
si vous voulez qu'une relation dure, alors vous devrez en faire le
choix à plusieurs reprises.
Faites comprendre à vos enfants que l'amour est bien plus qu'un
simple sentiment ou qu'un désir émotionnel. Lamour est ancré
dans une alliance à travers laquelle deux personnes s'engagent à
être là pour l'autre quelles que soient les circonstances. Profitez
de vos propres anniversaires de mariage pour expliquer que votre
relation de couple est une relation destinée à durer toute votre
vie. N'hésitez pas à célébrer occasionnellement vos anniversaires
de mariage en famille. Faites savoir à vos enfants que la fidélité au

1 30
Jefemi de mon mieux pour transmettre comment créer des relations d'amour saines selon Dieu

sein de votre couple est un choix et que vous faites constamment le


choix d'aimer votre femme d'un amour pur et exclusif.
Profitez aussi des célébrations de mariages auxquelles vous
pouvez assister. Dites-leur que les relations d'amour qui durent
sont celles où les gens font le choix (la promesse solennelle) d'être
sincères et fidèles l'un envers l'autre. De nos jours, les promesses
semblent faciles à briser, comme si les vœux n'étaient faits que
pour durer un temps et les relations aussi longtemps que durent les
sentiments. Expliquez à vos enfants que ce n'était pas ce que Dieu
avait prévu pour le mariage. Faites-leur comprendre que lorsqu'un
couple marié s'engage à s'aimer d'un amour fidèle, la relation est
censée durer toute la vie.
L'idée d'une relation maritale impliquant des engagements
vient de Dieu. C'est Dieu qui est à l'origine des relations d'amour
saines ; de ces relations centrées sur !'autre et dans lesquelles les
besoins des uns et des autres sont comblés. C'est cela !' engagement
n°6 : faire votre possible pour transmettre comment créer des rela­
tions d'amour saines selon Dieu.

131
9
ENGAGEMENT N°7

Je ferai de mon mieux pour


enseigner comment différencier
le bien du mal

aron, je te promets que cette discussion ne sera pas comme


« Atoutes 'celles' que nous avons eues jusqu'ici, commença
son père. Sincèrement, je ne veux plus te crier dessus. »

Le silence gagna rapidement la p ièce, ponctuée par les


reniflements de Sylvie, la mère d'Aaron. Son père, Christian, se
voyait contraint de confronter son fils âgé de 1 7 ans, après que
ce dernier avait été arrêté pour vol à l'étalage dans un magasin
d'accessoires électroniques.
« Je veux simplement quelques réponses », continua Christian
en démarrant toute une liste de questions à l'adresse de son fils.
« Comment te sens-tu après avoi r été arrêté pour vol à
l'étalage ? »
« Je n'sais pas. »

« Te sens-tu coupable ? »

1 33
Suis-je 1111 bon père >

« Non. »
« Pourquoi ? Tu ne crois pas que c'était mal ? »
« Non. J'imagine que j 'me sens un peu mal. »
« Pourquoi ? »
« Je n'sais pas. »
« Tu ne sais pas que ce que tu as fait était mal ? » insista Christian.
Alors que le dialogue se prolongeait, Sylvie écoutait. Par
instants et alors qu'elle observait le visage et les traits d'Aaron, son
fils lui semblait tout à fait étranger. Mais à d'autres moments, elle
revoyai t le petit garçon qui venait grimper sur ses genoux lorsque le
moment était venu de lui lire une histoire à l'heure du coucher. Le
changement entre le petit garçon qu'il avait été et le jeune homme
qu'il était devenu n'avait pas été facile pour Christian et Sylvie.
Aaron avait pris à présent la parole.
« Pourquoi penses-tu que c'est mal ? » demanda-t-il à son
père, se penchant en avant et semblant soudainement montrer de
l'intérêt pour cette conversation.
Christian lui lança un regard perplexe. « Que veux-tu dire ? »
« Pourquoi est-ce vraiment mal ? Après tout, je n'ai fait que
prendre un misérable petit appareil. Le caméscope que j'avais
acheté chez eux la dernière fois n'a jamais vraiment bien fonctionné.
Ils me devaient donc un autre appareil, mais ils ne voulaient pas
me le donner. Où est le problème de prendre quelque chose qui
t'appartient ? »
« Je n'peux pas le croire », répondit Christian. Aaron leva les
yeux au ciel et se renfonça dans le canapé en croisant les bras.
« Aaron, ajouta Christian sèchement, ta mère et moi avons essayé
de t'enseigner l'honnêteté depuis ton plus jeune âge. C'est donc très
décevan t de voir que tu ne réalises pas combien c'est mal de voler. »
« Qui a volé ? » craqua Aaron . « Sûrement pas moi. C'est ce
magasin qui vole les portefeuilles de ses clients jour après jour.
C'est eux qui devraient être arrêtés. »

1 34
Jeferai de mon mieux pour enseigner comme/li differencier le bien du mal

Christian commença à s'agiter. Il semait qu'il perdait son sang­


froid. « Tu sais très bien que ru n'avais pas le droit de prendre cet
appareil, quoi que fasse ce magasin à ses cliems. Nous t'avons édu­
qué mieux que cela, Aaron Michael ! »
Sylvie, assise à côté de Christian, réagir à la colère dans la voix
de son mari par une pression sur le bras.
« É coute, cominua-r-il, le ron encore élevé, prendre quelque
chose dans un magasin sans le payer est mal, point, peu importe
les pratiques de ce magasin. »
« Pourquoi ? » insista Aaron.
« Qu'est-ce que ru veux dire par 'pourquoi' ? riposta Christian.
C'est mal, c'est rour ! Certaines choses som rour simplement mau­
vaises, 1 OO % mauvaises. Er roi et moi, nous savons rous deux que
ce que ru as fait était mal. »
La voix d'Aaron moma d'un ton lorsqu'il répliqua. « Eh bien,
ru penses peur-être que c'était mal, mais pas moi. Tu es braqué sur
ron opinion, et moi sur la mienne. Aucun de mes amis ne pense
que ce que j 'ai fair était mal. Ceux qui ont fair quelque chose de
mal dans cene hisroire, c'est les gens du magasin. » Il se leva du
canapé, s'apprêtam à quiner la pièce.
« Reviens ici rour de suite, jeune homme », exigea Christian.
« Faut que j'aille me préparer pour aller au foot », rérorqua
Aaron du haut des escaliers.
Sylvie fit une nouvelle pression sur le bras de Christian.
« Tu avais promis que cette 'discussion' serait différen te. » Sans
être élevé, le ron de sa voix était ferme.
Christian recula sur sa chaise et ferma les yeux, se demandant
comment la conscience morale de son fils avait pu dévier à ce poim.
Christian et Sylvie voulaient ce que vous et moi voulons, que
nos enfants croiem que certaines choses sont bonnes et d'autres
mauvaises, afin qu'ils fassent les bons choix moraux dans leurs vies.
Ce père savait que son fils avait fair le mauvais choix, mais il se sen-

1 35
Suis-je un bon père >

tait dépassé et ne voyait pas comment le convaincre du contraire.


Nous, pères, voulons savoir une chose : comment apprendre à nos
enfants à différencier le bien du mal de façon à ce qu'ils puissent
faire les bons choix moraux par la suite ?
Nous savons tous d'instinct que certaines choses sont bonnes et
d'autres mauvaises. Imaginons par exemple qu'Aaron se fasse voler
ses chaussures de football dans son casier. Il se sentirait blessé. Il ne
perdrait pas son temps à discuter sur le fait que le voleur avait sa
propre vision du bien et du mal ; il en appellerait à un sens objectif
de la j ustice en arguant qu'il a été victime d'une i njustice. Ce fai­
sant, il ferait appel bien entendu à une loi morale que, d'après lui,
tour le monde (et pas seulement lui) devrait suivre.
Du point de vue d'Aaron , son acte était j ustifié parce que le ma­
gasin d'accessoires électroniques ne l'avait pas traité (et les autres
clients non plus) équitablement. Ce qui explique dans les faits
que sa « loi morale » ait trouvé correct son chapardage. En réalité
d'ailleurs, la majeure partie des enfants aujourd'hui pensent que
cela ne pose aucun problème de voler, mentir ou tricher selon les
circonstances. D'après eux, ce qui est mal dans une situation peut
être bien dans une autre. Alors comment enseigner à vos enfants
la différence entre le bien et le mal quand ils sont entourés de
personnes qui croient que la « loi morale » change en fonction des
circonstances ?

Deux modèles de vérité


Dans notre culture contemporaine, il existe deux modèles dis­
tincts lorsqu'il s'agit de savoir si quelque chose est bien ou mal.
Chaque modèle affecte notre vision de la vie - du monde - et
chacun d'eux représente une perspective radicalement différente :

Modèle 1 : ce qui est bien ou mal est défini par Dieu pour
tout le monde ; ce modèle est objectif et universel.

Modèle 2 : ce qui est bien et mal est défini par chaque indi­
vidu ; ce modèle est subjectif et contextuel.

1 36
jeferai de mon mieux pour enseigner comment differencier le bien du mal

Le premier modèle reconnaît que Dieu - et non les hommes -


est central, qu'il est la source de toutes choses, et qu'il gouverne sur
tout. Il est !'entrepôt de la vérité, l'auteur et le j uge de tout ce qui
est bien et mal.
Le second modèle, quant à lui, place l'individu au contrôle
des affaires morales. Et puisque la norme se situe chez l'individu
même, elle est spécifique à cette personne (donc subjective) et aux
circonstances qu'il ou elle va traverser (donc contextuelle) . Autre­
ment dit, chaque personne se considère comme seule j uge de ce
qui est vrai et détermine elle-même ce qui est bien ou mal.
La grande majorité des enfants, même au sein des familles
chrétiennes, fo nctionne d'après le modèle 2. Si vous avez des
adolescents à la maison, vous avez dû remarquer qu'ils sont figés
sur certains points de vue ou qu'ils sont tout au moins influencés
par le modèle subjectif et contextuel. Pour déplacer fermement la
vision de nos enfants vers le premier modèle, nous devons les aider
à déterm iner ce qui rend le bien, bien, et le mal, mal. Et pour ce
faire, nous devons établir une norme pour le bien et le mal - le
modèle original.

Établir le modèle original


Dans la ville de Sèvres en France, située dans la banlieue de
Paris, se trouve le siège du Bureau i nternational des poids et
mesures, une organisation qui standardise les unités de mesure.
Ce bureau établit des normes de mesures métriques et se doit
de mainteni r un système fiable pour les mesures physiques au
niveau mondial.
Si je voulais obtenir une mesure la plus précise possible, je me
référerais à la norme qu'ils maintiennent. Si je voulais être abso­
lument certain que les divisions millimétriques sur ma règle sont
correctes, je les comparerais avec leurs normes. Et si je voulais sa­
voi r si la bouteille de Coca Light dans mon réfrigérateur contient
exactement deux litres de liquide, je vérifierais avec les mesures de
ce bureau.

1 37
Suis-je un bon père ?

Supposons maintenant que vous et moi ayons une dispute à


propos de la longueur du bois que j 'aurais coupé pour vous. Ima­
ginons que je l'aurais mesuré et que je vous aurais dit qu'il faisait
un mètre de long ; de votre côté, vous l'auriez mesuré avec votre
propre mètre pliant, m'annonçant que vous trouviez moins d'un
mètre. Comment pourrions-nous déterminer lequel de nous deux
aurait raison ? Nous pourrions nous servir de la norme ; il existe en
effet une norme objective et universelle pour les mesures à Sèvres.
Pour établir la validité de nos mesures individuelles, il nous fau­
drait simplement nous référer à l'original.
C'est exactement cela qu'il faut à nos enfants. Ils ont besoin
d'être convaincus qu'une norme existe pour traiter les revendications
concernant les connaissances morales, une norme pour différencier
le bien du mal, qui est universelle et qui ne dépend pas de nous.
Comme nous devons le faire lorsqu'il s'agit de mesurer des
longueurs, nous devons aussi le faire quand il est question de
distinguer le bien du mal. Donc pour définir la vérité, nous devons
d'abord comparer une chose à l'original. La première étape dans
ce processus consiste en fait à tester une chose censée être vraie et
bien avec l'original. Le dictionnaire Webster définit notamment la
vérité par « fidélité à un original ou à une norme ».
La question que l'on doit se poser est, bien entendu : « Qu'est­
ce - ou qui - est l'original ? »
C'est j ustement ici le moment où Dieu doit intervenir dans
la discussion car il est impossible d'arriver à une norme objective
et universelle de la moralité sans qu'il ait son mot à dire. Si une
norme objective de la vérité et de la moralité existe, alors elle ne
peut être le produit d'un intellect humain, sans quoi elle ne serait
plus objective ; elle se doit d'être le produit d'une autre source.
De plus, si une règle universelle du bien et du mal existe, elle doit
transcender l'expérience individuelle, sinon elle ne peut être uni­
verselle ; en effet, elle doit être au-dessus de nous tous. Or la vérité
universelle, par définition, doit être quelque chose - ou quelqu'un
- commun à l'humanité entière, à la création dans sa globalité.

1 38
jeferai de mon mieux pour enseigner comment diflèrencier le bien du mal

Ces choses, ces exigences pour une norme de vérité et de mora­


lité, ne peuvent se trouver qu'en un seul être : Dieu. Car de même
qu'il est d'une extraordinaire sainteté (voir chapitre 6) , de même
il est la source de toute vérité. Moïse a dit : « Il est le rocher, ses
œuvres sont parfaites . . . c'est un Dieu fidèle et sans iniquité, il est
j uste et droit » (Deutéronome 32.4). Voyez-vous, ce sont sa nature
et sa personnalité qui définissent la vérité et distinguent le bien du
mal. Il détermine ce qui est bien pour tout le monde, à travers tous
les temps, et en tous lieux. Mais pour ce qui est de la vérité, il ne la
décide pas ; il !'est. La base de tout ce que nous appelons morale, la
source de toute bonne chose, est l' Éternel Dieu qui vit en dehors
de nous, au-dessus de nous et au-delà de nous. Lapôtre Jacques a
écrit ceci : « Toute grâce excellente et tout don parfait descendent
d'en haut, du Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement
ni ombre de variation » (Jacques 1 . 1 7) .
D e nombreux parents sont comme Christian a u début de ce cha­
pitre. D'après eux, certaines choses sont tout simplement mauvaises,
1 00 % mauvaises. Mais essayer d'aider nos enfants à développer des
convictions fermes en ce qui concerne le bien et le mal avec un tel
raisonnement ne nous mènera nulle part ; nous devons les équi­
per avec un solide bagage de raisonnements bibliques. Nous devons
faire en sorte qu'ils comprennent que si nous avons ce concept que
certaines choses sont bonnes et d'autres mauvaises, c'est parce qu'il
existe un créateur, l' Éternel, et qu'il est un Dieu j uste.
La raison pour laquelle nous pensons qu'il existe des choses
« j ustes » et « i nj ustes », c'est parce que notre fabricant est un Dieu
j uste.
La raison pour laquelle l'amour est une vertu et la haine un vice
vient du fait que le Dieu qui nous a façonnés est un Dieu d'amour.
La raison pour laquelle l'honnêteté est bonne et la tromperie
mauvaise, c'est parce que Dieu est vrai.
La raison pour laquelle la chasteté est morale et la promiscuité
sexuelle immorale s' explique par le fait que Dieu est pur et fidèle.

1 39
Suis-je 11n bon père ?

Et la raison pour laquelle tant de nos enfants ne peuvent faire


la distinction entre le réel et la contrefaçon , entre le vrai et le faux,
entre ce qui est moral et immoral, tient au fait qu'ils ne mesurent
pas leurs attitudes et actions par rapport à !'original. Nous avons
tous été influencés par le détournement culturel de Dieu en tant
que centre de toutes choses. Notre culture a rejeté la source de
vérité et essayé de concevoir ses propres normes en matière de bien
et de mal.
La pitoyable réponse de Christian aux « pourquoi » de son fils
est typique de nombreuses personnes qui tentent de mesurer le
bien et le mal en fonction de leurs propres concepts plutôt que
ceux de Dieu. Il ne suffit pas de dire : « Toi et moi savons tous
deux que ce que tu as fait était mal ! » Ce n'est pas le fait que je
le sache, ni le fait que tu le saches, qui rend une chose mauvaise ;
c'est simplement ce que Dieu en pense qui en fait quelque chose
de mauvais.

Remettez en question leur façon de penser


J'avais pris l'habitude d'avoir des « discussions » avec mes ado­
lescents dans le but de façonner et d'aiguiser leur façon de pen­
ser. Lorsque je rentrais à la maison après un voyage, j 'emmenais
souvent les enfants déjeuner à !'extérieur. Sur le chemin vers le
restaurant (ou pendant que nous dégustions notre bacon et nos
œufs) , je suggérais une situation dans laquelle nous serions peut­
être appelés à prendre une décision d'ordre moral. Les enfants et
moi en discutions et tentions de décider comment procéder, en
nous basant sur la personnalité de Dieu et ses lois. Mon objectif
était de remettre en question leur façon de penser et de les amener
à réaliser que la moralité est moralité à cause de Dieu.
Nous devions en premier lieu déterminer quelle loi ou quel
commandement de Dieu appliquer. Ce qui importait le plus, ce­
pendant, c'était de voi r comment cette loi provenait en réalité de
lui et découlait de sa personnalité, et de quelle manière elle reflétait
son amour et son intérêt pour nous. Mon but était de fami liariser

1 40
Jeferai de mon mieux pour enseigner comment differencier le bien du mal

mes enfants avec le Dieu que nous servons, et pas seulement les
lois que nous suivons, et d'instaurer en eux les fondements pour
évaluer, à partir d'une base objective, quelles vérités sont univer­
selles, j ustes pour tout le monde, à travers tous les temps, et en
tous lieux.
J'emmenai un jour ma fille de 1 3 ans et mon fils de 1 7 ans, ainsi
que sa petite amie, voir le film de Steven Spielberg sorti en 1 993,
La Liste de Schindler. Tout le monde en parlait à !'époque ; le film
avait obtenu sept oscars, dont celui de la meilleure photographie et
du meilleur réalisateur. Lhistoire parlait d'un industriel d'origine
autrichienne qui avait sauvé la vie de plus d'un millier de réfugiés
majoritairement polonais-juifs durant l'holocauste nazi.
À la sortie du cinéma, nous nous étions retrouvés entourés par
une foule taciturne, bon nombre de personnes commentant les
atrocités infligées aux Juifs par les nazis. Je me tournai alors vers
mon fils.
« Sean, lui dis-je, penses-tu que l'holocauste était quelque chose
de mauvais - moralement mauvais ? »
Il répondit immédiatement. « Oui. »
Un peu plus tard, alors que nous montions dans la voiture pour
aller dîner dans une ville voisine, je poursuivis sur le même sujet.
« Presque tous ceux qui sont sortis du cinéma diraient que l'holo­
causte était une chose mauvaise, dis-je. Mais sur quoi se baseraient­
ils pour avoi r un tel j ugement ? Pourraient-ils expliquer pourquoi
c'était mal ? »
Je pouvais presque voir les cerveaux de ces trois adolescents
mouliner alors que je continuais sur ma lancée. « La plupart des
gens en Amérique adhèrent à une vision de la moralité appelée
'éthique culturelle'. Autrement dit, ils croient que tout ce qui est
acceptable dans cette culture est moral ; si la majorité des gens
disent qu'une chose est 'bonne', c'est donc qu'elle est bonne. »
À ce moment-là de la conversation, nous étions arrivés au restau­
rant et nous poursuivîmes la conversation pendant le repas. « C'est

141
Suis-je un bon père >

pour cela que de nombreux Américains diraient aujourd'hui que


!'avortement n'est pas une mauvaise chose ; simplement parce que
la majorité des Américains - et le Congrès et la Cour Suprême -
l'ont accepté. Si la majorité pense que c'est j uste, alors c'est que ça
doit l'être, n'est-ce pas ? »
« Cependant cette façon de penser pose un problème, leur ex­
pliquai-je. S i tout cela est vrai, alors qu'est-ce qui peut bien nous
pousser à dire que 'l'avortement' de six millions de Juifs pendant
l'holocauste était une mauvaise chose ? C'est d'ailleurs j ustement
!'argument avancé par les nazis pour se défendre pendant les procès
de Nuremberg. Ils protestèrent en effet en disant : 'Comment pou­
vez-vous arriver avec une autre culture et condamner ce que nous
avons fait alors que c'était acceptable selon notre culture ?' En les
condamnant, le tribunal attestait qu'il existait quelque chose au­
delà de la culture, au-dessus de la culture qui détermine ce qui est
bien et mal. »
Je continuai en expliquant que la majeure partie de ce que les
gens appellent moralité aujourd'hui n'est en réalité que du prag­
matisme. « Si nous ne condamnons pas les nazis pour ce qu'ils ont
fait, penseront les gens, qu'est-ce qui en empêchera d'autres d'agir de
même envers nous ? Et ils auraient raison, bien entendu, leur affir­
mai-je. Ils reconnaissent le besoin d'une objectivité morale, cepen­
dant ils ne parviennent pas à un véritable code moral parce qu'ils
refusent de reconnaître !'original. »
Finalement, après environ deux heures de discussion, je pensai
que le temps était venu de guider ces trois jeunes gens vers une
découverte. « Savez-vous pourquoi ce que vous avez vu ce soir était
mal ? »
«Je sais que c'était mal, osa avouer Sean, mais je ne sais pas
pourquoi. »
«Il existe une vérité, leur dis-je, qui est extérieure à moi, qui
dépasse notre famille et tout être humain ; une vérité concer­
nant le meurtre qui trouve son origine en Dieu. Commettre un

1 42
Jeferai de mon mietL� pour enseigner comment differencier le bien du mal

meurtre est mal parce qu'il y a un Dieu et qu'il est le donateur


et le préservateur de la vie. C'est lui qui a dit de sa création que
« c'était bon » , et qui nous a ordonné de protéger la vie et de ne
pas ruer. » Ce soir-là, je renforçai chez mes enfants et leur amie
l'idée que Dieu est le donateur de vie originel et celu i qui a auto­
rité sur la vie ; il a le droit de donner la vie et de la reprendre.
S'il n'est plus la norme, alors il ne peut y avoir de norme morale
universelle.

Le processus des 4 C
Le raisonnement que je transmis cette nuit-là à mes enfants
s'applique également à tout autre sujet éthique. Comme je l'ai déjà
dit, il est mal de mentir et de voler parce que Dieu est vrai. La jus­
tice est bonne parce que Dieu est j uste. La haine est mauvaise parce
que Dieu est amour. Le pardon est une bonne chose parce que
Dieu est compatissant. I.:immoraliré sexuelle est mauvaise parce
que Dieu est fidèle et pur. Ces choses sont bonnes ou mauvaises,
non pas parce que la société ou l' Église les accepte ou les désap­
prouve, mais parce qu'elles sont soit contraires soit conformes à la
nature et à la personnalité de Dieu.
Deux ans environ après cette discussion avec mes enfants sur
La liste de Schindler, je lançai une campagne intitulée « Le bien
du mal ». Au cours de cette période, mon équipe de publication
travailla à mes côtés pour mettre au point un processus facile à
utiliser pour apprendre aux enfants comment faire la distinction
entre ce qui est moralement bon et ce qui moralement mauvais.
Nous l'avons appelé le « processus des 4 C ». Des centaines de mil­
liers de familles lont utilisé depuis et l'utilisent encore pour aider
leurs enfants à distinguer ce qui est véritablement bien de ce qui
est vraiment mauvais.
Servons-nous de Christian et d'Aaron pour montrer ce que ce
père aurait pu faire pour aider son fils à comprendre pourquoi
c'était mal de voler quelque chose dans un magasin, aussi peu scru­
puleux soir-il - avant de voler réellement le caméscope.

1 43
Suis-je un bon père ?

Le processus des 4 C est basé sur quatre étapes de décisions à


prendre :
1. Considérer le choix ;
2. Comparer avec le choix de Dieu ;
3. Choisir la voie de Dieu ;
4. Compter sur la protection et la provision de Dieu.
1. Considérer le choix
En une seule journée, nous faisons tous une multitude de choix.
La plupart d'entre eux sont d'ailleurs presque automatiques. Nous
choisissons à quelle heure nous lever le matin , quels vêtements
porter, ce que nous allons manger, quel chemin nous allons suivre
pour aller au travail ou à l'école, où nous allons nous garer, etc. Il
nous faut généralement peu de temps pour faire ces choix.
Par contre, quand il s'agit de choix moraux, nous avons besoin
de nous arrêter afin de prendre conscience que nous sommes
devant un croisement. Les choix que nous faisons (être moins
honnête, progresser dans un flirt à un niveau supérieur) , ou pour
nos enfants (améliorer leurs notes en « empruntant » les réponses
de quelqu'un d'autre) sont souvent pris sans considérer vraiment la
gravité de ce que nous sommes en train de faire. Pour faire de bons
choix moraux, nous devons d'abord nous arrêter suffisamment
longtemps pour nous rappeler que nous avons l'occasion de
prendre une bonne ou une mauvaise décision.
Imaginons qu'Aaron ait raconté à son père ce qui s'était passé
avec le caméscope qu'il avait acheté et qui ne fonctionnait pas
bien, et sa frustration de voir que le magasin ne faisait rien pour
solutionner le problème. De quelle manière Christian aurait-il
pu guider son fils pour que ce dernier comprenne que voler un
caméscope à un magasin peu recommandable était mal, en se
servant du processus des 4 C ?
« J'ai rapporté le caméscope, papa, mais ils ne feront rien pour
le réparer, à moins que je ne paie les frais supplémentaires » , se la-

144
jeferai de 111011 mieux pour enseigner comment dijferencier le bien du mal

menterait Aaron. « Ils disent que j 'ai dû l'abîmer, mais ce n'est pas
vrai. J'ai envie de leur prendre un autre caméscope pendant qu'ils
ont le dos tourné pour remplacer l'appareil minable qu'ils m'ont
vendu. Ils doivent payer d'une manière ou d'une autre, papa. »
« Tu as raison, fiston, pourrait répondre Christian, ils ne sont pas
corrects envers toi. Mais tu dois te poser une minute pour prendre
le temps de réaliser que tu es devant un choix à considérer. Tu as
ici la possibilité de prendre une bonne ou une mauvaise décision.
Er tu veux faire le bon choix, car les choix ont des conséquences. »

2. Comparer avec le choix de Dieu


Il y a bien longtemps de cela, les deux premiers êtres humains
ont fait un mauvais choix, en partie parce qu' Ève ne compara
pas son choix à celui que Dieu aurait fair. Ève sembla prendre
suffisamment de temps pour réaliser qu'elle était sur le point de
faire un bon ou un mauvais choix, mais elle omit de comparer sa
décision avec le point de vue de son créateur. Or c'est ce que font les
relations saines : elles prennent l'autre personne en considération.
Dans ce cas-ci, Ève devait-elle croire que Dieu cherchait le meilleur
pour elle en refusant qu'elle touche à un certain fruit ? Ou devait­
elle croire qu'il essayait de se montrer égoïste en l'empêchant d'être
souveraine sur sa vie comme il l'était sur la sienne ?
Ève omit de prendre Dieu en considération et de comparer
son attitude et son action avec celles de Dieu, car cela aurait
impliqué de réfléchir au choix qui se présentait par rapport à ses
commandements, lesquels n'avaient pour but que son intérêt. Il
aurait fallu pour cela, bien entendu, qu'elle croit que Dieu était sa
norme universelle de ce qui est bien.
En utilisant cette approche, Christian aurait pu dire à Aaron :
« Fiston, je sais que tout cela te semble injuste. Le magasin t'a
vendu un caméscope défectueux et ils ne veulent rien faire pour
t'aider. Ils sont malhonnêtes envers roi . »
« Tu as raison , papa », répondrait Aaron . « Pour une fois, tu as
vraiment raison. »

1 45
Suis-je un bon père ;

Christian continuerait en riant. « On pourrait dire que comme


le magasin ne veut pas assumer la responsabilité de sa malhonnê­
teté, on aurait cous les droits de la leur faire assumer - on pourrait
prendre ce qui est normalement à nous, n'est-ce pas ? »
« Tout à fait d'accord », répondrait encore Aaron. « Er en plus,
ils ont tellement de caméscopes, qu'ils ne s'en rendraient même
pas compte si on leur en prélevait un. »
« Tout cela semble très bien en apparence, pourrait continuer
Christian à l'attention de son fils. Mais ce que nous faisons là, c'est
essayer de justifier une éventuelle action en nous basant sur ce que
nous pensons être j uste, au lieu de regarder à Dieu, qui est celui
qui définit ce que l'honnêteté et la malhonnêteté sont réellement. »
En parlant ainsi, Christian tenterait de diriger son fils vers ce
qui constitue la norme originale de l'honnêteté. Aaron éraie en
train d'alléguer que ce n'était pas réellement malhonnête de voler
quelque chose à quelqu'un qui nous le doit. Cependant, lorsque
nous prenons la responsabilité de raisonner ainsi, nous usurpons
en réalité le rôle de Dieu, arbitre souverain de ce qui est bien ou
mal, et qui se base sur sa personnalité et sa nature pour j uger. La
Parole de Dieu nous dit :
• Ne dérobez point.
• Ne mentez pas.
• Ne trompez pas.
• Ne ravissez point votre prochain . . . (Lévitique 1 9 . 1 1 - 1 3) .
Le commandement de Dieu d'être honnête provient de
sa nature, et sa nature est j uste et vraie. Les Écritures déclarent
« que Dieu est reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur »
(Romains 3.4a) . Par sa nature même, il est un Dieu d'intégrité et à
cause de cela « il est impossible que Dieu mente » (Hébreux 6. 1 8) .
Donc lorsque nous nous comparons à lui, nous admettons qu'il est
souverain ; il est celui qui détermine ce qui est bien et ce qui est
mal en ce qui concerne l'honnêteté, mais aussi route autre action
morale. Lorsque nous prenons une décision morale à la lumière

1 46
Jeferai de mon mieux pour enseigner comme/li differencier le bien du mnl

de la personnalité de Dieu, notre choix devient clair comme du


cristal ; dans cet exemple-ci, nous devons nous engager à être
honnêtes même si nous avons été lésés par un magasin malhonnête.

3. Choisir la voie de Dieu


Choisir la voie de Dieu est plus facile à dire qu'à faire. Cela veut
dire que nous devons admettre que nous ne sommes pas les maîtres
de nos vies ; c'est Dieu. Le concept actuel prônant de décider ce
qui est « bon pour vous » attire tant de personnes parce qu'il nous
positionne en tant que responsables de nos vies. Il nous permet
de justifier nos attitudes et nos actions sans nous préoccuper de
savoir si elles correspondent à la nature et à la personnalité divine.
Nous accorder la possibilité de définir notre propre moralité nous
donne un sentiment d'indépendance et de puissance. Or, il s'avère
difficile de résister à cela.
« Aaron, tu as peut-être l'impression que ce serait j uste de
voler un caméscope à ce magasin, pourrait dire Christian, mais
ce n'est j amais j uste d'aller à !'encontre de la norme d'honnêteté
de Dieu. Si tu décidais de prendre ce qui te semble légitimement
t'appartenir sans qu'aucun membre du personnel du magasin ne
le voie, ce serait malhonnête et mal. Tu te positionnerais en fait
comme le j uge, le j ury, l'exécuteur, or Dieu nous dit que ce rôle
lui revient : 'À moi la vengeance et la rétribution' » (Deutéro­
nome 32.35a) .
« Mais papa, c'est quand même inj uste », protesterait Aaron.
« Tu as raison, c'est inj uste, approuverait Christian, mais il y
a dans la vie des choses inj ustes que nous devons laisser entre les
mains de Dieu. Jésus, par exemple, a été incontestablement traité
de façon inj uste, et pourtant la B ible nous dit : « Lui qui, i nj urié,
ne rendait point d'injures, maltraité, ne faisait point de menaces,
mais s'en remettait à celui qui j uge j ustement » ( 1 Pierre 2 .23) .
« Et, tu peux compter là-dessus, ajouterait Christian, Dieu t'ho­
norera pour les bonnes choses que tu feras. Laisse le propriétaire
de ce magasin d'accessoires électroniques faire face à son propre

1 47
S11is-je 1111 bon père ?

destin. Les Écritures nous disent que : « Même si vous souffriez


pour la j ustice, vous seriez heureux » ( 1 Pierre 3. l 4a) .

4. Compter sur la protection et la provision de Dieu


Quand nous admettons humblement la souveraineté de Dieu
et que nous cherchons à lui plaire avec amour, nous pouvons alors
non seulement commencer à voir clairement la distinction entre
le bien et le mal, mais aussi à compter sur sa protection et sa pro­
v1s10n.
Cela ne veut pas dire que la vie deviendra un long fleuve tran­
quille ; en réalité même, Dieu nous dit clairement que nous ris­
quons de souffrir à cause de sa j ustice. Mais même ces souffrances
ont une récompense. Vivre en accord avec ses voies nous apporte
de nombreuses bénédictions spirituelles, comme être libre de toute
culpabilité, avoir une conscience claire et la joie de son sourire sur
nos vies.
Nous pouvons également apprécier toutes sortes de bénéfices
physiques, émotionnels, psychologiques et relationnels quand
nous choisissons de suivre ses voies. Il va sans dire que sa protec­
tion et sa provision ne devraient pas être notre principale motiva­
tion pour lui obéir. En effet, nous devrions lui obéir simplement
parce que nous l'aimons et lui faisons confiance. Mais les bénéfices
pratiques et spirituels de l'obéissance procurent sans aucun doute
de puissants encouragements à choisir de faire le bien et à rejeter
le mal.
Christian avait l'opportunité d'aider Aaron à réaliser qu'en ad­
hérant à la norme d'honnêteté de Dieu, il s'assurerait protection et
provision de sa part sur au moins quatre points. Nous aligner sur
la norme d'honnêteté de Dieu . . .

nous protège de la culpabilité et nous procure une conscience
claire ainsi qu'une communion intacte avec lui ;

nous protège de la honte et nous procure le sentiment
d'avoir accompli quelque chose ;

1 48
Jeferai de mon mie1�� pour enseigner comment differencier le bien du mal


nous procège du cycle de la cromperie ec nous procure une
répucacion d'intégricé ;

nous procège de relacions brisées ec nous assure des relacions
basées sur la confiance.
S'il exisce un secrec pour savoir comment faire les bons choix
dans la vie, alors il se crouve dans cecce profonde conviccion que
Dieu a coujours à cœur le meilleur pour nos vies. Imprégnez vos
enfants de cerce véricé que Dieu esc un Dieu bon qui les aime au­
delà de coure compréhension. Ec lorsqu'ils croiront cela de roue
leur cœur, ils pourront obéir à ses commandements ec êcre hon­
nêces, vivre une sexualicé pure, aimer ec respeccer les aucres, mon­
crer de la compassion, pardonner, faire preuve de maîtrise de soi,
ecc. Êcre obéissanc n'esc pas simplement synonyme d' obligacion ec
de devoir - cela vient d'un Dieu qui esc passionné par sa relacion
avec nous. Acceptez cecce véricé dans vocre propre vie ec inscillez-la
dans celle de vos enfants.

1 49
10
ENGAGEMENT N°8

Je ferai de mon mieux pour


enseigner les desseins de Dieu
sur la sexualité

lle me tapa sur !' épaule. « M. McDowell, merci beaucoup pour


Ece que vous venez de partager. Je n'avais jamais rien entendu
de tel auparavant. »
Je venais juste de terminer une conférence sur les « vérités élé­
mentaires concernant la sexualité », et cette mère voulait me faire
savoir qu'elle allait « mettre en pratique » le message. Elle continua
en me disant : « Il faut que je dise à mon mari d'aborder 'le sujet'
avec notre fils. »
Sans vouloir paraître alarmé, je lui demandai : « Quel âge a
votre fils ? » Elle me répondit : « Treize ans. » Je dus faire un effort
pour contrôler ma surprise et mon étonnement. « Vous n'avez pas
encore abordé avec votre fils le sujet de la sexualité ? » me rensei­
gnai-je. « Oh non . . . nous n'en avons pas encore eu l'occasion. »
La « grande conversation » est une relique du passé. Elle n'aurait
d'ailleurs jamais dû être approuvée. Le journal ofFamily Issues, un

151
Suis-je un bon père ?

magazine qui paraît chaque mois aux États-Unis, a fait savoir que
« seulement la moitié des adolescents ont le sentiment d'avoir eu
'une bonne conversation' au sujet de la sexualité au cours de l'année
passée avec leurs mères - et seulement un tiers avec leurs pères. »
Chers pères, le sujet de la sexualité ne devrait pas être abordé
avec vos enfants au cours d'une « grande conversation ». Il devrait
au contraire faire partie d'un processus dévoilant des informations
données petits bouts par petits bouts. N'hésitez pas à aborder cette
question lorsque l'occasion se présente. La plupart des jeunes en­
fants ne peuvent absorber ou saisir plus que de petites conversa­
tions. Il y a de fortes chances pour qu'ils oublient très rapidement
la « grande conversation ».
La meilleure éducation sexuelle consiste à en parler 30 secondes
par-ci, 1 minute par-là, et encore 1 0 secondes par ici, et 2 minutes 45
par-là, etc., en commençant dès le plus jeune âge. Quand une ques­
tion surgit, profitez-en pour aborder le sujet, sans toutefois trop vous
y attarder. N'en faites pas toute une histoire. Dans notre famille, envi­
ron la moitié de routes les conversations que nous avons eues avec nos
enfants à propos de sexualité n'ont jamais duré plus de deux minutes.
Pour la plupart des enfants, le sujet de la sexualité vient par
étapes. Il est très rare qu'ils ne !'abordent qu'une seule fois. C'est
à travers un dialogue continu au fur et à mesure qu'ils grandissent
et deviennent matures qu'ils s'ouvrent à la question. Soyez néan­
moins prêt, car il arrive souvent qu'ils en parlent au plus mauvais
moment ou au pire endroit.
« J'ai beau chercher dans ma mémoire, affirme mon fils adulre
Sean, je n'arrive pas à me souvenir d'une route première fois où j 'au­
rais abordé le sujet de la sexualité avec mes parents. Je crois que c'est
parce que dans ma famille, cela faisait tout simplement partie de la
vie. Non pas que nous en parlions tout le temps, mais quand le sujet
était abordé le soir à table ou dans la voiture ou avant de nous cou­
cher, nous en parlions tout simplement. C'était comme pour tout
autre sujet, cela faisait simplement partie de nos conversations. C'est
pour cela que je dis que je n'ai jamais eu de 'grande conversation'. »

1 52
jeferai de mon mieux pour emeigner les desseins de Dieu sur la sexualité

Expliquer pourquoi la sexualité existe


Si une grande conversation sur le sujet n'est pas une bonne idée,
alors de quoi doivent être faites les petites discussions ? En tant que
père désirant que ses enfants honorent le dessein de Dieu en ce
qui concerne la sexualité, l'une des choses que vous voulez que vos
enfants comprennent, c'est de quoi il est question quand on parle
de sexualité. Vous voulez qu'ils comprennent quel était l'objectif
de Dieu concernant la sexualité et vous voulez qu'ils l'apprennent
de vous.

Expliquer que la sexualité est destinée à l'union de deux


personnes
Il ne faut pas longtemps à vos enfants pour qu'ils se rendent
compte de leur attirance vers le sexe opposé. Dieu a créé les
hommes et les femmes avec une attraction naturelle l'un pour
l'autre. La Bible dit : « C'est pourquoi, l'homme quittera son père
et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule
chair » (Genèse 2.24) . Notre désir et notre besoin d'intimité dans
la relation sont ancrés dans l'image même de Dieu qui est un (voir
Deutéronome 6.4). Le mariage et les relations sexuelles maritales
entre un homme et son épouse reflètent l'unité de sa nature. La
sexualité est un magnifique cadeau de Dieu qui donne aux couples
la capacité d'entretenir une relation d'amour intime.
Certains hommes ont grandi en pensant que le terme sexe était
un gros mot. Et ils ont gardé cette vision déformée une fois marié.
Or si c'est le cas, il est difficile de comprendre comment une chose
« sale » peut leur apporter une connexion intime avec leur femme.
Car en effet, cela fait partie de ce pour quoi la sexualité a été créée.
Cette vérité a été confirmée au niveau biologique. Des
chercheurs ont découvert une hormone appelée o cytocine,
surnommée « l'hormone du plaisir ». Locyrocine est une substance
chimique libérée par le cerveau au cours d'une relation sexuelle et
des préliminaires. Quand cette substance est relâchée, elle favorise
des sentiments d'empathie, de confiance et de profonde affection.

153
Suis-je un bon père ?

Cependant, une intimité relationnelle n'est pas pleinement atteinte


par le seul acte physique sexuel. La sexualité humaine i mplique
chaque domaine corporel d'une personne : physique, émotionnel,
spirituel et relationnel. Ainsi, la relation sexuelle est censée nous
lier à tous les niveaux.
La plupart de nos enfants sont néanmoins désorientés quand il
s'agit de sexualité. Nombre d'entre eux pensent que la sexualité a
uniquement pour but de se sentir physiquement proche de leur petit
ami ou petite amie. Certes, les relations sexuelles vous donnent un
sentiment de proximité physique pendant un bref instant ; il n'en
demeure pas moins que l'un de ses objectifs est de lier ensemble
et pour la vie chaque aspect d'un couple, spirituel, émotionnel et
relationnel. C'est pour cela que Jésus a dit : « Ainsi, ils ne sont plus
deux [couple marié] , mais ils sont une seule chair. Que l'homme
donc ne sépare pas ce que Dieu a joint » (Matthieu 1 9.6) . Donc
si un homme ou une femme n'est pas prêt(e) à s'engager pour une
vie d'intimité dans la durée, il ne devrait pas s'engager dans un acte
j ustement destiné à cela.
Pères, vous devez bien faire comprendre à vos enfants que !a sexualité
(!'attraction entre deux sexes opposés) est un don merveilleux de Dieu
qu'il offre pour créer un lien intime avec la personne qu'ils épouseront.
Ce n'est pas quelque chose de sale, même si certaines personnes en
font mauvais usage et dénaturent !'objectif des relations sexuelles. Et
ce n'est pas parce que nous vivons dans une culture destructrice qui
déforme une chose aussi formidable que vous devez agir comme si
c'était un fléau. Relevez le sexe et la sexualité humaine au niveau élevé
auquel Dieu les avait destinés. Après tout, il en est l'instigateur ; il
nous a créés en tant qu'êtres sexués.

Expliquer que la sexualité est destinée au plaisir


Dieu a créé le sexe et les relations sexuelles comme agent liant
pour connecter en profondeur un homme et une femme au n iveau
spirituel, émotionnel, relationnel et physique, et ce pour une vie
commune toute entière. Seulement, il ne créa pas cet « agent liant »

1 54
Jeferai de mon mieux pour enseigner les desseins de Dieu sur ln sexualité

pour un acre unique. Le « besoin de fusionner » peur se faire sentir


aussi fréquemment er aussi souvent que nacre besoin de nourrirure,
er même parfois plus souvenc encore pour cercaines personnes.
L intimiré esr un facreur sexuel rrès imporranc, mais s'engager
dans les relarions sexuelles mari cales par pur plaisir en esr un aucre.
Les relacions sexuelles devraient donner du souffle à un homme er
une femme mariés qui se sonr engagés à s'aimer l'un l'aucre aussi
longtemps que possible.
Expliquez à vos enfants de manière appropriée que Dieu a
desciné les relarions sexuelles à êcre quelque chose de crès agréable.
Quand nos enfants écaienc perics, je leur faisais savoir combien
Dortie er moi nous appréciions l'un l'aucre. Bien encendu, vos
enfanrs n' one pas envie d'imaginer les relacions sexuelles de leurs
parents. Je leur expliquais néanmoins que les relations sexuelles
avaienc pour but d' êcre une expérience merveilleuse er agréable
lorsqu'elles sonc accomplies dans le concexre du mariage. Er de
façon très subrile, je leur faisais comprendre que Dortie et moi
profitions grandemenc de ce don de Dieu. À ce propos, si vous
avez besoin d'appuis bibliques pour artesrer que Dieu désire que les
relations sexuelles soient appréciées dans le contexre du mariage,
lisez pour vous-même le chapitre 7 du Cantique des cantiques.
Expliquer que la sexualité a pour but la procréation
L une des premières choses que Dieu dit au premier couple,
Adam et Ève, éraie ceci : « Soyez féconds, multipliez- [vous] . . . »
(Genèse 1 .28a) . Cercainement l'un des commandements les plus
agréables à respecter ! Or, si les êcres humains n'avaient pas obéi à
cet ordre de procréation, la race humaine se serait éteinte.
Au début de ce verset, il est dit : « Dieu les bénit, er Dieu
leur dit : 'Soyez féconds, multipliez- [ vous] . . ' » (Genèse l .28a) .
.

Avoir des enfancs est clairement une bénédiction. Salomon


dit ceci dans Proverbes 1 7 : « Les enfants des enfants sont la
couronne des vieillards, et les pères sont la gloire de leurs enfants »
(Proverbes 1 7.6) .

1 55
Suis-je un bon père ?

Combien j 'apprécie que l'expression intime d'amour pour


monépouse est à l'origine de la conception de nos enfants. Certes,
les défis liés à la naissance et à l'éducation d'un enfant ne sont
pas négligeables de nos jours. Mais quel merveilleux privilège et
quelle bénédiction d'avoir une famille ! Expliquez à vos enfants
que c'est grâce au don des différents sexes créés par Dieu qu'ils
existent aujourd'hui.
Nos enfants ont besoin de comprendre de quelle manière Dieu
veut que le sexe bénisse leur vie et leurs relations. Ils ont besoin de
saisir pleinement l'utilité de la sexualité. Par contre, pour l'utiliser
correctement, ils doivent aussi comprendre « les règles del'engagement».
Dieu a créé la sexualité avec une intention bien spécifique - une façon
de l'utiliser - et lorsque nous suivons ce schéma, nous en apprécions
alors les bénéfices. À l'inverse, si nous ne suivons pas ses directives,
nous pouvons souffrir d'éventuelles conséquences dévastatrices. C'est
pour cela que nous voulons apprendre à nos enfants à honorer ce pour
quoi la sexualité a été conçue.

La sexualité a été créée avec une intention bien précise


Avez-vous déjà essayé d'emmener en promenade un poisson
rouge, ou de faire pousser un palmier au pôle nord, ou encore de
visser une vis à tête fraisée empreinte Philips avec un tournevis plat ?
Vous ne rencontrerez que des problèmes. Pourquoi ? Parce que les
poissons n'ont pas été conçus pour marcher. Ils sont destinés à vivre
dans l'eau, et non sur la terre. Donc si l'on veut qu'un poisson puisse
apprécier la vie comme il est censé le faire, il faut le laisser vivre dans
ce pour quoi il a été conçu et destiné à vivre - l'eau.
Les palmiers sont censés fleurir sous un climat perpétuellement
chaud. Ce sont des arbres tropicaux. Si l'on veut qu'ils vivent
comme ils sont supposés le faire, ils doivent rester loin des climats
froids comme ceux du pôle nord. Et même une tâche aussi simple
que de visser une vis à tête fraisée deviendra un véritable calvaire si
vous utilisez le mauvais tournevis. Si l'on veut que les machines, les
plantes et les animaux fonctionnent et vivent au mieux de ce qu'ils

1 56
Je ferai de mon mieux pour enseigner les desseins de Dieu mr la sexualité

sont présumés faire, alors ils doivent vivre au bon endroit ou être
utilisés à bon escient. C'est aussi simple que cela.
Et vos enfants ont besoin de comprendre que puisque la sexua­
lité est une création de Dieu, elle a un objectif. La sexualité est un
don extraordinaire, conçue pour approfondir de façon incroyable
la vie amoureuse d'un couple marié, mais aussi pour leur procurer
joie et plaisir physique au sein de leur relation. Elle a aussi pour
but de leur permettre de fonder une famille remplie d'amour avec
un ou plusieurs enfants. Si vous respectez et honorez la sexualité,
et l'utilisez selon les plans de Dieu, alors - waouh, la sexualité sera
l'une des meilleures choses que Dieu ait créées.
Mais comment honorer réellement l'objectif pour lequel la
sexualité a été créée ? Si elle est destinée à lier deux personnes, à
procurer du plaisir et à engendrer, alors comment en tirer profit
au maximum et jouir de tous ses bénéfices ? Dieu nous donne la
réponse dans les limites protectrices qu'il a placées autour de la
sexualité. En tant que pères, nous voulons apprendre à nos enfants
à honorer ses desseins concernant la sexualité en suivant les règles
ou limites pour en profiter au maximum.

Enseigner les limites pour une bonne moralité sexuelle


Dans les chapitres précédents, j'ai longuement expliqué que les
commandements de Dieu existent pour notre bien. Cela vaut aussi
tout à fait pour ce qui est de notre vie sexuelle. Les choses « à faire »
et « à ne pas faire » en matière de comportement sexuel constituent
des lignes directrices ou des limites que nous pouvons clairement
comprendre et dans lesquelles nous pouvons vivre aisément. C'est
pour nous protéger et pourvoir à nos besoins que Dieu a établi ces
limites. Voyez par vous-même en lisant le Psaume 1 45. Dieu s'y
décrit comme un pourvoyeur et un protecteur.
Seulement pour expérimenter la protection et la provision que
Dieu a prévues pour nous, nous devons honorer les limites et
signes d'interdiction relatifs au comportement sexuel. Autrement
dit, nous devons éviter toute immoralité sexuelle.

1 57
Suis-je 1111 bon père ?

En termes bibliques, l'immoralité sexuelle concerne toutes les


relations sexuelles qui ont lieu en dehors des liens du mariage entre
un homme et une femme (c'est-à-dire les relations extraconjugales
et pré-maritales) . Les Écritures déclarent en effet ceci :

« . . . vous abstenir. . . de la débauche » (Actes 1 5 .29) .

« Fuyez la débauche » ( 1 Corinthiens 6. 1 8a) .

« Ne nous livrons point à la débauche » ( 1 Corinthiens
1 0. 8a) .

« Que la débauche, ni aucune impureté, ne soient pas
même nommées parmi vous, ainsi qu'il convient à des
saints » ( Éphésiens 5 .3) .

« Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification ; c'est que vous
vous absteniez de la débauche » ( 1 Thessaloniciens 4.3) .
Respecter les limites de la moralité sexuelle et les signaux « stop »
en ce qui concerne les relations sexuelles extraconjugales et pré­
maritales apporte en effet protection et provision. Voici quelques
exemples ci-dessous.

PROTECTION DE PROVISION POUR

culpabilité récompenses spirituelles

climat favorable à l' édueation


des enfants
maladies sexuellement trans­
séréni té
missibles (MST)

i nsécurité sexuelle confiance

détresse émotionnelle véritable intimité

Expérimenter ces bénéfices optimise au maximum la vie sexuelle


d'une personne au sein d'un mariage. Par exemple, lorsque j 'étais
encore un jeune homme, j 'ai fait le choix délibéré d'attendre de

1 58
jefemi de mon mie11x pour enseigner les desseins de Die11 rnr la sex11nlité

m'engager avec amour dans le mariage avant d'avoir des relations


sexuelles. Cet engagement signifiait pour moi que j'allais rester
sexuellement célibataire j usqu'à ce que je rencontre et que j 'épouse
la femme de mes rêves, et ensuite de lui demeurer fidèle. Dottie
avait pris le même engagement. Et comme nous avons tous deux
obéi aux commandements de Dieu vis-à-vis de la sexualité, nous
avons été protégés de sentiments de culpabilité et avons pu jouir
d'une relation ininterrompue avec Dieu.
Nous n'avons jamais eu à subir les difficultés liées à une gros­
sesse hors mariage. Par conséquent, nous n'avons jamais eu à endu­
rer l'éventuel et déchirant supplice d'une planification d'adoption
ou de devoir planifier un mariage avant d'y être prêts simplement
'
a cause d' une grossesse.
Nous avons été protégés et n'avons non plus jamais craint de
voir une maladie sexuellement transmissible survenir dans notre
lit conj ugal.
Nous avons été protégés de l'insécurité sexuelle qui se mani­
feste lorsqu'on craint d'être comparé à d'anciens amants que notre
conjoint aurait pu avoir. Et par conséquent, nous avons pu bénéfi­
cier d'une véritable confiance dans notre relation de couple.
Nous avons été protégés de la détresse émotionnelle que les re­
lations sexuelles pré-maritales peuvent engendrer et de sentiments
de trahison dus à une aventure extraconjugale. En conséquence
de quoi, nous avons bénéficié d'une intimité relationnelle libre
d'éventuels abus de confiance ou de fantômes du passé.
La sexualité, telle que Dieu l'a conçue, était destinée à être vécue
dans le contexte de limites saines - interdictions avant le mariage
et fidélité après le mariage. Suivre le dessein de Dieu permet donc à
un couple d'expérimenter la beauté de la sexualité telle qu'elle était
censée être expérimentée. Il est donc extrêmement important que
vos enfants comprennent quelles sont ces limites et qu'ils soient
capables de les identifier. En effet, ces limites et frontières sont
ce qui font du « non » une réponse aussi positive - et elles sont la

1 59
Suis-je un bon père >

raison pour laquelle les relations sexuelles sont optimisées quand


elles sont vécues au sein de ces limites.

La limite de la pureté
La Bible dit ceci : « Que le mariage soit honoré de tous, et le
lit conjugal exempt de souillure » (Hébreux 1 3.4a) . « Ce que Dieu
veut, c'est votre sanctification ; c'est que vous vous absteniez de
la débauche ; c'est que chacun de vous sache posséder son corps
dans la sainteté et l'honnêteté, sans vous livrer à une convoitise
passionnée . . . Car Dieu ne vous a pas appelés à l'impureté, mais à
la sanctification » ( 1 Thessaloniciens 4.3-5, 7) .
La p ureté est la limite de Dieu qui mène une vie sexuelle à son
paroxysme et nous protège des conséquences négatives de l'immo­
ralité sexuelle. Mais que signifie être pur ?
Avez-vous déjà vu une barre chocolatée avec l'inscription sur
l'emballage « pur chocolat au lait » ? Ou bien un pot de miel ?
Certaines étiquettes affirment : « Miel pur ; aucun édulcorant arti­
ficiel ». Pur lorsqu'il est question de chocolat ou de miel signifie
qu'il n'y a dedans aucune substance étrangère pouvant contaminer
le contenu ou qui l'empêcherait d'être et d'avoir le goût d'un cho­
colat authentique ou d'un véritable miel.
Être pur sexuellement, c'est « vivre selon le dessein originel de
Dieu » , sans laisser quoi que ce soit intervenir et ruiner son plan
authentique et parfait pour ce qui a trait aux relations sexuelles.
La sexualité est destinée à être exprimée entre un homme et sa
femme. Avoir plus d'un partenaire sexuel implique d'apporter une
substance étrangère dans la relation, et à partir de là cette relation
cesse d'être pure. Si on plongeait un caillou sale dans un verre
d'eau pure, celle-ci deviendrait altérée, impure. Un verre d'eau
sans impureté à l'intérieur est un verre d'eau pure. Or Dieu veut
que nos vies sexuelles demeurent pures.
Expl iquez à vos enfants que Dieu avait prévu que la sexualité
soit expérimentée dans un cercle intact, une union pure entre deux
personnes vierges entamant une relation exclusive. Cette union

1 60
Jeferai de mon mieux pour enseigner les desseins de Dieu sur la sexualité

pure peut être brisée avant même le mariage, si l'un ou l'autre des
partenaires n'a pas gardé le lit conj ugal pur en attendant d'avoir
des rapports sexuels j usqu'à ce que cela soit fait dans la pureté
d'une relation mari-femme.
D'où vient la pureté sexuelle ? De la personnalité même de
Dieu. D ieu dit : « Vous serez saints, car je suis saint » ( 1 Pierre
1 . 1 6) . « Quiconque a cette espérance [d'être comme Christ
lorsqu'il reviendra] en lui se purifie, comme lui-même [Dieu] est
pur » ( 1 Jean 3.3) . Dieu est naturellement saint et pur. « Il n'y a
point en lui d'iniquité » (Psaumes 92. 1 6b) . Aidez vos enfants à
comprendre que s'ils restent sexuellement purs avant le mariage
et après le mariage, ils bénéficieront de la protection et de la pro­
vision liées aux relations sexuelles et les expérimenteront comme
Dieu avait destiné la sexualité à être expérimentée.

Les limites de la fidélité


Le septième commandement nous dit : « Tu ne commettras
point d'adultère » (Exode 20. 1 4) . Jésus a fait remarquer que
lorsqu'un homme et une femme sont unis par les liens du ma­
riage, ils ne doivent pas commettre d'adultère et rester fidèles l'un
à l'autre. Il a dit aussi : « Que l'homme donc ne sépare point ce
que D ieu a joint » (Marc 1 0.9) . Dieu avait dit à Israël : « Je hais la
répudiation . . . prenez donc garde en votre esprit, et ne soyez pas
infidèles ! » (Malachie 2. 1 6) .
Ce que les couples font lors d'un mariage, c'est s'engager à rester
fidèle l'un à l'autre . . . « de t'avoir et de te garder dès ce jour et à
l'avenir : pour le meilleur et pour le pire ; dans la richesse comme
dans la pauvreté ; dans la maladie comme dans la santé ; de t'aimer
et de te chérir jusqu'à ce que la mort nous sépare. Par cette alliance,
je te promets fidélité. » Il n'existe peut-être rien de plus gratifiant
que de sentir qu'une personne vous aime plus que n'importe quelle
autre personne et vous restera dévouée j usqu'à la fin de votre vie. La
fidélité est la limite de Dieu qui assure une vie sexuelle optimale et
nous protège des conséquences négatives de l'immoralité sexuelle.

161
Suis-je un bon père '

J 'ai voyagé loin de la maison la majeure partie de ma vie mari­


tale. ] 'ai eu plus d'une occasion d'être infidèle à Dottie. Mais
en plus de quarante années de mariage, j 'ai résisté à la tentation
et fait preuve d'une loyauté, d'une fidélité et d'un engagement
dévoué à une seule relation d'amour et sexuelle dans toute ma
vie. Et c'est bien entendu avec Dottie. Or cela signifie beaucoup
pour elle. Cela renforce son amour-propre, et cela lui procure
une sécurité et lui fait savoir qu'elle est aimée. Sur les 3 milliards
et plus de femmes vivant sur la planète, elle est ma seule et mon
unique amante.
Nous avons été créés par Dieu avec le désir et l'envie d'être le ou
la « seul(e) et l'unique » de quelqu'un d'autre. Ce désir nous vient
directement de la nature même de Dieu. « Sache donc que c'est
l'Éternel, ton D ieu, qui est Dieu », dit Moïse aux Israélites. « Ce
Dieu fidèle garde son alliance et sa miséricorde jusqu'à la millième
génération » (Deutéronome 7.9).

La sexualité dans le contexte de l'amour


Faites clairement comprendre à vos enfants que les relations
sexuelles doivent être expérimentées dans les limi tes de la pu­
reté d'un côté et de la fidélité de l'autre. Car pureté et fidélité
assurent à tout couple marié un contexte sain au n iveau sexuel. ·

La plupart des enfants qui grandissent au sein d'un foyer chré­


tien adhèrent à une norme morale. Si vous avez un adolescent à
la maison, il croit probablement qu' il est absolument immoral
que des j eunes adultes aient des rapports sexuels avec qui que ce
soit et quel que soit le moment. Et vous devriez bien entendu
être fier de voir qu'il a cette opinion. Cependant, il y a un hic.
En effet, la plupart des enfants issus de bonnes églises et fa­
milles chrétiennes ont le sentiment que ce n'est pas la même chose
lorsque deux personnes s'engagent dans une relation où un « véri­
table amour » existe. Dans ce cas-là, avoir des rapports sexuels
avant le mariage leur semble légitime étant donné que « l'amour
j ustifie cet acte ».

1 62
Jeferai de mon mieux pour enseigner les desseins de Dieu sur /11 sexualité

Je choque de nombreux parents et responsables d'église


quand je dis que je suis d'une certaine façon d'accord avec cette
vision de notre jeunesse actuelle - je crois que le véritable amour
le j ustifie. Vous voyez sans doute où j e veux en venir puisque
nous avons déj à défini l'amour comme la Bible l'entend dans
un chapitre p récédent. Le p roblème, cependant, c'est que la
plupart de nos jeunes ne définissent pas l'amour selon ce que
dit la Bible et se basent donc sur une norme contrefaire de
l'amour, une norme qui dit que l'amour autorise les relations
sexuelles sans avoi r à teni r compte de la p ureté et de la fidéli té.
Vous vous souvenez probablement que nous avons défini
l'amour comme un sentiment qui place la sécurité, le bonheur
et le bien-être d'une tierce personne au même niveau d'impor­
tance que les nôtres. Faites comprendre à vos enfants qu'ils
honorent le dessein de Dieu pour la sexualité quand ils aiment
une autre personne de cette façon et qu'ils laissent les limites
de la pureté et de la fidélité guider leur vie sexuelle. Aidez-les à
réaliser que l'obéissance aux instructions de Dieu a pour but de
pourvoir à leur bonheur et de les p rotéger de tout mal. L'amour
(le véritable amour) attendra j usqu'au mariage pour s'engager
dans les relations sexuelles et demeurera pur et fidèle après le
mariage. Donc, oui, vu sous cet angle-là, le véritable amour les
j usrifie.
Er d'où vient cet amour originel ? De Dieu bien entendu,
« car Dieu est amour » ( 1 Jean 4 . 8 b) . L'amour rel qu'il le définit
est un amour qui protège de tout mal ceux qui nous sont chers
et pourvoit à leurs besoins. Son amour donne et fait confiance,
il est sûr, sécurisant et loyal pour toujours. Et comme la p riorité
du véritable amour est de protéger et de pourvoir au bien-être
de nos b ien-aimés, l'amour de Dieu ne fera rien qui pourrait
être préj udiciable à la sécurité, au bonheur et au bien-être d'une
autre personne.

1 63
Suis-je 1111 bon père ?

Une conversation par-ci, une conversation par-là


Nous avons commencé ce chapitre en conseillant d'éviter
la « grande conversation » pour lui préférer un processus conti­
nu apportant petits bouts par petits bouts des informations sur
la sexualité. Dans le chapitre sur la façon de créer des relations
saines selon Dieu, je vous avais suggéré d'utiliser les anniversaires
et les mariages comme opportunités pour parler de l'amour et des
relations. Ce sont également de bonnes occasions pour inclure
quelques renseignements sur le dessein de Dieu vis-à-vis de la
sexualité. Vous trouverez ci-dessous quelques idées pour saisir un
événement, une situation quelconque et d'autres moyens encore
pour aider du mieux que vous le pouvez vos enfants à déterminer
comment honorer le dessein de Dieu dans les relations sexuelles.

Célébrez vos anniversaires en compagn ie de vos enfants. Les
anniversaires de mariage sont le moment idéal pour rappe­
ler à vos enfants que la fidélité et la pureté vous ont protégés
et ont été pour vous bénéfiques dans les domaines que nous
venons d'aborder. Profitez de cette occasion pour faire une
fête familiale. Expliquez à vos enfants combien la fidélité
est importante à vos yeux. Dites-leur ce que votre engage­
ment au mariage a apporté à votre relation. Plus ils verront
combien votre amour, votre fidélité et votre pureté ont été
bénéfiques dans votre vie et la leurs, plus cela aura d'impact
sur eux.
Ne sous-estimez pas la capacité des jeunes enfants (dès
six ans, cinq ans, et même quatre ans) à comprendre les
principes bibliques concernant l'amour, la pureté sexuelle
et la fidélité conjugale. C'est pour vous une excellente op­
portunité de bâtir les fondements de leur chasteté sexuelle,
en les aidant à comprendre toutes ces choses. Vous pouvez
expliquer votre amour pour votre conjointe en expliquant
à quel point elle est pour vous aussi importante que votre
propre corps. Vous pouvez expliquer votre fidélité en la
présentant sous la forme d'une parole donnée. Vous pou-

1 64
Jeferai de mon mieux pour emeigner les desseim de Dieu sur la sexualité

vez expliquer la fidélité conjugale en disant : « C'est pour


cela que je vis avec maman seulement et avec personne
d'autre. » N'attendez pas trop longtemps pour leur parler
de votre engagement et votre attachement exclusif à elle.
Votre exemple et votre enseignement porteront leurs fruits
quand leurs hormones commenceront à se déchaîner.

Profitez également des mariages. Assistez en famille à des
mariages et profitez de ces occasions pour honorer les limites
de Dieu en termes de fidélité et de pureté. Assurez-vous que
vos enfants comprennent bien la signification d'un mariage.
Prenez le temps avant et après la cérémonie d'insister sur
l'engagement pris par le couple et leurs promesses d'être
fidèle l'un à l'autre. Essayez d'avoir une copie des vœux de
mariage et lisez-les ensemble avec vos plus j eunes enfants.
Vos adolescents ne voudront probablement pas les l ire avec
vous, mais ce moment peut être réellement apprécié par les
enfants ou les préadolescents. Les mariages sont le moment
idéal pour rappeler le dessein de Dieu en ce qui concerne
l'amour et la sexualité dans l'engagement du mariage - et
de quelle manière cela reflète la personnalité de Dieu.

Servez-vous des opportunités qui se présentent à la télévision,
dans les journaux et de l'actualité. Sautez sur toutes les
occasions pour corriger les représentations déformées
de l'amour et des relations sexuelles dans les journaux et
les médias de divertissement. Lorsqu'avec vos enfants,
vous voyez quelque chose à la télévision ou dans un film
qui contredit la norme de Dieu concernant l'amour et la
sexualité, discutez des bénéfices et des conséquences liés
à notre obéissance à ses commandements. Vous pourriez
être surpris de constater à quel point vos enfants peuvent
être perspicaces quand il s'agit de détecter les bénéfices et
conséquences liés à la façon d'agir d'autres personnes, une
fois qu'ils ont commencé à voir la vie à travers la « lentille »
du dessein de Dieu pour les relations sexuelles.

1 65
Suis-je 1111 bon père '


N'hésitez pas à utiliser toutes sortes de ressources. Il existe
de très nombreux livres, CD et cours sur DVD destinés
à vous aider en tant que père à enseigner à vos enfants la
perspective biblique pour tout ce qui a trait à la sexualité.
Ce chapitre est tiré d'un livre écrit par Dottie et moi-même,
et intitulé Straight Talk with Your Kids About Sex [Discussion
franche avec vos enfants sur la sexualité1 ] . Ce livre propose
diverses façons détaillées d'aborder avec vos enfants le sujet
de la sexualité et comment leur apprendre à honorer le
dessein de Dieu.
N 'hésitez pas à utiliser d'autres ressources encore. Allez
dans votre librairie chrétienne locale, commandez des
magazines chrétiens, cherchez ce que propose votre église
locale. Vous pourriez être surpris par le nombre d'excellents
outils qui sont à votre disposition pour vous aider à
enseigner à vos enfants le dessein de Dieu sur la sexualité.

1 Non encore paru en français.

1 66
11
ENGAGEMENT N°9

Je ferai de mon mieux pour


' .

presenter pourquoi nous croyons


ce que nous croyons

yriam embrassa son fils alors que ce dernier se préparait à


M partir. « C'était vraiment bien de t'avoi r à nouveau à la mai­
son, mon chéri », lui dit-elle.
« Ouais Greg, approuva son père Mickaël. C'était vraiment
bien. » Il s'avança pour l'embrasser. « Les week-ends en famille me
manquent, aller ensemble à l'église et tout ça. Mais je suppose que
tu as trouvé une église dans les environs de ton université, n'est-ce
pas, fils ? »
Greg balança son sac à dos sur l'épaule et dit, quelque peu hési­
tant : « Eh bien, pas vraiment, papa. C'est difficile d'être étudiant
en première année, et j 'ai été vraiment occupé. »
Sarah, la sœur de Greg âgée de 1 6 ans, lui tendit son sac à ban­
doulière. « Est-ce que c'est si dur que ça l'université ? »
« Eh bien, je ne dirais pas vraiment que c'est difficile. C'est
j uste qu'on est tout le temps occupé, vois-tu ? »

1 67
Suis-je rm bon père ?

Mickaël serra avec douceur !'épaule de son fils. « Si tu es trop


occupé pour aller à !'église, c'est que tu es trop occupé. »
« Eh bien, répondit Greg, ce n'est plus trop mon truc !'église,
papa. Je me suis fait quelques amis et on se retrouve ensemble le
week-end, et ça me suffit. »
« Je préférerais moi aussi passer mon temps avec mes amies,
ajouta Sarah. C'est tellement ennuyant !'église. »
« Sarah ! s'exclama Myriam. C'est terrible de dire une chose
pareille ! »
« Mais c'est vrai ! » protesta Sarah.
« Elle a raison, maman, ajouta Greg, l'église ne me convient
plus non plus. »
« Chéri, ne dis pas cela, lui dit Myriam en lui touchant le bras.
Cette université te monte contre Dieu, n'est-ce pas ? »
« Non maman, répondit Greg en riant. C'est j uste que je réflé­
chis à beaucoup de choses. Dieu est toujours important pour moi,
mais je ne pense pas forcément toujours comme vous, c'est tout. »
Il ajusta le poids du sac à bandoulière. « Bon, il faut que j 'y aille. »
Greg s'avança vers la porte pendant que Sarah l'aidait avec ses
affaires. Myriam et Mickaël s'arrêtèrent sur le porche et regardèrent
leur fils marcher j usqu'à la voiture.
« On priera pour toi , fils », ajouta encore Mickaël.
« Merci papa », répondit Greg en gloussant.
Myriam et Mickaël l'observèrent en silence alors qu'il reculait
dans l'allée puis les saluait de la main en s'en allant. « J'espère que
nous ne sommes pas en train de perdre notre fils », dit Myriam.
Mickaël acquiesça. « J'espère que nous ne sommes pas en train
de perdre notre fils et notre fille. »
S ' il y a un bien un thème dominant et récurrent parmi les
pères avec lesquels j'entre en contact, c'est la crainte exprimée ci­
dessus par Mickaël. C'est la peur d'élever vos enfants de façon à
ce qu'ils adoptent vos valeurs et votre foi chrétienne, mais qu' une

1 68
Jeferai de mon mie11x po11r présenter po11rquoi nous croyons ce que nous croyons

fois quitté le cocon familial pour l'université, ils s'éloignent de la


véritable foi .
Cette crainte n'est pas simplement une phobie. Des études
montrent qu'au cours des dix années suivant leur entrée dans la vie
adulte, la plupart des adolescents se disant chrétiens se détourne­
ront de l'Église et mettront l'engagement qu'ils avaient pris envers
Christ sur une étagère. Cela ne veut pas dire qu'il y ait de fortes
chances pour que vos enfants rejettent purement et simplement
Dieu et qu'ils deviennent athées. Ce n'est pas le cas. Ils adoptent
plutôt des opinions qui ne sont définitivement pas « la foi qui a été
transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3b) .
Un grand nombre d'enfants issus de bonnes familles chrétiennes
répéteraient aujourd'hui la remarque de Greg à son père : « Dieu
est toujours important pour moi, c'est j uste que je ne vois plus
forcément les choses comme vous. » Ces différences, qui seraient
dues au fossé entre les générations, sont de plus en plus vastes et
profondes. D 'après une étude menée dans les années 2000 aux
États-Unis, près de 80 % des adultes voient une différence entre
les convictions et les points de vue des jeunes et les leurs. Invités
à identifier les points sur lesquels les jeunes et moins jeunes diffé­
raient le plus, 47 % indiquaient les domaines des valeurs sociales
et de la moralité.
Voyez ci-dessous une partie de ce que croient aujourd'hui les
jeunes chrétiens :

23 % ne sont pas certains de l'existence des miracles

33 % croient « définitivement » ou « peut-être » en la réin­
carnation

42 % ne sont pas certains de !'existence du mal en tant
qu'entité

48 % croient que plusieurs religions sont vraies 1 •

1 Christian Smith, Soul Searching: The Religious and Spiritual Lives ofAmerican
Teenagers (New York: Oxford Universiry Press, 2005), p. 4 1 -45, 74.

1 69
Suis-je un bon père ?

Avec un peu de chance, vos enfants ne se situent pas parmi


ceux qui adoptent ces points de vue, mais vous pouvez constater
par vous-même combien il serait facile pour des enfants d'adhérer
à des croyances douteuses quand on constate que près d'un jeune
sur deux ne peut pas dire que Jésus est « le chemin, la vérité et la
vie » . Et ne vous y trompez pas, vos enfants entendent toutes sortes
de choses peu conformes à la morale.
Au cours des sept ou huit années écoulées, les militants athées
ont explosé sur la scène publique. Par exemple, Sam Harris a com­
mencé son assaut athée avec la parution de Letter to a Christian
Nation [Lettre à une nation chrétienne] (2006) , qui fut suivie par
le livre de Richard Dawkins Pour en finir avec Dieu (2006), et
enfin celui de Christopher Hitchens Dieu n'est pas grand (2007) .
Ces trois livres ont rapidement connu une explosion des ventes, et
sont restés des mois - pas seulement des semaines - les meilleures
ventes dans de multiples librairies.
L'influence de ces soi-disant nouveaux athées a largement
dépassé le monde de ! 'édition. Ils ont écrit des articles, pris la
parole sur des campus universitaires, participé à des débats, ils
ont été i nterviewés à la radio et à la télévision et ont posté d'in­
nombrables vidéos sur YouTube. Ils ont troublé les personnes
en recherche et ébranlé la foi de nombreux croyants. Le but des
nouveaux athées est simple : éradiquer tous fondements ration­
nels à la croyance religieuse et persuader les théistes de s'éloigner
de leur foi.
Bien que ce courant montant des nouveaux athées commence
un peu à s'épuiser, il n'a cependant jamais été aussi important
qu'aujourd'hui de donner à vos enfants de solides raisons pour ex­
pliquer pourquoi nous croyons ce que nous croyons. Je rencontre
malheureusement certains responsables d'églises qui me disent que
les enfants d'aujourd'hui ne s'intéressent plus aux fondements de
la foi chrétienne. lis disent que tout ce qui importe aux enfants de
cette génération, ce sont leurs relations avec leurs amis et ce que
cela peut leur apporter émotionnellement.

170
Jeferai de mon mieuxpo11r présenter po11rq11oi nollS croyons ce q11e nollS croyons

Ce n'est tout simplement pas vrai. Dans une étude récente, des
milliers de jeunes non-pratiquants affirment qu'ils ont été élevés pour
devenir « religieux » mais qu'ils ont fini par devenir « non-religieux ».
Quand la question suivante fut posée à ces adolescents : « Pourquoi
t'es-tu éloigné de la foi dans laquelle tu as été élevé ? » On ne leur
avait fourni aucun panel de réponses parmi lesquelles ils pouvaient
choisir ; c'était une question ouverte. La réponse la plus courante -
donnée par 32 % des personnes interrogées - était scepticisme intel­
lectue/1 . Étant donné qu'il s'agissait d'une question ouverte, on peut
dire que cela représente un pourcentage très élevé. Leurs réponses
incluaient des affirmations telles que : « Cela n'avait aucun sens pour
moi » ; « Certains trucs me semblent trop irréalistes pour que j'y
croie » ; « Je pense qu'il n'y a scientifiquement aucune preuve » ; « Il y
a trop de questions sans réponses. » Nos enfants veulent des réponses
qu'ils peuvent saisir avec leur intellect autant qu'avec leurs cœurs.

Transmettre votre foi


I l est extrêmement important d'instiller en vos enfants ce en
quoi vous croyez en tant que chrétien et pourquoi vous croyez
cela. Mais quelles sont j ustement ces convictions que vous voulez
communiquer à vos enfants et d'où vous viennent-elles ?
J'imagine que vous voulez leur transmettre une foi qui fonc­
tionne. Vous désirez probablement qu'ils adhèrent à une chrétien­
té véritablement chrétienne, celle qui changera leurs vies et qu'ils
auront à leur tour envie de léguer à leurs propres enfants. C'est en
effet en cela que consiste le discipulat chrétien, et c'est ce que fit
avec succès l'église primitive.
Les premiers chrétiens étaient si intensément ancrés dans leur
foi que non seulement ils expérimentèrent une joie authentique
dans leur vie, mais ils réussirent à passer le bâton de la foi d'une
génération à une autre à travers un mouvement qui se répandit
comme une traînée de poudre. Alan Hirsch affirme qu'aux alen-

1 Smich, op. cit., p. 89.

171
Suis-je un bo11 père ?

tours de l'an 1 00 ap. J .-C., soit près de 65 ans après la venue de


Jésus sur cerre, il n'y avait que 25 000 chrétiens. En l'espace de
200 ans, leur nombre explosa pour atteindre 20 millions 1 • Leur
nombre a été multiplié par 800 ! Qu'ont réussi à transmettre ces
premiers chrétiens pour que cela entraîne un changement et une
croissance aussi spectaculaires ?
Il y eut vers le I I I 0 siècle un véritable consensus au sein de la
communauté chrétienne qui chercha à découvrir quelles étaient
réellement les vérités de la foi. Les apôtres avaient exposé certaines
opinions qui expliquaient comment devait vivre un disciple de
Christ. Dans le but de recenir ce consensus et d'éviter une dérive
de la vérité, 300 Pères de l' Église se rassemblèrent dans la ville de
Nicée en Asie Mineure en l'an 325 ap. J.-C. pour affirmer par écrit
les vérités essentielles de la foi chrétienne. Il en résulta ce que nous
connaissons sous le nom de Credo de Nicée. Ces hommes ont écrit
ce qui est aujourd'hui la déclaration de foi écrite la plus largement
utilisée. Elle a été approuvée et acceptée par pratiquement chaque
grande communauté chrétienne de toute l'histoire. Dans cette suc­
cincce déclaration, le Concile de Nicée immortalisa la vérité sur la
personne de Dieu et sur qui nous sommes. (Vous trouverez une
copie du Credo de Nicée à la fin de ce chapitre.)
Alors que vous encouragez vos enfants à entrer dans une relation
avec Dieu, vous pouvez les aider à adopcer leurs propres convic­
tions chrétiennes. Ce faisant, ils commenceront véritablement à
comprendre eux-mêmes (qui ils sont, pourquoi ils sont là, et où ils
vont) , quelles relations avoir avec les autres et comment ils doivent
interagir avec le monde naturel que Dieu leur a donné. Pour don­
ner une brève description de la foi chrétienne, nous pourrions dire
que le christianisme est un moyen de connaître, d'être et de vivre en
bonne relation avec Dieu, nous-mêmes, les autres et le monde autour
de nous. C'est le « chemin » de Christ que nous devons reprendre
et transmettre à nos enfants.

1 Alan Hirsch, The Forgotten Wiys (Grand Rapids, MI: Braws Press, 2006), p. 18.

172
Jeferni de mon mieux pour présemer pourquoi now croyons ce que now croyons

Ce que nous croyons et pourquoi nous le croyons


Si vous lisez le Credo de Nicée, vous découvrirez douze convic­
tions que les apôtres « transmirent aux saints ». Chacune d'elle est
clairement expliquée dans les Écritures. Or c'est par la Bible que
nous devons commencer.
La Bible nous fournir une image claire, à travers de nombreuses
histoires, des relations que Dieu a eues avec nous à travers route
l'histoire de l'humanité ; de la première famille humaine, en pas­
sant par les enfants d'Israël dans l'Ancien Testament, j usqu'aux
personnes qui connurent Jésus er son « chemin » dans le Nou­
veau Testament. Ces histoires sont le moyen utilisé par Dieu pour
nous faire savoir qui il est. Elles nous permettent de nous faire
une idée assez nette des personnes pieuses qui croyaient et vivaient
ses grandes vérités. Ces histoires et les vérités qu'elles présentent
définissent qui nous sommes, de quelle manière Dieu veut entrer
en relation avec nous er réciproquement, et comment nous devons
nous comporter les uns envers les autres. Tour ceci a été défini
à travers des textes sacrés que nous connaissons aujourd'hui sous
la forme d'une Bible fiable. Dieu l ui-même a préservé ces vérités
pour nous, afin que nous puissions le connaître et passer le bâton
de notre foi à nos enfants.
Ouvrez les Écritures et elles vous fourniront la description
d'une façon de vivre bien spécifique, un moyen de savoir ce qui
est vrai, un portrait de ce que Dieu veut que nous soyons, et un
modèle de vie basé sur la révélation de qui il est en relation avec
nous. Ou pour le dire autrement, les Écritures nous révèlent tout
ce dont nous avons besoin pour connaître la vérité sur ce que le
monde était censé être, ce qu'il est maintenant, et comment il peut
être restauré selon le dessein originel. La Bible nous montre que
nous étions originellement destinés à être en relation avec Dieu, ce
qui nous a fait perdre cette relation, et comment nous pouvons la
retrouver.
l.:Église primitive remania tout ceci sous une sorte de caté­
chisme, au moyen duquel les chrétiens enseignèrent douze vérités

1 73
Suis-je un bon père ,

à leurs enfants. En résumé, les chrétiens croient les douze vérités


suivantes :
1 . Un Dieu relationnel existe.
2. La Parole de Dieu est une révélation précise de sa personne.
3. Le péché originel a apporté la mort (séparation de Dieu) à
la race humaine.
4. Dieu a pris une forme humaine pour restaurer la relation
entre lui et nous.
5 . Christ a expié nos fautes e n mourant sur l a croix.
6. Nous sommes j ustifiés devant D ieu par sa grâce à travers
notre foi en Jésus.
7 . Nous sommes appelés à être transformés à l'image d e Christ.
8 . Jésus est physiquement ressuscité des mores.
9. Dieu existe de toute éternité sous la forme de trois per­
sonnes en une seule (la Trinité) .
1 0. Le royaume de Dieu forme notre vue du monde (vision du
monde) .
1 1 . L'Église est la représentation visible de Christ sur terre.
1 2. Jésus reviendra pour restaurer coures choses selon le dessein
originel de Dieu.
Il est important de comprendre que ces douze convictions ou
vérités ne sont pas quelque chose que nous devons simplement
croire avec notre intellect. Elles doivent être réellement expéri­
mentées à travers nos vies. Nous ne pouvons présenter ce que
nous croyons et la raison pour laquelle nous y croyons à nos en­
fants uniquement pour qu'ils pensent de façon correcte. En effet,
nous voulons qu'eux aussi aient de bonnes relations et mènent
une vie correcte. Nous devons donc aussi comprendre pourquoi
ces convictions sont pertinentes pour nos vies et pourquoi nous
pouvons croire qu'elles sont vraies. Nos enfants ont besoin de
savoir que ce que nous croyons peut être étayé par des éléments
de preuve.

1 74
Jeferai dt• 111011 mieux pour présenter pourquoi nous croyons ce que nous croyons

Cela semble un grand défi à relever, n'est-ce pas ? Et ça l'est,


dans une certaine mesure. Mais si vous mettez ces convictions fon­
damentales à plat et que vous voyez à quel point elles sont liées les
unes aux autres, alors vous réaliserez qu'elles ne font que relater la
merveilleuse histoire de Dieu sauvant ses enfants perdus. Pour vous
aider à présenter à vos enfants ce que vous croyez et pourquoi vous
y croyez, mon fils Sean et moi avons écrit ce que j'appelle mon
œuvre clef. Nous l'avons intitulée The Unshakable Truth: How You
Can Experience the 1 2 Essentials ofa Relevant Faith [NDE : La vérité
inébranlable : comment expérimenter les douze fondamentaux d'une
foi pertinente] Je vous encourage à vous le procurer, à l'étudier et
1•

à présenter d'office à vos enfants les douze convictions pertinentes


du christianisme et à leur expliquer pourquoi ils peuvent adopter
chacune d'elle en toute confiance. Il existe des preuves solides que
Dieu veut nous voir découvrir dans chacune de ces convictions
fondamentales de la chrétienté.
Néanmoins, examiner les preuves de notre foi n'élimine pas
pour autant le besoin de foi. Aucune montagne de preuves ne peut
nous donner 1 OO % de certitude. Nous devons tout de même exer­
cer notre foi ; seulement il doit s'agir d'une foi intelligente qui exa­
mine les preuves. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles
les apôtres ont rapporté les très nombreux signes miraculeux réa­
lisés par Jésus : « Mais ces choses [signes] ont été écrites afin que
vous croyiez aussi que Jésus est le Christ » Oean 20.3 1 ) .
Jésus invita lui aussi les gens à examiner les preuves d'une foi
en lui. Il dit : « Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en
moi ; sinon, croyez du moins à cause de ces œuvres » Qean 1 4. 1 1 ) .
Quand vos enfants ont connaissance des preuves leur démontrant
pourquoi ils peuvent croire, cela leur donne une compréhension et
renforce leur foi. Puis, lorsqu'ils comprennent combien elle peut
s'avérer pertinente dans leur vie quotidienne, alors ils peuvent
commencer à la mettre en pratique.

1 Non encore paru en français à ce jour.

1 75
Suis-je un bon père ?

Les trois piliers de la foi


Bien qu'il y ait en tout douze convictions énumérées dans le Cre­
do de Nicée, trois d'entre elles font fonction de piliers de la foi. Aidez
vos enfants à bien saisir pourquoi ils peuvent croire avec confiance
que ces trois convictions fondamentales les enracineront dans la foi.

Le premier pilier est la fiabilité des Écritures. Si la Bible ne
peut être digne de confiance en tant que document historique
fiable, alors nous n'avons aucune assurance que ce que nous
croyons est vrai. En effet, presque tout ce que nous croyons
en ce qui concerne le christianisme est basé sur la Bible.

Le deuxième pilier est la déité de Christ. Si Christ n'est pas
ce qu'il déclarait être, alors il n'était pas !'Agneau saint de
Dieu et il n'aurait pu faire !'expiation pour notre péché.

Le troisième pilier est la résurrection physique de Christ.
Sans sa résurrection des morts, notre propre résurrection des
morts n'est pas possible, et donc une éternité sans péché et
sans souffrance est impossible. Lapôtre Paul l'affirme ainsi :
« Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes
encore dans vos péchés . . . [et] nous sommes les plus malheu­
reux de tous les hommes » ( 1 Corinthiens 1 5. 1 7, 1 9b) .
Dans la dernière partie de ce chapitre, je vais vous donner un
exemple abrégé de ce que nous croyons concernant la Bible et pour­
quoi. Encore une fois, je vous encourage à profiter des ressources à
votre disposition. Mon équipe a mis au point trois présentations des
piliers qui sont destinées à un usage familial (ou pour un groupe de
familles) autour d'un repas. La première, qui avance les preuves de la
fiabilité des Écritures, s'intitule « Redemption Celebration » [Célé­
bration de la rédemption] ; la deuxième concerne la déité de Christ
et s'appelle « Revelation Celebration » [Célébration de la révéla­
tion] ; et la troisième sur les preuves de la résurrection de Christ se
nomme « Restoration Celebration » [Célébration de la restauration] .
Ce qui suit est directement tiré de la présentation « Revelation
Celebration ». Ce dossier inclut des productions interactives

176
Jeferai de mon mieux pour présenter pourquoi now croyons ce que now croyons

pour vos enfants, comme par exemple le « Verbal Relay Process »


[Processus de transmission orale] . Vous avez peut-être joué au
jeu du téléphone quand vous étiez enfant. Il s'agir de ce jeu où
quelqu'un murmure une phrase courre à l'oreille de la personne
à côté de 1 ui ou d'elle, et cette personne transmet ensuite ce
qu'il ou elle a entendu à la personne suivante, et ainsi de suite.
La dernière personne à qui l'on vient de passer le message répète
les quelques mots à voix haute. B ien entendu, la phrase et la
signification finissent par se mélanger pour donner en définitive
une transmission incohérente.
Ce petit jeu nous montre bien que si un message doit être passé
avec précision d'une personne à une autre, chaque mot doit être
clairement et soigneusement prononcé. Ceci illustre la nécessité de
transmettre minutieusement et précisément la Bible manuscrite
d'une génération à une autre. Si cela n'avait pas été fait de la sorte,
alors nous ne pourrions en aucune façon avoir l'assurance que ce
que nous lisons aujourd'hui est ce qui a été écrit il y a des milliers
d'années. La « Revelarion Celebrarion » vous permet de fournir les
preuves solides que la Parole de Dieu est véritablement fiable.
Le téléchargement procure un feuiller que vous pouvez copier
et donner à votre famille ; ainsi ils pourront suivre au fur et à
mesure que vous lirez. Linformation que vous découvrez avec vos
enfants démontre l'attention avec laquelle Dieu a miraculeusement
supervisé la transmission de la Bible. Cette présentation met en
évidence que sa Parole est le livre le plus fiable de route !'Antiquité.
Il veut que nous le voyions rel qu'il est, et cela exige une révélation
de sa personne précise et non déformée - la Sainte Bible.
Vous trouverez ci-dessous le contenu du feuiller de la
« Revelation Celebration ».

La Parole de Dieu estfiable


Dieu a parlé à des hommes il y a des milliers d'années et il leur a
fait mettre par écrit des messages très importants qu'il voulait nous
communiquer. Comme il nous aimait et qu'il désirait restaurer

177
Suis-je un bon père '

sa relation avec nous, il voulait que nous sachions comment


apprendre à le connaître. En tant qu'être humains, nous avons
tous péché et nous avons été séparés de lui. Sa Parole devait donc
devenir l'instrument de ses instructions, ou un ensemble de lettres
d'amour de sa part à notre intention, pour que nous puissions le
découvrir personnellement.
Ses lettres d'amour nous ont-elles été effectivement transmises
correctement ? Est-ce que les copies de ces écrits originaux ont été
faites avec exactitude ? Découvrons-le.
La minutie des scribes. Retranscrire manuellement l'Ancien
Testament relevait de la responsabilité d'un groupe d'hom mes
qui étaient formés à devenir des scribes compétents et vouaient
leurs vies à l'écriture. Pendant de nombreuses années avant et
après !'époque de Jésus, ils avaient la responsabilité de copier les
textes hébreux. Ces scribes particuliers se consacraient à la copie
des Saintes Écritures et s'assuraient que chaque lettre, chaque mot
soient correctement retranscrits. Leurs règles de copie des textes
sacrés étaient tellement strictes que lorsqu'un exemplaire était
terminé, il était considéré comme un duplicata exact, comme si
vous l'aviez obtenu d'une photocopieuse. Une fois achevé, cette
épreuve était appelée un manuscrit.
Un scribe commençait sa journée de retranscription d'un
manuscrit en lavant cérémonieusement son corps tout entier. Il
s'habillait ensuite d'une longue tunique juive avant de s'asseoir à son
bureau. Pendant qu'il écrivait, s'il arrivait au nom hébreu de Dieu,
il ne pouvait pas commencer à l'écrire avec une plume fraîchement
trempée dans l'encre, de peur de maculer le papier. Une fois qu'il avait
commencé à écrire le nom de Dieu, il ne pouvait plus s'arrêter ou se
permettre d'être distrait. . . pas même par l'arrivée inopinée d'un roi
dans son bureau. Le scribe était obligé de continuer sans interruption
jusqu'à ce qu'il ait terminé d'écrire le nom du seul vrai Dieu.
Les directives massorétiques (les massorètes appartenaient à une
lignée de scribes ayant existé et travaillé vers le milieu du premier
millénaire) pour la copie des manuscrits exigeaient que :

1 78
Jeferai de mon mieux pour présenter pourquoi nous croyons ce que nous croyons


le rouleau soit écrit sur la peau d'un animal nettoyé

chaque peau contienne un nombre spécifique de colonnes,
égal tout au long du livre

la longueur de chaque colonne atteigne au moins 48 lignes,
mais ne dépasse pas les 60 lignes

la largeur de chaque colonne soit exactement de 30 lettres

!'espace d'un fil apparaisse entre chaque consonne

la largeur de neufconsonnes soit insérée entre chaque section

un espace de trois lignes apparaisse entre chaque livre

le cinquième livre de Moïse (Deutéronome) se termine
exactement avec une ligne pleine

rien, pas même le plus petit mot, ne soit copié de tête, mais
plutôt lettre après lettre

le scribe compte le nombre de fois où chaque lettre de l' alpha­
bet apparaissait dans chaque livre et le compare à !'original

si on découvrait un manuscrit contenant ne serait-ce qu'une
seule erreur, il devait être jeté.
Dieu inspira aux Massorètes une déférence si consciencieuse à
l'égard des écrits hébreux dans le but de s'assurer une transmission
incroyablement précise de la Bible, afin que vous et moi, nous
puissions avoir une révélation exacte de sa personne.
La précision du Nouveau Testament. Les scribes hébreux ne
copièrent pas les manuscrits du Nouveau Testament. Alors Dieu fit
quelque chose de nouveau pour s'assurer que les paroles de Jésus et
de ses disciples soient correctement préservées pour nous : il pro­
cura des milliers de manuscrits anciens comme sources.
Pour affirmer si d'anciens manuscrits sont fiables, les spécialistes
1 ) évaluent le temps écoulé entre !'écrit originel et la première co­
pie manuscrite, et 2) déterminent combien de copies manuscrites
existent encore. Plus ce temps est court entre !'écrit originel et la
première copie et plus il existe de manuscrits, plus les spécialistes
considèrent ces manuscrits comme exacts.

1 79
Suis-je tm bon père ?

Par exemple, presque tout ce que nous connaissons aujourd'hui


au sujet des campagnes de Jules César en Gaulle nous vient de
dix copies manuscrites de La Guerre des Gaules, dont les plus
anciennes remontent au mieux à 1 000 ans après !'époque où les
premiers manuscrits furent écrits. L'écrit documenté le plus fiable
dans l'histoire séculaire est !' !liade d'Homère avec 1 757 manus­
crits, dont les plus anciennes copies remontent à environ 400 ans
après la version originelle.
Prenez le temps de lire ce tableau sur la littérature classique.

800 av. env. 400 av. env. 400


Homère Iliade 1 757
J.-C. J.-C. ans
env. 900 ap. env. 1 350
8
J.-C. ans
env. 900 ap. env. 1 300
Thucydide Histoire 8
av. J.-C. J.-C. ans
400 av. env. 900 ap.
1 300 ans 7
J.-C. J.-C. env.
Démos­ 300 av. env. 1 1 OO ap. env. 1 400
200
thène ·- ·--
J.-C. J.-C. ans
'
La Guerrè 1 00-44 env. 900 ap. env. 1 000

!.
César 10
des Gaules av. j.-C. J.-C. ans
- -
,,,.. - ,.
" ·-
- ·- -
quatrième
59 av. env. 400
siècle
J.-C. ans
Histoire (en partie) ; 1 partielle
Livy
de Rome la majeure 1 9 copies
17 ap. env. 1 000
partie au
J.-C. ans
dixième siècle
1 00 ap. env. 1 1 00 ap.
Annales
.-C. J.-C .
-
Pline le Histoire 61- 1 1 3 env. 850 ap. env. 750
7
Jeune Naturelle ap. J.-C. J.-C. ans
_

1 80
Jeferai de mon mieux pour présenter pourquoi nous croyons ce que nom croyons

Le Nouveau Testament n'a pas d'équivalent. Si l'on accepte


cette norme d'évaluation de la fiabilité des écrits anciens, alors le
Nouveau Testament sort du lot. Il n'a pas d'égal. Aucun autre livre
des temps anciens ne peut se comparer à la fiabilité du Nouveau
Testament. Regardez à présent le tableau ci-dessous :

Livre

Jean Évangile de jean env. 1 30 ap. J.-C. fragments


� � ·U �
et plus
Tous les autres


env. 200 ap. J.-C.
Divers livres du 1 00 ans
(livres)
Nouveau, Testament
-- "
' -- --

env. 250 ap. J.-C.


{la majeure partie 1 50 ans
du Nouveau Testament)

1
Plus de
env. 325 ap. J .-C.
5 600
{le Nouveau Testament 225 ans
manuscrits
en entier)
grecs
- -
env. 366-384 ap. J.-
C. (traduction latine 284 ans
Vulgate)

.:/r��;f:�:<:.<r�': - env. 400-500 ap. J.-C.


400 ans
et plus

;_;����5t���;.� ;_-
(autres traductions) manuscrits
traduits
Plus de
50-400 24 600
TOTAUX
ans man us-
crits

Il existe donc près de 25 000 manuscrits ou fragments de ma­


nuscrits, dont certains remontent à seulement 50 ans après les
écrits originaux. Et aucun n'a été écrit plus de 400 ans après les
originaux. Incroyable !

181
Suis-je rm bon père ?

Lorsque vous tenez dans vos mains une Bible, vous pouvez
être certain que c'est l'écrit le plus précis et le plus fiable de toute
l'histoire ! Dieu voulait que vous soyez sûr que la Bible que vous
lisez est réellement composée des véritables lettres d'amour qu'il a
écrites j uste pour vous.
Répétez-les encore et encore.
Nous voulons être une aide précieuse pour vous au fur et à me­
sure que vous expliquez à vos enfants pourquoi ils peuvent croire
ce qu'ils croient. J'ai passé plus de cinquante ans à essayer d'aider
des responsables d'église et des pères comme vous à transmettre
une foi intelligente à leurs enfants. Or cela ne se fait pas à travers
une présentation ou même plusieurs entretiens éducatifs avec eux.
Pour y parvenir, il faut que cela se fasse à travers un processus
continu et durable.
Pour enseigner efficacement à vos enfants les raisons pour les­
quelles ils croient ce qu'ils croient, il sera nécessaire que vous fas­
siez ce que préconise Deutéronome 6.7 : « Tu les inculqueras à tes
enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand
tu iras en voyage, quant tu te coucheras et quand tu te lèveras ».
En agissant ainsi, vous accomplirez l'engagement n°9 avec l'espoir
d'élever « des enfants de Dieu i rréprochables au milieu d'une
génération perverse et corrompue, parmi laquelle [ils brilleront]
comme des flambeaux dans le monde » (Philippiens 2. 1 5) .

1 82
Jeferai de mon mieux pour présenter pourquoi nous croyons ce que nous croyons

Le credo de Nicée
Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du
ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible,
Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de
Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu,
lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré
non pas créé, de même nature que le Père ; et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par
l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut
mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément
aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père.
I l reviendra dans la gloire, pour j uger les vivants et les morts et
son règne n'aura pas de fin.
Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la
vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit
même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes.
Je crois en l' Église, une, sainte, catholique' et apostolique. Je
reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J 'attends
la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen

1 NOE : Emprunté du latin chrétien catholicus, du grec katholikos,


« général, universel ».

1 83
12
ENGAGEMENT N°I O

Je ferai de mon mieux pour


favoriser un cœur reconnaissant

e n'est pas j uste. Pourquoi est-ce qu'il peut le faire et pas


« C moi ? »
« Je le méritais bien plus qu'elle. »
« Tu me le dois ! J'ai le droit d'avoir plus que ça. »
Il semblerait qu'un grand nombre de personnes dans notre
société ont le sentiment d'avoir certains droits - l'impression que
certaines choses leur sont dues au lieu d'avoir besoin de travailler
pour les avoir. Vous pouvez entendre et voir ces expressions de
droit presque chaque jour dans la société, d'ailleurs souvent expri­
mées à travers une humeur déplaisante.
Les exemples cités ci-dessus reflètent une attitude ingrate. Vous
pouvez très bien déceler ce genre d'attitude chez vos propres en­
fants. Il est certes naturel de leur part qu'ils s'attendent à recevoir
certaines choses et qu'ils se plaignent lorsqu'ils ne les obtiennent
pas. Cependant si une attitude ingrate et pleurnicharde devient
chez eux un état d'esprit et une habitude, alors cela peut avoi r

1 85
Suis-je 1111 bon père ?

un effet profondément négatif. Une personne au cœur ingrat a de


forces chances d'expérimenter un niveau de stress élevé, du décou­
ragement et de la dépression, ainsi que des difficulcés à bâtir des
relations saines. D'une manière générale, cette personne sera peu
satisfaite par sa vie. Il existe des études qui one été menées pour
étayer cout ceci.
J'ai commencé ce livre en vous demandant ce que vous vou­
liez pour vos enfants. Je vous avais die que c'était probablement la
même chose que ce que Jésus veut pour nous cous. Il veut que sa
joie soie en nous et que notre joie soie parfaite (voir Jean 1 5 . 1 1 ) .
Nous voulons voir nos enfants heureux dans la vie aussi, n'est-ce
pas ? Nous voulons qu'ils soient protégés de cour mal et qu'ils de­
viennent des individus ayant le sentiment d'être importants, avec
un bue et le moyen de s'épanouir dans la vie. Outre la nécessité
pour eux de donner leur vie à Christ, je soutiens cette idée que
l'une des meilleurs façons de les aider à le faire, c'est de favoriser en
eux un cœur reconnaissant.
Agir ainsi pour vos enfants leur sera très bénéfique dans des
domaines bien spécifiques de leur vie. Des scientifiques ont récem­
ment mené une étude cherchant à comprendre les effets positifs
d'une attitude reconnaissance. Il s'agissait de trouver divers moyens
permettant de promouvoir la pratique de la gratitude dans les mi­
lieux médicaux, éducationnels et organisationnels pour récolter les
bénéfices d'une attitude reconnaissance.
Le D' Robert Emmons, un expert scientifique renommé sur le
sujet de la gratitude, affirme que des centaines d'études one prouvé
ses bénéfices au niveau social, physique et psychologique. Il fait
remarquer qu'une attitude reconnaissance :

augmente le bonheur et la joie de vivre

réduit l'anxiété et la dépression

renforce le système immunitaire, diminue la tension arté­
rielle, réduit les symptômes de maladies et nous rend moins
inquiets face à coures sortes de douleurs et souffrances

1 86
Jeferai de mon mieux pourfavoriser un cœur reconnaissant


nous aide à mieux dormir

nous rend plus résistants, nous aide à mieux nous remettre
d'événements traumatisants

renforce les relations, nous donne le sentiment d'être plus
proches et plus liés à nos amis, à notre famille, à notre conjoint.
Autrement dit, lorsque nous devenons des personnes recon­
naissantes, nous développons de meilleurs moyens pour surmonter
les difficultés et gérer le stress de la vie. Par exemple, ceux qui sont
reconnaissants ont tendance à gérer les échecs et les circonstances
négatives de la vie avec moins de stress et à accueillir le succès
avec plus de désinvolture. Le D' Melanie Greenberg, psychologue
clinique de la santé, affirme que la pratique de la gratitude ouvre
le cœur et active positivement les centres cérébraux de !'émotion.
Une pratique régulière de la reconnaissance peut changer la façon
dont les neurones de notre cerveau réagissent de façon à ce qu'ils
adoptent des schémas automatiquement positifs.
Est-il surprenant que la Parole de Dieu nous invite à « [rendre]
grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu
en Jésus-Christ » ( 1 Thessaloniciens 5 . 1 8) ? Dieu veut que nous
vivions une vie remplie de joie. Être reconnaissant est fondamen­
tal pour expérimenter une joie véritable. « Louez l'Éternel, car il
est bon, écrit le psalmiste, car sa miséricorde dure à toujours »
(Psaumes 1 36. 1 ) .
Les Écritures nous encouragent plus d'un millier de fois et de
diverses manières à nous montrer reconnaissants, à louer Dieu, à
nous réjouir, et à avoir un cœur plein de gratitude. En réalité même,
la demande de Dieu de l'adorer a pour but de nous apprendre
à le reconnaître pour ce qu'il est et pour toutes ses provisions.
En réponse à ses bienfaits, nous lui offrons louange, honneur et
amour. « Rendez continuellement grâces à Dieu le Père pour toutes
choses, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ » ( Éphésiens 5 .20) .
Cependant, la reconnaissance n'est pas un sentiment qui nous vient
de façon automatique. Lorsque les choses ne se passent pas très

1 87
Suis-je un bon père ?

bien, il est difficile de se montrer reconnaissant. La reconnaissance


est une qualité qui a besoin d'être culrivée.

La reconnaissance doit être cultivée


Au début de ma vie chrétienne, le concept de gratitude ne faisait
pas vraiment partie de mes préoccupations. Je savais que je devais
louer Dieu et me montrer reconnaissant envers lui, mais ce n'était
pas pour moi d'une nécessité fondamentale dans ma marche avec
lui. Autrement dit, je ne voyais pas le lien entre le fait d'avoir un
cœur reconnaissant et le fait d'expérimenter une vie heureuse,
alors même que Jésus avait dit qu'il était présent pour rendre ma
joie parfaite. Néanmoins, mon point de vue sur la pratique de la
gratitude changea à la suite d'une expérience bouleversante.
Après avoir terminé mes études, je rejoignis Campus pour
Christ, espérant devenir un intervenant itinérant auprès des
jeunes. En ce temps-là, j 'étais plutôt effronté, agressif et un tantinet
arrogant. Mon cœur était au bon endroit, mais je n'avais pas
beaucoup de patience. Er mes responsables pensèrent que j 'avais
besoin d'acquérir un peu plus de maturité.
Par mon zèle, j'avais offensé par inadvertance certains de ces
responsables. En réalité, mon agressivité leur posait problème.
Ils trouvèrent donc comme solution de m'assigner à une mission
inhabituelle. Au lieu de m'envoyer en tournée de conférences à
travers les États-Unis, ils m'expédièrent en Argentine pour travailler
sur un campus universitaire.
Cette tournure des événements était plus que décevante pour
moi. J'étais pratiquement dévasté. Cela représentait pour moi bien
plus qu'un simple retard par rapport à mes espoirs et mes plans ;
je pris cela comme une sorte d'échec. À l'époque, je n'avais aucun
sentiment de reconnaissance envers qui que ce soit et je ne voyais
pas pour quelles raisons je pouvais être reconnaissant. Bien enten­
du, ces pensées négatives n'avaient pas pris en compte le fait que
Dieu avait pour objectif de provoquer ces choses pour mon bien
et pour sa gloire.

188
Jeferai de mon mieux pourfavoriser un cœur reconnaissant

J'acceptai donc à concrecœur la mission. Et plus je priais à ce


suj et, plus je réalisais que j'avais besoin d'être fidèle à la tâche qu'on
m'avait confiée et de laisser mon avenir encre les mains de Dieu.
J'avais lu ces paroles pleines de sagesse de Salomon, qui disent de
Dieu qu' « il tient . . . un bouclier pour ceux qui marchent dans
l'intégrité, en protégeant les sentiers de la j ustice et en gardant la
voie de ses fidèles » (Proverbes 2.7b-8) . Or je voulais être un ser­
viteur fidèle.
Lorsque j 'arrivai en Argentine en 1 967, les universités sud­
américaines étaient alors les foyers de l'activité communiste.
Impétueux et zélé comme toujours, je sautai à pieds joints sur
l'occasion pour entamer des débats ouverts au coude à coude avec
les révolutionnaires présents sur ces campus. Je voyageai bien au­
delà de l'Argentine vers des campus situés en Bolivie et au Chili.
Pendant coute cecce période où j 'essayai d'établir un ministère
universitaire en Amérique du Sud, ma vie fut perpétuellement
menacée. Je fus cambriolé, accusé de crime, et emprisonné. Par
moments, je me demandai même si j 'allais m'en sortir.
Les nouvelles de ce que Dieu accomplissait en Amérique du Sud
parvinrent au Dr Bill Bright, président de Campus pour Christ
à cette époque-là. Les responsables que j 'avais offensés n'éraient
plus là, et les nouveaux voulaient savoir si j 'acceptais de revenir
aux États-Unis pour démarrer une tournée de conférences auprès
d'étudiants universitaires. Mes espoirs et mes rêves étaient sur le
point de se réaliser. Le roi David avait raison : « Fais de l'Éternel ces
délices, et il ce donnera ce que con cœur désire » (Psaumes 37.4).
Quand je revins aux États-Unis, les universités américaines
commençaient tout j uste à expérimenter les agitations et les
bouleversements que j'avais vus et étudiés pendant deux ans sur
les campus sud-américains. Mon expérience en Argentine m'avait
suffisamment équipé pour comprendre ce que les révolutionnaires
voulaient offrir comme solution culturelle à la jeunesse américaine.
Mon temps là-bas m'avait préparé à répliquer efficacement et
à contrer ce mouvement avec une solution spirituelle. Je fus le

1 89
Suis-je 1111 bon père ?

premier surpris de constater que mes deux années en « exil » éraient


en réalité un « camp d'entraînement » que Dieu avait prévu pour
moi, afin que je sois à même de l'honorer pendant les vingt années
suivantes de mon ministère auprès des campus universitaires.
Cerre mission fur pour moi une leçon de vie qui m'apprit non
seulement à êrre reconnaissant quelles que soient les circonstances
dans lesquelles je me trouvais, mais aussi à garder confiance en
Dieu concernant son plan pour ma vie.

Sept façons de favoriser la reconnaissance chez vos enfants


Vous trouverez ci-dessous sepr moyens pratiques pour vous
aider à enseigner à vos enfants à avoir un cœur reconnaissant.
1 . Enseigner à vos enfants à être fidèle et à faire confiance
au plan de Dieu. Je me suis servi de mon hisroire d' « exil » en
Amérique du Sud de nombreuses fois pour aider mes enfanrs à
réaliser que Dieu a un plan pour leurs vies. Je leur ai expliqué
que la clef esr d'avoir confiance en son plan er de lui être fidèle
quelles que soient les circonstances. J'avais appris que ce n'éraient
pas les circonstances de ma vie qui devaient déterminer le fair que
je sois reconnaissant ou pas. Je devais me monrrer reconnaissant à
travers ma foi dans le plan de Dieu. Il devait recevoir ma grarirude
quoi qu'il puisse m'arriver. Je devais avoir en permanence un cœur
rempli de reconnaissance quelles que soienr les siruarions dans
lesquelles je me trouvais.
Aidez vos enfants à avoir confiance en un Dieu qui a le contrôle
sur nos vies. Aidez-les à mémoriser Romains 8, qui nous dir que
« nous savons, du reste, que routes choses concourent au bien de
ceux qui aimenr Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein »
(Romains 8 .28). Cela ne veur pas dire que rour ce qui va nous
arriver sera bon, mais si nous sommes fidèles, il nous honorera
même dans les siruarions les plus difficiles. Comme Joseph qui fur
vendu comme esclave, nous pourrons dire : « Vous aviez médiré de
me faire du mal : Dieu l'a changé en bien, pour accomplir ce qui
arrive aujourd'hui » (Genèse 50.20) .

1 90
Jeferai de mon mieux pourfavoriser un cœur reconn11iss1111t

2. Apprenez à vos enfants à reconnaître leur état de totale


perdition. Lorsque vous expliquez à vos enfants pourquoi
ils peuvent croire ces douze convictions fondamentales du
christianisme, il viendra un moment où vous serez confrontés à la
vérité concernant le péché originel. Utilisez cette conviction que
nous sommes tous pécheurs comme fondement pour souligner
une des raisons pour lesquelles nous pouvons nous montrer
reconnaissants.
Quand vous leur faites savoir que nous sommes tous pécheurs
et séparés de Dieu, n'hésitez pas à leur dire que notre perdition
élimine cette impression d'avoir tous les droits. Du fait de sa
parfaite j ustice, nous n'avons en réalité nullement le droit de
bénéficier d'une relation avec lui. Il n'y a en nous rien de bon qui
puisse j ustifier sa miséricorde. « Il n'y a point de j uste, pas même
un seul. . . » attestent les Écritures. « Tous sont égarés, tous sont
pervertis ; il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul »
(Romains 3. 1 0, l l b- 1 2) .
Reconnaître notre totale perdition e t notre état de pécheurs
nous aide à réaliser que nous ne pouvons rien faire par nous­
mêmes pour mériter la grâce de Dieu. Et le fait de comprendre que
nous ne pouvons rien faire pour mériter sa compassion produit en
nous des émotions débordantes de gratitude lorsqu'il nous offre sa
miséricorde.
3. Apprenez à vos enfants à s'émerveiller devant la grâce de
Dieu. Expliquez ceci à vos enfants :
Dieu prit une forme humaine en la personne de Jésus et
mourut d'une mort atroce à cause de notre péché. Il fit cela pour
vous lorsque vous étiez encore un pécheur impénitent. Vous l'aviez
rejeté, mais il vous acceptait tout de même. Comme si Jésus nous
disait : « Tu t'es peut-être détourné de moi, mais moi je ne me
détournerai pas de toi. Tu es si important que je ferais l'impossible
pour avoir une relation personnelle avec toi. Je viendrai dans ton
monde et je deviendrai un humain comme toi pour pouvoir te
sauver de la mort et d'une solitude éternelle sans moi. »

191
Suis-je 1111 bon père ?

Rappelez régulièrement à vos enfants cette merveilleuse


histoire de grâce de Jésus mourant de façon injuste. Aidez-les à
s'émerveiller devant la grâce extraordinaire de Dieu. Lorsque nous
reconnaissons réellement !'étendue de notre perdition et que nous
comprenons l'immensité de sa compassion, cela favorise en nous
un cœur empreint de gratitude.
4. Apprenez à vos enfants que le travail est source de
reconnaissance. Jésus a dit un jour : « L'ouvrier mérite son
salaire » (Luc 1 0.7) . Partageant la même opinion, Paul a, quant
à lui, déclaré : « Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents
d'esprit. Servez le Seigneur » (Romains 1 2. 1 1 ) . Dottie et moi avions
pris l'habitude de donner à nos enfants de l'argent de poche pour
les tâches qu'ils avaient à accomplir. Quand les enfants apprennent
à faire leur part pour tenir la maison propre, tondre la pelouse et
accomplir d'autres tâches ménagères, ils sont généralement plus
reconnaissants lorsqu'ils reçoivent de l'argent de poche. Aidez vos
enfants à apprécier les récompenses reçues en remerciement pour
les travaux effectués. Il y a un temps pour les cadeaux, mais un bon
travail acharné est censé entretenir un cœur reconnaissant.
5. Apprenez à vos enfants à modérer leurs attentes. Il est tout
à fait avantageux de limiter les attentes des gens et ensuite de les
dépasser. En effet, ils peuvent être ensuite agréablement surpris.
C'est la même chose lorsque vous êtes sur le point d'offrir un cadeau
à votre enfant ou que vous lui donnez un léger aperçu des vacances
à venir. Apprenez à vos enfants à modérer leurs attentes quand ils
reçoivent des cadeaux de votre part. Cela vous donnera de meilleu res
chances de dépasser leurs attentes, et alors ils pourront apprécier la
sensation d'être surpris et se montrer réellement reconnaissants.
Dottie et moi avons toujours essayé de limiter les attentes de
nos enfants par rapport à ce qu'ils espéraient recevoir à Noël ou
pour leurs anniversaires, ou de ce que nous pourrions faire lors
de vacances à venir. C'est une bonne stratégie. Si vous parvenez
à le faire, cela aidera vos enfants à cultiver dans leur vie un cœur
reconnaissant.

1 92
Jeferai de mon mieux pourfavoriser un cœur reconnaissant

6. Apprenez à vos enfants à créer une liste quotidienne de


remerciements. Prenez l'habitude de demander à vos enfants pour
quelles raisons ils pourraient être reconnaissants, chaque jour si
vous le pouvez. Montrer notre reconnaissance en tant que famille
ne signifie pas qu'il suffit de le faire le jour de Noël, il s'agit d'une
pratique quotidienne. « C'est ici la journée que l'Éternel a faite :
qu'elle soit pour nous un sujet d'allégresse et de joie ! » nous disent
les Écritures (Psaumes 1 1 8.24) . Apprenez à vos enfants à prendre
l'habitude d'avoir un cœur reconnaissant jour après jour en
exprimant verbalement leurs sujets de reconnaissance même pour
les plus petites choses de la vie. En faisant cela, vous favoriserez en
eux un cœur reconnaissant.
7. Apprenez à vos enfants à être un modèle de gratitude.
Montrez-leur que vous avez vous-même un cœur reconnaissant et
donnez-leur l'occasion de vous entendre l'exprimer chaque jour.
Pères, faites en sorte d'instaurer un climat prompt à la gratitude
en vous montrant continuellement reconnaissant pour tout : pour
la nourriture que votre famille mange, pour le soleil qui brille,
pour les fleurs qui grandissent, etc. Plus vos enfants vous verront
remercier Dieu pour sa protection et sa provision, plus ils seront
témoins de votre cœur reconnaissant, plus il y a de chances pour
qu'ils deviennent à leur tour un modèle vivant de gratitude.

1 93
Postface

« Je ferai de mon mieux »

I ntégrez les dix engagements présentés dans ce livre dans votre vie
avec vos enfants. En faisant cela, vous leur transmettrez une parcie
de vous-même. N'oubliez pas que toutes ces vérités doivent être
exprimées avec un cœur rempli d'amour. Il ne s'agit pas seulement de
leur faire rentrer quelques idées dans la tête mais aussi de les rendre
capables d'envelopper leur cœur d'une cercaine façon de vivre.
Mes enfants sont aujourd'hui tous adultes et responsables de leur
propre famille. Quand je repense à leurs années d'enfance, je ne
peux pas affirmer avoir tout fait correctement. Personne ne le peut.
Mais ce que je peux dire, et vous pouvez le dire aussi, c'est que nous
avons fait de notre mieux avec nos connaissances du moment.
Quand je passe du temps avec mes petits-enfants, je remarque
que j 'ai beaucoup plus de patience et de sagesse que je n'en avais
lorsque mes propres enfants étaient à la maison. Quand j'eus le
sentiment que j 'étais enfin pleinement devenu père, mes enfants
avaient tous grandi et quitté la maison. Mais il en va ainsi de
la vie : être père sera toujours un programme de formation sur
le terrain. N'hésitez pas à utiliser toutes les ressources que vous
pourrez trouver et faites du mieux que vous pouvez. Dieu vous
récompensera pour cela.

1 95
Bilan d'évaluation
des besoins relationnels

Instructions
Pour chacune des 50 affirmations ci-dessous, attribuez la note qui
correspond le mieux à la réponse que vous donneriez. Vous pourrez en­
suite interpréter vos réponses en complétant la section « Identifier vos
principaux besoins ». Demandez à votre femme de compléter le ques­
tionnaire elle aussi. Si vous avez des adolescents, ils peuvent se sentir
concernés par la majeure partie de ce test d'évaluation. Demandez-leur
de le faire aussi. Pour vos plus jeunes enfants, vous aurez probablement
besoin d'écrire les notes à leur place en évaluant comment ils répon­
draient à chaque affirmation.

1. C'est important que l'on m'accepte tel que je suis, même si


je suis un peu « différent. »
2. Pour moi, i l est très important que mes finances soient en
ordre.
3. Je me sens parfois fatigué d'essayer de faire de mon
mieux.

1 97
Suis-je 1111 bon père ,

4. C'est très important pour moi que les autres recherchent


mon avis.
5. I l m'importe d'avoir régulièrement u n contact physique, de
recevoir des étreintes chaleureuses, etc.
6. Je me sens bien quand quelqu'un s'intéresse à ce que je vis
et veut savoir comment je vais.
7. Il est important pour moi de savoir où je me situe par rap­
port à ceux qui ont de l'autorité sur moi.
8. Cela compte beaucoup pour moi quand quelqu'un
remarque que j 'ai besoin d'aide et me propose un coup de
main.
9 . Je me sens souvent dépassé. Lorsque cela m'arrive, j'ai
besoin d'avoir quelqu'un à mes côtés pour alléger mon
fardeau.
_ 1 O. Je me sens béni quand quelqu'un remarque et montre
de l'intérêt vis-à-vis de mes émotions.
_ 1 1 . J'aime savoir si ce que je fais compte pour les autres.
_ 1 2. Je n'aime généralement pas la solitude.
_ 1 3 . Cela compte beaucoup pour moi lorsque ceux que j 'aime
prennent l'initiative de me dire « je t'aime ».
1 4 . Je ne supporte pas de n'être considéré que comme
faisant partie d'un groupe. C'est important pour moi d'être
reconnu comme un individu à part entière.
_ 1 5 . Je me sens béni quand quelqu'un m'appelle j uste pour
prendre de mes nouvelles et m'encourager.
_ 1 6. C'est important pour moi que les gens ne reconnaissent
pas uniquement ce que je fais, mais aussi ce que je suis.
_ 1 7. Je me sens mieux quand mon petit monde est bien
ordonné et plutôt prévisible.

198
Bilnn d'évnlunrion des besoins reuuionne/s

_ 1 8 . J 'éprouve du plaisir quand des gens reconnaissent mon


travail concernant un projet et expriment leur gratitude.
_ 1 9 . J 'aime particulièrement mener à bien un travail quand je
suis entouré de personnes qui aiment être avec moi.
_ 20. Je me sens bien quand les autres remarquent mes forces et
mes dons.
_ 2 1 . Je me sens parfois dépassé et découragé.
_ 22. Je veux être traité avec gentillesse et égalité par tous,
quelque soit ma race, mon genre, mon apparence et mon
s tatut.
_ 23. Caffection physique dans le mariage est quelque chose de
très important pour moi.
_ 24. J 'aime quand quelqu'un veut passer du temps avec moi
seulement.
_ 2 5 . Je me sens béni quand quelqu'un remarque ce que Je
fais et dit « beau travail ! »
_ 26. C'est important pour moi d'être soutenu et dorloté
après une journée difficile.
_ 27. Même quand je suis confiant par rapport à mes
capacités, compétences, etc., j'apprécie volontiers la
contribution et l'aide des autres.
_ 28. Quand je me sens stressé ou tendu, la sympathie et
les encouragements des autres comptent vraiment
beaucoup pour moi.
_ 29. Je me sens bien quand quelqu'un me fait savoir qu'il ou elle
m'aime bien tel que je suis.
_ 30. J 'aime me trouver dans un groupe de gens quand ils parlent
positivement à mon sujet.

1 99
Suis-je un bon père >

_ 3 1 . Je me décrirais comme une personne sentimentale.


_ 32. Il est important que ma contribution soit considérée dans
une décision qui affectera ma vie ou mon emploi du temps.
_ 33. Je me sens béni quand quelqu'un montre de l'intérêt
pour les projets sur lesquels je travaille.
_ 34. J'aime les trophées, les plaques et les cadeaux particuliers
qui rappellent que j 'ai fait quelque chose d'important.
_ 3 5 . Je m'inquiète parfois au sujet de l'avenir.
_ 36. Quand je me trouve dans un nouvel environnement, je
cherche immédiatement un groupe de personnes auquel
me rattacher.
_ 37. L'idée de déménager, commencer un nouveau travail ou
changer de classe, ou n'importe quel autre changement créé
en moi de !'anxiété.
38. Cela me dérange quand des gens ont des préjugés sur
d'autres simplement parce qu'ils s'habillent ou se
comportent différemment.
_ 3 9 . J'ai besoin d'être entouré d'amis et de personnes que
j'aime qui seront là contre vents et marées.
_ 40. Je me sens béni quand on me remercie pour quelque
chose que j 'ai fait.
_ 4 1 . C'est important pour moi de savoir que quelqu'un prie
pour moi.
_ 42. Cela m'agace que certaines personnes essaient de contrôler
les autres.
_ 43. Je me sens béni quand on me manifeste de l'amour de
façon spontanée et sans que je le mérite.
44. J'aime quand quelqu'un me regarde dans les yeux et
m'écoute réellement quand je lui parle.

200
Bilan dëv11/11111ion des besoins re/111ionr1e/J

_ 4 5 . Je me sens béni quand on me félicite pour une attitude


pieuse dont j'aurais fait preuve.
_ 46. C'est important pour moi d'avoir une âme sœur auprès de
moi quand je souffre ou que je suis en difficulté.
_ 47. Je n'aime pas travailler seul. Je préfère quand quelqu'un
travaille à mes côtés.
_ 48. C'est important pour moi de sentir que je fais partie d'un
groupe.
_ 49. Je réponds positivement quand quelqu'un cherche à
comprendre mes émotions et montre une attention pleine
d'amour.
_ 50. Quand je travaille sur un projet, je préfère travailler avec
une équipe plutôt que tout seul.

Identifiez vos principaux besoins

INSTRUCTIONS :
Utilisez les nombres (-2, - 1 , 0, + 1 , +2) que vous avez inscrits devant
chaque élément du questionnaire d'évaluation de vos besoins rela­
tionnels, additionnez-les et vous découvrirez quel est votre résultat
dans chacun des dix besoins relationnels.

20 1
Suis-je 1111 bon père ?

1 . ACCEPTATION 2. SÉCURITÉ
Additionnez vos réponses Addicionnez vos réponses
(-2,- 1 ,0,+ l ,+2) (-2,- 1 ,0,+ l ,+2)
aux déclaracions : aux déclaracions :
1 2
19 17
36 35
38 37
48 39
Tocal Tora!
Ces réponses concernent le Ces réponses concernent le
besoin d'acceptation. besoin de sécurité.

3. APPRÉCIATION 4. ENCOURAGEMENT
Addicionnez vos réponses Addicionnez vos réponses
(-2 , - 1 ,0,+ l ,+2) (-2,- 1 ,0,+ l ,+2)
aux déclarations : aux déclaracions :
16 3
18 15
20 21
34 33
40 41
Tora! Tocal
Ces réponses concernent le Ces réponses concernenc le
besoin d'appréciation. besoin d'encouragement.

202
Bilan dëva/11n1ion des besoins rela1ion11els

S. RESPECT 6. AFFECTION
Additionnez vos réponses Additionnez vos réponses
(-2,- l ,O,+ l , +2) (-2,- 1 ,0,+ l ,+2)
aux déclarations : aux déclarations :
4 5
14 13
22 23
32 31
42 43
Total Total
Ces réponses concernent le Ces réponses concernent le
besoin de respect. besoin d'affection.

?. ATTENTION 8. APPROBATION
Additionnez vos réponses Additionnez vos réponses
(-2,- 1 ,0,+ l , +2) (-2,- 1 ,0,+ l ,+2)
aux déclarations : aux déclarations :
6 7
12 11
24 25
30 29
44 45
Total Total
Ces réponses concernent le Ces réponses concernent le
besoin d'attention. besoin d'approbation.

203
Suis-je 1111 bon père ?

9. RÉCONFORT 1 0. SOUTIEN
Additionnez vos réponses Additionnez vos réponses
(-2,- 1 ,0,+ l ,+2) (-2, - 1 ,0,+ l , +2)
aux déclarations : aux déclarations :
10 8
26 9
28 27
46 47
49 50
Total Total
Ces réponses concernent le Ces réponses concernent le
besoin de réconfort. besoin de soutien.

204
...

A propos de l'auteur
et du ministère
Josh McDowell

Quand il était jeune, Josh McDowell était très sceptique vis-à­


vis du christianisme. Mais alors qu'il étudiait dans le Michigan, un
groupe d'étudiants chrétiens le mit au défi d'examiner intellectuel­
lement les affirmations de Jésus-Christ. Josh accepta ce défi et se
retrouva face à face avec cette réalité que Jésus était effectivement
le Fils de Dieu, et que celui-ci l'aimait suffisamment pour avoir
accepté de mourir pour lui. Josh laissa Christ entrer dans sa vie, et
pendant 50 ans il partagea au monde à la fois son témoignage et
la preuve que Dieu est réel et pertinent dans notre vie de tous les
jours.
Josh obtint une Licence au Wheacon College et une Maîtrise
en théologie au Talbot Theological Seminary en Californie. Il est
membre de l'équipe de Campus pour Christ depuis près de 50 ans
(Campus pour Christ fonda Agapé France en 1 973).
Sa femme Dottie et lui sont mariés depuis plus de 40 ans. Ils
ont quatre enfants et cinq petits-enfants. Ils vivent en Californie
du Sud.

205
EN SAVOIR +
retrouve z·nous sur
www.agapefrance.org
S'IMPLIQUER
9agement à court
stage d'études. en
terme. devenir pe rmanenL
dGAPE
FroVLce
Du même auteur
aux Éditions CLC France

J os h M c Dowe l l

FAÇ ONS
DE DIRE
"J <3 l � itYl <3 .

ISBN : 978-2-7222-0280- 1
ISBN : 978-2-7222-0293- 1
Sl\JIS-JE UN BON PÈRE ?

Il n'a jamais été facile d'éduquer ses enfants, et c'est encore


plus vrai de nos jours. Josh McDowell, père d� quat�e
enfants aujourd'hui adultes, sait de quoi a parle.

Tel un ami proche et un conseiller, il vous fera découvrir


dix façons pratiques d'être à la hauteur de ce rôle si difficile.

Ces conseils vous permettront d'aider vos enfants à faire


face aux difficultés qui se dresseront sur leur chemin dans
notre monde hostile.

Faites découvrir à vos enfants comment :



Aimer Dieu, s'aimer eux-mêmes et aimer les autres.

Faire les bons choix.

Résoudre les conflits et bien réagir à l'autorité.

Saisir le plan divin pour leurs fréquentations et )éur
sexualité. /


Accueillir le succès avec simplicité et gérer l'échec avec
dignité.

Josh McDowell et son épouse Dottie mettent en


pratique les principes édictés dans ce livre depuis
plus de quarante ans. Josh voyage dans le monde
entier pour aider les jeunes gens et les familles et à
approfondir leur foi et leurs relations.
Il est l'auteur de plus de cent livres, notamment
de Bien plus qu'un charpentier, 10 façons de dire Je
t'aime: Du scepticisme à la foi, Malg:é tout.

., ,
�t w.ww.clcfrance ..com