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Commission Nationale de La nécessaire protection des

l’Informatique et des Libertés données personnelles sur Internet

Extrait du "17ème rapport d’activité 1996" de la CNIL édité par la Documentation Française (29, quai
Voltaire, 75344 Paris Cedex 7). ISBN : 2 11 003757-1. Vous pouvez vous procurer le rapport dans son
intégralité en contactant l’éditeur ou votre libraire. Prix : 180 FF.

Chapitre 1
LA NÉCESSAIRE PROTECTION DES DONNÉES
PERSONNELLES SUR INTERNET

En permettant à tous les ordinateurs du monde de communiquer entre eux, Internet constitue le plus abouti,
et pour l'instant le plus fabuleux, instrument de la société de l'information qui se bâtit à l'échelle mondiale.

Fondé sur un standard de langage de communication dénommé TCP/IP ("Transmission control


protocol/Internet protocol"), Internet permet d'acheminer tout type de données numériques entre deux
machines respectivement identifiées par une adresse IP, c'est-à-dire l'identité du micro-ordinateur sur le réseau.

Au plan technique, Internet repose sur les réseaux de télécommunication des grands opérateurs
auxquels les utilisateurs se connectent, grâce à des commutateurs et des routeurs, avant d'utiliser le protocole
TCP/IP pour leurs échanges d'informations. Compte tenu de leur importance dans les discussions relatives à
la protection des données, deux caractéristiques techniques doivent d'emblée être soulignées : Internet
fonctionne sur quatre niveaux, le niveau physique (câbles), le niveau réseau (IP), le niveau transport (TCP),
le niveau application (client/serveur) ; d'autre part, une des spécificités d'Internet est de découper un message
numérique en petits paquets qui transitent de façon autonome, chacun portant l'adresse IP de l'expéditeur et
l'adresse IP du destinataire.

Internet, qui est accessible depuis n'importe quel ordinateur à l'aide d'un simple modem raccordé à une
prise téléphonique, compterait à l'heure actuelle entre 80 et 100 millions d'utilisateurs dans le monde.

Ces utilisateurs s'abonnent auprès d'un fournisseur d'accès, qui fait office d'interface entre ces derniers
et le réseau. Le fournisseur d'accès fournit un "login" de connexion (nom sous lequel une personne souhaite
explorer le réseau) et un mot de passe associé (alphanumérique), ainsi qu'une adresse "E-mail" (par exemple
: toto@univernet.fr) ; ces données identifient les utilisateurs d'Internet auprès de leur fournisseur d'accès.

Dans son aspect applicatif, Internet offre toute une gamme de services en ligne recourant à des
protocoles spécifiques : messagerie électronique ("mail"), serveurs d'informations HTML ("web"), transfert
de fichiers (FTP-"File transfert protocol"), forums de discussion ("news group")... .

Dans tous ses aspects : masse et trafic d'informations en cause, interactivité, multiplicité des
intervenants, interaction mondiale..., Internet met au défi bien des législations parmi lesquelles la législation
de protection des données personnelles.

Cependant, l'ouverture des réseaux informatiques à une population tous les jours plus nombreuse a
permis d'avoir une vision plus précise et plus réaliste de la pratique d'Internet. Il convient aujourd'hui de
considérer que les hésitations passées étaient empreintes d'excès. Mais il semble également nécessaire, pour

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répondre aux craintes qui subsistent face à l'utilisation d'Internet, d'organiser, ou au moins de maîtriser, le
développement des réseaux.

I. L'ÉVOLUTION DES ACTEURS ET DES SERVICES

A. Les utilisateurs

La population des Internautes augmente à un rythme de + 120 % par an. Ainsi, il doit d'emblée être
observé que la sociologie d'Internet, fondée à l'origine sur la logique de la demande, s'oriente désormais vers
une logique de l'offre, qui conduit à le faire évoluer d'un monde de spécialistes et d'experts, vers un univers
grand public et marchand, bien qu'Internet ne représente au total qu'un 1% seulement de la dépense
informatique mondiale actuelle.

B. La structure des réseaux

L'évolution des utilisateurs et la disponibilité des produits et services ont conduit à une évolution des
usages d'Internet, aboutissant au développement des réseaux fermés ou privés (Intranets), hermétiques à
l'activité des réseaux ouverts au public, mais utilisant le même protocole de communication et les mêmes
applications.

Les services liés aux Intranets permettent aujourd'hui à une entreprise de bâtir son réseau mondial pour
un coût de 2 quand il était de 100 auparavant, et représenteront, selon les spécialistes, un marché de $32 Mds
en l'an 2000, contre $1 Mds aujourd'hui.

L'année 1996 a donc vu naître un changement profond de la structure d'Internet. Jusqu'alors en effet,
le réseau était confondu avec les informations qu'il véhiculait. L'évolution observée durant les derniers mois
écoulés conduit désormais à distinguer le support de communication des informations (le protocole Internet,
les fournisseurs d'accès), des informations qu'il véhicule (les serveurs en ligne et les réseaux fermés).

C. Les services en ligne et les fournisseurs d'accès

Le marché des services offerts sur Internet, comme tout marché en expansion, fait l'objet d'une
concurrence accrue, qui a eu d'importantes incidences sur le développement des fournisseurs d'accès, lequel
s'est opéré en deux temps.

Dans un premier temps, le marché a été partagé, dans les plus grands Etats européens, entre quelques
grands acteurs, à même d'organiser un certain contrôle sur celui-ci. Ainsi, étaient offerts des plate-formes de
services qui regroupaient les grandes catégories de services présents sur le réseau, les fournisseurs d'accès
proposant à leurs abonnés leur propre formule du réseau Internet.

Cette configuration pouvait présenter l'avantage d'offrir aux autorités en charge de la protection des
données des interlocuteurs aisément identifiables, élément de nature à faciliter une application homogène des

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règles de protection des données, qu'elles soient impératives ou qu'elles relèvent de codes de déontologie
auxquels les partenaires seraient liés par contrats.

Mais de plus en plus, la concurrence entre les fournisseurs de logiciels et de services de connexion à
Internet offre la possibilité de disposer d'un site pour un coût faible. Ce facteur favorise la multiplication des
sites des administrations et, majoritairement, des sociétés commerciales. Ainsi, l'utilisation du WEB, limitée
à son origine à la consultation d'informations, devient plus interactive, par le recours croissant aux
questionnaires, boites aux lettres, bourses d'échanges, etc...

Cette multiplicité des sites favorise le développement des accès directs à Internet au détriment des
plate-formes de services en ligne. Elle accroît l'importance des moteurs de recherche offrant des possibilités
de personnalisation. Elle favorise, par ailleurs, le développement de services spécialisés dans une opération
précise, indépendants des serveurs de contenu, tels que le paiement (standard SET stabilisé durant l'été 1996),
les mesures de fréquentation, les services de publicité, etc...

La multiplication de ces sites indépendants a conduit à une révision des stratégies des grands
fournisseurs de services en ligne, en raison également de la mobilisation massive des opérateurs de
télécommunications, qui provoque une fragmentation de ces marchés.

En effet, bien qu'ils soient entrés plus tard dans la compétition, les opérateurs de télécommunication
offrent des solutions Intranet-Internet à l'échelle mondiale, et deviennent des fournisseurs d'accès grand public
de premier plan. On relèvera à ce sujet les créations de Global One (Sprint, Deutsch Telekom et France
Télécom), IBM Global Network, Concert Internet Plus (British Telecom et MCI), ATT-Unisource, et Scitor
(Sita).
Pour leur part, les opérateurs de réseaux de télédistribution (par câble, par satellite) deviennent des
fournisseurs d'accès et certaines universités disposent de leurs propres programmes de constitution de réseaux
à haut débit (aux Etats-Unis en Novembre 1996, en Europe en mars 1997).

Cette tendance a conduit les fournisseurs de plate-formes de services à offrir désormais un accès direct
à Internet. Il en est ainsi de Microsoft qui par ailleurs a abandonné l'idée de se constituer un réseau propre, a
passé des accords avec des opérateurs nationaux de télécommunications de premier plan pour l'offre de son
service en ligne MSN et développe des sites et des services indépendants. Compuserve, qui dispose d'un
réseau propre, recentre pour sa part son développement sur l'accès des professionnels.

D. Les autres perspectives d'évolution

La maturité technique du réseau n'est pas encore réalisée. Des problèmes de saturation du réseau ou
d'impossibilités pour les grands fournisseurs d'accès de satisfaire l'ensemble des demandes de connexion sont
apparus.

De plus, les logiciels diffusés ne sont pas toujours pleinement fiables du point de vue de la sécurité.
Ainsi, le défaut d'un navigateur, qui rendrait accessible au gestionnaire de sites Web le disque dur des
utilisateurs a été vivement dénoncé. Une étude américaine révèle d'ailleurs que 25 % des entreprises
américaines déclarent avoir été l'objet de tentatives d'intrusions par Internet en 1996.

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Des groupes spécialisés pour l'élaboration de standards sont organisés (SET, Secured Electronic
Transactions) et l'on observe l'adoption, dans certains domaines, de normes provenant du secteur des
télécommunications, notamment en matière de gestion des annuaires.

Des initiatives destinées à résoudre les problèmes soulevés par les conflits entre l'attribution des noms
de domaines et les noms commerciaux ou les marques, se mettent en place. Elles impliquent, outre
l'organisation d'Internet chargée de l'attribution des noms de domaines (Internic), l'UIT (Union Internationale
des Télécommunications) et l'OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle), toutes deux créées
par l'ONU (Organisation des Nations Unies).

E. Les initiatives des autorités de protection des données

L'accroissement exponentiel des éléments quantitatifs et qualitatifs des réseaux, des services, des
acteurs et des utilisateurs, conduit les autorités chargées de la protection des données à répondre aux
problèmes soulevés par les utilisations d'Internet au fur et à mesure qu'ils leur sont soumis, avec les moyens
juridiques dont elles disposent à l'heure actuelle, et sans attendre l'entrée en vigueur des instruments juridiques
communautaires ou internationaux.

Leur processus d'intervention a donc consisté à étudier un certain nombre de questions soulevées par
l'utilisation d'Internet, à envisager des réponses juridiques d'application techniques, et le cas échéant, à dégager
des solutions à destination des acteurs d'Internet.

Pour sa part, au-delà de cette étude au cas par cas, la CNIL anime le groupe européen d'études sur les
réseaux internationaux (GERI) qui a été créé en 1995, sur proposition française, lors de la conférence annuelle
des commissaires à la protection des données des Etats membres de l'Union européenne qui se tenait à
Lisbonne. Cet observatoire européen des réseaux internationaux, constitué de représentants des commissions
de protection des données de l'Union européenne, est chargé de proposer à la conférence européenne des
commissaires à la protection des données des recommandations techniques et juridiques qui garantissent le
respect de la protection des données.

Le GERI s'est réuni à Paris à deux reprises en 1996, et le 2 avril 1997. Les objectifs du GERI
consistent, au plan européen :
- à proposer des solutions techniques favorisant la protection des données,
- à suivre les initiatives prises par le Conseil de l'Europe, l'Union européenne et divers organismes
internationaux (ONU, OCDE, G7...),
- à rendre compte à la Conférence européenne de protection des données, qui réunit deux fois par an depuis
trois ans les représentants des autorités de contrôle des Etats membres de l'Union européenne.

La CNIL participe également aux travaux du groupe international de protection des données sur les
télécommunications, dit "groupe de Berlin", qui s'est réuni les 15 et 16 avril 1996 à Budapest et en novembre
1996 à Berlin. Ce groupe informel de recherche, au plan international, a élaboré des recommandations relatives
à la protection des données dans le domaine des télécommunications et désormais d'Internet.

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Les recommandations adoptées par ce groupe qui, dépourvues d'effet juridique, visent notamment à
inciter les prestataires de services à informer chaque utilisateur d'Internet des risques encourus pour sa vie
privée, à permettre aux utilisateurs de pouvoir accéder à Internet sans avoir à révéler leur identité si celle-ci
n'est pas indispensable à la fourniture d'un service donné, à recourir à des méthodes de chiffrement sûres. Enfin,
le groupe préconise la mise en place d'une procédure de certification qui émettrait des "certificats de qualité"
("quality stamps") pour les fournisseurs et produits protégeant la vie privée.

La CNIL apporte par ailleurs sa contribution aux travaux de l'OCDE sur la question de la protection
des données personnelles dans le commerce électronique. L'intérêt de ces discussions tient notamment à ce que
la directive européenne, comme les lois nationales de protection des données et la convention 108 du Conseil
de l'Europe, pose le principe qu'un flux international de données ne peut avoir lieu que si le pays destinataire
des données offre un niveau de protection "adéquat", au regard de la protection garantie en Europe. On doit
espérer que le développement des possibilités de commercer sans frontières par Internet accélèrera sans doute
l'adoption par les Etats non encore dotés d'une législation de protection des données d'instruments adaptés de
protection.

Enfin, la Commission suit avec attention l'élaboration de la charte de l'Internet confiée par le ministre
délégué à la Poste, aux télécommunications et à l'espace, à monsieur Antoine Beaussant, président du
groupement des éditeurs de services en ligne (GESTE), dans le cadre d'une misson visant à associer les
professionnels d'Internet, fournisseurs d'accès notamment, les utilisateurs et des juristes pour concevoir un
code de bonne conduite sur Internet.

II. LA MÉMOIRE DU RÉSEAU DES RÉSEAUX

Les principales difficultés soulevées par Internet au regard de la protection des données personnelles
sont liées à l'absence de confidentialité, à la liberté totale de circulation et d'utilisation de l'information, et à la
difficulté de pouvoir saisir juridiquement, s'agissant d'un réseau international, les situations de manquement
au droit. La possibilité de télécharger sur un micro les données nominatives qui circulent sur le réseau, de
constituer ainsi des fichiers, sinon clandestinement, tout au moins à l'insu des personnes concernées, constitue
un premier problème. Ce problème est loin d'être théorique. Les multiples procédures de collecte
d'informations sur les personnes qui se développent sur Internet sont du point de vue de la protection de la vie
privée assez inquiétantes. Ainsi, en est-il par exemple des banques de données, du type "DejaNews", qui
indexent toutes les informations qui figurent sur les "Newsgroups" et constituent une formidable réserve de
renseignements ; l'on peut ainsi saisir le nom d'une personne, cliquer sur "Profile" et obtenir dans l'instant, son
adresse "E-mail" et tous les messages qu'elle a pu laisser sur les "Newsgroups", c'est-à-dire des informations
de toute nature (goûts, loisirs, comportements, opinions...) divulguées dans le contexte normalement éphemère
d'une discussion.

Une des solutions préconisées dans certains cercles pour éviter les dérives consisterait à assurer un
anonymat absolu sur Internet. Cependant, le risque que le réseau des réseaux ne devienne le sanctuaire de la
délinquance ou du crime organisé (terrorisme, pédophilie, révisionnisme...) contraint à envisager des solutions
plus nuancées. La garantie de l'anonymat assure la liberté d'expression mais peut favoriser les atteintes à la
liberté. De même, le chiffrement des données est de nature à préserver la confidentialité du message transmis
mais peut être mis à profit par des malfaiteurs. En outre, et surtout, la distinction entre ce qui est nominatif

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et ce qui ne l'est pas paraît bousculée au contact d'Internet. Ainsi, les données apparemment les plus
identifiantes (nom, adresse, numéro de téléphone...), telles qu'elles émergent dans la partie applicative du
réseau sont les moins fiables : elles peuvent avoir été saisies par un utilisateur malveillant, usurpant l'identité
d'un tiers. En cela, ces données posent un problème d'authentification. Est-il certain qu'elles proviennent bien
de la source affichée sur le "web"? En revanche, les données qui semblent les moins nominatives des couches
TCP et IP du réseau (l'adresse IP est composée de 4 octets généralement écrits sous forme décimale du type,
par exemple 192.93.1.125), et qui de surcroît ne sont pas directement visibles, sont les plus "sûres" : elles
concernent forcément l'utilisateur ou un des utilisateurs de l'ordinateur qui est parfaitement identifié en tant
que machine.

En réalité, chaque niveau du phénomène Internet (physique/câbles, réseau/IP, transport/TCP,


application/client-serveur) abrite et/ou génère des données aux caractéristiques propres : informations
techniques indispensables au fonctionnement du réseau (adresse IP, adresse électronique ...), directement ou
indirectement nominatives (messages, numéro de carte bancaire, photo...), fournies par l'utilisateur ou par le
serveur (contenu des serveurs d'informations HTML ...), sous forme de traces à l'initiative d'un serveur (par
exemple les "cookies", empreintes mémorisées sur le PC de l'utilisateur) ou d'un faisceau d'indices sur la
personne (profils réalisés sur les forums ...).

Ainsi, au-delà de l'usage non maîtrisé des données nominatives qui circulent sur le réseau, la mémoire
d'Internet est-elle le monde des "traces invisibles" qui défient les principes de la protection des données.

Dans les couches basses, la conversion en adresse machine du nom du domaine du site recherché au
moyen d'un navigateur, est effectuée par des serveurs spécialisés à qui la commande de l'utilisateur est
transmise de manière invisible. La commande Ping, au niveau du DOS, permet de savoir, à son insu, si un
utilisateur, à un moment donné, est connecté ou non. Or, l'utilisateur ignore qu'une telle requête a été effectuée,
ni ce qui a été répondu. Dans les couches hautes, les scripts CGI utilisés pour transmettre au serveur les
données saisies volontairement par un utilisateur dans le cadre d'un formulaire électronique, permettent
également au serveur de connaître et de conserver des informations techniques sur le type de navigateur utilisé,
ainsi que sa version, l'adresse IP et la langue que l'utilisateur accepte d'employer. Les "cookies" ont également
beaucoup alerté l'opinion. Dans ce cas, c'est le serveur qui va inscrire sur le disque dur de l'utilisateur, certaines
marques qui permettront, lors de la prochaine connexion de l'utilisateur à ce serveur, d'identifier une précédente
consultation, ainsi que les pages consultées. Parfois, cette inscription est accessible à l'utilisateur, pour peu qu'il
soit informaticien, mais le message demeure incompréhensible. Le "Java script" et les "Applets Java" sont de
conception plus récente. Dans ce dernier exemple, le programme transmis à l'utilisateur est pré-compilé et donc
incompréhensible par l'utilisteur. La logique de cette gradation des traces invisibles mérite d'être soulignée.
Dans un premier temps, l'information se laisse regarder, l'utilisateur ayant accès à une information passive.
Dans un deuxième temps, l'utilisateur transmet volontairement des informations par le biais d'un formulaire,
par exemple. A cette occasion, des informations d'ordre technique sont transmises à l'insu de l'utilisateur par
le protocole Script CGI. Dans un troisième temps, des informations vont être stockées sur le disque dur de
l'utilisateur, à son insu ("cookies"). Dans un quatrième temps, le serveur transmet à l'utilisateur un programme
qui lui sera éventuellement accessible ("Java Script") , mais que l'utilisateur n'aura pas demandé. Enfin, au
degré le plus opaque de cette gradation, le serveur transmettra un programme que l'utilisateur sera incapable
de comprendre et que le navigateur exécutera à l'insu de l'utilisateur ("Applets Java").

Dans les années à venir, l'aboutissement de cette logique conduira à des sites "polymorphiques",
adaptés au profil de l'utilisateur. Ainsi, deux personnes consultant un même site n'auront pas du tout accès aux

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mêmes informations, puisque ce qui leur sera permis de voir aura été déterminé par leur comportement lors
des consultations précédentes.

En tout état de cause, il convient de retenir que deux catégories d'acteurs du réseau ont toujours la
possibilité de suivre le comportement d'un internaute à la trace :
- chaque serveur peut mémoriser les échanges de données entre lui et les internautes qui y sont connectés ; ces
données étant identifiées par une adresse IP ; la fonctionnalité de maintenance des serveurs (fichiers "log")
permet de mémoriser la totalité des flux de données, par le biais des adresses IP, mais parfois aussi, le contenu
des requêtes effectuées par les utilisateurs (quelle page de quel site a été lue) ;
- chaque fournisseur d'accès par lequel toutes les données de son client internaute transitent. En outre, le
fournisseur d'accès étant habituellement le seul gardien des messages "E-mail" de ses clients, techniquement
des manipulations ou consultations sont possibles ; le plus souvent, c'est aussi chez le fournisseur d'accès que
sont consultés les forums de discussion.

Enfin, l'on n'est jamais à l'abri de défaillances techniques puisque, encore récemment, une erreur dans
un logiciel rendait accessible par le réseau le disque dur de l'ordinateur personnel d'un utilisateur.

Devant ces dangers qui ont sensibilisé l'opinion publique, des solutions visant à assurer la protection
des données sur le réseau émergent lentement ; ainsi par exemple, il est possible d'envoyer de façon anonyme
des messages, en passant par un serveur de redistribution ("anonymous remailer") ; quant aux "cookies", les
plus grands éditeurs de logiciels offrent désormais aux utilisateurs la possibilité de les refuser.

Finalement, la présentation souvent faite d'Internet consistant à assimiler le réseau à une immense
bibliothèque, consultable au moyen d'un navigateur, dans une relation client/serveur, qui donne à penser que
l'information serait passive, transparente et maîtrisée par l'utilisateur paraît bien naïve.

Ce rapide tour d'horizon montre avec acuité la nécessité de veiller à ce que le souci de protéger les
données personnelles sur le réseau des réseaux soit une vraie préoccupation.

A cet égard, le rapport de la mission interministérielle sur l'Internet remis au Gouvernement en 1996,
a parfaitement rappelé que "la loi de 1978 constitue le texte fondateur de la charte des libertés et droits de la
personne informatisée" et que le respect de ce texte s'impose aux acteurs de l'Internet.

Aussi, la CNIL adopte-t-elle au regard d'Internet, une démarche pragmatique et pédagogique qui vise
pour l'essentiel à faire émerger la préoccupation du respect des droits des personnes, par une parfaite
information sur les risques, une sécurisation des échanges et un appel optimiste à l'approfondissement de la
réflexion.

III. LA DIFFUSION DE DONNÉES DITES PUBLIQUES


SUR LE "WEB" ET LES DROITS DES PERSONNES

Bien que le développement d'Internet présente un certain retard en France, la CNIL a été conduite à
émettre plusieurs avis sur des traitements mis en oeuvre sur le réseau. Dès 1995, la CNIL s'est prononcée sur
la diffusion d'annuaires professionnels de chercheurs. Il s'agissait de donner accès, par Internet, à l'identité et

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aux domaines d'activité des chercheurs, afin de faciliter la coopération scientifique internationale.

À cette occasion, la Commission a dégagé un certain nombre de principes. A titre de rappel, la CNIL
a demandé que soit réalisée préalablement à la mise en ligne des données figurant sur les annuaires, une
information des chercheurs sur les risques inhérents au réseau. La Commission a ainsi demandé qu'un
questionnaire soit distribué aux personnes concernées et que leur accord soit recueilli, avant que les données
les concernant soient sur le réseau. La Commission a également recommandé qu'avant de pouvoir accéder aux
informations nominatives contenues dans les annuaires, toute personne se connectant sur le serveur puisse
prendre connaissance d'un texte rappelant les droits et garanties offerts par la loi du 6 janvier 1978 et les
normes juridiques européennes en matière de protection des données personnelles. L'interdiction de capture
des informations à des fins d'enrichissement de bases de données commerciales ou publicitaires doit également
être mentionnée à cette occasion (cf 16e rapport, p. 84).

En 1996, la CNIL a été saisie de plusieurs dossiers concernant la régulation de sites Internet, qui lui
ont permis d'affermir sa doctrine.

A. Les annuaires

1) LES ANNUAIRES PROFESSIONNELS

Le CNRS a saisi la Commission d'une demande d'avis concernant un modèle de création sur Internet
d'un site destiné à abriter les annuaires des personnels, chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs,
techniciens et administratifs de ses unités propres ou mixtes ; chaque unité du CNRS choisissant de créer ou
non son site.

A l'instar des annuaires professionnels basculés sur Internet en 1995 par le CNRS, le modèle de
traitement présenté a retenu les préconisations déjà faites par la CNIL. Il en ressort que :
- les données faisant l'objet d'un traitement doivent être de nature purement professionnelle ;
- les personnes concernées disposent d'un droit d'opposition à la diffusion de leurs données sur le réseau, elles
peuvent l'exercer préalablement ou à tout moment de la diffusion des informations ; à cet effet, elles doivent
être informées de la création de l'annuaire par le biais d'un questionnaire faisant référence à l'article 27 de la
loi "informatique et libertés" et soulignant les risques inhérents au réseau ;
- les personnes qui veulent accéder aux annuaires sont préalablement averties, par une page écran, de la finalité
de la communication des données et des droits, garanties et protection que les personnes visées par ces
annuaires tiennent de la législation française ; l'interdiction de la capture des informations nominatives pour
enrichir des bases de données, par exemple à des fins commerciales ou publicitaires, est également mentionnée,
ainsi que le texte de la loi du 6 janvier 1978 et les dispositions du code pénal réprimant les infractions à celle-ci
;
- des mesures techniques adéquates doivent garantir qu'à l'occasion de la consultation de l'annuaire sur Internet,
aucun accès n'est possible à d'autres fichiers, en particulier ceux des unités du CNRS.

Dans ces conditions, la CNIL a donné un avis favorable au modèle type que chaque unité qui
souhaitera diffuser un annuaire professionnel sur Internet devra appliquer, après avoir adressé à la Commission
un descriptif des mesures de sécurité adoptées et un engagement de conformité aux dispositions de l'acte
réglementaire national qui devra être publié localement.

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Délibération n°96-065 du 9 juillet 1996 portant avis sur le projet de décision présenté par le Centre
national de la recherche scientifique concernant un modèle-type de traitement automatisé
d'informations nominatives pour la publication d'annuaires des unités propres ou mixtes sur un réseau
international ouvert

(Demande d'avis n°455.613)

La Commission nationale de l'informatique et des libertés ;

Vu la Convention n°108 du Conseil de l'Europe pour la protection des personnes à l'égard du traitement
automatisé de données à caractère personnel ;

Vu la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, ensemble le décret
n°78-774 du 17 juillet 1978 pris pour son application ;

Après avoir entendu Monsieur Marcel Pinet, commissaire, en son rapport et Madame Charlotte-Marie Pitrat,
commissaire du Gouvernement en ses observations ;

Vu le projet d'acte réglementaire présenté par le Centre National de la Recherche Scientifique ;

Considérant que le Centre National de la Recherche Scientifique met à la disposition des unités de recherche
qui le souhaitent un modèle-type de traitement dont l'objet est la mise en œuvre d'un annuaire électronique
professionnel relatif au personnel desdites unités ;

Considérant que la finalité de ce traitement est le développement de la connaissance et la promotion de la


communication scientifique nationale et internationale ;

Considérant que les informations traitées sont, pour chaque personne figurant dans l'annuaire, le sexe, le nom
et les prénoms, le lieu de travail et le service d'affectation, les numéros de téléphone, de télécopie et l'adresse
*courrier électronique+ professionnels, les titres, grades, diplômes et distinctions ainsi que des mots-clés
caractérisant l'emploi occupé et les thèmes de recherche; que peut s'y ajouter, de façon optionnelle, une
référence (lien *hypertexte+) permettant d'accéder aux éventuelles publications scientifiques disponibles sur
le réseau Internet, lorsque la personne est un chercheur ;

Considérant que la finalité poursuivie est légitime et que les informations ci-dessus mentionnées n'appellent
pas d'observations au regard de cette finalité ;

Considérant que lesdites informations ne figureront dans l'annuaire qu'avec l'accord des personnels concernés,
auxquels un questionnaire est préalablement distribué; qu'il apparaît clairement dans ce questionnaire que les
personnels disposent dès l'origine et à tout moment de la faculté de demander expressément à ne pas ou plus
figurer dans l'annuaire ; que compte tenu de la nature particulière du réseau Internet et des risques inhérents,
l'attention de la personne est dans ce questionnaire tout particulièrement appelée sur ceux-ci afin que son
acceptation de figurer dans l'annuaire soit pleinement éclairée ;

Considérant que pour faire connaître les droits, garanties et protections que les agents figurant sur l'annuaire

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tiennent de la législation française et des normes juridiques européennes applicables en France, apparaîtra sur
l'écran de l'ordinateur de toute personne se connectant, par le réseau Internet, sur le serveur de diffusion de
l'annuaire, avant apparition des informations nominatives recherchées, un avis rappelant ces droits, garanties
et protections; que, dans le souci d'illustrer concrètement ce rappel au droit, mention sera notamment faite de
l'interdiction de la capture pure et simple des informations nominatives pour enrichir des bases de données,
par exemple à des fins commerciales ou publicitaires; que le correspondant pourra également obtenir sur son
écran le texte de la loi du 6 janvier 1978, ainsi que les dispositions du code pénal qui répriment les infractions
à ladite loi ;

Considérant que le Centre National de la Recherche Scientifique a élaboré des instructions relatives aux
mesures techniques nécessaires, afin de garantir qu'à l'occasion de la consultation de l'annuaire électronique
par la voie du réseau Internet, aucun accès ne sera possible aux autres traitements de données nominatives
informatisées gérées par l'institution déclarante ;

Émet un avis favorable au projet de décision relatif à la création au sein des unités propres ou mixtes du
Centre National de la Recherche Scientifique, d'un annuaire électronique professionnel sur le réseau Internet,
étant entendu que les unités en feront la déclaration en se référant à la présente délibération, accompagnée de
la description des mesures de sécurité prises en application des instructions nationales, ainsi que d'un
engagement de conformité aux dispositions de l'acte réglementaire national, qui devra être publié localement.

2) L'ANNUAIRE UNIVERSEL

Le ministère délégué à la Poste, aux télécommunications et à l'espace a saisi la CNIL, le 17 décembre


1996, d'un projet de décret relatif aux modalités de mise en oeuvre d'un annuaire universel, appelé à se
substituer, à partir du 1er janvier 1998, au seul annuaire existant en France : celui des abonnés au réseau fixe
de France Télécom. En effet, dans le contexte de la déréglementation du secteur des télécommunications, un
organisme juridique distinct des opérateurs sera chargé d'établir une liste dite universelle, qui regroupera les
coordonnées de l'ensemble des personnes concernées quel que soit l'opérateur auprès duquel elles se seront
abonnées.

La CNIL a pu constater que les droits actuellement reconnus aux abonnés étaient consacrés par ce
texte. Ainsi, le projet de décret prévoit le droit de s'opposer :
- à la divulgation au public de son numéro de téléphone, au moyen de la liste rouge ;
- à l'utilisation de son numéro de téléphone dans des opérations commerciales, par le biais de la liste orange
;
- à ce que figure dans l'annuaire son adresse complète, son prénom, ou toute information susceptible de révéler
son sexe, dans la mesure où cela ne génère pas de risque d'homonymie.

Dans l'hypothèse d'édition d'annuaires ou de fourniture de services de renseignements, la liste


universelle fournie ou des extraits de celle-ci sera expurgée des données concernant les personnes inscrites en
liste rouge, tandis que pour toute autre utilisation, notamment commerciale, elle sera fournie expurgée des
données concernant les personnes inscrites en liste rouge et en liste orange.

Cependant, c'est la perspective d'une diffusion des données de l'annuaire sur Internet ou sur CD ROM,
qui ne faisait l'objet d'aucune dispositions particulières dans le projet de décret, qui a le plus longuement

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retenue l'attention de la CNIL.

Face au développement des services d'annuaire téléphonique sur Internet et sur CD-ROM, la CNIL
a souhaité que des garanties spécifiques soient offertes aux personnes. En effet, les données figurant dans un
annuaire comportent, notamment, les coordonnées des personnes s'étant opposées à toute utilisation
commerciale des informations les concernant. Lorsque de telles données seront diffusées sur Internet ou sur
CD ROM et accessibles depuis le territoire d'un Etat n'assurant pas aux données personnelles une protection
équivalente à celle garantie par la loi française, un problème se pose.

La CNIL a donc souhaité qu'un dispositif particulier soit prévu afin de permettre aux abonnés de
s'opposer à la diffusion, notamment via Internet, d'informations les concernant. Il s'est agi de rappeler, comme
par le passé, que lorsque des données nominatives sont appelées à être diffusées sur Internet, les personnes
concernées doivent être clairement informées des risques inhérents à la nature de ce réseau, tels que la
captation et la déformation, et de leur droit de s'opposer gratuitement à une telle diffusion.

En ce sens, la CNIL a demandé que l'article R 10-1 du code des P et T soit complété par une
disposition permettant à toute personne de demander à l'opérateur auprès duquel elle est abonnée, ou à son
distributeur, que les informations nominatives la concernant ne soient pas mentionnées dans un annuaire
distribué ou diffusé sur support électronique accessible depuis le territoire d'un Etat n'assurant pas aux données
personnelles une protection équivalente à celle garantie par la loi française. La Commission a d'ailleurs souhaité
que l'exercice de ce droit nouveau soit gratuit.

Il résulte de cette position prise par la CNIL que le caractère public d'une donnée nominative ne prive
pas la personne concernée de toute protection, notamment lorsque cette donnée est diffusée sur Internet ou
sur CD-ROM. Cela signifie concrètement qu'un abonné peut souhaiter que ses coordonnées figurent sur un
annuaire papier et s'opposer à ce qu'elles soient diffusées sur Internet ou par CD-ROM.

Il convient de relever que cette position de la CNIL est conforme à celle prise par d'autres autorités
de protection des données en Europe ou par des juridictions étrangères. C'est ainsi que les tribunaux du Land
de Basse-Saxe (Allemagne) ont considéré que le fait d'inclure les données de l'annuaire téléphonique papier
dans un CD-ROM ou de les diffuser sur Internet sans le consentement de l'abonné était illégal. Ainsi, certains
tribunaux allemands ont récemment sanctionné un fournisseur de services d'une forte amende. Par ailleurs,
un décret allemand du 12 juillet 1996 prévoit que les abonnés au téléphone disposent d'un droit d'opposition
à la mention des données les concernant dans un CD-ROM, alors même qu'ils souhaiteraient figurer dans
l'annuaire papier.

Délibération n° 97-010 du 4 février 1997 portant avis sur le projet de décret d'application de
l'article L.35-4 du code des postes et télécommunications relatif à l'annuaire universel

La Commission nationale de l'informatique et des libertés,

Vu la convention du 28 janvier 1981 du Conseil de l'Europe pour la protection des personnes à l'égard du
traitement automatisé des données à caractère personnel ;

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Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés;

Vu le décret n° 78-774 du 17 juillet modifié pris pour l'application de la loi du 6 janvier 1978 précitée;

Vu le code de procédure pénale;

Vu la loi n° 91-646 du 10 juillet 1991 relative au secret des correspondances émises par la voie des
télécommunications;

Vu la loi n° 96-659 du 26 juillet 1996 de réglementation de télécommunications;

Vu le projet de décret d'application de l'article L.35-4 du code des postes et télécommunications;

Considérant que la loi n°96-659 du 26 juillet 1996 de règlementation des télécommunicaitons a confié à un
organisme juridiquement distinct des entreprises offrant des biens et des services de télécommunications le soin
d'établir et de tenir à jour la liste nécessaire à l'édition d'un annuaire universel regroupant, sous forme d'un
document papier ou électronique, les coordonnées de l'ensemble des abonnés à un réseau téléphonique ;

Considérant que l'article L.35-4, introduit par cette loi dans le code des postes et télécommunications, renvoie
à un décret en Conseil d'Etat, pris après avis de la Commission supérieure du service des Postes et
Télécommunications, le soin de préciser "les missions confiées à cet organisme et les garanties à mettre en
oeuvre pour assurer la confidentialité des données, notamment au regard des intérêts commerciaux des
opérateurs, et la protection de la vie privée";

Considérant que le Ministre délégué à la poste, aux télécommunicaitons et à l'espace a saisi la CNIL, le 17
décembre 1996, de ce projet de décret qui apporte des précisions tant sur le modalités de tenue et de mise à
jour de la liste universelle que sur les dispositions relatives aux droits des abonnés ;

Considérant que ce projet prévoit que l'organisme, dont le mode de désignation est fixé par l'article R.20-44-1
nouveau, sera chargé d'établir et de tenir à jour la liste de tous les abonnés connectés aux réseaux ou services
téléphoniques, dénommée "liste universelle", qui contient les informations nominatives suivantes : nom,
prénom, adresse et numéro de téléphone ainsi que la mention de la profession pour les abonnés qui le
souhaitent ;

Considérant que ces informations seront transmises, chacun pour ce qui le concerne, par chaque opérateur qui
les aura préalablement recueillies auprès de ses propres abonnés;

Considérant que les opérateurs devront également communiquer à l'organisme les informations relatives aux
abonnés inscrits en liste rouge ou en liste orange selon les modalités précisées par l'article R.20-44-3 nouveau ;

Considérant que l'article R.20-44-6 nouveau précise que la production et le contenu des bases de données qui
seront transmises à l'organisme relèvent de la responsabilité des opérateurs ou de leurs distributeurs, sous
réserve de la responsabilité propre de l'organisme dans la conduite des tâches qu'il accomplit, cet organisme
étant tenu, par les dispositions de l'article R.20-44-8, de prendre les mesures nécessaires pour préserver la
sécurité physique et logique des données qu'il détient ;

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S'agissant des droits reconnus aux abonnés

Considérant que l'article R.10-1 nouveau prévoit le droit pour tout abonné de s'opposer à la divulgation des
informations nominatives le concernant (liste rouge), de s'opposer à l'utilisation de ces informations dans les
opérations commerciales (liste orange) et de s'opposer à ce que figure dans l'annuaire son adresse complète
ainsi que son prénom ou toute information susceptible de révéler son sexe dans la mesure où l'exercice de ce
droit ne génèrerait pas de risque d'homonymie;

Considérant que le droit à ce que ne figure pas dans un annuaire l'adresse complète de l'abonné constitue une
garantie efficace pour préserver la vie privée de même que le droit de ne pas faire figurer son prénom ou toute
information susceptible de révéler son sexe; qu'il y a lieu toutefois sur ce dernier point de relever que la plupart
des prénoms révèle en France l'identité sexuelle ;

Considérant qu'il y aurait lieu que le décret précise si l'absence de risque d'homonymie doit être appréciée par
l'opérateur auprès duquel la personne concernée est abonnée - auquel cas le risque ne pourra être décelé qu'au
regard d'une liste partielle des abonnés - ou par l'organisme auquel est confiée la tenue de la liste universelle
; que l'article R.20-44-7 nouveau devra retenir au deuxième tiret du 1°, la même rédaction que celle qui
figurera à l'article R.10-1 nouveau ;

Considérant que l'article R.20-44-5 nouveau précise les conditions de diffusion par l'organisme de la liste
universelle et des listes qui en seront extraites ; que la diffusion de ces listes fera l'objet de licences d'utilisations
délivrées par l'organisme aux différentes catérogies d'utilisateurs, les conditions générales de ces licences,
devant être publiées après avis du Ministre chargé des télécommunications ;

Considérant que les conditions de diffusion seront différentes selon l'usage des données projeté afin d'assurer
la protection des droits des abonnés ; qu'il est ainsi fait une distinction entre la diffusion d'informations aux fins
d'édition d'annuaires ou de fournitures de services de renseignements, cas dans lequel l'organisme mettra à la
disposition du demandeur la "liste universelle" ou des extraits de celle-ci, expurgée des seules données
concernant les personnes inscrites en liste rouge, et la diffusion d'informations aux fins de toute autre
utilisation, notamment commerciale, auquel cas l'organisme mettra à la disposition de toute personne qui lui
en fera la demande des listes préalablement expurgées des données concernant les personnes inscrites en liste
rouge et des données concernant les personnes inscrites en liste orange ;

Considérant que ce texte prévoit que cette mise à disposition sera faite moyennant une juste rémunération
reflétant les coûts et tenant compte de l'usage projeté des informations ;

Considérant que ce même texte précise que la liste Safran qui regroupe, en application de la loi n° 89-1008
du 31 décembre 1989, les personnes ne souhaitant pas faire l'objet d'un démarchage publicitaire par voie de
télex ou de télécopie, sera mise à disposition par l'organisme à un prix reflétant alors les coûts de gestion,
l'usage projeté des informations n'étant pas pris en compte dans le coût de diffusion ;

Considérant que le sixième alinéa de l'article R.10-1 nouveau interdit l'usage par quiconque dans des opérations
commerciales des données identifiantes extraites des fichiers d'abonnés et relatives aux abonnés inscrits en liste
orange, la contravention à ces dispositions étant punie pour chaque information mise en circulation de l'amende
prévue pour les contraventions de troisième classe;

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Considérant qu'il y a lieu de souligner que les nouvelles techniques de l'information et le développement des
architectures en réseaux internationaux permettent désormais de constituer non seulement des annuaires sur
support papier ou sur un support électronique accessible depuis le seul territoire national mais aussi des
annuaires sur un support électronique nomade - tel est le cas des annuaires sur CD-ROM - ou sur un réseau
international ouvert ; que ces circonstances doivent amener à s'interroger sur la portée des garanties ainsi
offertes par le projet de décret, surtout lorsque les données figurant dans un annuaire qui comportera
notamment celles relatives aux personnes s'étant opposées à toute utilisation commerciale des informations
les concernant, pourront être accessibles depuis le territoire d'un Etat n'assurant pas aux données personnelles
une protection équivalente à celle garantie par la loi française ;

Considérant que le souci d'une exacte information des personnes sur les risques particuliers que la diffusion
d'informations les concernant génère lorsque ces données sont aisément téléchargeables, notamment via
Internet, depuis le territoire d'un Etat n'assurant pas aux données de protection particulière, devrait conduire
à prévoir dans ce cas un dispositif particulier ;

Considérant en effet, qu'il convient, d'une part, de relever que l'article 12 de la convention du 28 janvier 1981
du Conseil de l'Europe subordonne les flux transfrontières de données à caractère personnel à l'assurance que
la règlementation de l'Etat de destination des données apporte une protection équivalente à celle offerte par
cette convention ; que la directive récemment adoptée par le Conseil du Parlement européen sur la protection
des données personnelles et la libre circulation des données prévoit que les flux tranfrontières de données ne
peuvent, en principe, avoir lieu qu'en direction d'un Etat assurant un niveau de protection adéquat ;

Considérant, d'autre part, qu'il convient de rappeler que la CNIL recommande, de manière générale, que
lorsque des données nominatives sont diffusées sur Internet, les personnes concernées soient clairement
informées des risques inhérents à la nature de ce réseau et de leur droit de s'opposer à une telle diffusion ;

Considérant dès lors qu'il paraît nécessaire que l'article R.10-1 nouveau soit complété, dans son premier alinéa,
par une disposition ainsi rédigée :
" - à ce que ne soit pas mentionnées les données nominatives la concernant dans un annuaire distribué ou
diffusé sur un support électronique accessible depuis le territoire d'un Etat n'assurant pas aux données
personnelles une protection équivalente à celle garantie par la loi française",
et que l'exercice de ce droit soit gratuit.

S'agissant de l'accès par des autorités habilitées à la "liste universelle"

Considérant que l'article R.20-44-9 nouveau prévoit que l'organisme satisfait aux demandes d'informations de
certaines autorités habilitées par le biais d'une possibilité permanente de consultation électronique de la "liste
universelle" dont les modalités sont déterminées par une convention entre l'organisme et les services de l'Etat
concerné ;

Considérant, en premier lieu, que l'article R.20-44-9 nouveau ne vise pas la totalité des autorités actuellement
habilitées à bénéficier de l'accès aux informations concernées (ainsi, parmi d'autres, le service des impôts en
aplication de l'article L.83 du livre des procédures fiscales, la Commission des opérations de bourse en
application des articles 5A et 5B de l'ordonnance n°67-833 du 28 septembre 1967 ou encore la Banque de
France et la Commission bancaire en application de l'article 57 de la loi n°84-46 du 28 janvier 1984) ; qu'il
n'apparaît pas nécessaire de citer les autorités en cause dès lors que la simple mention des "autorités habilitées"

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suffit, sur le fondement des textes ayant institué leur habilitation, à la compréhension du texte de l'article ;

Considérant, en deuxième lieu, que sont visées, au titre des autorités habilitées bénéficiaires, moyennant une
juste rémunération, de ce service, les autorités visées par l'article 22 de la loi du 10 juillet 1991 relative au
secret des correspondances ainsi que les autorités agissant en application des articles 53 et 75 du code de
procédure pénale ; qu'il résulte de la référence faite à l'article 75 du code de procédure pénale relatif à l'enquête
préliminaire, que les officiers de police judiciaire et, sous le contrôle de ceux-ci les agents de police judiciaire,
procédant, y compris d'office, par voie d'enquête préliminaire, pourraient accéder aux informations portées sur
la "liste universelle" concernant des personnes inscrites en liste rouge ;

Considérant qu'à l'heure actuelle et conformément à une instruction de France Télécom n° 94.216 du 26
décembre 1994, le procureur de la République ou son substitut ainsi que tout officier de police judiciaire
agissant dans le cadre d'un enquête préliminaire ne peuvent avoir accès aux informations relatives aux
personnes inscrites sur liste rouge ; qu'en effet, dans ce cadre juridique, et à la différence des missions de police
judiciaire qui peuvent être accomplies dans le cadre de l'instruction préparatoire en application des dispositions
des articles 81 et suivants du code de procédure pénale et, en application des dispositions des articles 53 et
suivants, dans le cadre de l'enquête de flagrance, les officiers de police judiciaire ne peuvent procéder à des
perquisitions, visites domiciliaires et saisies sans l'assentiment exprès de la personne chez laquelle ces
opérations ont lieu; que ces dispositions sont généralement interprétées comme ne permettant pas à ces
personnels, dans ce cadre juridique, d'avoir accès à des informations juridiquement protégées ; que par suite,
à défaut de dispositions législatives particulières, les officiers de police judiciaire, agissant par voie d'enquête
préliminaire, ne sauraient se voir conférer la qualité de tiers autorisé, au sens de l'article 29 de la loi du 6 janvier
1978, à avoir accès aux informations figurant sur la liste rouge ; qu'en tout état de cause, il apparaît souhaitable
de ne pas étendre dans des proportions qui deviendraient trop importantes, le champ des dérogations au
caractère confidentiel de la liste rouge;

Considérant, en troisième lieu, que les autorités habilitées en vertu de dispositions particulières à avoir accès
à des informations issues d'un traitement automatisé placé sous la responsabilité d'un tiers ne sauraient, sauf
à ce que la finalité du traitement le justifie, avoir un accès permanent et portant sur la totalité des informations
nominatives enregistrées dans le fichier ; qu'en revanche la qualité de tiers autorisé, au sens de l'article 29 de
la loi du 6 janvier 1978, permet à ces autorités habilitées d'avoir un accès ponctuel à des informations
nominatives détenues par des tiers; que tel est notamment le cas, en application de l'article 22 de la loi du 10
juillet 1991, des juridictions et autorités compétentes pour ordonner des interceptions des correspondances
émises par la voie des télécommunications, ou encore du procureur de la République et des officiers de police
judiciaire agissant en enquête de flagrance, ainsi que des juges d'instruction ; que la rédaction de l'article R.20-
44-9 nouveau doit être aménagé en conséquence ;

Considérant enfin que le texte proposé pour l'article R.20-44-9 doit, dans l'intérêt même des personnes
concernées, prévoir que l'organisme satisfait aux demandes d'informations des services d'urgences habilités par
l'autorité publique formulées au titre de leurs missions de la sauvegarde de la vie humaine ;

Est d'avis :

1 - De compléter le premier alinéa de l'article R.10-1 par la phrase suivante :


"- à ce que ne soient pas mentionnées les données nominatives la concernant dans un annuaire
distribué ou diffusé sur un support électronique accessible depuis le territoire d'un Etat n'assurant pas

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aux données personnelles une protection équivalente à celle garantie par la loi française."

De supprimer le deuxième alinéa du même article et de compléter le troisième alinéa par la phrase suivante
:

"L'exercice des autres droits est gratuit."

De procéder aux articles R.20-44-5 et R.20-44-7 aux coordinations subséquentes.

2 - De rédiger l'article R.20-44-9 ainsi qu'il suit :

"Art. R.20-44-9 (Sécurité):

L'organisme satisfait aux demandes d'informations des autorités habilitées, et notamment aux
demandes présentées, dans le cadre de l'exercice de leurs missions de sauvegarde de la vie humaine,
par les services d'urgence habilités par l'autorité publique."

B. Le Site Internet du Premier ministre et du Gouvernement

Conformément à la circulaire du 15 mai 1996 relative à la communication, à l'information et à la


documentation des services de l'Etat sur les nouveaux réseaux de télécommunication, le Service d'information
du Gouvernement a souhaité mettre en oeuvre rapidement un site Internet qui doit contribuer à rapprocher
l'Etat du citoyen et à mieux connaître ses attentes.

Ainsi, la Commission a examiné en séance plénière du 17 décembre 1996 et du 4 février 1997 une
demande d'avis concernant les traitements d'informations nominatives opérés dans le cadre de la mise en oeuvre
du site internet du Premier Ministre et du Gouvernement (http://www.premier-ministre.gouv.fr).

Ce site abrite, d'une part une base de données diffusant des informations officielles et/ou publiques :
services du Premier ministre et du Gouvernement, agendas ministériels... . Les catégories de personnes dont
les données peuvent être diffusées sur le "web" sont celles qui participent aux services du premier Ministre,
les membres du gouvernement et de leurs cabinets, les chefs de services et responsables d'un niveau
hiérarchique égal à celui de chef de bureau, les personnes extérieures à l'administration ayant rendez-vous avec
un ministre. Conformément à la doctrine élaborée par la Commission, toutes se voient informées des risques
inhérents à la diffusion d'informations sur internet ainsi que de leur droit de s'opposer à la diffusion
d'informations les concernant, sans avoir à en donner un motif.

D'autre part, le site propose une gamme de services plus interactifs. Il s'agit d'une boîte aux lettres
générale et d'un forum de discussion ("Le Petit Matignon") puis, dans un espace destiné aux jeunes, d'une boîte
aux lettres juniors et d'une application "jeux et concours". L'accès aux services de boîtes aux lettres est
précédé d'une page d'accueil comportant un avertissement sur les risques et les conséquences en ce qui
concerne l'absence de garanties du respect du secret des correspondances et, le cas échéant, d'un message
destiné à dissuader d'utiliser ce média pour des courriers de nature personnelle.

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Le service général de boîte aux lettres permet à toute personne d'adresser un message au Premier
ministre ou à ses services par courrier électronique. Le caractère facultatif de la transmission de ses nom,
adresse postale et adresse électronique, le nom de l'organisme au titre duquel elles adressent leur message, leur
fonction, le motif et le sujet du message, leur catégorie socio-professionnelle est rappelé. Toutes les réponses
sont adressées par voie postale classique.

L'espace "juniors" doit permettre aux jeunes de se familiariser par Internet avec les services de l'Etat.
Il est proposé aux jeunes, qui peuvent donc être des mineurs, de ne transmettre à cette occasion que leur
prénom ou un pseudonyme et leurs âge, classe, commune et pays de résidence.

Le forum "Le Petit Matignon" permet de débattre de thèmes d'intérêt général en offrant la possibilité
de fournir des contributions. Il ouvre à la consultation une base de données rassemblant les contributions
rendues publiques, de façon anonyme ou nominative, au choix de l'auteur. Là encore, un message avertit avant
tout de la finalité du forum et de ses règles de fonctionnement ; il indique également les mentions prévues à
l'article 27 de la loi du 6 janvier 1978, concernant le droit d'accès et de rectification. Les informations diffusées
dans ce forum pouvant s'apparenter à celles qui sont diffusées dans la rubrique "courrier des lecteurs" d'une
publication classique, ces contributions font l'objet d'un contrôle avant diffusion par le modérateur du forum,
afin que celles qui seraient de nature à engager la responsabilité civile et pénale du service d'information du
Gouvernement ne soient pas diffusées, pas davantage que les contributions contenant des informations sur des
tiers, de nature à porter atteinte à leur considération ou à l'intimité de leur vie privée. La durée de conservation
des messages du forum ne dépasse pas celle de l'inscription, dans le forum, du thème du débat concerné.

La sécurité du site a été supervisée par le Service central de la sécurité des systèmes d'information
(SCSSI), lequel est intervenu auprès du service d'information du Gouvernement conformément à sa mission
de conseil des administrations. Les questions de sécurité concernaient les trois intervenants en présence :
- le service d'information du Gouvernement pour la saisie des informations à diffuser, la surveillance du forum
et la récupération du courrier électronique ;
- la société Médialine pour la mise en forme des données diffusées ;
- la société Oléane qui héberge le serveur à partir duquel sont diffusées les informations et collectées les
données en provenance des utilisateurs du site.

Une des procédures de sécurité repose en particulier sur l'examen périodique des fichiers des
connexions des utilisateurs (fichiers "log") qui ne sont accessibles qu'à la personne chargée de la sécurité, et
ce pendant 15 jours, délai à l'issue duquel toutes les informations sont effacées. Il est rappelé que peuvent être
notamment conservés dans ces fichiers, l'adresse IP ou l'adresse qui est affectée ponctuellement par un
fournisseur d'accès, le temps d'une connexion non permanente, ou encore, la requête de l'utilisateur (la page
consultée par exemple), la date et l'heure de la requête.

La Commission a pu en particulier constater que la doctrine qu'elle avait dégagée à propos des
annuaires de chercheurs avait été retenue, à l'issue de l'instruction de ce dossier, dont il y a lieu de souligner
qu'il a fait l'objet d'une étroite concertation avec les services du premier Ministre, notamment en ce qui
concerne le droit de toute personne de s'opposer, sans avoir à en donner le motif, préalablement et à tout
moment, à la mise à la disposition du public d'informations la concernant sur un réseau ouvert.

La CNIL a donné un avis favorable au projet d'arrêté du Premier ministre relatif à la mise en oeuvre
de son site Internet.

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Délibération n° 97-009 du 4 février 1997 relative à la demande d'avis du Service d'information du


Gouvernement concernant le traitement d'informations nominatives opéré dans le cadre du site
Internet du Premier Ministre et du Gouvernement.

(Demande d'avis n° 483.293)

La Commission nationale de l'informatique et des libertés,

Vu la convention du 28 janvier 1981 du Conseil de l'Europe pour la protection des personnes à l'égard du
traitement automatisé des données à caractère personnel;

Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relatives à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, notamment
ses articles 15, 26 et 29 ;

Vu le décret n° 78-774 du 17 juillet modifié pris pour l'application de la loi du 6 janvier 1978 précitée;

Vu le projet d'arrêté du Premier Ministre;

Après avoir entendu Monsieur Marcel Pinet, en son rapport et Madame Charlotte-Marie Pitrat, commissaire
du Gouvernement en ses observations ;

Considérant que la Commission a été saisie par le Service d'information du Gouvernement d'une demande
d'avis relative à la création d'un traitement automatisé d'informations nominatives dans le cadre de la mise en
oeuvre du site Internet du Premier Ministre et du Gouvernement ;

Considérant que le traitement a pour finalités la diffusion d'information au titre de la communication


gouvernementale ainsi qu' au titre de l'information administrative, l'ouverture d'un espace de discussion pour
les utilisateurs du site, la réception de courriers adressés au Premier Ministre ou à ses services et l'organisation
de concours;

Considérant que la diffusion d'informations porte, au titre de la communication gouvernementale, sur la


composition du Gouvernement et les cabinets, les agendas ministériels, les nominations en Conseil des
ministres et, au titre de l'information administrative, sur les responsables et l'organigramme des services du
Premier Ministre ; qu'à cet égard, les informations diffusées relatives aux personnes physiques sont : pour les
Ministres et les membres de leurs cabinets, l'identité, la fonction, l'attribution, les titres, le corps de la fonction
publique d'appartenance éventuellement, des informations biographiques sur leur formation, leur vie
professionnelle et politique, les distinctions ; pour les fonctionnaires, l'identité, la fonction, le titre, la date de
nomination ; pour les personnes figurant sur les agendas ministériels le nom, la fonction, le titre et l'organisme
; que ces informations sont d'accès libre ;

Considérant que ces personnes sont informées, avant mise sur le serveur des informations les concernant, des
risques inhérents à la diffusion d'informations au moyen du média Internet ainsi que de leur droit de s'opposer

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à tout moment à la diffusion des informations qui les concernent sans avoir à en indiquer le motif ;

Considérant que l'ouverture d'un espace de discussion, pour les utilisateurs du site sur des thèmes d'intérêt
général, peut conduire à la collecte et à la diffusion d'informations nominatives relatives à l'objet de la
contribution, au nom et à l'adresse électronique de l'auteur ; que la consultation des contributions est libre ;

Considérant que les personnes adressant une contribution peuvent le faire, à leur choix, soit de manière
anonyme, soit en indiquant, par exemple, leur nom ou leur adresse électronique ;

Considérant que cet espace de discussion fait l'objet d'une modération; qu'à cet égard les contributions
transmises, susceptibles d'engager la responsabilité civile et pénale du Service d'information du Gouvernement
ne sont pas diffusées par le modérateur; qu'en particulier une contribution contenant des informations relatives
à un tiers, de nature à porter atteinte à sa considération ou à l'intimité de sa vie privé ne sera pas mise à la
disposition du public; que, de plus, afin d'empêcher la diffusion d'informations pouvant porter préjudice à un
tiers dont l'identité aurait été usurpée ou l'intitulé de l'adresse électronique (e-mail) communiquée à son insu,
il sera procédé en cas de doute à la vérification des informations auprès de la personne indiquée avant diffusion
de la contribution concernée;

Considérant que les utilisateurs du site accédant au forum sont informés de sa finalité, de ses règles de
fonctionnement ainsi que des mentions prévues à l'article 27 de la loi du 6 janvier 1978 ;

Considérant que la durée de conservation des contributions émises dans le cadre du forum ne dépasse pas celle
de l'inscription du thème du débat concerné ;

Considérant que les utilisateurs du site ont la possibilité de transmettre un courrier au Premier Ministre ou à
ses services au moyen d'une boîte aux lettres ; qu''ils sont avertis dès la page d'accueil du service des risques
relatifs au secret des correspondances transmises sur Internet vers le site et qu'en conséquence il leur est
conseillé de ne pas utiliser ce service pour des courriers de nature personnelle ;

Considérant que les personnes sont invitées à transmettre leur message, accompagné, si elles le souhaitent, de
leur nom, de leur adresse de domicile, de leur adresse électronique, du nom de l'organisme au titre duquel elles
adressent leur message, leur fonction, le motif et le sujet du message, leur catégorie socio-professionnelle ; qu'il
est explicitement indiqué que ces informations sont collectées de manière facultative ;

Considérant que les courriers ainsi recueillis sont transmis au service du courrier du Premier Ministre qui le
traite de la même manière que le courrier postal ;

Considérant que le site comporte également un espace destiné aux jeunes, dit "Espace juniors" destiné à les
familiariser avec les services internet publics ; que cet espace comporte la possibilité de transmettre un message
au Premier Ministre au moyen d'une boîte aux lettres spécifique, ainsi que de participer à des concours ;

Considérant que les utilisateurs de ces deux services sont susceptibles d'être des mineurs ; qu'en conséquence
il leur est proposé de n'accompagner leur message, et de manière facultative, que de leur prénom ou d' un
pseudonyme, de leur commune et pays de résidence, de leur âge et de leur classe ; qu' ils sont informés qu' aux
fins de participer effectivement à un concours ils doivent en outre, avec l'accord de leurs parents, adresser leur
réponse par courrier postal ;

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Considérant qu' au delà des mesures précitées destinées à garantir les droits des personnes, des mesures de
sécurité offrant des garanties d' efficacité sont prises, notamment en vue d'empêcher des accès au site de nature
à porter atteinte à l'intégrité des informations mises à la disposition du public ainsi qu' au détournement de
finalité des informations recueillies sur le site ;

Considérant que la mise en oeuvre des procédures de sécurité repose en particulier sur l'examen périodique
des fichiers des connexions des utilisateurs au site conservés à cette fin; que dans ces fichiers peuvent être
conservés, au fur et à mesure des connexions des utilisateurs, notamment leur adresse Internet (adresse IP)
ou celle de la machine à laquelle ils se connectent, le nom de domaine, la requête (page consultée, par
exemple), la date et l'heure de la requête ;

Considérant que ces informations ne sont accessibles qu'au seul responsable de la sécurité ; que la durée de
conservation des dites informations est de quinze jours et ainsi strictement limitée à celle nécessaire pour
assurer la sécurité du site ;

Émet un avis favorable à la mise en oeuvre du traitement.

IV. LA TRANSMISSION DE DONNÉES SUR INTERNET


ET LES DROITS DES PERSONNES

A. Le transfert de données médicales

1) LES TRAITEMENTS DE L'AGENCE NATIONALE


DE RECHERCHE SUR LE SIDA

L'Agence nationale de recherche sur le Sida, chargée d'évaluer les traitements prescrits aux personnes
séropositives ou malades du sida, a soumis à la CNIL, en 1996, deux projets de traitements dont l'originalité
réside dans la transmission de données indirectement nominatives à un centre unique de recherche situé à
Londres, par le réseau Internet.

Ces traitements, créés à l'occasion d'essais multicentriques internationaux, font appel à des données
recueillies dans plusieurs centres de soins, en France et à l'étranger. Le premier, dénommé "CESAR ANRS
050" vise à étudier, sur 5 ans, l'influence du mode d'accouchement, notamment la césarienne, sur le risque de
transmission du virus VIH-I de la mère à l'enfant. Les données sont collectées à partir de cahiers d'observations
dans plusieurs maternités françaises et étrangères (Angleterre, Italie, Espagne, Suisse, Canada, Brésil et
Afrique du Sud). Le second, dénommé "PENTA IV" a pour finalité d'évaluer en France, Belgique, Espagne
et Suisse, chez des patients de moins de 16 ans infectés par le VIH et déjà traités par des antiviraux, la toxicité
et la tolérance de l'association de nouveaux traitements. Dans les deux configurations, le service commun 10
de l'INSERM, spécialisé dans la conduite d'essais thérapeutiques, coordonne les résultats.

Dans le cadre des deux essais thérapeutiques, c'est l'INSERM qui est chargé de la transmission par
Internet, des informations communiquées sur support papier par les différents sites d'investigation. Ces données
concernent le code du pays, le numéro du centre, le numéro d'ordre du patient dans l'essai, sa date de naissance

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et son sexe, ainsi que des données cliniques, biologiques et/ou pharmaceutiques. A cette fin, le service commun
10 de l'INSERM dispose d'une connexion permanente à l'Internet.

Compte tenu du risque non négligeable d'intrusion dans les réseaux internes de l'utilisateur de nature
à porter gravement atteinte à la confidentialité des données médicales traitées par ce système d'information,
la Commission a préconisé l'adoption de strictes mesures de protection logique afin de dissocier les différents
accès, telles que la mise en oeuvre de "barrières logicielles" ("firewall"), relevant de la technique du "pare-feu",
qui vise à isoler du réseau Internet, les serveurs de base de données.

La Commission s'est par ailleurs félicitée des mesures de sécurité qui ont été préconisées par l'Agence
nationale de recherche sur le Sida, outre celles visant à préserver l'autonomie du serveur connecté à Internet,
par rapport aux serveurs du service commun 10 de l'INSERM abritant les données identifiantes, et du recours
à un logiciel spécifique pour filtrer les accès aux différents services du réseau.

Dans ces conditions, la CNIL a émis un avis favorable aux deux traitements présentés par l'Agence
nationale de recherche sur le sida.

Délibération n° 96-062 du 9 juillet 1996 relative à un projet d'acte réglementaire présenté par
l'Agence nationale de recherche sur le SIDA concernant un traitement automatisé de données
indirectement nominatives ayant pour finalité un essai multicentrique international sur l'évaluation
chez des patients de moins de seize ans infectés par le VIH et déjà traités par des antiviraux de la
toxicité et la tolérance de nouveaux traitements (PENTA IV)

(Demande d'avis n° 424.461)

La Commission nationale de l'informatique et des libertés ;

Vu la Convention n° 108 du 28 janvier 1981 du Conseil de l'Europe pour la protection des personnes à l'égard
du traitement automatisé des données à caractère personnel ;

Vu la loi n° 88-1138 du 20 décembre 1988 sur la protection des personnes qui se prêtent à des recherches
biomédicales ;

Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés modifiée par la loi n°
94-548 du 1er juillet 1994 ;

Vu les articles 226-13 et 226-14 du nouveau code pénal ;

Vu le décret n° 78-774 du 17 juillet 1978 pris pour l'application de la loi du 6 janvier1978 ;

Vu l'arrêté du 1er juillet 1992 portant création du groupement d'intérêt public dénommé *Agence nationale de
recherche sur le sida+ ;

Vu l'avis favorable du comité consultatif de protection des personnes dans la recherche biomédicale de l'hôpital
Necker ;

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Après avoir entendu Monsieur Jean-Pierre Michel, en son rapport, et Madame Charlotte-Marie Pitrat,
commissaire du Gouvernement, en ses observations ;

Considérant que l'Agence nationale de recherche sur le sida, groupement d'intérêt public créé par arrêté du 1er
juillet 1992, a saisi la Commission nationale de l'informatique et des libertés, d'une demande d'avis relative à
un traitement automatisé de données indirectement nominatives concernant un essai multicentrique
international ayant pour finalité l'étude de l'évaluation chez des patients de moins de seize ans infectés par le
VIH et déjà traités par des antiviraux de la toxicité et la tolérance de nouveaux traitements ; que cet essai
relève des dispositions de la loi n° 88-1138 du 20 décembre 1988 sur la protection des personnes qui se prêtent
à des recherches biomédicales ;

Considérant que les données sont recueillies sur une durée de dix huit mois auprès de 150 patients de moins
de 16 ans, à partir de cahiers d'observation établis sur support papier ; que pour la France, ces cahiers sont
adressés au *service commun 10+ de l'INSERM, spécialisé dans la conduite d'essais thérapeutiques et qui
centralise les applications informatiques de l'ANRS, centre coordonnateur de l'essai ; que ce *service commun
10+ de l'INSERM les transmet ensuite, après certification et validation, via le réseau INTERNET au MRC -
HIV Clinical Trials Center à Londres, organisme spécialisé dans la recherche sur le sida ;

Considérant que les données sont relatives au code identifiant le patient dans l'essai, à sa date de naissance,
son sexe, son origine géographique, son diagnostic et ses antécédents médicaux ;

Considérant qu'en application des dispositions de la loi du 20 décembre 1988 précitée et des articles 34 et 40
de la loi du 6 janvier 1978, une notice d'information accompagnée d'une fiche de recueil de *consentement
éclairé+ est remise à chaque patient ; qu'elle comporte une mention spécifique sur la donnée relative à l'origine
géographique, dont on ne peut exclure qu'elle puisse révéler directement ou non, les origines raciales de la
personne au sens de l'article 31 de la loi du 6 janvier 1978 ;

Considérant, s'agissant du recours au réseau Internet, qu'un risque non négligeable d'intrusion dans le réseau
interne de l'utilisateur et de son système d'information existe, selon le type d'accès choisi ; que dans le domaine
médical, il peut ainsi être porté gravement atteinte à la confidentialité des données médicales identifiantes
traitées par ce système d'information ;

Considérant que pour assurer la sécurité des données ainsi recueillies, l'ANRS s'est engagée à ce que le serveur
connecté à l'Internet ne soit pas connecté aux serveurs du *service commun n° 10+ de l'INSERM supportant
des données identifiantes ; que l'INSERM a, en outre, décidé l'installation de barrières logicielles dites *pare-
feu+ pour protéger l'ensemble de ses applications ;

Considérant, à cet égard, qu'il apparaît essentiel à la Commission de prévoir, avec l'aide d'un spécialiste du
service central de sécurité des systèmes d'information, une visite au *service commun 10+ de l'INSERM afin
de vérifier le bon fonctionnement de cette protection logicielle dont l'efficacité dépend en grande partie de ses
modalités d'installation ; que le service central de sécurité des systèmes d'information en a accepté le principe
;

Émet un avis favorable au projet d'acte réglementaire présenté par l'Agence nationale de recherche sur le sida
concernant un traitement automatisé de données indirectement nominatives ayant pour finalité un essai
multicentrique international sur l'évaluation chez des patients de moins de seize ans infectés par le VIH et déjà

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traités par des antiviraux de la toxicité et la tolérance de nouveaux traitements.

Délibération n° 96-063 du 9 juillet 1996 relative à un projet d'acte réglementaire présenté par
l'Agence nationale de recherche sur le SIDA concernant un traitement automatisé de données
indirectement nominatives ayant pour finalité un essai multicentrique international sur l'influence
du mode d'accouchement sur le risque de transmission du virus VIH-I de la mère à l'enfant
*CESAR++

(Demande d'avis n° 388.197)

La Commission nationale de l'informatique et des libertés ;

Vu la Convention n° 108 du 28 janvier 1981 du Conseil de l'Europe pour la protection des personnes à l'égard
du traitement automatisé des données à caractère personnel ;

Vu la loi n° 88-1138 du 20 décembre 1988 sur la protection des personnes qui se prêtent à des recherches
biomédicales ;

Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés modifiée par la loi n°
94-548 du 1er juillet 1994 ;

Vu les articles 226-13 et 226-14 du nouveau code pénal ;

Vu le décret n° 78-774 du 17 juillet 1978 pris pour l'application de la loi du 6 janvier 1978 ;

Vu l'arrêté du 1er juillet 1992 portant création du groupement d'intérêt public dénommé *Agence nationale de
recherche sur le sida+ ;

Vu l'avis favorable du comité consultatif de protection des personnes dans la recherche biomédicale de l'hôpital
Cochin ;

Après avoir entendu Monsieur Jean-Pierre Michel, en son rapport, et Madame Charlotte-Marie Pitrat,
commissaire du Gouvernement, en ses observations ;

Considérant que l'Agence nationale de recherche sur le sida, groupement d'intérêt public créé par arrêté du 1er
juillet 1992, a saisi la Commission nationale de l'informatique et des libertés, d'une demande d'avis relative à
un traitement automatisé de données indirectement nominatives concernant un essai multicentrique
international ayant pour finalité l'étude de l'influence du mode d'accouchement sur le risque de transmission
du virus VIH-I de la mère à l'enfant ; que cet essai relève des dispositions de la loi n° 88-1138 du 20 décembre
1988 sur la protection des personnes qui se prêtent à des recherches biomédicales ;

Considérant que les données sont recueillies auprès de 1500 femmes dans plusieurs maternités françaises et
étrangères, à partir de cahiers d'observation établis sur support papier, pour une durée de cinq ans ; que pour
la France, ces cahiers sont adressés au *service commun 10+ de l'INSERM, spécialisé dans la conduite d'essais
thérapeutiques et qui centralise les applications informatiques de l'ANRS, centre coordonnateur de l'essai ; que

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ce *service commun 10+ de l'INSERM les transmet ensuite, après certification et validation, via le réseau
INTERNET au MRC - HIV Clinical Trials Center à Londres, organisme spécialisé dans la recherche sur le
sida ;

Considérant que les données sont relatives au code identifiant le patient dans l'essai, à sa date de naissance,
son sexe, son origine géographique, son diagnostic et ses antécédents médicaux ;

Considérant qu'en application des dispositions de la loi du 20 décembre 1988 précitée et des articles 34 et 40
de la loi du 6 janvier 1978, une notice d'information accompagnée d'une fiche de recueil de *consentement
éclairé+ est remise à chaque patient ; qu'elle comporte une mention spécifique sur la donnée relative à l'origine
géographique, dont on ne peut exclure qu'elle puisse révéler directement ou non, les origines raciales de la
personne au sens de l'article 31 de la loi du 6 janvier 1978 ;

Considérant, s'agissant du recours au réseau Internet, qu'un risque non négligeable d'intrusion dans le réseau
interne de l'utilisateur et de son système d'information existe, selon le type d'accès choisi ; que dans le domaine
médical, il peut ainsi être porté gravement atteinte à la confidentialité des données médicales identifiantes
traitées par ce système d'information ;

Considérant que pour assurer la sécurité des données ainsi recueillies, l'ANRS s'est engagée à ce que le serveur
connecté à l'Internet ne soit pas connecté aux serveurs du *service commun n° 10+ de l'INSERM supportant
des données identifiantes ; que l'INSERM a, en outre, décidé l'installation de barrières logicielles dites *pare-
feu+ pour protéger l'ensemble de ses applications ;

Considérant, à cet égard, qu'il apparaît essentiel à la Commission de prévoir, avec l'aide d'un spécialiste du
service central de sécurité des systèmes d'information, une visite au *service commun 10+ de l'INSERM afin
de vérifier le bon fonctionnement de cette protection logicielle dont l'efficacité dépend en grande partie de ses
modalités d'installation ; que le service central de sécurité des systèmes d'information en a accepté le principe
;

Émet un avis favorable au projet d'acte réglementaire présenté par l'Agence nationale de recherche sur le sida
concernant un traitement automatisé de données indirectement nominatives ayant pour finalité un essai
multicentrique international sur l'influence du mode d'accouchement sur le risque de transmission du virus
VIH-I de la mère à l'enfant.

2) PERSPECTIVES ET RÉFLEXIONS

Les travaux du groupe européen sur les réseaux internationaux (GERI) qui s'est réuni à Paris le 2 avril
1997 ont permis de relever la convergence des préoccupations des autorités de protection des données sur le
recours à Internet à des fins de transmission d'informations médicales.

C'est ainsi que des demandes de transfert de données médicales par Internet ont été rejetées par le
Registrar Britannique en raison des risques trop importants de violation du secret médical. Le Registrar a fait
appel à un consultant indépendant afin d'évaluer les garanties de sécurité pouvant être apportées lors de
l'utilisation d'Internet à de telles fins. Le rapport publié par ce consultant en 1996 fait état de la primauté du
principe du secret médical, de la nécessité du contrôle de la sécurité par les utilisateurs du réseau et de la

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nécessité de garantir l'intégrité et l'anonymat des données médicales.

En Norvège, un projet de réseau médical sur Internet mené par un établissement hospitalier a été
autorisé par le ministère de la Justice en décembre 1996, non sans que les services en charge de la sécurité de
l'information et l'autorité en charge de la protection des données aient alerté les ministres concernés sur les
risques que présenterait une telle extension d'utilisation des réseaux.

En Allemagne, un projet de réseau médical fermé entre les médecins de ville et les hôpitaux de Berlin
est actuellement en cours d'évaluation, s'agissant de la sécurité.

La CNIL pour sa part s'attache à apprécier, grâce à son expertise technique, si les mesures de sécurité
que le caractère sensible des données médicales rend nécessaire, sont suffisantes et adaptées aux risques. Ainsi,
dans le cadre d'un projet de télémédecine, la CNIL a été saisie par un centre hospitalier d'une demande relative
à la mise en oeuvre d'un réseau informatique entre son établissement et les médecins de ville, destiné à
permettre la transmission de dossiers médicaux et l'échange de messages entre confrères. Dans sa phase
expérimentale, ce projet ne concernera que 65 médecins installés en ville et volontaires.

L'architecture informatique consiste à établir une communication entre le réseau Intranet du centre
hospitalier et l'extérieur, via le réseau Internet, par un système de boîtes aux lettres géré par un tiers, filiale de
France Télécom. La CNIL procède actuellement à une instruction approfondie de ce dossier, portant en
particulier sur les mesures de sécurité destinées à garantir la confidentialité des données médicales transmises
qui seront nominatives.

Les concepteurs du projet ont d'ores et déjà prévu que le réseau Intranet du centre hospitalier sera
sécurisé vis-à-vis de l'extérieur (Internet) par des barrières logicielles ("fire-wall") et que chaque message
transmis vers l'extérieur fera l'objet d'un chiffrement par un algorithme de cryptage spécifique. De plus, pour
assurer le respect effectif du secret médical, y compris vis-à-vis du tiers, le message restera chiffré dans la boîte
aux lettres, tant que le médecin destinataire n'aura pas décidé de le lire.

La CNIL doit déterminer si ces mesures de sécurité sont suffisantes pour garantir la confidentialité des
données. Il s'agit en particulier d'évaluer la force de l'algorithme de chiffrement retenu, ainsi que les modalités
pratiques de mise en oeuvre du chiffrement, telles que l'attribution, la gestion ou la conservation des clés par
un tiers de confiance.

La Commission a notamment appelé l'attention des professionnels de santé, de leurs instances


représentatives et, de façon générale, des partenaires intéressés, sur les risques de divulgation et d'utilisation
détournée des informations, inhérents à l'utilisation de réseaux de communication ouverts de type Internet. Elle
a recommandé que les données nominatives soient chiffrées et que toute mesure soit prise afin d'éviter tout
accès incontrôlé ou toute connexion à un réseau ouvert. Ainsi, la CNIL recommande que seules des
messageries professionnelles sécurisées et recourant au chiffrement des données, soient utilisées pour transférer
des données médicales nominatives.

Compte tenu de son expérience dans ce domaine, la CNIL a été sollicitée par les autres autorités
européennes pour rédiger une recommandation de portée générale qui pourrait être prochainement adoptée
par l'ensemble des autorités européennes de protection des données.

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B. Les services de mise en relation d'offres et de demandes d'emploi

La CNIL a été saisie d'un projet de création d'un serveur sur Internet ayant pour vocation d'aider les
demandeurs d'emplois à trouver du travail et de permettre aux entreprises et aux cabinets de recrutement de
sélectionner rapidement les personnes dont le profil socio-professionnel correspond aux offres d'emploi. Ce
serveur vise essentiellement une population de cadres.

Plusieurs services télématiques similaires existent en France, mais la diffusion de tels services sur
Internet n'avait jusqu'à présent jamais été soumise à la CNIL.

Ce serveur sera accessible sur Internet aux seules personnes abonnées (demandeurs d'emplois,
entreprises, cabinets de recrutement), qui pourront avoir accès, sous certaines conditions, à des informations
nominatives. Les demandeurs d'emplois pourront directement saisir sur Internet leur curriculum vitae et leur
lettre de motivation, ainsi que les types de postes recherchés.

Les entreprises (ou les cabinets de recrutement, avec l'accord de leurs clients) pourront, quant à elles,
saisir leur raison sociale, leur adresse et les offres d'emplois ou de stages proposées.

Il sera également possible de transmettre à la société gestionnaire du serveur, par voie postale, les CV
ou les offres d'emplois, cette société se chargeant alors de les saisir et de les diffuser sur Internet.

Les données seront stockées sur le serveur dans des bases de données structurées (CV, candidatures
emplois, offres d'emplois) permettant aux utilisateurs, par des fonctions de sélection et de tri, d'accéder aux
offres et demandes d'emplois et d'entrer en contact avec les entreprises ou les demandeurs d'emplois, par
messagerie ("E-mail"), par courrier, par téléphone, ou par l'intermédiaire de la société gestionnaire du serveur.

Au terme de l'abonnement, il sera proposé à l'abonné de procéder à l'effacement des données le


concernant, ou de les conserver pendant deux ans dans une base de données de sauvegarde, en vue d'un
réabonnement ultérieur.

S'agissant des mesures de sécurités adoptées, il y a lieu de relever que seules des données anonymisées
seront librement accessibles à toute personne se connectant sur le serveur. Les données nominatives ne seront
consultables que par les personnes abonnées, titulaires d'un mot de passe délivré par la société, par courrier
ou par téléphone, après paiement de l'abonnement.

S'agissant de la protection de l'anonymat, les demandeurs d'emplois pourront demander, au moment


de la saisie de leur CV, l'occultation lors de la diffusion sur le serveur Internet, de leurs nom, prénom, adresse,
téléphone, situation familiale, situation militaire, nationalité. Ils pourront, en outre, indiquer à la société la liste
des entreprises auxquelles ils ne souhaitent pas que leurs coordonnées soient communiquées. Enfin, ils
pourront utiliser un pseudonyme permettant aux recruteurs potentiels de leur laisser des messages dans leur
boîte aux lettres électronique, sans que leur identité soit, à ce stade, révélée.

De même les entreprises pourront, lors de la saisie des offres d'emplois, demander l'occultation de la
raison sociale et de l'adresse.

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Chaque abonné sera informé, lors de la délivrance de son mot de passe, des modalités d'accès et de
rectification des informations le concernant. De plus, les écrans de consultation feront référence aux
dispositions légales et un lien hypertexte sera établi avec le texte de la loi du 6 janvier 1978. En outre, il sera
indiqué que ces informations ne doivent être utilisées qu'à des fins strictement professionnelles et que la capture
des écrans pour alimenter une base de données nominative, ainsi qu'une utilisation des données à des fins
commerciales, sont contraires à la loi.

V. LE COMMERCE ÉLECTRONIQUE

Cependant, c'est la montée en puissance de l'Internet commercial, qui stimule abondamment les
pratiques d'identification des Internautes, dans le but de meilleure connaissance et de fidélisation de la clientèle
des services en ligne. De fait, le chiffre d'affaires de la publicité sur le réseau devrait tripler entre 1996 et 1997
et des estimations indiquent qu'à l'heure actuelle, sur les 7 000 sites français du "web", de nombreux sont déjà
porteurs de messages publicitaires.

A. Le forum de la CNP

La Caisse nationale de prévoyance (CNP) a déclaré à la CNIL la création sur le réseau Internet d'un
forum de discussion consacré à l'assurance des personnes.

Ce forum, dont l'hébergement a été confié à un prestataire de service extérieur, permet à toute personne
qui le souhaite, de participer au débat ouvert sur ce thème, grâce à des contributions. Ce forum permet aussi
à la CNP de se faire connaître en ouvrant une base de données d'informations sur la question de l'assurance
et de constituer, à cette occasion, un fichier des personnes désireuses d'être informées sur ses produits.

L'accès au forum est conditionné par l'identification de l'Internaute (nom, prénom, adresse électronique)
et l'approbation d'un code d'éthique, qui l'informe en outre des prescriptions de la loi du 6 janvier 1978. Les
informations recueillies lors de l'accès au forum sont automatiquement reprises et affichées dans l'espace forum
en préalable indispensable à toute intervention. La CNP a précisé qu'un outil de recherche automatique a
vocation à expurger du forum les termes de nature à contrevenir aux limites fixées par le code de bonne
conduite proposé par la CNP aux utilisateurs ; de même, un modérateur aura pour mission de viser les
contributions avant leur diffusion dans le forum.

Les utilisateurs qui souhaitent recevoir de la CNP, par la messagerie électronique, de la documentation
sur le secteur de l'assurance des personnes, à l'exclusion cependant de toutes actions de vente, ont aussi la
possibilité d'adhérer au club forum de la CNP en cochant une case spécifique qui les fera apparaître dans une
"mailing list". Sur ce point, la CNIL a constaté avec satisfaction que la CNP a retenu un système de
consentement préalable à l'utilisation commerciale des données : ainsi, les personnes qui n'ont pas coché la case
ne recevront-elle pas de prospection électronique.

En revanche, la CNIL a estimé que l'accès au forum et la possibilité de participer à un débat sans avoir
à s'identifier aurait pu être aménagée, notamment pour limiter les risques liés à une éventuelle réutilisation des
données. En outre, techniquement, rien n'interdit à un utilisateur du réseau d'emprunter l'identité d'un tiers pour

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intervenir sur le forum.

La CNP s'est engagée pour sa part, à ne pas utiliser les données à d'autres fins que l'envoi de
documentation et à n'effectuer aucune segmentation à partir des thèmes évoqués par les intervenants au forum.

Enfin, il convient de relever que, soucieuse de respecter les règles déjà fixées par la CNIL en matière
de protection des données personnelles sur Internet, la CNP a complété sa page écran relative aux modalités
d'accès au forum, de sorte que :
- les utilisateurs soient pleinement avertis que leurs coordonnées (identité et adresse électronique) et leurs
interventions sur le forum sont accessibles à tous les utilisateurs du réseau Internet pendant une durée
maximum de trois mois ;
- mention soit faite de l'interdiction "d'utiliser les informations accessibles sur cet espace pour d'autres finalités
que celles prévues pour ce forum, notamment pour enrichir des bases de données conçues par exemple à des
fins commerciales ou publicitaires".

La Commission a délivré un récépissé à la déclaration de la CNP, en lui rappelant qu'aux termes de la


loi du 6 janvier 1978, cela ne l'exonère d'aucune de ses responsabilités.

B. Un système de paiement sécurisé

Une société française dénommée Kleline, filiale de la Compagnie bancaire et du groupe LVMH, a
déposé un dossier de déclaration ordinaire auprès de la Commission concernant la mise en oeuvre d'un système
de paiement sécurisé à l'attention des utilisateurs d'Internet. En effet, ce système a pour principal avantage de
permettre aux internautes qui souhaitent acheter des biens et services proposés sur des sites Internet, de ne
pas faire transiter sur le réseau leur numéro de carte bancaire.

Afin d'éviter les risques importants liés à la communication sur le réseau des références d'une carte de
paiement (numéro et date d'expiration), le règlement sera effectué en utilisant les services d'un organisme
intermédiaire entre le client, le commerçant et la banque.

Pour cela, l'internaute doit préalablement télécharger, à partir du site de Kléline ou de celui d'un
commerçant affilié au système, un logiciel spécifique dénommé "Klébox". A l'aide de celui-ci, il s'inscrit auprès
de Kleline, et lui communique à cette occasion son identité, son adresse électronique, les références de sa carte
bancaire, les devises choisies pour le paiement. En retour, Kleline lui attribue un numéro qui identifie son
compte, dit numéro Klebox, et un code secret que l'abonné peut modifier à tout moment. Lors des
transactions, l'identifiant et le code secret doivent être déclinés, permettant d'authentifier l'utilisateur -par une
vérification de la concordance- sans qu'il soit identifié par le commerçant. Ainsi, le paiement demeure-il
anonyme à l'égard du commerçant.

Les paiements effectués sont prélevés sur une réserve d'argent permanente plafonnée à 500 Francs qui
est alimentée sur ordre de l'utilisateur par Kleline grâce au numéro de carte bancaire communiqué lors de
l'inscription. Les utilisateurs peuvent également effectuer des achats d'un montant supérieur à 500 Francs. Dans
ce cas, le paiement est effectué, sur ordre de l'utilisateur, directement par Kleline.

Il est essentiel de noter que l'ensemble des procédures générées par le système Kleline, inscriptions,

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commandes et ordres de paiement, sont sécurisées par des procédures de cryptage des informations validées
par le Service Central de Sécurité des Systèmes d'Information (SCSSI).

Au-delà de ces mesures de sécurité, la CNIL s'est penchée sur l'utilisation que Kleline, qui conserve
la trace de toutes les transactions (date, montant, nature...), pourrait faire de son fichier extrêmement précieux,
a fortiori si les utilisateurs ont fourni, de façon facultative, leur numéro de téléphone, leur nationalité, leur
profession ou encore leur situation matrimoniale, ainsi que le dossier d'inscription le leur propose.

A cet égard, la société s'est notamment engagée à informer les personnes de leur droit de s'opposer à
la cession des données, et à faire figurer sur une page-écran, accessible lors de l'inscription, les prescriptions
de la loi informatique et libertés qui concernent le droit d'accès, de rectification et d'opposition, notamment
à recevoir des informations commerciales d'entreprises tierces.

Mais au-delà la CNIL souhaite, en coopération étroite avec les autres autorités de protection des
données, mener une réflexion sur les conditions d'exploitation à des fins statistiques et pour établir des profils
des données de transactions effectuées. Enfin, toutes les initiatives visant à préconiser des moyens de paiement
totalement anonymes sur Internet doivent être explorées.

C. La capture des données

La collecte et l'exploitation des "E-mail" à des fins commerciales constitue un problème essentiel lié
au développement du commerce électronique sur Internet. En effet, des informations communiquées par
l'utilisateur sur Internet, dans un cadre souvent non commercial, peuvent être détournées de leur destination
initiale.

L'idée se fait jour de manière insistante de lutter contre le "Junk mail", - méthode de prospection
commerciale qui consiste à démarcher de façon intensive les personnes par le biais de leur adresse électronique
-, l'un des moyens étant la constitution d'une liste Robinson des adresses des Internautes ne souhaitant pas
recevoir de la prospection commerciale dans leur "E-mail".

Ainsi, l'Union française du marketing direct (UFMD), qui réunit en France les professionnels du
marketing direct et de la vente par correspondance, envisage de mettre en place une liste de type "liste
Robinson" appliquée à Internet.

Ce type de mesure est par ailleurs préconisé dans plusieurs Etats membres de l'Union européenne. A
cet égard, il convient de relever que d'autres proposent d'instituer un système de marqueurs de l'adresse
électronique elle-même, permettant à l'internaute de signifier son refus d'être sollicité ou de voir son adresse
cédée à des tiers en apposant un signe distinctif dans son adresse électronique. Ainsi, lors de la saisie de son
adresse sur un site, la volonté de l'internaute serait clairement manifestée. Cependant, l'existence de ces
marqueurs ne devrait pas laisser penser aux responsables de sites qu'ils seraient dispensés de l'obligation
d'information sur la finalité des traitements et les droits des personnes.

De tels systèmes paraissent en effet de nature à diminuer le risque ou à dissuader les détournements
d'"E-mail". Ils supposent toutefois une vigilance constante des internautes. Aussi, si de telles solutions peuvent
constituer autant de réponses adaptées à l'urgence de la situation, y-a-t-il lieu de s'interroger sur leur portée.

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Les préconiser ne reviendrait-il pas à considérer que l'"E-mail" pourrait être utilisé à des fins commerciales
quelle qu'ait été la circonstance de sa diffusion sur Internet, dès lors que les personnes ne se seraient pas
inscrites sur un liste spécifique ou n'auraient pas fait valoir leur refus en complétant leur adresse "E-mail" par
le marqueur adéquat?

En les préconisant, ne renverse-t-on pas le principe et l'exception, le principe devenant l'utilisation


indiscriminée des données circulant sur les intéressés, l'exception la protection de ces données si la personne
concernée accomplit un geste de volonté?

Sans doute ces solutions sont-elles de nature à améliorer la situation mais il ne faudrait pas que ce type
d'outils techniques puisse être considéré comme constituant la seule réponse aux exigences découlant de la
protection des données personnelles et du droit à la tranquillité.

VI. LA COOPÉRATION EUROPÉENNE ET INTERNATIONALE

Au plan européen et international, la CNIL, outre les travaux conduits dans le cadre du GERI (cf.
supra), s'est engagée activement pour que la protection des données personnelles émerge de la réflexion
actuellement menée sur les réseaux ouverts, et plus généralement sur la société de l'information, dans diverses
instances créées à l'initiative de la Commission européenne ou d'organisations internationales.

A. Le forum sur la société de l'information

Dès 1994, la Commission européenne a élaboré un plan d'action visant à réussir la société de
l'information en Europe. La création de l'Office des projets de la société de l'information (ISPO) a, de ce point
de vue, constitué une mesure concrète de soutien, de promotion et d'orientation des actions publiques et
privées dans ce domaine. L'office doit servir d'interlocuteur unique auprès de la Commission, rassembler les
solutions permettant de contribuer à résoudre les problèmes soulevés par la société de l'information et faciliter
le lancement d'actions de coopération internationale.

Dans ce contexte, prenant acte de ce que les nouvelles technologies de l'information et de la


communication changeaient fondamentalement les modes de vie et de travail au sein de l'Union, la Commission
européenne a pris l'initiative de réunir pour trois ans, plus d'une centaine de personnes, choisies en raison de
leurs qualités, pour réfléchir, débattre et conseiller. Provenant d'horizons divers (industriels, utilisateurs de
nouvelles technologies, syndicats, associations...), les membres du forum ainsi créé en 1995 comptent parmi
eux plusieurs spécialistes de la protection des données, le vice-président délégué de la CNIL ayant été appelé
à ce titre à y siéger.

Six groupes de travail ont été constitués au sein de ce forum afin d'analyser :
- l'impact sur l'économie et l'emploi (groupe 1),
- les valeurs sociales et démocratiques fondamentales dans la communauté virtuelle ( groupe 2),
- l'influence sur les services publics (groupe 3),
- l'éducation, la formation et l'apprentissage dans la société de l'information (groupe 4),
- la dimension culturelle et l'avenir des médias (groupe 5),

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- le développement durable des technologies et des infrastructures (groupe 6).

Les groupes se sont réunis à deux reprises en 1996. En juin 1996, le Forum a diffusé son premier
rapport annuel, sous le titre "Des réseaux pour les citoyens et leurs communautés" (disponible sur le serveur
web : http://www.ispo.cec.be/infoforum/pub.html).

Le Forum indique qu'il estime que la sensibilisation du public à la révolution de l'information représente
un élément essentiel pour la réussite de la société de l'information, cette réussite passant nécessairement par
la garantie d'un accès universel des personnes aux services en ligne. La création d'un cadre réglementaire qui
renforce la concurrence, le pluralisme et la démocratie constitue aussi une priorité. De nombreuses
recommandations sont faites à l'attention de la Commission européenne. L'idée de créer une carte du citoyen
européen a été lancée, et le rapport précise qu'elle pourrait être multifonctionnelle et comporter diverses
informations tout en restant compatible avec les exigences de protection des données et de la vie privée.

Le Forum a relevé que la démocratie est confrontée à des risques importants, et notamment que la
société de l'information pourrait devenir une société "espionne", faute d'avoir su préserver des droits aussi
fondamentaux que la vie privée et son indispensable protection.

A cet égard, le Forum indique que les nouvelles technologies doivent :


- garantir le pluralisme de l'opinion et de l'information,
- renforcer les droits du citoyen à l'accès à l'information publique,
- permettre aux citoyens de participer davantage au processus de décision politique et de contrôler le
gouvernement,
- permettre aux individus de devenir des producteurs actifs d'information,
- améliorer la confidentialité et l'anonymat dans les communications personnelles et les transactions.

Le Forum a adressé à la Commission européenne de nombreuses recommandations prônant l'accès de


tous à la société de l'information et le renforcement de la démocratie et des droits individuels. L'élaboration
d'un cadre juridique protégeant le droit de l'individu au respect de sa vie privée et de l'anonymat s'avère
indispensable, notamment par la création de procédures de cryptage fiables, lesquelles nécessiteront des
directives européennes et des dispositifs de certification à l'échelle européenne.

De façon générale, le Forum a indiqué que les systèmes d'information doivent être conçus pour
renforcer la protection des données.

En tout état de cause, il conviendrait que :


- les systèmes d'informations offrent directement aux personnes concernées, le choix de décider si leur identité
peut être ou non révélée ou traitée dans une base de données ;
- les citoyens soient alertés sur les dangers potentiels inhérents aux traitements des données personnelles et
qu'ils profitent aussi des avantages liés aux technologies qui permettent d'accroître la sauvegarde de la vie
privée.

En fait, les règles de protection des données personnelles qui ont été définies au plan national et par
la directive européenne devraient être réaffirmées et enrichies au fur et à mesure de la construction de la
société de l'information. Il serait en outre utile de renforcer les garanties particulières adoptées en matière de
traitements sensibles, par exemple ceux relatifs à des données médicales. L'Union européenne a d'ailleurs déjà

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fait des propositions pour accroître la protection des données personnelles en cas de transmission par des
réseaux.

Dans la mesure où la société de l'information constitue un phénomène mondial, la préservation des


valeurs auxquelles les Etats membres sont attachés nécessite surtout que l'Union européenne prenne l'initiative
d'une action au plan international, par exemple au niveau des Nations Unies ou de l'Organisation Mondiale du
Commerce, pour faire adopter des règles juridiques contraignantes.

B. Le livre vert sur la vie et le travail dans la société de l'information

En 1996, la Commission européenne a rédigé, dans le cadre de son plan d'action défini en 1994, un
livre vert relatif à la vie et au travail dans la société de l'information (COM(96)389).

Les commissaires européens à la protection des données ont souhaité à cet égard fournir à la
Commission européenne un éclairage précis sur la protection des informations nominatives. Ils lui ont adressé
un document rappelant le cadre juridique existant en ce domaine, tel qu'il est en particulier exposé dans la
directive de l'Union européenne sur la protection des données adoptée en 1995.

S'agissant d'Internet, les commissaires ont fait savoir qu'ils estimaient indispensable d'informer les
citoyens des risques encourus à divulguer des données personnelles confidentielles, et du fait que les
renseignements détaillés sur l'utilisation du réseau peuvent être enregistrés par des prestataires de services
Internet.

C. La 5ème conférence mondiale du "world wide web"

A l'occasion de la 5ème conférence mondiale du World Wide Web qui s'est déroulée à Paris, le 9 mai
1996, il a été demandé à la CNIL de participer à une table ronde consacrée à la protection des données et au
respect de la vie privée sur Internet (textes de la conférence disponibles sur http://www5conf.inria.fr).

Elle a permis de dresser un panorama de la protection des données dans le monde et de montrer, de
manière pratique, comment les lois nationales sont applicables. Cette conférence a également permis de faire
connaître les travaux conjoints du GERI et du groupe international de Berlin concernant la protection des
données sur Internet. Elle a également permis d'illustrer par des exemples concrets l'importance du principe
de la collecte loyale des données et d'interpeller directement les concepteurs et les industriels sur les moyens
adéquats pour assurer, selon les besoins, l'anonymat des utilisateurs d'internet ou leur identification sûre.

D. L'OCDE

Lors d'une réunion informelle de l'OCDE sur l'économie et la société de l'information qui se tenait à
Séoul en Corée du Sud, le 23 octobre 1996, l'idée d'un projet de charte de coopération internationale sur
l'Internet a été lancée par le gouvernement français.

Cette charte devrait s'articuler autour de 3 objectifs :


- définir la responsabilité des acteurs présents sur l'Internet, au regard de la liberté d'expression et du secret

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des correspondances ;
- la coopération et l'harmonisation des législations en matière de respect de la dignité humaine ou de protection
de la vie privée ;
- l'adoption d'un code de bonne conduite sur le réseau.

En écho à ce projet, la CNIL a adressé au ministre des Technologies de l'information et de la poste un


courrier saluant cette initiative et appelant son attention sur la nécessité que les projets de textes internationaux
et nationaux destinés à compléter les instruments de régulation actuels du réseau se réfèrent impérativement
à la protection des données personnelles.

En effet, la Commission a souhaité rappeler que dès lors que circulent sur Internet des informations
sur des personnes physiques, et que peuvent être transmis ou créés, à une échelle mondiale, des fichiers
nominatifs, les règles de protection des données personnelles doivent être prises en considération pour
l'appréciation tant de la responsabilité des acteurs présents sur Internet que pour la définition de la coopération
internationale et du cadre réglementaire.

Un récent colloque de l'OCDE sur le commerce électronique, qui s'est tenu à Paris les 3 et 4 mars 1997,
et auquel a participé la CNIL, a confirmé que la question de la protection des données personnelles dans le
commerce électronique devenait une préoccupation partagée.

Les USA en particulier, dans un document publié par la Maison Blanche sous le titre "A framework
for global electronic commerce", se sont montrés préoccupés par les problèmes posés par Internet dans la
sphère commerciale du fait de sa mondialisation et, en même temps, conscients du fait qu'il n'était plus possible
d'ignorer que l'Union européenne, regroupant 480 millions de consommateurs, s'était dotée d'une directive sur
la protection des données personnelles dont bien des dispositions retentissent sur cette matière, chacun de ces
pays disposant en outre, désormais, d'une autorité de contrôle. Les Américains ont pris d'autre part en compte
l'inquiétude créée chez les consommateurs par la faculté, considérablement amplifiée par Internet, de constituer
des mégabases de données individuelles comportementales et persuadés de l'avantage commercial considérable
qui serait offert aux entreprises apportant au public des garanties sécurisantes dans ce domaine ; ils estiment,
cependant, que la réponse appropriée, contrairement à la position prise par l'Union européenne, réside moins
dans une réglementation que dans une autodiscipline des professionnels, notamment sous forme de codes de
déontologie, dans le développement des techniques d'effacement des traces laissées sur Internet, dans l'offre
de garanties par les commerçants à la clientèle lors de la constitution et la cession de bases de données
comportementales et enfin par la négociation d'accords internationaux, bi ou multilatéraux.

De leur côté, les différentes autorités de contrôle européennes et la Commission européenne sont bien
conscientes de l'importance et de l'urgence posées par le développement d'Internet dans le domaine du
commerce électronique, spécialement au regard des principes posés par la Directive et de la nécessité, le cas
échéant, de les compléter. Nous sommes là face à l'un des problèmes actuels les plus urgents et les plus délicats
en matière de protection des données à caractère personnel à raison de son caractère mondial et de la diversité
des approches envisagées, notamment en ce qui concerne les USA et l'UE et à la nécessité, eu égard au
caractère fulgurant des progrès d'Internet, de dégager au plan mondial des solutions dans un délai
particulièrement bref.

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