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Il est impossible pour un éléphant de sauter, pour des raisons d'ordre biomécanique : il lui faut

toujours un pied sur le sol. Cependant il peut courir à une vitesse maximale de 20 km/h (un éléphant
ayant été chronométré à 24 km/h dans le cadre d'une étude scientifique)11.

Même si on emploie le terme « courir » pour un éléphant, il est à noter que le terme est inapproprié.
Il serait plus logique de dire qu’il « marche vite ». En effet, il ne change pas son allure (sa façon de se
déplacer) lorsqu’il accélère.

Un éléphant d'Afrique mâle adulte mesure 3,50 mètres au garrot et pèse 5 à 6 tonnes, une femelle
adulte mesure 3 mètres de haut au garrot pour une masse de 4 tonnes environ. À la naissance,
l'éléphant pèse environ 120 kg. Un éléphant vit en moyenne 60 ans. Le plus grand éléphant connu a
été signalé en Angola en 1974 : il s’agissait d’un mâle de 12 tonnes mesurant 4,20 m au garrot, soit
un mètre de plus que la moyenne des éléphants africains12.

Des éléphants nains, de la taille d'un grand cochon, ont également peuplé les îles méditerranéennes
au cours de la Préhistoire13,14 ; certains sont signalés en Crète jusqu'en 5000 av. J.-C., voire jusqu’en
3000 av. J.-C.15,16.

Trompe

La principale caractéristique des éléphants est leur trompe appelée proboscis. Il s'agit d'un organe
nasal (avec une fonction de respiration et de perception des odeurs) allongé qui découle de la fusion
de la lèvre supérieure et du nez. La trompe est un organe souple et préhensile leur servant pour
porter l'eau et la nourriture à la bouche, tirer ou transporter des objets et pousser des cris.

La trompe comporte entre 100 00017 et 150 00018 muscles ; elle est dépourvue d'os et pèse plus de
100 kg19.

La trompe se compose de deux longs tuyaux cylindriques, partant de l’ouverture antérieure des
fosses nasales. Ces tubes se rétrécissent à la région de l’inter mâchoire, ce qui empêche l’eau
pompée par la trompe de pénétrer dans la cavité nasale ; ils offrent ensuite une dilatation, puis se
resserrent de nouveau à l’endroit où ils s’ouvrent dans les narines osseuses, et où ils sont couverts
par un cartilage nasal ovale. (…) Les tubes sont entourés d’une multitude de faisceaux musculaires,
les uns longitudinaux, les autres rayonnant vers la peau et servant à comprimer les premiers.
Quelques-uns enfin, mais en moins grand nombre sont circulaires. Cependant il faut distinguer de ces
muscles, propres à la trompe, ceux qui servent à mouvoir l’organe en entier. Ces derniers sont
comparables aux muscles de la queue. On les distingue en élévateurs et abaisseurs supérieurs et
latéraux, qui naissent du front, des os propres du nez et des cartilages, tant de l’os maxillaire
supérieur que de l’intermaxillaire20.
Le bout de la trompe d'un éléphant d'Afrique est en forme d'amande, alors que celle d'un éléphant
d'Asie est en forme de poire. L'excroissance à son extrémité a une fonction analogue à un doigt, leur
permettant de décortiquer une cacahuète21. Les éléphants ne boivent pas directement par leur
trompe. L'effort nécessité pour se pencher jusqu'au sol afin de boire l'eau par la bouche étant trop
important et l'opération étant même impossible lorsque l'eau se trouve au-dessous du niveau du sol,
ils boivent en remplissant leur trompe avec de l'eau qu'ils aspirent et gardent momentanément avant
de la verser ensuite, par gravité, dans leur bouche17.

L'allongement du museau des proboscidiens anciens à l'origine de l'éléphant serait lié à la croissance
continue des incisives (les défenses) et leur augmentation de taille : herbivores concurrencés par les
ruminants et les équidés, leur adaptation trophique se traduit alors par un régime de plantes plus
fibreuses peu nutritives et une augmentation de taille corrélative, les proboscidiens fourrageant
pendant des heures à la recherche aussi bien de végétaux au sol que de feuilles d'arbres22.

Forme du bout de la trompe de l'éléphant.

Un éléphant peut se servir de sa trompe pour se nettoyer l'œil.

La trompe d'un éléphant dans la bouche d'un autre.

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Denture et défenses

Dent d'éléphant où l'on voit les crêtes.

v · d · m Formule dentaire

mâchoire supérieure

3 3 0 1 1 0 3 3

3 3 0 0 0 0 3 3

mâchoire inférieure
Dentition variable chez l'éléphant

Le plus souvent les éléphants ont des défenses, des dents très allongées utilisées par ces animaux
comme outil, arme de défense et attribut sexuel23. Les défenses sont des dents supérieures à
croissance continue. L'éléphanteau possède des prémolaires de lait qui tombent lorsque les molaires
apparaissent, l'adulte n'en possède pas. Chez les éléphants adultes il n'y a que 6 dents, 2 incisives, ce
sont les défenses, et 4 molaires. La formule dentaire est i1/0 c0/0 m1/1.

Les dents sont essentiellement composées d’ivoire et d’émail qui forment la couronne des dents par
de nombreuses crêtes transversales, qui sont plus ou moins lamellées. Les crêtes sont disjointes puis,
au fur et à mesure, un cément se forme et s’intercale entre les dents pour former un tout24. Un petit
nombre de dents molaires sont présentes à chaque mâchoire, parfois une paire (…), (…) une paire à
l’une des mâchoires et deux à l’autre, (…) encore deux paires à chacune, de plus les dents
correspondantes entre elles n’ont ni la même apparence, ni le même nombre de lamelles24.

Selon les études de Corse et de Blainville, les éléphants (…) ont six paires de dents à chacune des
mâchoires. Ces dents augmentent de volume depuis la première jusqu’à la dernière ou sixième, et le
nombre de leurs lamelles (…) est aussi de plus en plus considérable.25. La succession des dents
molaires s’opère ainsi par flots d’une manière lente mais réglée, et l’on admet trois flots différents.
Les dents se présentent deux par deux de chaque côté de l’une et de l’autre mâchoire. Le degré plus
ou moins avancé de l’usure de chacune d’elles détermine les différences que l’on remarque dans le
nombre total de lamelles (…) pour chaque flot25.

Peau

La peau de l'éléphant est d'une épaisseur d'environ 2 cm26. Cette peau est fragile du fait de la
présence de plis où viennent se loger des parasites27. Il n'y a pratiquement pas de poils, et il n'y a ni
glande sudoripare, ni glande sébacée7. De ce fait, leur peau est sèche, c'est pour cela qu'elle doit
être souvent humectée à l'aide d'eau projetée par la trompe ou couverte de poussière ou de boue
également projetée par leur trompe7.

La couleur de la peau est grisâtre ; cependant sa couleur apparente est liée au sol sur lequel évolue
l'éléphant. Elle peut aussi être due aux bains de boues28.

La faible densité des poils (quelques centaines par mètre carré, chaque poil mesurant en moyenne 2
centimètres de longueur et 0,5 mm de diamètre) agit non plus comme une fourrure mais participe —
à hauteur de 23 % — avec d'autres mécanismes de thermorégulation (battement des oreilles, bains,
pulvérisation d'eau avec leurs trompes, respiration percutanée) à la thermolyse du mammifère, les
poils agissant comme des ailettes qui augmentent la surface d'échange et donc les transferts
thermiques29.
Peau de l'éléphant.

Fichier:Elephant Mud Bath.ogv

Bain de poussière d'éléphant au Botswana.

Éléphant couvert de boue séchée en Namibie.

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Oreille

Les oreilles de l'éléphant lui permettent de réguler sa température corporelle30, grâce à une
vascularisation très importante18. Lorsqu'il mange des fruits fermentés ayant un degré d'alcool
d'environ 7 °, l'éléphant remue violemment ses oreilles, de même pour sa queue et sa trompe30.
Elles sont généralement plus petites chez l'éléphant d'Asie.

Cerveau

Le cerveau de l'éléphant, situé à l'arrière de son crâne31, pèse entre 4 et 6 kg, ce qui est déjà
considérable. Si l'on compare la taille du cerveau de l'éléphant à sa masse corporelle, il est alors le
mammifère ayant le plus petit cerveau, alors que la souris possède le plus grand32.

Biologie et comportement