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Titre 2 : Les juridictions administratives

Les juridictions se divisent en deux catégories :


- juridictions judiciaires : litiges entre les personnes privées
- juridictions administratives : litiges entre les administrations et les administrés, et
entre les administrations entre elles

Section 1 : Les grandes étapes de la formation des juridictions administratives

1ère étape, sous la Révolution Française


- La loi des 16 et 24 août 1790, notamment l’article 13 : séparation des autorités
administratives et judiciaires

2ème étape, 24 mai 1872 :


- Constitution de l’an VIII : institution du CE
- passage de la théorie du ministre juge à la justice déléguée
- loi du 24 mai 1872 : le CE peut statuer au nom du peuple français, la justice devient déléguée
→ arrêt Cadot (1889)
- Réinstauration du Tribunal des conflits, emblème de la dualité des juridictions
françaises

1945 : les auditeurs au CE sont désormais recrutés par l’ENA

Deux réformes :
- 1953 : création des tribunaux administratifs, juridictions administratives de première
instance de droit commun
- loi du 31 décembre 1987 : création les cours administratives d’appel → le CE a un rôle de
cassation + le CE a la gestion de l’ensemble des cours admin.

3ème étape, 1980 et 1987 :


- DC 22 juillet 1980 : principe d’indépendance des juridictions admin.
- DC 1987 : les jur° admin vont se doter d’un statut constitutionnel en consacrant leur
bloc de compétences

=> PFRL : la juridiction administrative est seule compétente pour annuler ou réformer les
décisions prises par les autorités admin. dans l’exercice des prérogatives de puissance
publique.
=> Seulement une partie des compétences des jur° admin qui est dotée d’un statut
constitutionnel.

Le CC comble ainsi l’absence d’un véritable statut constitutionnel des jur°


administratives qui crée un déséquilibre avec les jur° judiciaires.
Les contours de son bloc de compétence sont cernés par la décision :
- exclusion du contentieux de la responsabilité, du contrat
- limite du bloc : les décisions qui sont par nature réservée à l’autorité judiciaire
(contentieux de la propriété privé et des libertés individuelles)

Section 2 : Les principales caractéristiques des juridictions administratives


Ce sont des jur° en constante évolution qui connaissent encore ajd un mouvement
de modernisation.

Ce sont des jur° proches de l’administration. Les membres des jur° sont issus de
l’administration → problème de partialité.

Indépendance des jur° protégée et garantie depuis la décision du CC. Protégée


notamment par le CE.

Le droit public français est un droit jurisprudentiel, les jur° admin sont chargées de
“créer le droit.”

Mise en place de jur° admin spécialisée → ex : cour nationale de droit d’asile

Loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et au droit des obligations des fonctionnaires,
déontologie des membres des jur° administratives (ex : ils doivent faire une déclaration
d’intérêt).

Section 3 : Le Conseil d’État

§ 1 : Organisation et statut du CE

Le CE est une institution et un corps fonctionnaire, il a une double fonction : consultative et


contentieuse qui est assurée par différentes sections.

5 sections administratives : intérieur, travaux publics, finances, sociale et administration +


rapport et étude

Section du contentieux :
- divisée en 10 chambres depuis la loi du 20 avril 2016

Les sections du CE sont présidée par un Président de section. Le vice président du


CE qui est le président effectif, traditionnellement c’était le PM, fonction honorifique.

§ 2 : Les attributions non contentieuses du CE

Dans le cadre de sa mission de conseiller, le CE va donner son avis sur des projets
de texte. Il rédige aussi un rapport, devenu public à partir de 1989.

Le CE est consulté pour avis de tous les projets de loi et ordonnances, des décrets
en CE + de certaines décisions importantes.
Par ailleurs le gouvernement peut le saisir d’un projet de texte ou de décision s’il le souhaite.

Révision constitutionnelle 1992 : CE saisit des projets de texte de l’UE sur lesquels il
peut appeler l’attention du gouvernement
Réforme de 2008 : possibilité au président de l’AN et du Sénat de demander au CE
son avis sur une proposition de loi il conseille aussi le pouvoir législatif, mesure facultative
mais importante car crée un nouveau lien et étend rôle du CE, CE ne donne pas son avis
politique, il va regarder régularité du texte par rapport aux autres normes.

Le CE peut être saisi par le gouvernement qui peut lui demander un avis sur toute
question, question sur lesquelles gouvernement a des difficultés administratives ou
juridiques sur des sujets de grande portée.
Avant c’était secret mais désormais tend à être publié par la pratique. Étendue aux
avis rendu par le conseil d’état sur les projets de loi.

§ 3 : Les attributions contentieuses du CE

Le CE a différents niveaux de compétences : juge de premier ressort, d’appel et de


cassation.

En premier ressort : contrôler texte de portée nationale. Contester la légalité d’un décret du
PM c’est le CE qui est compétent en 1er ressort : recours contre ordonnances/décret/etc.

Loi de 2015 qui introduit nouveaux articles qui donnent compétence au CE pour
connaître des requêtes très spécifiques sur la mise en œuvre des techniques de
renseignement et les fichiers intéressant la sureté de l’état : contexte du terrorisme, attentat,
etc.

En appel : compétence réduite qui va se manifester en matière électorale et en matière de


référé liberté.

En cassation : contrôle arrêt rendu par les CAA ou par des J° qui statuent en premier et
dernier ressort.

Pour réaliser ses missions, la section est divisée en 10 chambres qui ne sont pas
organisé de façon réglementaire mais organisation qui se fait plus de facto. Il existe
différentes formations jugements : 4 niveaux de formation collégiales, certains cas où le juge
peut statuer seul.

Formation de jugement :
- Une chambre qui juge seul
- Les chambres réunies
- La section du contentieux : 15 membres
- L’assemblée du contentieux : formation suprême qui comporte 17 membres et
présidé par le Vice président du CE, certains affaires qui marquent l’évolution de la
JD : affaire Vincent Lambert

Le pouvoir réglementaire et législatif ont dû organiser de façon stricte la séparation


des activités contentieuses et des activités consultatives. Le CE peut donner son avis sur un
décret et statuer sur la légalité d’un décret : règles qui interdisent au membre de la section
consultative de statuer au contentieux sur ce même texte.
A savoir :
- comment statue la fonction contentieuse
- le CE comme juge de l’admin peut agir en premier et dernier ressort, en appel et en
cassation

Section 4 : Les CAA et les tribunaux administratifs

TA : juge de droit commun, en première instance, présidé par un président, divisé en


chambre.

Formations différentes :
- 3 magistrats sous la présidence du président de chambre
- 5 magistrats
- formation plénière

Le TA a des fonctions contentieuses et non contentieuses. Les TA et CAA sont


principalement des juridictions, ils ont pour mission de juger l’administration. Leurs
attributions contentieuses peuvent être de donner un avis sur la légalité d’un acte du préfet,
par exemple/

CAA : juge d’appel de droit commun, formé contre les jugements des TA. Le législateur lui a
donné quelques compétences en premier et dernier ressort. Présidé par un conseiller d’état,
les autres membres viennent des TA et CAA. Organisé en chambre et existe différentes
formations.

Section 5 : Les juridictions administratives spécialisées

De nature et d’importance variées mais qui présentent caractéristiques communes

A) Les caractéristiques communes

❖ Caractère juridictionnel

Ce sont des organes juridictionnels créés par la loi et en charge de régler des
contentieux spécifiques. Son rôle est un rôle de juge de cassation. Elles n’ont pas qu’un
caractère administratif.

Les textes ne sont pas clairs. Cela pose des problèmes et notamment avec les AAI
qui ont un pouvoir de sanction qui se rapproche du pouvoir juridictionnel des juridictions.
Mais non, les AAI ont bel et bien simplement un pouvoir de sanction, alors que les
juridictions ont un pouvoir juridictionnel.

❖ Exigence d’indépendance, d’équité et impartialité du procès

Dans de nombreux cas, elles sont composées de professionnels qui connaissent un


certain secteur. Mais même si pas magistrat soumis aux mêmes critères.
❖ Les compétences d’attribution

Et non pas de principe. Leurs compétences sont définies par les textes. Et interprété
strictement leur compétence.

❖ Règles différentes en matière d’appel et de cassation

Dans certains cas, on retrouve au sein même de la juridiction spécialisé en niveau de


la première instance et d’appel. Ex : la Cour de comptes. Il faut que le recours en cassation
soit possible devant CE même quand l’appel n’existe pas décision du 7 février 1947
D'aillières du CE même sans texte pour toute décision juridictionnelle est susceptible au
moins d’un recours en cassation.

B) Les principales juridictions spécialisées

Quatre grands domaines :

● Le droit d’asile : avec l’existence de l’une de cours spécialisées les plus importantes
= la CMDA juge des décisions prises par l’OFPRA sur les demandes d’asile ou de
protection.

● Le droit disciplinaire : nbr juridictions spécialisées statuent à l’égard des agents


publics et d’autres qui sont des juridictions dites cardinales (ex : ordre de médecins)

● Le domaine social : en matière sanitaire et sociale

● En matière financière : ex : la Cour de compte ou la Cour de discipline budgétaire et


financière.

Le tribunal des conflits (pas le temps de le voir en cours mais aller chercher dans un
livre car important de le savoir, notamment sur son statut).