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Guide pratique et scientifique

pour l’élevage des poules pondeuses


et des poulets de chair
BLAISE MPUPU LUTONDO

Guide pratique et scientifique


pour l’élevage des poules pondeuses
et des poulets de chair

L’HARMATTAN-RDC
© L'HARMATTAN, 2012
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-55716-1
EAN : 9782296557161
« Une étincelle ne peut enflammer
qu’une brousse préalablement desséchée »

KAKEZ EKIR NKAZ-AZAM


Dédicace

Au Seigneur Jésus-Christ, mon seul soutien, mon bouclier, ma forteresse, mon


tout : « m’a rendu réellement capable de faire des inventions….. »
Exodes 31, 3-4

Je rends grâce pour ce travail


A la mémoire de celui dont je porte le nom, mon regretté père Rémy MPUPU
Jolys.
A ma mère Rose KASI-KASI en sa qualité de meilleure parente ;
A ma très chère Lydie et à mes enfants bien-aimés pour vos sacrifices énormes,
votre soutien et les privations de certains de vos droits.
A mes frères et sœurs MPUPU, frères et mes sœurs en Christ ; à tous mes amis
et aînés.

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Remerciements

Nous remercions le Professeur Léon MATANGILA MUSADILA pour son


soutien financier et surtout pour l’honneur qu’il m’a fait en préfaçant cet
ouvrage.
Aux professeurs Oscar KATUNDA LY-WEMBE et Dieudonné MUSIBONO
EYUL’ANKI pour vos lectures attentives, vos conseils et suggestions.
Je souhaite aussi évoquer la famille BUSONG de FUNDA, la famille
MAKONDA DIYABANZA, la Famille FUMU TAMUZO, la communauté de
l’Université du Fleuve pour m’avoir assisté d’une façon ou d’une autre.

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Préface

Le livre de Blaise-MPUPU a pour matrice la farine de Moringa : un test réussi


pour l’aviculture en zone tropicale. Premier du genre, ces pages constituent un
guide pratique et scientifique indiscutable.
En effet, en ce début du 21ème siècle, la question de la malnutrition et d’une
alimentation équilibrée se pose encore avec acquitté, en Afrique surtout.
L’objectif de ces pages est de concilier la réflexion théorique et sa mise en
œuvre pratique dans le souci d’améliorer et d’assurer une aviculture de qualité,
en zone tropicale.
La question majeure pour Monsieur MPUPU est celle de savoir
notamment comment intégrer la farine de feuille de Moringa dans
l’alimentation de la volaille pour promouvoir un élevage de qualité de
pondeuses et des poulets de chair ?
L’hypothèse chère à l’auteur est en outre la prise de conscience selon
laquelle une aviculture améliorée et de qualité contribue à la lutte contre la
malnutrition et la promotion d’une alimentation équilibrée. Une telle
alimentation peut nous éviter certaines maladies et garantir une santé saine, apte
à assurer une longévité du genre humain, en Afrique surtout.
Ce qui est certain, tenter une telle entreprise ne manque pas des difficultés :
les matériaux d’expérimentation limités, avec les moyens de bord insuffisants,
l’échantillonnage réduit à quelques volailles.
Monsieur MPUPU a procédé par une expérimentation de la farine de
feuille de Moringa en préparant trois rations. Le 1er test a porté sur la farine de
Moringa à 5% ; le 2ème test la farine de Moringa à 7,5% ; le dernier test fut
constitué par un aliment sans Moringa, aliment témoin.
La conclusion de l’auteur est que la farine de Moringa à 5% dans
l’alimentation de la poule assure l’augmentation de la ponte, le poids de l’œuf
est supérieur à la moyenne, soit 67g. L’augmentation des poids des poulettes est
linéaire, leur croissance très rapide. Un polymorphisme de couleur des œufs est
observé, dominé par la couleur foncée. La taille des œufs est très appréciable :
7,5cm de longueur, une largeur de 6,75 à 7cm, le rapport largeur sur la longueur
est de 9.
Le livre est subdivisé en six chapitres :
Le prémier porte sur l’anatomie et la physiologie de la poule, le second sur
la revue de la littérature, le troisième nous renseigne sur l’alimentation de la
volaille. Le quatrième chapitre décrit la plante de Moringa. Quelques
pathologies aviaires ont fait l’objet du cinquième chapitre. Le dernier a
présenté les expérimentations menées dans l’alimentation de la poule.

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La formation d’Ingénieur Agronome Zootechnicien confère à Blaise-
MPUPU des outils indispensables pour une analyse, un test et une
expérimentation dont les résultats incontestés, premier du genre, ne peuvent
qu’être salués par le monde scientifique et les agents du développement.
Le monde universitaire ne peut que s’en féliciter et s’en réjouir. J’en
recommande vivement non seulement la lecture, mais encore et surtout,
l’expérimentation pour ceux qui désirent contribuer à l’amélioration de la
condition sanitaire de l’humanité.
Léon MATANGILA MUSADILA

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Introduction

Cet ouvrage donc a été rédigé avec quatre objectifs : informer, former, inviter à
l’action et ouvrir des pistes de recherche.
Mes pages portent sur la farine des feuilles de Moringa oleifera Lam, un test
réussi pour l’agriculture en zone tropicale. Guide pratique et scientifique de
l’élevage des poules pondeuses et des poulets de chairs.
En effet, le régime alimentaire des populations de la zone tropicale est le plus
souvent déficitaire en protéines tant sur le plan quantitatif que qualitatif. La plupart
des pays de cette zone peuvent attendre un taux d’amélioration dans ce domaine
que l’accroissement de cultures vivrières, de l’élevage et de la pisciculture. Plus on
mange bien un aliment équilibré quantitativement et qualitativement, moins on
tombera malade, plus il y aura répercussion positive sur l’économie du pays en
général.
Parmi ces productions, l’aviculture tient souvent une place de choix dans les
plans du développement dans de nombreux pays. Ceci tient à des raisons
économiques, nutritionnelles et surtout au goût du consommateur pour les produits
avicoles. L’élevage avicole en zone tropicale est donc important à plusieurs titres.
Le secteur d’élevage connaît plusieurs problèmes dont l’insuffisance
d’aliments, particulièrement la carence d’ingrédients riches en protéines et à bon
prix. En effet, en aviculture intensive, source de production économique et de
réserve alimentaire majeure, la plus grande fraction (1), est imputable à l’aliment
(IEMVT, 1991, Fontaine CADORE, 1995).
Ce coût exagéré asphyxie cette activité dont il ne permet pas le développement
local, il ne permet pas non plus la sécurité alimentaire et laisse la famine sévir sur la
population.
Cette situation nous pousse à valoriser les ressources alimentaires biologiques
qui n’ont pas de résidus des polluants organiques persistant dans la formulation de
la ration à moindre coût pour essayer de rentabiliser les petites exploitations
zootechniques.
Les différentes connaissances et techniques mises en œuvre dans cet ouvrage
permettront au lecteur d’acquérir des notions pratiques qui lui faciliteraient la mise
en œuvre de différentes activités notamment les élevages, la production des rations
pour volaille, la vente de volaille leur procurerait de l’argent, de la nourriture et
autres. Ainsi, nous contribuerons grandement à la lutte contre la pauvreté et
l’insécurité alimentaire.

1. 70 % de coût de production avicole

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Que nos lecteurs puissent bénéficier de l’expérience acquise au cours de 10
années écoulées tant au niveau des élevages traditionnels améliorés qu’au niveau de
la recherche dans les domaines précités.
Avec cette publication, nous mettons en évidence d’autres pistes de recherches
dans ce domaine précieux de la production animale.
Les éleveurs se posent beaucoup de questions pour trouver l’ingrédient idéal que
l’on peut incorporer, à faible dose, dans la formulation des rations pour les volailles en
donnant de très bons résultats. Cet ouvrage cherche à brandir l’impact très positif de
la farine de feuilles de Moringa oleifera Lam qu’est riche en protéines, très riche en
acides aminés, 19/20, (le tiers est directement digestible) et en vitamines, surtout du
groupe B ; en vitamine A essentiel pour la croissance et la ponte des pondeuses et
poulets de chair. Pour ce dernier, le résultat est positif si la pénicilline procaïne est
associée à la dite farine comme additif. Il est bien connu que les vitamines du groupe
B et la vitamine A ont une grande valeur dans l’amélioration de la croissance et de la
ponte (Hequin, 1963, C.R.E.T., 1992).
Comment peut-on comprendre que la farine des feuilles de Moringa oleifera
lam, bien qu’étant riche en protéines et en vitamines, mais aussi très fibreuse avec
19,2 g puisse devenir une ressource providentielle pour l’aviculture en zone
tropicale ? Cependant les monogastriques non herbivores, notamment la poule
digèrent à peine la cellulose. Maximum 5,5 % chez les pondeuses et 3,8 chez les
poulets de chair (IMEVT, 1991). Comment manipuler cette farine, à quoi la
mélanger pour une vertu pareille à celle reconnue à la farine de feuilles de Moringa ?
Enfin quelle quantité utiliser pour qu’il serve réellement de ressource providentielle à
l’aviculture ? Cet ouvrage nous le précise.
Je soutiens l’hypothèse selon laquelle l’incorporation de la farine de feuille de
Moringa oleifera lam peut améliorer aussi bien les performances de croissance des
poules pondeuses et poulets de chair que celui de la ponte, du poids de l’œuf, le
nombre d’œufs et de l’indice de consommation chez les pondeuses. Chez les
poulets de chair, les résultats sont meilleurs si la pénicilline procaïne est associée
comme additif à la farine de feuille de Moringa.
Mes expérimentations ont été menées chez les pondeuses Lhoman et le poulet
de chair ISA 715.
J’ai utilisé l’expérimentation sur terrain avec trois différents cheptels à des
années et moments différents et avec trois grands objectifs différents à savoir :
- 1ère expérimentation : du 01 janvier 2006 au 2 mars 2006 : saison de pluie ;
nous nous sommes servi d’une population de 42 pondeuses de 28 semaines de la
race Lhoman Brown qui ont reçu trois vaccins différents : HB1 une fois, Gumboro
deux fois, P.P.A lasota trois prises bien réparties, dont le poids moyen était de 1600g
à l’entrée en ponte. Avec comme objectif de tester l’impacte de la farine de feuille
de Moringa sur la ponte. Ainsi les paramètres ci-après ont été à l’étude :
Nombre d’œufs pondus
Consommation alimentaire par poule ;
Indice de consommation ;

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Rentabilité de l’aliment ;
Poids de l’œuf.
Il sied de signaler qu’avant et pendant notre expérimentation nos poules étaient
frappées de la coccidiose, une broncho pneumonie. Nous avons administré
l’amprolium et l’oxytetracicline pour les combattre. La pipérazine de citrate et le
pantominavite étaient donnés pour prévenir la verminose et le stress.
Enfin nous avons aussi utilisé les décoctions du Cymbopogon citratus et
Vernonia amigdalina pour prévenir d’autres pathologies.
- 2ème expérimentation : du 13 février au 30 juillet 2007 méthode d’élevage
traditionnelle ; nous avons utilisé un cheptel de 60 poules pour les pondeuses à 2
mois d’âge, soit 8 semaines avec un poids moyen de 777 g. Nos observations ont
commencé à l’âge de 2 mois jusqu’à 6 mois au début de la ponte. Après avoir
découvert les vertus de la farine de Moringa dans l’incorporation à 5% durant la
première expérimentation, nous avons proposé de reconduire la même formule cette
fois-ci chez les poulettes de 8 semaines, avec comme objectif de tester son impact
sur la croissance et la ponte des poulettes. Les critères d’observation suivants ont
été retenus, à savoir :
Evolution du poids de poulettes ;
Poids à l’entrée en ponte ;
Poids à 190 jours d’âge ;
Poids de l’œuf ;
Coloration de l’œuf ;
Quantité d’aliments et d’eau consommée.
Souche d’origine belge de la race Lhoman a un poids total de 46670 g soit une
moyenne de 777 g. et l’écart type de 1,67. Le poids de pondeuse au début de la
ponte a été de 102 518 g soit une moyenne de 1708 g et d’un écart type 74,21.
- 3ème expérimentation : nous avons utilisé 40 poussins de la souche ISA 715
et d’une semaine, ayant reçu trois vaccins : HB1 (une fois), Gumboro (deux prises)
et la PPA LASOTA 3 (prises). Le poids moyen des poussins était de 71,1 grammes
au début de l’expérimentation. La pénicilline procaïne était incorporée à 250 mg
pour 10 kg d’aliments, soit 25 mg pour 1 kg d’aliments pour la croissance de
poulets de chair ISA 715. Cette pénicilline était utilisée à des faibles doses comme
additif alimentaire. Nous signalons que ces poussins ont connu une menace de la
coccidiose dès le début de la deuxième semaine jusqu’à la quatrième. L’amproluim
était utilisé pour traiter les poulets à la dose de 3g/5litres d’eau. Quelques jours
après, la pathologie avait repris, et cette fois, nous avons utilisé un traitement
d’attaque fort du même produit à la dose de 3 g/2 litres associé à l’oxytetracycline à
1ml/5litres dans l’eau de boisson durant 5 jours consécutifs (ANONYME, 1989).
La totalité de la ration consommée hebdomadairement nous permettait
d’évaluer l’appétibilité de chaque ration. La méthode d’élevage était traditionnelle.

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- La consommation d’eau était trouvée par la différence entre la quantité d’eau
donnée et le refus ; 200 œufs ont été mesurés avec une balance de précision de
marque chinoise, d’une capacité de 500g.
Le gain du poids était trouvé par la différence du poids moyen du jour de pesée
et le poids moyen du début de l’expérimentation. Le taux de mortalité est calculé
par le rapport entre le nombre total des poussins morts et le nombre des poussins
démarrés multipliés par cent. Le coût de la production est calculé en considérant
que le prix de l’aliment commerce couvre 70 pourcent du coût de la production

Cet ouvrage comprend les six chapitres suivants :


L’anatomie et physiologie de la poule ;
Revue de la littérature sur la poule ;
Alimentation de la poule
La description de Moringa : origine, description botanique, écologie,
culture et distribution géographique, composition biochimique et usages
Quelques pathologies aviaires.
Les expérimentations dans l’alimentation de la poule.

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Chapitre 1

Anatomie et physiologie des volailles

La cellule est l’unité de base de tout être vivant. Les cellules qui composent
l’organisme se regroupent en tissus. On distingue plusieurs types de tissus :
osseux, cartilagineux, musculaire, nerveux, sanguin… Ceux-ci forment les
organes lesquels regroupés en appareils chargés de diverses fonctions et
assurent les relations entre les êtres et l’environnement.
Le corps d’un animal est formé de pièces distinctes à l’œil nu, appelées
organes. L’anatomie est l’étude descriptive des organes en place, de leurs
formes, de leurs dimensions, de leurs relations topographiques (KATUNDA,
2008).
De nombreuses caractéristiques distinguent les oiseaux des Mammifères et
conditionnent leur physiologie, leur biologie et leur pathologie. Une bonne
anatomie conditionne une bonne physiologie. Comment peut-on nourrir et
soigner un animal si l’on ne maitrise pas le fonctionnement de son organisme ?
D’où la place et l’importance du présent chapitre. La physiologie est un
soubassement de la nutrition ; elle dicte les normes de la nutrition.
Ce chapitre comprendra deux sections, à savoir : l’anatomie et la
physiologie de la poule.

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I.1. Anatomie

Une poule comprend les éléments ci- 1- Barbillons


après : 2- Bec
3- Crête
4- Œil
5- Face
6- Oreillons
7- Camail
8- Dos, lombes
9- Reins
10- Doigts
11- Ergots
12- Tarse
13- Jambe
14- Aile
15- Poitrine
16- Cou

Fig 2 : Extérieur du poulet. Source : (IEMVT, 1991)

Cette description concerne surtout les appareils de la locomotion, de la


digestion, de la respiration, ainsi que l’appareil génital et urinaire. Le poulet
sera choisi comme type.

1.1.1 Appareil de la locomotion

Cet appareil est constitué des os qui sont réunis entre eux par les
articulations et mis en mouvement par le jeu des muscles. Les oiseaux
possèdent, en outre, un plumage qui conditionne le vol.

1.1.2. Les os

L’ensemble des os forme le squelette (fig.2). La particularité la plus


remarquable des os des oiseaux est leur légèreté, due au fait que la majorité
d’entre eux sont pneumatisés, c'est-à-dire des cavités remplies d’air, en relation
avec des sacs aériens, lesquels sont, eux-mêmes, en communication avec les
poumons.

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Fig.3 : squelette du poulet. Source : (IEMVT, 1991)

Le squelette des oiseaux présente de nombreuses analogies avec celui des


Mammifères. Les différences résultent de l’absence des dents qui sont
remplacées par un bec, de la transformation des membres antérieurs en ailes et
du mode de reproduction par ponte d’œufs extérieurs et oviparité, ce qui a
profondément modifié les os du basin.

1.1.3.Les os de la tête

Les maxillaires supérieur et inférieur sont allongés en pointe et recouverts


d’un étui de corne : ils forment le bec. Ce bec est percé en partie supérieure de
deux orifices : les narines.

1.1.4. Les os de la colonne vertébrale

La poule possède 14 vertèbres cervicales, alors que les mammifères n’en


ont que 7 ; ce qui donne au cou une mobilité extrême.
La figure qui suit nous présente l’anatomie du poulet :

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Fig.4 : anatomie du poulet. Source : (IEMVT, 1991)

Les vertèbres dorsales, au nombre de 7, sont soudées entre elles. Le tronc


offre ainsi une grande rigidité et un solide point d’attache aux ailes. Les
vertèbres lombaires et les vertèbres sacrées sont soudées entre elles et avec les
os du bassin. Elles présentent, à leurs faces intérieures, des loges destinées à
recevoir les reins. On compte au total 7 vertèbres lombaires et 7 vertèbres
sacrées.
Les vertèbres coccygiennes, également au nombre de 7, sont extrêmement
mobiles entre elles. La queue peut ainsi se mouvoir à la manière d'un gouvernail
pour diriger le vol chez les oiseaux qui y sont adaptés.

1.1.5 Les os du thorax

Ce sont le sternum et les cotes. Le sternum, qui sert de point d’appui aux
muscles des ailes, est très développé et se complète d’une lame osseuse très
saillante, dénommée bréchet.
Il y a 7 paires de côtes, articulées avec les vertèbres dorsales par leur partie
supérieure. Les 2ème, 3ème, 4ème et 5ème côtes portent un prolongement appelé
apophyse uncinée, qui s’appuie sur la côte suivante. Cette disposition procure
une grande solidité au thorax.

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1.1.6. Les os du bassin

Les os du bassin forment une cuvette allongée, soudée aux vertèbres


dorsales. Par contre, il n’y a pas de soudure inférieure comparable à celle
ischio-pubienne des Mammifères, ce qui laisse une large ouverture pour le
passage de l’œuf au moment de la ponte.

1.1.7. Les os du membre antérieur

Le membre antérieur est transformé en aile. On distingue, les os de


l’épaule, du bras, de l’avant-bras, du carpe, du métacarpe et des phalanges. Les
os de l’épaule sont au nombre de trois : l’omoplate, l’os coracoïdien et la
clavicule qui s’unit avec son homologue pour former la fourchette. Cette
disposition est en relation avec les nécessités du vol.
L’os du bras est l’humérus, les os de l’avant-bras sont le radius et le
cubitus. Le carpe ne comprend que deux os : le radial et le cubital. Le métacarpe
est formé de trois os dont deux sont soudés entre eux à leurs extrémités. Les
phalanges sont au nombre de trois, dont l’une isolée, simule un pouce et les
deux autres s’unissent bout à bout pour former un rudiment de doigté, (IEMVT,
1991).

1.1.8. Les os du membre supérieur

Ce sont : le fémur, la rotule, le tibia et le péroné, les os tarso-métatarsiens


et les phalanges.
Le fémur est long et fort, la rotule large, le tibia est accompagnée d’un
péroné mince et grêle.
Les os tarso-métatarsiens sont tous soudés ensemble en une seule pièce,
articulée en haut avec l’extrémité inferieur du tibia et en bas avec les trois
doigts principaux par l’intermédiaire de trois poulies. Chez le coq, on trouve
une saillie osseuse conique qui sert de base à l’ergot.
Les phalanges forment les doigts, au nombre de quatre chez la poule : trois
antérieurs et un postérieur dénommé pouce. Les doigts antérieurs sont formés
respectivement de trois phalanges pour le doigt interne, de quatre pour le doigt
médian, de cinq pour le doigt externe.

1.1.12. Les articulations

Les articulations des oiseaux sont organisées comme celles des


Mammifères. Seules quelques-unes présentent un intérêt particulier :
Les vertèbres cervicales, bases anatomiques du cou, s’articulent par
emboitement réciproque et comportent des cartilages articulaires et des
synoviales, ce qui favorise au maximum les mouvements du cou. Cette mobilité

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permet aux oiseaux de saisir leurs aliments d’un rapide coup de bec et d’utiliser
celui-ci pour fouiller dans leur plumage à la recherche de leurs parasites.
Les vertèbres de la queue sont également très mobiles entre elles. Par
contre, les vertèbres dorsales, lombaires et sacrées sont soudées en bloc,
donnant une grande rigidité à cette partie de la colonne vertébrale favorable au
vol (KATUNDA, 2005).

1.1.9. Les muscles

On retrouve, chez les oiseaux, la plupart des muscles des Mammifères. Ils
sont appropriés, par leur forme, leur volume, leur complication, à la
conformation particulière de ces animaux. Ainsi, les muscles pectoraux, situés
de part et d’autre du bréchet sont extrêmement développés pour assurer la
puissance nécessaire au vol.

1.1.10. Appareil de digestion

Il comporte les organes successifs suivants : la bouche, l’œsophage,


l’estomac, l’intestin, le cloaque et l’anus auxquels sont annexées deux glandes
importantes : le foie et le pancréas (fig.4)

1.1.11. La bouche

La bouche des oiseaux est dépourvue de dents, et les lèvres sont


remplacées par le bec. Le bec comprend une partie supérieure, fixe, soudée aux
os de la tête. Intérieurement, elle est percée d’une fente, dite palatine qui
correspond avec les cavités nasales dont les ouvertures extérieures forment les
narines.
La partie inférieure du bec est mobile pour permettre les mouvements
d’ouverture et de fermeture. Elle contient la langue, pointue, revêtue à son
extrémité d’un épaississement ayant la consistance de la corne. La base de la
langue est couverte de papilles.
La Figure 5 illustre les organes digestifs de la poule

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Fig 5 : organe de étalé. Source : (IEMVT, 1991)
Fig.6 : Organes digestifs de la poule

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1.1.13. L’œsophage

L’œsophage est un conduit remarquable par son élasticité qui permet aux
oiseaux d’avaler des grains très volumineux que, faute de dents, ils n’ont pu
fragmenter par mastication. Cet œsophage présente une forte dilatation, située à
la base du cou, c’est le jabot. La muqueuse de l’œsophage et du jabot est
tapissée de nombreuses glandes qui secrètent un mucus visqueux dont le rôle est
de faciliter le glissement des aliments et de les ramollir pendant leur séjour.

1.1.14. L’estomac

L’estomac se divise en deux compartiments : le proventricule et le gésier.


Le proventricule, également appelé « ventricule succenturié » a la forme
d’un court fuseau. Ses parois épaisses contiennent de nombreuses glandes qui
secrètent le suc gastrique : en comprimant la paroi d’un proventricule ouvert par
une incision préalable, on voit sortir des gouttes épaisses, blanchâtres, de suc
gastrique, au niveau des orifices de chaque glande.
Le gésier fait suite au proventricule. C’est un muscle creux, très puissant,
tapissé intérieurement d’un revêtement de consistance cornée. C’st un organe de
trituration des aliments, dépourvu de glandes digestives.

1.1.15. L’intestin

L’intestin forme un tube de calibre égal sur toute son étendue. Il débute
immédiatement après en formant une boucle appelée « anse duodénale » dans
laquelle se trouve logé le pancréas. A cette anse succèdent les circonvolutions
intestinales pelotonnées en une masse unique. Ces circonvolutions aboutissant à
un court rectum en même temps qu’aux deux caecums. Des appendices
particuliers forment deux culs de sacs d’une quinzaine de centimètres de longueur
et ont pour rôle de résorber en partie les liquides.
Le rectum est court, et débouche dans le cloaque, sorte de diverticule
commun aux voies digestives, génitales et urinaires tant chez le mâle que chez
la femelle.
L’anus est une fente horizontale bordée par deux grosses lèvres.

1.1.16. Appareil génital

Chez le mâle, l’appareil génital comporte deux testicules situés à l’intérieur


de l’abdomen, sous le premier lobe de chaque rein. Chaque testicule déverse le
sperme qu’il produit dans un canal déférent très sinueux débouchent dans le
cloaque au niveau d’une paille. (Fig.5)
Chez la femelle, l’appareil génital a pour rôle de produire et d’expulser des
œufs (KATUNDA, 2005). L’ovaire, unique, est situé dans l’abdomen sous le

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rein gauche. Il forme une grappe de volume variable composée d’ovisacs à
divers degrés de développement, du volume d’une tête d’épingle à celui d’un
jaune d’œuf. Ces ovisacs sont enfermés dans une mince membrane parcourue
par de nombreux vaisseaux sanguins, qui s’ouvrent au fur et à mesure que le
jaune d’œuf, (ou vitellus) arrive à maturité (fig.5)
Une fois mur, le vitellus tombe dans un vaste oviducte qui comporte cinq
paries successives :
Le pavillon (ou infundibulum), vaste entonnoir qui reçoit le vitellus qui y
séjourne un quart d’heure seulement ;
Le magnum : qui lui fait suite et secrète le blanc (séjour de 3 h) ;
L’isthme, qui produit les deux membranes coquillères (séjour de 1h) ;
L’utérus, où se forme la coquille (séjour de 24 h) ;
Le vagin, qui amène l’œuf au cloaque pour être pondu.

Le cloaque est donc un organe commun, à trois appareils : digestif, urinaire


et reproducteur qui constitue leur partie terminable.
La figure 7 présente l’appareil reproducteur des volailles.

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